Publié le 29 Novembre 2009

Il arrive que le Monde publie d'excellents articles comme celui-ci. Je n'arrête pas de le dire et de le répéter, l'euthanasie, c'est vraiment une obsession de bien-portant, et les demandes des malades, des appels au secours. Via Philippe Edmond.

Euthanasie : le dernier qui se lasse...
par Claire Fourcade LEMONDE.FR | 26.11.09 | 11h49

Extraits de dialogues entre patients et médecins...

Madame C. :
Docteur, je n'en peux plus ! Faites quelque chose ! Je veux me suicider.
- Qu'attendez-vous de moi ?
- Docteur, je ne veux pas mourir !

Monsieur V. :
Au moment du diagnostic de sa maladie, il a déclaré vouloir être euthanasié quand son état se dégraderait. Quelques temps après il a quitté son pays, la Hollande, où la pratique de l'euthanasie est légale, pour venir s'installer en France, pays où la loi l'interdit.

Madame S. :

Son mari s'est installé dans le bureau. Il nous parle de sa femme. Sa femme depuis 46 ans. Sa femme qui meurt deux étages au-dessus.
Il ne peut pas le supporter.
Elle est calme, elle ne souffre pas, elle dure.
Il nous semble, à nous soignants, qu'elle prend pour mourir le temps qui lui est nécessaire.
Pour lui chaque instant de ce silence est une violence, une absurdité, un non-sens.
Ce n'est plus sa femme, elle n'est plus là, il faut qu'elle meure.
C'est pourtant son temps à elle. Et c'est la loi.
La loi sur laquelle nous nous appuyons pour faire rempart à cette marée de souffrance.
- Ce qu'elle aurait aimé, c'est de revoir son petit chien...
- Pourquoi ne le lui amenez-vous pas ?
- C'est que, si elle ouvrait les yeux et qu'elle le voyait, elle serait si contente qu'elle pourrait en mourir. Alors je ne préfère pas...

Madame R. :
Certains de ses fils se demandent quel sens donner à cette attente d'une mort certaine. Ils pensent que, peut-être, elle n'aurait pas voulu cela. Ne faudrait-il pas abréger ses souffrances ? Ils s'inquiètent aussi pour la santé de son mari qui veille sur elle jour et nuit depuis si longtemps.
D'une voix claire celui-ci a pris la parole : "Votre mère nous a traités comme des rois pendant 40 ans, nous la traiterons comme une reine le temps qu'il faudra."

Midazolam : C'est un médicament bien particulier. Un médicament qui permet souvent d'apaiser en quelques minutes les plus grandes détresses physiques ou psychologiques. Parfois, mais pas toujours, au prix de la vigilance de nos patients. Un médicament dont nous veillons à ne pas abuser mais dont nous n'hésitons jamais à faire usage quand le confort de nos patients nous semble l'imposer.
Un médicament qui me permet de promettre à mes patients de ne pas les abandonner sans avoir ensuite envie de me sauver en courant.
"Laisser mourir n'est pas laisser crever".

Madame T. :
Elle voudrait qu'on euthanasie sa mère. C'est que, voyez-vous, elle a travaillé dans une clinique vétérinaire et même les chiens on ne les laisse pas mourir comme ça.
Tout doucement j'essaie de lui faire entendre qu'on ne peut traiter un être humain comme un chien.
- Mais docteur, me répond-elle, les chiens sont des êtres humains comme les autres !
- ????????????

Monsieur S. :
Il est mort ce matin à la clinique.
Sa fille et son gendre nous avaient demandé l'euthanasie pour lui. La discussion avait été houleuse. Nous savions que nous n'avions pu être entendus. Parfois nous avons cette impression douloureuse de parler dans le vide, de réciter des mots creux qui ne font pas sens pour ceux qui les reçoivent et que nous essayons d'aider.
Mais Monsieur S., rentré chez lui pour le week-end, a fait un arrêt cardiaque : ils l'ont réanimé et ont appelé le Samu.

Madame A. :

Après des années d'épreuve, certains de ses enfants pensent que son coeur est brisé. Que le maladie a tout dévasté et qu'il ne reste plus que la mort.
Ils pensent qu'ici c'est l'enfer et qu'au ciel elle serait mieux.
Elle ne parle pas mais elle communique.
Parfois son mari lui dit: "Ne me crie pas dessus !" et c'est vrai qu'elle peut crier avec les yeux.
Je la regarde intensément. Je l'écoute avec mes yeux pour être sûre de bien comprendre.
Et dans ses yeux qui brillent, je vois son coeur. Il est intact. J'ai la conviction que dans son enfer il y a de petits morceaux de ciel et qu'elle y tient.

"Quand c'est trop de souffrance, des soignants, de la famille et du patient, le dernier qui se lasse, c'est le patient", a dit le Dr. Jean Léonetti.
Depuis dix ans, nous avons pris en charge plus de 3000 patients. 3000 histoires singulières, différentes. 3000 fois nous avons essayé d'écouter, d'entendre, d'adapter notre réponse.
En soins palliatifs nous ne faisons pas de prêt-à-porter. Seulement du sur-mesure, de la haute couture.
Jamais, à ce jour, je ne me suis trouvée en situation de me dire que la seule façon de respecter mon patient était de transgresser la loi pour le faire mourir. Peut-être, un jour, une situation particulière me conduira-t-elle à prendre cette décision.  Je veux que cela reste une transgression.


Claire Fourcade est médecin coordinateur de l'équipe de soins palliatifs de la clinique "Les Genêts" à Narbonne.

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Rédigé par Polydamas

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Publié le 25 Novembre 2009

On a appris récemment que des nouveaux éléments viendraient confirmer la véracité du suaire de Turin. En effet, il semblerait que des traces, invisibles à l'oeil nu, évoquent le nom du Christ, directement sur le suaire. Si l'on rajoute à ça, le fait qu'on a de plus en plus de doutes sur les parcelles utilisées pour la datation au carbone 14, ce sont quelques éléments de plus qui vont dans le sens de l'authentification.

Pour plus d'infos, il suffit de parcourir mon billet sur le sujet.

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L'euthanasie est de plus en plus clairement une demande, ou plutôt une exigence de bien-portants, rien à faire, on y revient toujours. Koztoujours monte au front courageusement, et se fait violemment attaquer ensuite par les bien-pensants habituels. Si vous avez envie de castagner, il y a du boulot. A l'appui de son argumentation, on pense bien sûr au cas de cet Anglais, paralysé, dans un état végétatif, et à qui on vient de donner la possibilité de communiquer avec le reste du monde. Et il compte bien "profiter de sa vie", nullement en finir...

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Putain, le choc.

CSP, ou Comité de Salut Public, le blogueur troskyste-révolutionnaire, qui veut pendre le dernier capitaliste avec les tripes du dernier réac, bien connu de tous les blogs politiques, a eu une histoire amoureuse avec une aristo de la fraternité St Pie X. C'est un fake, une blague, c'est pas possible autrement, j'arrive pas à y croire, dites-moi que c'est inventé. Parce que c'est objectivement impossible. Peut-être que ce n'est qu'un jeu de la part de CSP, jouer les anticonformistes chez les anticonformistes de gauche, adopter la posture de celui qui estime ceux que tout le monde aime abhorrer, de prendre tous les clichés les plus caricaturaux, les uns après les autres, pour en faire le panégyrique. Et il en est pafaitement capable.

Mais bon, allez, faisons un effort, admettons que ce soit vrai.

Bienvenue dans mon monde, CSP.

Mon monde il est là, et encore bien vivant, n'en déplaise à tes petits copains. Avec au choix, ses traditions, ses coutumes, ses chasses, ses rallyes, ses armoiries, ses chevalières, ses scouts, ses écoles avec curés ou religieuses, ses chateaux branlants, ses messes en latin, ses militaires, ses chants, ses pélerinages, ses familles. Je ne vais pas t'ennuyer avec le passé, te rappeler que ce sont tes ancêtres idéologiques qui ont coupé la tête à certains de ses ancêtres à elle, tu le sais, te rappeler les oppositions que tu connais comme moi n'a pas vraiment d'intérêt. Par contre, ils font la même chose que toi, ce sont des gardiens, des héritiers de valeurs que tu hais peut-être, mais qui ont fait la France, que tu le veuilles ou pas.

Non, ce que je souhaitai saluer, c'est ta lucidité, bien que troublée par tes sentiments (j'ai du mal à croire que tu aurais été aussi charitable envers nous, sans cette fille). Tu vois bien qu'il y a de la vie qui y pousse, qui y croît, malgré ces idées contre lesquelles tu te bats à longueur de notes, que l'on a le sens de la politesse, que l'on est capable de se taire, d'accueillir les différences, même si l'on n'en pense pas moins, même si on est tout à fait marqué politiquement, et que l'on ne s'en cache pas. Et que l'on en est même fier.

J'aime beaucoup ce que tu écris.

Des gens absolument charmants, figurez vous.

Qui m'ont accueilli le mieux du monde, sincèrement enchantés de rencontrer un "ami" de leur fille et me faisant les honneurs de leur maison avec un sens de l'hospitalité désarmant de naturel et de gentillesse. Le père, surtout, m'a impressionné de part son amabilité et aussi de sa prestance. Grand et fin, souriant, très bel homme, il avait ce profil d'aigle qui faisait qu'on l'imaginait fort bien en côte de mailles donner l'assaut aux murailles de Jérusalem - comme l'ont fait ses ancêtres, appris-je durant mon séjour...

Je passai un long week-end enchanteur. L'un des meilleurs de ma vie, sans aucun doute. C'était l'été, il faisait juste assez beau et chaud pour que ce soit le plus agréable, mon amie était intelligente et belle et resplendissante, on se cachait pour s'embrasser comme des adolescents, que vous dire de plus ?...
Quel beau moment ce fut. De ceux qui restent, longtemps, dans une mémoire, de ces souvenirs qui font sourire quand on se les rappelle...
(...)
Je ne crois pas avoir vu les gens d'une même famille s'aimer autant. C'en était sincèrement émouvant.

Même chez nous, monstres sans coeur, héritiers des heures les plus sombres, il y a de l'amour en pagaille. A démultiplier par le nombre d'enfants, généralement largement au-dessus de la moyenne. Qui ne se ressemblent pas pour autant. Qui ne suivent pas non plus tous la voie tracée, à l'instar de ton amie ou de certains de mes potes.

Mais justement, on s'en fout, la famille, c'est important. Beaucoup plus que n'importe quelle idée politique ou que n'importe quelle voie choisie ensuite. Un jour, il faudrait que je me décide à écrire un billet sur la cohérence interne de cet univers, ce souci des traditions, du respect des valeurs, de la famille. Pas tout de suite, cependant.

Si on m'avait dit que c'était un troskyste qui serait l'un de ceux qui parleraient le mieux de la fraternité St Pie X, je l'aurais pas cru. Je ne sais pas si c'est vrai, mais en tout cas, merci CSP.


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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Entracte

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Publié le 22 Novembre 2009

Rédigé par Polydamas

Publié dans #Littérature

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Publié le 18 Novembre 2009

Contrairement à ce qu'on pourrait croire intuitivement, le système économique actuel ne respecte pas les fondements économiques du libéralisme. Le capitalisme mondialisé, les hedge funds, les banques gigantesques, les bonus outranciers, tout ceci s'explique davantage par des positions à caractère monopolistique ou oligopolistique, par l'histoire, que par la doctrine libérale.

Pour rappel, la doctrine libérale en matière économique tend à limiter au minimum le rôle de l'Etat, et à laisser la concurrence, ainsi que le cours normal du marché, réguler l'économie. Et surtout, le principe de base est que l'Etat ne peut pas être le régulateur de la masse monétaire. En d'autres termes, il ne peut utiliser la masse monétaire à son service, en vue de ses différentes politiques. Tout l'inverse d'aujourd'hui, où les autorités, qu'elles soient européennes ou américaines, interviennent sans cesse dans le marché, et où les oligopoles sont légions.

On assiste ainsi à des aberrations. Un exemple, les programmes exceptionnels d'achat de dettes américaines par la Réserve Fédérale. Sur les 1000 milliards de dollars de bons du Trésor émis par le gouvernement américain en 2009, la Fed en a finalement acheté plus de 300, c'est à dire près d'un tiers. Des banques centrales qui rachètent des emprunts d'Etat, c'est un peu comme si un arbitre se mettait à jouer et à marquer des buts, lors d'une partie de football, et que le match était considéré comme valide.

Pourquoi ces programmes ? Parce que les Banques Centrales, que ce soit la Réserve Fédérale ou la BCE, sont les seuls acteurs à avoir les reins suffisamment solides pour continuer à acheter des obligations d'Etat dont personne ne veut en réalité, mais qui sont la contrepartie de l'injection fantastique de liquidités nécessaires pour relancer l'économie. L'idée est d'éviter une hausse des taux longs, c'est à dire une baisse rapide du prix des emprunts d'Etat (on appelle cela un krach obligataire) qui entamerait la confiance des intervenants dans l'action des Etats, et aurait aggravé encore davantage la crise. Même si c'est nécessaire, la relance est donc financée de manière artificielle, faite avec un argent qui n'existe pas, ou plutôt qui provient de la planche à billets.

Ainsi, on creuse encore davantage le trou de la dette, dans une fuite en avant perpétuelle. Je n'en suis pas un ayatollah, puisqu'en regard d'une dette, il faut toujours évaluer les actifs que celle-ci a financés. Ce qui est inquiétant, si on prend le cas de la France, ce n'est pas tant le niveau en valeur absolue de la dette, moindre qu'ailleurs (enfin, cela peut varier considérablement selon le mode de calcul), que le rythme d'accélération de celle-ci, ce que la crise ne vient pas arranger, et l'incapacité des politiques à renverser le mouvement.

C'est d'ailleurs ce que sont incapables de voir les antilibéraux, où on peut inclure certains catholiques, l'Etat a toujours plus ou moins gardé la main sur l'économie, via les politiques monétaires ou dirigistes. Parfois pour de très bonnes raisons, on ne peut le nier. La privatisation des profits et la socialisation des pertes, qu'ils fustigent à raison, n'a pas commencé avec la crise. L'Etat a eu parfois la main malheureuse comme le très subventionné programme des subprimes, initié par les démocrates américains durant les années Clinton, et qui s'est terminé de la manière dont on sait, les populations insolvables ne pouvant à la fois consommer et devenir propriétaires, il n'y a pas de miracles. A la rigueur, on peut comprendre l'interventionnisme étatique dans certaines situations très ponctuelles, mais la réalité est tout autre, à chaque fois que l'Etat s'engage dans une politique donnée, il ne s'en désengage ensuite que trop rarement.

Or il existe un système qui permet d'éviter ce genre de dérapages, et de mieux réguler l'action de l'Etat, c'est celui de l'étalon-or. Le principe très sain de l'étalon-or est que toute opération de crédit doit être lié à une réserve d'or physique placée en dépôt auprès de la Banque Centrale et que chaque unité monétaire émise peut être convertie en or, à un taux fixé. Avec ce système, la demande de crédit est limitée, les emprunteurs se font concurrence les uns les autres pour opérer, ce qui a tendance à faire grimper le taux du crédit, et à accroître, dans certaines situations, la déflation. Si la croissance est de facto plus stable, elle est moins volatile, donc moins importante. Le cours des monnaies est ensuite plus conforme à la réalité des échanges entre les pays.

Il ne faut pas se leurrer, comme dans tout système, il y a des crises, l'étalon-or n'y échappe pas. Du fait de l'incapacité des gouvernements à pouvoir réinjecter des flux dans l'économie, les crises y seront certainement plus dures que celles qu'on a pu connaitre dans le système de changes actuel. C'est l'une des raisons pour lequel il avait été abandonné, l'Etat n'ayant justement pas de marges de manoeuvre pour redresser ou diriger l'économie à sa convenance. Mais au moins ce système a-t-il le mérite de limiter les montants de dette accumulées par les Etats, de valoriser le cout de l'emprunt à un taux plus conforme à la réalité de la concurrence. Autre avantage, si l'étalon-or ne supprimera ni les hedge funds, ni les bonus, il les rendra probablement plus raisonnables, le recours au crédit étant beaucoup plus cher, ce qui permet de limiter les risques. En outre, l'Etat n'ayant plus les moyens de protéger les banquiers contre eux-mêmes, ceux-ci s'auto-réguleraient pour éviter de périr dans des opérations trop risquées.  Le problème de l'aléa moral serait donc résolu.

Pour de plus amples explications, on pourra se rapporter à cet article d'Alan Greenspan, qui en vante les bienfaits, les mérites et la stabilité dans une économie. Oui, c'est le même Alan Greenspan, ancien président de la Fed, qui a eu, à ce titre, une politique monétaire des plus souples, cause de la crise des subprimes. Même si, sur le moment, il avait de très bonnes raisons d'agir ainsi, on a pu constater récemment à quel point sa politique fut mal adaptée, parce que trop à l'écoute des desiderata des marchés financiers, et finalement en contradiction avec ce qu'il évoque de l'étalon-or.

Ce système, mis en pratique dans le monde à la fin du XIXe avait à peu près fonctionné correctement, avec bien sûr, les crises inhérentes au capitalisme. Les guerres mondiales en ont signé l'arrêt brutal. Certains antilibéraux considèrent que c'est justement l'étalon-or qui explique ces guerres mondiales, les nations se faisant compétition pour accroître leur stock d'or, croyant augmenter leur richesses. Mon avis est quelque peu sceptique sur la question, l'humain n'ayant pas besoin de motivations financières pour se battre avec son voisin, les motivations nationalistes, ethniques, politiques ou historiques expliquant déjà largement les choses, l'économie n'est clairement pas la priorité.

Reste que le plus grand défaut de ce système est qu'il oblige tous les acteurs, et notamment l'empire dominant, à une discipline forte pour éviter de creuser sa balance des paiements. Ce qui est du ressort du voeu pieux. C'est ce qu'on a pu constater dans les années 60, avec le système de Bretton Woods, et l'étalon de change-or (seul le dollar est convertible, les autres monnaies mondiales étant indexées à celui-ci). La forte croissance des USA a creusé leur déficit des paiements; certains de leurs créanciers, comme la France du Général de Gaulle, ont alors demandé la conversion de leurs dollars en or. Voyant les réserves d'or de Fort Knox baisser à grande vitesse, le président Nixon décide unilatéralement le 15 Août 1971 de suspendre la convertibilité en or de la monnaie américaine. L'étalon-dollar, gagé non plus sur l'or, mais sur l'emprunt d'Etat américain, était né.

Le système que l'on connait actuellement, ce ne sera une surprise pour personne, est donc fondé sur la puissance industrielle, militaire et culturelle américaine. Problème: la dette des Etats-Unis, s'accroissant de manière exponentielle, sous l'effet conjugué des guerres, de la consommation et des plans de crise, tend à faire chuter la valeur de la monnaie américaine, ce qui pousse à la hausse la valeur de l'or qui, en parallèle, ne cesse de briser des records. Le dilemme est simple : soit les américains continuent à s'endetter sur des niveaux inconnus jusque-là (si ce n'est au Japon), ce qui aura des conséquences systémiques et dévastatrices à long terme, notamment en termes d'inflation mondiale, soit ils restructurent leur endettement, ce qui aura nécessairement pour effet de réduire la consommation américaine, et donc d'empêcher le retour de la croissance mondiale, et de perpétuer la crise. Priorité est donnée pour le moment à la résolution de la crise. Mais pour combien de temps ? C'est tout l'enjeu de ce qu'on appelle les stratégies de sortie de crise de la part des banques centrales.

Pour le moment, la Chine joue son rôle de premier partenaire américain, et achète, secondée en cela par les autres banques centrales, les emprunts d'outre-atlantique, histoire de ne pas voir péricliter ses actifs libellés en dollars. Le premier producteur du monde (la Chine) achète les obligations émises par le premier consommateur du monde (les Etats-Unis) afin de payer ses achats à l'Empire du Milieu (vous pouvez prendre un aspirine). Ce petit jeu ne continuera pas éternellement. Même si c'est la condition nécessaire pour pouvoir exporter ses produit, la Chine sera probablement lassée d'être payée en monnaie de singe. Etant donné qu'il lui prend des velléités de leadership mondial, dès qu'elle aura les moyens de s'appuyer sur sa consommation interne, elle s'arrachera de la tutelle américaine en vendant sa dette. Par exemple, on sait que la Chine tend à réduire le plus possible la durée de vie des emprunts américains qu'elle détient, laissant le soin à d'autres de porter les plus longues échéances. Ça peut vouloir dire que la Chine arbitre les différences de rémunération entre les échéances, ou, dans une vision plus pessimiste, qu'elle n'a plus confiance dans l'Etat US pour assurer le remboursement à long terme de sa dette, et qu'elle préfère donc se rabattre sur des obligations à échéance courte.

L'étalon-or aurait l'avantage d'empêcher ces excès, de les limiter dès le début. A titre personnel, je pensais que l'étalon-or était une fausse bonne idée, globalement inapplicable, et surannée, parce que trop dépendante des stocks d'or. La crise actuelle, dont les racines proviennent de piètres ajustement monétaires, d'un interventionnisme court-termiste de la part des Etats, me pousse à jeter un regard différent sur ce système, et à revoir mes a priori, malgré ses défauts. Ironie de l'histoire, certains conservateurs demandent désormais l'application de l'étalon-or, conscients de la problèmatique posée par un Etat qui maitrise la diffusion monétaire. Ce faisant, ils se rangent aux côtés des économistes les plus libéraux, qui critiquent violemment le système étato-capitaliste que l'on connait aujourd'hui. Parce qu'il ne faut pas croire que les montants de dette gigantesques, notamment aux Etats-Unis ou au Japon, pourraient être réglés d'un coup de baguette magique, en excluant tout scénario catastrophe comme la faillite d'un Etat.

Mais la véritable difficulté de ce débat n'est pas là, sur les bénéfices comparés de tel ou tel système. Car si c'est la solution de beaucoup de difficultés globales, il est illusoire de penser que les empires dominants, que ce soit les Etats-Unis, ou bientôt la Chine, décident de revenir d'eux-mêmes à l'étalon-or. D'un point de vue politique, la monnaie est une arme beaucoup trop importante pour être abandonnée. Et pourtant, c'est ce qu'il faudrait peut-être réaliser pour avoir un capitalisme plus sain, plus régulé, plus équilibré, plus conforme à la nature des choses.

Chez les professionnels, c'est une hypothèse dont on discute désormais ouvertement. Conscient que le dollar a perdu 99% de sa valeur depuis un siècle, certains, notamment au Brésil ou en Inde, commencent à s'interroger sur l'étalon qui le remplacera d'ici quelques décennies. On parle de DTS, de droits de tirages spéciaux, à savoir une monnaie de réserve, synthèse de plusieurs monnaies différentes, pour les échanges bancaires. Mais une monnaie s'articule toujours sur un pays en particulier, un pouvoir, un Etat, et cette monnaie mondialiste est complètement désincarnée, donc peu séduisante. L'étalon-yuan est l'hypothèse la plus crédible, mais il est encore trop tôt pour y passer, la Chine n'ayant pas encore les ressources financières, logistiques et humaines pour prendre le leadership, même si elle ne se prive pas de faire ses emplettes partout sur le globe. Tant que Shanghaï demeurera une place financière de casino, ce qui est le cas pour le moment, Wall Street peut continuer à spéculer tranquillement. Avec du dollar dont la valeur ne cesse de plonger...


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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Finance

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Publié le 17 Novembre 2009

Dans quel ouvrage peut-on trouver ces fêtes ?

Le 29 novembre 2009 : « Dans la communauté musulmane, Aid al Kabir, fête du sacrifice du bélier qu’Abraham a immolé en remplacement de son fils. »

Du 12 au 19 décembre : « Fête juive de Hanoukkah commémorant la victoire des Maccabées et la nouvelle dédicace de l’autel du temple de Jérusalem après sa profanation par les Grecs en 160 avant notre ère. »

Le 18 décembre : « Fête du nouvel an pour la communauté musulmane. »

Le 27 février 2010 : « Fête juive de Pourrim où la communauté fait mémoire du jeûne d’Esther, lorsque le peuple a été libéré du projet d’extermination des juifs exilés en Perse. »

Page 192 : « Il y a quatorze siècles, en 610, Mahomet, alors simple caravanier, commença à prêcher pour ramener le peuple de La Mecque à la religion du Dieu unique et lui enseigner la soumission à la volonté divine. »

Le 21 mars : « Collecte des dons pour le CCFD. »

Le 19 mai : « Fête juive de Chavouot, fête des moissons et du don de la Loi. »

Le 12 août « commence pour les musulmans le mois de jeûne du Ramadan ».

Le 18 septembre « la communauté juive célèbre le grand pardon, Yom Kippour, le jour le plus solennel de l’année, consacré à l’expiation des péchés ».

Du 23 septembre au 1er octobre, « dans la communauté juive, fête de Soukkot ou des Tentes, commémorant le séjour au désert lors de l’Exode ».

Dernier dimanche d’octobre : « Fête de la Réformation. »


Réponse ici.

Non, vous ne rêvez pas, je me dis souvent que je suis encore beaucoup trop tendre et naïf...

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Religion

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Publié le 16 Novembre 2009

Rédigé par Polydamas

Publié dans #Pro-vie

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Publié le 10 Novembre 2009

Le rassemblement annuel de la Conférence des Eveques de France s'est terminée le week-end. On aura particulièrement remarqué les propos de Mgr Gueneley (que l'évêque a nié ensuite), bien peu charitables, sur ses confrères qui ont le malheur de mieux réussir que lui.

"Monseigneur Centène, on l’a fait plier. Monseigneur Aillet, on lui donne trois ans. Après, nous verrons. Dominique Rey, son diocèse finira par couler !!!"

  Et d'autre part, cette mention de Mgr Vingt-Trois.

"Je ne suis pas surpris qu’il y ait une différence d’approche [entre les évêques], pourvu que cette différence s’appuie sur un travail. C’est-à-dire que ce n’est pas simplement « au chic ». On peut avoir un évêque qui croit aux communautés nouvelles : il sonne la cloche, appelle six communautés nouvelles dans son diocèse et pense que ça va marcher ! Cela va peut-être marcher tant qu’il sera là, mais après ?"

Sachant que le séminaire de Toulon est le plus rempli de France, que ce diocèse est le plus dynamique, on a du mal à voir ce que le cardinal parisien pourrait reprocher à son collègue du Sud. Mais visiblement, le CEF parait être plus interessée par les sujets à la mode puisque l'on a constaté qu'elle venait de créer deux groupes de travail dont l'un doit s'occuper d'Environnement et écologie, sujet majeur s'il en est, mais très peu en lien avec le salut éternel. Dans ce cadre, Mgr Rey fait tâche, clairement.

A Rome, la situation s'éclaircit peu à peu. Les discussions doctrinales entre la Fraternité St Pie X et le Vatican ont commencé le 26 Octobre. Elles vont porter sur les points polémiques de Vatican II, à savoir la liberté religieuse, l'oecuménisme, et la collégialité. La seule chose que l'on peut souhaiter est que les deux parties prennent leur temps, afin que l'accord final, qui permettra la réintégration définitive de la FSSPX ne laisse aucune marge d'interprétation sur le concile, et permette aux deux parties de s'en sortir la tête haute. D'autant que l'ouragan médiatique étant passé, il me semble que la réintégration ne devrait pas poser de problèmes particuliers. Globalement, contrairement à ce que pourraient penser certains catholiques modérés, il me semble que l'opinion publique a acté du fait que la FSSPX était déjà dans l'Eglise.

A cette aune, la réintégration des anglicans conservateurs est intéressante, le pape n'ayant pas hésité à leur conférer le statut "d'ordinariat personnel", en gros, un statut de diocèse à part entière, non attachée à une région géographique, à l'instar des diocèses militaires. On a vu également tous les loups sortir du bois, les Hans Kung, les progressistes, pour qui oecuménisme signifie non pas l'unité autour de l'Eglise, autour de la vérité, mais le nivellement par le bas du catholicisme, comme en témoignent ces propos d'un certain Abbé Pillain, tout à fait révélateurs de l'état d'esprit progressiste, pour qui ce rapprochement serait indésirable, parce que contraire à l'unité anglicane. Désopilant.

Du côté des traditionnalistes, on continue à s'organiser, et à défendre l'application du Motu Proprio dans beaucoup de paroisses françaises. Bonne occasion pour prendre le pouls, ce colloque, ouvert à tous, qui a lieu samedi prochain à Versailles, qui fera le point sur le Motu Proprio, et tirera le bilan de ces deux années d'application. Toutes les personnalités du monde traditionnel y seront présentes.

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Religion

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Publié le 1 Novembre 2009

Patrice de Plunkett fait encore démonstration de ses partis-pris imbéciles. Il nous pond un billet qui vaut son pesant de cacahuètes, sur ce qu'il faudrait construire, défendre et promouvoir. J'arrive un peu tard, mais ne lisant pas sa prose quotidiennement, je n'ai pas réagi plus tôt, il m'arrive aussi d'avoir une vie. Rappelons donc quelques vérités qu'il a l'air d'oublier.


Un catho libéral soutenant que les suicidés de France Télécom sont moins à considérer que les gains de productivité de cette firme, crache à la face du Christ...

Oulah, dangereux sujet. Les suicides à France Telecom ? Il n'y en a pas plus que dans les autres entreprises, et moins que chez les chômeurs (mais j'imagine que si des chômeurs se suicident, c'est à cause de la pression sociale libérale qui les pousse à trouver un job ? Les capitalistes sont vraiment des salauds, même les chômeurs se suicident à cause d'eux), lisons des études sérieuses, au lieu de plaquer ce qui n'est rien d'autre que de l'anticapitalisme primaire. Cela fait longtemps que pour Plunkett, autant il faut être sérieux, il faut rétablir la vérité quand on parle de l'Opus Dei, autant sur ces sujets-là, tous les moyens sont permis, même la désinformation. Cherchez l'erreur.

Ensuite, j'ai beau être libéral, je ne considère pas que les gains de productivité soient plus importants que les relations humaines, puisque les relations humaines sont justement la clé d'une bonne répartition de l'activité, et d'une saine motivation de la part des salariés. Comme j'ai pu le constater à titre personnel, et en faire d'ailleurs les frais, un chef d'entreprise qui n'entretiendrait pas une saine ambiance dans son entreprise la verrait infailliblement vivoter, constaterait un turn-over important, et ne développerait pas son activité. Bref, tout l'inverse de ce que déclare Plunkett.

D'autant que, sur longue période, il me semble que cette tyrannie du capitalisme soit très hautement préférable à tout ce qu'on a pu connaitre par le passé, socialisme, état de guerre tous les 30 ans, famines, etc. OK, on peut certainement faire mieux, mais enfin, soyons réalistes, on s'en tire pas trop mal, par rapport à ce qu'on a pu connaitre.


Un catho de gauche faisant comme si l'avortement n'était pas grave, piétine une autre partie de la pensée de l'Eglise.

Seul point du texte avec lequel je suis d'accord. Sauf qu'on ne peut mettre en parallèle tous les enjeux liés à la vie, et les problèmes migratoires, ce n'est tout de même  pas de la même importance. Dire que les cathos de gauche sont tout autant en désaccord que les cathos de droite avec la doctrine sociale de l'Eglise, c'est faire fi de l'importance prépondérante des enjeux liés à la vie, sur tous les autres problèmes. Le parallèle ne tient pas une seconde.


Un catho de droite faisant comme si la xénophobie n'était pas grave, piétine une partie de la pensée de l'Eglise.

Vite dit. Très vite dit, même. Ce n'est pas parce que Plunkett a fréquenté des païens xénophobes dans son parcours, que tous les catholiques de droite ayant quelques réserves par rapport à l'immigration seraient du même acabit. Faut pas tout confondre, je sais qu'il aime ça, mais enfin, soyons sérieux.

Où est la xénophobie à constater que des populations de culture non-européenne auront les plus grandes difficultés du monde à s'intégrer dans un pays occidental, surtout si ces mêmes populations pratiquent une religion en contradiction totale avec les valeurs européennes ? Et que l'accroissement de l'immigration accentue ce déséquilibre ? Déjà qu'historiquement les populations européennes, italiennes, polonaises, sans oublier les pieds-noirs, ont été difficiles à intégrer, alors je ne préfère pas évoquer les populations d'origine subsaharienne. C'est ça, être xénophobe ?

Si à titre personnel, les catholiques se doivent effectivement d'être ouverts et accueillants, à titre politique, l'Etat doit préserver la nation de ce qui pourrait la diviser de manière trop importante, ce à quoi contribue une immigration non contrôlée, et difficilement intégrable.

On lit également dans les commentaires.

Elle propose que l'on installe, au coeur de l'économie, une force étrangère au capitalisme libéral : la solidarité sociale, le mutualisme, le don, la gratuité. Tailler une place au « non-profit » dans un système qui ne connaît que le profit, c'est proposer une révolution.

L'économie du don n'existe pas ? Et puis, quoi encore ? Comment vit l'Eglise au travers des legs et héritages ? Comment vivent les associations si ce n'est pas par le don ? Comment vivent les écoles libres ? Comment vivent les paroisses ?

L'économie du don, ça existe déjà. Elle est déjà prise en compte puisqu'il existe des déductions fiscales, puisque l'Etat l'a prise en compte. Elle demande certainement à être developpée, mais enfin on ne peut pas dire non plus qu'on part de rien, soyons sérieux là encore. Sachant qu'il ne me semble pas que les entreprises soient à la traine en matière de mécénat, de soutien aux associations, aux fondations, etc. L'économie du don est tout simplement liée à l'économie globale et s'en nourrit.


D'autre part, Benoît XVI souligne que la voie correcte consisterait à ne pas laisser en tête à tête l'Etat et le marché, mais à faire fleurir la société civile.

C'est vrai qu'on se fait suffisamment harceler par toute la société civile de gauche, et qu'on n'en a pas encore assez. La société civile, c'est très pertinant lorsqu'il s'agit de parties prenantes, de gens impliqués dans les processus (salariész, clients, actionnaires) à un niveau ou à un autre, de gens élaborant des solutions pour améliorer, penser et perfectionner les opérations.

Mais généralement ce n'est pas ça. La société civile c'est aussi le nom que l'on donne à tous les commentateurs incompétents, qui sont à mille lieux des professionnels qu'ils critiquent à longueur de journée, en ignorant tout des enjeux et des perspectives. Curieux comme ça me rappelle quelqu'un...

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Société

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