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Publié le 4 Juillet 2012


A la suite d'une émission de Guy Corneau disponible sur son blog, François Rigal, que je lis régulièrement et dont je vous invite à lire le billet pour comprendre ce qui suit, avance certains arguments à l'encontre de la psychanalyse. Connaissant un peu le sujet, ce qui a occasionné la raréfaction de ma présence sur ce blog, je me permets de poser quelques objections à ses éléments. D'autant que j'ai lu certains des ouvrages de Corneau, que j'ai trouvé, pour ma part, excellents.

Elément important également, on constate régulièrement les ravages que peut procurer la psychanalyse mal pratiquée, ce qui est un drame. Il y a probablement autant d'incompétents que dans les autres professions, mais du fait de leur accessibilité à l'humain, et leur influence, la mauvaise pratique rejaillit vite sur le concept même de psychanalyse.

Par ailleurs, toutes les solutions sont chez le patient, le psy se contente juste de les faire sortir, apparaitre et leur donne une réalité pour les reproposer au patient. Ça marche ou ça ne marche pas, les idées peuvent parler ou ne pas parler au premier concerné. C'est donc un processus long, à tâtons, personnel, impliquant, qui ne peut être réduit à un groupe de parole d'une heure, comme le fait l'émission. Les idées doivent venir et revenir sans cesse jusqu'à tant que le patient les fasse véritablement siennes. En gros, faire passer les idées de la tête aux tripes.

Rigal fait la liste, dans son billet, de toutes les pistes autres que psychanalytiques qui pourraient expliquer un désordre de vie quelconque. J'en fais sommairement la liste ici, il m'excusera de réduire son propos à la plus simple expression, je vous renvoie à son billet pour de plus amples détails :
1) désordre physique
2) stratégie erronée
3) dérèglement ou maladie physiologique
4) hygiène de vie
5) habitude néfaste par rapport à la récompense
6) principe de Pavlov, historicité des habitudes
7) frustration par rapport à un désir
8) qualité de vie
9) reconnaissance
10) croyance en la psychanalyse

J'ai rapidement regroupé ces questions par thématiques, certaines se recoupant de manière évidente.

1) - 3)
Tout d'abord, un psychanalyste ne travaille pas seul. L'une des premières étapes du travail psychothérapeutique, c'est d'envoyer le patient chez un médecin dont le rôle est de détecter les pathologies, les carences, et maladies. Il est évident que le mal-être physique existe en-dehors de toute explication psychanalytique. C'est la grande bêtise de certains psys freudiens qui estiment, à l'encontre de toutes les évidences médicales, que les parents d'enfants autistes sont plus ou moins responsables inconsciemment de la pathologie de leurs enfants. Tout l'enjeu de la polémique du film le Mur. Mais il est évident également qu'une mauvaise santé psychique laisse le champ libre à des pathologies, à une mauvaise santé, cette fois physique. Et qu'il y a des gens plus ou moins enjoués que d'autres, plus ou moins sympathiques ou accessibles. On peut rééquilibrer à coups de médicaments ou de produits divers et variés, mais ne doit-on pas d'abord vérifier que les tempéraments soient à peu près équilibrés ?

Le psy envisage donc bien l'option physiologique, c'est juste qu'elle n'est pas incluse dans la vidéo de Corneau, mais fait plutôt partie des prérequis avant que la thérapie ne commence réellement. Ce n'est tout simplement pas son travail.

4) - 8)
Qualité de vie et hygiène de vie. A mon sens, une qualité et une hygiène de vie perfectibles sont des conséquences du mal-être intérieur, plutôt qu'un véritable choix. Ainsi, certains patients n'éprouvent le besoin de ranger leur appartement, ou leur chambre, que lorsqu'ils n'ont plus de question importante en suspens dans la tête, et donc, qu'ils peuvent s'occuper des choses "accessoires" que sont le rangement ou la qualité de vie. L'ordre qui règne dans leur appartement est donc tout simplement le reflet de l'ordre de leurs idées. Et il est certain que c'est différent chez tout le monde, avec plus ou moins de nuances. Certaines personnes vivent l'exemple opposé, dés qu'elles ont quelque chose en tête d'assez violent, il faut absolument que tout soit rangé impeccablement, parce qu'elles ont besoin de se rassurer dans la tourmente, de s'accrocher à des choses structurées, claires et limpides, dans leur environnement proche, alors que leur psyché traverse des tourments lourds. L'important est donc d'être lucide sur les raisons qui poussent à tel ou tel comportement. Améliorer la qualité de vie pour l'améliorer est certes intéressant, et peut donner des résultats probants, mais ce n'est généralement pas cela qui est le problème le plus important du patient. Ce n'est que le symptôme de quelque chose de plus profond.

2) - 5) - 6)
La stratégie erronée. Mais pourquoi est-elle erronée alors que le patient pensait justement choisir la bonne puisque c'est celle qu'il a optée ? C'est justement à cette question que répond la psychanalyse en cherchant les raisons sous-jacentes qui l'ont fait choisir telle stratégie plutôt que telle autre. Vérifier également le rapport du patient avec la réalité pour confirmer qu'il ait bien les pieds sur terre et ne se crée pas un imaginaire complétement déconnecté. Remonter dans le processus de décision. Pour une analyse approfondie des affects qui l'ont motivé.  Ce qui rejoint le principe de Pavlov, il faut déminer les raisons qui ont entrainé l'individu dans cette répétition d'actes qui n'a plus de raison d'être et qui entraine à l'échec. Tirer les leçons du vécu pour construire un nouvel avenir.

7)
Les frustrations, justement ce que fait un psy toute la journée. A quoi correspond-elle ? Quel est le besoin non satisfait exprimé par cette frustration ? Là encore, il faut explorer la raison de la frustration qui n'est pas forcément évidente. Généralement, à la base de toute problématique, il y a un manque d'estime de soi-même, le travail consistant donc à cerner comment ce manque se caractérise et se traduit. Par exemple, Rigal critique la croyance que le passé expliquerait tout. Il me semble que c'est erroné, on peut être frustré de voir un désir, tout à fait naturel, non réalisé. Désir naturel pas forcément lié au passé. On compense quelque part parce qu'on échoue ailleurs sur un projet quelconque. On boit de l'alcool parce qu'on est arrivé second, dernier, que sais-je, à une course à laquelle on tenait. Ce n'est pas un drame, nul besoin de remonter aux parents, c'est juste une compensation par rapport à un événement donné. Encore faut-il que le patient soit lucide sur ces points. Mais il est probable que pour un simple événement, il n'y aura pas d'habitude compulsive enclenchée, là encore, la névrose n'est que le symptôme de quelque chose de plus profond.

9)

La chose qu'on développe le plus en psychanalyse, c'est finalement déminer et retirer toutes les blessures intérieures qui minent notre compréhension de nous-mêmes. Pour développer une juste estime de soi-même. Non pas une estime égocentrique ou déséquilibrée, mais tout simplement la reconnaissance de la merveille qu'est chaque individu. Et une fois que cette estime de soi-même est acquise, par rééquilibrage interne, l'individu a nettement moins besoin de la reconnaissance sociale (ou il peut chercher à en avoir plus, s'il est complétement introverti à la base, là encore, tout dépend des cas). Ayant moins besoin de se tourner vers les autres pour se prouver qu'il vaut la peine d'être aimé/admiré, il est tout simplement plus naturel à l'endroit où il est, et diminue de facto son comportement déséquilibré. A charge pour lui si besoin est de changer d'environnement, de métier, en fonction uniquement de ses aspirations profondes.

 

10)

Il est fort possible que la psychanalyse ne fonctionne pas pour tout le monde, je n'ai pas d'idées sur la question hors celle que toute généralisation est souvent absurde. Pour autant, non, l'histoire des personnes n'est pas la "cause" de leur déviance. L'aboutissement du travail en psychanalyse est de dépasser le vécu, les douleurs personnelles en tout genre, pour en tirer la leçon à l'avenir. C'est un vrai travail d'exploitation des richesses que le plus humble ou le plus déprimé des individus porte en lui. Qu'il y ait des moments où il faut arrêter de se regarder narcissiquement, c'est absolument évident, mais de la même manière, il est évident qu'il y a des moments où il faut arrêter le flux de l'action, de la vie, se poser un peu pour tirer les leçons de ce qu'on a vécu, histoire de pouvoir mieux s'orienter. Au fait, suis-je vraiment certain d'être à ma place ? Dans notre société, la connaissance sous toutes ses formes, l'expertise, est mise en valeur, mais la connaissance de soi est singulièrement négligée (reconnaissons que c'est tout de même de moins en moins le cas).

 

 

Au fond, les souffrances psychologiques, et les différentes addictions ne sont que des formes de crispations particulières, qu'il s'agit de débloquer une à une, en remontant à la source. Dans le but de laisser place à quelque chose d'autre, de plus sain, de plus vivant. En ce sens, la crispation est terriblement humaine, mais le lâcher-prise est tout simplement divin. Et c'est dans le lâcher prise que se situe la détente et la solution. Comme le disait Ambroise Paré, mais c'est vrai également en psychanalyse : "Le médecin soigne, mais c'est Dieu qui guérit".

Trés schématiquement, la psychanalyse, notamment freudienne, considère qu'on peut tout expliquer par l'histoire individuelle, mais les thérapies jungiennes (du nom de Carl Jung, meilleur élève de Freud) ne partagent pas tout à fait ce point de vue. Ce serait un enfermement réducteur de chaque être humain. La nuance est d'importance. L'histoire n'explique pas tout, il y a aussi le désir de l'individu, sa volonté de construire. Ce n'est pas parce qu'un désir s'explique très correctement, et très rationnellement (par le passé, les blessures familiales), qu'il n'y a pas un désir juste, et qui corresponde profondément à l'individu. L'homme, c'est ce que nous apprend le catholicisme, et les grandes spiritualités, est plus grand que l'homme. L'homme est habité d'un désir plus grand que lui-même. La psychanalyse jungienne se contente juste de dégager ce désir pour le verbaliser, pour mettre l'individu dans l'axe de ce désir, et lui donner les moyens de le mettre en oeuvre. C'est un désir en quelque sorte divin, ou peut-être pourrait-on dire, "vocationnel" : ce pour quoi l'individu est fait. Bien entendu, il faut se méfier de l'idée de vocation dans le sens où personne ne peut s'approprier une mission qui n'est jamais que donnée, mais il est clair également qu'il y a des choses qui collent naturellement mieux à l'individu que d'autres.

 

En d'autres termes, faire en sorte que chaque individu soit à sa place, c'est tout simplement l'objectif de la psychanalyse jungienne.

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Rédigé par Polydamas

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Publié le 6 Janvier 2010

Votre serviteur est bien placé pour évoquer ce sujet, vu qu'il est passé par une école de commerce (d'un niveau moyen, je le précise à toutes fins utiles), et par une classe préparatoire, avec concours au bout. Alors résumons-nous, ce débat est absurde et profondément inégalitaire.

Pourquoi inégalitaire ?
 
Parce que l'on biaise le concours, la voie de sélection la plus égalitaire qui soit, qui laisse chacun face à ses capacités sur un sujet, avec une unité de temps et d'action, par un critère social, sur lequel personne n'a de maitrise. L'argument développé par Descoings et consorts est d'une profonde bêtise, si les fils d'ouvriers ont beaucoup moins de chance que les enfants bourgeois d'intégrer une grande école, ce sont pour les raisons suivantes:
- les milieux modestes sont beaucoup plus nombreux que les milieux plus aisés, ce qui biaise les statistiques.
- les enfants de ces milieux modestes ne sont effectivement pas moins capables que leurs homologues, ils sont juste moins poussés par leur entourage à faire des études longues, ceux-ci n'osant généralement pas. Le problème n'est pas dans la capacité, mais dans la volonté. Il faut bosser. Et oui, et que depuis pas mal d'années, on a convaincu beaucoup de gens qu'il ne fallait pas mettre la main à la pate, que tout se terminait au baccalauréat.
- les catégories parmi les mieux représentées à ce niveau, sont les enfants de profs. Bizarre, bizarre...
- dans les concours, même en école de commerce, les matières privilégiés en termes de coefficient sont les mathématiques. Pourquoi ? Parce qu'il a été décidé qu'il s'agissait de la matière la moins susceptible de profiter d'inégalités sociales. Et après, on vient nous dire que les concours sont toujours inégalitaires ?

En outre, je vous laisse imaginer ce que peut  être le sentiment de quelqu'un qui a bossé deux ans de sa vie comme un chien, lorsqu'on lui annonce, le concours passé, qu'il l'a loupé parce qu'il fallait faire une discrimination positive sur d'autres populations. Qu'un étudiant sortie de la fac, promu on ne sait comment, lui ait grillé ses places au concours dans l'école de ses rêves a quelque chose de profondèment rageant.

Pourquoi absurde ?

Parce qu'il existe DEJA des concours ouverts à d'autres profils, qu'on appelle concours parralléles (Passerelle, Tremplins, etc), qui comptent pour à peu près 20% des promotions. Ce sont des concours ouverts à tous, anciens préparationnaires comme des étudiants en fac ou en BTS. Ces concours sont adaptés au profil des étudiants qui les passent. Pour ce que j'ai pu observer, le résultat est relativement clair, certains ont clairement le même niveau que leurs homologues issus de prépa, d'autres clairement pas, et n'ont strictement rien à faire en école. Déjà que ce concours est suffisamment dur à accepter pour des préparationnaires ayant bûché beaucoup plus que des étudiants, mais on voudrait encore encore en rajouter une couche avec la discrimination positive ? Et puis quoi encore ?

Le nivellement par le bas, ça suffit. Les concours ne se préparent pas après le baccalauréat. La compétition commence dès la naissance, dès l'age de 5 ans, et l'apprentissage de la langue, l'environnement conditionnant énormément les capacités de travail. Mais ça, pour l'UNEF, ce n'est pas possible, après avoir démoli le lycée, l'université, il faut qu'ils démolissent aussi les derniers refuges de l'élitisme. Bientôt, ils s'attaqueront aux écoles privés, ces abrutis. A votre avis, pourquoi les grandes écoles ont-elles un tel succès depuis une vingtaine d'années ? Parce que les autres formations, l'université en tête, sont un tel champ de ruine à cause de l'UNEF et assimilés, que les parents, pas fous, conseillent tous à leurs rejetons de s'orienter vers les formations qui leur permettront d'éviter de pointer au Pôle Emploi, dès la fin de leurs études ! Il faut être complètement en-dehors de la réalité pour ne pas le voir. 

J'entends le représentant des grandes écoles affirmer que s'il est favorable à 30% de boursiers globalement dans les grandes écoles, il y est hostile pour la généralisation à toutes les écoles. Tu m'étonnes ! Il est évident que les meilleurs écoles, de commerce et d'ingénieurs, ne souhaitent aucunement augmenter le taux de boursiers. Par contre, ça ne les dérange aucunement que les moins bonnes écoles, où les préparationnaires refusent d'aller (parce qu'ils n'ont pas bossé autant pour aller dans des écoles de ce niveau, autant redoubler et passer les concours une nouvelle fois), soient à bien plus que 30%. D'ailleurs, ces écoles, moins reconnues, ont besoin de largement plus de 30% d'étudiants de milieu modeste pour pouvoir boucler leur effectif, les préparationnaires refusant tout simplement de s'y rendre. Ce qui contribue à un niveau moindre de ces écoles, les cerveaux y étant tout simplement moins brillants.

A la limite, pour se tirer de ce mauvais pas, les écoles de commerce n'ont qu'à ouvrir plus largement leurs critères de bourse, et les ouvrir aux personnes les plus modestes réussissant leurs concours. Au fait, précision pour ceux qui le souhaitent, 3 ans et demi après ma sortie, je continue à rembourser l'emprunt qui a payé l'intégralité de mes études et de ma vie étudiante. Ça ne me pose pas de problèmes, je le savais en commencant. Ceci pour ceux qui auraient envie de me donner des leçons sur le fait que je serais potentiellement plus aisé que la moyenne. 

A bon entendeur, salut...

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Rédigé par Polydamas

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Publié le 16 Décembre 2009

Rédigé par Polydamas

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Publié le 1 Novembre 2009

Patrice de Plunkett fait encore démonstration de ses partis-pris imbéciles. Il nous pond un billet qui vaut son pesant de cacahuètes, sur ce qu'il faudrait construire, défendre et promouvoir. J'arrive un peu tard, mais ne lisant pas sa prose quotidiennement, je n'ai pas réagi plus tôt, il m'arrive aussi d'avoir une vie. Rappelons donc quelques vérités qu'il a l'air d'oublier.


Un catho libéral soutenant que les suicidés de France Télécom sont moins à considérer que les gains de productivité de cette firme, crache à la face du Christ...

Oulah, dangereux sujet. Les suicides à France Telecom ? Il n'y en a pas plus que dans les autres entreprises, et moins que chez les chômeurs (mais j'imagine que si des chômeurs se suicident, c'est à cause de la pression sociale libérale qui les pousse à trouver un job ? Les capitalistes sont vraiment des salauds, même les chômeurs se suicident à cause d'eux), lisons des études sérieuses, au lieu de plaquer ce qui n'est rien d'autre que de l'anticapitalisme primaire. Cela fait longtemps que pour Plunkett, autant il faut être sérieux, il faut rétablir la vérité quand on parle de l'Opus Dei, autant sur ces sujets-là, tous les moyens sont permis, même la désinformation. Cherchez l'erreur.

Ensuite, j'ai beau être libéral, je ne considère pas que les gains de productivité soient plus importants que les relations humaines, puisque les relations humaines sont justement la clé d'une bonne répartition de l'activité, et d'une saine motivation de la part des salariés. Comme j'ai pu le constater à titre personnel, et en faire d'ailleurs les frais, un chef d'entreprise qui n'entretiendrait pas une saine ambiance dans son entreprise la verrait infailliblement vivoter, constaterait un turn-over important, et ne développerait pas son activité. Bref, tout l'inverse de ce que déclare Plunkett.

D'autant que, sur longue période, il me semble que cette tyrannie du capitalisme soit très hautement préférable à tout ce qu'on a pu connaitre par le passé, socialisme, état de guerre tous les 30 ans, famines, etc. OK, on peut certainement faire mieux, mais enfin, soyons réalistes, on s'en tire pas trop mal, par rapport à ce qu'on a pu connaitre.


Un catho de gauche faisant comme si l'avortement n'était pas grave, piétine une autre partie de la pensée de l'Eglise.

Seul point du texte avec lequel je suis d'accord. Sauf qu'on ne peut mettre en parallèle tous les enjeux liés à la vie, et les problèmes migratoires, ce n'est tout de même  pas de la même importance. Dire que les cathos de gauche sont tout autant en désaccord que les cathos de droite avec la doctrine sociale de l'Eglise, c'est faire fi de l'importance prépondérante des enjeux liés à la vie, sur tous les autres problèmes. Le parallèle ne tient pas une seconde.


Un catho de droite faisant comme si la xénophobie n'était pas grave, piétine une partie de la pensée de l'Eglise.

Vite dit. Très vite dit, même. Ce n'est pas parce que Plunkett a fréquenté des païens xénophobes dans son parcours, que tous les catholiques de droite ayant quelques réserves par rapport à l'immigration seraient du même acabit. Faut pas tout confondre, je sais qu'il aime ça, mais enfin, soyons sérieux.

Où est la xénophobie à constater que des populations de culture non-européenne auront les plus grandes difficultés du monde à s'intégrer dans un pays occidental, surtout si ces mêmes populations pratiquent une religion en contradiction totale avec les valeurs européennes ? Et que l'accroissement de l'immigration accentue ce déséquilibre ? Déjà qu'historiquement les populations européennes, italiennes, polonaises, sans oublier les pieds-noirs, ont été difficiles à intégrer, alors je ne préfère pas évoquer les populations d'origine subsaharienne. C'est ça, être xénophobe ?

Si à titre personnel, les catholiques se doivent effectivement d'être ouverts et accueillants, à titre politique, l'Etat doit préserver la nation de ce qui pourrait la diviser de manière trop importante, ce à quoi contribue une immigration non contrôlée, et difficilement intégrable.

On lit également dans les commentaires.

Elle propose que l'on installe, au coeur de l'économie, une force étrangère au capitalisme libéral : la solidarité sociale, le mutualisme, le don, la gratuité. Tailler une place au « non-profit » dans un système qui ne connaît que le profit, c'est proposer une révolution.

L'économie du don n'existe pas ? Et puis, quoi encore ? Comment vit l'Eglise au travers des legs et héritages ? Comment vivent les associations si ce n'est pas par le don ? Comment vivent les écoles libres ? Comment vivent les paroisses ?

L'économie du don, ça existe déjà. Elle est déjà prise en compte puisqu'il existe des déductions fiscales, puisque l'Etat l'a prise en compte. Elle demande certainement à être developpée, mais enfin on ne peut pas dire non plus qu'on part de rien, soyons sérieux là encore. Sachant qu'il ne me semble pas que les entreprises soient à la traine en matière de mécénat, de soutien aux associations, aux fondations, etc. L'économie du don est tout simplement liée à l'économie globale et s'en nourrit.


D'autre part, Benoît XVI souligne que la voie correcte consisterait à ne pas laisser en tête à tête l'Etat et le marché, mais à faire fleurir la société civile.

C'est vrai qu'on se fait suffisamment harceler par toute la société civile de gauche, et qu'on n'en a pas encore assez. La société civile, c'est très pertinant lorsqu'il s'agit de parties prenantes, de gens impliqués dans les processus (salariész, clients, actionnaires) à un niveau ou à un autre, de gens élaborant des solutions pour améliorer, penser et perfectionner les opérations.

Mais généralement ce n'est pas ça. La société civile c'est aussi le nom que l'on donne à tous les commentateurs incompétents, qui sont à mille lieux des professionnels qu'ils critiquent à longueur de journée, en ignorant tout des enjeux et des perspectives. Curieux comme ça me rappelle quelqu'un...

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Rédigé par Polydamas

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Publié le 8 Octobre 2009

Cette modernité n'a pas fini de nous faire  étaler au grand jour ses contradictions les plus hallucinantes. C'est un régal tellement c'est beau. On se pince pour se persuader qu'on ne rêve pas, devant un tel ramassis d'âneries, de contradictions flagrantes, de mauvaise foi affirmées, de fausses vertus outragées.

S'accumulent ainsi les dossiers:
- la cohorte médiatique qui prend fait et cause pour Polanski dont on connaissait depuis longtemps les problèmes juridiques. Mitterrand qui le défend et s'étonne d'être inclu dans le sac, attaqué par le FN et par la gauche, celle-ci étant trop heureuse de tenir le gouvernement par un endroit on ne peut plus sensible.
- les divers contre les gays. Une équipe de foot musulmane qui refuse de jouer contre une équipe d'homosexuels, ça fleure bon la bataille communautaire
- Romero qui, parlant d'une loi sur l'euthanasie, évoque une loi de vie, de respect, d'estime pour les vivants. On en rirait à gorge déployée si ce n'était pas aussi dramatique.

Mitterrand ; fantastique, cette histoire.

A la suite de ses propos défendant Polanski, le FN sort une pétition demandant sa démission. J'ai l'impression qu'il agit sur l'initiative des différents sites qu'Arrêt sur Images, estimant que le mot réacosphère n'était pas assez connoté, a décidé de rebaptiser "fachosphère". Marine le Pen n'avait plus qu'à sortir le scoop sur Mots Croisés. C'est là où on s'aperçoit du rôle important des sites de réinformation, qui permettent de sortir des infos, de faire des rapprochements utiles. Ensuite, ça prend ou ça ne prend pas, mais le travail est fait, ça justifie les longues heures de surf et de labeur. Ça vaut pour l'affaire du bus, mais aussi pour Mitterrand. Au passage, très utile, Rutube...

On rigole quand on voit Cohn-Bendit reprochant à Hamon ses propos (faut-il lui rappeler quelques passages un peu crus ?), pendant que Cecile Duflot, porte-parole des verts, prend la posture inverse. Elle demande que le ministre s'explique, mais qui rappelle qu'il ne faut pas confondre pédophilie et homosexualité. Tout le monde aura noté l'impératif urgence de ce rappel, à l'heure de Polanski et de Mitterrand, l'homophobie étant évidemment la priorité des priorités. Qu'elle ne se prive surtout pas de faire bénéficier de ses lumières nos amis musulmans joueurs de foot qui, visiblement, n'en ont rien à cirer.

On rigole quand on entend que le président de la République a apprécié le bouquin de Mitterrand, alors qu'il est infoutu de lire son propre livre. Je veux bien croire au père Noël, mais ça, c'est quand même beaucoup trop gros, les énarques pondeurs de notes ont visiblement mal fait leur boulot, ils ne lui ont pas tout dit sur les côtés sulfureux du personnage. On apprend qu'un syndicat de police rentre également dans la danse, en demandant qu'une enquête préliminaire soit ouverte, ce qui risque d'infirmer prochainement les propos de Darcos, qui disait que pour le moment, "aucun juge" n'était aux trousses du neveu de Tonton. On rigole quand on entend Xavier Bertrand faire des pieds et des mains pour rejeter la faute sur le FN, sans d'autres arguments que "c'est une attaque basse". Waouh, ça fait peur.

On rigole quand on constate que Jean-Marie Colombani, pontifiant sur Slate.fr, regrette la curée en train de s'abattre sur Mitterrand. Hé, mon gars, tu n'as pas été justement le veneur en chef, celui qui sonnait l'hallali, lorsqu'il fallait abattre des partis non conformes à tes idéaux démocratiques et bien-pensants quand tu étais à la tête de l'Immonde ? En gros si je pige bien, ces méthodes sont valables quand il s'agit de lutter contre les réacs, mais pas lorsqu'il s'agit de faire tomber un ministre homosexuel ? Pauvre chéri, je vais verser une larme, tiens.

On rigole quand on lis ici et là qu'on parle de "la vérité de Mitterrand", de "sa vérité". Indépendamment du fait que je n'ai jamais entendu cet argument appliqué à quiconque aurait le malheur de mal-penser, il est quand même amusant de découvrir ce deux poids, deux mesures appliqués aux grands de ce monde. C'est tellement insupportable que les commentaires s'en ressentent partout, que ce soit sur l'affaire Polanski ou sur Mitterrand, dont le comportement est stipendié par une majorité d'internautes. Après tout, je vois pas pourquoi le criminel du coin n'aurait pas droit, lui aussi, à "sa vérité".

On rigole jaune quand on se rappelle qu'un ministre comme Gaymard a demissionné pour beaucoup moins que ça. Mais Gaymard n'était pas homo, n'était pas un ancien de la gauche, n'était pas une icône de la culture, était le gendre du Dr Lejeune, et avait 8 enfants. Largement assez pour sauter.

Mais on rigole surtout  quand on imagine la tête de Sarkozy. A force de prêcher l'ouverture, voilà qu'il se retrouve collé avec des germanopratins ambigus, en contradiction flagrante avec tout ce qu'il a préché durant sa campagne présidentielle. Voilà un boomerang du meilleur effet. Et mérité.

A force de chercher les noises, on finit par les trouver.

PS: A lire LBDD dans ses oeuvres.

PS  2:



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Rédigé par Polydamas

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Publié le 11 Juin 2009

Tiens, pour une fois qu'ils en parlent...



Il est intéressant que Valls s'en préoccupe, vu que certains ont parfaitement compris la situation, comme le prouve ceci:


Ce qui nous en promet de belles. Question, quel est le raciste qui a osé tenir les propos suivants ?

"La France est de race blanche, catholique, de culture gréco latine sinon ce n'est pas la France"

C'est malheureusement le Général de Gaulle qui a tenu ces propos scandaleux, et qui n'est pas connu pour être un nervi d'extrême-droite...

Edit: Contrairement à ce que racontent des abrutis au PS, il n'y a pas de hiérarchisation des races à l'extrême-droite, juste le constat que certaines cultures ne sont pas faites pour coexister pacifiquement sans objectif commun. Etant donné que l'assimilation a disparu depuis belle lurette, il est illusoire de croire que ces cités pourraient être des havres de tranquillité.


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Rédigé par Polydamas

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Publié le 17 Mai 2009



De toute ma vie je jure de jamais n’avoir rencontré milieu plus fermé. Qu’on le veuille ou non, qu’on trouve cela « phobe » ou non, ces gens relèvent de la psychiatrie à tous les étages. Dans toute cette paranoïa, on ressent un profond mal-être, pour le coup bien représentatif de notre société postmoderne, qu’il faut définitivement rencontrer, raconter, écrire, pour annihiler.

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Rédigé par Polydamas

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Publié le 17 Avril 2009

Rien à ajouter.


Le plus drôle, c'est la tête des journalistes, dont le célèbre Eric Mettout, qui s'est fait allumer par tout ce que le web a pu compter de cathos convaincus, de se voir doublé sur leur gauche par ce réac, ce conservateur. Qui ne comprennent absolument pas qu'on puisse être à la fois libéral sur le plan économique ou technique, d'une part, et conservateur sur le plan moral, d'autre part.

Le progrès technique impose de modifier les règles du jeu, de les cadrer au fur et à mesure de leurs évolutions. Par contre, l'homme reste tel qu'il a toujours été au travers de l'histoire, les valeurs morales le concernant ne changent pas selon les temps et la civilisation, elles demeurent les mêmes partout, et doivent donc être défendues en conséquence.

Il n'y a pas de contradiction.

PS: Si on veut chipoter, il y aurait peut-être à dire sur ses propos concernant les polémiques récentes, mais on ne va pas bouder notre plaisir.

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Rédigé par Polydamas

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Publié le 15 Avril 2009

Les journalistes s'expriment à coeur ouvert sur les difficultés qu'ils ont rencontrées pour monter un documentaire en banlieue.

Ça vient du coeur. On a beau faire dans le bisounours, la réalité les rattrape.



Banlieues, Sarcelles et fiasco

J'aime beaucoup les phrases suivantes, à l'issue du montage:
- "c'est sûr, pour un journaliste français, c'est plus difficile de travailler à Sarcelles qu'à Islamabad".
- "sur cent gars, on en trouve au moins 3 ou 4 intégrés".
- "ce qui est important, c'est de changer l'imaginaire"

Donc, ce que l'on apprend, par la bouche même de journalistes issus de ces banlieues:
- les banlieues sont des territoires hostiles, où la civilité à l'égard de ceux qui ne sont pas du coin n'a plus cours. On le savait, c'est assumé et dit qu'à la fin d'une émission, après avoir accumulé les faits.
- le mythe du banlieusard qui réussit, c'est une fable, puisque l'on est obligé, pour communiquer positivement, de trouver les 3 ou 4% d'individus à peu près normaux qui s'en sont sortis. On ne décrit pas une réalité, quelle qu'elle puisse être, avec ses 3 ou 4% d'individus qui en représentent l'exception.
- ce qu'il importe surtout, c'est de désinformer, c'est à dire de continuer à modifier la réalité, d'obliger les journalistes à ne pas rapporter ce qu'ils voient et ce qu'ils constatent. Puisque le plus important n'est évidemment pas la situation pré-révolutionnaire de banlieue, mais le sentiment raciste qui pourrait s'immiscer dans la société française. Bien évidemment.

Via ILYS.


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Rédigé par Polydamas

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Publié le 13 Avril 2009

Cher strasbourgeois,

Désolé de t'écrire dans un si détestable contexte. Je sais que ces derniers jours ont été difficiles, abandonné que tu étais par les forces de l'ordre aux mains des Blaks Blocks. Si je me permets de t'écrire, c'est parce qu'il y a quelques années, j'ai vu ma voiture partir en flammes, et que je souhaitai te faire part de mes réflexions à ce sujet.

Tout d'abord, tu le sais, et si par hasard, ou grande naïveté, tu l'ignorais, je te l'apprends, le contrôleur général de la police l'a clairement dit, tes biens n'ont aucune importance:

Nous privilégions la sécurité des personnes à la sécurité des biens.
 
Voilà, c'est ça la France. Tout est dit.

Parce que si cette phrase peut se comprendre si les "personnes" sont des victimes, il est possible d'émettre quelques réserves si ces personnes sont des émeutiers prêts à en découdre avec les forces de l'ordre. Tu sais que, depuis l'affaire Malik Oussekine, où un homme avait matraqué en marge d'une manifestation lycéenne alors qu'il était pourchassé par des voltigeurs, les policiers ont pour stricte consigne de ne pas faire de morts parmi les émeutiers, quels qu'ils soient. Même si ce sont des casseurs hyper-brutaux, toute réplique un peu violente de la part des policiers, en vue de protéger les biens, serait de suite vue comme une "bavure" policière. Alors qu'ils font leur job. Cherche l'erreur. Et pendant ce temps-là, alors que les CRS se préparent et organisent leur plans, ce sont toi et les tiens qui prennent. A charge pour toi de survivre.

Quoi, ça te révolte ? Arrête. Ne sois pas si naïf.

Tu le sais bien pourtant, les médias aidant, que la mort d'un émeutier est le meilleur moyen pour faire sauter un ministre. En 2005, Jacques Chirac et Dominique de Villepin n'attendaient qu'un seul mort chez les émeutiers pour virer le ministre de l'Intérieur de l'époque, Nicolas Sarkozy. Pareil pour le CPE. Rappelles-toi des manifs de jeunes étudiants, où ces derniers s'étaient fait tabassés par de la racaille banlieusarde, trop contente de trouver des cibles faciles, et des portables pour pas cher. Ironie du sort, alors que ces mêmes manifestants n'hésitaient pas à crier des slogans anti-institutions, une fois sous les coups de ces crapules, leur avis était certainement tout autre par rapport à ces mêmes institutions. Mais le ministre de l'époque, conscient des risques de "bavure" (les policiers risqueraient de faire ce pour quoi ils ont été entrainés, à savoir défendre la population) a préféré laisser faire plutôt que de véritablement défendre les jeunes. Un poste de ministre est plus important que les biens accumulés durant toute une vie.undefined

C'est cynique ? Oui, c'est de la politique.

Il en va de même avec Strasbourg. Pas de bol, ça tombe sur toi. Prends sur toi un peu, il faut que tu fasses l'effort de comprendre que pour les politiques, il est plus rentable de laisser la population sous la cible des casseurs, et des vandales, que de risquer la mort d'un seul manifestant. Enfin, si on peut appeler des casseurs gauchistes, ou des racailles agressives, des "manifestants".

Donc on laisse faire. Rien de plus normal. D'où les incendies, les cassages, les voitures brûlées.

Tu seras d'accord avec moi pour dire que médiatiquement, la défense des biens, et leur préservation n'a pas pris le pas sur la mort d'un seul manifestant, les protestations lors de la mort d'un jeune manifestant à Genes en 2001 avaient été unanime s et scandalisées. Un policier, isolé durant la manifestation, se croyant en danger de mort, a fait usage de son arme. A comparer avec la tacite approbation qui avait suivi la mort d'un supporter du PSG alors que lui et ses copains attaquaient un policier. La mort d'un type classé chez les néo-nazis, c'est normal, ça permet d'assainir la société, c'est une bonne chose. Je n'avais aucune sympathie pour les actes de ce voyou, mais force est de constater que les vies ne sont pas égales selon que tu soit à gauche ou à droite, du côté des policiers, des victimes ou des manifestants.

Mais ça, je pense que ça t'a explosé à la figure ces derniers jours.

Surtout qu'un manifestant qui attaque des policiers sait à quoi il s'expose. Lis ce texte sur Causeur, personne ne viendra pleurer, excepté les médias et les gauchistes, les politiques venant de suite à la mangeoire, un manifestant tué parce qu'il lançait des cocktels Molotov sur les flics. En Europe, au moindre jet de cette arme, c'est la réplique par balles assurée.
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Sauf en France.

"Qu'on est bien en France" disait Noir Dés', ce groupe dont le leader a tué sa petite amie à coups de poings. Tu m'étonnes. On le serait à moins.

On pourrait penser qu'il faudrait la mort d'un innocent pour que les policiers se mettent vraiment à riposter, à balles réelles ou à caoutchouc. Mais non, même pas. Mets-toi ça dans le crâne. En 2005, deux hommes étaient morts durant les émeutes. Personne ne s'était levé pour les défendre, il n'y avait eu aucune émeute pour dire que la non-défense de l'Etat était intolérable, pas un seul flic pour sortir une véritable arme. Je n'ai pas encore entendu un strasbourgeois dire publiquement que Besancenot se foutait du monde d'oser critiquer la police en l'accusant, dans le même temps, d'avoir provoqué la surenchère et de ne pas avoir protégé les biens strasbourgeois. Ou dire qu'il est légitime et cohérent que ça dérape, ce qu'il a défendu sur France 2.

Et encore, t'as de la chance que ce soit filmé et diffusé. Remarque, avec tous les chefs d'Etat, c'était un peu difficile à cacher. Si ça n'avait pas été le cas, je suis certain qu'on aurait trouvé quelques bobos pour croire qu'il s'agit d'un fake monté de toutes pièces, comme la vidéo du bus parisien dont tu as certainement entendu parler. T'as de la chance également que les cameramens à Strasbourg n'aient pas été suspendus, à l'instar du policier ayant diffusé la vidéo alors que les voyous courent toujours. Ça fait longtemps que le secret de l'instruction n'existe plus pour personne, que les journalistes n'en ont plus rien à cirer, mais va comprendre, c'est beaucoup plus important de ne pas diffuser cette vidéo que de laisser faire cette agression. Petite digression au passage, j'espère que tu ne vas pas nous faire le numéro de la victime du bus, qui viendrait presque à s'excuser d'avoir été tabassé devant des caméras, contribuant ainsi à donner une mauvaise image de certaines racailles de banlieue. A le lire, on croirait que ce sont les spectateurs les vrais coupables.

On marche sur la tête ? Oui, j'espère que tu t'en rends compte.

Tu le sais, l'Etat possède le monopole de la violence légitime. S'il l'évite de l'utiliser lorsqu'elle est le plus utile, alors il ne faut pas s'étonner que les particuliers s'arment, se défendent en conséquence. Logique. Donc, quand j'entends les strabourgeois se plaindre, je me marre. On le sait depuis longtemps que rien ne changera. Tu as entendu notre cher président. Tout s'est bien passé. Tu as entendu la victime du bus, il n'y a pas eu de violence.

Tant que les victimes, tant que la population, n'auront pas réussi à mettre tous les vandalismes, qu'ils soient issus de la banlieue, des supporters du PSG, de l'extreme-gauche sur un pied d'égalité, sans chercher à excuser les uns ou les autres, on ne s'en sortira pas. Ce qui, pour le moment, n'a pas l'air de se produire. En même temps, c'est un peu de ta faute en même temps. Les votes dans ta région, bien que plus à droite que dans le reste de la France n'ont jamais permis de renverser et de changer les choses.

Alors de quoi te plains-tu ? Finalement, quelque part, tu l'as mérité, non ?

Ferme-là, on te dit. Tu ne vaux rien. Tu ne représentes rien. Tu n'es rien. Tu n'es pas une minorité, tu n'es pas un antiraciste,  tu es juste anonyme, tu n'as aucun intérêt médiatique, tu ne présentes rien d'exploitable aux bien-pensants de gauche, tu n'as donc pas droit à la parole. Et si jamais tu y avais droit, on te ferait comprendre qu'il serait dommageable de ne pas t'exprimer dans le sens du vivre-ensemble. Belle parole que voilà !

Tu es un mouton que l'on peut emmener à l'abattoir. Je le dis d'autant plus que moi aussi j'en suis un. Après que ma bagnole a été crâmée, je me suis contenté de gueuler contre le black-out de la presse. Le reste se passe dans l'isoloir, moi, je suis juste bon à manifester bien tranquillement, je suis incapable de me défendre par moi-même. Cependant, si les choses venaient à s'aggraver, et ça semble bien parti pour, crois-bien qu'il est possible que ça pourrait changer.

Strasbourg n'est que le prolongement des émeutes de 2005, ça ne modifiera rien ou presque.
Sauf si tu décides le contraire.
Bien à toi,

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Société

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