Publié le 20 Février 2021

Puisqu'ils sont difficiles à trouver sur Internet, je vous propose facilement accessibles les travaux étudiant le lien entre immigration et insécurité, en lien avec les autres paramètres que sont le sexe, la jeunesse et le statut social.

Ces travaux complèteront avec profit les nombreuses statistiques présentées ici.

 

1) Commençons par Hugues Lagrange, et son livre (en format epub) Le Déni des Cultures, publié en 2010.

Quatrième de couverture :

La plupart des hypothèses visant à expliquer la dérive des cités sensibles (chômage, délitement de l'autorité...) font l'impasse sur sa dimension culturelle. Et quand elles la mentionnent, c'est pour la caricaturer sous les traits d'un communautarisme dont on stigmatise les expressions en négligeant les discriminations et la ségrégation qui l'alimentent. C'est contre ce double déni que s'élève Hugues Lagrange. Loin de considérer les constructions culturelles des quartiers d'immigration comme des produits d'importation marqués d'une irréductible altérité, il y voit le fruit d'une douloureuse confrontation entre des héritages culturels, des tentations de "re-traditionalisation" et une société d'accueil elle-même victime d'un grand backlash idéologique et moral. Il distingue ainsi les expériences migratoires (celles des Maghrébins ne sont pas celles des Africains du Sahel ou des Turcs), détaille les mécanismes d'ethnicisation des quartiers et dresse un portrait sans fard des rapports entre les sexes ainsi que de l'autoritarisme masculin qui prévalent dans les cités.

 

2) Toujours Hugues Lagrange, Déviance et Réussite scolaire à l'adolescence, 2007.

Résumé :

Les échecs scolaires, l’absentéisme, l’implication dans des délits sont des comportements corrélés chez les adolescents. De ce fait, on est souvent amené à les penser comme des inconduites délibérées ou comme le produit d’un échec dans l’exercice de l’autorité. S’appuyant sur l’analyse des dynamiques scolaires au collège et des inconduites sanctionnées d’un échantillon d’adolescents âgés de 16 ans résidant dans des villes de la vallée de la Seine, à Paris et dans l’ouest de Nantes, l’auteur tente de préciser le rôle des héritages social, culturel et familial,et de leur combinaison. Il s’efforce également de prendre en compte les interactions entre les déterminations reçues et la biographie des adolescents, notamment leurs performances scolaires antérieures, leur travail présent.

 

3) Sébastien Roché, Ethnicité et délinquance des jeunes en France: une question politique à la lumière des résultats d’une enquête auto-déclarée.

Résumé :

Il y a un besoin de connaître la délinquance des jeunes d’origine étrangère en France car le débat politique ne peut se priver des chiffres et notions indispensables. Une enquête de délinquance auto-déclarée menée en 1999 chez les 13-19 ans à partir des établissements scolaires de 30 communes de 2 grandes agglomérations françaises vérifie que: 68% des délits peu graves sont commis par des adolescents dont un parent ou les deux sont nés en France; 32% des actes peu graves sont commis par des personnes dont les deux parents sont nés hors de France. Pour les actes graves, les adolescents dont un ou deux parents sont nés en France ne commettent plus que 54% de ces délits, et les jeunes dont les deux parents sont nés hors de France pèsent 46% du total, et les adolescents d’origine maghrébine 30%. Les jeunes d’origine étrangère ne sont pas l’objet d’un contrôle policier plus fort dès lors qu’on contrôle le nombre de délits commis. Les facteurs de la surdélinquance des jeunes d’origine étrangère sont liés aux origines socio-économiques, aux difficultés scolaires, à la supervision des parents et à une perception négative de l’autorité policière. La taille de la fratrie n’est pas en cause, mais le nombre de pairs ayant eu affaire à la police joue un rôle significatif.

 

4) Le travail de Sébastien Roché et de Monique Dagnaud en Isère en 2004.

Résumé :

Pauvreté, échec scolaire, violence familiale, immigration récente : les mineurs délinquants ont un profil de « damnés de la terre« . Telle est la conclusion à laquelle sont parvenus Sebastian Roché et Monique Dagnaud. Ces deux sociologues du CNRS ont réalisé une étude originale sur les dossiers des mineurs jugés par le tribunal de Grenoble (Isère) entre 1985 et 2000. Financée par France 5, cette recherche menée fin 2002, dont les résultats n’avaient pas encore été publiés, apporte des résultats inédits sur l’environnement social des jeunes auteurs de crimes ou de délits graves.
La nouveauté tient dans la mise au jour de ce que les auteurs nomment « la dimension ethnique » de la délinquance : 66,5 % des mineurs jugés ont un père né à l’étranger (pour 49,8 % dans un pays du Maghreb), et 60 % ont une mère également née hors de France. Contrairement aux études habituellement menées, qui s’attachent au seul critère de la nationalité des individus, les deux chercheurs ont choisi, sur la base des informations figurant dans les dossiers judiciaires, d’éclairer ainsi plus complètement l’environnement de ces adolescents. « La surreprésentation des jeunes d’origine étrangère dans la délinquance n’est un mystère pour personne, mais cette donnée est peu renseignée, et elle n’est jamais débattue dans l’espace public« , justifie M. Roché, pour qui la réflexion sur l’intégration ne devrait pas être séparée de celle sur la violence.

 

5) L'IPJ a écrit un rapport contestant le lien entre pauvreté et délinquance.

Résumé :

L’une des théories les plus populaires concernant la criminalité est que la cause profonde de la délinquance serait la pauvreté. Certains individus parmi la population générale deviendraient des délinquants parce que leurs parents étaient trop pauvres pour leur fournir une bonne éducation, et faute de perspectives économiques satisfaisantes une fois parvenus à l’âge adulte. Il est vrai que, dans les villes, la criminalité sévit essentiellement dans les quartiers pauvres, pas dans les quartiers riches. Par ailleurs un très grand nombre de délinquants chroniques sont issus de foyers dits « défavorisés ». En troisième lieu, un grand nombre de délinquants sont eux-mêmes pauvres, officiellement, et ont un rapport problématique à l’emploi. Mais une corrélation n’est pas une causalité, et cette théorie ne résiste pas un examen sérieux. Comme par ailleurs elle ne peut manquer d’avoir des effets très néfastes, puisqu’elle revient inévitablement à excuser, au moins partiellement, la délinquance, et à orienter l’action publique dans de mauvaises directions, il importe grandement de montrer en détails pourquoi cette idée est fausse.

 

5) Sur l'Allemagne, nous disposons du bon travail de Philippe Lemoine.

 

6) Sur les Etats-Unis, des travaux de grande ampleur : tout d'abord ici et ensuite là.

Voir les commentaires

Rédigé par Polydamas

Repost0

Publié le 15 Février 2021

Fil rédigé sur Twitter en janvier 2020.


Pierre Brochand, haut fonctionnaire, ancien directeur de la DGSE, a donné dans un très long discours son avis sur une véritable politique migratoire. Constat, forces en présence, chiffres, mesures à prendre, tout y est.

Vous pouvez le retrouver ici.

Ce texte a été cité par Zemmour fin 2019 dans une de ses émissions. Il est effectivement intéressant et démontre que la seule chose dont on manque est de volonté politique. Le début est un peu abscons avec des définitions des processus historiques et des strates politiques (communauté, État, société individualiste) mais la suite est nettement moins sophistiquée et beaucoup plus directe.

Pour ceux qui n'ont pas envie de parcourir tout le texte, la partie des mesures à prendre est la huitième. Pour lui, il faut arrêter de prolonger les 4 millions de visas temporaires, sans autre forme de procès. Il suggère une loi à portée constitutionnelle à valider par un référendum.


Il montre bien que l'Etat est pris en sandwich, par le bas, avec des communautés étrangères, des diaspora, et par le haut avec une société d'individus aidée par la justice pour mettre en œuvre leurs revendications et défaire l’État. Connaissant son sujet, il évoque le fait que la première vague d'immigration est largement repartie, ce qui n'est pas le cas des vagues suivantes.


« Dans la mesure où la culture, ainsi cernée, est porteuse de différenciation, elle crée inévitablement de la distance entre les groupes, de sorte que l’expression « distance culturelle » est au fond pléonastique. »


« D'après Paul Collier, 10 immigrés installés en font venir 7 autres par le jeu du droit (regroupement familial, mariages, études, naturalisations) et ces 17 en appellent 12 autres, et ainsi de suite à l’infini, comme dans une pyramide de Ponzi, dont il faut payer la note. »


Il montre tous les trucs utilisés pour faire passer la pilule de l'immigration.
« Réfléchir en notion de solde migratoire qui remplace celle de flux d’arrivée sans la moindre interrogation sur la composition de ce solde : Français qui s’en vont, étrangers qui arrivent. »


L'insistance sur le « grand nombre de mariages « mixtes » qui illustrerait la soif de métissage de la société française (alors qu’elle se borne à dénombrer les unions entre « Français » et « étrangers », dont la grande majorité se révèle en fait intra-communautaires). »


« La référence au nombre d’étrangers (« qui n’augmente pas... »), plutôt qu’à celui des immigrés (qui augmente...). »


Et enfin, le "raisonnement à la moyenne (soit pour écrêter, au niveau national, des statistiques explosives au niveau local, soit pour normaliser ce qui pourrait choquer, comme le différentiel de fécondité entre « autochtones » et « allochtones »)."


Il parle des décisions de camouflage des statistiques de drépanocytose (il me semble que c'est la première fois qu'un haut fonctionnaire pas spécialement à l'extrême-droite l'évoque), et de la disparition de l'Institut national des violences urbaines. Rien que le vocabulaire utilisé révèle la gravité des choses, en creux.


Il affirme qu'il y a dix millions d'immigrés au minimum, mais on sent que pour lui, il y en a beaucoup plus.

Sur ces populations, selon lui, 5% sont assimilables, 30% intégrables, 20/25% reste tel quel et ne bougera pas, et le solde, 40%, est très, très hostile à la France.

 

Les 31 mesures (numérotées dans le texte) à mettre en place d'urgence sont les suivantes.

Étant entendu que tout commence par de la communication, c.-à-d. des signaux non équivoques indiquant que le vent a tourné (mesure 1). Car, on l’a dit, pour un immigré, le choix de la destination finale est toujours le fruit d’une décision. Y compris dans le cas des réfugiés authentiques, puisqu’ils proviennent tous de territoires dont aucun n’est limitrophe du nôtre. L’immigrant se dirige donc, sous l’effet d’un bouche à oreille démultiplié par les smartphones (dont ils sont tous munis...), vers le maillon le plus faible, c.-à-d. le plus ouvert et généreux, de la chaîne des pays d’accueil.

C’est pourquoi, soit dit en passant, il conviendrait d’établir le principe que toute demande d’asile doit être présentée auprès de la représentation diplomatique ou consulaire française, dans le premier pays d’accueil, voisin de celui que l’on fuit (2). J’ai pu moi-même observer la remarquable efficacité de cette méthode, ayant eu la responsabilité de superviser, au sein de l’ambassade de France en Thaïlande, l’octroi de visas aux réfugiés d’Indochine qui s’y pressaient à la fin des années 70.

* Ceci posé, et le terrain ainsi préparé, il est possible d’envisager la réduction des flux d’arrivée par des mesures directes ou indirectes.

Parmi les premières, on pourrait commencer par ne plus régulariser les illégaux « à l’usure » (3), comme l’habitude en a été prise au bout de 5 ans de présence, soit 20 à 40 000 légalisations annuelles effectuées en catimini.

D’une manière générale, il n’y a d’ailleurs aucune raison de « récompenser » l’illégalité par l’octroi d’un quelconque avantage ou prestation, Aide Médicale d’État comprise (sauf urgences, bien entendu) (4) : il en va d’ailleurs au moins autant de la cohérence de la politique d’immigration que du respect général de la loi sur le territoire, lequel ne se divise pas.

Toujours dans le but de réduire les flux, on peut mettre des conditions à leur composante la plus importante – le regroupement familial –, en testant des procédures de plafonnement par listes d’attente étalées dans le temps (5) et par l’allongement du délai à partir duquel cette faveur peut être accordée (10 ans ?) (6). Car il s’agit bien d’une faveur, dès lors que, en supposant acquis son principe, il n’y a aucune raison pour qu’il ne puisse s’effectuer qu’en France : si l’immigré y tient vraiment, il peut tout aussi logiquement le provoquer par retour au pays d’origine. D’ailleurs, les Français ne s’y trompent pas, qui sont à 57 % partisans de la suppression pure et simple de cette procédure (IFOP, 2017).

Il n’est pas, non plus, impensable de contingenter à des niveaux inférieurs – le cœur serré, mais la main ferme – le nombre d’étudiants provenant des pays dont les diasporas sont les plus nombreuses (7). Là encore, en tant qu’ancien directeur général des relations culturelles au Ministère des Affaires étrangères, je peux vous assurer que, par-delà les discours ronflants sur le rayonnement intellectuel de la France, beaucoup reste à faire pour éviter que cette filière ne constitue une voie d’immigration clandestine (alors même que le nombre d’étudiants accueillis, dont une moitié d’Africains, augmente à la vitesse grand V).

Pour la même raison – le fait que l’immigration illégale arrive moins par la mer et les montagnes qu’elle ne s’installe par extension indue de séjours légaux –, il conviendrait de restreindre les visas touristiques accordés aux ressortissants de pays à risque (8) (dont aucun ne figure parmi les dix plus gros générateurs de recettes touristiques).

Afin d’atténuer les « appels d’air », il s’agit aussi de diminuer la capacité d’attraction sociale de notre pays, non seulement vis à vis des illégaux, mais également des étrangers en situation régulière, en différant dans le temps l’attribution de prestations sociales non contributives et/ou non liées à une activité productive (RSA, aide au logement, etc.) (9), ou en attribuant à tous, Français compris, des allocations familiales limitées à trois enfants pour un même père ou une même mère (10) (afin notamment de mettre un terme au pur scandale de la polygamie de fait dans certaines familles d’Afrique sub-saharienne). Et, encore, suis-je en retrait par rapport aux 67 % de nos compatriotes, qui sont partisans de réserver APL et allocations familiales aux seuls Français et ressortissants de l’UE (IFOP, 2015).

* Quant à réduire la taille des diasporas, ou du moins interrompre leur croissance continue, il faudrait commencer par bannir ce terme toxique du langage officiel, où il s’est récemment introduit, comme, d’ailleurs, celui de communauté, utilisé couramment par ministres et politiques depuis la fin des années 80 (le Président Mitterrand remerciant les « communautés » juives et musulmanes pour leur comportement irréprochable pendant la première guerre du Golfe ) (11).

On peut ensuite agir soit en favorisant les départ hors de France, soit, au contraire, en usant d’injonctions plus fermes à l’intégration (voire, si l’on prend son courage à deux mains, à l’assimilation).

Pour inciter à quitter le territoire ceux qui n’ont pas vocation à y rester, il serait loisible de ne pas renouveler systématiquement à expiration les 4 millions de titres de séjour en cours de validité, par une décision souveraine d’une simplicité biblique, que personne n’évoque jamais (12). L’application de ce type de mesure serait sans doute facilitée par le retard à l’allumage imposé au regroupement familial, que je viens d’évoquer.

Au premier rang de ces refus de prolongations figureraient ceux des étrangers ayant eu maille à partir avec la justice et même l’administration en général (13), les plus graves de ces infractions étant sanctionnées d’une expulsion, soit le retour de la fameuse « double peine », que la novlangue a transformé en pratique honteuse, alors qu’elle me paraît – comme à 84 % des Français (IFOP, 2015) – chose la plus naturelle (14).

Un goulot d’étranglement à l’application de ces réformes tient évidemment aux réticences des pays de départ à récupérer leurs nationaux immigrés illégaux, en leur délivrant des laissez-passer : je pense qu’un des leviers pour les y inciter plus fortement serait de pratiquer un rationnement des visas à l’égard de ces pays, mais plus particulièrement vis-à-vis des élites et de leur progéniture, afin qu’elles mesurent mieux le prix que nous attachons à cet enjeu, avant de rejoindre leurs appartements parisiens (15).

Un grand pas en avant serait également accompli, si l’Europe s’engageait à financer un vaste plan de développement de l’état-civil et de distribution de pièces d’identité infalsifiables en Afrique sub-saharienne, du type de celui que l’Inde, pays de plus d’un milliard d’habitants, a réussi à mener à bien (16).

Pour ce qui est des incitations/injonctions à l’intégration/assimilation, il ne devrait y avoir aucun mal à les rendre plus fermes.

Afin de contrer les débordements du religieux, qui s’y opposent, le biais de la laïcité demeure sans rival, car, du fait de son ambiguïté (neutralité de l’État, de l’espace public ou de la société ?), il est le seul qui permette de jeter un pont inavoué entre les « valeurs de la République », elles-mêmes terriblement équivoques (mais tenues pour politiquement correctes) et les mœurs prévalant au sein de l’État national français depuis au moins 200 ans (référence considérée, elle, comme politiquement incorrecte). En effet, si la puissance publique n’a rien à professer, il n’est pas contraire aux droits de l’homme qu’elle puisse se montrer normative quant à la pratique sociale des religions.

Ainsi, au nom d’une « laïcité » active et d’une vision large de l’ordre public, on peut se fixer des objectifs très divers : ne plus autoriser le foulard à l’université, tout en l’interdisant aux mineurs (17), prohiber le financement étranger des lieux de culte et les prêches en langues autres que le français (18), étendre la pratique des « testings » effectués par le Défenseur des droits – jusqu’ici réservés aux discriminations à l’encontre des « minorités visibles » - aux débits de boisson de facto interdits aux femmes et au port de certaines tenues vestimentaires féminines, jugées trop « françaises », dans certains quartiers (19), etc.

Pour encourager l’allégeance nationale, il me paraîtrait judicieux de faire de l’enseignement chronologique du Récit national l’un des piliers de la scolarité du primaire (20). Tout comme il est urgent de mettre un terme définitif à l’absurdité scandaleuse des ELCO (enseignement des langues et cultures d’origine), même transformés en section internationales (au niveau du CE1 !), qui consiste, pour des descendants d’immigrés, entre autres Maghrébins, à apprendre la langue et les cultures de leurs parents, alors même qu’ils ne maîtrisent pas le français et ignorent tout de la culture française. Il serait cohérent de cesser les subventions publiques aux associations qui enseignent les langues d’origine (21). Dans le même esprit, quelles objections peut-on opposer à l’uniforme obligatoire dans le primaire et au collège, que cela plaise ou non aux parents ? (22)

Concernant l’accès à la nationalité – très important, car, une fois ce seuil franchi, l’impunité juridique devient totale –, il n’y a aucune raison valable pour faire du droit du sol un marqueur de la République, encore moins de la tradition française (car si on invoque celle-ci dans un domaine, pourquoi pas dans d’autres ? ) : en fait, si je comprends bien, ledit droit du sol a été introduit au XIXème siècle pour piéger les descendants d’étrangers résidents qui fuyaient la conscription. Il n’y a donc aucune justification métaphysique à le conserver en tant que tel (23). 56 % des Français partagent ce sentiment (IFOP, 2017).

En toute hypothèse, l’acquisition de la nationalité française par une personne étrangère n’est ni un droit, ni un dû. Elle doit, en toute hypothèse, être le résultat d’un acte volontaire d’adhésion, en forme de serment d’allégeance (24), condition nécessaire, éventuellement suivie d’une période probatoire, assortie de conditions suffisantes, tel un niveau de connaissance élevé de la langue et au moins élémentaire de l’Histoire de France (25). 82 % des Français souhaitent ce renforcement des critères d’obtention de la nationalité. Fort de cette approbation, on pourrait faire passer le nombre de nouveaux Français de 100 000 à 20 000 par an.

Dans le même esprit, il n’y aurait aucun inconvénient à retarder jusqu’à 10 ans la possibilité de devenir Français par mariage (26). Et, si l’on n’a vraiment plus peur de rien, on peut aller jusqu’à envisager la suppression de la double nationalité hors UE et, ce faisant, amener ceux qui la possèdent à faire un choix (27), au passage lourd de conséquences pour certaines équipes africaines de football, en faveur desquelles plusieurs joueurs de nationalité française ont déclaré avoir fait le « choix du cœur » (formule stéréotypée, utilisée à l’envi pour justifier leur geste, mais qui en dit long a contrario sur la nature de leur attachement à la France).

Si l’on tenait à conserver ce signe objectif de double allégeance, il serait loisible de faciliter la déchéance de nationalité, en multipliant les cas de figure et en assouplissant la procédure (28). De même, suivant en cela le gouvernement algérien, pourrait-on réserver certains postes de très haute responsabilité aux simples nationaux (29).

- Si toutes ces dispositions s’avéraient insuffisantes ou, plus probablement, impossibles à mettre en œuvre, il conviendrait de passer à la vitesse supérieure, afin que l’entité France recouvre, au moins partiellement, mais au besoin unilatéralement, sa souveraineté dans un domaine où il en va de sa sécurité intérieure, objectif premier car condition de tous les autres. Ce qui exigerait la renégociation, voire la dénonciation, des textes européens (Convention européenne des droits de l’homme, directives de l’Union) ou internationaux (pacte de Marrakech) qui s’interposent sur le chemin de cette souveraineté retrouvée (30).

- J’ajouterai, en tant qu’ancien diplomate, nourri au lait de la « realpolitik », qu’il me paraîtrait judicieux de dissocier totalement le traitement de l’islam, en tant que religion intérieure à notre pays, et l’Islam, comme enjeu de notre politique extérieure : bien que je conçoive que notre époque ne soit plus celle de François Ier, je crois néanmoins indispensable que ces deux volets soient gardés le plus étanches possible (31).

Ce qui impliquerait que les turpitudes du wahhabisme ou du « frérisme » ne nous soient plus renvoyées au visage chaque fois qu’il en va de l’intérêt national de conclure un accord avec l’Arabie Saoudite ou la Turquie, mais qu’inversement celles-ci s’abstiennent de toute interférence avec la pratique de l’islam ou le comportement de leurs ressortissants à l’intérieur de nos frontières.

Autrement dit, une trentaine de mesures qui reviendraient à nous mettre à dos la terre entière ! À commencer par les « groupes de veto », auxquels j’ai fait référence – experts, intellectuels, médias, ONG, juges –, producteurs et gardiens vigilants de l’idéologie de l’inaction et de l’indignation.

 

Si je devais émettre une réserve, je dirais que Brochand est tout de même l'archétype du gars aux responsabilités toute sa vie qui ne dit la vérité, dans sa dure crudité, qu'une fois parti des affaires. On en trouve à la pelle chez LR. Des élus retraités qui ne parlent franchement qu'une fois à l'abri, en retraite. C'est un peu rageant qu'ils n'aient jamais le courage de dire les choses en poste.

PS : Enfin, je dois dire que mon fil a eu son petit succès, car après que Zemmour en ait parlé, je recherche le texte, le sors, FdSouche le relaye, Valeurs Actuelles écrit un papier, (suivi d'un entretien un mois plus tard) et Marine Le Pen le cite.
Eugénie Bastié a traité ensuite le sujet ici.

Voir les commentaires

Rédigé par Polydamas

Repost0

Publié le 10 Février 2021

Fil publié sur Twitter en avril 2020.

Suite à cet appel lancé par un enseignant en sociologie, m'a pris l'envie de faire la même chose, vue de droite.

Liste non exhaustive :

1) La pression que mettent les banlieusards dans l'espace public, leur domination urbaine est bien soulignée par le clip de Justice, Stress. Sauf qu'il faudrait remplacer les croix par des croissants, ce serait plus adapté.


 

2) La solitude du thésard et du sociologue gauchiste pour présenter son domaine de recherche dans son réseau amical : « On connaît la chanson » d'Alain Resnais avec Agnès Jaoui. Extrait mémorable du film d'Alain Resnais "On connaît la chanson".

 

3) La manière dont le port d'un vêtement devient identitaire (retournement du stigmate de Goffman) : la journée de la Jupe. Ce film peut illustrer également la crise de nerfs bien compréhensible des profs face aux racailles.

 

4) La ghettoïsation des banlieues, leur entre-soi, et communautarisme exacerbé décrite par Thomas Schelling : Banlieue 13. Mention spéciale aux policiers décrits en nazis, c'est pas commun du tout. ^^
 

 

5) Dans la catégorie "Expérience mensongère, concept foireux propagé par les gauchistes pour faire avancer leurs idées", The Prison Experiment, qui met en scène l'expérience de Stanford, construite par Zimbardo, qu'on sait aujourd'hui être trafiquée.



6) Dans la catégorie « Tous les patriarcats sont équivalents, d'où qu'ils viennent » (LOL), le film Timbuktu qui montre la prise de contrôle par des djihadistes d'un village africain.

On notera la tolérance accordée à Zabou car considérée comme folle, elle peut se permettre d'avoir des comportements d'occidentale délurée. L'équivalent du rôle du bouffon chez les occidentaux, les règles ne s'appliquent plus avec les gens perçus comme déficients mentaux.

 

7) C'est moins précis, plus large, mais ça décrit correctement les mécanismes économiques et sociologiques aboutissant à une catastrophe économique : "The Big Short, le Casse du Siècle" qui explique de A à Z la crise des subprimes.
 

 

8) Le cycle "Attentats islamiques, répression, enquête, services qui se tirent dans les pattes" est pas mal présenté dans The Siege, Couvre-feu en français, avant que ça ne parte en caricature avec New York assiégée par les marines.
 

 

9) Dans Game of Thrones, la scène "Power is power" est bien représentative du décisionnisme de Schmitt et Freund. Celui qui a le pouvoir est celui qui décide de l'exceptionnel, de la vie et de la mort potentielle de chacun, et cela nécessite l'armée. LittleFinger se croit indéboulonnable car il maitrise l'information et que celle-ci est un pouvoir en soi (on le voit aujourd'hui avec Trump exclu des réseaux sociaux), mais celui de l'armée et du souverain lui est supérieur, grâce à l'armée.

 

10) Toujours Freund, sur le pacifisme, et l'ennemi qui vous désigne, il ne faut pas être deux pour faire la guerre, il suffit juste qu'il y ait quelqu'un qui souhaite vous la faire, et il devient votre ennemi, indépendamment de ce que vous pouvez penser ou non.Image

La meilleure illustration de ce dialogue est les pacifistes et bobos accueillant les aliens dans Independence Day (avec des pancartes « Faites comme chez vous », « Bienvenue ! ») et sont les premiers à se faire tuer.




11) Contrairement à la croyance socialiste, l'argent ne fait pas tout. Témoin, Hammond dans Jurassic Park : « J'ai dépensé sans compter pour créer ma réserve. »

On sait comment ça finit. Rappelons que ce n'est pas parce qu'il s'agit de gros blockbusters idiots qu'ils ne saisissent pas des éléments sociaux avérés.
Pour rappel, nous avons financé une vingtaine de plans banlieue en 40 ans, pas un n'a réussi, la plaisanterie a coûté au contribuable à peu près 140 MILLIARDS d'EUROS.



12) Sur le féminisme, les effets de groupe, la tendance instinctive à protéger les femmes, et les stratégies de celles-ci pour s'en servir, le petit chef d'oeuvre de Fincher : Gone Girl.

Une maestria.


13) Sur la proximité internationale entre classes sociales, les nobles avec les nobles, les gens modestes avec les gens modestes, mais l'impératif de défense de la patrie qui les dépasse, et doit les unir contre l'ennemi : l'évasion dans la Grande Illusion.

Et Renoir était communiste, pas un droitard.


14) Timsit dans la Crise (1992), qui résume des constats réalisés à la fois par Lagrange (le Déni des cultures) et Guilluy, sur le mépris de classe des prolos votant le Pen par les bobos, qui les rejettent sans réfléchir dans la case infamante du racisme.


On voit que le film date de 1992 parce qu'à l'époque, il y avait encore des Français qui habitaient Saint Denis.


15) A tout seigneur, tout honneur, Pareto, l'un des fondateurs de la sociologie et sa vision des élites. Là, les Rois Maudits, Game of Thrones, House of Cards ou toute autre série sur le pouvoir fera l'affaire. « L'histoire est un cimetière/combat d'élites. »

Image

 

Voir les commentaires

Rédigé par Polydamas

Repost0

Publié le 5 Février 2021

« On s'est battu pour vous, on a droit aux allocs ! »
Est-ce que cet argument, entendu régulièrement lorsqu'on discute avec des immigrés, est vrai ? Examinons les chiffres des combattants et décès étrangers par rapport aux natifs lors des deux guerres mondiales. #FIL

 

Image
Pour ce fil, j'ai essayé de compiler diverses sources, toujours pris les estimations les plus hautes, cependant, je suis peut être passé à côté de certains chiffres, auquel cas, n'hésitez pas à me l'indiquer, je corrigerai ou referai ce fil au besoin.
Mes sources sont les pages Wikipédia des mobilisations et cette page universitaire recensant de nombreux chiffres.

La Première Guerre mondiale

Parce qu'un tableau est plus simple qu'un long discours, les soldats des ex-colonies représentent 7% des 8 millions (M) de combattants et 6% des 1,3 M de décès lors de la Première Guerre Mondiale. La décomposition par nationalités se fait de la manière suivante.

Image

Lors de la Première Guerre Mondiale, ce sont surtout les tirailleurs sénégalais qui se battront avec Mangin très courageusement sur les fronts les plus violents (notamment à Verdun) que la mémoire collective a retenus. D'aucuns disent qu'ils ont été de la chair à canon, alors qu'ils représentent à peine 2,3% des combattants, mais rien ne vient accréditer cette thèse. Je vous renvoie à cette excellente vidéo de @c_lannes  sur le sujet.

Donc, très clairement, les faits sont là, l'empire et les colonies de l'époque ont contribué à la Première Guerre Mondiale, mais on ne peut pas dire non plus qu'ils ont fait l'effort principal dans cette guerre.
Ce serait oublier les 93% de combattants français. Cette guerre est évidemment la plus simple, avec un flux continu de troupes et de décès pouvant être résumé par un calcul simple.

La Seconde Guerre Mondiale


Celle-ci, plus complexe, se produit en deux temps : la défaite de Mai 1940, où 5 M de combattants français sont impliqués et la Libération à partir de 1944, avec l'AFL, qui a compté jusqu'à 1,3 M de soldats. Globalement, les chiffres sont les suivants.

Image
Evidemment, quand un immigré parle et affirme « nous avons vaincu les nazis », c'est pour évoquer cette seconde partie, jamais la première. En oubliant qu'il y avait 2 M d'Américains qui composait la force principale. #légerdétail

L'AFL est l'Armée Française de Libération, qui compte :
- l'Armée d'Afrique, composée de la Première Armée et du corps expéditionnaire français ;
- les Forces Françaises Libres.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Arm%C3%A9e_fran%C3%A7aise_de_la_Lib%C3%A9ration

Image
Dans l'Armée d'Afrique, même si les parts d'indigènes sont très importantes, du fait de l'occupation de la métropole et l'abandon du combat (excepté résistance) des Français métropolitains, les indigènes resteront en minorité.
J'ai donc construit un dernier tableau réservé à la période de la Libération (les 80 000 soldats de différence étant l'estimation des étrangers s'étant battus pour la France pendant la campagne du même nom en 1940).
Leur part est importante.

Image

 

Je suis parti du principe qu'il y a 1,3 M de soldats, et 160 000 morts (la Bataille de France, c'est 60 000 décès en un mois) lors de la campagne de la Libération. Au début de la reconstruction de l'armée, vers 1943, il y a peu de résistants et une majorité d'algériens, leur part diminuant au fil du temps.

 

Mais à la fin, même dans l'Armée d'Afrique, avec les spahis et goumiers marocains, les tirailleurs sénégalais, les zouaves algériens, selon les chiffres que j'ai pu rassembler, ils ne sont pas les plus nombreux à l'issue de la guerre, ils sont toujours adjoints de métropolitains.

On se souvient notamment des algériens pour une initiative et une attaque indirecte brillante ordonnée par le Maréchal Juin dans les hauteurs de la bataille de Monte Cassino. Donc, globalement, pour la Seconde Guerre Mondiale, on parle de 500 000 hommes, dont une large part d'algériens.

Image

Ils participeront d'ailleurs au défilé de la Victoire en 1945.
Merci à eux et à leur sacrifice.

Cependant, ces 260 000 maghrébins combattants qui ont reçu nationalité, paye et pension, peuvent-ils justifier la présence aujourd'hui, sur notre sol, de 6 M d'algériens et 3 à 4 M de marocains qui perçoivent des allocations ?

Alors que l'Algérie et le Maroc sont indépendants ?

A moins qu'ils aient tous eu 20 enfants, et leurs enfants également 20 enfants, je ne vois pas comment on peut justifier de ces chiffres 75 ans plus tard. Et c'est faire fi des flux d'immigration massifs des années 60 et 70.

Pour conclure.
Les gens d'origine étrangère ont fourni, en moyenne, sur les deux Guerres Mondiales, 7,6% des combattants, et 7,8% des décès.
Apport significatif, évidemment, qui doit être signalé et qui l'a été, mais apport non déterminant par rapport à la masse, sauf en 1944.

Mais en 1944, ce n'est pas tant l'Armée Française de Libération qui libère la France que les Américains, évidemment. Et ça, les immigrés reprenant cet argument ont quand même tendance à l'omettre. Et puisque l'heure est au renversement des statues, rappelons cette magnifique sculpture en hommage aux héros de l'Armée Noire à Reims, détruite par les nazis, puis reconstruite ensuite.

Image
Merci de votre lecture, et merci à eux pour ce qu'ils ont fait.
#findufil


PS : Puisque la question revient régulièrement, concernant les troupes algériennes de 1944/45, on parle bien de troupes d'algériens autochtones, de maghrébins, pas de pieds-noirs ou de juifs qui étaient tous considérés comme « européens » à l'époque dans ces troupes d'Afrique.
Raison pour laquelle je n'ai pas évoqué le fameux chant des Africains dans ce fil, car celui-ci a surtout été l'hymne des colons et des européens en Afrique, alors que je parle ici spécifiquement des africains, à l'exclusion volontaire des européens.

Voir les commentaires

Rédigé par Polydamas

Repost0