Publié le 29 Juillet 2008

Blog en repos, j'ai un appartement à meubler...

Je vous laisse avec ce blog de photos sublimes.

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Il faut voir notamment cette rubrique et celle-ci.

Très bonnes vacances à tous.


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Rédigé par Polydamas

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Publié le 22 Juillet 2008

Via le Forum Catholique, je tombe sur ce texte d'Hélie de Saint Marc, au ton de testament, qui me rappelle furieusement le poème de Kipling.


« QUE DIRE A UN JEUNE DE 20 ANS »

Quand on a connu tout et le contraire de tout,
quand on a beaucoup vécu et qu’on est au soir de sa vie,
on est tenté de ne rien lui dire,
sachant qu’à chaque génération suffit sa peine,
sachant aussi que la recherche, le doute, les remises en cause
font partie de la noblesse de l’existence.

Pourtant, je ne veux pas me dérober,
et à ce jeune interlocuteur, je répondrai ceci,
en me souvenant de ce qu’écrivait un auteur contemporain :

«Il ne faut pas s’installer dans sa vérité
et vouloir l’asséner comme une certitude,
mais savoir l’offrir en tremblant comme un mystère».

A mon jeune interlocuteur,
je dirai donc que nous vivons une période difficile
où les bases de ce qu’on appelait la Morale
et qu’on appelle aujourd’hui l’Ethique,
sont remises constamment en cause,
en particulier dans les domaines du don de la vie,
de la manipulation de la vie,
de l’interruption de la vie.

Dans ces domaines,
de terribles questions nous attendent dans les décennies à venir.
Oui, nous vivons une période difficile
où l’individualisme systématique,
le profit à n’importe quel prix,
le matérialisme,
l’emportent sur les forces de l’esprit.

Oui, nous vivons une période difficile
où il est toujours question de droit et jamais de devoir
et où la responsabilité qui est l’once de tout destin,
tend à être occultée.

Mais je dirai à mon jeune interlocuteur que malgré tout cela,
il faut croire à la grandeur de l’aventure humaine.
Il faut savoir,
jusqu’au dernier jour,
jusqu’à la dernière heure,
rouler son propre rocher.
La vie est un combat
le métier d’homme est un rude métier.
Ceux qui vivent sont ceux qui se battent.

Il faut savoir
que rien n’est sûr,
que rien n’est facile,
que rien n’est donné,
que rien n’est gratuit.

Tout se conquiert, tout se mérite.
Si rien n’est sacrifié, rien n’est obtenu.

Je dirai à mon jeune interlocuteur
que pour ma très modeste part,
je crois que la vie est un don de Dieu
et qu’il faut savoir découvrir au-delà de ce qui apparaît
comme l’absurdité du monde,
une signification à notre existence.

Je lui dirai
qu’il faut savoir trouver à travers les difficultés et les épreuves,
cette générosité,
cette noblesse,
cette miraculeuse et mystérieuse beauté éparse à travers le monde,
qu’il faut savoir découvrir ces étoiles,
qui nous guident où nous sommes plongés
au plus profond de la nuit
et le tremblement sacré des choses invisibles.

Je lui dirai
que tout homme est une exception,
qu’il a sa propre dignité
et qu’il faut savoir respecter cette dignité.

Je lui dirai
qu’envers et contre tous
il faut croire à son pays et en son avenir.

Enfin, je lui dirai
que de toutes les vertus,
la plus importante, parce qu’elle est la motrice de toutes les autres
et qu’elle est nécessaire à l’exercice des autres,
de toutes les vertus,
la plus importante me paraît être le courage, les courages,
et surtout celui dont on ne parle pas
et qui consiste à être fidèle à ses rêves de jeunesse.

Et pratiquer ce courage, ces courages,
c’est peut-être cela

«L’Honneur de Vivre»
Hélie de Saint Marc


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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Littérature

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Publié le 18 Juillet 2008

Camille m'ayant taggé honteusement, ainsi que Baroque et Fatigué, je me vois donc contraint et forcé de répondre à ce questionnaire indiscret.


1) Quel(s) souvenir(s) avez-vous de votre apprentissage de la lecture ?
Mon premier manuel de lecture, qui a servi ensuite à tous mes frangins et frangines.

2) Vos lectures préférées lorsque vous étiez enfant ?
Les 6 compagnons, Croc-Blanc, la Grande Evasion, les Jules Verne, le Bossu, la Comtesse de Ségur, le Petit Nicolas, les Trois Mousquetaires, Sherlock Holmes, Rouletabille, le Brigadier Gérard, le Professeur Challenger, j'étais un monstre de lecture étant gamin, je me suis calmé depuis, et c'est bien dommage.

3) Aimez-vous la lecture à haute voix ?

Ça dépend quoi, il y a quelques tirades qui en valent la peine.

4) Votre conte préféré ?
La mythologie grecque, les contes russes.

5) La meilleure adaptation d’un roman ou d’une pièce de théâtre ?
Les liaisons dangereuses (version de Stephen Frears, of course), le Souper, Cyrano de Bergerac, la Grande Evasion.

6) Apprenez-vous par coeur certains poèmes, répliques de théâtre, passages de roman ?
Ça m'est arrivé, notamment avec l'anthologie de la poésie française d'un ancien président, je ne le fais plus, certainement le stress de la vie professionnelle.

7) Avez-vous des livres ou des magazines dans vos toilettes ?
A part des revues économiques, non rien.

8 ) Avez-vous plusieurs lectures en chantier ? Combien ? Lesquelles ?
Beaucoup trop, il faudrait que j'arrête d'ailleurs.

9) Le poète que vous ne cesserez jamais de relire / de vous réciter ?
St Exupéry. Pas sûr qu'on puisse dire qu'il soit un poète, même si Citadelle en a les accents.
Oscar Wilde.
Rudyard Kipling pour Si.
Baudelaire, bien sûr.

10) Le livre que vous avez lu le plus rapidement ? Le plus lentement ?
Je crois que je n'arriverais jamais à lire plus rapidement que le Tour du Monde en 80 jours. J'ai du le finir une heure après que ma mère l'ait acheté, j'avais 10 ans, ma mère était folle. C'était bien la peine d'acheter des bouquins pour que je les termine quasiment aussi sec...

Sinon, ce sont les livres russes qui me prennent le plus de temps. Je garde un souvenir somniférique des Ames Mortes de Gogol. Lu trop jeune certainement.

11) Préférez-vous les éditions de poche aux originales ? Pourquoi ?
Pas d'avis sur la question.

12) Le(s) livre(s) que vous ne rangez jamais dans votre bibliothèque et qui traîne(nt) toujours ?
Mémoires d'Outre Tombe. J'arrive pas à le finir, celui-là.

 13) Quel est votre rapport physique à la lecture ? Debout ? Assis ? Couché ?
Assis.

14) Vos lectures sont-elles commentées crayon en main ?

Non. Sauf pour les bouquins financiers.

15) Offrez-vous des livres ?
Oui. Amazon is my friend.

16) La plus belle dédicace, que ce soit de l’auteur ou de la personne qui vous l’offrit ?

Pas de souvenir particulier. J'ai eu une dédicace un peu élaborée de Pennac, mais étant donné que ses bouquins ne m'ont pas vraiment marqué...

17) Quel est votre rapport sensuel au livre ? (Odeur, texture, etc.)
J'aime bien les livres de la collection Bouquins, ayant pas mal lu dans ces ouvrages. Chaque fois que j'en manipule un, ce sont tous les souvenirs de mon enfance qui remontent, c'est un peu ma madeleine de Proust. Leur souplesse autorise ses propriétaires à en faire n'importe quoi ou presque. C'est le gros pavé mais vous êtes pas obligé de le tenir avec autant de soin qu'un livre de la Pléiade. Avec ces derniers, on ose à  peine les toucher, on risquerait de les abimer. Pas de cela avec les Bouquins.

18 ) Quels sont les auteurs dont vous avez lu les oeuvres intégrales ?
Conan Doyle, Stevenson, Gaston Leroux, lu quelques Balzac. Faut que je m'attaque à Nimier, Faulkner, Fitzerald, Dominique de Roux, à Maistre, à Burke, à Barbey (il faut lire ses Diaboliques), à plein de monde.

19) Un livre qui vous a particulièrement fait rire ?
Belle du Seigneur, notamment le passage sur les fonctionnaires de la SDN.

 20) Un livre qui vous a particulièrement ému ?
Allez, je me lâche:
- La fin du Camp des Saints, de Jean Raspail.
- La Prisonnière, Albertine disparue, de Proust.
- D'entre les morts, de Boileau-Narcejac, j'ai pas lu de meilleur roman policier.
- Par le sang versé, la Guerre Cruelle, de Bonnecarrère.

21) Le Livre qui vous a terrifié ?
Les contes d'épouvante de Gaston Leroux. Oui, je sais, faut que je lise Lovecraft.

Dans un autre genre, l'Enfer de Mgr de Ségur, dispo ici, ou les Confessions d'un exorciste de Dom Amorth. Pas la peine que je dise pourquoi.

22) Le livre qui vous a fait pleurer ?

Le vicomte de Bragelonnne, la mort de Porthos était pour moi une tragédie étant gamin. Sans famille d'Hector Malot m'a également traumatisé.

23) L’avertissement / l’introduction qui vous a le plus marqué ?

Ça devait être un encart dans un bouquin d'Oriana Fallaci, expliquant tout le mal que pensait l'éditeur à propos du bouquin qu'il publiait...

24) Le titre le plus marquant, original, décalé, astucieux ?
Pas remarqué.

25) Décrivez votre bibliothèque.

Un gros boxon, entre les bouquins de finance, les bouquins militaires, les romans, les bouquins sur le libéralisme, il n'y a que moi qui puisse m'y retrouver.

26) Les livres dont vous vous êtes finalement débarrassé ?
Des bouquins de Sartre. Les Confessions de Rousseau.

27) L’endroit le plus insolite où vous lisez ?

Je ne suis pas original en la matière. Mais j'ai dû bouquiner sur la muraille de Chine ou dans la Cité Interdite, ça compte ?

28 ) Il ne vous reste que trois jours à vivre : que souhaitez-vous lire ou relire ?

T'en as de ces questions, je sais pas trop, la Bible. Je suis persuadé que je vais avoir l'esprit de l'escalier à cette question.

29) Votre livre d’art préféré ?

Aïe, compliqué. Entre un bouquin sur les impressionnistes, une oeuvre sur le Louvre, ou sur l'art au Vatican, mon coeur balance.

30) La bibliothèque idéale ?

Celle de Borges, mais la bibliothèque de B&F fera l'affaire. Mais j'aime bien également Internet, avec notamment tous les bouquins dispos gratuitement au format pdf sur le web. Il y a là de quoi faire quand on sait chercher.

31) L’incipit qui vous a le plus marqué ?

RAS

32 ) La clausule qui vous a le plus marqué ?
RAS, oui, je sais, je remarque rien, mais ça viendra certainement avec l'esprit de l'escalier.
 

Allez, je passe le bébé à Michel Janva, à Philippe Edmond, au Conservateur, à Pharamond, à Shizodoxe, à Vae Victis, à Tcherno, à Lykurgos, à JusMurmurandi, à RonnieHayek si il me lit, à Fromage +, à Hoplite, à Didyme, et last, but not least, au Stalker. Il y a quelques cyborgs de lecture, parmi ces noms...

 

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Entracte

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Publié le 18 Juillet 2008

Faudrait que je cite l'intégralité du billet.

Donc, non, on va se contenter de vous recommander d'aller lire le Grand Charles. Je signe des deux mains.

 

 

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Rédigé par Polydamas

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Publié le 16 Juillet 2008

Autre aspect de la critique païenne, le souci concernant la dévirilisation. Je trouve ce sujet un peu secondaire, car il ne me semble pas que l'importance d'une civilisation se mesure à l'aune de la place du sexe. D'autant que l'Eglise ne lutte pas contre la chair, elle lutte contre une utilisation irraisonnée de celle-ci, la nuance est de mise. Il me semble que cette critique n'a pas beaucoup de fondement ou alors, il va falloir m'expliquer la proportion importante, parmi les cathos conservateurs, de ceux ayant choisi la carrière des armes, métier qui n'est pas réputé pour être réservé aux mecs efféminés.

Quant au principe de la guerre, là encore, je ne perçois pas clairement la critique, la légitime défense n'empêche nullement de se défendre, de se battre, de riposter aux attaques auxquelles on peut être soumis, ou même de pratiquer une guerre préventive. Le christianisme n'est pas en cause là-dedans, c'est plutôt notre société de confort, et notre paresse qui a remplacé toute idée d'utilisation de la force.

Une autre critique, plus subtile, mais qui ne ressort pas du catho-bashing au sens strict, consiste à dire que l'Eglise aura une fin comme n'importe quelle autre institution, dépassée qu'elle est par un monde plus rapide, mieux adaptée qu'elle, tuée par le darwinisme. Cette critique que l'on retrouve chez Vae Victis. J'avoue qu'elle ne m'inquiète pas plus que cela.

Pour plusieurs raisons:
- ça fait 2000 ans que l'Eglise doit mourir, elle continue à s'en tirer plutôt pas mal
- la popularité, le nombre de pratiquants ne fait pas le dynamisme de la religion, ça va, ça vient, ce n'est pas grave si les centres se réorganisent autour du Tiers-Monde, avoir un pape noir ne me pose pas de problèmes particuliers du moment qu'il est rigoureux sur la doctrine.
- le futurisme, la modernité, quelle que soit le nom qu'on peut donner à cette nouvelle cosmogonie, ne change pas grand-chose à la nature de l'homme, ne répond pas aux questions existentielles, n'indique rien sur son devenir après la mort. Avec ou sans Intelligence Artificielle. Nous sommes dans une ère hyper-technique et pourtant, jamais on n'a eu autant besoin de se raccrocher à de l'au-delà.

Ainsi Vae Victis ajoute à ce propos:

Je pense que de la Technique naitra une nouvelle spiritualité, de nouvelles religions, car les hommes ont toujours besoin de croire. Comme les japonais et les coréens nous devons chercher notre recours dans la science

Je ne vois pas en quoi ce serait possible, la science ne nous dit rien à ce sujet. La science est exactement l'antithèse de la religion, elle ne peut rien nous dire sur la spiritualité. D'autant qu'il me semble qu'on trouve là un néo-paganisme, orienté non plus autour de la nature, mais autour de la technique, ce qui ne change pas grand-chose à la problèmatique, il me semble. Au lieu de diviniser ce qui nous entoure, on divinise la construction matérielle, le robot, en lui conférant l'intelligence artificielle, le nouveau paradigme s'il en est. Alors, ok, je n'ai peut-être pas le niveau pour discuter de ces thèmes, restent que les problèmes posés par l'IA, et donc, par conséquent, les questions sur la définition de la conscience, voire de l'être humain, ne me paraissent pas changer la donne au point de mettre l'Eglise et son message à la poubelle de l'Histoire.

Je lis dans d'autres billets que l'Eglise serait hostile à la Technique. Mais rien n'est plus faux, elle est hostile aux changements de nature, à la réification de l'humain, comme si il n'était rien d'autre qu'une machine, d'où la raison de son hostilité à toutes les expériences sur les chimères, le statut des mères porteuses, etc. Elle n'a rien contre la technique par elle-même qu'elle a toujours encouragé. Ainsi en est-il des OGM, ou des recherches sur l'ADN. Nul n'est interdit de faire des recherches sur les éléments constitutifs de l'être humain, ce qui est prohibé est d'utiliser et de détruire celui-ci comme si il n'était qu'un instrument de recherche.

Nuance importante, il me semble.

A l'issue de ce modeste panorama, j'ai l'impression d'avoir couvert les principales critiques que l'on peut trouver à droite sur l'institution catholique et ses représentants. Il en est d'autres sur lesquelles je ne me prononcerais pas. La véhémence d'un polémiste contre des catholiques troujours trop mous et trop peu impliqués est également une forme de catho-bashing, mais celui-ci me semble, dans certains cas, sain, voire salutaire, les cathos comme les autres, ayant beaucoup trop tendance à se reposer sur leurs acquis.


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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Argumentaires

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Publié le 13 Juillet 2008



Immeuble du Drakkar, quelques heures après l'explosion, le 23 Octobre 1983.

58 soldats français ont disparu dans cet attentat.


PS: Quoi qu'on puisse penser de cet attentat, il ne me semble pas inutile de regarder ceci. Via le Salon Beige.


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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Actualité

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Publié le 10 Juillet 2008

Suite de la série sur le bashing de cathos. En second lieu, on trouve la critique païenne, qui me semble être la plus importante et la plus virulente à l'égard du christianisme.

En gros, la critique païenne est la suivante, dont Ivane et Xyr sont les plus brillants défenseurs sur le net. Les idées modernes sont toutes héritières du christianisme, notamment dans l'idée d'universalisme, de solidarité, et d'oubli de soi. Partant, les cathos sont responsables, au choix, de la féminisation croissante de la société, en promouvant la victime et en délégitimant la force et la virilité, ils sont responsables des vagues d'immigration massives qui destructurent notre pays, mais également de la détestation de notre propre civilisation. OK, je la fais très courte.

Tout d'abord, il faut tout de même signaler qu'il y a plusieurs niveaux de discours dans l'Eglise, tout n'est pas à mettre sur le même plan. L'accueil des immigrés n'a nullement la même portée que l'avortement ou la bioéthique, sujets si important qu'ils sanctionnent l'appartenance à l'Eglise. Ce qui n'est pas le cas de l'immigration, il est tout à fait possible d'être en désaccord avec un évêque évoquant les flux migratoires, sans pour autant être exclu de la communauté des croyants.

Malgrés les propos de certains évêques, l'Eglise n'interdit nullement une politique migratoire digne de ce nom. Elle demande juste que les migrants soient traités dans la dignité. Ce qui n'est pas incompatible avec le fait de les renvoyer dans leur pays, n'en déplaise à tous les cathos qui gueulent parce qu'on n'accueille pas suffisamment les étrangers. Cathos généralement scandalisés si l'on touche au cheveu d'un seul immigré, mais qui ne voit aucun problème à l'IVG.

Un intervenant disait quelque part que pour les cathos, une France uniquement peuplée de cathos africains ne leur poserait aucun problème, alors qu'une France remplie de blancs athées leur serait invivable. Oui et non, ce n'est pas vraiment ainsi que je vois les choses. Je suis certain qu'une France uniquement peuplée de gens issus de la "diversité" ne serait plus la France, que ces personnes soient catholiques ou pas. La tradition, la culture, le mode de vie, la mentalité, tout ce qui n'est pas lié à la religion mais qui est intrinséquement liée au pays, au peuple, ne sont pas des éléments négligeables. Mais dans le même temps, une France qui considèrerait ses églises comme des jolis musées ou de grandes salles communales, perdrait tout ou partie de son âme, à n'en pas douter.

Donc oui, la spiritualité catholique est importante, mais il est clair également que les traditions grivoises, les chansons paillardes sont des coutumes éminemment gauloises qu'il n'est pas question de renier. "Libre de faire l'amour et d'aller à la messe" comme disait Sardou. Le raccourci est un peu mièvre, mais il n'est pas tout à fait faux. D'autant que je suis bien placé pour savoir que les catholiques, prônant la virginité avant le mariage ne sont généralement pas ceux qui parviennent le mieux à tenir cet idéal.

Mais revenons sur l'accueil, l'ouverture, la charité.

On en trouve aussi une vision très claire dans les textes originaux. C'est l'épisode des larrons au moment de la mort du Christ. Un des deux affirme qu'ils méritent leur sort, mais que le Christ est innocent, et a l'humilité de Lui demander pardon de ses fautes passées, pendant que l'autre continue à injurier le Christ. Et le premier larron est la première personne sauvée, alors que l'exégèse nous dit que le second n'a pas suivi le même chemin. Même chose si l'on compare le traitement entre St Pierre et Judas. Les deux trahissent, surtout St Pierre qui renie par trois fois, mais là encore, ce dernier a la présence d'esprit de regretter son geste et devient ensuite le premier pape de l'Eglise, alors que Judas, desespéré, c'est à dire, rempli d'orgueil (il considère que sa faute est tellement grande qu'il est impossible que Dieu la pardonne remettant ainsi en cause la miséricorde de Dieu) part se pendre.

Ce que l'on constate, à travers ces faits, c'est que, dans la perspective catholique, le pardon et l'accueil ne s'accordent qu'à celui qui a l'humilité de la demander et d'en bénéficier. Celui qui considère que tout lui est dû, qu'il est en terrain conquis (que cette personne soit déjà catholique ou pas), n'obtiendra rien et sera rejeté. En bref, c'est toujours l'orgueil qui est condamnable. La perversion de cet état d'esprit par le modernisme, c'est l'accueil à tout va, sans demander d'effort d'intégration ou d'adaptation à qui veut rejoindre notre société. C'est l'accueil qui prime sur l'effort et l'intégration, quel qu'en soit le prix, quelles qu'en soient les conséquences. Mais c'est une perversion, ce n'est aucunement rendre service au nouvel arrivant que de ne pas lui demander de se plier aux règles qui régissent notre société. Oublier son ego, faire un effort, ne signifie pas se renier, et refuser ses propres attaches, bien au contraire.

D'autant qu'il faut noter que les règles religieuses ne sont pas celles qui prédisposent à la gestion d'un état, dixit les scholastiques. Un prêtre ne peut pas refuser son pardon pour qui le demande sincèrement à la différence de la justice des hommes, les contraintes et devoirs de l'un et de l'autre n'étant tout simplement pas les mêmes. D'où la raison pour laquelle, il y a encore quelques temps, lors des exécutions, un prêtre pouvait accompagner le condamné sur l'échafaud, lui permettant d'obtenir le pardon de Dieu jusqu'au dernier instant, mais n'annulant aucunement sa condamnation. D'où les renvois d'étrangers dans leur pays, pratiqué par les monarchies, etc. L'idée étant que c'est le bien commun qui prime, bien commun qui peut être corrompu par des intérêts particuliers de communautés trop nombreuses sur le sol national. Et même le Christ n'a pas remis cette hiérarchie, et ces différents rôles, en cause.

Le Christ est un révolutionnaire au sens spirituel, pas au sens politique (les apôtres pensaient que le Christ allait renverser l'empire romain, ce qui n'était pas du tout son but). Ce que dit le Christ, c'est de s'intéresser et d'aider tous les humbles. Mais les humbles, ça peut être celui qui manque d'enseignement, celui qui ne sait pas (on sait que l'un des premiers disciples du Christ fut le centurion romain, qui était certainement loin d'être pauvre). Là où les croyants avec une sensibilité plutôt orientée à gauche se plantent, c'est en lisant ce texte au pied de la lettre, et en négligeant totalement les impératifs de l'Etat, dont la Doctrine Sociale de l'Eglise a soulignée l'importance. Ce n'est pas aider son pays que d'accueillir des populations impossibles à intégrer. Les premiers qui en feront les frais seront les démunis français, les plus pauvres parmi les populations de souche. Et eux, on fait quoi pour eux ?

Ainsi donc, si la bienveillance à l'égard de tous est la moindre des choses, cette attitude ne justifie pas le suicide démographique par l'ouverture des frontières, comme j'ai pu le lire sur le net. A titre politique, le catholicisme n'est pas pour l'ouverture massive des frontière, jusqu'à mettre en danger l'équilibre de ce pays. Que je sache, on peut très bien être tout à fait souriant et charitable, mais tout de même refuser de céder à toutes les revendications des pauvres/clandestins. Etre charitable signifie mettre en oeuvre ce qu'il y a de mieux pour eux, pas forcément ce qu'ils veulent, c'est toute la différence.

Et concernant les clandestins, je ne pense pas que ce soit leur faire un cadeau que de les accepter sans contrôle. D'autant que le catéchisme ne dit rien de moins que la chose suivante :"Les autorités politiques peuvent en vue du bien commun dont ils ont la charge subordonner l'exercice du droit d'immigration à diverses conditions juridiques, notamment au respect des devoirs des migrants à l'égard du pays d'adoption. L'immigré est tenu de respecter avec reconnaissance le patrimoine matériel et spirituel de son pays d'accueil, d'obéir à ses lois et de contribuer à ses charges." [CEC n°2241]

Par conséquent, en France, ces lignes peuvent très bien se traduire par un souci d'intégration et d'assimilation, que les immigrés ne peuvent refuser, à la différence de ce que disent les Indigènes de la République. Et vu que l'on ne peut pas accueillir tout le monde, les ressources n'étant pas infinies, cela signifie qu'on peut donc parfaitement expulser des clandestins, pour des catholiques un peu soucieux du bien commun, ça se justifie. Impératifs qui, bien entendu, n'empêchent en rien de visiter les prisons, de faire l'aumône, d'avoir un comportement charitable et bienveillant. Mais c'est justement toute la différence entre le comportement d'un Etat et celui d'un particulier.


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Rédigé par Polydamas

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Publié le 9 Juillet 2008

Après les attaques de la gauche contre la réacosphère, il est un domaine dans lequel certains réacs se sont spécialisés : le catho-bashing.*

D'un côté, c'est une bonne nouvelle, ça prouve que les catholiques intéressent encore, que le catholicisme n'est pas encore mort. Ça marche par périodes, dès qu'un catho un peu connu l'ouvre un peu trop, les réactions arrivent de suite. De l'autre, c'est un peu navrant, car on ne fait que retrouver les discussions et désaccords classiques qui ont miné la droite conservatrice durant des années. Rien de très neuf sous le soleil, donc. Permettez moi de continuer le débat en répondant aux argumentaires les plus classiques concernant l'Eglise, en plusieurs billets, histoire d'isoler les critiques et leur débats.

Tout d'abord, une précision, il est vrai aussi que l'Eglise n'aide pas toujours. Quand on voit certains de nos évêques français dont on se demande comment ils ont pu obtenir leur mitre, une critique des plus vigoureuses est parfaitement légitime. L'Eglise n'est pas faite pour suivre à la lettre toutes les conneries de notre société, le dernier exemple en date étant l'initiative malheureuse de la Prêtre Academy. Les réacs de tout poils sont dans leur rôle en démolissant ces initiatives, ils rappellent à l'Eglise sa mission, et cela me parait d'autant plus important et plus efficace, si ils ne font pas partie de la maison, je n'ai rien à dire par rapport à ça, bien au contraire.

Ce n'est pas de cela qu'il s'agit mais plutôt d'une critique essentielle, d'une critique du rôle de l'Eglise dans ce qu'elle a de plus important, sa mission d'évangélisation. Dans ce cadre, au travers de quelques billets, je m'attellerais à répondre aux diverses critiques qu'on peut trouver chez les réacs. Je pense à la critique que j'appellerais "institutionnelle", la critique païenne, et la critique "futuriste". Je sais que j'en oublie certainement, mais il me semblent que ce sont les principales attaques que l'on trouve dans la "réacosphère".

Tout d'abord, la critique institutionnelle.

Boutin, pour prendre la grenouille de bénitier politique et catho par excellence, c'est facile de la démonter. Moi aussi, je m'en prive pas, en commentaires de certains blogs. Cependant, elle a au moins le mérite d'être présente dans le système, de tenter de faire à son niveau. De manière très imparfaite (attirant ainsi des critiques justifiées) certes. De cautionner par sa présence nombre de politiques qui n'ont rien de catholiques, également. Mais d'être là.

Qu'on le veuille ou pas, que l'on y soit hostile ou pas, il y a un système en place, alors de deux choses l'une, soit on tente de prendre les manettes, de grapiller quelques places, quelques prébendes, en espérant améliorer un peu les choses, soit on est exclu du jeu. Je ne reprocherais à personne de tenter de s'investir, au risque de la corruption avec le système. Ceux qui s'engagent ont au minimum la légitimité du terrain. Le pouvoir, fût-il en république, est fait pour être pris (et quand on voit les minables qui participent, on aurait bien tort de se priver). Le reste est affaire de stratégie, de visions différentes, certains sont forcés à rester (ou se complaisent) dans la clandestinité et l'underground, d'autres préfèrent les ors de la République. Les deux stratégies s'expliquent et se justifient très bien.

Ensuite, oui, les cathos ont la prétention (il faut lire les commentaires, le débat qui suit est passionnant) de dire ce qu'il faut faire, ils ont la prétention d'avoir une idée de ce que recouvre la notion de bien commun, ce qui n'est pas très libéral comme position, c'est vrai. Dans ce cas alors, le problème n'est pas avec Boutin, qui a le malheur de déplaire à ces réacs, mais avec l'Eglise, ne nous cachons pas derrière des hommes de paille. Même si à l'origine, l'Eglise a toujours promu la liberté de chacun, elle n'est pas hostile à ce que l'Etat légifère sous un angle catho-orienté. Que ce soit sur les mères porteuses, l'IVG ou quoi que  ce soit d'autre. Bien sûr, il faut savoir distinguer les sujets prioritaires des sujets plus annexes, mais les faits sont là. Même si le salut est une affaire personnelle, l'Eglise n'empêche nullement certains Etats de prendre des mesures qu'on pourrait croire hostiles à la liberté de chacun.

Autre aspect de cette critique, celle portant sur les croyants eux-même. XP s'en est fait une spécialité en parlant de l'hypocrisie de certains cathos, en évoquant les faiblesses de certains tradis, etc. Oui, on le sait, malheureusement les catholiques sont des gens comme les autres, la seule différence étant qu'ils ont des idéaux plus grands et plus difficiles que d'autres. Ce qui n'est déjà pas si mal.

Je ne pense pas qu'on puisse dire que les cathos, ce que sous-entend XP, dans un post, que les cathos soient plus pervers que la moyenne, plus vicieux, obligés qu'ils sont de camoufler leurs saloperies sous un masque de bonne conscience. Ce n'est pas vrai seulement des chrétiens, c'est vrai de tout le monde, de toutes les personnes affichant un tant soit peu de moralité. Et ça, on en trouve aussi bien chez les cathos, que chez les socialistes, les communistes, les démocrates-chrétiens.

Ensuite, oui, il y a des erreurs de la part de certains cathos, des erreurs de vocabulaire, indignes des idéaux qu'ils prétendent afficher. Et oui, ces erreurs doivent être pointées pour qu'elles ne se reproduisent plus. Mais est-ce la peine de vouer à ce point aux gémonies des cathos qui se sont plantés ? Je ne le crois pas. Car pour tous les cathos dont on aura condamné les propos, combien serons-nous à nous rappeler de certaines attitudes dignes et vénérables qui sont toujours passées sous silence ? Est-ce vraiment utile de gueuler avec les  loups ? Qui aime bien, châtie bien, certes. Mais le lynchage est-il vraiment nécessaire ?


* le catho-bashing, c'est le fait de se payer des cathos, plus ou moins gratuitement.
 

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Argumentaires

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Publié le 7 Juillet 2008

Le Motu Proprio a un an.

La Croix en tire un bilan tout à fait particulier, via Nicolas Séneze dont on sait qu'il ne déborde pas d'amitié envers les traditionnalistes.

À Paris, les six lieux où la messe dominicale est ainsi célébrée « à l’ancienne » ne rassemblent pas plus d’un millier de fidèles. « On dénombre en général cinq ou six personnes par paroisse qui demandent une célébration selon la forme extraordinaire, explique Mgr Patrick Chauvet, vicaire général, chargé de ce dossier par le cardinal André Vingt-Trois. Du coup, nous les rassemblons par arrondissement. »

5 ou 6 personnes par paroisse ? Je peux témoigner qu'on en trouve au minimum 5  fois plus, malgré ce peuvent en dire nos pasteurs. Alors qu'il y a plus d'un millier de fidèles dans les paroisses dites "Ecclesia Dei" et que Paris est l'endroit où le besoin de messe se fait le plus durement sentir, avec les Yvelines, il n'y aurait que 5 à 6 personnes intéressées par paroisse? Je me marre...


Selon lui, les curés accueillent avec bienveillance les demandes, du moment qu’elles ne soient pas instrumentalisées par des groupes qui, à l’instar de La Paix liturgique, tentent de fédérer l’opposition aux évêques sur ce sujet.

D'accord. Donc les tradis ont le droit d'avoir des messes, sauf quand ils s'organisent pour en avoir, c'est ça qu'il faut comprendre ? Quel est le problème avec Paix Liturgique, dont le travail, admirable, est justement de rallier ceux qui souhaitent obtenir une messe dans la forme extraordinaire, non de s'opposer aux évêques.


Et c’est davantage faute de demandes que par mauvaise volonté. Ainsi, à Blois, Mgr Maurice de Germiny constatait en septembre dernier qu’« il n’existe pas dans le diocèse de groupe stable de fidèles désireux de reprendre l’usage de la liturgie romaine antérieure à la réforme de 1970 ». Depuis, une « demande courtoise de mise en œuvre » du motu proprio a été adressée pour Vendôme, et l’évêque cherche « un prêtre “ad hoc” » dans son diocèse, plutôt que de faire appel à un institut relevant de la Commission pontificale Ecclesia Dei.


Davantage faute de demandes ? Alors que bien des fidèles, de toute la France, ayant approché leur pasteur pour tâter le terrain, se sont faits rabrouer en s'entendant dire qu'il était hors de question d'avoir une forme extra-ordinaire dans leur paroisse, décourageant toute demande officielle ? D'autant que Vendôme n'est pas un cas isolé. Le lieu de culte accordé pour le rit tridentin est à 15 km du centre-ville, et le créneau horaire pour la messe est impraticable pour les familles. On a beau jeu de dire ensuite qu'il n'y a personne pour y assister. Quand on voit l'accueil qui est leur reservé, on comprend mieux.

Cela dit, les choses changent. Peu à peu, mais elles changent. Malgré les batons dans les roues sans fin de certains prêtres et d'une bonne majorité des évêques, les traditionnalistes ont obtenu quelques messes, comme l'a prouvé la messe dite à Notre-Dame de Paris, le 17 Juin dernier au soir, qui a réuni au bas mot, un millier de fidèles dans la cathédrale. Messe dont on ne commentera pas le sermon, par charité chrétienne...

Rien de très étonnant donc, il était évident que le Motu Proprio ne se mettrait pas en place facilement. Il faut donc continuer à demander, via Paix Liturgique ou pas, continuer à faire pression, on finira bien par obtenir de plus en plus de messes.

D'ailleurs, il est fortement possible, à voir la manière dont se prépare le voyage du pape en France, que les choses changent plus rapidement que ne le souhaiteraient nos chers évêques français...

PS : A lire, la réponse de Paix Liturgique, qui va sensiblement dans le même sens que le mien.


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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Religion

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Publié le 6 Juillet 2008

Merci au Cultural Gang Bang pour cet éclat de rire.


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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Entracte

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