Publié le 28 Juin 2016

Mettons de côté, si vous le voulez bien, l'actualité chargée autour du Brexit, pour revenir sur Orlando. Après la tuerie, qui a fait 49 victimes, les réactions ont été multiples. Mais une a attiré l’attention plus particulièrement, celle des représentants de La Manif Pour Tous (LMPT) pour ce tweet.

 

Certains homosexuels français l’ont instantanément attaquée, sous prétexte qu’elle n’avait pas le droit d’exprimer ses condoléances face à la tragédie. LMPT étant perçue comme « homophobe », toute expression (« Comment osez-vous ? ») de sa part était condamnée d'avance. Dans le cas contraire, il est possible aussi que son mutisme (« Voyez ce silence coupable ») eût été condamné de la même façon. Impossible d’avoir un bon positionnement de la part de LMPT.

Cela rappelle un phénomène récent, celui de Charlie Hebdo. C'était l'extrême droite catholique qui avait lancé le plus de procès contre Charlie, l’Agrif en tête (14 procès dus aux catholiques, contre un seul pour l’islam). Charb le reconnaissait, et de ce fait, écartait la menace islamiste, malgré les signes avant-coureurs. Cf cette vidéo :

Mais il est maintenant mort, avec ses amis, abattus par des terroristes islamistes, et certains à l'extrême droite ont marché avec les manifestations de soutien, dont j'étais. Charlie Hebdo a perdu beaucoup d’argent avec les condamnations successives obtenues par les catholiques. Cependant, ces condamnations sont la preuve de l’utilisation et de l’acceptation du cadre démocratique, qui régule les débats et tensions entre individus et communautés. Ce cadre était manifestement insuffisamment utilisé par les musulmans lors des affaires de caricatures, ce qui dit, en creux, beaucoup de choses sur leur intégration collective.

De cette expérience concrète, rejouée sous une nouvelle forme avec les LGBT et LMPT, nous pouvons distinguer deux formes d’opposition et une problématique bien plus profonde :

- celui qui s'oppose à un autre dans le même cadre idéologique de référence, dans une vision du monde similaire, mais propose un projet différent, est un adversaire ou un opposant.

- celui qui met en danger ce cadre de référence est un ennemi.

Dans ces deux exemples, il y a une confusion assez évidente sur qui est qui, entre adversaire ou ennemi, car le cadre idéologique de référence n'est pas le même. Comment s’articule-t-il donc entre les différents courants politiques ?

 

1) La vision du monde

 

Cette limite, dans une droite classique, un centre bon teint, et une gauche républicaine est celle des institutions, de la loi, mais également, des atteintes directes contre la vie, ensemble de concepts que la droite désignera sous le mot de « civilisation », et d'« ordre » pour la gauche. De manière légèrement distincte, à l’extrême-droite, vient la notion de peuple et d’identité. Qui ne se confond pas tout à fait avec la vision institutionnelle, même si elle lui donne sa légitimité. Alors que dans une gauche marquée et en faveur des minorités, c'est le principe de domination et l'universalisme (tout deux hérités du christianisme) qui fait la ligne de partage, ainsi que les atteintes directes ET indirectes contre la vie. Pour ces derniers, les dominants et les institutions sont l'ennemi, les adversaires (potentiels) étant les autres dominés luttant pour leur cause, l'agenda n'étant pas extensible à l'infini. A cela, il faut rajouter une vision plus essentialiste pour les conservateurs (mettant en avant l’origine et le passé de l'individu), plus existentialiste pour la gauche (la volonté et l'avenir de cette même personne sont plus importants).

Là où pour la droite, la gauche est un adversaire traditionnel, la droite identitaire est "l’ennemie" de la gauche dure, car hostile à son projet communautariste. On comprend mieux pourquoi la gauche extrémiste est aussi violente contre la gauche de gouvernement, et à quel point celle-ci est contrainte d’envoyer des signaux symboliques achetant leur assentiment, vu que par définition, elle est au pouvoir, donc suspecte de domination, surtout si elle n'applique pas une politique en faveur des dominés. Si on schématise, un communautariste ne comprendra probablement pas que dans l’esprit d’un type de droite, ils font tout deux partie du même peuple, alors que pour l'homme de gauche marquée, cela n'a rien d'évident, puisqu’ils n’ont pas le même projet. En revanche, le gauchiste (j'utilise ce mot pour aller vite) considèrera le moindre immigré comme un allié potentiel, celui-ci étant dominé et souhaitant construire une vie ici, point de vue que n'aura pas le conservateur lambda, qui verra tous les problèmes institutionnels et coutumiers posés par cette personne.

Par conséquent, un adversaire (au sens de droite du terme) est crispant au possible, se bat contre certaines idées de gauche pied à pied, en utilisant les outils démocratiques, le droit et le vote, lui fait dépenser beaucoup de temps et d’énergie. Il est beaucoup plus présent contre elle que l'islamisme. La droite conservatrice, de son point de vue de droite, est pourtant incomparablement moins dangereuse pour la vie des citoyens. Vu sous l’angle de la gauche, l’adversaire est l’immigré, qui lui prend un peu de temps politique, mais qui participe au processus de concurrence victimaire, ce qui l'arrange bien, car elle n'hésite pas à instrumentaliser ces revendications à ses propres fins. Bref, ses seuls adversaires sont les communautaristes qui peuvent faire échouer le projet de lutte contre la domination, s’ils ne parviennent pas collectivement à s'entendre ou s'ils attaquent la société dans laquelle ils vivent.

Ainsi, j'ai pu lire sous la plume de certains que les attentats étaient le prix à payer pour que le multiculturalisme s'épanouisse. Constat très similaire aux propos de M. Valls selon lesquels les innocents continueront à mourir. Se dégagent ainsi très nettement les priorités. L’immigré prend peu du temps de la gauche communautariste, voire lui est utile, l’ennemi conservateur lui en prend énormément. Vision assez logique concrètement parlant, on a plus de mal avec celui qui sature notre temps de cerveau disponible, celui qui nous oblige à nous justifier sans cesse que celui qui ne se fait remarquer qu'exceptionnellement, surtout s'il est "dominé". Dans le même temps, du côté de la droite marquée, l'ennemi est clairement identifié et porte un nom : l'islamisme. L'islamisme et l'extrême droite revendiquent d'ailleurs se reconnaitre comme ennemis mortels, ce que notre société libérale a toujours du mal à concevoir, qui refuse de comprendre qu'elle puisse être l'ennemi de qui que ce soit. Qui ne comprend pas que l'ennemi existe, à partir du moment où celui-ci la reconnait comme tel. 

En définitive, le projet de la gauche, la lutte contre toutes les formes de domination, transcende toute autre vision, même nationale et civilisationnelle, et ce même si des attentats visent directement la population par des gens à moitié intégrés aux Français. Sous cet angle , il est logique de dénoncer LMPT alors que le crime d'Orlando vient d'un musulman. Il y a là un transfert  évident. Puisqu’on ne veut pas, ne peut pas attaquer l’islam (allié tacite dans la lutte contre la domination), autant attaquer les dominants, perçus comme homophobes, qui ne sont pourtant en rien responsables de l'attentat. L’argumentation facile sera ici d’avoir créé une « ambiance », d’avoir « libéré la parole » homophobe.

« Comme si les exécutions d’homosexuels de Daesh en Syrie avaient un quelconque rapport avec LMPT », dirait quelqu’un de droite.

« Non il y a un lien », répondrait quelqu’un de gauche.

 

2) Universalisme et équivalence des dominations

 

L’universalisme naïf est ici la clé. Faire fi de toutes les cultures, de toutes les nations, pour ne voir les choses qu’en termes de problématiques sociales mondiales, alors que les conservateurs questionneraient l’idée même de « société mondiale ». Le problème n’est pas l’homophobie en Syrie qui tue, mais l’homophobie globale dans le monde, dont LMPT est un versant, Daesh, un autre. Pas de distinctions entre ces deux mouvements, pas de distinction non plus dans l'homophobie, le terrain de jeu est mondial et tout ce qui ne va pas dans le sens des gays est un ennemi potentiel, car contributeur de morts homosexuelles, que ce soit direct, ou indirect (en poussant, par la discrimination, les homos à se suicider).

Même chose pour les féministes qui visent le mâle sous toutes ses formes ou latitudes, le viol en famille n'étant pas à différencier du viol dans la rue. Peu importe les traditions différentes, peu importe le sens de la mesure, qui distingue des phénomènes aussi divers que l'excision ou  relégation de la femme au foyer, tous les hommes sont machistes et dominateurs de la femme. C'est dire le caractère primaire de cette pensée. Même chose pour Charb, pour qui toutes les oppositions, de droite et musulmanes, étaient fondamentalement similaires. Vision ridicule pour un homme de droite, pour lequel les communautés, et leur logique propres, priment dans l’analyse de la réalité. Pour la gauche extrémiste, LMPT sont des dominants (blancs, sexistes, phallocrates), donc des ennemis, alors que les musulmans sont des dominés, donc des adversaires. Et peu importe si les dominés tuent beaucoup plus que les dominants. Vu que dans l'histoire, il n'en a pas toujours été ainsi, on leur pardonne, on part du principe que cela s'arrêtera. Les terroristes, tels Al Qaeda ou Daesh en sont si conscients, qu'il s'efforcent de viser des blancs occidentaux dans leurs attentats. Je l'ai déjà dit ici (point 2) et Al Qaeda vient de dire que le tireur d'Orlando aurait mieux fait de cibler des blancs. Si on adoptait une logique de gauche et universaliste, on pourrait presque dire que les gauchistes sont coresponsables des attentats, comme LMPT le serait pour Daesh. Mais nous ne sommes pas si extrêmes.

Ajoutons que le dominant n'est au fond, pas si innocent, puisqu'il discrimine, et de ce fait, pousse les dominés à la marginalisation ou au suicide. L’homme blanc a prouvé sa dangerosité en dominant la quasi-totalité du monde, ce que personne avant lui n’avait fait. Et dans les sociétés occidentales, le fait qu'il soit le dominant discriminateur pousse certains dominés au suicide ou à la mort symbolique. Il est donc impardonnable et suspect de vouloir reproduire régulièrement ce schéma. Alors que l’homme dominé a souffert des blancs, a peu d’impact quand il massacre (ou du moins, il ne tue que 130 personnes maximum là où les armées occidentales peuvent tuer beaucoup plus) et n’a jamais dominé le monde. Les progressistes oublient ainsi que le dominé peut avoir envie d’être un dominant au niveau mondial, et que lui faciliter ainsi les choses, comme on le voit avec l’islam, religion universaliste, n’est peut-être pas la meilleure idée qui soit. Ils ne comprennent pas que l’occidental est passé par un cap, a compris des choses et a évolué, et que cette évolution doit être protégée par rapport à d'autres communautés n'ayant pas fait le même chemin. Ils préfèrent le soupçonner perpétuellement de cette expérience du pouvoir, souvent corruptrice, il est vrai.

 

3) La domination

 

Excluons directement les vertus de la domination pour voir ce qui la rend condamnable. Trois raisons majeures :

1) Celui qui domine a plus de probabilité, à moyen et long terme, de tuer, que le dominé. Ce ne sont pas les faits qui comptent, mais la potentialité de destruction (un Etat/gouvernement est plus dangereux qu’une communauté). L’usage du point Godwin trouve sa justification profonde.

2) D'ailleurs inconsciemment, c'est ce qu'il fait par la discrimination, le suicide, en réduisant l'autre à un rôle donné avec les minorités. Il lui est impossible de se rendre compte de la souffrance des dominés, et doit donc se taire.

3) Par ses propos ou actions, le dominant peut encourager le dominé à attaquer un autre dominé. Comme LMPT avec Daesh.

Bref, c’est toujours le dominant, l'homme blanc occidental aisé, le responsable, d’une manière ou d’une autre, puisqu’il contrôle les clés du système local, et pour les plus extrémistes, mondial. On est en pleine toute puissance fantasmée sur le rôle du dominant et du système (qui pourrait, magiquement, contrôler tous les mauvais penchants humains) et dans l'oubli total des vertus de la domination permettant de cadrer les choses.

Du côté des dominés, le fait que des attentats mettent l'islam sur le banc des accusés et que les sunnites ne s'en saisissent pas pour éclaircir leur vision n'effleure pas l'esprit de la gauche, qui a perdu toute compréhension du phénomène religieux. Ne leur effleure pas non plus l'esprit que toute exécution, toute attaque est incomparablement plus agressive que tout système discriminatoire. Que non, une attaque directe n'est pas similaire à une attaque indirecte, même si les deux sont des violences. En outre, la gauche se pensant, et se fantasmant comme camp du bien, ne peut se "compromettre" à faire dans la nuance, par rapport à la violence "sociale". Nuancer serait déchoir.

C'est ce tout ou rien, cette pensée binaire qui justifie que Plenel, Hidalgo, la CGT ne se soient pas exprimés au sujet des policiers morts à Magnanville. Edwy Plenel reconnait d'ailleurs tacitement que ses attaques contre la police et les institutions ne lui permettent pas de s'exprimer à ce sujet. Ce qui est cohérent dans une logique de gauche, mais assez agressif dans une logique de droite, car non solidaires des institutions.

Pour un communautariste, tout minoritaire est un allié potentiel, dans la lutte contre cette domination fantasmée. On voit ici à quel point la gauche est encore très paternaliste avec les autres minorités rompant toutes les règles de société française. Ils n’acceptent pas que ces cultures ont une vision du monde très riche, des logiques de peuple, des langues évoluées, tout devrait se confondre dans le multiculturalisme et le vivre ensemble sur un plus petit dénominateur commun, sans effort considérable d'intégration.

Raison pour laquelle il est impossible, pour quelqu’un de droite, de dire que l’homophobie regroupe à la fois les discriminations françaises contre les homos et les meurtres. Là où, dans la logique de gauche communautaire, c’est parfaitement cohérent puisque l’homophobie, c’est la domination hétérosexuelle sur les homosexuels. Et que si batailles il y a entre dominés, ces violences ont vocation à disparaitre, à terme, puisque de facto, ils ont le même ennemi : le dominant. C’est la logique de l’intersectionnalité, de la convergence des luttes que de réunir tous les dominés sous une seule bannière contre le dominant. Et pas question d’accepter dans ce combat des gens qui pourraient, symboliquement, représenter le dominant. Cela a été l’erreur des Veilleurs, lorsqu’ils ont souhaité dialoguer avec Nuit Debout, et qui ont été violemment rejetés.

 

4) Quelques contradictions et problèmes

 

De leur côté, les gauchistes ne sont pas exempts de contradiction. Ainsi ils oublient complètement les logiques sociales à l’œuvre dans le monde, et qui se transmettent ici par une politique trop laxiste sur le plan migratoire. C’est beau de critiquer la domination occidentale, c’est mieux de s’apercevoir qu’on laisse en exprimer d’autres sur le territoire. Et ces hiérarchies ne sont pas moins violentes ou injustes que les hiérarchies occidentales, elles sont même bien pires, et ont un impact sur les populations immigrés (par exemple, des enfants envoyés contre leur gré en Europe pour gagner de l'argent à renvoyer au pays). Accepter ces hiérarchies sociales sur le territoire sans faire un travail conséquent d’intégration expose donc à de nombreuses difficultés. Mais peu importe, il faut lutter « mondialement » contre les hiérarchies sociales, la première cible étant l'homme blanc. De l’universel bien localisé, donc.

Par exemple, il n’est pas démontré que lutter contre les privilèges des hommes aisés en France permette à la Côte d’Ivoire d’être plus égalitaire, ou que lutter contre LMPT est un bon outil de contre-terrorisme. Pour défendre ses protégés, et leurs attaques violentes, le stratagème habituel est le renvoi permanent à la généralisation ou à l'universalisme dès qu'une communauté est un peu plus responsable que d'autres d'exactions diverses. (J’en ferai la liste dans un prochain billet).

La droite conservatrice est consciente des blocs culturels, du choc des civilisations, hypothèse que la gauche universaliste se refuse à conceptualiser, ou alors en expliquant que s’il y a choc des civilisations, c’est à cause de l’identité. Comme un abruti l’avait pontifié, à la suite de Charlie Hebdo, « le problème, c’est la lepénisation de l’islam » sans comprendre que l’identité est un élément social prépondérant, profondément humain. Etant obnubilé par l’idée de changement, de paix, et dirigée par une élite habituée à jongler avec les langues et les fuseaux horaires, cette gauche universaliste considère que l’identité est le problème principal, là où la droite traditionnelle considèrera que c’est la juxtaposition des identités les unes à côté des autres qui les crée. Une logique d’auto-reconnaissance, d’identité, de distinction par rapport aux autres peuples contre une logique humanitaire universaliste où le point commun est l’homme, sans distinction de culture. Un homme abstrait et vierge de la moindre marque sociale.

Formulé autrement, l’identité est naturelle pour la droite, là où pour la gauche, c’est la migration et le changement qui le sont. C’est dans cette logique également qu’elle attaque toute notion qui circonscrirait un concept, sous prétexte de leur évolution. D'où le questionnement des contradicteurs gauchistes au moindre concept utilisé par la droite avec des affirmations aussi lapidaires  que « le peuple/l’identité n'existe pas ». Stratégie intellectuelle classique de contestation permanente du vocabulaire.

Enfin, le péché de la gauche est également d’oublier que si changement il y a, ce que personne ne peut nier, celui-ci prend un CERTAIN temps, comme aurait dit Fernand Raynaud, et que l’erreur de timing est aussi grave que l’erreur. Quelles que soient les projections, analyses ou visions que l’on peut avoir sur le monde, elles ne valent rien ou pas grand-chose si elles ne sont pas accompagnées d’un paramètre temps. Le conservatisme prend ici tout son sens : le  temps est primordial. Le fruit est-il suffisamment mûr ? Oui au changement, mais sans brusquer, sans trop violenter les uns et les autres. Sinon, on part dans une escalade d’agressions et de répliques, des fractures multiples de la société, les uns et les autres se sentant menacés par le pouvoir en place.

 

Conclusion : quelle temporalité ?

 

A cet égard, il est frappant de constater que toutes les lois, ponctuelles comme de long terme, sont mises sur le même plan, sans discernement sur leur mise en place, et les efforts demandés au peuple. « L’esprit est vif mais la chair est faible. » L’intellect est rapide, les idées sont bonnes et légitimes, mais leur mise en place est longue et couteuse. En bon positivistes et intellectuels, la gauche voit des bonnes idées là où la droite verra les années de boulot et d’implémentation pour instaurer ce changement. Dans le monde des entreprises, on considère qu’une idée ne vaut rien tant qu’elle n’est pas implémentée, l’exécution concrète étant largement supérieure à la belle idée bien propre.

Pour sortir de ces réflexions trop rapides, peut-être faut-il sortir de la toute-puissance idéaliste, que ce soit sur le plan matériel (nous pouvons tout faire) et temporel (tout de suite). Toute-puissance qui considère que les mêmes règles, soit économiques, soit sociales, peuvent s'appliquer à tous partout sur la planète, en oubliant les dynamiques locales et régionales. Il serait temps d'arrêter, la réflexion sur les limites doit s'insérer à la base même de toute réflexion politique. Solution de droite, me répondra-t-on, avec justesse.

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Rédigé par Polydamas

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