Publié le 29 Avril 2007

Cette lettre, trouvée via le Libre Journal, circule actuellement sur tous les forums de police.

Qu'ils soient ici remerciés de leur travail et de leur dévouement, surtout lorsque l'on sait à quelle vitesse un procureur de la République attribue cette mort à un "mouvement de foule", qui est pourtant arrêté deux jours plus tard...



Chers collègues...

J'avais trente-et-un ans, un père, une mère qui m'aimaient et que j'aimais, une petite amie que j'aimais, avec qui je fondais des projets de foyer, d'enfants, des coéquipiers qui m'appréciaient et que je j'appréciais, des amis avec qui je partageais pleins de joies...

J'étais policier!

Mon grade? Gardien de la Paix...

J'étais de la 11ème CI, en ULI.

La PAIX. Ça la paix, je l'ai gardée!  Gardée sans jamais l'avoir trouvée!!!

Pourtant je m'efforçais de la garder, de la maintenir, pour mes proches, mais aussi pour mes concitoyens. Ces "citoyens" qui m'ont craché dessus, qui m'ont insulté, parfois même violenté!!!

Ce soir, vers 21h00, un d'entre eux, aidé par d'autres "citoyens", un "brave citoyen" donc, un de ceux que nos lois, nos magistrats, nos "citoyens", nos associations, nos bien-pensants et parfois même que des FONCTIONNAIRES DE POLICE protègent; et par la force des choses que notre Etat protège...

Un d'entre eux, disais-je, m'a lâchement assassiné.

Comment???
Non, il n'était pas armé!
Non, il ne m'a pas foncé dessus avec un véhicule "emprunté"!
Il m'a simplement poussé sous le verrin d'un manège qui m'a décapité sous les yeux de mes collègues impuissants.

Pourquoi???
Comment dire?
J'intervenais sur une rixe entre jeunes, qui, non contents de porter des coups à la foule en présence ainsi qu'au forain propriétaire du manège, nous prirent à parti mes collègues et moi!!!

J'eu moins de chance que les autres voilà tout!

Le plus "curieux", c'est que ma mort ne fait l'objet que de quelques lignes dans les feuilles de choux qui se disent journaux d'information! Ah! j'allais oublier, il s'agit bien évidemment d'un accident!!!

Que mes collègues sans doute sous l'effet de la peine, de la surprise, du choc, n'ont pas encore réagit! Ils n'ont manifesté ni mécontentement, ni colère, ni ras-le-bol...
Pas même un: ça suffit (avec s'il vous plaît juste après, sinon ça fera trop répressif voire agressif)

C'est étonnant, ça non?!

Surtout quand on sait que deux "jeunes désoeuvrés" morts dans un transformateur en novembre 2005 avaient suffit à déclencher de longues nuits d'émeutes, de vandalisme et d'innombrables violences armées ou non à l'égard de nos collègues...

A des marches silencieuses ou des manifestations...

A des interventions télévisées de nos gouvernants très émus...

Je ne vous raconte pas tout ça pour vous faire pleurer sur mon sort ni vous inciter à la vengeance et encore moins à vous enjoindre à demissionner!

Non, collègue!
Je t'écris simplement pour te dire que si tu n'y prends pas garde, tu seras peut-être le prochain!!! Ce sont tes collègues qui pleureront de n'avoir rien pu faire.

C'est chez toi que le téléphone sonnera pour annoncer à ta femme que tu es décédé dans l'exercice de tes fonctions!

C'est à ta famille que l'on remettra le drapeau, symbole de nos couleurs et des valeurs que tu a défendu au prix de ta vie!!!

C'est à tes parents que l'on donnera tes deux belles médailles "en chocolat" pour le titre de chevalier de la légion d'honneur et d'acte de courage et de dévouement, à titre posthume bien entendu!!!

Avec un peu de chance tu passeras peut-être même brigadier ou officier (toujours à titre posthume)!

C'est pour ton fils, ta fille que les collègues verseront la cotisation à l'orphelinat de notre institution...

C'est à tes collègues que l'on dira d'éviter les contrôles dans le secteur où tu seras MORT, ce, dans le but bien évident de ne pas "provoquer" ces pauvres petits, et par la même occasion également d'empêcher qu'un autre collègue comme toi ou moi, ne commette une "bavure"...

Eh oui! mieux vaut que tu décèdes sous les coups, les balles ou les roues d'un véhicule...

Cela suscitera toujours moins d'émotions que si un "citoyen" désoeuvré trouve la mort après nous avoir tiré dessus ou bien après avoir essayé d'échapper à un contrôle de routine!!!

Voilà, COLLEGUE!!!

Je ne m'attends pas à ce que tu ailles manifester, à ce que tu deviennes plus professionel lors de "l'exercice de tes fonctions", à ce que tu sois plus solidaire de nos collègues à ce que tu fasses ce qui est nécessaire pour que cela ne se reproduise plus jamais, ni même à essayer de réunir le maximum de collègues pour les en convaincre!!!

Non, non!

Loin de moi de croire que ma seule mort suffirait à changer tout ça!!!

J'espère simplement que tu apprendras à en faire le moins possible, à ne plus t'exposer, à étouffer ta fierté et ton honneur dans le silence, la bêtise, la lâcheté, la collaboration, le suicide, voire même l'alcool ou la drogue pour les plus faibles d'entre nous!!!

Eh oui c'est aussi ça la "Grande Maison", une "famille", "saine" "unie" et "soudée" comme un seul homme!!!

Il faudra aussi que tu apprennes à enduire ton anus de vaseline liquide (c'est plus efficace), à bien le dilater sinon c'est plus douloureux, et ce, pour chacune de tes convocations à l'IGS ou au tribunal car pour nous autres, la présomption d'innocence n'existe pas ou alors il faudra que tu dénonces tes collègues!!!

Je te rassure, il ne faut pas t'en faire pour moi!

Là où je suis, j'ai enfin trouvé la paix...

Plus de risque de me faire insulter, violenter, dénoncer et accuser injustement...

Ma fiancée va sûrement recevoir le chèque de soixante euros prévu pour les décès de collègues en service...

Ma mère pourra essuyer ses larmes dans le drapeau qu'elle aura reçu...

Mon père rangera mes deux médailles sur l'étagère du salon...

Mes collègues feront une quête pour une belle couronne...

Le préfet organisera sans doute une belle cérémonie...

Seront présents beaucoup d'officiels, n'oublie pas que nous sommes en période d'élection ultime, ils seront légion ceux qui profiteront de mon oraison pour grapiller quelques secondes sur chaîne de télé ou quelques lignes dans les torchons...

Les bien-pensants ou "citoyens" "sympathisants" diront: il ne faisait que son travail c'est normal, ou alors c'est bien fait pour lui il n'avait qu'à pas martyriser ces pauvres jeune qui venaient s'amuser...

Et puis pour une fois que c'est un flic qui se fait tuer, on ne va pas en faire un fromage!!!

A ceux là je réponds : rassurez-vous personne n'en fera un fromage, pas même un petit crottin....

Ceux qui m'ont assassiné courent toujours!

Dans leur cité, ils doivent parader en criant on a fumé un keuf! et ils seront respectés par tous les petits autres jeunes "désoeuvrés" qui les considéreront comme des héros...

Et pour les rares collègues qui n'auraient pas compris, qui les interpelleront, qui recevront des coups, des crachats, des insultes et qui utiliseront la force strictement proportionnelle et nécessaire, on dira: mais qu'avez vous fait? Vous allez provoquer une émeute, vous êtes fous? en période d'élections en plus!!!!!

J'en ai fini avec toi collègue, comme j'en ai fini avec ma vie!
 
Je te laisse donc retourner à tes occupations et je te dis, ma dernière volonté est que tu fasses passer ce message au plus grand nombre de collègues possible.

Merci d'avance

A BIENTOT PEUT-ETRE?

Qui sais si tu as compris?!

Dieu seul le sait comme le veut l'expression populaire...
Tiens je lui demanderai en passant !!!

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Société

Publié le 28 Avril 2007

Après la chute du FN, que convient-il de faire au second tour, pour le modeste électeur que je suis ?

Sur les blogs conservateurs, les argumentations se déchainent, les exhortations se succèdent pour, dans le premier cas, faire barrage à la gauche, ou, dans le second, pour ne pas accorder de soutien à quelqu'un dont on a pu constater que ses politiques ont été des merveilles de camouflage et de présentation viciée.

Pour le moment, ma préférence va clairement à la seconde option.

Sur les seules positions qui ont toujours été des éléments déterminants de mon vote, rien n'a changé, c'est bonnet blanc et blanc bonnet.

Le comportement de la droite envers le FN n'est pas pour rien dans ce positionnement. Je ne vois pas pourquoi j'aiderais le représentant d'un parti qui m'a, indirectement, toujours plus ou moins méprisé et humilié. Ils ont toujours refusé la moindre alliance, enfermés qu'ils étaient dans le refus de l'alliance avec le FN, idée imposée par la gauche, et que la droite n'avait pas voulu remettre en cause, en dépit des alliances successives du PS avec le PC.

Et maintenant qu'ils auraient besoin de mon vote, il faudrait que je vienne les aider ?

A D'AUTRES !

La droite nous exclue du jeu ? Très bien.

ALORS, QU'ELLE LE PAYE !

Si la droite n'est pas foutue de gagner sans les voix du Front, qu'elle change son comportement envers lui, qu'elle s'émancipe vraiment de la gauche, et peut-être les choses s'amélioreront.

En outre, il faut tenir compte du fait que la droite ayant trop peur d'appliquer une politique véritablement de droite, celle-ci maintiendra et conservera les politiques appliquées par la gauche. Peut-on encore parler de droite, dans ces conditions ?

En même temps, voir le "séisme" se reproduire chez les socialistes, voir les militants gauchistes défiler et pleurer devant la "honte" que représenterait l'élection de Sarkozy provoque chez moi, une envie irrépressible de lui accorder mon suffrage. La perspective que le PS en reprenne pour 5 ans d'opposition éveille des envies de bourrage d'urne au profit de Sarkozy.

En fait, bien que disposant d'un portefeuille boursier qui aurait tout intérêt à ce que Sarkozy soit élu, je ne considère pas que c'est un élément suffisamment déterminant pour me déplacer aux urnes, dimanche prochain. Je ne vote pas en fonction de mon profil financier, c'est aussi simple que cela, ce n'est tout simplement pas le sujet.

Je ne suis sûr que d'une chose, je ne voterais pas Royal. Vouloir précipiter la mort du système ou sanctionner la droite pour son comportement anti-FN, en votant Royal, va trop loin (quoique vis à vis de la droite, ce serait un juste retour des choses). Je sais, je suis encore trop gentil...

Deux choses vont donc être déterminantes dans mon choix qui n'est, pour le moment, pas définitif:
1) Le discours de Jean-Marie le Pen du 1er Mai, et ses possibles consignes de vote.
2) Le débat de l'entre deux tours entre Sarkozy et Royal.

L'abstention est donc le seul vote qui s'impose pour le moment. Même Mgr Barbarin est d'accord avec moi, c'est dire.

En effet, c'est une position confortable à bien des égards, mais que voulez-vous, je suis lassé de devoir toujours choisir le moindre mal...


    

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Politique

Publié le 26 Avril 2007

Une très bonne chronique sur les différentes conceptions qu'il est possible d'avoir à propos des marchés financiers. Je me retrouve totalement dans la description qu'il fait de ces trois écoles et le passage de l'une à l'autre.

Comme toujours, il y a du bon à prendre partout.


Il y a deux manières de voir les marchés boursiers. Soit on estime qu’il y a assez d’investisseurs rationnels, en tout temps, pour donner un juste prix aux actions. C’est la théorie de l’efficience des marchés. Soit on considère que les gens ne sont pas si rationnels que cela (ou qu’ils ne peuvent pas l’être partout et tout le temps) et qu’il y a toujours des poches d’inefficience ou des anomalies qui durent assez longtemps pour pouvoir en profiter. C’est la théorie de l’inefficience des marchés.


Si l’on croit que les marchés sont efficients et que les prix reflètent correctement les informations concernant l’économie et les entreprises, le plus simple et le plus conséquent est d’investir dans les fonds indiciels. Si l’on juge, en revanche, que les marchés ne sont pas efficients, c’est qu’on pense qu’il vaut la peine de trouver des gestionnaires actifs (ou en être un soi-même) qui sauront exploiter les poches d’inefficience sur le marché.



Il n’y a pas beaucoup d’écoles de pensée dans le camp du marché efficient. On se contente de placer son argent dans les véhicules de placement qui copient le mieux les indices de référence, et qui coûtent le moins cher possible.



Dans le camp de l’inefficience des marchés en retour, on peut facilement distinguer deux grandes écoles. La première est celle que j’appellerais la finance fondamentale. Benjamin Graham, Warren Buffett, Peter Lynch et tous les adeptes de l’analyse fondamentale se retrouvent dans ce courant qui considère qu’il y a toujours des aubaines sur le marché, des entreprises qui ne sont pas évaluées (en termes de prix de leurs actions) en fonction de leur juste valeur intrinsèque. On utilise alors les outils de l’analyse financière classique pour dénicher ces aubaines, en comparant par exemple la croissance passée ou anticipée des profits avec les ratios habituels de mesure de la valeur d’un titre : cours/bénéfices, cours/ventes, cours/valeur comptable, etc.



La seconde grande école dans le camp de l’inefficience des marchés est celle de la finance comportementale. Dans ce cas, on se propose d’exploiter les nombreux biais et anomalies observés sur les marchés, qui trouvent leur origine dans la psychologie et les comportements de tous les intervenants, du plus modeste investisseur particulier jusqu’au gérant d’une caisse de retraite de plusieurs milliards de dollars, en passant par les arbitragistes, les traders et les analystes financiers.



Ces trois écoles (efficience des marchés, finance fondamentale et finance comportementale) ont chacune un vaste corpus d’études académiques pour justifier leur existence et alimenter leurs stratégies de portefeuille. En fait, on peut dire que l’école de l’efficience des marchés draine à elle seule 60 % des travaux et des professeurs de finance des universités nord-américaines, voire occidentales. La finance fondamentale recrute 20 % des chercheurs (et alimente 20 % des recherches), et la finance comportementale l’autre 20 %.



Il faut voir que les lignes de fracture entre ces trois écoles ne sont pas très profondes. Les meilleurs avocats de la théorie des marchés efficients reconnaissent d’emblée qu’il y a des inefficiences sur les marchés, mais selon eux il est trop coûteux de les exploiter en termes de frais de transaction ou de collecte de l’information. Les anomalies, disent-ils, sont constatées assez rapidement par le marché ou par la recherche académique ou institutionnelle (celle des grandes banques et firmes de courtage), si bien qu’il est impossible de les exploiter systématiquement ou à long terme.


De la même façon, les grands représentants de la théorie des marchés inefficients sont bien obligés de mettre de l’eau dans leur vin devant la masse impressionnante des travaux du camp adverse qui montre le contraire. Ils reconnaissent qu’il n’est pas facile de battre les marchés, au point d’avouer que la tâche est bien plus difficile aujourd’hui qu’elle ne l’était par le passé, en raison notamment de l’accès de plus en plus facile à l’information financière et du grand nombre d’investisseurs professionnels qui gèrent les capitaux sur le marché.


Quand on me demande dans laquelle de ces trois écoles je me situe, je réponds que je suis à cheval entre la finance fondamentale et la finance comportementale, avec une main solidement accrochée à la barre de l’école de l’inefficience des marchés. En d’autres termes, je pense être en mesure d’identifier les bonnes occasions avec l’approche valeur que me fournit la finance fondamentale, et de compléter le tout avec une stratégie de momentum des cours boursiers dont la validité est bien documentée par les chercheurs en finance comportementale. C’est ce que j’appelle la stratégie « Valeur en momentum », qui consiste à rechercher des titres qui constituent une aubaine en fonction des ratios cours/vente, cours/bénéfices et cours/valeur au livre, pour ensuite sélectionner dans cet univers les titres qui ont connu une très forte croissance de leurs cours en bourse depuis 6 à 12 mois.


Un corpus impressionnant d’études académiques et institutionnelles (je pense ici aux travaux des équipes en méthodes quantitativistes qu’on retrouve dans les grandes banques canadiennes ou les grandes firmes de courtage américaines) ont montré la validité d’une telle stratégie sur les marchés canadien, américain, européen et asiatique.


Si je devais choisir entre la finance fondamentale et la finance comportementale, je choisirais cette dernière, pour la simple et bonne raison qu’elle me paraît plus solide à long terme. En effet, à long terme, les comportements humains et la psychologie des profondeurs des investisseurs, amateurs ou professionnels, changent très lentement, et pour ainsi dire pratiquement pas. Par contre, les capacités des gestionnaires « fondamentaux » de portefeuilles s’améliorent beaucoup plus vite, surtout quand il s’agit de cueillir et de traiter l’information financière afin de vendre ou d’acheter des titres. En d’autres termes, les progrès de la finance fondamentale créent automatiquement un univers de titres (ceux qui intéressent les « fondamentalistes ») mieux évalués par le marché, et donc une plus grande difficulté à battre ce marché avec cette seule méthode.


Pourquoi alors une main accrochée à la barre de l’école des marchés efficients ? Parce que si jamais ma stratégie de placement ne donne plus les rendements espérés, il y a de fortes chances que je me tourne alors vers les produits indiciels. En d’autres termes, je ne lâcherai jamais le marché boursier pour autant, car c’est le meilleur endroit qui soit pour faire fructifier son capital. À moins d’assister à un écroulement du capitalisme et de l’économie de marché suite à une catastrophe écologique (réchauffement climatique ?), une guerre mondiale ou une mainmise totale de l’État sur l’économie. Mais ça, c’est une autre question.

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Finance