Articles avec #pro-vie tag

Publié le 25 Mars 2015

Voici un excellent documentaire d'Arte diffusé il y a une semaine, le mardi 17 mars. Il était présenté durant ce laps de temps sur  le site de la chaine  et concerne les traumatismes post-IVG. Après sa suppression, je me permets donc de le diffuser ici.

Il est assez impressionnant de voir qu'en Allemagne, des femmes peuvent venir y présenter le film le Cri Silencieux déjà évoqué ici dans certaines salles de classe.

 

Avortement : la loi du silence. from Polydamas on Vimeo.

 

 

 

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Pro-vie

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Publié le 7 Avril 2011

 

Je crois qu'il n'y a pas beaucoup de commentaires à faire. On peut se procurer l'ouvrage ici.

Une interview plus médicale est là.

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Rédigé par Polydamas

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Publié le 6 Novembre 2010

Et c'est une rescapée d'un avortement tardif qui parle !

 

Admirable témoignage s'il en est.

 

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Pro-vie

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Publié le 8 Juillet 2010

C'est la position, qui a au moins le mérite de l'honnêteté, que j'ai pu rencontrer régulièrement lors de mes nombreux débats au sujet de l'IVG. Certains militant pro-choix finissent par avouer que l'IVG est bien un meutre, mais que le contrôle de son corps par la femme est plus important, que c'est la seule chose qui justifie que l'on puisse supprimer une vie. Position dont je ne m'attacherai pas à démontrer le cynisme et l'orgueil.

 

Témoin cet excellent article du Times traduit par Jeanne Smits, via le Salon Beige.

 

Je me suis posée des questions. Mais le droit d'une femme de choisir son propre style de vie passe avant tout.
Dans le « Cradle Tower » de la Tour de Londres une exposition interactive demande aux visiteurs de voter pour dire s'ils sont prêts ou non à mourir pour une cause. Mmm, voyons. J'aime les dauphins, mais si on en venait vraiment à un choix, adieu Flipper. Je suis prête à invectiver un juge de ligne uruguayen lorsque mon pays m'appelle, mais je ne suis pas prête à me prendre une coupure avec du papier pour l'Angleterre, sans même parler d'une balle.
Debout dans le lieu où les martyrs religieux ont été retenus et torturés pendant la turbulente réforme britannique, je ne pouvais penser qu'à une cause pour laquelle je serais prête de jouer ma vie : le droit d'une femme d'être éduquée, d'avoir une vie au-delà de son foyer et de se voir reconnaître par la loi et par la coutume d'ordonner sa propre vie comme elle l'entend. Et cela inclut le contrôle complet de sa propre fertilité. Mais quelque chose d'étrange affecte cette croyance qui a constitué pendant tant de temps le cœur de mon être : ma certitude morale à propos de l'avortement vacille, ma position absolutiste est assiégée.
Ce n'est pas un bébé, c'est un fœtus, bande de militants de Dieu, aurait balancé la moi adolescente aux pro-vie. C'est le corps de la femme, et son choix, point, aurais-je proclamé en n'importe quel patois qu'on utilisait à cette époque-là. Le rapport du Collège royal des gynécologues et obstétriciens publié la semaine dernière et affirmant que le fœtus humain ne peut pas ressentir la douleur avant 24 semaines aurait été triomphalement brandi devant quiconque aurait croisé mon chemin, avec une invitation à apprendre ce que signifie la douleur. Car il ne s'agit pas, voyez-vous, d'un débat rationnel, mais d'un débat tribal tout de passion et de vitriol.
Survint un bébé, et tout changea. Je pense à cela comme à l'énigme d'Anna Karenine. Si vous avez lu ce livre-là adolescent, vous aurez soutenu tous ses choix avec la passion de la jeunesse. L'amour avant  les conventions, vas-y Anna ! Après quoi vous avez des enfants et vous vous rendez compte qu'Anna abandonne son fils pour vivre à la colle avec un joli soldat, puis sa fille lorsqu'elle se jette sous le train. Elle devient une sorcière égoïste. Avoir un bébé conduit à repeindre le monde d'une couleur tout à fait nouvelle. Le blanc et le noir ne font plus tout à fait l'affaire.
La question de l'avortement tourne autour de la notion de la vie. La position pro-vie est claire : un bébé, c'est une vie, avec des droits, depuis l'instant de la conception. La position pro-choix insiste au contraire sur le fait que nous ne parlons là que d'une vie potentielle, sans droits. Et l'embryon n'est pas une personne.
Pour le dire crûment, le débat est celui des droits fœtaux contre les droits reproductifs. Mais vous ne verrez jamais une formulation aussi dépassionnée de la part des militant. Les deux parties s'emploient à utiliser un langage qui leur permet de faire avancer leurs positions. Les femmes interrompent leur grossesse ou tuent leurs bébés, tout dépend de qui en parle. Dans la propagande pro-vie, les détails gore sont racontés avec une délectation purulente : au cours d'un avortement par aspiration, le fœtus est « décapité et démembré ».
Si les scientifiques avaient établi qu'un fœtus peut ressentir la douleur dès un très jeune âge, plutôt que l'inverse, les pro-vie s'en seraient saisis, mais en vérité cela n'a que peu d'incidence sur les arguments principaux des deux côtés. Soit un fœtus est une vie depuis la conception, soit il ne l'est pas : la capacité à sentir la douleur n'est pas en elle-même un facteur déterminant.
En fait, il est extraordinairement difficile de parvenir à une définition de la vie. Friedrich Engels a dit : « La vie est l'état d'être des protéines. » Mais aucune définition unique n'emporte l'adhésion des scientifiques ou des philosophes. Certains scientifiques avancent que l'Univers est agencé de telle façon que l'irruption spontanée de la vie est inévitable – Christian de Duve, biologiste nobélisé, a décrit la vie comme un « impératif cosmique ». D'autres soutiennent que l'existence de la vie est tellement peu probable qu'elle constitue un coup de bol miraculeux. Dans les deux cas, il y a quelque chose d'absolument extraordinaire dans la notion que nous sommes tous de la matière recyclée – que nos atomes ont jadis fait partie d'autre chose, d'animé ou d'inanimé, et qu'une sorte de miracle d'assemblage nous a créés, vous et moi.
La vie est-elle définie par la conscience ou par la connaissance de soi ? Est-elle simplement la capacité de respirer ? Prenez donc quelques instants pour essayer de définir ce qu'est être humain et en vie. Ça y est ? Pas facile, n'est-ce pas ?
Ce qui devient de plus en plus clair à mes yeux, c'est qu'en l'absence d'une définition objective, le fœtus est une vie, quelle que soit l'aune subjective que l'on adopte. Ma fille a été formée à la conception, et toute cette alchimie à peine comprise qui a transformé l'heureux accident de la rencontre de ce spermatozoïde-là avec cet ovule-là en ce marmot chéri, cette petite bourrée de personnalité, s'est produite en cet instant-là. Elle est si évidemment elle-même, sa propre personne : forgée en mon sein, et non pas par mon maternage.
Toute autre conclusion est un mensonge commode que nous autres, côté pro-choix, racontons à nous-mêmes pour nous sentir mieux à propos de l'action de prendre une vie. Le petit être en forme d'hippocampe qui flotte dans un utérus accueillant est un miracle de la vie qui grandit. Dans un utérus hostile il ne s'agit plus d'une vie, mais d'un fœtus – qu'on peut donc tuer.
Nous voici donc avec un problème. Un mouvement qui se développe en Amérique, conduit par Sarah Palin, est le féminisme pro-vie. Il tente de découpler le féminisme du droit d'avorter, arguant que l'on peut croire au droit de la femme à l'autonomisation sans croire en son droit d'avorter. Ses promoteurs font état d'une lame de fond de soutien parmi les femmes jeunes qui cherchent à réinventer l'idéologie de leurs  mères.
Mais on ne peut séparer les droits des femmes de leur droit de contrôler leur fertilité. Le facteur unique le plus important pour la libération des femmes a été notre nouvelle capacité d'imposer notre volonté à notre biologie. L'avortement aurait été légal depuis des millénaires si c'était les hommes dont les espoirs d'avenir et les carrières qui avaient été soudainement bloqués par une grossesse inattendue. Le mystère sur lequel on s'est penché au cours de bien des sorties avec les filles est bien de savoir comment diantre les hommes, que Dieu nous les garde, ont réussi à se garder l'hégémonie politique et culturelle pendant une si longue période. La seule réponse possible est qu'ils ne sont pas soumis à leur biologie autant que nous le sommes. Regardez la carte du monde : le droit à l'avortement à la demande est presque exactement corrélé à l'attente que l'on peut avoir de vivre une vie libre de toute misogynie.
Comme toujours, lorsqu'une question que nous croyions blanche ou noire devient plus nuancée, la réponse consiste à choisir le moindre mal. Les presque 200.000 bébés avortés chaque année au Royaume-Uni chaque année sont le moindre mal, quelle que soit la manière de définir la vie, ou même la mort. Si vous êtes prêt à mourir pour une cause, vous devez être prêt à tuer pour elle, aussi.

On peut se demander toutefois pourquoi on ne pourrait pas séparer le droit des femmes de leur droit de contrôler leur fertilité. Le contrôle de la fertilité n'implique pas obligatoirement de pratiquer l'avortement, même si la logique est parfois la même. On pourrait continuer longtemps à développer chaque aspect de ce texte, mais il me semble qu'il est suffisamment clair et parle de lui-même.

 

En tout cacs, merci à Jeanne Smits d'avoir fait ressortir ce texte.

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Pro-vie

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Publié le 13 Mai 2010

Non, il ne s'agit pas des Infiltrés, mais du documentaire Blood Money, qui analyse les circuits financiers et les pratiques très douteuses du planning familial aux Etats-Unis. La première de ce film a été annulée après que les avocats du planning aient menacé de poursuites le cinéma qui devait le diffuser. Un autre lieu de diffusion a été trouvé mais les oppositions demeurent vives.

 

Ce documentaire fait notamment intervenir Norma Mc Corvey, la femme qui était derrière Roe vs Wade, l'arrêt qui a permis la libéralisation de l'avortement aux Etats-Unis, mais également Carole Everett, ancienne propriétaire d'une clinique d'avortements, qui reconnait être impliquée dans plus de 35 000 avortements ainsi que beaucoup d'autres personnalités pro-life. Parmi d'autres révélations du film, on apprend ainsi que certains membres du planning familial américain fournissaient des contraceptifs, et des préservatifs détériorés à des jeunes filles dans le but de les faire avorter ensuite, et d'augmenter leur chiffre d'affaires.

 

Il n'y a que les naïfs qui s'étonneront de voir des soi-disants pro-choice s'offusquer de cette mise à nue de la réalité de cette industrie qu'est l'avortement.

 

 

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Rédigé par Polydamas

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Publié le 19 Mars 2010

Voici un film, célèbre dans les milieux pro-vie, qui, bien qu'il ne date pas d'hier, n'a rien perdu de sa pertinence.

Il s'agit du Cri Silencieux, un film du Dr Nathanson, ancien avorteur. C'est tout simplement l'échographie d'un avortement, d'un bébé de onze semaines, soit une semaine de moins que la limite autorisée en France. Que l'on soit pour ou contre, il me paraît important de le regarder entièrement afin d'en savoir davantage sur le processus d'un avortement. N'hésitez pas à faire circuler.

Sur le film en lui-même, il est difficile, pour des non-spécialistes, de distinguer le cri que pousse le bébé. Cependant, force est de constater que cela est loin de lui faire du bien et qu'il réagit violemment aux attaques dont il est la cible. Enfin, je n'ai aucune intention de jeter l'anathème sur qui que ce soit, je souhaite juste montrer un avortement dans sa dure réalité. Les mères sont les secondes victimes de ce traumatisme.

NDB: Même si il n'y a pas de sous-titres, c'est de l'anglais relativement facile.




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Rédigé par Polydamas

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Publié le 8 Février 2010

- Les pro-choice méritent bien mal leur nom. En témoigne cet excellent billet de Koz qui traite de quelques faits survenus dernièrement. Il suffit qu'un site un peu moins pro-avortement que les autres parvienne à se faire une petite place sur le net, pour qu'on entende ces soi-disants prochoix gueuler au scandale tels des animaux qu'on emmène à l'abattoir. Il suffit qu'un Zemmour dise tout haut que l'IVG ne soit pas la panacée sur RTL pour que le planning familial (organisation privée subventionnée par des fonds publics) demande rien de moins qu'un droit de réponse, et la suppression de la chronique de l'empêcheur de penser en rond. Il suffit qu'une marche réunisse plusieurs milliers de personnes pour le respect de la vie, pour que ce soit le black-out total de la part de tous les médias, alors que le moindre rassemblement de 10 gauchistes fait l'objet d'une brève.

Et tout cela, au nom de la liberté de penser. Surtout la liberté de penser comme ils nous l'indiquent. Et il paraitrait que l'IVG c'est notre choix, notre liberté ? Tu parles...

- Aux USA aussi, ils ont eu la polémique, au moment du Superbowl diffusé hier, à propos de cette pub, que les promorts ont voulu faire interdire. Focus on Family, une association pro-life, a réuni suffisamment d'argent pour se payer cette pub :



Et là encore, demande d'interdiction de la part du planning local. Heureusement CBS n'a pas obtempéré, et a maintenu le spot. Toujours aussi prompt à recevoir la contradiction, le planning...

- Tiens, au fait, les pro-morts, vous êtes au courant de ceci ? Non, parce qu'on se gargarise de la lutte contre la grippe A, on ne veut pas d'OGM, mais ça ne fait strictement rien à personne que les vaccins soient produits à partir des restes de foetus issus d'avortements ? Pour rappel, voici une petite liste non exhaustive de vaccins de ce type :

http://img38.imageshack.us/img38/5134/vaccins.jpg


En fait, quand on voit autant d'acharnement de la part des pro-choice à démonter, à contrecarrer toutes les initiatives, ou semblants d'initiative posés par les pro-life, on se dit qu'il y a clairement un problème quelque part, qu'ils ne sont pas sereins. L'énergie avec laquelle ils luttent contre les prolife, sur chaque pouce de terrain, indique qu'ils savent bien que l'IVG n'est pas anodin, qu'il est destructeur. Sinon, chacune de nos initiatives rencontrerait une indifférence polie

- Bon, sinon, sur les autres thèmes de l'actu, j'ai vu que je faisais partie du rapport du MRAP. J'y suis bien entouré, en famille, on se demande comment ils ont fait leur choix, vu que certains membres tout à fait éminents de la réacosphère n'en font pas partie. Ça ne mérite pas plus d'attention que ça, les gauchistes passent leur temps à faire des fiches sur leurs adversaires, s'ils n'ont que ça à faire de leur journées, je les plains. Comme réaction, on notera celle d'Hank, toujours aussi finement ciselée ou celle du Pélicastre.

Merci à ILYS pour le logo :

http://guerrecivileetyaourtallege3.hautetfort.com/media/02/02/1918794485.png

Enfin, si d'aventure, vous aviez quelques prières de côté, merci de penser à moi cette semaine, j'avoue en avoir bien besoin. Rien de particulièrement grave, mais c'est important.


PS: Pour finir, je ne résiste pas au plaisir de diffuser ce clip provie, qui a été refusé par NBC et CNN, la personne citée n'étant pas vraiment un prolife...

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Pro-vie

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Publié le 15 Janvier 2010

Comme chaque année, une marche pour la vie est organisée, à Paris, place de la République, 14h30. Cette année, on aura remarqué les efforts des évêques de France, qui soutiennent la marche pour 25 d'entre eux. Qu'ils en soient remerciés.
http://lesalonbeige.blogs.com/images/enmarchepourlavie2.png Par ailleurs, on a constaté une forte mobilisation sur des sites diocésains et catholiques, dans Famille Chrétienne, notamment. C'est suffisamment inhabituel pour être salué, et remercié comme il se doit. Espérons que l'on en verra l'impact dans la rue.

Enfin, si certains pensent s'ennuyer, il parait que d'aucuns souhaiteraient rendre visite à la Marche armés d'une hache. Nous ne pouvons qu'encourager ces derniers à venir, nul doute qu'ils seront bien reçus, ce ne sont pas les jeunes qui vont manquer pour les accueillir...

A dimanche !


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Rédigé par Polydamas

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Publié le 29 Novembre 2009

Il arrive que le Monde publie d'excellents articles comme celui-ci. Je n'arrête pas de le dire et de le répéter, l'euthanasie, c'est vraiment une obsession de bien-portant, et les demandes des malades, des appels au secours. Via Philippe Edmond.

Euthanasie : le dernier qui se lasse...
par Claire Fourcade LEMONDE.FR | 26.11.09 | 11h49

Extraits de dialogues entre patients et médecins...

Madame C. :
Docteur, je n'en peux plus ! Faites quelque chose ! Je veux me suicider.
- Qu'attendez-vous de moi ?
- Docteur, je ne veux pas mourir !

Monsieur V. :
Au moment du diagnostic de sa maladie, il a déclaré vouloir être euthanasié quand son état se dégraderait. Quelques temps après il a quitté son pays, la Hollande, où la pratique de l'euthanasie est légale, pour venir s'installer en France, pays où la loi l'interdit.

Madame S. :

Son mari s'est installé dans le bureau. Il nous parle de sa femme. Sa femme depuis 46 ans. Sa femme qui meurt deux étages au-dessus.
Il ne peut pas le supporter.
Elle est calme, elle ne souffre pas, elle dure.
Il nous semble, à nous soignants, qu'elle prend pour mourir le temps qui lui est nécessaire.
Pour lui chaque instant de ce silence est une violence, une absurdité, un non-sens.
Ce n'est plus sa femme, elle n'est plus là, il faut qu'elle meure.
C'est pourtant son temps à elle. Et c'est la loi.
La loi sur laquelle nous nous appuyons pour faire rempart à cette marée de souffrance.
- Ce qu'elle aurait aimé, c'est de revoir son petit chien...
- Pourquoi ne le lui amenez-vous pas ?
- C'est que, si elle ouvrait les yeux et qu'elle le voyait, elle serait si contente qu'elle pourrait en mourir. Alors je ne préfère pas...

Madame R. :
Certains de ses fils se demandent quel sens donner à cette attente d'une mort certaine. Ils pensent que, peut-être, elle n'aurait pas voulu cela. Ne faudrait-il pas abréger ses souffrances ? Ils s'inquiètent aussi pour la santé de son mari qui veille sur elle jour et nuit depuis si longtemps.
D'une voix claire celui-ci a pris la parole : "Votre mère nous a traités comme des rois pendant 40 ans, nous la traiterons comme une reine le temps qu'il faudra."

Midazolam : C'est un médicament bien particulier. Un médicament qui permet souvent d'apaiser en quelques minutes les plus grandes détresses physiques ou psychologiques. Parfois, mais pas toujours, au prix de la vigilance de nos patients. Un médicament dont nous veillons à ne pas abuser mais dont nous n'hésitons jamais à faire usage quand le confort de nos patients nous semble l'imposer.
Un médicament qui me permet de promettre à mes patients de ne pas les abandonner sans avoir ensuite envie de me sauver en courant.
"Laisser mourir n'est pas laisser crever".

Madame T. :
Elle voudrait qu'on euthanasie sa mère. C'est que, voyez-vous, elle a travaillé dans une clinique vétérinaire et même les chiens on ne les laisse pas mourir comme ça.
Tout doucement j'essaie de lui faire entendre qu'on ne peut traiter un être humain comme un chien.
- Mais docteur, me répond-elle, les chiens sont des êtres humains comme les autres !
- ????????????

Monsieur S. :
Il est mort ce matin à la clinique.
Sa fille et son gendre nous avaient demandé l'euthanasie pour lui. La discussion avait été houleuse. Nous savions que nous n'avions pu être entendus. Parfois nous avons cette impression douloureuse de parler dans le vide, de réciter des mots creux qui ne font pas sens pour ceux qui les reçoivent et que nous essayons d'aider.
Mais Monsieur S., rentré chez lui pour le week-end, a fait un arrêt cardiaque : ils l'ont réanimé et ont appelé le Samu.

Madame A. :

Après des années d'épreuve, certains de ses enfants pensent que son coeur est brisé. Que le maladie a tout dévasté et qu'il ne reste plus que la mort.
Ils pensent qu'ici c'est l'enfer et qu'au ciel elle serait mieux.
Elle ne parle pas mais elle communique.
Parfois son mari lui dit: "Ne me crie pas dessus !" et c'est vrai qu'elle peut crier avec les yeux.
Je la regarde intensément. Je l'écoute avec mes yeux pour être sûre de bien comprendre.
Et dans ses yeux qui brillent, je vois son coeur. Il est intact. J'ai la conviction que dans son enfer il y a de petits morceaux de ciel et qu'elle y tient.

"Quand c'est trop de souffrance, des soignants, de la famille et du patient, le dernier qui se lasse, c'est le patient", a dit le Dr. Jean Léonetti.
Depuis dix ans, nous avons pris en charge plus de 3000 patients. 3000 histoires singulières, différentes. 3000 fois nous avons essayé d'écouter, d'entendre, d'adapter notre réponse.
En soins palliatifs nous ne faisons pas de prêt-à-porter. Seulement du sur-mesure, de la haute couture.
Jamais, à ce jour, je ne me suis trouvée en situation de me dire que la seule façon de respecter mon patient était de transgresser la loi pour le faire mourir. Peut-être, un jour, une situation particulière me conduira-t-elle à prendre cette décision.  Je veux que cela reste une transgression.


Claire Fourcade est médecin coordinateur de l'équipe de soins palliatifs de la clinique "Les Genêts" à Narbonne.

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Rédigé par Polydamas

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Publié le 16 Novembre 2009

Rédigé par Polydamas

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