Publié le 30 Septembre 2009

Rise up and take the power back,
It's time the fat cats had a heart attack,
You know that their time's coming to an end,
We have to unify and watch our flag ascend


Chanson qui me fait furieusement penser aux chacals:

Les chacals craignent pour leur peau, heia oho
Car l'heure des comptes viendra bientôt, heia oho .

Oh oh oh oh! Au clocher nous mettrons
Claquant dans le vent notre fanion.

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Rédigé par Polydamas

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Publié le 22 Septembre 2009


De Closets vs Zemmour & Naulleau [itv] Onpc 190909 Ruquier



Quand j'étais môme, j'aimais bien les émissions de Closets que je trouvais intéressantes. Plus je prends de l'âge, plus il m'apparait comme un abruti fini à emprisonner d'urgence.

Bon, alors, pour recadrer le débat, même si comme tout le monde je fais quelques fautes d'orthographe de temps à autre, je n'écris jamais un sms en abrégé, davantage par ignorance de ce langage que j'ai du mal à décrypter quand je reçois des messages de beaucoup plus jeunes que moi. Quant aux mails, même topo, pour être compris rapidement, rien de mieux qu'écrire de manière intelligible.

Enfin, je m'étonne que Closets refuse la figure tutélaire de Barthes à l'appui de son combat pour la simplification de l'orthographe. Bizarre que la formule "toute langue est fasciste" ne lui plaise pas, ça va pourtant à l'appui de son combat.

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Petit jeu. Très facile.

Trouvez l'intrus dans la liste des membres de l'Académie Catholique de France, disponible ici.
Via le FC.


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On a beau camoufler la réalité, celle-ci nous revient à pleine vitesse dans la figure. Témoins ces deux articles, celui du Monde, à propos de la Technoparade qui a dégénéré, les bandes de racaille s'en donnant à coeur joie, et celui de Slate, sur la reproduction de la ségrégation raciale au sein des réseaux sociaux. C'est bizarre, mais il semblerait que les jeunes n'aient que faire de l'idéal des sociétés métissées.


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Enfin, ce passage hallucinant, mais qui était prévisible, à propos de l'euthanasie aux Pays-Bas:

L’Ordre des médecins allemands fait état de l’installation croissante de personnes âgées néerlandaises en Allemagne, notamment dans le Land frontalier de Rhénanie du Nord-Westphalie. D’après la mission parlementaire française qui rapporte cette information de taille, « s’y sont ouverts des établissements pour personnes âgées accueillant des Néerlandais. C’est le cas notamment à Bocholt. Ces personnes craignent en effet que leur entourage ne profite de leur vulnérabilité pour abréger leur vie. N’ayant plus totalement confiance dans les praticiens hollandais, soit elles s’adressent à des médecins allemands, soit elles s’installent en Allemagne. De telles réactions dont la presse allemande s’est fait l’écho démontrent que les pratiques médicales hollandaises sont mal vécues par une partie de la population [5] ».


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Rédigé par Polydamas

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Publié le 17 Septembre 2009

C'est un sentiment diffus qui point au cœur de l'estomac.

Et qui remonte, qui remonte, jusqu'à atteindre la tête.

Le ressentiment et la colère. Qui se concluent en rage. Froide.

Dans le milieu catholique, il est couramment admis qu'il faille se préserver sexuellement avant le mariage. Cela fait longtemps que j'ai perdu toutes mes illusions sur ce sujet, mais je pensais naïvement que les tradis et autres catholiques conservateurs étaient (un peu) différents.

Il n'en est rien. Foutrement rien. Eisangélie est cru, mais pas si éloigné que ça de la vérité.

Alors, voilà, ça couche, ça baise, ça saute, ça prend la pilule, la capote, et surtout le pire, c'est que ça se proclame, la main sur le coeur, bon catholique, et qu'il faut que ça se marie dans le rite tridentin à l'église. Ça va même certainement prendre la communion sans problème, après avoir baisé la veille (en outre de la faute en soi, on y rajoute un sacrilège, précision pour ceux qui l'ignorent). Les plus sincères dans l'histoire, ce sont les filles-mères, les seules qui assument. Qui affichent. Qui refusent d'avorter. Et qui en plus, subissent le mépris de leur entourage. Vous comprenez, elles affichent clairement ce qui doit rester bien planqué sous le tapis, bien caché, le secret c'est que tout le monde baise, tout le monde.

Et j'ai beau les prévenir ces idiots, de tout ce qu'ils encourent (mine de rien, si je suis peut-être naïf, je suis un peu plus conscient que la moyenne des conséquences possibles), de tout ce qui risque de leur tomber dessus, il n'y a rien à faire, ils continuent. Parce qu'il ne faut pas oublier qu'il suffit d'une fois. Une fois pour que la fille tombe enceinte, et entre dans le processus terrible de l'IVG. La plupart des mères sont des victimes de l'IVG, mais enfin, si elles n'avaient pas cherché la faute auparavant, peut-être qu'elles n'auraient pas eu à subir ça. Dans mes moments les plus sombres, j'en viens même à me dire qu'elles l'ont mérité. A force de jouer avec le feu, on finit par se crâmer. Par les blessures qu'on provoque, et que l'on se donne. Normal.

Personnellement, je ne suis pas meilleur qu'eux, je ne suis pas un modèle, il est parfaitement possible que je tombe demain, mais j'essaye d'être rigoureux sur ce plan-là, le seul moyen de me défendre, c'est la vérité, c'est que je sache qui en est, qui n'en est pas. Alors oui, c'est peut-être totalitaire, voire même islamiste, mais en même temps, ça permet aux gens encore à peu près droits de se protéger.

Pourquoi se protéger ? Parce que c'est à ces têtes d'abrutis que sont les seuls qui ont décidé de maintenir, de ne pas tomber, de se prendre la tête si oui ou non, ils acceptent les conneries faites par leurs propres potes, une fois qu'il faut parler mariage. Vous imaginez bien, à force de coucher entre eux, habitués de la chair, ils se connaissent par coeur et ne savent que trop les tentations des uns et des autres, et il est hors de question, quand il s'agit de s'engager sérieusement, de choisir quelqu'un qui en serait aussi, pas question d'avoir confiance ! Et ça retombe sur notre pomme, nous les seuls à essayer de tenir, au moins, avec nos idées encore naïves et fraiches, on sait qu'il n'y a pas de problèmes.

Raclures.

En économie, on appelle ça le comportement du passager clandestin. Celui qui paye, qui fait tout dans les règles, acquitte également la note pour tous ceux qui profitent de l'astuce, il fait bénéficier les autres de sa naïveté. Et le moyen pour corriger ce biais, c'est la vérité, la transparence.

J'ose encore espérer que l'hypocrisie est quelque part un signe qu'ils ont conscience de ne pas être dans le catholiquement acceptable, et qu'ils sont conscients de la hiérarchie des valeurs. Mince espoir, tant j'en viens à me demander ce que ça leur apporte de professer la foi catholique. D'autant qu'ils ont le beurre et l'argent du beurre, ces beaux parleurs. Le jour, on est catholique, la nuit, on baise comme des lapins. Une confession, et c'est réglé, on accède à la communion, on est socialement acceptable. Mais nous, dans l'histoire, on est quoi ? Les pigeons de service ? Les gros guignols qui n'ont rien compris à la vie ?

Maintenant, je comprends mieux les petits sourires en coin, les allusions discrètes, les danses lascives, les étonnements feints, etc. Je pourrais en raconter de belles sur tout ce petit monde, les personnes consacrées, mes potes, le milieu, les contradictions flagrantes, les leçons de morale. Les grands séducteurs que je connais ont au moins le mérite, eux, de ne pas se cacher. Et de ne pas aller à la messe. (J'aimais bien la chanson de Sardou sur les deux France, j'en reviens maintenant).

Quand on leur parle, ce sont toujours les mêmes explications qui reviennent : "je suis un drogué du sexe, je ne peux pas m'en empêcher, c'est plus fort que moi". Mais il ne fallait pas commencer, imbécile, c'est aussi simple que cela., c'est quoi ce que tu cherches à faire ? Sauter pour sauter ? La belle affaire, ça t'amène où, c'est quoi ta finalité ? Surtout que nous aussi, on a eu droit aux mêmes tentations, aux mêmes instants où l'on sait que la personne en face est disponible, prête à franchir le pas. Pour ceux qui pensent que je suis incapable ou jaloux, non, moi aussi, j'ai chopé, j'ai emballé, je l'ai eu, ce moment, où on sent le frémissement du corps, la fille tremblante, n'attendant que celui qui l'emportera. Et elles n'étaient pas peu désirables, croyez le bien. Mais non. Non. Je n'ai pas cédé, il ne fallait pas, ça n'aurait pas été droit, ça aurait été le meilleur moyen de se priver de sa liberté de décision, et un manque de respect envers la fille, en sus.

Pourtant, malgré ma rage, je fais la différence entre la faute d'une nuit, dont on cherche à se relever, les fiancés impatients et le baiseur invétéré. Tout le monde n'est pas à mettre à la même enseigne. Evidemment. Mais clairement un état de vie dans ce cadre me parait incompatible avec une pratique du catholicisme. Et c'est valable pour tout le monde. Tout le monde.

Oui, j'avais coutume de dire que les tradis et les cathos n'étaient pas meilleurs que les autres, qu'ils avaient juste de plus hautes aspirations, que c'était déjà pas mal. Malgré cela, je pensais qu'il y avait encore un peu pour espérer. Mais non, même pas. Et même pas parmi ses propres potes. On est seuls, je suis seul. Alors, à quoi bon maintenir cette fidélité lorsque le jeu est biaisé ? A quoi bon être le seul imbécile à se garder de tels gestes ? Ça sert à quoi de faire parti du troupeau, si tout le monde est récupéré ensuite telle la brebis égarée ?

L'idéal de s'offrir complètement et entièrement le jour de son mariage, pour suranné et naïf qu'il soit, me parait pourtant valoir la peine de se battre, de faire attention. Il s'agit là du meilleur moyen et du seul de garder sa liberté à tout moment. Aimer n'est pas un vain mot, n'est pas un idéal pour les pourceaux, c'est un engagement de toute une vie, qui réclame une décision de tout son être, spirituellement et charnellement, il faut s'y préparer du mieux possible. Je suis d'ailleurs régulièrement heurté par la rapidité avec laquelle certains disent "aimer" leur partenaire d'un soir ou d'une semaine. Sans même avoir approfondi, avoir grandi, ils balancent ces mots à tous les vents, à la première ou au premier qui passe, alors que ces mots sont justement ce qu'il y a de plus sacré, qu'ils sont le signe définitif de celui à qui ils ont décidé de se donner. Pas de problèmes, ils connaissent à peine la personne, mais on lance du "je t'aime" et du "mon amour", à toutes les sauces, sans voir qu'à force de niveler le vocabulaire, ils finissent par fouler aux pieds le concept d'amour même.

Préservez votre liberté, vous ne vous rendez pas compte du mal que vous faites et que vous vous faites.

Et pour finir, on pourrait évoquer les conséquences dévastatrices sur les gens qui tiennent. Le règne de la suspicion, du doute et de la remise en cause. Si une fille un peu mignonne affirme qu'elle n'y a pas touché, on a du mal à y croire, et si elle y a touché, on se demande ce qui l'empêche de recommencer, après tout, la chair est si faible. Mieux, la morale, je m'en fiche, ce n'est pas ça qui me fait tenir, mais plutôt une certaine idée des choses, de la manière dont elles doivent se dérouler. On pourrait presque dire que ce qui me fait tenir, c'est le mépris que j'éprouve envers eux, c'est la peur panique de leur ressembler, bref, de l'orgueil. Démesuré, et quelque part, encore plus grave que leur faute à eux.

Non, vraiment, cette hypocrisie est dévastatrice.

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Rédigé par Polydamas

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Publié le 16 Septembre 2009

C'est ainsi que René Girard explique, dans ce texte long mais révélateur, ce problème essentiellement contemporain. Ce phénomène a plus d'impact qu'on pourrait le croire puisque pour l'anthropologue, on pourrait même expliquer le dépouillement de l'art contemporain grâce à cette explication. Le texte date de 1996, mais n'a rien perdu, me semble-t-il, de sa pertinence vu ce que je peux constater dans les lieux de sortie parisiens. Au passage, il règle son compte aux théories freudiennes et psychanalatyques qui abondent dès que l'on traite ce type de sujet.

A lire et à méditer.

Pourquoi se méfier de la distinction entre deux maladies avec des symptômes aussi radicalement opposés que ceux de l'anorexie et de la boulimie? Parce que nous vivons dans un monde où manger trop et ne pas manger assez sont des moyens opposés mais inséparables de copier l'impératif de sveltesse qui domine nos imaginations collectives. En transformant l'anorexie et la boulimie en deux pathologies séparées, les classificateurs nous font plus facilement perdre de vue leur base commune.
(...)
J'ai immédiatement perçu que ma cousine écoutait une autorité plus puissante que le désir de son père et, le temps passant, cette voix plus autoritaire est devenue de plus en plus forte. Elle émane des personnes qui comptent réellement dans notre adolescence et qui sont nos pairs et contemporains plutôt que nos pères. Les modèles individuels des jeunes gens renforcent l'autorité des modèles collectifs que sont les média, Hollywood et la télévision. Le message est toujours le même: nous devons être plus minces, coûte que coûte.

Les diéteurs compulsifs veulent réellement être minces; la plupart d'entre nous sont secrètement conscients de ceci puisque la plupart d'entre nous voulons aussi être minces. Tous nos systèmes d'explication tarabiscotés, basés sur la sexualité, la classe sociale, le pouvoir, la tyrannie du mâle sur la femelle, et tutti quanti se débattent avec cette évidence ridicule mais irréfutable. Le système capitaliste n'est pas plus responsable de cette situation que les pères, ou le genre masculin dans son entier.
(...)
L'anorexique est une citoyenne trop fidèle à notre monde fou pour suspecter que, si elle écoute l'esprit unanime de la réduction du poids, elle est poussée vers l'autodestruction. Personne ne peut la convaincre qu'elle est réellement malade. Elle interprète toutes les tentatives de l'aider comme des conspirations envieuses de personnes qui aimeraient la déposséder de sa victoire péniblement acquise, étant incapables de l'égaler. Elle est fière d'accomplir ce qui est peut-être le seul et unique idéal encore commun à toute notre société, la sveltesse.
(...)
Les stoïques me disent que nous devrions trouver refuge en nous-mêmes, mais nos egos boulimiques sont inhabitables et c'est ce qu'Augustin et Pascal ont déjà découvert. Aussi longtemps que nous ne sommes pas pourvus d'un but digne de notre vacuité nous copierons la vacuité des autres et régénérerons constamment l'enfer que nous essayons de fuir.

Aussi puritains et tyranniques qu'aient pu être nos ancêtres, leurs principes religieux et éthiques pourraient être considérés impunément, et en effet nous pouvons voir le résultat. Nous sommes réellement nos propres maîtres. Les dieux que nous nous donnons sont auto-générés dans le sens où ils dépendent entièrement de notre désir mimétique. Nous réinventons ainsi des maîtres plus féroces que le Dieu du christianisme le plus janséniste. Aussitôt que nous violons l'impératif de minceur, nous souffrons toutes les tortures de l'enfer et nous nous trouvons sous l'obligation redoublée de jeûner. Nos péchés sont inscrits dans notre chair et nous devons les expier jusqu'à la dernière calorie, à travers une privation plus sévère que n'importe quelle religion n'en a jamais imposé à ses adeptes.
(...)
La rivalité s'intensifie avec l'augmentation du nombre des imitateurs. La raison de la répugnance à percevoir l'escalade est que nous détestons reconnaître nos propres lubies mimétiques autant que nous raffolons de reconnaître la mimesis des autres. Toutes les cultures tendent à être comiques dans les yeux des autres mais jamais dans nos propres yeux. La même chose est vraie du passé en relation au présent.

L'esprit de rivalité pourrait triompher en l'absence de n'importe quel rival spécifique. Tout le processus est une version adoucie de "la guerre de tous contre tous" de Hobbes. Il pourrait aussi être comparé à une série de records athlétiques qui deviennent de plus en plus vite battus au fur et à mesure que de plus en plus de gens essayent de les battre.

L'exagération constante du syndrome collectif est inséparable de sa diffusion à des foules de plus en plus énormes. Une fois que l'idéal mimétique est défini, chacun essaie de surpasser chaque autre dans la qualité désirée, ici la sveltesse, et le poids considéré comme le plus désirable chez une jeune femme ne peut que descendre. Toutes les lubies et les modes opèrent dynamiquement parce qu'elles opèrent mimétiquement. Les historiens se concentrent exclusivement sur la phase suprême, juste avant l'effondrement. Ils veulent amuser leurs lecteurs avec les sottises du passé et les persuader simultanément que leur propre rationalité supérieure protège notre monde d'excès similaires.
(...)
Ceux qui méprisent le passé ne semblent jamais suspecter que les pires excès se passent maintenant sous leurs nez, à une échelle sans précédant, sans doute, depuis le début de l'histoire de l'humanité. Au Moyen-Âge, la possibilité d'ascétisme faux était toujours reconnue, au moins par des observateurs intelligents, alors que nos désordres alimentaires sont discutés exclusivement dans des termes médicaux, comme s'ils n'avaient rien à faire avec la culture en général et à son évolution récente.

Le problème de nos observateurs "scientifiques" est qu'ils adorent les mêmes idoles que leurs patients. Ils pourraient être eux-mêmes des diéteurs compulsifs, ou des soi-disant diéteurs. Peu de gens veulent être des saints de nos jours mais chacun essaie de perdre du poids.
(...)
En peinture, le rendement réaliste de l'ombre et de la lumière a été écarté en premier, et de plus en plus d'éléments essentiels, la perspective traditionnelle, et finalement toute forme reconnaissable, et la couleur elle-même. En architecture et en ameublement l'évolution fut la même. En poésie, le rythme a été abandonné, et ensuite tous les aspects métriques. Le mot "minimalisme" désigne maintenant une école particulière seulement, mais il va bien avec toute la dynamique du modernisme. En poésie, dans le roman, dans le drame, et dans tous les autres genres d'écriture, ce processus continue à se répéter. D'abord, tout contexte réaliste est éliminé, puis l'intrigue, puis les personnages; finalement les phrases perdent leur cohérence et même les mots eux-mêmes, qui pourraient être remplacés par un fouillis de lettres significatif ou, encore mieux, incohérent.

Toutes les écoles, bien sûr, ne suppriment pas les mêmes choses en même temps et des différences locales ont souvent abouti en flambées créatives brillantes si elles n'étaient éphémères. Finalement, alors que chaque personne et chaque chose tend vers le même néant absolu qui est maintenant triomphant dans tous les champs de l'effort esthétique, de plus en plus de critiques commencent à faire face au fait que la nouveauté vigoureuse se tarit. L'art moderne est achevé et sa fin était certainement hâtée, sinon entièrement causée, par le tempérament de plus en plus anorexique de notre siècle.
(...)
Si nos ancêtres pouvaient voir les cadavres gesticulants des magazines de mode contemporains ils les interpréteraient probablement comme un memento mori, une remémoration de la mort, équivalente, peut-être, aux danses macabres sur les murs des dernières églises médiévales. Si nous pouvions leur dire que, pour nous, ces squelettes désarticulés signifient le plaisir, le bonheur, le luxe, le succès, ils s'enfuiraient probablement dans une panique, pensant que nous sommes possédés par un démon particulièrement néfaste.

Merci à RH.

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Argumentaires

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Publié le 8 Septembre 2009

Bonne nouvelle, un nouveau site catholique fait son apparition. Il s'appelle les sacristains et regroupe les fines plumes de la blogosphère catholique. Pas grand chose à ajouter, si ce n'est de leur souhaiter bon courage. Jusqu'à ce que je tombe sur cet article de la Croix.

Les mecs, on va se parler franchement, je vous ai tous croisé sur le net, on s'entend pas mal, mais là, c'est quoi, ces conneries ?

« On voulait donner un peu plus de visibilité aux cathos “mainstream”, dans la mesure où, quel que soit le sujet, les plus présents sont toujours les plus extrêmes sur Internet. La présence des catholiques modérés est à ce jour presque inconsistante dans la blogosphère, alors qu’ils représentent la majorité des catholiques français. »

Non mais franchement, vous blaguez ou quoi ? Vous vous fichez de qui, là ?

Koz,

Si je peux me permettre de m'adresser directement à toi, puisque je mets ma main à couper qu'il s'agit d'une tes citations, je ne connais aucun "extremiste" autant lu que toi. Et ce n'est pas moi qui risque de te faire concurrence, cf les classements Wikio, etc.

Ton blog, dont je suis un commentateur régulier, est le premier blog catholique. Tu dépasses tout le monde en termes de fréquentation. Allez, faisons la liste de nos amis mainstream sur le net : Plunkett, le Chafouin, Edmond Prochain, les blogs de la Croix, Anuncio, Benoit et moi, et une pelletée d'autres. Et qui sont les plus "extremistes" ? Disons le Forum Catholique fréquenté exclusivement par des tradis, E-Deo, Hamiche, deux ou trois autres blogs obscurs, dont le mien, tout aussi proches de la réacosphère que des tradis. En face, on pourrait parler de la Vie, de Golias, et de quelques autres, mais là non plus, rien de significatif. Pour des gens qui trustent la présence catholique sur Internet, je trouve ça un peu faiblard. Quand la Croix fait un article sur les blogs catholiques, pas un mot sur les blogs soi-disant extremistes (la barrière sanitaire, elle fonctionne aussi dans les médias), quand on regarde dans Wikio, pas un seul qui ne ressort dans les statistiques. Tu trouves toujours que c'est nous qui prenons toute la place ?

Mais revenons à nos moutons, je crois que le problème n'est pas là.

En fait, le paysage vous le prenez déjà. C'est juste que, dans les commentaires, vous êtes tellement incapables d'élever le ton quand il le faut ou d'avoir les bons arguments (quoi que, dans les débats que l'on peut avoir, vous apprenez très vite, pas de souci de ce côté-là), qu'évidemment vous vous faites doubler à chaque fois par votre droite ou par votre gauche. Il ne faut vous en prendre qu'à vous-même si dans cette configuration, vous n'êtes pas capable de vous faire suffisamment remarquer et de sortir du lot. Ce n'est donc pas un problème de site, plutôt un problème d'idéologie. Personne n'est jamais mort pour l'idée de modération ou de centrisme, ce n'est pas un idéal qui remue les foules.

Dans les médias sur Internet, on peut parler du Salon Beige. Je sais bien qu'il est lu par beaucoup de monde, et par beaucoup de journalistes, de tous bords, mais enfin, ne rêvons pas, la fréquentation du site de la Croix est bien supérieure. Le problème est ailleurs. Peut-être du fait de l'actualité qui n'a pas cessé de mettre les tradis en première page des journaux ? Mais quoi, c'est de la faute aux tradis, si on a été sur le devant de la scène pendant six mois ? C'est de notre faute, si en proportion de prêtres, on vous laisse loin derrière ? C'est de notre faute, si le pape s'intéresse tant au cas des tradis que même des prêtres "mainstream", comme vous dites, reconnaissent aujourd'hui qu'il y a peut-être quelques petites choses à en tirer ?

La participation au blog sera aussi ouverte à des invités occasionnels, pour peu qu’ils adhèrent à sa charte où les « sacristains » se réclament avec fermeté de Vatican II

Ah nous y voilà ! Vatican II, le concile...

Mais quelle version du concile ? Celle des progressistes, celle des textes, celle des tradis ? Celle qui sortira des discussions avec la fraternité St Pie X (j'espère que vous allez en parler de ça, qu'on rigole) ? Laquelle ?

et entendent promouvoir le dialogue interreligieux.

Le dialogue interreligieux ? Parce que vous y croyez encore à cette vaste blague qui tend à concilier l'inconciliable ? Je vous croyais plus réaliste.

Bon, par contre, à ce que je vois, nulle invitation pour les prêtres de la fraternité St Pierre ou de l'IBP, ce serait une bonne idée, sisi, je vous assure, eux aussi sont catholiques. Et pourtant l'un des ténors de l'IBP, l'abbé de Tanouarn, est un blogueur lui aussi. Vous pensez qu'il pourra y écrire une chronique ?  Faudra qu'il signe un papier sur l'acceptation de Vatican II, lui aussi ?

« L’idée de proposer une autre visibilité d’Église me plaît bien. Une présence apaisée et amusée de l’Église sur Internet, ni dans la défense ni dans l’apologétique de la foi catholique », ajoute le P. David Lerouge

Si je comprends bien, tous modérés, tous centristes, tous bien dans le moule, vous allez être un bon indicateur de ce qu'il ne faut pas penser, ça sera toujours ça de pris. Nan, ça va, je déconne, je plaisante, vous savez bien que je vous ai toujours soutenu lorsque vous écriviez de bons billets. Ah, je lis aussi que vous recevrez également la contribution du père d'Harcourt, vicaire à Ste Odile. Faites gaffe, Ste Odile est une paroisse où les deux rites sont pratiqués en plus ou moins bonne entente, vous êtes en train de frayer avec la betimmonde-dont-le-ventre-est-toujours-fécond.

J'imagine que vous allez me reprocher de diviser les catholiques ou d'être jaloux, mais enfin quand même il ne faudrait pas oublier que c'est quasiment votre charte de départ : virer les tradis du paysage. Ah bon, il ne faut pas que je le prenne comme ça ? En tout cas, ce n'est pas ce qu'en ont retenu les journalistes dont vous n'allez pas me faire croire qu'ils ont trahi vos propos (on parle de la Croix, là, vous vous connaissez tous personnellement), ni même Authueil, mais lui, ok, c'est pas pareil, c'est de la provocation.

Vous êtes gentils les mecs, mais la barrière sanitaire, va falloir songer à abandonner l'idée, si vous souhaitez vraiment l'unité des catholiques. Mais c'est vrai que j'avoue avoir un doute sur la question. Déjà que les décisions de Benoit XVI ne vous avaient pas particulièrement réjouis.

Cela dit, bonne chance à vous, on va suivre attentivement ce que vous faites, et on interviendra, en temps utile, en fonction, bien sûr, de la politique de modération (mais je ne sais pas pourquoi, je sens que je vais être rapidement modéré, moi).

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Actualité

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