Publié le 31 Octobre 2006


Ca se passe dans l'émission Sans frontières, d'aujourd'hui. Pour ne prendre qu'un exemple, d'aprés le journaliste, particulièrement incompétent, l'Eglise était antisémite avant Vatican II. On a droit également à tous les préjugés classiques sur la messe en latin. Enfin, le cardinal me fait bien rigoler à évoquer la moyenne d'age des fidèles attachés au rit de St Pie V: s'il les connaissait un peu mieux, il saurait que le dynamisme et la jeunesse de cette communauté fait pâlir d'envie bon nombre de paroisses françaises.


Du grand n'importe quoi.

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Médias

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Publié le 28 Octobre 2006

Dans l'émission A vous de juger, il y a une bonne semaine, François Rebsamen, n°2 du parti socialiste, a qualifié certains jeunes qui brûlaient les voitures dans les cités, du terme peu amène de "barbares", vocable qui me paraît tout à fait qualifié pour décrire cette réalité faite de bus, de voitures, de gymnases et d'écoles, réduits à l'état d'épaves brûlantes dans le meilleur des cas, ou de tas de cendres dans le pire.



Ce que je remarque, à l'instar de l'aveu de Gunter Grass, c'est que la gauche n'a pas tout à fait la même réaction quand c'est quelqu'un qui ose s'avouer "de droite", comme Sarkozy, qui dirait quelquechose comme, au hasard, "racaille", "karcher". L'émission Arrêt sur Images avait d'ailleurs prouvé, il y a six mois, que notre cher ministre de l'intérieur n'avait fait que reprendre les termes d'une habitante du quartier. Certains, à gauche, se sont émus de ce léger différentiel dans le traitement de l'information par les médias. Ils ont au moins le mérite de la cohérence, à défaut d'avoir celui de se remettre en cause. Il est vrai qu'en vertu du principe aristotélicien de non-contradiction, on serait en droit d'attendre un traitement à base de LICRA, MRAP et autres LDH, officines curieusement bien silencieuses sur cette affaire.

Il serait peut-être salutaire que la gauche appelle enfin les choses par leur véritable noms, au lieu de pratiquer à outrance le xyloglotte. On peut toujours rêver......

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Politique

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Publié le 26 Octobre 2006

J'avoue, j'ai rigolé.....

Carlton beer








Enfin, pour devenir un fou, un vrai de vrai, essayez ce petit jeu.....


Tout cela pompé sans vergogne sur ILYS. Merci les gars!



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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Humour

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Publié le 23 Octobre 2006


A l'heure où le pape semble prôner une libéralisation de la messe en latin, il importe, en tant que catholique, de connaître précisément les différences qui existent entre les deux rits. C'est la tâche que ce billet va tenter, modestement, de remplir. Si je suis obscur ou trop incomplet, je vous enjoins à vous reporter aux pages indiquées en liens pour de plus amples précisions.

Tout d'abord il faut savoir de quoi l'on parle. La messe en latin, telle qu'on la qualifie à tort, est le Vieil Ordo Missae (VOM) tel qu'il a été promulgué en 1962. La nouvelle messe est le Nouvel Ordo Missae (NOM), promulgué par Paul VI en 1969, à la suite du concile Vatican II. Pour la commodité de ce billet il m'est apparu plus simple pour souligner la qualité du VOM, de le comparer au NOM. On peut m'accuser d'être à la fois juge et partie, ce qui est vrai puisque  depuis que je suis né, je ne me rends quasiment qu'à la messe en latin. Mais les arguments que j'ai à proposer valent la peine d'être examiné.

***

Lorsqu'on regarde dans le détail, il n'y a rien de bien condamnable dans le NOM original, c'est à dire la version latine issue du concile. Mais on trouve, à chaque partie de la messe, des retraits et des imprécisions, ou même des ajouts au mystère de la messe, par rapport au VOM. Un seul retrait en soi n'a pas grande valeur et n'est pas d'une foncière gravité. Mais lorsqu'on l'analyse comme partie intégrante d'une nouvelle façon de dire la messe, on peut se poser des questions sur l'innocence de ces petites touches.

On peut classer toutes ces modifications dans plusieurs registres:
- la définition de la messe. Celle-ci devient, avec le NOM, un rassemblement de fidèles autour de l'Eucharistie, alors que la messe n'a jamais été rien d'autre que le renouvellement du sacrifice du Christ sous des formes non sanglantes.
- la relation de l'Eglise avec le Christ: les mentions des saints et des défunts ont été considérablement amputées.  
- le rôle du prêtre qui est clairement minimisé, il n'est plus le ministre in persona Christi, il devient le président de l'assemblée des fidèles quand il n'est pas un frère comme un autre.
- le rôle des fidèles est également modifié, ils sont considérés comme des acteurs, ce qui est inexact, ils ne font que participer par leur prière.
- la désacralisation de la messe est évidente, alors que le rit doit conserver son mystère. L'être humain est fasciné par la beauté et le sacré, non pas par la vulgarisation.

Les exemples abondent pour étayer chacun de ces éléments. Le nombre de génuflexions du prêtre a été considérablement réduit, les fidèles ont le droit de distribuer la communion (mais alors à quoi diable cela sert-il que les prêtres aient les mains consacrées?), à la mode protestante, ce qui contribue à des excès que chacun a pu observer, les marques de respect envers les Saintes Espèces sont denaturées, la messe ne se fait plus dos au peuple, les vêtements liturgiques ne sont plus aussi nombreux, l'imprécision des termes aussi vagues que "pain de vie", et j'en passe.

***
Concernant la définition de la messe, il faut hiérarchiser les éléments. Malgré toute l'importance de l'Eucharistie, elle n'est pas le centre de la messe. Le moment le plus important est la consécration, et non l'Eucharistie comme certains pourraient le croire. On le comprend bien en envisageant le cas d'une messe sans eucharistie, sans communion qui, dans ce cas, demeure une messe valide, ce qu'elle n'est pas, si on la prive de la consécration. L'eucharistie n'est que la conséquence de la consécration et n'est donc pas le moment le plus important de la messe. Avec le nouveau rit, le rôle de la consécration est considérablement amoindrie.

La messe, selon la doctrine catholique a quatre finalités:
- c'est un sacrifice de louange
- c'est un sacrifice eucharistique
- c'est un sacrifice propitiatoire et expiatoire, c'est à dire destiné à réparer nos fautes, et à nous rendre Dieu favorable.
- c'est un sacrifice impétratoire, c'est à dire destiné à présenter une demande

C'est la troisième finalité qui disparaît quasiment complètement dans le NOM. Cela se traduit par une formule de la consécration qui a été largement modifiée par rapport à la version originale. Seule subsiste une offrande du pain et du vin réduite à la portion congrue. En outre, les formules de louange sont également considérablement réduites.

En conséquence, il ne faut pas s'étonner si l'on constate que nombre de catholiques mettent en doute la transsubstantiation, qui est pourtant le centre de la messe, donc de la vie catholique. D'ailleurs, il est paradoxal qu'il ait été ajouté la phrase suivante, déclamée par l'assistance: "Nous annonçons ta mort, Seigneur Jesus, nous annonçons ta .....dans la gloire" alors que le Christ est  effectivement présent sur l'autel.

***

Il faut ajouter que la traduction française aggrave les choses. Par exemple, la fin du Notre Père est inexacte. Ainsi, on dit à la fin de celui-ci, "et ne nous soumettez pas à la tentation" (quand on ne tutoie pas Dieu purement et simplement). Cette phrase m'a toujours paru bizarre puisque, sur cette terre, selon la doctrine catholique, nous sommes TOUJOURS soumis à la tentation par le diable ou nos pulsions.

Il est donc inutile de demander à ce que cette soumission cesse. D'autant que Dieu n'est pas actif, il ne fait que la permettre, il ne peut pas en être à l'origine. C'est pour cela que l'ancienne traduction me paraît beaucoup plus pertinente: "et ne nous laissez pas succomber à la tentation". J'avais posé la question à un prêtre "moderniste", qui m'avait confié que c'était l'ancienne signification qu'il fallait comprendre sous la nouvelle formulation. Allez comprendre....

***

Autre exemple sur la dénaturation du sacré. Au moment de la paix des fidèles, en France, c'est une véritable anarchie, les jeunes mâles se précipitant pour saluer les jolies filles deux rangs plus loin, alors que ce moment se situe juste AVANT la communion. Ce n'est donc clairement pas le meilleur moyen de se préparer à celle-ci. J'ai pu constater, au Vietnam, que ce moment se constituait uniquement d'un signe de tête réalisé ensemble, devant et sur les côtés. Attitude de loin beaucoup plus digne. Là encore, cela n'a pas de rapport direct avec le NOM. Mais ça a indéniablement une influence sur la piété et le respect de la communion.

Il est nécessaire de souligner également que certains protestants se reconnaissent dans le NOM, tel qu'il est actuellement célébré. Luther avait écrit un nouveau rit qui ressemblait singulièrement au NOM, l'offertoire y était  alors réduit à son minimum. Si l'on est un tant soit peu attaché au particularisme des religions, cet élément ne manquera pas de susciter le trouble.

***

J'ai souvent dit sur ce blog que le latin était nécessaire car le sens n'était plus susceptible de modifications, cette langue étant figée à jamais. Cela permet de conserver le sens originel, tel qu'il a été fixé par le pape St Pie V. Or, il faut reconnaître que la traduction latine du NOM a, elle aussi, été largement modifiée et amputée. Le sens n'est clairement plus le même. Ce qui pourrait paraître pour des broutilles est plus important que cela n'en a l'air, sachant que l'on peut créer des hérésies sur un simple placement de virgule.

Toutes ces modifications vont donc bien au-delà du latin ou de la "mise en scène", de la façon de dire la messe. Elles ne peuvent pas ne pas avoir d'effet sur la croyance et sur les convictions des catholiques d'aujourd'hui. Evidemment, je tiens à préciser qu'une messe prononcée rigoureusement selon le NOM n'est pas condamnable. Il faut également signaler que le plus important n'est pas forcèment le missel utilisé, mais la foi des prêtres et leur volonté de faire respecter le Saint Mystère. Or du point de vue de la formation des prêtres, il y a également des problèmes gravissimes.

Ainsi l'introduction du NOM s'est faite avec un certain nombre de dérives qui ne devraient avoir cours dans aucune église sur cette planète. C'est là tout le problème, et ce n'est pas la désaffection constatée dans les églises qui viendra me contre-dire.

Le vieil adage lex orandi, lex credendi n'a rien perdu de sa pertinence. Il signifie, en gros, telle prière, telle croyance, ou encore, on croit de la même manière que l'on prie. A voir certaines messes,  proprement scandaleuses, il est donc légitime de se poser la question de la foi des fidèles qui y participent et donc, non moins légitime d'encourager tous les prêtres à reprendre le VOM, qui lui n'entretient aucune ambiguïté sur la foi catholique.

***
Pour des informations complémentaires, au cas où j'aurais éveillé votre curiosité, je vous recommande de vous reporter au Bref Examen Critique (13 pages tout de même) du Cardinal Ottaviani, rédigé pendant le Concile. Ou encore de vous reporter au Sacrifice de la Messe, ou même au lumineux fascicule, écrit par l'excellent Daniel Raffard de Brienne.

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Rédigé par Polydamas

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Publié le 21 Octobre 2006

Je sais, j'arrête pas de pomper des articles, mais là, c'est vraiment trop hallucinant....


A Paris, le platane, les Verts et le pigeon ramier
LE MONDE | 21.10.06
   
Le tronc - près de 3 mètres de diamètre - est frappé d'un rond de peinture rouge, comme les maisons des pestiférés. A la Mairie de Paris, le symbole signifie : "à abattre". A l'angle du 93, boulevard Port-Royal, à Paris, une équipe de bûcherons des Parcs et jardins viendra bientôt, à l'aube, abattre l'arbre.

L'arbre ? "Le platane", disent les conducteurs de bus 91 à chaque passage. Ce feuillu centenaire n'est pas seulement l'un des 98 000 spécimens qui s'alignent dans les rues de la capitale, pas seulement l'un des 1 500 arbres abattus chaque année. Il est l'arbre qui cache une forêt de bagarres picrocholines, de rivalités partisanes, de pressions en tout genre, où, entre pro-arbres et pro-bus, s'écrit une petite fable.

Il était une fois un maire, Bertrand Delanoë, qui rêvait de gagner la Mairie de Paris. Mais, en mars 2001, la gauche accuse une première défaite électorale, un an avant la débâcle de Lionel Jospin. Deux grandes villes se distinguent : Lyon et Paris. Dans la capitale, le rejet du "système Chirac" est immense. La guerre de tranchées entre Philippe Séguin et Jean Tiberi fait le reste. Bertrand Delanoë, l'inconnu de la campagne, le socialiste couleur muraille, fait campagne contre la pollution et pour la démocratie, et devient maire de Paris.

Sous les lambris de l'Hôtel de Ville, on voit arriver quelques communistes, mais surtout des Verts "historiques", comme Denis Baupin et Yves Contassot. Voilà des années qu'ils militent, le premier dans le sillage de Dominique Voynet, le second à la gauche des Verts. Denis Baupin devient adjoint au maire de Paris, chargé des transports et de la circulation. Yves Contassot reçoit la délégation de l'environnement et des espaces verts. La ville accuse un sérieux retard d'aménagement sur les autres capitales européennes : pas de tramway, peu de pistes cyclables, un centre-ville hyper-dense...

Denis Baupin est hostile à un péage aux portes de Paris, façon Londres ou Stockholm. Pour mettre fin au "tout-automobile", on commence donc, en 2002, à dessiner des couloirs de bus. Sur les croquis, ça paraît simple. Mais cela coûte très cher : 100 000 euros en moyenne pour 100 mètres, payés en partie par l'Etat et la région. C'est aussi très difficile à réaliser.

La Ville de Paris, la RATP, la préfecture de police, les mairies d'arrondissement et le Syndicat des transports d'Ile-de-France doivent se réunir au moins trois fois. La décision finale est prise par le maire avec l'accord des architectes des Bâtiments de France, plus le Conseil de Paris et la région.

"Démocratie participative" oblige, il faut aussi compter deux à quatre réunions de concertation avec ses riverains pour chaque couloir de bus. En 2003 et 2004, dans le 5e, les rencontres tournent au vinaigre. "Ils n'ont pas retenu l'avis des conseils de quartier", accuse Alexandre Baetche, adjoint au maire du 5e. "Jean Tiberi dit qu'il est pour le bus, mais il est toujours contre tous les couloirs, rétorque Denis Baupin. Et il sait "faire" les salles...".

Vient ensuite, pour les ingénieurs, le casse-tête technique. Le bus 91, qui relie Montparnasse à la Bastille, fait partie de ce que la région appelle, dans son jargon, un "mobilien". Une ligne prioritaire, qui doit circuler tôt, tard, week-ends et jours de fête, et vite.

"Le 91 est un bus particulier, qui dessert trois gares et deux hôpitaux, et dont les passagers sont fatigués, parce qu'ils arrivent de banlieue", note la socialiste Lyne Cohen-Solal, adjointe au maire de Paris et conseillère du 5e. "Des personnes stressées, qui ont toujours peur de rater leur train", ajoute un employé de la RATP.

Pour chaque ligne, on construit un couloir de chaque côté de la chaussée. Mais des obstacles compliquent souvent ce schéma idéal. Ainsi le marché qui borde l'hôpital du Val-de-Grâce. Trois jours par semaine, les camionnettes des marchands se garent en épi, débordant du trottoir. Pas question, donc, de faire passer le couloir du "Bastille-Montparnasse" de ce côté, sauf à déménager les étals du côté des numéros impairs. "Les élus du 5e ont refusé ce transfert", accuse Yves Contassot, car, en 300 mètres, le marché aurait changé d'arrondissement." "J'étais pour que ça ne gêne pas le marché, mais on n'a jamais évoqué l'idée de le déplacer", dément Lyne Cohen-Solal.

Les bus passeront donc de l'autre côté, dans le 14e arrondissement. Mais le 91 n'est pas au bout de ses peines. Car le 91 est un bus de la rive gauche, qui traverse le Paris chic, peuplé de célébrités. "C'est quand même ça qui nous a frappés", sourit un responsable de la RATP. Quand il avait fallu faire passer deux voies au milieu du boulevard Montparnasse, entre Le Sélect et La Coupole, journalistes, psychanalystes et autres professions en vue étaient venus prêter main forte pour distribuer l'avis de décès de ce "quartier typique de Montparnasse" et râler avec les commerçants.

Après La Closerie des Lilas, c'est Philippe Sollers que le 91 trouve sur sa route, boulevard Port-Royal. Début 2004, les administrés de Bertrand Delanoë viennent jusque chez Gallimard soumettre à l'éditeur les croquis des futurs couloirs du bus. Les plans sont aussi au menu d'un déjeuner entre l'auteur de La Guerre du goût et Bertrand Delanoë. Le premier n'a-t-il pas préfacé, en 2000, la réédition de Pour l'honneur de Paris du second ? Le tracé qui ferait emprunter au 91 la contre-allée du boulevard Port-Royal, de l'autre côté du Val-de-Grâce, c'est une très mauvaise idée, explique l'écrivain. Une aberration.

"Que dire ? Il fut une époque où les intellectuels se mobilisaient contre la guerre au Vietnam ou la peine de mort. Aujourd'hui, c'est pour sauver leur café", soupire Denis Baupin. "L'histoire retiendra qu'un écrivain a eu raison du passage du 91 dans la contre-allée de Port-Royal", râle Yves Contassot.

Le bus descendra donc le boulevard sur la droite, mais, après la maternité Baudelocque et la Maison des adolescents, quittera la contre-allée et reprendra le boulevard, face à l'hôpital du Val-de-Grâce. A charge, pour les conducteurs du bus articulé, de négocier au mieux leur virage, afin de ne pas accrocher les confrères qui arrivent en face. Et de ne pas toucher "le platane".

C'est là, à son pied, au coin de la rue de la Santé, que "M. arbre", Yves Contassot, n'est soudain plus d'accord avec "M. Bus", Denis Baupin. Aussi expérimentés que soient ses conducteurs, le bus, ici, "déborde" en effet sur l'autre voie. "La RATP a mal calculé la giration du bus", accuse M. Contassot - ce que ladite RATP dément. Le zigzag fait en outre perdre du temps. "Pas énorme, mais en moyenne, c'est vrai, entre sept et huit secondes", plaide M. Contassot, que les riverains ont pris l'habitude de voir posté au pied du platane - où il habitait naguère -, un chronomètre à la main. Ce sont huit secondes de trop pour Denis Baupin.

Dans une note de septembre 2006, les services techniques estiment qu'une "modification de ce carrefour" ferait gagner "4 à 28 secondes à un bus sur deux". L'abattage est finalement décidé au printemps 2006 par Bertrand Delanoë.

Pourquoi, ce matin d'août, veille du jour funeste, Yves Contassot, venu en reconnaissance, lève-t-il si haut les yeux ? Sur une branche, côté trottoir, il aperçoit un nid. Dedans, des oeufs de ramier, seule espèce de pigeons à nicher dans les arbres à Paris. M. Contassot comprend qu'il tient là son ultime chance. Il saisit le service de l'arbre, qui exhume un article d'une loi de 2005 prévoyant qu'on ne peut détruire ou déplacer un nid en période de reproduction.

La RATP n'en croit pas ses oreilles. "On s'est demandé si M. Contassot n'avait pas transporté le nid en douce", s'amuse un responsable, stupéfait de voir l'initiateur de la campagne contre les "nourrisseurs sauvages" de ces 80 000 oiseaux sauvé par des palombes.

Depuis, les petits se sont envolés. Les Parcs et jardins ont fait valoir que le platane était malade. Une de ses branches serait "atteinte du phélin tacheté (Phellinus)" - ce que M. Contassot conteste farouchement. Plus rien ne s'oppose à l'abattage, prévu - croit-on savoir - le 27 octobre : l'Hôtel de Ville a en effet donné "interdiction" à ses services de "communiquer sur ce platane". C'est que les municipales approchent.

Tandis que Bertrand Delanoë tente de réparer la perte des "JO" et de son ami Lionel Jospin, la droite exploite sans compter les rancoeurs des riverains. Denis Baupin et Yves Contassot se disputent, eux, la tête de la liste des Verts. "Ce platane est devenu un dossier empoisonné", s'étonne un bûcheron. "Comme disait Maïakovski, quand une fleur pousse dans mon jardin, c'est un fait politique...", préfère philosopher Lyne Cohen-Solal.
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Ariane Chemin

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Rédigé par Polydamas

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Publié le 19 Octobre 2006

Je signale à votre attention, cet article du Monde d'hier, sur les rivalités au sein de la Chine. C'est trés représentatif de ce qu'on peut observer là-bas....



Pékin à l'assaut de ses fiefs féodaux, par Frédéric Bobin
LE MONDE | 18.10.06

   
Un scandale peut en cacher un autre. Depuis quelques semaines, Shanghaï, vitrine scintillante de la Chine globalisée, plate-forme asiatique où se pressent les multinationales, est ébranlée par un scandale financier. Le dirigeant du Parti communiste de la ville, un des hommes les plus puissants du pays, a été limogé. Nombre de ses proches l'ont accompagné dans la disgrâce. Il leur est reproché d'avoir puisé dans les caisses de retraite pour financer illégalement des projets d'infrastructures et des projets immobiliers.

L'affaire est assurément grave mais il faudrait être naïf pour s'en tenir à cette justification officielle. La vraie raison de la purge est ailleurs. Le vrai scandale, celui qui motive le zèle des coupeurs de têtes, n'est pas financier, mais politique. Le véritable crime des édiles shanghaïens est d'avoir défié l'autorité de Pékin, la sourcilleuse capitale, garante d'une intégrité impériale malmenée par des fiefs féodaux de plus en plus insolents. L'affaire tient de la géopolitique interne, de la rivalité récurrente entre le centre et la périphérie, de la tension entre la force centripète du politique et la force centrifuge de l'économie. Vieille histoire qui remonte aux origines de la réforme économique chinoise.

Au début des années 1980, quand s'est ouverte l'ère du postmaoïsme, dont le credo est que l'économie - et non plus l'idéologie - est la vraie source de puissance, Pékin n'était pas capable par lui-même de libérer les énergies propres à enrichir le pays. Capitale impériale, c'est un pôle bureaucratique et non un foyer de croissance. Il lui a donc fallu sous-traiter la création de richesses à des agents locaux. Ce fut la tâche des fameuses "zones économiques spéciales" (ZES) installées sur la façade côtière à l'orée de Hongkong et de Macao ou en face de Taïwan, modèles voués à faire école. Au fil de la diffusion des recettes de ces "dragons" périphériques, la Chine méridionale s'est enfiévrée. La province phare de l'époque est le Guangdong, dont le chef-lieu, Canton, jette les bases de l'"atelier du monde".

La relation entre les marchands du Sud et les mandarins du Nord ne tarde pas à se tendre. En 1998, un conflit très dur éclate à propos d'un endettement étranger massif que Canton avait contracté au mépris des instructions centrales. L'état-major de la province du Guangdong est décapité. Deux ans plus tard, la même mésaventure frappe le port de Xiamen, situé dans la province du Fujian, qui fait face à Taïwan. Les dirigeants locaux avaient couvert un réseau de contrebande ayant infligé de gros dommages aux caisses de l'Etat.

Telle est l'angoisse du gouvernement central : qu'émergent des fiefs prospères bravant son autorité. Pékin ne pouvant tuer ces "poules aux oeufs d'or", la seule arme dont il dispose est d'organiser une sorte de roulement géographique dans l'octroi du favoritisme d'Etat. Canton avait-elle été gâtée sur la décennie 1985-1995 ? On finit par lui retirer cette sollicitude. Le gouvernement central jette alors son dévolu sur une autre cité emblématique : Shanghaï, la "Belle au bois dormant", anémiée sous le communisme orthodoxe qui lui avait fait payer ses turpitudes capitalistes de naguère. Ainsi Shanghaï a-t-elle pris son essor tout au long de ces années 1990, chouchoutée par Pékin, où trônait une belle brochette d'anciens dirigeants de la cité, au premier rang desquels Jiang Zemin, alors numéro un du parti (1989-2002).

Mais là encore, l'épanouissement de Shanghaï, acclamée à Davos et Wall Street comme la Babylone du nouveau siècle chinois, a suscité maints tiraillements. A l'instar de Canton naguère, Shanghaï cultive une arrogance amèrement ressentie dans le reste du pays. Tant que la "faction shanghaïenne" de Jiang Zemin régnait à Pékin, rien de dommageable ne pouvait lui arriver. La protection était suprême. Les deux pôles de pouvoir, le politique et l'économique, étaient solidaires. Or l'attelage s'est récemment rompu. Dès lors qu'au congrès du Parti communiste en 2002, Jiang Zemin, le parrain de Shanghaï, a dû quitter ses fonctions de patron du régime, la cote de la ville a chuté. Elle s'est retrouvée dans le collimateur des nouveaux maîtres de Pékin, affiliés à une faction rivale.

LE DILEMME DE HU JINTAO

A rebours de l'élitisme de M. Jiang, fasciné par le prestige ostentatoire que déploie la Perle de l'Orient - le surnom de Shanghaï -, son successeur à la tête du régime, Hu Jintao, est un homme de l'arrière-pays rural, sensible à la cause des provinces pauvres et préoccupé par le creusement des inégalités. Hu Jintao arrive au pouvoir au moment où mûrit en Chine le procès du productivisme débridé, jugé déstabilisateur pour les équilibres sociaux, financiers et écologiques de l'empire. Un mot d'ordre s'impose alors à Pékin : substituer la "qualité" à la "quantité" de croissance. Les provinces sont sommées de refroidir une machine économique dont la surchauffe est lourde de dangers : surcapacités industrielles, mauvaises créances bancaires, expropriation rurale, dégradation de l'environnement. Shanghaï, où enflent de périlleuses bulles, est particulièrement visée, mais elle se cabre devant ce nouveau centralisme. Le conflit est inévitable et, dans ces empoignades-là, Pékin est toujours le plus fort.

L'histoire se répète. Tout comme Shanghaï avait été promue pour contrer Canton, de nouveaux foyers de croissance sont aujourd'hui encouragés à prendre le relais : le port de Tianjin, à proximité de Pékin, et le Nord-Est mandchou, en attendant que les provinces rurales de l'Ouest s'ébrouent. Jusqu'au prochain conflit : de nouveaux féodaux émergeront fatalement qui défieront, à leur tour, la capitale. A l'exception du Tibet et du Xinjiang musulman - frontalier de l'Asie centrale -, ces forces centrifuges sont économiques plus que politiques. Elles ne sont pas moins une source d'embarras permanent pour Pékin.

Comme le démontre le politologue Li Cheng, le recrutement du personnel politique provincial s'est "localisé" ces dernières années alors que l'ère Mao avait mieux su imposer des dirigeants issus d'autres régions, donc moins enclins à succomber aux sirènes de l'autonomisme. Cette évolution place Hu Jintao face à un dilemme. Il souhaite démocratiser le fonctionnement interne du Parti communiste - à défaut de pouvoir le faire à l'échelle de la société -, mais une telle concession à la base ne peut qu'accuser la tendance au "localisme" qu'il prétend combattre. Car le parti d'"en bas" préférera toujours se doter de dirigeants autochtones plutôt qu'imposés par Pékin. En l'absence de compétition électorale, la vie politique chinoise semble atone. Elle est en fait une géopolitique en perpétuelle tension.
Frédéric Bobin

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Rédigé par Polydamas

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Publié le 18 Octobre 2006


La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d'une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l'ourlet ;

Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son oeil, ciel livide où germe l'ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.

Un éclair... puis la nuit ! - Fugitive beauté
Dont le regard m'a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ?

Ailleurs, bien loin d'ici ! trop tard ! jamais peut-être !
Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais !


Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal, 1857.

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Rédigé par Polydamas

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Publié le 16 Octobre 2006

Ca faisait longtemps que je n'avais pas évoqué un peu de finance....

Quelques règles pour bien investir en Sicav...

A la une des Echos Week-end
[ 13/10/2006 ]


Placer tout ou partie de son épargne en sicav ou en FCP, c'est par définition consacrer peu de temps à sa gestion, puisqu'on la délègue à un ou plusieurs gérants et établissements. Trop peu de temps souvent. Car le choix de ceux à qui vous allez faire confiance pendant plusieurs années mérite mieux qu'un vague regard sur le menu de base de votre établissement financier habituel. Sans aller jusqu'à vous faire tailler un FCP à vous, sur mesure, amusante alternative pour ceux dont les placements se chiffrent en millions ou plutôt en dizaines de millions d'euros, ne vous contentez pas du modèle unique. Derrière nos « règles » vous trouverez en fait les questions qu'il faut se poser avant d'acheter. C'est peut-être moins drôle que d'aller choisir sa prochaine voiture au Mondial de l'automobile, qui s'achève ce week-end. Mais c'est plus reposant et ça peut rapporter plus.


Ce qu'il faut savoir pour acheter une sicav ou un fonds de placement.

Sur les 700 romans de la rentrée, combien méritent d'être lus ? Une dizaine peut-être. Pour autant, est-ce une raison de s'abstenir par avance, sous prétexte que le choix est trop vaste ? Cela ne serait pas très intelligent. Pas plus qu'il ne serait futé de prendre au hasard le premier de la pile, au motif qu'il faut bien entretenir ses neurones.

Or, en gestion collective, ces deux attitudes irréfléchies se pratiquent couramment. Face aux 45.000 fonds commercialisés dans le monde, bon nombre d'épargnants choisissent de ne pas choisir. Ils pratiquent l'évitement. Moyennant quoi, ils passent à côté de chefs-d'oeuvre. D'autres misent sur le premier produit venu, au nom de la nécessité d'épargner. Comme si tous les placements se valaient ! Et surtout pouvaient répondre indifféremment à la diversité des objectifs personnels du souscripteur. Pourtant, il est clair que l'on ne s'engage pas pour une courte période avec un produit de long terme et vice versa.

Une règle parmi d'autres pour bien acheter une sicav ou un fonds commun de placement (FCP).


1 - Achetez ce que vous comprenez


Quelques principes de base doivent être rappelés.

Le premier est emprunté à de Gaulle, qui s'envolait vers « l'Orient compliqué... avec des idées simples ». De la même manière, il ne faut acheter que ce que l'on comprend. Cela suppose de garder la tête froide.

L'une des plus grandes menaces qui guette l'investisseur réside dans la mode. Par nature, elle est séduisante, mais par définition c'est la seule qui se démode. Or, à intervalles réguliers, des tendances apparaissent. Elles se traduisent par une déferlante de produits identiques dans tous les réseaux bancaires.

A l'automne 2000, ce fut la floraison des fonds Internet. La bulle avait pourtant explosé quelques semaines plus tôt ! Seulement le processus industriel avait déjà été lancé, il ne pouvait plus être arrêté. En l'occurrence, les banques avaient réagi un peu tard à l'engouement de leurs clients pour la folie TMT. Tout au long de 1999, la ruée vers la nouvelle économie s'était traduite par un « spiel » réalisé à partir des premiers sites Internet de courtage boursier. L'ensemble des établissements financiers avaient voulu participer à leur tour à la fête. Ils ont mis au point des fonds dédiés aux nouvelles technologies. Las, le temps qu'ils obtiennent les autorisations de commercialisation, le krach avait déjà eu lieu.

Qu'à cela ne tienne ! On n'allait tout de même pas mettre au pilon des milliers d'affichettes publicitaires. Et puis, ne suffisait-il pas de patienter ? Le secteur allait bien finir par se refaire une santé ! On sait ce qu'il en est advenu : six ans plus tard, les cours de France Télécom, de Vivendi et d'Alcatel n'ont toujours pas retrouvé leurs niveaux d'avant 2000 et les sicav remplies à ras bord de ces titres n'ont toujours pas été renflouées.

Pour tenter de faire oublier la dégringolade des cours, l'offre s'est ensuite reportée comme un seul homme sur les fonds à capital garanti. Histoire d'installer un filet de sécurité dans la baisse des marchés, tout en laissant miroiter une participation à une éventuelle reprise. L'ennui, c'est que ces produits dits structurés ne se révèlent opérationnels que dans une configuration bien spécifique de marchés : lorsque les cours de Bourse sont relativement stables. Mais si, d'aventure, les indices baissent trop, la structure de ces produits, bâtis à partir d'obligations et de produits dérivés, ne leur permet pas d'absorber toutes les secousses. Et quand les marchés remontent, autant jouer la croissance en direct. Cela n'empêche que, tout au long de 2005, alors que la Bourse effectuait un parcours épatant, ces fonds garantis se sont écoulés comme des petits pains.


De bric et de broc...

A l'inverse, ces temps-ci, le moment serait propice pour en proposer aux particuliers. Une pause dans la hausse des cours semble en effet plausible. Au lieu de quoi, les épargnants se voient proposer des fonds dédiés aux matières premières. Leurs émetteurs semblent indifférents à la violente correction qui a frappé ce secteur au printemps dernier !

Il faut dire que la mondialisation nourrit tellement les imaginations. Le besoin en énergie de la Chine et de l'Inde justifie dans les esprits un pétrole durablement cher. Partant de ce principe, de nouveaux fonds d'investissement ont fait florès. Leur nom a une sonorité magique : Ils sont appelés BRIC, pour reprendre l'acronyme de Brésil, Russie, Inde et Chine. L'idée des promoteurs est que ces quatre puissances bénéficient de la croissance mondiale et notamment du besoin de la planète en matières premières agricoles et énergétiques. Ce raisonnement est pertinent d'un point de vue macroéconomique. Mais il ne suffit pas pour bâtir une bonne stratégie boursière. En pratique, ces fonds enferment leurs souscripteurs dans quatre Bourses : l'une instable (le Brésil), la deuxième opaque (la Russie), la troisième atone (la Chine) et la quatrième hautement spéculative (l'Inde).

Comme s'amuse à dire un professionnel, « c'est exactement comme si l'on réunissait dans un même fonds la Finlande, la Lituanie, Oman et le Portugal. Ils n'ont aucun rapport entre eux. Mais leurs initiales réunies sonneraient bien : cela ferait FLOP. »

L'auteur de ce bon mot parle d'or. Il s'agit d'Henri Reiters, directeur général de Fund Market, filiale commune à la Banque de Luxembourg et au CIC. La structure qu'il dirige a pour spécialité d'analyser puis de sélectionner les meilleurs fonds dans le monde entier. Ses clients reçoivent notamment des conseils pour tirer parti des plus-values espérées dans l'avenir. Et non pas l'inverse ! Car, comme l'observe Henri Reiters, « le piège le plus fréquent chez les épargnants consiste à acheter une performance déjà passée ». Mais les particuliers achètent aussi leurs produits en fonction de leurs préoccupations personnelles. Et c'est bien là l'essentiel. Il n'existe pas deux personnes identiques, en termes de profils, d'objectifs, d'échéances personnelles ou d'appréciation du risque. Le bon investissement est celui qui convient à son souscripteur. En somme, acheter ce que l'on comprend, c'est aussi se connaître soi-même.



2 - Ne vous contentez pas des offres « maison » de votre banque

Tout le monde ne peut pas être bon partout. Les banques ont mis du temps à l'admettre. Il est vrai que c'est avec les fonds conçus en interne qu'elles réalisent leurs meilleures marges. Mais la demande des clients a été la plus forte. Comme ces derniers réclamaient d'accéder à la performance des meilleurs gérants, elles ont accepté de vendre des sicav d'autres établissements. La multigestion est ainsi entrée dans les moeurs. Plus qu'une mode, c'est une tendance lourde. Depuis 2000, sa part de marché dans le monde progresse de 23 % par an. Et en la matière, la France se révèle en pointe. Elle en a souscrit pour 13 milliards d'euros depuis le début de l'année. Par rapport à un total de 60 milliards d'euros investis dans des fonds, cela représente une proportion de 22 %. Ainsi donc, selon le supplément « Fund management » du « Financial Times », en date du 18 septembre, cette performance place notre pays en tête en Europe. Du moins en volume, car en pourcentage, l'Allemagne domine largement. La multigestion y représente 55 % des fonds commercialisés.
Miracle de la multigestion

Seulement, maintenant que la notion devient familière, il convient de s'entendre sur la définition précise du mot. Si l'ambition se limite à proposer des fonds d'établissements avec lesquels la banque entretient des relations commerciales, cela ne vaut guère plus qu'une compilation, un assemblage de façade. Pour être porteuse de performances, la philosophie de la multigestion doit être impérativement respectée. En l'occurrence, il s'agit de rechercher la meilleure performance, au plus faible risque possible. Cette éthique suppose d'agir à deux niveaux : sur la diversification des styles (de manière à contrôler le risque) et sur le panachage des hommes et des femmes (pour parvenir à la meilleure performance en assemblant des styles de gestion complémentaires).

Moyennant quoi, une fois ces conditions réunies, la pertinence du modèle n'est plus à prouver. Depuis trois ans, les statistiques sont formelles : quelle que soit la classe d'actifs (actions ou obligations), la multigestion réalise de meilleures performances que les gérants pris isolément.



3 - N'abusez pas des promotions !

Pourquoi payer plus cher quand on peut payer moins cher ! Pendant longtemps, les sicav et les fonds communs de placement ont eu un prix unique. Les particuliers les achetaient à leur banque - et rien qu'à leur banque - et acquittaient les frais facturés par la banque. Seuls étaient en vente dans leur banque les produits « maison ». Puis le marché des fonds d'investissement s'est progressivement ouvert. Les particuliers ont pu acheter au guichet de leur banque des sicav et des fonds communs de placement (FCP) d'une autre banque. Les banques ne se sont pas ouvertes aux produits de leurs concurrents de gaieté de coeur. Mais elles ont été obligées de s'y résigner. Certes, elles ont freiné des quatre fers, puisqu'elles ont prélevé des frais supplémentaires sur les produits de leurs concurrents pour dissuader leurs clients de commettre des infidélités.

Aujourd'hui, le paysage a encore changé. Les banques se sont converties, contraintes et forcées, à l'« architecture ouverte ». Elles proposent maintenant à leurs clients non seulement leurs propres produits, mais aussi ceux d'autres banques ou plus souvent de sociétés de gestion indépendantes qui ont réalisé des performances intéressantes depuis quelques années. Les fonds d'investissement d'autres maisons ne servent souvent que de produits d'appel. Il n'en reste pas moins que l'ouverture des banques sur les produits qui leur sont extérieurs va dans le sens des intérêts des particuliers. L'apparition de supermarchés de sicav il y a déjà quelques années dans lesquels les clients trouvaient toutes sortes de fonds d'investissement sans supplément de frais (Cortal Consors a été le pionnier dans ce domaine) a joué un rôle déterminant dans la libéralisation du marché de la gestion collective.
Rabais sur les frais

Plus tard, les banques en ligne ont également beaucoup contribué à l'ouverture du marché. Elles proposent sur leurs sites, elles aussi, les produits remarqués pour leurs performances. Ce sont d'ailleurs souvent les mêmes fonds d'investissement qui figurent dans les catalogues des départements de multigestion (traduction concrète de l'« architecture ouverte ») des banques et sur les sites Internet. Résultat : chaque canal de distribution essaie de se démarquer des autres par (presque) tous les moyens. Les banques en ligne utilisent plus que d'autres l'arme des frais pour faire la différence. Elles proposent rabais sur les frais prélevés d'habitude à la souscription. Boursorama Banque met en avant sur son site le fait que, sur plus de 400 fonds, les droits d'entrée, les droits de sortie et les droits de garde s'élèvent à... 0 % !

La banque en ligne propose également à ses clients d'acheter des fonds « partenaires » à des « tarifs spécialement négociés pour eux sans aucun droit de garde ». Ainsi sur le site de Boursorama Banque le fonds Carmignac Patrimoine est-il proposé avec 2 % de frais d'entrée au lieu de 4 %, tarif figurant sur la notice du fonds.

Les promotions proposées sur les sites des banques en ligne ne sont pas le seul moyen d'échapper aux frais de souscription sur les fonds d'investissement ou à une partie d'entre eux. Comme le rappelle Alain Piquemal, gestionnaire de fortune et administrateur de La Boétie Patrimoine, « les particuliers qui souscrivent des fonds d'investissement dans le cadre d'un contrat d'assurance-vie le font sans frais ». « Ils ne payent que les frais du contrat d'assurance-vie lui-même », précise-t-il.

Mais les frais ne doivent en aucun cas être le seul critère de sélection d'une sicav ou d'un fonds commun de placement. C'est la performance qui compte le plus. Il ne sert à rien d'économiser sur les frais si la performance n'est pas bonne.

Certaines sociétés de gestion n'hésitent pas à faire payer des frais plus élevés à leurs clients parce que les performances de leurs fonds se situent nettement au-dessus de la moyenne. Elles partent du principe, pas faux, que la bonne gestion a un prix. Là encore, l'exercice a ses limites. Il est bien connu, comme le rappelle Jacques Tord, conseiller en gestion de fortune et administrateur de La Boétie Patrimoine, mais le rappel est utile, que « les performances passées ne préjugent pas des performances futures ». Les promotions faites par les banques en ligne portent précisément sur des fonds dont les performances passées ont été excellentes. En sera-t-il toujours ainsi ? « Seul l'avenir compte, dit Alain Piquemal. Le jour où un fonds est connu, il est peut-être trop tard. »



4 - Mesurez les risques que vous prenez

Les fonds d'investissement - qu'il s'agisse des sicav d'abord ou des fonds communs de placement (FCP) ensuite - ont été inventés pour simplifier la vie des investisseurs. Les banques, quand elles essayent de vendre des fonds de placement à leurs clients, insistent sur le fait qu'il est beaucoup moins risqué de confier la gestion de ses actifs en Bourse à des professionnels dont c'est le métier que de gérer soi-même un portefeuille d'actions ou d'obligations. Elles ont raison, mais pas entièrement.

Dans certains cas, les particuliers qui ont acheté des parts de fonds de placement peuvent être surpris et les surprises peuvent être très désagréables. Les placements paraissant les plus prudents peuvent se révéler catastrophiques. Les fonds d'investissement ne sont absolument pas des placements sans risques. Les cours, la valeur liquidative, pour employer le mot exact, des fonds investis en actions montent et descendent comme ceux de n'importe quel titre. Même si en principe les produits collectifs ont un effet amortisseur par rapport à l'évolution de la Bourse. Ils baissent moins que la Bourse quand celle-ci baisse... s'ils sont bien gérés.

Paradoxalement le risque est encore plus grand sur les sicav investies en obligations. Beaucoup de particuliers sont persuadés que la vie des sicav d'obligations est comme celle des obligations (sauf accident) un long fleuve tranquille. Faux ! Les sicav ou les fonds communs de placement d'obligations détiennent des... obligations dont les cours montent et descendent en fonction de l'évolution des taux d'intérêt. Qui plus est, ils en achètent et en revendent. Le particulier, qui achète une obligation à l'émission et qui attend sagement l'échéance pour se faire rembourser son « prêt », se trouve dans une configuration complètement différente. Quand le marché des obligations s'est effondré vers le milieu des années 1990, beaucoup d'épargnants ont vu leur capital s'effondrer, alors qu'ils étaient persuadés qu'ils ne couraient aucun risque. Une grande banque s'était d'ailleurs illustrée - si l'on peut dire - à l'époque en conseillant à ses clients de vendre quelques semaines avant le krach du marché obligataire leurs sicav monétaires, beaucoup plus sûres, pour acheter des sicav... d'obligations.


Des fonds garantis piégés

Mais les risques de marché, comme on dit, ne sont pas les seuls que courent les investisseurs qui achètent des fonds de placement. Il y en a d'autres encore plus sournois. Certaines catégories de fonds ou d'actifs dans lesquels sont investis les fonds en plus ou moins grande quantité peuvent réserver de (très) mauvaises surprises. Les fonds garantis, une famille de fonds poussée par les banques depuis quelques années et qui leur ont valu de grands succès commerciaux, peuvent par exemple se révéler beaucoup plus risqués que leur nom pourrait le faire croire.

Les fonds Benefic, commercialisés par La Poste (autour de 300.000 avaient été vendus entre 1999 et 2000 quand la Bourse était en grande forme), ont été en particulier à l'origine d'un contentieux très lourd : plaintes des clients, qui estimaient avoir été trompés, procès, appels... Beaucoup de souscripteurs croyaient n'avoir pris aucun risque. Avaient-ils été mal conseillés ou avaient-ils oublié de lire les documents qui leur avaient été remis au moment où ils avaient souscrits des parts de Benefic ?

Alors que l'affaire ou plutôt les affaires traînaient devant les tribunaux depuis plusieurs mois, la Cour de cassation - c'est allé jusque-là ! - a rendu son verdict il y a moins d'un mois. Dans le prospectus de publicité, il était indiqué que « le capital investi était protégé jusqu'à 23 % de baisse de l'Euro Stoxx 50 ou du CAC 40, ce dont il se déduisait que le capital n'était plus garanti en cas de baisse de l'Euro Stoxx 50 ou du CAC 40 supérieure à 23 % », souligne la Cour de cassation. En trois ans, l'indice avait chuté entre 35,2 % et 58,8 % selon la date de souscription du contrat. Le 20 septembre 2006, la Cour de cassation a estimé que La Poste n'avait pas manqué à « son obligation d'information » lors de la vente de Benefic. Dans cinq arrêts différents, la Cour de cassation a cassé les jugements précédents, qui avaient condamné La Poste à payer des dommages et intérêts à ces épargnants dont la valeur des parts souscrites s'était trouvée à l'échéance inférieure à leur mise de départ. Une décision qui confirme « la jurisprudence de la Cour de cassation selon laquelle le banquier n'a un devoir de mise en garde envers ses clients que pour les opérations qui présentent un caractère spéculatif. Or tel n'était pas le cas du produit Benefic », écrit la Cour.

Gare à la gestion alternative

Voilà une affaire qui ne peut qu'inciter les souscripteurs à lire et relire les fiches qui accompagnent les fonds de placement auxquels ils souscrivent. Il est essentiel de comprendre ce que l'on achète et de n'acheter que ce que l'on comprend. « Il n'y a pas seulement le risque du produit, il y a aussi le risque de l'ensemble de la classe d'actifs », explique Alain Piquemal, conseiller en gestion de fortune et administrateur de La Boétie Patrimoine. La remarque prend tout son sens s'agissant de la gestion alternative.

Maintenant considérée comme une classe d'actifs à part entière à côté des autres - ce qui relève de l'abus de langage -, la gestion alternative est présente dans les portefeuilles de beaucoup de fonds - y compris de fonds destinés au grand public. Mais les particuliers ignorent souvent que les techniques de gestion utilisées par les gérants alternatifs sont très complexes et souvent très risquées.

Il y a encore quelques semaines un très gros fonds alternatif, un « hedge fund » comme on dit, a rencontré de très sérieuses difficultés aux Etats-Unis. Ce fonds, dénommé « Amaranth », avait pris d'énormes paris sur l'évolution des prix du gaz naturel. Paris qui se sont révélés désastreux. Les investisseurs qui avaient acheté des fonds de fonds dans lesquels Amaranth était représenté ont pris les contre-performances de plein fouet.

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Finance

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Publié le 11 Octobre 2006

ou "Rendons grâce à Dieu" en bon français.

En effet, selon le Times, un nouvel indult (texte canonique) serait en cours de rédaction par Benoit XVI en vue de libéraliser la messe tridentine.

Cela veut dire que n'importe quel prêtre, pourrait dire la messe dite en latin sans en demander l'autorisation à son évêque, comme c'était auparavant le cas, avec le Motu Proprio.

Avec cette mesure, se trouveraient satisfaites les dernières revendications de la fraternité St Pie X, qui devrait donc réintégrer, (bien que, selon moi, elle ne l'ai jamais quitté) le giron de l'Eglise.

Il faut évidemment attendre la publication du texte avant de construire des pronostics, mais si tel était le cas, à quand le Te Deum à St Nicolas du Chardonnet?

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Religion

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Publié le 9 Octobre 2006

Nos amis gauchistes sont déjà au courant, mais Samedi prochain se tient une marche aux flambeaux, à l'appel de Renaissance Catholique, entre Notre-Dame des Victoires et la basilique du Sacré-Coeur de Montmartre pour protester contre les avortements pratiqués en France.

Rendez-vous
à 17h30 sur le parvis de l'église N.-D. des Victoires
Place des Petits-Pères, Paris 2e, métro Bourse

Arrivée à 20h00 au Sacré-Coeur, Salut du St-Sacrement dans la basilique (métro Anvers).


A tous les excités qui pourraient tomber sur cette page, quelqu'ils soient, je précise que cette marche de prière est pacifique et soigneusement encadrée par les forces de police, ne ramenez pas vos poings américains et vos casques de motards, mais plutôt les chapelets et les rosaires.....
Pour télécharger le tract, c'est ici.

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Argumentaires

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