Publié le 31 Mai 2009

Depuis un quart de siècle, plusieurs milliers de tradis se réunissent à la Pentecôte. Certains à Paris, d'autres à Chartres, pour rejoindre l'autre ville. Dans le sens Paris-Chartres, ce sont les communautés Ecclesia Dei, légitimées par Rome, et dans le sens inverse c'est la fraternité St Pie X qui organise son pèlerinage.

Petit aperçu du Paris-Chartres, dont on retrouve les caractéristiques principales dans le sens inverse. C'est le "pélé", comme on dit dans le milieu. Des mois auparavant, c'est la question lancinante: "Tu fais le pélé ?" "Dans quel chapitre ?". Rendez-vous par excellence de la famille tradie, le pélé, c'est l'occasion de revoir tout le monde, prendre des nouvelles, et surtout prier, souffrir et transpirer ensemble, en bref, de se ressourcer.

A Notre-Dame de Paris, la bénédiction fût rapide. Au petit matin, les pèlerins sont encore à moitié réveillés, à peine conscients de la longue marche à réaliser. Le pèlerinage vers Chartres commence. La marche a un rythme soutenu. Une centaine de kilomètres à parcourir en trois jours implique de ne pas souffrir de retard. Bientôt, la colonne s'avançe sur les chemins sillonnant les champs. Le soleil darde ses rayons pesants sur les pèlerins, rougissant les membres et les visages. Ce n'est pas une manif. Là, nulle revendication, nul sujet de société, aucune animosité, pas de slogans. Rien que la prière, pour Dieu et par la Vierge.

La messe arrive bientôt. Messe chantée en latin sur un autel protégé du vent et des intempéries. Sermon dans le thème de l'année. undefined Et la messe, quelle messe ! Magnifiquement ornementée d'une chorale professionnelle. Ici, c'est le rite tridentin qui au centre, pour la plus grande gloire de Dieu. Et malgré le monde, la chaleur, les conditions, pas une seule communion n'est distribuée dans la main.

Les prêtres sont là, en masse. Les dominicains, la fraternité St Pierre, le Christ Roi, le Bon Pasteur. Tout le monde est là. Les séminaristes sont reconnaissables à leur soutanes noires. Les prêtres également, mais ils portent quasiment tous le surplis et l'étole, signes de leur disponibilité à tout moment pour les confessions. D'ailleurs, personne ne se prive, il faut arriver à Chartres l'âme déchargée de ses fautes. Durant la marche, on ne peut pas les manquer, les prêtres sont entre chaque chapitre, isolés pour mieux préserver le secret de la confession. A chaque coin de bivouac, à chaque pause, à chaque déjeuner, des colonnes improvisées de pélerins se créent pour attendre la confession. Et on y voit des enfants de 7 ans.

On remarque même des séminaristes diocésains présents anonymement dans la foule, en civil. Vision qui rend songeur sur l'intégration des prêtres et des séminaristes diocésains dans la société, quand on constate que leurs homologues dans le rite tridentin portent fièrement la soutane, et se distinguent entre tous. Pourquoi ne peuvent-ils pas être visibles eux aussi ?

Ce qui frappe au prime abord, c'est le jeune âge de la majorité des pèlerins. Des enfants, il y en a partout, ça grouille, ça se dispute, ça se chamaille, ça se bouscule. Les cheftaines n'ont pas assez de mains pour canaliser tout le monde. Et je ne parle pas des ados, dont les chapitres concluent la colonne, et constituent un une partie importante de la colonne.

Les plaines de la Beauce s'étendent à perte de vue. Seules dépassent les bannières, drapeaux, et autres Espoir et Salut de la France, claquant dans le vent, à la suite de Péguy. On pense au chapitre des purs et durs, ceux qui sont là depuis des décennies, qui comptent seulement les pèlerinages où ils étaient absents. C'est le chapitre des Bienheureux Martyrs de Septembre. La particularité de ce groupe est qu'il est présent également dans la marche qui va dans l'autre sens, celle de la fraternité St Pie X, de Chartres vers Paris. Et le dimanche dans l'après-midi, ce chapitre se réunit dans la forêt de Rambouillet, le temps de partager une halte et de se saluer, à l'écart de leur pèlerinages respectifs. Pour rappeler qu'il s'agit des mêmes familles, que le but demeure le même, au service de la Tradition.

C'était déjà un signal particulièrement fort avant la levée des excommunications. Il n'en est que plus pertinent aujourd'hui, au moment où il a été proposé l'union des deux pélerinages. Hélas, pour des raisons de logistique, il est impossible que cela puisse se faire pour le moment. Ce geste de rassemblement este d'autant plus important que le conseil municipal parisien a interdit l'usage du square de Montmartre pour la messe de clôture de la FSSPX, les rejettant sur la place Vauban.

Les chants s'élèvent au fur et à mesure de la marche. Entre les cantiques, on entend de nombreux chants de marche, la plupart à forte connotation alcoolique ou militaire, pour donner du coeur à l'ouvrage. Ailleurs, les chapelets continuent de s'égrèner en méditant sur les mystères du rosaire.

undefined"On serre sur les banières !" Les rappels des chefs de chapitre se font plus pressants, il ne faut pas que la colonne s'étende trop, si l'on veut respecter l'horaire d'arrivée. L'ordre de Malte est présent, réanimant les évanouis, secourant les ampoulés. Les voitures-balais recueillent les éclopés, transportent les fatigués.

Les scouts et les guides passent. Là, ce sont les Scouts Unitaires de France en 4 bosses et rangers. Ici, les Europe et les Catholiques en uniforme impeccable. Là encore, Riaumont en chemises bleues et culottes de cuir. Le Choeur Montjoie St Denis n'est pas loin non plus. Ce sont eux qui préparent la veillée, entonnent le Benedicite.

Et enfin, toutes les chapelles tradies, dans les chapitres au même nom de leur paroisse. Les parisiennes, les versaillaises, de tous les coins de France, chacunes dans son chapitre est en union de prières avec les non-marcheurs. Les étrangers de la Tradition sont là aussi. Des américains, des espagnols, des irlandais qui témoignent de leur attachement au rite tridentin.

  "AMIS PELERINS, BONJOUR !"

Le signal du réveil est gueulé (non, il n'y a pas d'autres termes) dès 5h00 du matin dans les hauts-parleurs du camp. S'il y a quelqu'un qui est haï au pélé, c'est bien le speaker. Une heure plus tard, le démontage des tentes collectives commence, obligeant les pèlerins à se lever. Les premiers ont déjà fait leur toilettes, d'autres sont en train de prendre leur petit-déjeuner composé de pain et de chocolat chaud. Avant de repartir pour la marche.

Le plus dur pendant le pélé, mis à part la douleur aux pieds, c'est la pluie. Dans la forêt de Rambouillet, celle-ci, associée aux milliers de marcheurs, transforme le moindre chemin de terre en torrent de boue, dans lequel la queue de colonne s'enfonce jusqu'aux mollets. Le dimanche soir, à l'arrivée à Gas (le second lieu de camp), est marqué par les génuflexions à la vision de la cathédrale et le Salve Regina entonné à l'occasion. Dans le camp est installé un reposoir devant lequel se relaieront des pèlerins durant toute la nuit. Certains pèlerins prononcent à ce moment des voeux de consécration à la Vierge.

Le lundi se termine par la sortie des champs de Beauce pour entrer dans la ville. Quelques marcheurs de la dernière heure rejoignent le convoi, accompagnant le pèlerinage sur les derniers kilomètres. La cathédrale nous est ouverte, son atmosphère rafraichissante est propice au repos, à la récupération de quelques précieuses minutes de sommeil, avant le début de la messe tridentine, concluant le pèlerinage. A l'issue de celle-ci, il est de bonne tradition, avant de se séparer, et de promettre de se revoir l'année prochaine, d'entonner le magnifique chant de la promesse dans la cathédrale de Chartres, qui en tremble sur ses piliers.

Non, il n'y a pas à hésiter, qu'est ce qu'elle est belle, la famille tradie ! Et en ce qui me concerne, quel honneur et quelle joie d'en faire partie !


Pour un aperçu en images du pélé, c'est ci-dessous.

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Ab Imo Pectore

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Publié le 28 Mai 2009

A l'heure où une veillée de prière est organisée à Paris pour la Vie, et où le primat des Gaules vient prier pour les victimes de l'avortement, avec le Dr Dor, ancien détenu des geôles de la République, le cardinal Recife vient s'expliquer sur l'affaire qui a marqué son diocèse en Février.

Et le moins que l'on puisse dire est que cela n'a rien à voir avec la caricature qu'on a présenté il y a quelques mois.

Certains, lorsqu’ils parlent de la publicité donnée à cette affaire, affirment qu’il n’était pas «opportun» de parler d’excommunication. Je ne suis pas d’accord avec ce point de vue. On me dit presque qu’il aurait fallu oublier ce que dit le Droit canon à propos de l’excommunication. Mon opinion est différente. Je dis que cette loi existe pour le bien de l’Eglise. Et ce n’est pas moi qui ai excommunié quiconque, comme je l’ai répété maintes fois. Ceux qui m’accusent affirment que c’est moi qui ai «excommunié», et c’est totalement faux : j’ai simplement attiré l’attention sur une loi qui existe dans l’Eglise, le canon 1398. Et je me demande : convient-il de faire silence, comme beaucoup le prétendent ? Aurait-il mieux valu que je ne parle pas du tout d’excommunication ? Eh bien, je réponds que je ne suis pas d’accord. C’est une loi de l’Eglise, pour le bien de l’Eglise. Elle existe depuis plusieurs siècles. Le nouveau Code de droit canonique, promulgué en 1983 par le serviteur de Dieu Jean-Paul II, réitère cette loi, tout comme le Catéchisme de l’Eglise catholique, publié par le même pape en 1992, répète cette loi et la commente. Vaudrait-il donc mieux se taire ? Eh bien, à mon avis, il est de la plus haute importance d’attirer l’attention de tous et surtout des fidèles catholiques sur la gravité du crime de l’avortement. C’est pour cela que la loi existe.

Nous autres, dans notre diocèse, avons reçu tant de messages de tant de personnes qui me disent : «Aujourd’hui, je comprends mieux la gravité de l’avortement, et je vais changer ma conscience.» A mon avis, le fait d’attirer l’attention sur l’existence de cette excommunication produit un bien spirituel chez les fidèles catholiques, mais aussi chez les autres qui réalisent en apparence tranquillement des avortements et qui vont désormais, je le crois, peser dans leur conscience la gravité de ce qu’ils font. Et telle est la finalité de cette loi de l’Eglise, de cette pénalité d’excommunication : elle est médicinale. C’est un remède en vue de la conversion de tous. Et pour la personne qui l’encourt, un moyen de lui faire comprendre qu’elle va devoir répondre de son acte devant Dieu. Avec l’Eglise, nous désirons que tous, même ceux qui suivent aujourd’hui un chemin d’erreur, se remettent à vivre en accord avec la loi de Dieu. Nous ne voulons la condamnation éternelle de personne. A mon avis, le silence – ne pas parler d’excommunication – causerait un grave tort à l’Eglise.

 

 Plus encore, j’ai l’impression que certains parmi ceux qui s’expriment contre moi sont quasiment en train d’insinuer qu’il vaudrait mieux abroger le canon de l’excommunication. Mais l’Eglise ne pense pas cela. L’Eglise maintient cette loi, parce que pour le bien commun de l’Eglise, il est nécessaire, quand il s’agit de délits gravissimes, qu’il y ait une loi claire, et que cette pénalité soit appliquée. Ce sont des principes d’une très grande importance. Pour moi, le silence équivaudrait à de la complicité. [...] C’est un remède spirituel. L’Eglise est investie d’une mission, qui est de mener tous les hommes au salut éternel, et de les faire vivre dans la grâce de Dieu. De fait, il est des personnes qui font «tranquillement» des avortements, et qui disent tout aussi tranquillement qu’elles vont continuer. Nous autres, en tant que catholiques, et surtout les pasteurs de l’Eglise, ne pouvons rester silencieux, comme si tout cela était très bien. C’est pourquoi je répète que ne pas parler, ne pas attirer l’attention sur la gravité, sur le sérieux de ce problème, et surtout sur le fait que l’Eglise, pour le bien commun, applique cette pénalité, serait de la complicité. Cela reviendrait quasiment à accepter cette situation si grave.

 

Ici au Brésil, on est en train de préparer une loi de légalisation de l’avortement. Nous, les catholiques, devons parler en premier lieu de la responsabilité morale. Il y a évidemment des catholiques dans notre Parlement qui défendent la loi de Dieu, mais il y en a d’autres qui soutiennent ce projet, à commencer par le président de la République. Nous ne pouvons pas rester silencieux ! [...] Il m’importe beaucoup de rappeler que les médecins qui ont réalisé l’avortement ont déclaré qu’ils pratiquent des avortements depuis longtemps, et avec « fierté». Et ils affirment qu’ils continueront. Nous ne pouvons rester silencieux face à cela. [...]

 

Il faut bien le comprendre : dès les tout premiers siècles, il y a eu des lois d’excommunication dans l’Eglise. Elles visent à protéger le bien commun de la société ecclésiale : c’est pour cela qu’il faut un droit canonique, l’aspect juridique de l’Eglise en tant que société humaine est indispensable. Nous ne pouvons espérer simplement que chacun suive sa conscience. L’Eglise doit évidemment d’abord prendre soin de la vie spirituelle de chacun, mais le bien commun, au sens technique, est très important aussi : il s’agit d’un environnement adéquat où chacun puisse vivre tranquillement. Les pénalités prévues par le Code de droit canonique ont aussi cette finalité. [...]

 

 J’ai quant à moi la conscience tranquille. Je n’attendais pas et je ne souhaitais pas ces répercussions qui ont atteint des dimensions internationales. Je répète que le bien commun de l’Eglise a besoin de ces lois latae sententiae, qui servent d’alerte permanente et qu’elle n’abrogera jamais. Elle a toujours condamné l’avortement et elle a toujours expliqué pourquoi : parce qu’il ne fait pas seulement du tort à la personne mais aussi à toute la société. Aujourd’hui, je le répète, nous en sommes à 1 million d’avortements tous les ans au Brésil, 50 millions dans le monde, et notre silence serait connivence."

 


Merci au Salon Beige et à Présent.

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Pro-vie

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Publié le 23 Mai 2009


Violence en France


Et ça pontifie doctement, tranquillement. Ils se sont jamais pris un coup de couteau, eux.
Via FDS

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Politique

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Publié le 17 Mai 2009



De toute ma vie je jure de jamais n’avoir rencontré milieu plus fermé. Qu’on le veuille ou non, qu’on trouve cela « phobe » ou non, ces gens relèvent de la psychiatrie à tous les étages. Dans toute cette paranoïa, on ressent un profond mal-être, pour le coup bien représentatif de notre société postmoderne, qu’il faut définitivement rencontrer, raconter, écrire, pour annihiler.

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Société

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Publié le 13 Mai 2009

Le président du conseil de Yad Vashem, le rav Israël Meir Lau, lui-même survivant de la Shoah, a exprimé sa déception après le discours du pape : "il n'y a certainement pas eu d'excuse exprimée ici. Quelque chose manquait. Il n'a mentionné ni les Nazis qui ont participé à la boucherie, ni prononcé un mot de regret."

De son côté, le président de Yad Vashem, Avner Shalev, a estimé que la "retenue" dans la formulation du discours était une "occasion manquée": "Je ne m'attendais pas à une excuse, mais nous attendions d'avantage", a-t-il confié, "ce n'était certainement pas une étape historique."

Le porte-parole de la Knesset, Reuven Rivlin a affirmé après le discours du pape : "Tout ce que nous craignions s'est réalisé. Je ne suis pas venu au mémorial pour entendre des descriptions historiques sur la Shoah. Je suis venu en tant que Juif, en espérant une excuse et une demande de pardon de la part de ceux qui ont causé notre tragédie, et parmi eux les Allemands et l'Eglise.


Pour rappel, le discours du pape fût celui-ci à Yad Vashem:

Les noms inscrits dans ce sanctuaire auront toujours une place sacrée parmi les descendants innombrables d'Abraham. Comme lui, leur foi a été éprouvée. Comme Jacob, ils ont été plongés dans le combat pour discerner les desseins du Très Haut. Que les noms de ces victimes ne périssent jamais! Que leur souffrance ne soit jamais niée, discréditée ou oubliée! Et que toutes les personnes de bonne volonté demeurent attentives à déraciner du cour de l'homme tout ce qui peut conduire à de telles tragédies!...

L'Eglise catholique, professant les enseignements de Jésus et attentive à imiter son amour pour tous les hommes, a une profonde compassion pour les victimes dont il est fait mémoire ici. De même, elle se fait proche de tous ceux qui, aujourd'hui, sont objet de persécution à cause de leur race, de leur couleur, de leur condition de vie ou de leur religion - leurs souffrances sont les siennes, et sienne est leur espérance de justice. En tant qu'Evêque de Rome et Successeur de l'Apôtre Pierre, je réaffirme l'engagement de l'Eglise à prier et à travailler sans cesse pour faire en sorte que cette haine ne règne plus jamais dans le cour des hommes. Le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob est le Dieu de la paix...

En regardant les visages qui se reflètent à la surface de la nappe d'eau immobile à l'intérieur de ce mémorial, on ne peut pas ne pas se rappeler que chacun d'eux porte un nom. Je peux seulement imaginer la joyeuse attente de leurs parents alors qu'ils se préparaient avec impatience à accueillir la naissance de leurs enfants. Quel nom donnerons-nous à cet enfant? Qu'adviendra-t-il de lui ou d'elle? Qui pouvait imaginer qu'ils auraient été condamnés à un sort aussi déplorable!

Tandis que nous sommes ici, en silence, leur cri résonne encore dans nos cours. C'est un cri élevé contre tout acte d'injustice et de violence. C'est le reproche continuel du sang innocent versé. C'est le cri d'Abel montant de la terre vers le Très Haut.

D'autant qu'on apprenait, juste avant la visite du pape, que les commentaires sur Pie XII à Yad Vashem, pourraient bientôt être modifiés, des éléments montrant que le pape avait bien ordonné qu'on protège les juifs dans certains monastères et couvents. Ce qui n'est pas vraiment une nouvelle pour ceux qui connaissent le sujet.


PS: Le plus sinistre dans cette histoire, c'est un commentaire que j'ai parcouru se demandant comment il était possible qu'à 14 ans, le pape n'ait pas eu la capacité de refuser son engagement obligatoire dans les mouvements hitlériens, pourquoi il ne s'était pas révolté. J'avoue avoir lu pas mal de bêtises à ce sujet, mais là, on atteint le summum.

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Politique

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Publié le 9 Mai 2009

Rédigé par Polydamas

Publié dans #Entracte

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Publié le 7 Mai 2009

Via le Salon Beige, je tombe sur cet entretien avec un penseur réformiste musulman, Ibrahim Al-Buleihi, qui rappelle à quel point la civilisation occidentale est supérieure à celles qui lui font face. Le moins que l'on puisse dire est que ce texte, pour qui est habitué à la repentance et à la honte de soi, est décoiffant. Il est dommage de ne pas disposer de l'intégralité de ses propos, si quelqu'un connait l'arabe parmi les lecteurs, le texte original est ici.

Okaz: Désolé, mais personne ne vous demande de revenir à l'époque des ânes. Il est toutefois nécessaire de prononcer ses jugements historiques de façon juste et équilibrée. Vous dites qu'il faut "reconnaître le mérite de ceux qui en ont", mais, dans les faits, vous n'accordez aucun crédit à tout ce qui a existé avant la civilisation occidentale, et alors que tout le monde reconnaît le caractère cumulatif des accomplissements humains, vous niez cet axiome quand il s'agit des réalisations occidentales.

Buleihi: L'humanité a passé des milliers d'années à ruminer les mêmes idées et à vivre dans les mêmes conditions, en se servant des mêmes outils et instruments. Elle aurait pu s'éterniser ainsi sans l'émergence de la pensée philosophique en Grèce, aux VIème et Vème siècles avant J.C. Le niveau actuel des progrès de la civilisation ne peut être le résultat d'une [simple] accumulation: c'est plutôt le résultat de grandes réalisations dans les domaines de la pensée, de la science, de la politique, de la société et du travail. (…)

Ce qui sort l'homme de sa routine, c'est la lutte des idées, la liberté de choix et l'égalité des chances. La meilleure preuve en est qu'un grand nombre de gens aujourd'hui vivent dans une société profondément rétrograde, malgré la disponibilité de la science, de la technologie et des idées. Ils sont témoins de la prospérité et malgré cela, ces peuples rétrogrades sont incapables d'abandonner leurs tranchées et de se libérer de leurs chaînes. En d'autres termes, ils sont incapables d'imiter les peuples prospères, se trouvent dans l'incapacité totale d'inventer et d'initier.


Ou encore:

Okaz: C'est peut-être le cas, et je vous suis dans cette exigence, mais, Monsieur, pourriez-vous résumer pour nous les raisons de votre admiration de la culture occidentale, afin que nous ayons une base de discussion ?

Buleihi: Il n'y a pas une, mais mille raisons qui me poussent à admirer l'Occident et à souligner son excellence absolue dans tous les domaines. La civilisation occidentale est la seule qui ait su libérer l'homme de ses illusions et de ses chaînes. Elle a reconnu son individualité et lui a fourni des capacités, la possibilité de se cultiver et de réaliser ses aspirations. Elle a humanisé l'autorité politique et établi des mécanismes garantissant une égalité et une justice relatives, prévenant l'injustice et modérant l'agression. Cela ne veut pas dire que c'est une civilisation sans défaut ; elle en a même beaucoup. C'est toutefois la plus grande civilisation humaine de l'histoire. Avant elle, l'humanité était en prise avec la tyrannie, l'impuissance, la pauvreté, l'injustice, la maladie et la misère.

C'est une civilisation extraordinaire, sans être l'extension d'aucune civilisation ancienne, à l'exception de la civilisation grecque, source de la civilisation contemporaine. J'ai donné le dernier coup de plume à un ouvrage sur ce grand et extraordinaire saut de civilisation, intitulé "Changements qualitatifs dans la civilisation humaine". La civilisation occidentale est son propre produit et ne doit rien à aucune autre civilisation, hormis la civilisation grecque (…) Elle a redonné vie aux réalisations des Grecs dans les domaines de la philosophie, la science, la littérature, la politique, la société, la dignité humaine, le culte de la raison, tout en reconnaissant ses défauts et ses leurres et en soulignant le besoin constant de critique, de réévaluation et de corrections.


Enfin, il reprend un argument que j'aime utiliser sur l'apport de l'islam, argument qui rappelle que tous les penseurs d'importance, qu'on utilise pour souligner la grandeur de la civilisation islamique, ont été mis en marge par les autorités islamiques avant d'être repris par les occidentaux.

Okaz: Ils [les musulmans] ont appris de la civilisation grecque et ce n'est pas un défaut ; c'est ainsi que font les jeunes générations: elles apprennent des civilisations anciennes et se construisent sur ces dernières. Fallait-il attendre qu'ils abolissent les réussites des Grecs pour recommencer à zéro ?

 

Buleihi: Je n'ai rien contre le fait d'apprendre [des autres]. Ce que je voulais clarifier est que ces [succès] ne sont pas les nôtres et que ces individus exceptionnels ne sont pas le produit de la culture arabe, mais plutôt de la culture grecque. Ils se trouvent en dehors de notre courant culturel dominant, et nous les avons traités comme des éléments étrangers. C'est pourquoi nous ne méritons pas de nous en enorgueillir, vu que nous les avons rejetés et avons combattu leurs idées. A l'inverse, quand l'Europe eut tiré l'enseignement de ces individus, elle a su profiter d'une grande connaissance: la sienne à l'origine, vu qu'elle est une extension de la culture grecque, source de toute la civilisation occidentale."

On pourrait terminer en rappelant que Buleihi dit la même chose que bien des réacs. Ce n'est pas parce que l'on est fier de sa culture que l'on exclut ou hait les autres.

Okaz: Monsieur, vous pouvez admirer cette civilisation tant que vous le voulez, mais pas aux dépens des autres, notamment de notre civilisation.

Buleihi: Mon admiration pour l'Occident ne s'exprime pas aux dépens des autres. Elle invite ces autres à admettre qu'ils se sont leurrés, à surmonter leur infériorité et à se libérer de leur retard. Ils devraient admettre leurs défauts et faire l'effort de les surmonter. Ils devraient cesser de nier les faits et de tourner le dos à la multitude des merveilleux succès [occidentaux]. Ils devraient se montrer justes à l'égard de ces nations qui ont su se rendre prospères, sans pour autant monopoliser la prospérité, faisant profiter le monde entier des résultats de leurs progrès, de sorte qu'aujourd'hui d'autres nations dans le monde en bénéficient. La civilisation occidentale a apporté au monde la connaissance et le savoir-faire qui ont permis aux nations non occidentales, de rivaliser avec sa production et de partager des marchés avec elle. Critiquer ses propres insuffisances est nécessaire pour évoluer positivement. En revanche, glorifier la léthargie revient à encourager et asseoir le retard, à resserrer les chaînes de l'apathie et à empêcher [l'expression de] la capacité à exceller. Le retard est une réalité honteuse qui devrait nous déplaire et dont nous devons nous libérer.

 


Le plus dramatique est tout de même qu'il faut que ce soit un intellectuel saoudien qui le dise pour que certains occidentaux en prennent conscience, et que ce type de discours n'est plus admis sous prétexte de racisme et de xénophobie.

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Argumentaires

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Publié le 3 Mai 2009

Je livre ici cet article de Marianne, très éclairant sur les méthodes de la télé-réalité mais également journalistiques.  La réalité, il ne s'agit pas de la décrypter, mais aussi et surtout de la transformer dans le sens de l'idéologie.

Ça rappelle les propos de ces journalistes à propos des banlieues, pour qui il faut camoufler délibérément ce qui ne va pas dans le discours convenu, pour mettre l'accent sur les idées bien-pensantes.

On savait que l'émission avait été montée, mais à ce point-là, ça parait assez incroyable.

Quand Canal + se met dans la peau d'un Noir

Par Vincent Monnier du Nouvel observateur Télé. Qui démonte l'incroyable manipulation médiatique de l'émission «Dans la peau d’un Noir» diffusée sur Canal plus en janvier 2007. Nous n'avons pas pour habitude de reprendre des articles de la presse écrite mais celui-ci - largement ignoré dans la presse - vaut le détour !

A l’autre bout du fil, le directeur des éditions Michel Lafont ne se souvient plus très bien. « Un livre de révélations sur « Dans la peau d’un Noir » ? Oui, ça me dit quelque chose. Enfin, c’était juste une idée parmi tant d’autres. »

 

La mémoire qui flanche ? 

Pour cette simple « idée », Laurent Richier, comédien touche-à-tout et ancien participant du documentaire, affirme, lui, avoir signé un contrat, reçu une avance et même la visite d’une des éditrices de la maison pour travailler sur le manuscrit pendant une quinzaine de jours. Bizarrement, l’ouvrage a fini aux oubliettes. Dommage. Il racontait par le menu les coulisses rocambolesques d’un programme qui, lors de sa diffusion sur Canal+ en janvier 2007, s’était attiré un concert de louanges dans la presse.

 

Inspiré par l’ouvrage de J. H. Griffin, un écrivain blanc s’était déguisé en Noir pour dénoncer le racisme dans l’Amérique des années 1960, ce programme présenté comme un documentaire et cornaqué par Renaud Le Van Kim, producteur en vogue du petit écran (« le Grand Journal », « Dimanche+ »…) reproduisait l’exercice avec deux familles, l’une blanche, l’autre noire. Enfermées ensemble pendant un mois dans une maison, elles étaient amenées à vivre différentes expériences en caméras cachées dans la peau de l’autre. Noble cause. Mais ne justifiant pas tous les moyens. « Le racisme, ça ne se raconte pas, ça se vit », clamait à l’époque Le Van Kim. Et quand ça ne se vit pas, ça peut aussi se recréer, serait-on tenté d’ajouter à la lumière des témoignages de la famille Richier, les « Blancs » de l’histoire.

 

A les écouter, les réalisateurs ne se seraient pas contentés de grimer les protagonistes. La réalité aurait, elle aussi, subi un sérieux raccord maquillage. « Je garde un vrai sentiment de malaise, explique Laurent Richier. J’ai fait passer des gens pour racistes alors qu’ils ne l’étaient pas. »

 

Un conditionnement pour inciter au racisme

Pour les Richier, originaires de Lorraine et recrutés après une annonce sur un site de casting, les déconvenues ont commencé dès leur arrivée dans la maison. « Sur place, tous les DVD et les livres ne parlaient que de racisme, se souvient Stéphanie, à l’époque animatrice commerciale en supermarché. On a eu l’impression d’un conditionnement. ». La suite sera à l’avenant. Au troisième jour de l’expérience, Laurent, grimé en Noir, part en voiture, en compagnie de Romuald et de deux autres personnes, rouler dans Paris à bord d’une vieille Peugeot 505. Le but des réalisateurs n’est visiblement pas de voir si l’équipage va bel et bien se faire contrôler mais de tout faire pour qu’il le soit. « En deux heures de temps, nous nous sommes fait contrôler trois fois », commente dans le film Laurent au retour de la virée.

 

La réalité est tout autre. « Dans les interviews, tout était fait pour orienter nos réponses, explique aujourd’hui Laurent. Alors c’est vrai, à un moment, je me suis dit, je suis dans un film, c’est une fiction pour la bonne cause. » En réalité, l’équipe a roulé de longues heures dans Paris sans que rien n’arrive. Au grand dam de la production. « Alors, ils nous ont d’abord demandé de brûler un feu rouge, raconte Laurent. Puis ils nous ont demandé de rouler phares éteints. Et nous sommes allés traîner du côté de chez Sarkozy [NDLR : alors ministre de l’Intérieur], entre Levallois-Perret et l’île de la Jatte. A force de passer et de repasser devant le commissariat, nous avons été stoppés par une patrouille. Du côté de Barbès, on s’est même mis à suivre une voiture de police pour se faire arrêter. A force de nous voir dans le quartier, eux pensaient même qu’on était des flics en civil ! »

 

Quelques jours plus tard, une expérience similaire fut organisée. Aussi rocambolesque. « Nous faisions le tour des gares parisiennes ». Une fois de plus, rien ne se passait comme souhaité. « Dépitée, la production a fini par appeler le centre de sécurité d’une gare pour leur signaler la présence de trois Noirs louches ». En vain. Une autre séquence ne fut jamais diffusée. Ce jour-là, Stéphanie, grimée en Noire, devait jouer le rôle d’une automobiliste demandant de l’aide pour changer son pneu. « Beaucoup de passants m’ont donné un coup de main. Même des policiers en civil m’ont prêté assistance. A un moment, un monsieur en vélo a refusé. Et puis, pris de remords, il est revenu. J’ai compris que ce qui se passait ne correspondait pas aux attentes des réalisateurs. Ils ont donc décidé d’ôter le cric de ma voiture. Du coup, je passais pour une illuminée, demandant aux passants de changer un pneu sans cric. »

Faux racisme et vrai menteur... 

Pour l’expérience de recherche de logement et de travail, Laurent devait se présenter d’abord en Blanc sous son identité réelle, puis en Noir avec pour patronyme Pascal Amadou Kofi . « Il y eut bien des refus injustifiés et des tutoiements inappropriés, raconte Laurent Richier, mais rien de très probant non plus. A tel point qu’un soir un producteur s’est énervé auprès des maquilleurs : “Mais attendez, vous lui avez fait une tête de gentil Black ! Ça peut pas marcher !” » Un reproche non confirmé par l’un des maquilleurs : « Je n’ai pas entendu parler de cette histoire. Mais c’est vrai qu’à un moment, la production était très déçue par les réactions des gens. »

 

Au fur et à mesure du tournage, le staff se montre plus directif à l’égard de Laurent : « On m’a demandé de m’emporter devant mes interlocuteurs en me disant : “Tu comprends, on fait ça pour les Blacks”… Un vrai bourrage de crâne. J’ai fini par aller dans leur sens. » Une séquence diffusée à l’antenne a laissé un goût amer à Laurent, celle où on le voit se présenter sous l’identité de Pascal Amadou Kofi à un rendez-vous pour obtenir un poste de commercial. La veille, en Blanc, il s’est fait embaucher par le directeur de la société. Cette fois, celui-ci ne peut le recevoir comme cela était initialement prévu. Il obtient néanmoins un entretien d’embauche avec une subordonnée. « Dans le documentaire, je mets ça sur le compte de ma couleur de peau. En réalité, alors que je commentais cette expérience devant la caméra, j’ai reçu un appel du fameux directeur. Il s’excusait platement d’avoir raté notre rendez-vous. Comme la caméra filmait, je lui ai lancé : “C’est parce que je suis noir !” Le type m’a répondu: “Mais monsieur, ma femme est zaïroise.” » Seul le rendez-vous raté a été conservé.

 

Pour une autre expérience, Stéphanie, grimée en Noire, devait faire le tour des boutiques de luxe de l’avenue Montaigne. Avec une consigne : « On devait pousser à bout les vendeuses. Les harceler de questions, déplier les vêtements… » En début de soirée, les deux femmes se rendent à L’Avenue, un restaurant sélect du quartier. Ils n’obtiennent qu’une table dans une salle annexe. Quelques minutes plus tard, deux membres de l’équipe, Blancs, obtiennent une table bien placée, sans aucune réservation. Un cas explicite de discrimination ? Possible. Mais aujourd’hui, Stéphanie émet les plus gros doutes. « Cela me paraît très étrange qu’un couple décroche une table sans avoir appelé, confirme un membre du staff de L’Avenue. Nous avons près de 800 réservations par jour. Même quand Patrick Bruel vient, il n’est pas sûr d’avoir la table qu’il demande. »

 

Ce qu’ignore le téléspectateur, c’est qu’un peu plus tôt dans la journée, Ketty, la mère de famille noire, et Stéphanie étaient venues prendre un café dans le même établissement. Et avaient pu s’asseoir là où elles le souhaitaient. Malgré une étonnante clause de confidentialité d’une durée de vingt ans, les Richier, défendus par Me Jérémie Assous, l’avocat qui, depuis 2005, ferraille avec succès pour la requalification des contrats des participants d’émission de télé-réalité en contrats de travail, ont entamé une procédure devant les prud’hommes. Ils demandent le statut d’artistes interprètes et le paiement des heures supplémentaires effectuées sur le tournage où les journées pouvaient parfois atteindre les dix huit heures. L’audience initialement prévue le 14 avril a été reportée au 1er septembre. Hasard ou non : le documentaire ne figure plus aujourd’hui dans l’historique des productions KM Productions affichées sur leur site.



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Rédigé par Polydamas

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Publié le 1 Mai 2009

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