Publié le 30 Mars 2007

300 a la beauté d'une arme par destination quand on cherche quelque chose de la main pour tuer qui veut vous tuer.

C'est tout, mais c'est beaucoup.
                                                                                Tex Willer, des Péres Fondateurs


De l'héroïsme, du souffle, de l'épopée. Hollywood à son meilleur.

Ce film apporte un peu d'air frais à l'atmosphère sclérosée de nos salles obscures. Car, 300, film qu’on pourrait qualifier d'"historic fantasy", insuffle un esprit, qui mobilise encore parfois en France. C'est l'esprit de résistance, d'Orléans à Camerone, de Fontenoy à Verdun, de Belfort à Dien Bien Phu, c'est le devoir envers et contre tout, l'esprit chevaleresque et de sacrifice, porté à son acmé*.

La forme du film est soignée. Les ralentis, abondamment critiqués par certains, ne sont là que pour mettre en valeur les techniques de combat propres aux spartiates, et souligner la différence de niveau avec leurs adversaires. L'esthétique du film est particulièrement réussie, s'inspirant très largement de la BD. On retrouve toute la force du trait de Miller, déjà à l'oeuvre dans Sin City. La musique souligne parfaitement les tensions du combat, avec notamment des passages hard rock tout à fait bienvenus.

Certains dialogues, contrairement à ce que pourrait laisser croire une vision simpliste du film, sont loin d’avoir tous été inventés, en témoigne Hérodote. Les paroles du film : "Venez les chercher" ou "Nous nous battrons dans l'ombre" sont désormais des devises des régiments de l'armée grecque.

Alors, bien sûr, on pourra remettre en cause certains choix scénaristiques un peu trop éculés comme le cliché sur la reine seule face aux traîtres, ou la mort de Leonidas, transpercé de flèches, position qui évoque furieusement sa mission sacrificielle. Etendu, bras en croix, à l’image du Christ, ce plan renforce la dimension messianique dont il fait preuve tout au long du film. Mission au seul service de sa patrie et de ses idéaux, Sparte.

Dans cette vision de Sparte, on n’oubliera pas non plus l’eugénisme, l’éducation par le sang, l’agogé, la nécessaire impassibilité, l’esclavage qui était monnaie courante à l’époque. Mais, plus fondamentalement, ce film est là pour nous rappeler que la Grèce reste le pays dont nous avons tout appris, et que leur enseignements n'ont rien perdu de leur pertinence.

D'ailleurs, à lire l'interview de Franck Miller, on comprend vite que l'enjeu de ce film va au-delà du récit mythologique de cette bataille, pour souligner la position actuelle des pays occidentaux, et de leur propre identité.

Extraits choisis:


Il me semble évident que notre pays ainsi que le monde occidental tout entier sont actuellement confrontés à un ennemi existentiel qui, lui, sait exactement ce qu'il veut... Les grandes cultures ne sont pratiquement jamais conquises, elles s'effondrent de l'intérieur.

(..)


Pour une raison quelconque, personne ne semble parler de ce que nous combattons, ni de la barbarie du sixième siècle qu'ils représentent. Ces gens décapitent la tête des gens avec des scies. Ils asservissent les femmes, ils mutilent le sexe de leurs filles, ils ne se comportent selon aucune des normes culturelles auxquelles nous tenons.


En bref, 300 est un hymne à la fierté, à l'identité nationale, au patriotisme et à la résistance contre tous ceux, ennemis extérieurs ou intérieurs, qui voudraient la saper, la démolir. Débat on ne peut plus actuel en pleine campagne électorale.

Et je concluerai en reprenant la très bonne formule de Drzz:


"300", c'est l'Amérique en guerre.
Elle le hurle.
Et derrière elle, c'est tout l'Occident qui gronde.



* Oui, j'ai décidé de la jouer intello de la rive gauche....


 

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Rédigé par Polydamas

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Publié le 28 Mars 2007


Emeutes de la Gare du Nord

Et on n'oubliera pas ce témoignage rafraîchissant:

Yasmina ne comprend pas. En fait, elle est indignée. Les jeunes qu'elle a vus mardi soir défier les policiers gare du Nord sont comme elle. Principalement issus de l'immigration et habitant en cité. Yasmina est une jeune femme de 23 ans originaire de Livry-Gargan, en Seine-Saint-Denis. Elle travaille près de la gare du Nord comme assureur. Mardi, comme tous les jours, elle allait
reprendre son RER B pour rentrer.

"Il était environ 18 heures, des policiers étaient en train d'établir un périmètre de sécurité. L'un d'entre eux nous a informés qu'un contrôle avait mal tourné, qu'un homme s'était rebellé et des jeunes avaient pris sa défense, raconte Yasmina. Il y a eu des jets de pierre, ils ont élargi le périmètre de sécurité... Les CRS essayaient de bloquer les émeutiers qui formaient des petits groupes". La jeune femme dit avoir vu des mineurs, beaucoup de mineurs. Et des filles. "Ils avaient des sacs avec eux, ils devaient rentrer de cours. Ils ont rapidement mis leurs capuches ou des fringues autour de la tête pour se cacher. Les insultes fusaient, principalement à base de 'Sarko, on t'encule'. Et puis, ils n'ont pas voulu se laisser encercler alors ils ont balancé ce qu'ils trouvaient : un panneau de signalisation, notamment."

Yasmina a été révoltée de voir des voyageurs prendre la défense des émeutiers. "Il y avait notamment un homme d'une cinquantaine d'années qui engueulait les policiers leur reprochant leur violence, je ne sais pas s'il se rend compte de la situation. Les jeunes étaient comme des enragés. J'ai assisté à une interpellation, le mec se débattait, c'était violent. Il aurait fallu que les policiers restent là sans rien faire ?"

"C'est révoltant de voir qu'une poignée de jeunes fassent la loi dans un pays comme le nôtre. Quand on utilise les transports urbains on achète un ticket, il est normal que les agents faisant leur travail demandent les titres de transports aux usagers."

Et à ceux qui "cautionnent", j'ai envie de dire : "demandez vous à quoi ressemblerait votre vie et votre France si les forces de l'ordre n'étaient pas là ?"

Outrée, Yasmina est outrée. "Je ne comprends pas qu'on continue à défendre ces jeunes, leur trouvant des prétextes bidons du style 'Ils sont black, beurs et étrangers, ils sont rejetés et opprimés." Je vis dans les mêmes conditions qu'eux, explique la jeune femme. J'ai grandi et vis toujours dans une cité. Je suis d'origine algérienne, j'ai quatre frères et soeurs mais ma mère nous a élevés seule. Seule car mon père est décédé. J'ai eu un cursus normal : un bac, la fac, une école".

Ces jeunes, elle les connaît bien. Pour avoir été animatrice dans un centre de loisir, pour avoir fait du bénévolat dans une maison de quartier. "Depuis qu'ils sont petits, c'est dans leur tête que la police est l'ennemi numéro 1". Yasmina dit avoir pu en "sauver" quelques uns mais que d'autres sont "irrécupérables". "Ces jeunes sont loin d'être cons ou désorganisés, ils ont compris qu'en France on peut vivre sur le dos des autres et en toute impunité, dit-elle sans ménagement. Quand j'étais petite, les miens disaient toujours : 'si tu vas au commissariat, tu n'es plus mon fils, tu n'est plus ma fille".

Alors que font les parents de ces jeunes dans l'histoire ?"

Merci au BAF et au forum des PF.


   

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Rédigé par Polydamas

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Publié le 26 Mars 2007

Mgr Cattenoz, évêque d'Avignon, s'adresse aux candidats. Et ça déménage.

Via le salon beige.

Mesdames et Messieurs les candidats, quand je vous écoute, j’ai mal pour mon pays. Bien sûr, je me réjouis devant les germes d’espérance contenus dans les nombreuses propositions énoncées dans vos programmes.

Il y a quelques semaines, je me suis réjoui de vous voir tous unanimes pour inscrire l’abolition de la peine de mort dans notre Constitution. Aujourd’hui, je suis consterné par vos programmes qui portent en eux les germes d’une culture de mort pour notre société.

Certes, comme archevêque d’Avignon, il ne m’appartient pas de prendre position publiquement pour l’un ou l’une d’entre vous. De même, en intervenant, je n’entends nullement porter atteinte à la liberté politique des catholiques de mon diocèse. Je voudrais seulement vous alerter et alerter tous les hommes de bonne volonté sur plusieurs points de la campagne électorale dont les enjeux me semblent majeurs pour l’avenir de notre pays.

Au nom de l’Évangile, je veux défendre la vie, l’Évangile de la vie. Or je constate combien en laissant fragiliser la famille vous portez atteinte au patrimoine de l’humanité.

La famille est le sanctuaire de la vie, une réalité décisive et irremplaçable pour le bien commun des peuples. Elle est la cellule vitale et le pilier de toute vie en société. L’avenir de l’humanité passe par la famille. Elle est le centre névralgique de toute société, une école d’humanisation de l’homme où il peut grandir et devenir pleinement homme. La famille est le lieu privilégié et irremplaçable où l’homme apprend à recevoir et à donner l’amour qui seul donne sens à la vie. Elle est le lieu naturel de la conception, de la naissance, de la croissance et de l’éducation des enfants. Elle est le milieu naturel où l’homme peut naître dans la dignité, grandir et se développer de manière intégrale.

L’institution du mariage, fondement de la famille, échappe à la fantaisie de l’homme ; le mariage plonge ses racines dans la réalité la plus profonde de l’homme et de la femme, il est l’union de l’homme et de la femme. « Impossible de contester cette norme sans que la société ne soit dramatiquement blessée dans ce qui constitue son fondement. L’oublier signifierait fragiliser la famille, pénaliser les enfants et précariser l’avenir de la société » (Benoît XVI, 20 février 2007).

Or, la plupart de vos programmes électoraux loin de protéger et de promouvoir la famille fondée sur le mariage monogame entre l’homme et la femme ouvrent la porte au mariage entre personnes du même sexe et à l’adoption d’enfants par des couples homosexuels. Aucune autre forme de vie commune que l’union d’un homme et d’une femme ne peut être juridiquement assimilable au mariage ni ne peut recevoir, en tant que telle, une reconnaissance légale. Toute tentative de relativiser le mariage en lui donnant le même statut que d’autres formes d’unions radicalement différentes est dangereuse pour notre société. Tout cela offense la famille et contribue à la déstabiliser en voilant sa spécificité et son rôle social unique.

Concernant le “mariage homosexuel”, il faut distinguer l’homosexualité comme fait privé et l’homosexualité comme relation sociale prévue et approuvée par la loi. La légalisation d’une telle union finirait par entraîner un changement de l’organisation sociale tout entière qui deviendrait contraire au bien commun. Les lois civiles qui devraient être des principes structurants de l’homme au sein de la société, jouent un grand rôle dans la formation des mentalités et des habitudes. Le respect envers les personnes homosexuelles ne saurait en aucune manière conduire à l’approbation du comportement homosexuel ou à la reconnaissance juridique des unions homosexuelles (cf. Cardinal Ratzinger, « Considération à propos des projets de reconnaissance juridique des unions entre personnes homosexuelles », Congrégation pour la Doctrine de la Foi, juin 2003).

Le nombre de séparations et de divorces s’accroît, rompant l’unité familiale et créant de nombreux problèmes aux enfants, victimes innocentes de ces situations. La fragilité et le nombre de foyers monoparentaux ne sont pas sans poser question. La stabilité de la famille est aujourd’hui menacée ; pour la sauvegarder, il ne faut pas avoir peur d’aller à contre-courant de la culture ambiante. Les diverses formes de dissolution du mariage sont l’expression d’une liberté anarchique qui se fait passer à tort pour une libéralisation de l’homme. Au contraire, reconnaître et soutenir l’institution du mariage est un des services les plus importants à apporter aujourd’hui au bien commun et au véritable développement des hommes et des sociétés, de même que la plus grande garantie pour assurer la dignité, l’égalité et la véritable liberté de la personne humaine.

Malheureusement bien des projets sur le mariage, le divorce, l’adoption tiennent, certes, compte des désirs des adultes, mais oublient complètement l’intérêt des enfants. Le droit à l’enfant semble prendre le pas sur le droit de l’enfant.

Comme le montre unanimement l’expérience, l’absence d’une maman ou d’un papa au sein d’une famille entraîne bien des obstacles dans la croissance des enfants. Comment des enfants insérés dans des unions homosexuelles où manquent la bipolarité sexuelle et l’expérience conjointe de la paternité et de la maternité pourront-ils grandir et mûrir humainement sans porter les séquelles de cette absence ? Comment assurer l’équilibre de la structure psychologique et sexuelle de l’enfant dans un couple où il n’y a qu’un sexe ?

L’affaiblissement de la cellule familiale est une des causes majeures des difficultés des jeunes. La crise de la famille est une cause directe du mal être des jeunes. La majorité des jeunes en difficultés sont issus de familles humainement et socialement fragilisées.

Au nom de l’Évangile, je veux défendre la vie, l’évangile de la vie, de cette vie qui fait de nous des hommes de l’utérus au sépulcre.

La banalisation de l’avortement et le silence sur les conséquences psychologiques, les blessures et les souffrances cachées qui marquent à jamais les femmes sont intolérables. L’information tronquée sur les séquelles provoquées par l’avortement chez les femmes qui y ont eu recours est insupportable.

La liberté de tuer n’est pas une vraie liberté, mais une tyrannie. Jean-Paul II dans sa lettre encyclique « L’Evangile de la vie » a eu des mots très vrais et très durs sur la réalité de l’avortement : « Parmi tous les crimes que l’homme peut accomplir contre la vie, l’avortement provoqué présente des caractéristiques qui le rendent particulièrement grave et condamnable […]. L’avortement provoqué est le meurtre délibéré et direct, quelle que soit la façon dont il est effectué, d’un être humain dans la phase initiale de son existence, située entre la conception et la naissance. La gravité morale de l’avortement provoqué apparaît dans toute sa vérité si l’on reconnaît qu’il s’agit d’un homicide et, en particulier, si l’on considère les circonstances particulières qui le qualifient. Celui qui est supprimé est un être humain qui commence à vivre, c’est-à-dire l’être qui est, dans l’absolu, le plus innocent qu’on puisse imaginer : jamais il ne pourrait être considéré comme un agresseur, encore moins comme un agresseur injuste ! Il est faible, sans défense, au point d’être privé même du plus infime moyen de défense, celui de la force implorante des gémissements et des pleurs du nouveau-né. »

Alors que la peine de mort a été abolie pour une question de principe, l’avortement devrait être considéré comme atteignant la dignité de la personne à naître.

Certes, l’avortement est désormais inscrit dans les lois, mais il n’en demeure pas moins immoral au regard de l’Evangile et de l’Evangile de la vie.

L’acceptation de l’euthanasie fait peser des menaces graves sur les malades incurables et sur les mourants. Certes, le contexte social et culturel actuel augmente la difficulté d’affronter la souffrance à l’approche de la mort. Il rend plus forte la tentation de résoudre ce problème en l’éliminant à la racine par l’anticipation de la mort au moment considéré comme le plus opportun. Pourtant, les médecins affirment aujourd’hui savoir soulager la quasi-totalité des douleurs. La vraie question est donc celle des soins palliatifs.

La vie humaine est sacrée, de son commencement naturel jusqu’à son terme. Tout être humain a le droit au respect intégral de ce bien qui est pour lui primordial. Nous ne pouvons accepter la promotion de lois visant à légaliser l’euthanasie.

La manipulation des embryons fait peser une lourde menace sur notre société. L’embryon est un être vivant qui possède un patrimoine génétique humain. Il est une personne humaine, il faut la protéger parce qu’elle est membre à part entière de l’espèce humaine et mérite notre respect.

Les progrès de la science et de la technique peuvent se transformer en menace si l’homme perd le sens de ses limites. Il faut prendre conscience que la chosification de l’embryon nous conduira tôt ou tard à l’eugénisme.

Effectivement, cette manipulation débouche sur un eugénisme subtil. En effet, le dépistage prénatal a changé de nature, il n’est plus destiné à traiter mais bien à supprimer. Un tel dépistage renvoie à une perspective terrifiante, celle de l’éradication.

Aujourd’hui, la venue au monde de certains enfants est devenu non souhaitable. La science propose même des outils pour réaliser le rêve de l’enfant sans défaut. Plusieurs de vos programmes construisent pas à pas une politique de santé qui flirte avec l’eugénisme.

Les recherches biotechnologiques toujours plus pointues visent à instaurer des méthodes d’eugénisme toujours plus subtiles et qui visent à la recherche de l’enfant parfait, fruit d’une sélection totalement contrôlée. Par leur maladie, par leur handicap, ou plus simplement par leur présence même, ceux qui auraient le plus besoin d’amour, d’accueil, de soin, sont jugés inutiles et considérés comme un poids insupportable dont il faut se débarrasser, qu’il faut éliminer.

Nous voyons se déchaîner comme une sorte de conspiration contre la vie.

Au nom de l’Évangile, je veux défendre la vie, l’Évangile de la vie. Je ne peux fermer les yeux devant tant d’hommes et de femmes aujourd’hui en France qui se sentent blessés, exclus, mis sur le bord de la route pour de multiples raisons personnelles, économiques, sociales, politiques ou même religieuses.

Certes, il appartient aux politiques de gouverner, mais je ne peux m’empêcher de vous rappeler que l’économie se doit d’être au service de l’homme et du bien commun dans le respect de la justice sociale et de la solidarité humaine. La mondialisation des échanges commerciaux et la globalisation de l’économie semblent se fonder sur une conception intégralement libérale de l’économie, de ses mécanismes. L’économie prime sur tout et là encore des conceptions individualistes et libérales dominent au détriment du respect de l’homme et de la solidarité entre les hommes.

Comment vivre une authentique fraternité humaine dans notre pays ? Comment respecter les plus pauvres ? Comment répondre au droit au logement et à des logements qui n’accentuent pas la déstructuration de la cellule familiale ? Comment prendre en compte l’émigration comme un fait désormais structurel de notre monde ? Comment accueillir de manière juste tout en étant généreuse ? Comment lutter contre tous ceux qui exploitent les immigrés clandestins, les marchands de sommeil, les employeurs véreux ? Comment réfléchir à la question de l’emploi, du travail et de sa juste rémunération ? Comment prendre en compte les menaces écologiques ?

Autant de questions pour lesquelles nous attendons des réponses qui ne soient pas des promesses électorales trop souvent sans lendemain, mais des engagements clairement exprimés.

Où sont vos priorités ? Sont-elles du côté de groupes de pression susceptibles de vous apporter des voix le temps d’une élection ou sont-elles vraiment au service de notre pays ?

Au nom de l’Évangile, je ne peux que dénoncer avec les Associations Familiales Catholiques la racine de tout cela : un individualisme à tout crin qui gangrène notre société.

Nous constatons l’évolution du droit civil qui consacre depuis trente ans l’individualisme des droits. Le droit qui dicte et façonne les normes sociales, privilégie l’individu, la vie privée, considère que les choix affectifs ne peuvent et ne doivent avoir aucune conséquence ni sur les enfants ni sur la vie civique, économique et sociale.

Dans notre culture, on exacerbe souvent la liberté de l’individu conçu comme sujet autonome, comme s’il se suffisait à lui-même, en marge de ses relations avec les autres, étranger à ses relations avec autrui. Beaucoup voudraient organiser la vie sociale seulement à partir des désirs subjectifs et changeants, sans aucune référence à une vérité objective comme la dignité de tout être humain, ses droits et ses devoirs au service desquels doivent se mettre les responsables de notre société.

Ainsi toutes les formes d’union conjugale sont mises sur un pied d’égalité, le droit à l’enfant se substitue au droit de l’enfant. On laisse se propager et se développer des pratiques de contraception abortives, l’avortement et les dérives eugénistes. La famille et les familles ne sont plus considérées comme les corps fondateurs de la société, mais comme une juxtaposition d’individus. Ainsi naissent et prospèrent au gré des gouvernements, des politiques à caractère social, destinées à pallier les effets de cet individualisme qui gangrène la société. Cette conception individualiste de la société soumet notre pays aux dérives d’une opinion aux repères brouillés et aux groupes de pression qui pèsent de tout leur poids en cette période électorale (cf. Déclaration des AFC, Débats préélectoraux 2007-2008).

Au nom de l’Évangile et à la veille de l’élection présidentielle et des élections législatives, je ne peux qu’inviter les hommes politiques, les chrétiens et tous les hommes de bonne volonté à passer au crible de l’Évangile et de l’enseignement de l’Église vos propositions avant de se déterminer dans leur choix.

Avignon le 22 mars 2007
N'hésitez pas à transférer ce discours, histoire que tous les catholiques puissent le lire avant d'aller voter.

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Politique

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Publié le 25 Mars 2007

Les dernièrs vers sont la clé du mystère de l'Annonciation, que l'on fête aujourd'hui:

Ta douleur, du Périer, sera donc éternelle,
Et les tristes discours
Que te met en l'esprit l'amitié paternelle
L'augmenteront toujours

Le malheur de ta fille au tombeau descendue
Par un commun trépas,
Est-ce quelque dédale, où ta raison perdue
Ne se retrouve pas ?

Je sais de quels appas son enfance était pleine,
Et n'ai pas entrepris,
Injurieux ami, de soulager ta peine
Avecque son mépris.

Mais elle était du monde, où les plus belles choses
Ont le pire destin ;
Et rose elle a vécu ce que vivent les roses,
L'espace d'un matin.

Puis quand ainsi serait, que selon ta prière,
Elle aurait obtenu
D'avoir en cheveux blancs terminé sa carrière,
Qu'en fût-il advenu?

Penses-tu que, plus vieille, en la maison céleste
Elle eût eu plus d'accueil ?
Ou qu'elle eût moins senti la poussière funeste
Et les vers du cercueil ?

Non, non, mon du Périer, aussitôt que la Parque
Ote l'âme du corps,
L'âge s'évanouit au deçà de la barque,
Et ne suit point les morts...

La Mort a des rigueurs à nulle autre pareilles ;
On a beau la prier,
La cruelle qu'elle est se bouche les oreilles,
Et nous laisse crier.

Le pauvre en sa cabane, où le chaume le couvre,
Est sujet à ses lois ;
Et la garde qui veille aux barrières du Louvre
N'en défend point nos rois.

De murmurer contre elle, et perdre patience,
Il est mal à propos ;
Vouloir ce que Dieu veut, est la seule science
Qui nous met en repos.

François de Malherbe (1555-1628)
 

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Littérature

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Publié le 23 Mars 2007



Vous savez peut-être qu'aprés une belle année 2006 sur les marchés, vient d'avoir lieu, il y a de cela trois semaines, un coup de tabac assez violent sur les marchés financiers de toute la planète. D'où cela vient-il?

Le catalyseur de la baisse générale fut une chute de plus de 9% de la bourse de Shanghaï, suite à l'annonce du renforcement de la réglementation boursière en Chine. Ce n'est pas trop tôt, vu que cette bourse n'est pour le moment guère plus évoluée qu'un casino géant à destination des joueurs invétérés, que sont grand nombre de Chinois.

Mais les inquiétudes ne sont pas là, le véritable problème étant l'immobilier américain.

Bref rappel: on assiste à une bulle immobilière de grande ampleur aux Etats-Unis, facilitée par l'accès au crédit. Or le prêt accordé par la banque peut être augmenté en fonction de la valeur de la maison. La banque détient une hypothèque sur le bien immobilier, et vous accorde un crédit, qui peut être renouvelable en fonction de la hausse de la valeur du bien sur le marché immobilier. En gros, si votre maison voit son prix augmenter de 10%, la valeur du prêt peut augmenter d'autant si vous réechelonnez votre emprunt.

Selon un schéma notoirement connu, c'est ce crédit, donc indexé à la hausse de l'immobilier américain, qui paye la consommation américaine, finançant donc allègrement la croissance du pays, et de ce fait, la croissance mondiale.

Oui, oui, on peut dire que c'est un peu casse-gueule....

Et, pas de bol, vient de faire faillite, il y a de cela deux semaines, un courtier immobilier nommé New Financial, qui a affronté, non seulement une hausse des taux de défaut de ses emprunts mais aussi un renchérissement du taux d'intérêt, occasionnant une crise de liquidités le conduisant à la faillite. Ce courtier, qui, soit-dit en passant, avait beaucoup profité de la bulle immobilière, est spécialisé sur le crédit de mauvaise qualité (donc plus risqué que la moyenne), qualifié de "subprime", dont la somme totale représente tout de même 30 % de la dette des ménages américains.

En outre, 70% de ces crédits subprimes ont été souscris à taux variable. Les taux variables étant actuellement relativement bas, ils vont probablement remonter, donc renchérir d'autant le coût du crédit pour les ménages américains...

On craint donc une réaction en chaîne, suite à cette faillite, pour l'année 2007. Ce n'est pas tant à cause des risques financiers, qui sont globalement limités et maîtisés (sauf crise exceptionnelle), dues à une bonne couverture et à des provisions enregistrées dans les comptes 2006, mais plutôt à cause de la propagation, de la baisse de la confiance des ménages américains, généralisée également aux "bons crédits".

Le crédit étant appelé à se raréfier, quel sera le comportement du consommateur face à la restriction de ses entrées d'argent, à la baisse possible des prix immobiliers, et une montée de ses échéances de remboursement ? D'autant que les nouvelles sur le front de l'emploi, et la corollaire réduction des revenus, n'est  pas faite pour les rassurer...

Va-t-il cesser de consommer, pour se préoccuper de son taux d'endettement, l'un des plus élevés des pays industrialisés ?

C'est là toute la question. Si le marché perçoit des signes un peu trop poussés de ralentissement de la consommation américaine, il anticipera aussitôt une récession pour les prochains mois, ce qui risque d'enclencher une panique boursière mondiale, en comparaison de laquelle les mouvements récents ne sont que de gentils frémissements....

Nouvelle positive, la réserve fédérale américaine s'est prononcé, avant-hier, pour un arrêt de la hausse des taux. Ce qui ne veut pas dire que la situation de l'immobilier américain va s'éclaircire tout de suite. En France, c'est un déluge d'annonces d'OPA, de contrats, et de deals qui font monter la bourse lors de ces dernières séances. Mais cela ne durera qu'un temps, si la croissance mondiale se tasse.

Car la seule chose dont dépende la croissance mondiale est l'optimisme du consommateur américain. Si vous n'aviez qu'une seule chose à retenir sur les marchés financiers, c'est bien celle-là...

   

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Finance

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Publié le 21 Mars 2007



Le Pen, il est chez lui. Il a fait une guerre très courageuse en Indochine. Il a défendu son pays. Et moi aussi j'aime mon pays, comme une midinette. Au moins je suis patriote, j'aime la France, et il est français. Moi petit juif algérien, comment aurais-je le droit de l'empêcher de se présenter ? Je ne suis pas d'accord avec lui, mais il est dans son pays, et je le respecte."

Roger Hanin dans Voici.

 

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Actualité

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Publié le 21 Mars 2007

A l'occasion de la sortie de 300, je remets le billet publié il y a un mois.

Précision importante. A voir les bandes-annonces, il est possible que le film ait été quelque peu malmené par les doubleurs, dans la version française. Certainement trop réactionnaire à leur goût...

Je vous recommanderai donc de vous contenter de la version originale qui a l'air suffisamment percutante...

Tiré de la BD de Frank Miller sur la bataille des Thermopyles, 300 retrace la mort du roi spartiate Léonidas et de ses hommes, face à l'invasion perse.

On sent bien que l'aspect historique est le cadet des soucis de ce film, mais si 300 est au péplum ce que Sin City a été au polar, on peut s'attendre à ce qu'il cartonne, et c'est un euphémisme...


Il n'y a qu'à voir le nombre de visions de la bande annonce, sur un site spécialisé, pour  constater qu'il risque d'être un succés. Par ailleurs, pour ceux que ça intéresse, la bande originale est "Just like you imagined", du groupe Nine Inch Nails, dans l'album The Fragile.

Les fans trouveront ici une bande-annonce deux fois plus longue, et une troisième là, sans oublier sur le site d'Allocine une comparaison intéressante entre la BD et le film. Mon seul regret, que je partage avec beaucoup, est le suivant: pourquoi faut-il que ce soient les Américains qui nous sortent des films pareils? Pourquoi les Français en sont-ils incapables?

Sortie prévue en France, le 28 Mars prochain, soit un petit mois avant l'élection présidentielle, ça va être dur de patienter. Il permettra de se changer les idées des débats participatifs, des "ségolénitudes", et autres propositions des candidats.

Quoique.

La thématique de ce film me rappelle furieusement ce livre, qui avait fait scandale à son époque. De là à ce que ce film choque les bien-pensants, et s'invite dans la campagne, il y a une étape que je ne franchirais pas, en tout cas, pas pour le moment.

Enfin, il serait peccamineux de ne pas rappeler ici la formule légendaire, gravée au Kolonos, mausolée placé sur l'emplacement de la bataille, en souvenir de ces braves:

"Passant, va dire à Sparte que nous sommes tous morts ici pour obéir à ses lois."


 

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Actualité

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Publié le 20 Mars 2007

Dans la lignée de l'effort d'unité développé par Braudel.

A lire également, cet article de Zemmour.
Via le BAF.

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Argumentaires

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Publié le 19 Mars 2007

La France de Fernand Braudel, via Patrice de Plunkett. Certains feraient bien de lire ce texte, qui leur profitera certainement.



Je crois que le thème de l'identité française s'impose à tout le monde, qu'on soit de gauche, de droite ou du centre, de l'extrême gauche ou de l'extrême droite. C'est un problème qui se pose à tous les Français. D'ailleurs, à chaque instant, la France vivante se retourne vers l'histoire et vers son passé pour avoir des renseignements sur elle-même. Renseignements qu'elle accepte ou qu'elle n'accepte pas, qu'elle transforme ou auxquels elle se résigne. Mais, enfin, c'est une interrogation pour tout le monde.

II ne s'agit donc pas d'une identité de la France qui puisse être opposée à la droite ou à la gauche. Pour un historien, il y a une identité de la France à rechercher avec les erreurs et les succès possibles, mais en dehors de toute position politique partisane. Je ne veux pas qu'on s'amuse avec l'identité.

Vous me demandez s'il est possible d'en donner une définition. Oui, à condition qu'elle laisse place à toutes les interprétations, à toutes les interventions. Pour moi, l'identité de la France est incompréhensible si on ne la replace pas dans la suite des événements de son passé, car le passé intervient dans le présent, le "brûle".

C'est justement cet accord du temps présent avec le temps passé qui représenterait pour moi l'identité parfaite, laquelle n'existe pas. Le passé, c'est une série d'expériences, de réalités bien antérieures à vous et moi, mais qui existeront encore dans dix, vingt, trente ans ou même beaucoup plus tard. Le problème pratique de l'identité dans la vie actuelle, c'est donc l'accord ou le désaccord avec des réalités profondes, le fait d'être attentif, ou pas, à ces réalités profondes et d'avoir ou non une politique qui en tient compte, essaie de modifier ce qui est modifiable, de conserver ce qui doit l'être. C'est une réflexion attentive sur ce qui existe au préalable. Construire l'identité française au gré des fantasmes, des opinions politiques, ça je suis tout à fait contre.

Le premier point important, décisif, c'est l'unité de la France. Comme on dit au temps de la Révolution, la République est "une et indivisible". Et on devrait dire : la France une et indivisible. Or, de plus en plus, on dit, en contradiction avec cette constatation profonde : la France est divisible. C'est un jeu de mots, mais qui me semble dangereux. Parce que la France, ce sont des France différentes qui ont été cousues ensemble. Michelet disait : c'est la France française, c'est-à-dire la France autour de Paris, qui a fini par s'imposer aux différentes France qui, aujourd'hui, constituent l'espace de l'Hexagone.

La France a dépensé le meilleur de ses forces vives à se constituer comme une unité ; elle est en cela comparable à toutes les autres nations du monde. L'oeuvre de la royauté française est une oeuvre de longue haleine pour incorporer à la France des provinces qui pouvaient pencher de notre côté mais avaient aussi des raisons de ne pas désirer être incorporées au royaume. Même la Lorraine en 1766 n'est pas contente de devenir française. Et que dire alors des pays de la France méridionale : ils ont été amenés dans le giron français par la force et ensuite par l'habitude.

II y a donc dans l'identité de la France ce besoin de concentration, de centralisation, contre lequel il est dangereux d'agir. Ce qui vous suggère que je ne vois pas la décentralisation d'un oeil tout à fait favorable. Je ne la crois d'ailleurs pas facile. Je crois que le pouvoir central est tel que, à chaque instant, il peut ramener les régions qui seraient trop égoïstes, trop soucieuses d'elles-mêmes, dans le sens de l'intérêt général. Mais c'est un gros problème.

La seconde chose que je peux vous indiquer, c'est que, dans sa vie économique, de façon curieuse, depuis la première modernité, la France n'a pas su réaliser sa prospérité économique d'ensemble. Elle est toujours en retard, pour son industrialisation, son commerce. Cela pose un problème d'ordre général. Et d'actualité, si cette tendance est toujours valable. Comme si, quel que soit le gouvernement, la France était rétive à une direction d'ordre étatique.

Or la seule raison que je vois qui soit une raison permanente est que l'encadrement capitaliste de la France a toujours été mauvais. Je ne fais pas l'éloge du capitalisme. Mais la France n'a jamais eu les hommes d'affaires qui auraient pu l'entraîner. Il y a un équipement au sommet, au point de vue capitaliste, qui ne me semble pas parfait. Nous ne sommes pas en Hollande, en Allemagne, aux Etats-Unis, au Japon. Le capitalisme est avant tout, pour moi, une superstructure et cette superstructure ne réussit pas à discipliner le pays jusqu'à sa base. Tant mieux peut-être ou tant pis, je n'en sais rien. Mais l'inadéquation de la France à la vie économique du monde est un des traits de son identité.

Dernier trait : la France ne réussit pas au point de vue économique ; elle réussit au point de vue politique de façon limitée parce qu'elle triomphe, précisément, dans ses propres limites. Toutes ses sorties en dehors de l'Hexagone se sont terminées de façon malheureuse, mais il y a un triomphe permanent de la vie française, qui est un triomphe culturel, un rayonnement de civilisation.

L'identité de la France, c'est ce rayonnement plus ou moins brillant, plus ou moins justifié. Et ce rayonnement émane toujours de Paris. Il y a aussi une centralisation très ancienne de la culture française. Bien sûr, il existe bien d'autres conditions : triomphe de la langue française, des habitudes françaises, des modes françaises, et, aussi, la présence, dans ce carrefour que la France est en Europe, d'un nombre considérable d'étrangers. Il n'y a pas de civilisation française sans l'accession des étrangers ; c'est comme ça.

Le gros problème dans le monde actuel est de savoir comment la société française réussira ou non à accepter ces tendances et à les défendre si nécessaire ; si vous n'avez pas, par exemple, une politique de rayonnement à l'égard de l'Europe et du monde entier, tant pis pour la culture française.

La langue française est exceptionnellement importante. La France, c'est la langue française. Dans la mesure où elle n'est plus prééminente, comme ce fut le cas aux XVIIIe et XIXe siècles, nous sommes dans une crise de la culture française. Avons-nous les moyens de remonter la pente ? Je n'en suis pas sûr, mais j'ai quelque espoir. L'empire colonial que nous avons perdu est resté fidèle à la langue française. C'est vrai aussi des pays de l'Est, de l'Amérique latine.

L'identité française relève-t-elle de nos fantasmes collectifs ? Il y a des fantasmes et il y a autre chose. Si j'ai raison dans ma vision de l'identité française, quels que soient nos pensées, nos fantasmes, il y a une réalité sous-jacente de la culture, de la politique de la société française. J'en suis sûr. Cette réalité rayonnera ou ne rayonnera pas, mais elle est. Pour aller plus loin, je vous dirai que la France a devant elle des tâches qu'elle devrait considérer avec attention, avec enthousiasme. Elle est devenue toute petite, non parce que son génie s'est restreint, mais en raison de la vitesse des transports d'aujourd'hui. Dans la mesure où, devenue toute petite, elle cherche à s'étendre, à agripper les régions voisines, elle a un devoir : faire l'Europe.
Elle s'y emploie, mais l'Europe s'est accomplie à un niveau beaucoup trop haut. Ce qui compte, c'est de faire l'Europe des peuples et non pas celle des patries, des gouvernements ou des affaires. Et ce ne sera possible que par la générosité et la fraternité.

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Argumentaires

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Publié le 18 Mars 2007

A voir l'animosité de Libé, on peut se dire que la Life Parade a réussi un de ses objectifs et non le moindre, faire enrager la gauche...

Une croisade masquée contre l'homoparentalité

La Life parade, samedi à Paris, est-elle assistée en sous-main par des Eglises et les anti-IVG?
Par Catherine COROLLER
QUOTIDIEN : samedi 17 mars 2007
   
La Life parade, faux nez des légions chrétiennes réactionnaires ? Drôle d'entreprise en tout cas que cette marche «musicale, festive et familiale» dont la troisième édition aura lieu ce samedi à Paris, avec pour mot d'ordre : «Non à l'homoparentalité». A l'origine de cet événement, un groupe de jeunes gens, étudiants et salariés. En 2005, ils créent une «association culturelle de promotion de la famille et de la dignité de la personne humaine» ­ financée à 100 % par des dons privés ­, et organisent la première Life parade, dont le coût est d'environ 40 000 euros. Joli succès : elle attire 10 000 à 15 000 personnes selon les organisateurs. L'édition 2006 connaîtra une fréquentation moindre, mais honorable.
La Life parade est-elle assistée en sous-main par des Eglises ou des mouvements confessionnels «prolife» (anti-IVG) ? Parmi les associations partenaires figurent par exemple les Associations familiales catholiques. Et, en soutien, la Fondation Jérôme Lejeune, découvreur du gène de la trisomie 21, militant antiavortement et catholique fervent, décédé en 1994, qui est en passe d'être béatifié.

Rock catho. L'intitulé même de la Life parade rappelle la March for Life américaine, qui rassemble chaque année à Washington des dizaines de milliers de prolife.  «C'est une manifestation aconfessionnelle», affirment pourtant ses organisateurs. L'un des groupes invités pour le concert de clôture est un groupe de rock catho baptisé «Elle et ils sonnent» (clin d'oeil au Kyrie Eleison, chant liturgique de l'Eglise catholique). Les organisateurs confient également avoir «travaillé» avec Philippe Auzenet, pasteur protestant qui «accompagne depuis quinze ans des personnes qui souhaitent sortir de l'homosexualité». 
Côté politique, les soutiens réunissent quelques élus: Jean-Marc Nesme, député UMP de Saône-et-Loire et porte-parole de l'Entente parlementaire pour le droit de l'enfant à être élevé par un homme et une femme, qui rassemble 316 députés et sénateurs; le sénateur UMP Jacques Baudot, ancien président de l'association Allo enfance maltraitée; ou Franck Meyer, porte-parole du collectif des 12 500 Maires pour l'enfance.
Pour Martine Grosse, coprésidente de l'Association des parents gays et lesbiens (APGL), la tactique des organisateurs de la Life parade est claire : «Elle me fait penser à celle du collectif génération anti-pacs. Leur mouvement avait une base clairement religieuse, mais leur stratégie était de gommer toute référence chrétienne au profit d'une stratégie voulant apparaître comme jeune, spontanée, résolument moderne.» 

«Raidissement». A quelques semaines de l'élection présidentielle, les organisateurs de la Life parade 2007 veulent peser sur le débat. Y parviendront-ils? Pour Alain Piriou, le poids des députés UMP anti-homoparentalité n'est pas pour rien dans le «raidissement» de Nicolas Sarkozy. Le candidat UMP, qui dit avoir «beaucoup hésité» sur la question de l'homoparentalité, se déclare aujourd'hui «opposé» au mariage gay et à l'adoption d'enfants par des couples homosexuels. «Les catholiques conservent une force de frappe considérable, observe Alain Piriou. Leur influence sur le monde politique reste forte. Sur le reste de la société, c'est moins sûr.» Le leader homo . «Avant, le lobby catho était très puissant et nous essayions d'exister ; aujourd'hui, ils utilisent nos thèmes, nos cordes, en organisant une marche des fiertés [gay pride, ndlr] à leur façon. Mais je leur souhaite bien du courage pour faire aussi bien que nous avec nos 800 000 manifestants !» 

On notera, le titre de l'article avec l'adjectif "masquée". Pourtant avec des slogans comme "Non à l'homoparentalité" durant la manif, on pouvait difficilement être plus clair.

Comme toujours, les commentaires apportent leur lot de perles, avec des gauchistes qui estiment que des cathos ne devraient pas avoir le droit de défiler joyeusement dans la rue. En bref, vive la démocratie, sauf pour ceux qui ne sont pas d'accord avec moi.

Inénarrable. 
 

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Médias

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