Publié le 27 Février 2007


Via le forum des PF, ce texte lumineux de Philippe Muray, auteur qui gagnerait à être plus connu. Décédé il y a un an, il a laissé un texte qui n'a rien perdu de son actualité.

LE SOURIRE À VISAGE HUMAIN

Notre époque ne produit pas que des terreurs innommables, prises d’otages à la chaîne, réchauffement de la planète, massacres de masse, enlèvements, épidémies inconnues, attentats géants, femmes battues, opérations suicide. Elle a aussi inventé le sourire de Ségolène Royal. C’est un spectacle de science-fiction que de le voir flotter en triomphe, les soirs électoraux, chaque fois que la gauche, par la grâce des bien-votants, se trouve rétablie dans sa légitimité transcendantale. On en reste longtemps halluciné, comme Alice devant le sourire en lévitation du Chat de Chester quand le Chat lui-même s’est volatilisé et que seul son sourire demeure suspendu entre les branches d’un arbre.

On tourne autour, on cherche derrière, il n’y a plus personne, il n’y a jamais eu personne. Il n’y a que ce sourire qui boit du petit-lait, très au-dessus des affaires du temps, indivisé en lui-même, autosuffisant, autosatisfait, imprononçable comme Dieu, mais vers qui tous se pressent et se presseront de plus en plus comme vers la fin suprême.

C’est un sourire qui descend du socialisme à la façon dont l’homme descend du cœlacanthe, mais qui monte aussi dans une spirale de mystère vers un état inconnu de l’avenir où il nous attend pour nous consoler de ne plus ressembler à rien.

C’est un sourire tutélaire et symbiotique. Un sourire en forme de giron. C’est le sourire de toutes les mères et la Mère de tous les sourires.

Quiconque y a été sensible une seule fois ne sera plus jamais pareil à lui-même.

Comment dresser le portrait d’un sourire ? Comment tirer le portrait d’un sourire, surtout quand il vous flanque une peur bleue ? Comment faire le portrait d’un sourire qui vous fait mal partout chaque fois que vous l’entrevoyez, mal aux gencives, mal aux cheveux, aux dents et aux doigts de pieds, en tout cas aux miens ?

Comment parler d’un sourire de bois que je n’aimerais pas rencontrer au coin d’un bois par une nuit sans lune ?

Comment chanter ce sourire seul, sans les maxillaires qui devraient aller avec, ni les yeux qui plissent, ni les joues ni rien, ce sourire à part et souverain, aussi sourd qu’aveugle mais à haut potentiel présidentiel et qui dispose d’un socle électoral particulièrement solide comme cela n’a pas échappé aux commentateurs qui ne laissent jamais rien échapper de ce qu’ils croient être capables de commenter ?

C’est un sourire qui a déjà écrasé bien des ennemis du genre humain sous son talon de fer (le talon de fer d’un sourire ? la métaphore est éprouvante, j’en conviens, mais la chose ne l’est pas moins) : le bizutage par exemple, et le racket à l’école. Ainsi que l’utilisation marchande et dégradante du corps féminin dans la publicité.

Il a libéré le Poitou-Charentes en l’arrachant aux mains des Barbares. Il a lutté contre la pornographie à la télé ou contre le string au lycée. Et pour la cause des femmes. En reprenant cette question par le petit bout du biberon, ce qui était d’ailleurs la seule manière rationnelle de la reprendre ; et de la conclure par son commencement qui est aussi sa fin.

On lui doit également la défense de l’appellation d’origine du chabichou et du label des vaches parthenaises. Ainsi que la loi sur l’autorité parentale, le livret de paternité et le congé du même nom. Sans oublier la réforme de l’accouchement sous X, la défense des services publics de proximité et des écoles rurales, la mise en place d’un numéro SOS Violences et la promotion de structures-passerelles entre crèche et maternelle.

C’est un sourire près de chez vous, un sourire qui n’hésite pas à descendre dans la rue et à se mêler aux gens. Vous pouvez aussi bien le retrouver, un jour ou l’autre, dans la cour de votre immeuble, en train de traquer de son rayon bleu des encoignures suspectes de vie quotidienne et de balayer des résidus de stéréotypes sexistes, de poncifs machistes ou de clichés anti-féministes. C’est un sourire qui parle tout seul. En tendant l’oreille, vous percevez la rumeur sourde qui en émane et répète sans se lasser : « Formation, éducation, culture, aménagement du territoire, émancipation, protection, développement durable, agriculture, forums participatifs, maternité, imaginer Poitou-Charentes autrement, imaginer la France autrement, imaginer autrement autrement. »

Apprenez cela par cœur, je vous en prie, vous gagnerez du temps.

Je souris partout est le slogan caché de ce sourire et aussi son programme de gouvernement. C’est un sourire de nettoyage et d’épuration. Il se dévoue pour en terminer avec le Jugement Terminal. Il prend tout sur lui, christiquement ou plutôt ségolènement. C’est le Dalaï Mama du III e millénaire. L’Axe du Bien lui passe par le travers des commissures. Le bien ordinaire comme le Souverain Bien. C’est un sourire de lessivage et de rinçage. Et de rédemption. Ce n’est pas le sourire du Bien, c’est le sourire de l’abolition de la dualité tuante et humaine entre Bien et Mal, de laquelle sont issus tous nos malheurs, tous nos bonheurs, tous nos événements, toutes nos vicissitudes et toutes nos inventions, c’est-à-dire toute l’Histoire. C’est le sourire que l’époque attendait, et qui dépasse haut la dent l’opposition de la droite et de la gauche, aussi bien que les hauts et les bas de l’ancienne politique.

Un sourire a-t-il d’ailleurs un haut et un bas ? Ce ne serait pas démocratique. Pas davantage que la hiérarchie du paradis et de l’enfer. C’est un sourire qui en finit avec ces vieilles divisions et qui vous aidera à en finir aussi. De futiles observateurs lui prédisent les ors de l’Élysée ou au moins les dorures de Matignon alors que l’affaire se situe bien au-delà encore, dans un avenir où le problème du chaos du monde sera réglé par la mise en crèche de tout le monde, et les anciens déchirements de la société emballés dans des kilomètres de layette inusable.

Quant à la part maudite, elle aura le droit de s’exprimer, bien sûr, mais seulement aux heures de récréation. Car c’est un sourire qui sait, même s’il ne le sait pas, que l’humanité est parvenue à un stade si grave, si terrible de son évolution qu’on ne peut plus rien faire pour elle sinon la renvoyer globalement et définitivement à la maternelle.

C’est un sourire de salut public, comme il y a des gouvernements du même nom.

C’est évidemment le contraire d’un rire. Ce sourire-là n’a jamais ri et ne rira jamais, il n’est pas là pour ça. Ce n’est pas le sourire de la joie, c’est celui qui se lève après la fin du deuil de tout.

Les thanatopracteurs l’imitent très bien quand ils font la toilette d’un cher disparu.

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Politique

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Publié le 24 Février 2007



Ce qui est dommage est que l'on ne voit pas les différentes méthodes utilisées pour propager la foi...

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Entracte

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Publié le 21 Février 2007

J'avais renoncé à mettre l'émission sur le net, mais je découvre, via Vox Galliae, que nos adversaires s'en sont chargés.

Avec un trés bon Tugdual Derville. On pourra lire une réponse aux arguments de Venner ici.
En outre, la staticienne ne manque pas de culot en affirmant qu'il n'y a pas eu de hausse de l'avortement en France, puisque l'Ined affirme que 60 000 avortements par an était un maximum. Nous en sommes à plus de 200 000 aujourd'hui...

Il est étonnant que le professeur Nisand défende l'idée que l'individu n'existe qu'à partir d'un "projet parental". Il faudra dire cela aux enfants non désirés qui ne bénéficient pas de ce concept néo-kantien, comme si l'individu ne pouvait exister par lui-même.

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Société

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Publié le 20 Février 2007



On ne les a pas suffisamment entendus, mais ça y est, certains musulmans modérés (trop rares) prennent position contre l'extremisme, qui eux, ont cessé de prendre des gants depuis des lustres.

En espérant que les manifestations monstres de modérés suivent. Mais quelque chose me dit qu'on ne risque pas de voir ça en Europe.

Vidéo en anglais.

Vu sur LGF via Jaco

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Religion

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Publié le 19 Février 2007


Selon l'expression consacrée, Jerusalem est une ville sacrée pour les trois religions monothéistes. Autant c'est évident pour les chrétiens ou les Juifs, autant cela est beaucoup plus difficile à justifier pour l'islam.

C'est sur le blog d'AJM que l'on peut trouver ce long historique, de Daniel Pipes, dont j'ai repris quelques extraits, qui balaye le passé Jérusalem, sous l'emprise de l'islam.

Plusieurs points sont à souligner. A aucun moment du Coran, il n'est question une seule fois de la capitale de la Judée. Ce n'est rien d'autre qu'une création religieuse, a posteriori, réalisée dans le but de justifier l'importance de cette ville aux yeux des fidèles de Mahomet.

On remarque également que l'intérêt de cette ville sont liées aux mouvements des croisés. Ils ne s'agissait pas tant de reprendre ou de conserver la ville que d'empêcher qu'elle ne tombe dans les mains d'Infidèles. C'est dire si l'importance de cette ville est toute relative.

Importance toute mineure comme en témoigne le peu de soin et la négligence apportée à la gestion de cette ville par les autorités locales. Rien qu'on ne puisse comparer à la Mecque ou à Rome...

Un survol historique montre que l'impact de la cité et des émotions qu'elle suscite auprès des Musulmans croît régulièrement lorsqu'elle revêt une grande importance politique. Inversement, lorsque l'utilité de Jérusalem s'amoindrit, son statut et les passions qu'elle incarne pâlissent à l'unisson. Ce phénomène apparut pour la première fois du vivant du prophète Mahomet, au début du VIIe siècle, et il se répéta à cinq reprises par la suite: à la fin du VIIe siècle, pendant les Croisades du XIIe et du XIIIe siècles, sous le règne britannique (1917–1948) et depuis qu'Israël prit le contrôle de la ville en 1967. Cette régularité, qui s'impose sur une période aussi longue, fournit une perspective déterminante pour juger de la confrontation actuelle.

Ainsi lors des croisades, on observe la propagande suivante:


Ce n'est que lorsque les efforts visant à reprendre Jérusalem devinrent sérieux, vers 1150, que les Musulmans cherchèrent à raviver la flamme du djihad dans les esprits en augmentant la tension sentimentale liée à Jérusalem. Usant des moyens à leur disposition (les hadiths, les ouvrages louant les «vertus de Jérusalem», la poésie), leurs propagandistes mirent en exergue le caractère sacré de Jérusalem et la nécessité urgente de son retour sous le règne musulman. Une série de hadiths inédits vinrent rendre Jérusalem absolument essentielle pour la foi islamique; l'un d'eux fait dire au prophète Mahomet que la prise de Jérusalem par les infidèles constitue la deuxième plus grande catastrophe affectant l'Islam après sa propre mort. Alors qu'aucun volume des «vertus de Jérusalem» n'apparut dans les années 1100 à 1150, un très grand nombre furent réalisés dans la deuxième moitié du siècle. Dans les années 1160, Sivan constate que «la propagande al-Qods prospérait», et lorsque Saladin (Salah al-Din) mena les Musulmans à la victoire sur Jérusalem, en 1187, la «campagne de propagande (...) atteignait son paroxysme». Dans une lettre adressée à son adversaire croisé, Saladin écrivit que la cité «est pour nous ce qu'elle est pour vous. Elle est même plus importante encore pour nous».

C'est l'importance qu'elle revêt aux yeux des étrangers qui font toute la valeur de Jérusalem pour les musulmans.

Il vaut la peine d'examiner un instant la psychologie à l'œuvre ici: le fait que des chevaliers chrétiens franchissent de longues distances pour faire de Jérusalem leur capitale rendait la cité plus précieuse également aux yeux des Musulmans. «C'était une cité fortement convoitée par les ennemis de la foi et c'est pourquoi, par une sorte de syndrome mimétique, elle devint chère également au cœur des Musulmans», explique Sivan. Des opinions fragmentées se fondirent ainsi en un sentiment puissant; depuis lors, les exigences politiques allaient sans cesse inciter les Musulmans à considérer Jérusalem comme la troisième cité la plus sainte de l'Islam (thalith al-masajid).

Pour concrétiser cette importance, une mosquée y sera construite avec un nom particulier.


À cette fin (ainsi que pour affirmer la présence de l'Islam dans sa compétition avec le Christianisme), le calife des Umayyades y fit construire la première grande réalisation architecturale islamique, le Dôme du Rocher, à l'emplacement du Temple juif, de 688 à 691. Ce bâtiment remarquable est non seulement le premier grand monument sacré de l'Islam mais aussi le seul qui subsiste de nos jours sous une forme proche de l'original.

La prochaine démarche des Umayyades fut subtile et complexe; pour bien la comprendre, nous devons ici revenir à un passage du Coran (17:1) décrivant le «voyage nocturne» (isra') de Mahomet au paradis:

Gloire à Lui qui, de nuit, transporta son serviteur de la Mosquée sacrée à la mosquée la plus éloignée (Subhana allathina asra bi-‘abdihi laylatan min al-masjidi al-harami ila al-masjidi al-aqsa).

Lorsque ce verset fut révélé, vers 621, il existait déjà un endroit nommé la Mosquée sacrée (al-masjid al-haram), à La Mecque. En revanche, la «mosquée la plus éloignée» (al-masjid al-aqsa) n'était qu'une tournure de phrase, et non un lieu précis. Les premiers Musulmans y virent une métaphore ou un endroit du paradis. Et si la «mosquée la plus éloignée» existait alors sur terre, ce n'était très vraisemblablement pas en Palestine, pour de nombreuses raisons. En voici quelques-unes:

Ailleurs dans le Coran (30:1), la Palestine est nommée «la terre toute proche» (adna al-ard).

La Palestine n'avait alors pas encore été conquise par les Musulmans et ne comportait pas la moindre mosquée.

La «mosquée la plus éloignée» fut semble-t-il identifiée comme se trouvant à l'intérieur de l'Arabie: à Médine, ou dans une ville nommée Ji‘rana, à une quinzaine de kilomètres de La Mecque, que le prophète visita en 630.

Les premières descriptions de Jérusalem par des Musulmans, telles que le récit de la visite du calife 'Umar, juste après la conquête de la ville, en 638, n'identifient d'aucune manière le Mont du Temple à la «mosquée la plus éloignée» du Coran.

Les inscriptions coraniques formant une frise en mosaïque de 240 mètres de longueur dans le Dôme du Rocher n'incluent pas le verset 17:1 relatant le Voyage nocturne, ce qui suggère que l'idée de Jérusalem comme lieu d'envol du Voyage nocturne n'avait pas encore été établie en 692 (en fait, les premières inscriptions du verset 17:1 du Coran à Jérusalem ayant été préservées jusqu'à nos jours datent du XIe siècle).

Muhammad ibn al-Hanafiya (638-700), un proche parent du prophète Mahomet, est censé avoir démenti que le prophète ait jamais mis les pieds sur le Rocher de Jérusalem: «Ces maudits Syriens», dit-il, parlant des Umayyades, «prétendent que Dieu mit Son pied sur le Rocher de Jérusalem, alors qu'une seule personne a jamais mis le pied sur le Rocher, et ce fut Abraham.»

Puis, en 715, pour mieux asseoir leur prestige sur leurs territoires, les Umayyades firent une chose très astucieuse: ils construisirent une deuxième mosquée à Jérusalem, cette fois aussi sur le Mont du Temple, et la baptisèrent Al-Aqsa (al-masjid al-aqsa, la mosquée la plus éloignée). Par ce geste, les Umayyades donnèrent à la ville, rétroactivement, un rôle dans l'existence de Mahomet. Cette association entre Jérusalem et al-masjid al-aqsa s'inscrit dans une tendance générale des Musulmans à identifier les noms de lieux mentionnés dans le Coran: «Partout où le Coran évoque un nom ou un événement, des récits furent inventés pour donner l'impression que quelqu'un, quelque part, d'une manière ou d'une autre, savait ce qu'il en était.»

Mais même avec une mosquée, la ville péréclita...

Ces notables fondèrent des institutions religieuses, surtout des écoles religieuses, ce qui eut pour effet, dans l'ensemble, de rétablir la présence l'Islam dans la cité. Mais le manque d'intérêt continuait de s'y traduire par une atmosphère de déclin et d'appauvrissement. Un grand nombre des principaux édifices, y compris les sanctuaires du Mont du Temple, furent abandonnés et se délabrèrent à mesure que la cité se dépeuplait. Un auteur du XIVe siècle se lamentait ainsi du dénuement des Musulmans qui visitaient Jérusalem. Les Mamelouks dévastèrent à ce point la ville que sa population entière se réduisait à 4000 âmes à la fin de leur règne.

Et voici ce que devint cette ville soi-disante sainte pour l'islam...

Les Musulmans pouvaient se permettre de négliger ainsi Jérusalem durant cette longue période, comme l'écrit l'historien James Parkes, parce que la cité «était quelque chose d'acquis, et il ne venait à l'idée d'aucun Musulman qu'elle ne serait pas toujours là», sous le règne musulman. Pendant ces siècles, d'innombrables récits rapportés par des pèlerins, des voyageurs et des diplomates en visite à Jérusalem font état de la piètre situation de la cité. George Sandys relate, en 1611, que «beaucoup de choses sont à l'abandon; les anciens édifices (excepté quelques-uns) sont tous en ruines, les nouveaux sont sordides». Constantin Volney, l'un des plus scientifiques des observateurs, remarquait en 1784 «les murailles détruites [de Jérusalem], ses douves pleines de détritus, ses canalisations jonchées de débris». «Quelle désolation et quelle misère!», écrivait Chateaubriand. Gustave Flaubert visita la ville en 1850 et y trouva «des ruines partout, et partout l'odeur des tombeaux», comme si la malédiction du Seigneur planait sur la cité. La ville sainte de trois religions pourrissait ainsi d'ennui, de désertion et de négligence. «Au paradis, les favoris sont les miséreux», commentait Herman Melville en 1857. Mark Twain notait en 1867 que Jérusalem «a perdu toute son ancienne grandeur et devient un village indigent».

Autant dire que cette ville ne devait certainement revêtir qu'une importance mineure pour être abandonnée dans un dénuement pareil...
  

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Relations internationales

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Publié le 16 Février 2007




Un rappeur, Flipsyde, qui regrette l'avortement de son enfant.
La chanson s'appelle Happy Birthday.

Merci à ILYS

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Pro-vie

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Publié le 15 Février 2007



Marrant à quel point certains ont une pensée à géométrie variable, et ont des difficultés à l'exprimer clairement...

Pourtant, "ce qui se conçoit bien s'énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément".

Via ILYS.

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Médias

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Publié le 13 Février 2007



AMALGAME :
Mot permettant de démontrer qu’il n’y a strictement aucun rapport historique entre le PCF et le régime soviétique.

AYANT DROITS :
Définit l’ensemble des citoyens ayant des droits.
Dans la pratique, cette définition ne concerne qu’une minorité d’assistés qui coûtent très cher.
Les autres, ceux qui bossent ou font tourner leur entreprise, sont des « ayant devoirs ».

CRIME CONTRE L’HUMANITE :
Concerne les crimes de l’histoire humaine en général, ceux commis par des européens en particulier.
(NB : Ne concerne pas les 100 millions de morts du communisme qui sont juste un regrettable dommage collatéral sans rapport avec l’idéal marxiste.)

CONTROVERSE:
Toute déclaration d'un adversaire est par définition controversée, et donc discréditée ipso facto

DEFI:
Pour nier l'existence d'un vrai danger, on l'appelle un défi - et c'est évidemment une chance pour notre société.

DEVOIR DE MEMOIRE :
Concerne les crimes commis par la France dans une période située approximativement entre Vercingétorix et Chirac.

ENGAGE, ENGAGEMENT
Nécessairement révolutionnaire, ou au moins très, très à gauche ; jamais de droite ou traditionnel. Exemple : un artiste engagé.

INTEGRATION
Englobe les éléments fondamentaux permettant de mieux s’insérer dans la société française :
Carte d’identité, carte VITALE, carte d’adhésion à une association militante et citoyenne.

INTERDIT
A transgresser pour être vraiment libre. Tant pis si les jeunes n'ont plus aucun repère et ignorent totalement ce qu'on doit faire ou ne pas faire pour vivre en société sans en être rejeté.

INITIATIVE
Démarche citoyenne accessoirement coûteuse et concrètement inutile.

JEUNES
Se dit de l’ensemble des personnes âgées de 1 à 29 ans résidant dans les quartiers dits sensibles, la plupart pauvres et affamés, abandonnés par l’Etat, rejetés par la société, victimes de discriminations, et par conséquent tenus non-responsables des éventuelles dégradations qu’elles seraient amenées à commettre dans un état de légitime colère.

JOURNEE D’ACTION
Terme paradoxal.
C’est une journée de grève, donc d’inactivité… donc la journée d’action est une journée d’inaction.

LAÏCITE
Droit pour chacun de revendiquer sa différence, et obligation pour les chrétiens de fermer leur gueule.

LIBERALISME
Système économique injuste, qui n’offre une bonne qualité de vie qu’à ceux qui travaillent.

MILITANT
Un militant socialiste ou communiste est effectivement un militant.
Un militant UMP est un fils à Papa.
Un militant de la droite nationale ne peut être qu’un skin head.

PATRONAT
Etrange confrérie d’individus asociaux qui bossent plus de 35 heures par semaine.

PETITE DELINQUANCE
Viols, agressions physiques, attaques de trains, incendies de bus, tentatives d’assassinat, trafics de drogue… bref, rien de bien méchant.

QUARTIERS SENSIBLES
Zones défavorisées pour les quelles il est scandaleux que l’Etat français n’ait investi que quelques milliards d’euros.

RESISTANCE CIVIQUE (ou Front Républicain) :
Acte de bravoure récompensé par moult médailles et citations à l’ordre du mérite.
En réalité, il s’agit banalement de crier avec la meute : « Le Pen facho, le F-haine ne passera pas ».

SANS PAPIERS
Personne en attente de régularisation.
Concrètement : Clandestin pour qui la loi républicaine ne s’applique pas.

STIGMATISATION
Défaut récurrent chez l’homme de droite, qui consiste à toujours montrer du doigt les vraies causes des vrais problèmes.

TABOU
A briser.


Et mes préférées chez Gai Luron:

Anti-racisme : Refus de l’ethnocentrisme occidental qui prend soin de rappeler que l’Occident ne serait rien sans l’apport de l’Orient, que Thomas d’Aquin serait un pet sans Averroès, que la Renaissance serait insignifiante sans le Picatrix, que les Arabes auraient inventé le 0 (pauvres Indiens…) et que la France d’aujourd’hui serait perdue sans l’apport du couscous. 

L’anti-racisme sera le communisme du 21ème siècle. (Alain Finkielkraut) 

Ce pays : Désignation méprisante et dégoûtée de la France par ceux-là même qui prétendent la gouverner et l’aimer. 

Ce pays est devenu une forteresse sécuritaire. (Eliette Abécassis) 

Dans ce pays, la réforme n’est pas possible. (Christophe Lambert) 

Citoyen : adjectif flou mais hautement moral aux yeux de la République, qualifiant indifféremment l’aide à un aveugle afin qu’il traverse la rue, la coupure d’un robinet pour ne pas gaspiller l’eau, ou la sainte délation publique d’un acte jugé discriminatoire.   

Une grande marche citoyenne sera organisée pour dire non au racisme

 Dangereux : Mot d’origine socialiste désignant tout projet ou toute personne de droite. 

Sarkozy est dangereux. (Jack Lang) 

 Delanoë (Bertrand) : Création ex nihilo des socialistes, fasciné par les trous de trottoirs, promoteur du néant comme politique culturelle, il y retournera sans laisser de descendance après lui. 

Bertrand Delanoë a contribué au rayonnement culturel de Paris grâce à Paris Plage, la Nuit Blanche et la Tour Eiffel scintillante. (moi) 

Engagé : adjectif désignant tout artiste affichant ouvertement et ostensiblement son grand cœur de gauche. L’artiste dont le cœur bat à droite ne peut être dit « engagé » : il est tout simplement de droite (Serge Lama), ou fasciste (Sardou). 

Guy Bedos est un artiste engagé

Faire le jeu du Front National : taire une réalité ou la nier sous prétexte qu’elle risque de faire progresser un parti qui exploite à son profit ladite réalité. De cette négation résulte ironiquement une percée effective du parti en question. 

L’insécurité fait le jeu du Front National. (Noël Mamère) 

Immigration : on est priés de n’en pas parler ou de la qualifier inconditionnellement de « chance pour la France ».

L’immigration qui est, naturellement, une chance pour la France …(Nicolas Sarkozy)

Inacceptable : Situation actuelle dénoncée par un homme politique en place depuis 20 ans. 

La situation de l’éducation est aujourd’hui inacceptable. (Luc Ferry) 

Intégration : Violence inacceptable et fasciste faite aux immigrés leur demandant de renoncer à la polygamie ou à l’excision, ce qui ne saurait être qu’une démonstration colonialiste d’imposition de normes ethnocentrées. 

Je n’aime pas le mot d’intégration. (Malek Boutih) 

 Islam (soumission) : religion de paix, d’amour, de liberté, de tolérance, compatible avec la République (que le Prophète bénisse la République). Le monde irait mal sans l’Islam (Grand est l’Islam, Grand est son Prophète). Certes l’Islam brûla les livres d’Averroès l’Espagnol, le persécuta, certes l’Islam mit en prison Avicenne le Perse dont il put s’échapper par la ruse, mais l’Islam est tolérant. A ne pas confondre avec l’Islamisme, qui est un peu moins tolérant que l’Islam (Gloire à l’Islam) L’Islam est glorieusement représenté par des dirigeants politiques de haute valeur, comme Omar Bongo, Saddam Hussein ou Amahdinejad, des intellectuels rassurants comme Tarik Ramadan ou Farakan, ou des chefs spirituels de haute tenue, comme Ben Laden ou Mollah Omar. Tolérant et œcuménique, l’Islam aime à rappeler qu’Abraham était déjà musulman ou que le Christ ne fait que préfigurer Mohammed (Grand soit le Prophète). Tout vient de l’Islam, tout mène à l’Islam. Comment ne pas y croire ??? 

Oui l’Islam me fait peur, je l’avoue. (Claude Imbert) 

Jammel (Debouze) : Icône de l’intégration réussie, frère d’un taulard, se plaint que la presse le considère comme un Arabe qui a réussi, après qu’il eut glissé dans ses sketchs de nombreux éloges de Zidane au seul motif qu’il était censé être arabe. 

Ouaoh ! Jammel, il est trop fort ! (une amie) 

Justice sociale : Mot d’origine aubryesque désignant la création de disparités abyssales et de blocages de salaires grâce à l’introduction de lois à visées égalitaristes où, sous couvert d’harmoniser les salaires, on harmonise la pauvreté. 

L’impératif de notre politique est celui de la justice sociale. (Martine Aubry) 

 Libéralisme (ou néo-libéralisme) : pensée économique scandaleuse fondée sur l’idée non moins scandaleuse que l’initiative privée doit être récompensée, la propriété privée garantie, et l’Etat considéré comme un dernier recours. Né sous l’impulsion de Ricardo et Smith, il est néanmoins responsable, dit-on, de la pauvreté et de l’exploitation sous l’Ancien Régime, de la situation déplorable des dictatures socialistes d’Afrique noire, ou de la précarité de tous les résidents de pays « riches ». Le libéralisme possède ainsi la propriété rare de produire des ravages là où il ne s’exerce pas, ou, plus fort encore, là où il n’existait pas. 

Le libéralisme serait aussi grave que le communisme (Chirac) 

Le Pen (Jean-Marie) : cf. Monstre absolu.   

Monstre absolu : cf. Le Pen. 

Nazisme : étalon et référence absolus de la pensée contemporaine, laquelle pensée jure vouloir en finir avec lui. 

No Pasaran : Résistance noble au fascisme espagnol que des jeunes en mal de sensations fortes utilisent à toute occasion de luttes engagées et conservatrices. 

No Raffaran. (slogan de jeunes manifestant contre la réforme Fillon de l’éducation nationale) 

 Pouvoir médiatique : Jeu de dupes où de jeunes journalistes de gauche de l’AFP, tout juste sortis de l’EDJ, fournissent des dépêches à des présentateurs de droite. Les premiers sont contraints de voir leur pensée lue par des social-traitres, tandis que les seconds se trouvent acculés à lire des textes auxquels ils ne croient pas. 

Le pouvoir médiatique s’est mobilisé en faveur du TCE (Jean-Luc Mélenchon) 

Précarité : Situation jugée injuste et in-ad-mis-sible d’intermittents et d’étudiants en lettres qui, tout en revendiquant leur révolte et leur subversion sociales, supplient l’Etat de les subventionner. 

Ce gouvernement institue la précarité comme seule politique. (Julie) 

 Quartier sensible : Quartier qualifié de « sensible » en raison de la sollicitation des sens de tous les instants, sollicitation due aux bruits et aux odeurs des résidents. 

Si vous ajoutez à cela le bruit et les odeurs. (Jacques Chirac) 

Quelques jeunes : Une bande de 5 ou 6 voyous qui ont tenu tête à une vingtaine de policiers, paralysés par la crainte de la bavure. 

Quelques jeunes ont mis le feu à une jeune femme pour s’amuser

 Se réapproprier l’espace public : Oxymore énigmatique très en vogue dans les municipalités socialistes, supposant que le « citoyen » s’est trouvé exproprié d’un espace public, que pourtant il ne pouvait posséder en propre par nature. Désigne plus concrètement la possibilité pour le citoyen de conquérir des lieux qui lui étaient jadis énigmatiquement interdits : ainsi, le « roulant » nanti de rollers pourra-t-il allègrement slalomer entre deux bus, ou l’insomniaque pourra-t-il visiter un musée à 4 heures du matin. On notera que la voiture, elle, devra se désapproprier l’espace qui lui était jadis dévolu, tout comme l’on priera le ménage aux revenus moyens de quitter Paris, afin de se réapproprier la banlieue… 

Il s’agit pour les citoyennes de l’est parisien de se réapproprier l’espace public grâce au nom que la municipalité donnera à la passerelle. (Clémentine Autain) 

Riche : Ne désigne en aucun cas un état objectif d’aisance matérielle mais sous-entend une accusation morale et grave à l’encontre de quiconque ne ressent pas de hargne sociale à l’égard de son voisin, ce qui est signe d’opulence bourgeoise bien mal venue dans « ce pays ». 

Je n’aime pas les riches. (François Hollande) 

Urgence sociale : Drame de la fuite des capitaux à l’étranger en raison de la surfiscalité française, lesquels ne peuvent plus financer l’hôtel aux clandestins de Cachan. Il est urgent de venir en aide à ces « riches » qui s’enfuient.  

Le parti communiste est présent pour répondre à l’urgence sociale. (Marie-Georges Buffet)

 



                                     

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Humour

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Publié le 12 Février 2007


Je sais, ce n'est pas charitable et pas chrétien de se moquer de son prochain.

Mais le meilleur moyen de résister à la tentation étant d'y succomber (Oscar Wilde), je ne peux m'empêcher de vous faire part de cette nouvelle, afin de rigoler un peu.


L'avocat du Mrap accusé de violences sur son ex-épouse

JEAN-MARC LECLERC.
 Publié le 12 février 2007
Actualisé le 12 février 2007 : 09h25

Me Terquem aurait tenté d'étrangler son ex-femme lors d'une dispute, selon la police.


Me Terquem aurait eu, début février, une violente altercation avec son ex-femme.
 
Figure de la gauche judiciaire et créateur, avec Julien Dray, de SOS-Racisme, Me Francis Terquem a dû être placé en garde à vue après une violente altercation avec son ex-femme dans la nuit du 2 au 3 février. Il en est sorti libre. L'avocat, que Le Figaro n'a pu joindre hier, était venu chercher son fils de 8 ans pour le week-end. Une dispute a éclaté avec la mère de l'enfant et Me Terquem lui aurait, selon la police, « tiré les cheveux en l'insultant ». Il aurait ensuite « tenté de l'étrangler avec une laisse de chien ». L'enfant se serait interposé. L'avocat a quitté les lieux avec lui, et c'est l'employée de maison qui aurait prévenu le commissariat.
 
Les effectifs de la brigade anti-criminalité envoyés en urgence auraient découvert l'enfant en pleurs sur le trottoir et l'auraient ramené chez sa mère. L'ex-femme de Me Terquem a déposé plainte au service de l'accueil, de la recherche et de l'investigation judiciaire du VIIe arrondissement. Son certificat médical mentionnerait une ITT de sept jours.
 
En 2003, Francis Terquem avait échappé à une radiation du barreau pour son intervention dans le dossier de la banqueroute de la Compagnie papetière de l'Essonne. Le 5 avril 2006, il a été condamné définitivement dans cette affaire à 18 mois de prison avec sursis pour « escroquerie au jugement ». Il a quitté SOS-Racisme en 2004 pour rejoindre le Mrap (Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples).
Evidemment, cette femme, qui se fait battre par son ex-mari, a toute ma compassion.  Mais j'ai du mal à réprimer ma satisfaction en voyant qu'un de ces gardiens de l'ordre et de la morale qu'est le MRAP, affiche des comportements que même un salopard de fasciste d'extrême-droite aurait du mal à assumer...

 

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Médias

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Publié le 11 Février 2007

...ou comment apprendre à lire entre les lignes.

Les dépêches sont LA matière première du journalisme, la base de travail à tous les sujets développés. On pourrait donc penser que l'indépendance de ces dépêches devraient être assurée, afin justement de laisser les journalistes seuls juges de l'information.

Il n'en est rien, comme vous vous en doutiez.

On pourrait parler de la dépêche sur le discours de Sarkozy à Toulon, intitulée "A Toulon, Nicolas Sarkozy parle aux électeurs du Front national". Moi qui croyais que le FN avait perdu la mairie depuis des lustres, je suis quelque peu étonné.

Koz, dans son dernier billet, pointe brillamment toute la désinformation de la gauche, en omettant peut-être de rappeler l'importance de l'orientation des premières dépêches, qui non seulement ne vont retenir que les éléments les plus caricaturaux d'un discours, mais qui vont aussi et surtout, orienter les premières réactions des politiques, puisque Cohn-Bendit s'est empressé d'affirmer que Sarko draguait les voies frontistes.

Toutes ces manipulations ne sont pas forcément conscientes et réalisées délibérément. Mais elles prouvent une orientation, une vision des choses qui n'est pas forcément celle que l'on pourrait attendre de journalistes, dont le métier est d'être la source impartiale des informations qui nous abreuvent quotidiennement.

Autres exemples significatifs, au Moyen-Orient. Je ne m'intéresse pas suffisamment à la situation politique là-bas, la somme des malheurs y rendant difficile un investissement de tous les instants. Cependant, d'un point de vue médiatique, il est intéressant de constater les mêmes manipulations et travestissements de la réalité qu'ici. Pour preuve, ces quelques éléments trouvés sur le blog d'AJM.

Le commentaire force quelque peu le trait, mais soulève des interrogations légitimes quant aux tournures utilisées par certains journalistes.

18:33: Deux roquettes tirées en Israël

Deux roquettes ont été tirées jeudi à partir de la bande de Gaza vers le secteur de la ville de Sdérot, dans le sud d'Israël, a-t-on appris de source militaire.
(Avec AFP)

D'abord le titre, on attendrait «contre» Israel, mais «en» Israel. C'est plus neutre et surtout «contre» mettrait Israel en position de victime donc à éviter. A la limite c'est un peu comme si Israel se tirait lui-même dessus.

Ensuite «les roquettes ont été tirées» par qui, mystère, peut-être qu'elle se sont déclenchées toutes seules, en tout cas il n'y a pas d'agresseur.

«à partir de la bande de Gaza», mais pas par des palestiniens, pas des territoires palestiniens, et enfin pas des territoires sous contrôle des autorités palestiniennes parce que ça ce serait mentir vu que les dites autorités ne contrôlent rien. Qui sait ce sont peut-être des agents Israeliens infiltrés qui ont fait le coup?

«vers le secteur de la ville de Sdérot, dans le sud d'Israël» Les fameuses roquettes n'ont pas été tirées «contre» mais «vers», c'est quand même moins agressif, et en plus elles n'ont même pas été tirées «vers» une ville, ce qui serait très moche parce que dans une ville, il y a des habitants, mais «vers un secteur de la ville», on est rassuré!

Enfin ce n'est pas une ville simplement «israelienne», non ça nous ferait trop penser d'une part aux habitants, les «Israeliens et Israeliennes», et d'autre part ça risquerait de nous faire comprendre qu'Israel a des villes comme n'importe quel autre pays, mieux vaut donner un nom qui sonne étrangement à nos oreilles, ces gens-là ne sont pas comme nous.

«dans le sud d'Israel» ça ne compte même pas, ce n'était pas au centre d'Israël, mais dans le fond, à l'extrêmité, y a rien là-bas.

Et puis, pour finir, on sait même pas si c'est vrai, parce que c'est de «source militaire» et tout le monde sait que ces méchants militaires qui sont méchants déjà parce que militaires, mais en plus ici on sait que ce sont des militaires israéliens, alors c'est encore pire. Il faut mettre ça en doute, d'où l'ajout à la fin pour vous mettre en garde de prendre cette nouvelle avec des pincettes. De toute évidence il s'agit de propagande.

 

11:01 Trois Palestiniens abattus par Tsahal

Les forces israéliennes ont abattu aujourd'hui trois Palestiniens lors de deux incidents distincts en Cisjordanie. (Avec Reuters)

Là on sait tout de suite qui sont les victimes et les agresseurs, et on n'a pas de mal à utiliser les adjectifs palestiniens et Israéliens puisqu'ils sont à la bonne place.

Ensuite si le titre est au passif il est repris en formulation active en mettant l'accent sur «forces» et pas seulement armée ou Tsahal, les victimes sont ainsi encore plus faibles en comparaison.

«abattus» pas simplement tués, ça sous-entend une exécution, une volonté active de tuer.

«lors de deux incidents distincts» pas «dans» car ça pourrait indiquer que les «victimes» pourraient avoir eu un rôle actif. Là, ça c'est passé en dehors d'eux et ils se trouvaient là par hasard, comme des passants volontairement tués par les grands méchants, les fameuses «forces Israéliennes».l

«incidents»  ils ont été tués alors même que ce n'étaient que des incidents sans gravité ou importance, le terme souligne la disproportion. En même temps, on est à l'opposé d'un accrochage armé qui est plutôt quelque chose de grave.

«en Cisjordanie» dans les territoires «occupés» donc sous le «joug» et la responsabilité des Israéliens.


07:11: Gaza : 2 Palestiniens du Fatah tués

Deux Palestiniens du Fatah du président palestinien Mahmoud Abbas ont été tués dans la bande de Gaza dans des affrontements avec le Hamas islamique. (Avec AFP)

Pour le contraste avec les précédentes, ici ce n'est plus «deux Palestiniens» seulement mais «deux Palestiniens du Fatah». Mais comme ça risque de ne pas suffire pour la légitimité, on rajoute «du président palestinien Mahmoud Abbas». On peut noter au passage que ce deuxième adjectif «palestinien» est tout à fait redondant, mais il fait partie des séquences répétées jusqu'à plus soif qui doivent s'inscrire dans notre pensée pour que finalement nous pensions avec et que cela oriente notre pensée à la racine même. Cela donne une respectabilité à un groupe qui n'en mérite pas. Les Kurdes sont 23 millions et il n'est surtout pas question de leur donner leur état auquel ils ont pourtant droit, mais bon le pétrole a ses lois...

Ensuite ici malgré tout, ils n'ont pas été «abattus» mais simplement «tués». Pour eux, c'est pareil, ils sont morts, mais c'est moins frustrant sans doute de savoir qu'on a été «tué» par les siens qu'«abattus» par des dhimmis inférieurs, à ranger entre chien, porc et singe, pour faire court: des soldats Israeliens; pour faire encore plus court: des juifs.

Cette fois-ci, il ne s'agit plus d'«incidents» mais d'«affrontements avec». On est entre frères sur un pied d'égalité, on meurt dans l'honneur les armes à la main, et on n'a pas besoin de jouer les victimes pour montrer combien les autres sont méchants.

Bon on aura quand même compris que le Fatah, c'est les gentils, légitimes, et le Hamas les méchants, mais au cas où nous n'aurions pas bien compris, on souligne le caractère du méchant avec l'adjectif «islamique» comme on pourrait dire «satanique», en peignant le diable sur la muraille. Notons qu'on aurait pu faire comme pour le «Fatah du président palestinien Mahmoud Abbas», ce qui aurait donné le «Hamas du premier ministre palestinien », mais ici le déséquillibre doit montrer les soi-disants gentils modérés, contrastés par rapport aux méchants intégristes. Au moins comme ça, on sait que ce ne sont pas les Iraniens qui paient le salaire du journaliste!

 Une dépêche caractéristique:

Pakistan: il meurt en posant une bombe

Un activiste présumé proche des Taliban a succombé à l'explosion d'une bombe qu'il était en train de poser devant un magasin vendant des CD et des DVD dans la Province de la frontière nord-ouest, au Pakistan, selon un responsable de la police.
(Avec Reuters).

Le type est mort en posant sa propre bombe mais il reste quand même un «activiste présumé»! Il est aussi sûrement présumé mort. Un acte de terrorisme confirmé ne fait plus de vous un terroriste confirmé, éclatons-nous!

Il «a succombé» ! C'est une victime! Comment mieux montrer la perversion du langage qui mène à confondre l'agresseur et l'agressé.

«proche des Taliban»  bon, mais pas taliban lui-même, ce qui aurait fait de lui un méchant.

«qu'il était en train»  c'est toujours pas fait, l'acte n'est pas consommé, donc il n'est pas coupable mais reste présumé. Bien sûr il aurait pu changer d'avis.

«devant un magasin vendant des CD et des DVD dans la Province de la frontière nord-ouest, au Pakistan»  le fatras des explications détaillées vient ici noyer le poison. En même temps, ce sont des éléments rassurants de notre quotidien, mais à des milliers de km, qui contiennent le choc de la déflagration.

«selon un responsable de la police»  contrairement à ce qui devrait être, citer la source amène de la suspicion sur la véracité de l'information. À contraster avec toutes les dépêches où on n'a pas besoin de citer ses sources parce qu'on est sûr de l'information et qu'on peut la reprendre à son compte.


Le Hamas condamne le Quartet des médiateurs

Le gouvernement palestinien, que dirige le Hamas, a condamné hier soir le Quartet des médiateurs internationaux, l'accusant d'être aux ordres de Washington et de punir le peuple palestinien. (Avec AFP).

«Le gouvernement palestinien, que dirige le Hamas»  là, on redonne toute sa légitimité au Hamas, mais en tant que porte-parole du gouvernement. On peut noter que le nom du 1er ministre n'est pas mentionné, il s'agit de ne pas lui faire de la pub et de familiariser le public occidental avec son nom, c'est pourtant lui qui «dirige» le supposé gouvernement. Mais apparemment il devrait souscrire rapidement une assurance-vie.

C'est aussi ce même homme qui «a condamné» en personne, mais en passant cette fois pour «le gouvernement». Ça a plus de poids que «Dupont Lajoie condamne» ou que «le Hamas islamique condamne» et dans le dernier cas de figure, la valence est inversée, c'est-à-dire que quand on passe de «Le gouvernement palestinien, que dirige le Hamas» à «le hamas islamique», le ressenti du lecteur passe de quelque chose de positif à quelque chose de négatif.

«le quartet des médiateurs internationaux», pas le quartet international, qui dans ce cas apparait comme une entité globale, intouchable et légitime, puisque la réalisation d'une volonté internationale. Non: «des médiateurs internationaux». Ici, on entre dans la faillibilité humaine, ce n'est pas le quartet qui est en tort, car il résulte non pas de la volonté des états, des peuples et de nous autres occidentaux en particulier, mais des hommes qui le composent et comme ils sont «internationaux», il y a sûrement dans le lot un étranger pour vous aux moeurs corrompues. Remarquer que même dans le titre, on a préféré «quartet des médiateurs» plutôt que «quartet» qui aurait suffit, surtout dans un titre. En agissant ainsi, on délégitimise l'instance internationale en question.

«l'accusant d'être aux ordres de Washington» on ne vous dit pas que ces médiateurs, et en particulier ceux qui vous sont étrangers, sont à la solde de Washington, non, on ne peut pas être aussi direct, mais on vous le fait comprendre: ils sont accusés d"être corrompus et touchent des pots de vin des Américains. Qui précisément paie ces pots de vin? Il vous suffit de savoir que ça vient de Washington, le siège du gouvernement du grand Satan. Le pouvoir corrompt, c'est bien connu et le pouvoir absolu corrompt. Vous pouvez finir tout seul c'est quelque part engrangé dans votre mémoire.

«de punir le peuple palestinien»  une dernière petite touche de victimisation et de culpabilisation pour le lecteur occidental qui n'aurait pas compris que les impôts qu'il paie sont un dû au peuple palestinien. Un infidèle doit payer la taxe de sa condition de dhimmi, mais il s'agit de l'habituer en le prenant en douceur par les sentiments.

«punir» implique une volonté délibérée, et la culpabilité du «peuple palestinien» est d'emblée évidemment hors de cause grâce à son comportement exemplaire! Enfin, entre le début de la dépêche, avec le «gouvernement palestinien», et la fin, avec «peuple palestinien», la boucle de la légitimité est bouclée par la représentation que cela sous-entend. Évidemment ça ne reflète pas les affrontements entre factions sur place mais ici il ne s'agit pas de la réalité des faits, seulement de la représentation idéale que vous avez dans la tête et sur laquelle on surfe pour vous faire ENTENDRE ce qu'on veut.

 

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Rédigé par Polydamas

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