Publié le 30 Juin 2007

C'est un sujet qui revient régulièrement dans la bouche des anti-cléricaux de tous poils qui pulullent dans notre société. Encouragé par le film Amen, dont la partialité, notamment représentée par une affiche mêlant la croix du Christ et la croix gammée, n'est plus à démontrer, ils n'hésitent pas à accuser Pie XII de tous les maux de la Seconde Guerre Mondiale.

Ils utilisent le fallacieux prétexte que Pie XII n'aurait pas suffisamment parlé de la tragédie touchant le peuple juif, et qu'il n'aurait pas cherché à protéger ceux-ci.

Le dernier rebondissement en date avait été le refus du nonce apostolique de se rendre, aux commémorations de Yad Vashem, il y a quelques mois, à cause de la légende d'une photo mettant en cause le rôle de Pie XII. Preuve que, malgré la vérité historique, la propagande est des plus puissantes.

Pourquoi est-ce de la propagande ?

Toutes ces histoires ne viennent que d'une seule source, une pièce de théatre écrite peu après la guerre, intitulée le Vicaire, et qui fait de Pie XII, rien de moins qu'un collaborateur passif d'Hitler. Le problème est que, cette pièce, à l'origine du film Amen, n'est pas autre chose qu'une manipulation des services secrets soviétiques, comme le prouve cet entretien d'Ion Mihai Pacepa, ancien officier de l'Est, qui fut envoyé au Vatican pour récupérer des archives permettant de construire des pièces utiles à la propagande.

Because Pius XII had served as the papal nuncio in Munich and Berlin when the Nazis were beginning their bid for power, the KGB wanted to depict him as an anti-Semite who had encouraged Hitler’s Holocaust.

(...)

In 1963, General Ivan Agayants, the famous chief of the KGB’s disinformation department, landed in Bucharest to thank us for our help. He told us that “Seat-12” (opération d'infiltration des archives du Vatican) had materialized into a powerful play attacking Pope Pius XII, entitled The Deputy, an oblique reference to the pope as Christ’s representative on earth.

En outre, tous les pourfendeurs de l'Eglise catholique oublient que le Grand Rabbin de Rome lui-même, Israel Zolli, s'est converti au catholicisme juste après la guerre, et qu'il a confirmé le rôle historique du pape dans celle-ci. Il a même choisi comme prénom de baptême, Eugénio, le même prénom que Pie XII, en remerciement de son comportement.

Extrait de certains de ses propos:

"L'Église Catholique aime toutes les âmes. Elle souffre avec tous et pour tous; elle attend avec amour tous ses enfants sur le seuil sacré de Pierre, et ses enfants sont tous les hommes... Il n'existe pas de lieu de souffrances que l'esprit d'amour de Pie XII n'ait atteint... Au cours de l'histoire, aucun héros n'a commandé une telle armée. Aucune force militaire n'a été plus combattante, aucune n'a été plus combattue, aucune n'a été plus héroïque que celle menée par Pie XII au nom de la charité chrétienne"

Malgré tout, c'est toujours "le Vicaire" qui demeure liée à l'attitude de Pie XII dans l'esprit de nos concitoyens.

Vous avez dit lobotomisation en action ?

C'est pour cela que la sortie, ce mois-ci, d'un livre de défense de la mémoire de Pie XII, rédigé par un rabbin, David Dalin, est une bonne nouvelle. Plus personne ne pourra sérieusement maintenir que l'attitude du pape fut contestable.

Je  ne m'appesantirai pas sur tous les autres détails, sur les sermons condamnant le nazisme, sur les juifs accueillis au Vatican, sur les dons et appuis de toutes sortes, et tous les faits qui démontrent l'attitude exemplaire du pape durant cette période trouble, qui ont permis de sauver plus d'un demi-million de juifs. D'autres le font mieux et plus longuement que moi.

Mais il est utile de se rappeler que cette légende noire n'est justement rien d'autre qu'une légende, construite de toutes pièces, par une dictature athée, dont l'un des principaux buts a toujours été le combat contre l'Eglise Catholique. D'autant que la contestation risque d'être bientôt relancée avec le procès en béatification de Pie XII, et le cinquantième anniversaire de son décès, l'année prochaine.

La polémique ne fait que commencer.

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Histoire

Publié le 29 Juin 2007

Un excellent texte de Michel de Jaeghere sur le Motu proprio qui s'annonce.


Via le Forum Catholique.



Lettre à un évêque inquiet


Par Michel De Jaeghere, journaliste, écrivain

On me dit, Monseigneur, que vous êtes inquiet. Que vous multipliez depuis un an les voyages à Rome pour faire connaître au Saint-Père votre préoccupation. Que vous avez exprimé votre angoisse dans des communiqués. Que vous vous y êtes fait le relais des protestations qui montent, dans vos paroisses, des questions que se posent les chaisières, les conseillers synodaux et les diacres mariés.

Vous êtes inquiet et vous avez vos raisons de l’être. L’Espérance est surnaturelle. Elle est, nous dit Péguy, un « désespoir surmonté ». Or, selon une enquête réalisée en octobre 2006 pour le Monde des religions, il ne reste plus que 51 % des Français à se déclarer catholiques. Ils étaient 81 % en 1986. Vous avez perdu en vingt ans près du tiers de votre troupeau. En 2000, pour la première fois, moins de la moitié des enfants nés en France ont été baptisés. Les chiffres ne peuvent donc, à vue humaine, qu’empirer.

La foi de ces catholiques a au surplus de quoi surprendre. 8 % d’entre eux ont en effet déclaré aller à la messe tous les dimanches, 9 % une ou deux fois par mois, 31 % pour les grandes fêtes ; 46 % seulement pour les événements familiaux. 6 % des catholiques n’assistent jamais au moindre office religieux ; 29 % ne prient “jamais”. 12 % ne connaissent pas par cœur le Notre Père, 19 % le Je vous salue Marie. 17 % ne croient pas à l’existence de Dieu (dont 6 % de ceux qui vont deux fois par mois à la messe) ; 30 % n’ont « pas d’opinion ». Comme disait l’un de vos confrères, vous avez « gagné en qualité ce que vous avez perdu en quantité ».

Vous êtes inquiet, Monseigneur, comme un syndic de faillite pourrait l’être. Car vous manquez cruellement de prêtres pour apporter la Bonne Nouvelle à ce peuple désabusé. Au lendemain de Vatican II, les prêtres ont abandonné le sacerdoce par milliers. Vous avez fermé les grands et les petits séminaires. Il y avait 49 100 prêtres diocésains en activité en France en 1965, il n’y en avait plus que 13 510 en 2005 ; au rythme actuel des ordinations (une centaine par an), l’Église de France pourrait ne plus compter, dans dix ans, que 4 500 prêtres de moins de 65 ans. Cette défaillance pose des problèmes incommensurables pour la transmission de la foi, le catéchisme ou la vie sacramentelle. Il y a des communes où l’on ne compte guère plus d’une messe par trimestre. Il y en a d’autres où l’on détruit les églises parce qu’elles sont désaffectées, alors que l’on construit, en France, des mosquées.

Il est vrai qu’il existe des communautés nouvelles vivaces (communautés saint Jean, de l’Emmanuel, saint Martin), et que les communautés traditionnelles sont en relative expansion (une vingtaine d’ordinations par an en France). Mais elles sont éparpillées et irriguent en réalité de petits îlots de vitalité comme les chrétiens d’Orient en pays musulman. L’avenir de la transmission la foi catholique réside dans le réseau des paroisses, et non seulement dans l’existence de communautés ferventes.

Vous êtes inquiet et vous n’êtes pas seul à l’être. Le Saint-Père multiplie les discours pour dénoncer « l’apostasie silencieuse » (le mot est de Jean-Paul II) des pays de vieille chrétienté, la « dictature du relativisme » (celui-là est de Benoît XVI) qui, mieux que le communisme, est sur le point d’éradiquer le christianisme d’Europe occidentale, l’« hédonisme triomphant » qui a fait inscrire dans nos législations tant de lois contraires aux préceptes de la morale naturelle. « S’il ne se passe rien, déclarait le sociologue Marcel Gauchet dans un entretien paru en 2002, on peut dire que dans un siècle, il ne restera en Europe plus grand-chose du christianisme. » (Chrétiens, tournez la page, Bayard).

Au moment de conclure cette lettre, je viens de relire votre communiqué, Monseigneur, et j’avais lu trop vite, je vous demande de me le pardonner. Ce dont vous êtes inquiet, j’ai du mal à le croire, c’est de la publication prochaine d’un décret qui devrait reconnaître droit de cité à la messe grégorienne (celle de saint Pie V). Vous êtes inquiet parce qu’il sera bientôt loisible aux prêtres qui le souhaitent de la célébrer comme vous l’avez célébrée vous-même, quand vous fûtes ordonné. Qu’il vous sera possible d’employer les dizaines de prêtres que vous laissez sans ministère, en exil intérieur, suspects, parce qu’ils la célèbrent. Vous êtes inquiet parce que ce geste pourrait déboucher (premier succès jamais enregistré par l’œcuménisme !) sur la réconciliation avec les fidèles entrés en dissidence après le concile parce qu’ils avaient le sentiment que l’héritage des siècles n’était plus défendu, dans l’Église, comme il le méritait.

Je vous avais mal jugé, Monseigneur : je vous avais pris pour un père.

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Religion

Publié le 28 Juin 2007

Tous la polémique est ici.

Je ne vous recommanderai jamais assez de parcourir  et de soutenir le Bureau Audiovisuel Francophone.

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Médias