Publié le 26 Juin 2010

Rédigé par Polydamas

Publié dans #Religion

Publié le 11 Juin 2010

Lors de la messe de clôture de l'année sacerdotale, Benoit XVI a prononcé ce sermon. Il est important de prendre le temps de parcourir ce long texte qui me semble assez facile d'accès.

Via le Forum Catholique.

 

 

Chers confrères dans le ministère sacerdotal,

Chers frères et sœurs,

"L’Année sacerdotale que nous avons célébrée, 150 ans après la mort du saint Curé d’Ars, modèle du ministère sacerdotal dans notre monde, arrive à son terme. Par le Curé d’Ars, nous nous sommes laissé guider, pour saisir à nouveau la grandeur et la beauté du ministère sacerdotal. Le prêtre n’est pas simplement le détenteur d’une charge, comme celles dont toute société a besoin afin qu’en son sein certaines fonctions puissent être remplies. Il fait en revanche quelque chose qu’aucun être humain ne peut faire de lui-même : il prononce au nom du Christ la parole de l’absolution de nos péchés et il transforme ainsi, à partir de Dieu, la situation de notre existence. Il prononce sur les offrandes du pain et du vin les paroles d’action de grâce du Christ qui sont paroles de transsubstantiation – des paroles qui le rendent présent, Lui, le Ressuscité, son Corps et son Sang, et transforment ainsi les éléments du monde : des paroles qui ouvrent le monde à Dieu et l’unissent à Lui. Le sacerdoce n’est donc pas seulement une « charge », mais un sacrement : Dieu se sert d’un pauvre homme pour être, à travers lui, présent pour les hommes et agir en leur faveur. Cette audace de Dieu qui se confie à des êtres humains et qui, tout en connaissant nos faiblesses, considère les hommes capables d’agir et d’être présents à sa place – cette audace de Dieu est la réalité vraiment grande qui se cache dans le mot « sacerdoce ». Que Dieu nous considère capables de cela, que de cette manière il appelle les hommes à son service et qu’ainsi de l’intérieur il se lie à eux : c’est ce que, en cette année, nous voulions considérer et comprendre à nouveau. Nous voulions réveiller la joie que Dieu nous soit si proche, et la gratitude pour le fait qu’il se confie à notre faiblesse ; qu’il nous conduise et nous soutienne jour après jour. Nous voulions aussi ainsi montrer à nouveau aux jeunes que cette vocation, cette communion de service pour Dieu et avec Dieu, existe – et plus encore, que Dieu est en attente de notre « oui ».

Avec l’Église, nous voulions à nouveau faire noter que cette vocation nous devons la demander à Dieu.

Nous demandons des ouvriers pour la moisson de Dieu, et cette requête faite à Dieu c’est, en même temps, Dieu qui frappe à la porte du cœur des jeunes qui se considèrent capables de ce dont Dieu les considère capables. On pouvait s’attendre à ce que cette nouvelle mise en lumière du sacerdoce déplaise « l’ennemi » ; il aurait préféré le voir disparaître, pour qu’en fin de compte Dieu soit repoussé hors du monde. Et il est ainsi arrivé que, proprement au cours de cette année de joie pour le sacrement du sacerdoce, sont venus à la lumière les péchés des prêtres – en particulier l’abus à l’égard des petits, où le sacerdoce chargé de témoigner de la prévenance de Dieu à l’égard de l’homme se trouve retourné en son contraire. Nous aussi nous demandons avec insistance pardon à Dieu et aux personnes impliquées, alors que nous entendons promettre de faire tout ce qui est possible pour que de tels abus ne puissent jamais plus survenir ; promettre que dans l’admission au ministère sacerdotal et dans la formation délivrée au cours du parcours qui y prépare, nous ferons tout ce qui est possible pour examiner attentivement l’authenticité de la vocation et que nous voulons mieux encore accompagner les prêtres sur leur chemin, afin que le Seigneur les protège et les garde dans les situations difficiles et face aux dangers de la vie. Si l’Année sacerdotale avait du être une glorification de notre prestation humaine personnelle, elle aurait été détruite par ces événements. Mais il s’agissait pour nous exactement du contraire : devenir reconnaissant pour le don de Dieu, un don qui se cache « dans des vases d’argile » et qui toujours de nouveau, à travers toute la faiblesse humaine, rend concret son amour en ce monde. Nous considérons ainsi que ce qui est arrivé est un devoir de purification, un devoir qui nous porte vers l’avenir et qui, d’autant plus, nous fait reconnaître et aimer le grand don de Dieu. De cette façon, le don devient l’engagement de répondre au courage et à l’humilité de Dieu par notre courage et notre humilité. La parole du Christ, que nous avons chanté comme chant d’entrée dans la liturgie de ce jour, peut nous suggérer en cette heure ce que signifie devenir et être prêtre : « Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur » (Mt 11, 29).

Nous célébrons la fête du Sacré Cœur de Jésus et nous jetons avec la liturgie, pour ainsi dire, un regard dans le cœur de Jésus qui, dans la mort, fut ouvert par la lance du soldat romain.

Oui, son cœur est ouvert pour nous et devant nous – et ainsi, le cœur de Dieu lui-même nous est ouvert. La liturgie interprète pour nous le langage du cœur de Jésus, qui parle surtout de Dieu en tant que pasteur des hommes et nous présente de cette façon le sacerdoce de Jésus, qui est enraciné dans les profondeurs de son cœur ; elle nous indique ainsi le fondement durable, tout autant que le critère valable, de tout ministère sacerdotal, qui doit être ancré dans le cœur de Jésus et être vécu à partir de lui.

 

Je voudrais aujourd’hui méditer surtout sur les textes avec lesquels l’Église qui prie répond à la Parole de Dieu donnée dans les lectures. Dans ces chants, la parole et la réponse se compénètrent. D’une part, eux-mêmes sont tirés de la Parole de Dieu, mais d’autre part, ils sont en même temps déjà la réponse de l’homme à une telle Parole, une réponse dans laquelle la Parole elle-même se communique et entre dans notre vie. Le plus important de ces textes dans la liturgie de ce jour est le Psaume 23 (22) – « Le Seigneur est mon berger » -, à travers lequel l’Israël priant a accueilli l’autorévélation de Dieu comme pasteur, et en a fait l’orientation pour sa vie. « Le Seigneur est mon berger : je ne manque de rien » : dans ce premier verset, la joie et la gratitude s’expriment pour le fait que Dieu est présent et qu’il s’occupe de l’homme. La lecture tirée du Livre d’Ézéchiel débute par le même thème : « J’irai moi-même à la recherche de mes brebis, et je veillerai sur elles » (Ez 34, 11). Dieu prend personnellement soin de moi, de nous, de l’humanité. Je ne suis pas laissé seul, perdu dans l’univers et dans une société devant laquelle on demeure toujours plus désorientés. Il prend soin de moi. Il n’est pas un Dieu lointain, pour lequel ma vie compterait très peu. Les religions du monde, d’après ce que l’on peut voir, ont toujours su que, en dernière analyse, il y a un seul Dieu. Mais un tel Dieu demeurait lointain. Apparemment celui-ci abandonnait le monde à d’autres puissances et à d’autres forces, à d’autres divinités. De cela, il fallait s’accommoder. Le Dieu unique était bon, mais lointain cependant. Il ne constituait pas un danger, mais il n’offrait pas davantage une aide. Il n’était donc pas nécessaire de se préoccuper de lui. Il ne dominait pas. Étrangement, cette pensée est réapparue avec les Lumières. On comprenait encore que le monde supposait un Créateur. Cependant, ce Dieu avait construit le monde et s’en était ensuite évidemment retiré. À présent, le monde avait un ensemble de lois suivant lesquelles il se développait et sur lequel Dieu n’intervenait pas, ni ne pouvait intervenir. Dieu ne constituait qu’une origine lointaine. Beaucoup peut-être ne désiraient pas non plus que Dieu prenne soin d’eux. Ils ne voulaient pas être dérangés par Dieu. Mais là où la tendresse et l’amour de Dieu sont perçus comme une gêne, là l’être humain est faussé. Il est beau et consolant de savoir qu’il y a une personne qui m’aime et qui prend soin de moi. Mais il est encore plus décisif qu’existe ce Dieu qui me connaît, qui m’aime et se préoccupe de moi. « Je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent » (Jn 10, 14), dit l’Église avant l’Évangile (de ce jour) avec une parole du Seigneur. Dieu me connaît, il se préoccupe de moi. Cette pensée devrait nous rendre véritablement joyeux. Laissons cela pénétrer profondément en nous. Alors nous comprendrons aussi ce qu’elle signifie : Dieu veut que nous, en tant que prêtres, en un petit point de l’histoire, nous partagions ses préoccupations pour les hommes. En tant que prêtres, nous voulons être des personnes qui, en communion avec sa tendresse pour les hommes, prenons soin d’eux, leur permettons d’expérimenter concrètement cette tendresse de Dieu. Et, à l’égard du milieu qui lui est confié, le prêtre, avec le Seigneur, devrait pouvoir dire : « Je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent ». « Connaître », au sens des Saintes Écritures, n’est jamais seulement un savoir extérieur, comme on connaît le numéro de téléphone d’une personne. « Connaître » signifie être intérieurement proche de l’autre. L’aimer. Nous devrions chercher à « connaître » les hommes de la part de Dieu et en vue de Dieu ; nous devrions chercher à cheminer avec eux sur la voie de l’amitié avec Dieu.

Revenons à notre Psaume. Il y est dit : « Il me conduit par le juste chemin pour l’honneur de son nom. Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi : ton bâton me guide et me rassure » (23 (22), 3-4). Le pasteur indique le juste chemin à ceux qui lui sont confiés. Il les précède et il les guide. Disons-le autrement : le Seigneur nous dévoile comment l’être humain s’accomplit de façon juste. Il nous enseigne l’art d’être une personne. Que dois-je faire pour ne pas précipiter, pour ne pas gaspiller ma vie dans l’absence de sens ? C’est précisément la question que tout homme doit se poser et qui vaut pour tout âge de la vie. Et quelle obscurité existe autour de cette question en notre temps ! Toujours de nouveau, nous vient à l’esprit la parole de Jésus, lequel avait compassion des hommes, parce qu’ils étaient comme des brebis sans pasteur. Seigneur, aie pitié aussi de nous ! Indique-nous le chemin ! De l’Évangile, nous savons cela : Il est lui-même la vie. Vivre avec le Christ, le suivre – cela signifie découvrir le juste chemin, afin que notre vie acquiert du sens et afin que nous puissions dire : « Oui, vivre a été une bonne chose ». Le peuple d’Israël était et est reconnaissant à Dieu, parce qu’à travers les Commandements il a indiqué la route de la vie. Le grand Psaume 119 (118) est une seule expression de joie pour ce fait : nous n’avançons pas à tâtons dans l’obscurité. Dieu nous a montré quel est le chemin, comment nous pouvons cheminer de façon juste. Ce que les Commandements disent a été synthétisé dans la vie de Jésus et est devenu un modèle vivant. Nous comprenons ainsi que ces directives de Dieu ne sont pas des chaînes, mais sont la voie qu’Il nous indique. Nous pouvons en être heureux et nous réjouir parce que dans le Christ elles sont devant nous comme une réalité vécue. Lui-même nous a rendus heureux. Dans notre cheminement avec le Christ, nous faisons l’expérience de la joie de la Révélation, et comme prêtres nous devons communiquer aux gens la joie liée au fait que nous a été indiquée la voie juste.

Il y a ensuite la parole concernant « le ravin de la mort » à travers lequel le Seigneur guide l’homme. La route de chacun de nous nous conduira un jour dans le ravin obscur de la mort dans lequel personne ne peut nous accompagner. Et il sera là. Le Christ lui-même est descendu dans la nuit obscure de la mort. Là aussi, il ne nous abandonne pas. Là aussi, il nous guide. Si « je descends chez les morts : te voici » dit le Psaume 139 (138). Oui, tu es aussi présent dans l’ultime labeur, et ainsi, notre Psaume responsorial peut-il dire : là aussi, dans le ravin de la mort, je ne crains aucun mal. En parlant du ravin obscur nous pouvons, cependant, penser aussi aux vallées obscures de la tentation, du découragement, de l’épreuve, que tout être humain doit traverser. Dans ces vallées ténébreuses de la vie, il est là aussi. Oui, Seigneur, dans les obscurités de la tentation ; dans les heures sombres où toutes les lumières semblent s’éteindre, montre-moi que tu es là. Aide-nous, prêtres, afin que nous puissions être auprès des personnes qui nous sont confiés et qui sont dans ces nuits obscures. Afin que nous puissions leur montrer ta lumière.

« Ton bâton me guide et me rassure » : le pasteur a besoin du bâton contre les bêtes sauvages qui veulent faire irruption dans le troupeau ; contre les brigands qui cherchent leur butin. À côté du bâton, il y a la houlette qui offre un appui et une aide pour traverser les passages difficiles. Les deux réalités appartiennent aussi au ministère de l’Église, au ministère du prêtre. L’Église aussi doit utiliser le bâton du pasteur, le bâton avec lequel elle protège la foi contre les falsificateurs, contre les orientations qui sont, en réalité, des désorientations.

L’usage même du bâton peut être un service d’amour. Nous voyons aujourd’hui qu’il ne s’agit pas d’amour, quand on tolère des comportements indignes de la vie sacerdotale. De même il ne s’agit pas non plus d’amour quand on laisse proliférer l’hérésie, la déformation et la décomposition de la foi, comme si nous inventions la foi de façon autonome. Comme si elle n’était plus le don de Dieu, la perle précieuse que nous ne nous laissons pas dérober. Toutefois, en même temps, le bâton doit toujours redevenir la houlette du pasteur – la houlette qui aide les hommes à pouvoir marcher sur les sentiers difficiles et à suivre le Seigneur.

À la fin du Psaume, on évoque le banquet préparé, l’huile dont la tête est ointe, le calice débordant, la possibilité d’habiter avec le Seigneur. Dans le Psaume, ceci exprime avant tout la perspective de la joie festive qui accompagne le fait d’être avec Dieu dans le temple, d’être accueilli et servi par Lui, de pouvoir habiter auprès de Lui. Pour nous qui prions ce Psaume avec le Christ et avec son Corps qui est l’Église, cette perspective d’espérance a acquis une amplitude et une profondeur encore plus grandes. Nous voyons dans ces paroles, pour ainsi dire, une anticipation prophétique du mystère de l’Eucharistie dans lequel Dieu en personne nous accueille en s’offrant lui-même à nous comme nourriture – comme ce pain et ce vin excellents qui, seuls, peuvent constituer la réponse ultime à la faim et à la soif intimes de l’homme. Comment ne pas être heureux de pouvoir chaque jour être les hôtes de la table même de Dieu, d’habiter près de Lui ? Comment ne pas être heureux du fait qu’il nous a laissé ce commandement : « Faites cela en mémoire de moi » ? Heureux parce qu’Il nous a donné de préparer la table de Dieu pour les hommes, de leur donner son Corps et son Sang, de leur offrir le don précieux de sa présence même. Oui, nous pouvons de tout notre cœur prier ensemble les paroles du Psaume : « Grâce et bonheur m’accompagnent tous les jours de ma vie » (23 (22), 6).

Pour finir, jetons encore un bref regard sur les deux chants de communion qui nous sont proposés aujourd’hui par l’Église dans sa liturgie. Il y a tout d’abord la parole avec laquelle saint Jean conclut le récit de la crucifixion de Jésus : « Un des soldats avec sa lance lui perça le côté ; et aussitôt, il en sortit du sang et de l’eau » (Jn 19, 34). Le cœur de Jésus est transpercé par la lance. Il est ouvert, et il devient une source : l’eau et le sang qui en sortent renvoient aux deux Sacrements fondamentaux dont l’Église vit : le Baptême et l’Eucharistie. Du côté percé du Seigneur, de son cœur ouvert jaillit la source vive qui court à travers les siècles et qui fait l’Église. Le cœur ouvert est source d’un nouveau fleuve de vie ; dans ce contexte, Jean a certainement pensé aussi à la prophétie d’Ézéchiel qui voit jaillir du nouveau temple un fleuve qui donne fécondité et vie (Ez 47) : Jésus lui-même est le nouveau temple, et son cœur ouvert est la source d’où sort un fleuve de vie nouvelle, qui se communique à nous dans le Baptême et l’Eucharistie.

La liturgie de la Solennité du Sacré Cœur de Jésus prévoit, cependant aussi, comme chant à la communion une autre parole, proche de celle-là, tirée de l’Évangile de Jean : Qui a soif, qu’il vienne à moi. Qu’il boive, celui qui croit en moi. L’Écriture dit : « Des fleuves d’eau vive jailliront de son cœur » (cf. Jn 7, 37ss). Dans la foi, nous buvons, pour ainsi dire, de l’eau vive de la Parole de Dieu. Ainsi, le croyant devient lui-même une source, et offre à la terre desséchée de l’histoire l’eau vive. Nous le voyons chez les saints. Nous le voyons avec Marie qui, femme grande en foi et en amour, est devenue au long des siècles source de foi, d’amour et de vie. Chaque chrétien et chaque prêtre devrait, à partir du Christ, devenir une source qui communique la vie aux autres. Nous devrions donner l’eau de la vie à un monde assoiffé. Seigneur, nous te remercions parce que tu as ouvert ton cœur pour nous ; parce que dans ta mort et dans ta résurrection tu es devenu source de vie. Fais que nous soyons des personnes vivantes, vivantes de ta source, et donne-nous de pouvoir être nous aussi des sources, en mesure de donner à notre temps l’eau de la vie. Nous te remercions pour la grâce du ministère sacerdotal. Seigneur bénis-nous et bénis tous les hommes de ce temps qui sont assoiffés et en recherche.

Amen.

Sa Sainteté Benoît XVI en la Solemnité du sacré-Coeur

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Religion

Publié le 10 Juin 2010

 

Ce qui me frappe dans toute cette histoire c’est que sur quasiment aucuns commentaires des différents blogs cathos (et ils ont été très très TRES nombreux) il n’y a pas eu de dérappage homophobe, aucune insulte, rien. Par contre, qu’est-ce que les cathos se sont mis sur la gueule, pardonnez-moi l’expression…. Salon beige sur glorious, JBM sur salon beige, nystagamus sur salon beige, forum catholique sur nystagamus, patrice de plunkett ici et sur son blog…. etc … j’ai arrêté de compter.
J’en arrive à la conclusion suivante: les catholiques ne sont pas homophobes, ils sont cathophobes.

 

Le seul intérêt de cette page, c'est cet excellent commentaire d'un dénommé Coupiac ici-même.

 

Si on avait envie de plaisanter on dirait que non, ce n'est pas de la cathophobie, qu'il s'agit de correction fraternelle. Pas tout à fait la même chose. Depuis février dernier et le premier kiss-in à Notre-Dame de Paris, ça se castagne à qui mieux mieux sur tous les blogs et forums catholiques à ce sujet, votre serviteur n'étant pas le dernier pour faire entendre sa voix. La cathosphère est en émoi autour de cette histoire de kiss-in. Pas la peine que je fasse la revue de presse, tous les blogs ont traité le sujet. En même temps entre gaulois, ce n'est pas tout à fait étonnant, il faut bien que les choses soient dites et sortent. Mais reprenons le fil du débat.

 

Quel est le problème ? Des homosexuels, ou plutôt des militants LGBT viennent s'embrasser sur les parvis des cathédrales, histoire de dénoncer le discours rétrograde de l'Eglise à leur sujet, celle-ci ne considérant pas le mariage homosexuel comme la panacée. La provocation est évidente, la question est donc: faut-il que les catholiques fassent quelque chose, et si oui, quoi ?

 

Tout d'abord, il n'est pas inutile de remarquer que pour le fondateur d'Act-up, s'attaquer à l'Eglise est une solution de facilité, ils ne savent que trop bien ce qui les attendrait devant une mosquée ou une synagogue. Cela n'enlève rien à la réalité de cette provocation qui se décompose sur deux aspects, spirituel et temporel.

 

Du côté du spirituel, s'il n'y a pas de blasphème, on en est plus très loin, je vois d'ailleurs mal ce qu'il faut de plus. Il y a clairement une injure envers Dieu, et son institution, le parvis de l'église n'étant pas un lieu public comme un autre. Le problème n'est pas tant que des militants s'embrassent à titre privé (tous les week-ends, il doit bien y avoir quelques gays qui s'y embrassent), c'est le caractère public de l'offense qui change tout. Or, je rappelle qu'à injure publique, doit succéder une réparation publique. Ce n'est pas pour rien, si après un sacrilège dans une église, il existe dans la liturgie des rits particuliers pour purifier, et reconsacrer l'église. Dans le cas qui nous intéresse, il n'y a nul besoin de reconsacrer quoi que ce soit, mais juste de témoigner que les catholiques ne souhaitent pas laisser cette injure sans réparation, ce qui me semble être du devoir du catholique militant, au sens de l'Eglise militante. Comme il est de son devoir de rappeler qu'il y a des positions publiques incompatibles avec la pratique de la foi.

 

Parce qu'il ne s'agit pas seulement d'une lutte médiatique, mais également et surtout, d'une lutte spirituelle. Et la meilleure réponse sur ce plan, c'est la prière publique de réparation. Certains disent que cette prière serait elle-même une provocation. Qu'ils me permettent de rigoler à gorge déployée. Si des militants LGBT s'énervent parce qu'on prie en face d'eux et pour eux, c'est leur problème, mais je ne vois pas où est la provocation. Et je trouve ça bien ironique que des militants LGBT se vexent si on prie en face d'eux, il me semble que cela veut justement dire qu'ils accordent à la prière une place qu'ils refusent d'avouer. Si ça n'avait aucune valeur pour eux, pourquoi la perçoivent ils alors comme une provocation ?

 

Sur le plan temporel, évidemment, ce n'est pas parce que les médias ne sont pas prioritaires, qu'il ne faut pas réfléchir à l'image que l'on va envoyer. On a le droit de ne pas être idiot, de réfléchir à la meilleure façon d'intervenir. Seul point où je suis d'accord avec Plunkett, une bonne partie de la réaction repose sur les autorités religieuses. Mais leur place est justement sur le parvis. Non pas pour mener des troupes et lancer une quelconque contre-attaque, mais pour dialoguer, et désamorcer l'hostilité des gays, faire face à l'attaque. Le cardinal Barbarin a eu une très bonne initiative en invitant le représentant des militants LGBT à discuter. D'autant que cette invitation au dialogue me semble parfaitement compatible avec la prière publique de réparation, unir les deux actions me semble tout à fait faisable. Seul souci, et de taille, tous les pasteurs ne souhaitent pas forcèment s'impliquer autant que le primat des Gaules. Mgr Barbarin a exprimé son désaccord avec les deux provocateurs des deux bords.

 

Car il faut bien l'avouer, les manifs et rassemblements de cathos sont parfois pollués par certains fachos plus soucieux d'en découdre que de prier. Mon avis est qu'ils n'ont rien à faire là, s'ils ne souhaitent pas prier. Je reconnais qu'ils ont pu rendre par le passé maints services, notamment quand les CRS jouaient à la marelle au lieu de surveiller les contre-manifestations, et autres rassemblements chauds, mais aujourd'hui, il me semble que s'ils ne viennent pas prier, leur place n'est malheureusement pas à nos côtés. Le problème est également qu'il est difficile de définir un facho, ce n'est pas seulement quelqu'un en blouson et gants de cuir noirs. Tant qu'il n'a pas fait de geste l'identifiant comme tel, on peut difficilement l'exclure de la prière manu militari. C'est pour cela que j'enjoins tous les catholiques à nous rejoindre. Pour également noyer les violents dans la masse.

 

Ainsi, à mon humble avis, mes camarades d'edeo et du salon beige, qui je le rappelle, n'ont critiqué aucun catholique sur ce sujet, avant qu'on ne vienne les chercher, ont raison d'appeler à ce que les catholiques soient présents durant ces provocations. Nul besoin pour cela de s'envoyer à la tête les épisodes ressassés du Christ au temple, ou de Ste Jeanne d'Arc, mais tout de même, il faut que les catholiques soient présents, n'en déplaisent à ceux qui prônent l'indifférence.

 

 

D'ailleurs, pourquoi suis-je sceptique sur ces derniers ? Parce que ce sont les mêmes qui s'interdisent toute manifestation  qu'elle soit pro-vie ou autre, sous prétexte de récupération. Parce que j'ai participé à quelques prières en face d'avortoirs qui n'étaient clairement pas des parties de plaisir, et que j'y ai vu des jeunes filles renoncer à leurs avortements, que j'ai vu des évêques accompagner ces prières face à ces avortoirs, bref, que la manif, sur le terrain, ça fait bouger les choses, et les lignes. Que ne rien faire est toujours pire que de laisser faire. D'autant que rien n'empêche les militants gays d'aller encore plus loin dans l'abject, s'ils n'ont personne pour leur faire face.

 

Plus globalement, sur la réaction des catholiques, ce qui m'a le plus heurté dans cette affaire, c'est l'intervention de Glorious, et qu'ils oublient les militants LGBT, qu'ils ne soient pas dérangés, ou à peine, par cette attaque directe contre l'Eglise. A se demander s'ils pensent qu'il y a un au-delà, qu'il y a une lutte spirituelle entre les fils des lumières et des ténèbres. Parce que je veux bien être ouvert aux homos, pas de problèmes, il y en a suffisamment chez les tradis pour que je sache de quoi il retourne, mais il faut quand même bien voir qu'avec ces provocations, on passe tout de même à un autre niveau. Nystagmus met dos à dos tout le monde, et met tous les cathos dans le même sac, celui de l'extrême-droite. Facile, réducteur et sans intérêt, la situation étant légèrement plus complexe.

 

Parce que n'en déplaise à nos amis modérés, dès février, dans le petit milieu catho réac, on avait pensé à plusieurs options :

- un contre kiss-in, hétéro, cette fois. Problème, cela brouille le message, plus personne n'y comprend rien, bazar assuré, et il faut trouver les cathos qui ont envie de se donner en spectacle . Et sur le plan spirituel, c'est pas top.

- les cathos accueillent les gays avec des petits gateaux, des petits fours, café, ballons et tee-shirts de couleur. Option qui nécessite malheureusement des moyens un tout petit peu importants. Cependant si la réponse est bien taillée, médiatiquement parlant, il manque quand même quelque chose sur le plan spirituel.

- la prière me semble donc l'action la plus adaptée, en ce qu'elle n'empêche pas le dialogue, et qu'elle ne travestit pas, sous des apparences festives, le message catholique. D'autant que s'il y a bien une seule chose qui réunit tous les catholiques sans exception, c'est la prière et rien d'autre.

 

Pour finir, je pense que c'est encore le sus-nommé Coupiac qui a raison en terminant son commentaire ainsi :

 

Pendant ce temps là, le Pape est à Chypre et a remis aux Eglises du Proche Orient le document de travail du prochain synode. Extrait:

 

« Au plan des relations inter-ecclésiales entre catholiques, cette communion est manifestée dans chaque pays par les Assemblées de patriarches et d’évêques, afin que le témoignage chrétien soit plus sincère, plus crédible et plus fructueux. Pour promouvoir l’unité dans la diversité, il faut dépasser le confessionnalisme dans ce qu’il peut avoir d’étroit ou d’exagéré, encourager l’esprit de coopération entre les différentes communautés, coordonner l’activité pastorale, et stimuler l’émulation spirituelle et non la rivalité »

 

Conclusion : n'hésitez pas à nous rejoindre !

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Rédigé par Polydamas

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