Publié le 30 Mars 2008

Le blog Club Acacia réalise un superbe travail de promotion des chants traditionnels français (le sommaire est ici.). Dans chaque billet, en plus d'inclure une version Youtube, les paroles de chaque chant sont reproduites jointe à une présentation rapide de son historique. Quoiqu'on puisse penser des orientations de ce blog, ce travail est important, les chants étant l'héritage des traditions françaises et le témoignage vivant de notre histoire.

On y trouvera donc nombre de chants militaires; comme à l'accoutumée, la Grande Muette est le dépositaire de nombreux chants parmi les plus glorieux. Mais aussi des chants régionaux, des chants de veillée, des chants médiévaux, des chants à boire, des chants d'amour, des chants marins et j'en passe. En outre, contrairement aux apparences, Club Acacia est un blog oecuménique. Sur les chants connus dont l'air a été repris par toutes les idéologies, le blog propose les différentes versions existantes.

Par ailleurs, ce n'est pas parce que l'on entretient la mémoire de ces chants, quelque puisse être le passé troublé de ces mélodies, que l'on est nostalgiques des régimes politiques qui les ont vu naître. Après tout, votre serviteur est un grand admirateur des choeurs de l'Armée Rouge, et je ne pense pas qu'on puisse me classer parmi les soutiens au régime soviétique.

Si vous souhaitez vous procurer ces chants sur CD, en plus des traditionnels CD militaires, le Choeur Montjoie St Denis est l'adresse rêvée. A noter également, ces deux sites (ici et ) spécialisés dans les chants militaires, où les les dilettantes devraient trouver leur bonheur.

Pour finir, preuve que les chants de tradition peuvent se renouveler et innover, voici le chant de la promotion Capitaine Biancamaria, 41° promotion de l'Ecole Militaire Interarmes (2001-2003), chant dont je suis prêt à parier qu'il va certainement passer dans les annales.


Capitaine Biancamaria

 
Vous naquîtes jadis sur le sol de Provence,
Votre père, officier, servait alors la France.
Sur les banc d'écolier d'une ville insulaire
Vous rêvez d'être un jour, comme lui, militaire.
De la flèche à Billom, vous aimez le labeur
Et seul, vous élevez vos frères et vos sœurs.
Prêt à servir votre Patrie par idéal,
Vous rejoignez l'infanterie coloniale.
 
Refrain :
Magnifique officier, glorieux chef de guerre
Incarnant à jamais les pures traditions,
Vaillant parachutiste aux titres légendaires
Qui donnez votre nom à notre promotion,
Acceptez notre vœu guidez-nous sur vos pas.
Honneur au Capitaine Biancamaria !

R

Vous puisez à Cherchell cette science féconde
Afin de protéger le France dans le monde,
A la première armée, tout d'abord, outre-Rhin,
Et puis en Cochinchine et plus tard au Tonkin.
Le Viêt-minh à Hadong vous mène la vie dure ;
Il vous prend à partie mais vous n'en avez cure.
Bien que blessé par les éclats d'une grenade,
Vous portez au fourbe ennemi votre estocade.

R
 
Arborant fièrement une Légion d'honneur,
Vous arpentez Tunis avec vos tirailleurs.
En Extrême-Orient, les rizières s'enflamment ;
Impavide guerrier, dans le brasier d'Annam
Vous traquez sans répit tous ceux qui vous harcèlent
Réduisant à néant des hordes de rebelles.
Vous combattez jour après jour l'âpre Viêt-minh
Mais vous voilà soudain touché par une mine.
 
R

Coiffé de lauriers, un rêve idéaliste
Devient réalité chez les parachutistes.
Des Aurès à Dirkou, sous le soleil d'Afrique,
Vous guidez vos soldats aux vertus héroïques.
Les fellaghas nombreux rôdent dans le djebel
Une balle a sifflé ; son cantique est mortel,
Et vous tombez en contemplant votre victoire
Avant d'atteindre l'empyrée couvert de gloire.

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Rédigé par Polydamas

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Publié le 29 Mars 2008

Pour se rafraichir la mémoire, il ne me semble inutile de lire sur cette page un récapitulatif de l'histoire de la messe tridentine depuis Vatican II, et notamment, ce petit recueil des techniques  de certains évêques pour ne pas appliquer le Motu Proprio. C'est effectivement ce que certains catholiques vivent en ce moment même.


1 - attribuer une église trop petite, ce qui laissera chaque dimanche des fidèles sur le trottoir
2 - attribuer une église excentrée
3 - attribuer une église où le stationnement est quasiment impossible (sachant que beaucoup de fidèles viennent de loin)
4 - attribuer un horaire tôt le matin (9h00) ou tard le soir (18h30), mais jamais à une heure pratique (10h00), et/ou permettre une seule messe et la placer le samedi matin
5 - autoriser la messe un dimanche sur deux, ou en alternant les lieux (voire les deux inconvénients en même temps)
6 - "coincer" la messe juste avant une autre messe, sachant qu'une messe chantée en latin dure au minimum 1h15, et que les "incompréhensions" entre la communauté qui sort (latin) et celle qui entre (français) peuvent s'en trouver exacerbées
7 - attribuer une messe dans une petite église dotée d'un seul autel, de sorte que le parement dos au peuple doit être installé à la va-vite et démonté de la même manière, ce qui est source d'agacement pour les deux communautés
8 - donner la messe à dire à un prêtre qui la connaît mal, ne l'apprécie pas, se trompera et y fera des aménagements certainement peu souhaités
9 - donner la messe à dire à plusieurs prêtres à tour de rôle, ce qui empêche la communauté d'avoir un prêtre attitré, et la prive d'un interlocuteur
10 - brouiller les pistes en dénommant la messe traditionnelle "messe selon le Missel de Jean XXIII" (alors que celui-ci n'a effectué que des modification mineures) ; cela dans le seul but d'évacuer les termes en usage chez catholiques traditionalistes, à savoir "messe tridentine" et "messe St-Pie V". Curieusement, en France on ne veut pas non plus utiliser le terme utilisé institué par Benoît XVI, à savoir "forme extraordinaire"...


Via le Forum Catholique.

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Religion

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Publié le 26 Mars 2008


La blogosphère a résonné de toutes les réactions sur le cas de Chantal Sébire. Les circonstances du drame sont connues, je n'y reviendrais pas. D'autres tel que le Salon Beige ou Koztoujours ont mieux explicité que moi les arguments de tous types que l'on peut opposer à ceux qui y sont favorables .

L'argument qui revient sans cesse est la tentative de démolition des fantasmes en partant des exemples néerlandais et belges. Dans cet argument, on passe volontairement sous silence la Suisse où le chef de l'association Dignitas a été mis en cause pour des euthanasies de schizophrènes un peu trop expéditives. Mais cet homme n'était rien d'autre qu'un précurseur...

En effet, via les PFs, on apprend fort opportunément, qu'en Belgique, l'euthanasie pourrait être étendue aux enfants et aux fous.

L'Open Vld annonce de nouvelles initiatives en vue d'étendre la loi sur l'euthanasie aux enfants et aux personnes âgées en état de démence, éventuellement avec une majorité de rechange. C'est ce qu'indiquent mardi plusieurs journaux flamands. Le Premier ministre Yves Leterme (CD&V) ne les arrêtera pas. Le week-end a été marqué par des critiques émanant du monde catholique, notamment via l'homélie de Mgr Danneels, à la suite de l'euthanasie dont à bénéficié l'écrivain flamand Hugo Claus.

Bon, je sais pas pour vous, mais l'idée qu'une société puisse exécuter ses fous ou ses mineurs me fait dresser les cheveux sur la tête. Et je ne vois aucune raison particulière qui empêcherait la France de suivre cette voie, une fois l'euthanasie légalisée. Ne voit-on pas que les règles sont des garde-fous nécessaires pour prévenir des dérives trop odieuses ? Repousser les limites, c'est repousser encore toujours plus loin les dérives, et les coups de canif à ces règles.

Gadrel
a une réponse très juste:

C'est de la démence. Un mineur ne peut pas acheter un paquet de clopes mais pourra désormais se faire euthanasier à l'aise.

Par ailleurs, dans la considération cynique, il sorpasso est certainement très proche de ce que sera bientôt la réalité de l'euthanasie, nécessairement festive, caractère que n'aurait pas renié Philippe Muray. Qu'ILYS me pardonne pour cette reprise de ce billet que je trouve très juste.

(…)-Tu y vas, toi, à la fête de départ de Gérard ?
- Je sais pas trop. Bon il m’a envoyé le faire part, mais j’ai plus grand chose à lui dire. Ca me gêne un peu ces soirées où les futurs partants prennent le premier plan.
- Ouaah c’est normal, attends, t’en feras autant.
- Non, non, je sais pas… je verrai…
-C’est juste une soirée d’adieux. Pas prise de tête. Après il fait le truc intime truc avec les proches, la famille, pour le départ, juste quelques-uns qu’il a choisi.
- ‘tin, moi j’aurais peur qu’on m’envoie chier pour ce genre de truc, que des gens refusent. Y a plus que ceux qui attendent l’héritage qui y vont. Et les curieux. Non, franchement le discours côté “je décide de tout, même de la date, je maitrise, j’adore la vie et maintenant j’adore la grande aventure qui se prépare” pfff, après avoir tout merdé dans leur vie, ils essayent tous de se rattraper là dessus. Mais c’est vrai, j’ai assisté à plusieurs départs, y’en a que pour la famille proche, et toujours les mêmes trucs chiants..
-Gérard c’est différent, il a un cancer, quand même.
-Ouais, c’est vrai. Mais il imite les sliders [ndla : ceux qui partent sans être malades ni physiquement ni mentalement] quand même, le côté festif, tout ça. Comme si, même le cancer il l’avait prévu, planifié, pour cacher sa trouille. Il joue même au duel !
- Au quoi ?
- Tu sais là, ceux qui testent la douleur, pour voir, et quand c’est trop dur, ils partent, comme un défi, voir si ils tiennent jusqu’au bout..
- Tu veux dire jusqu’à ce qu’ils claquent ?
- Hihihi. Ben ouais, mais en général il partent tous avant la naturelle..C’est surtout pour se rendre intéressant..Au final, on en sait pas plus sur ce qu’ils ressentent vraiment comme douleur, c’est con à dire, mais voilà, quoi
- Et ça me rappelle, tu te souviens, Marie ?
- La bonasse de chez Corpax ?
- Ouais, et ben , sa mère, bon, quand elle morte, elle voulait pas dire ce qu’elle laissait, à qui, comme héritage, y’avait gros, ben la famille, l’ont pas voulu la laisser passer avant de savoir qui avait quoi, du coup, il ont fait durer, et y parait qu’ils ont payé le doc pour qu’il l’assiste jusqu’à la naturelle, à l’ancienne !
- Putain c’est dégueulasse ! …En même temps, elle l’a cherché, la vieille… C’est quoi ces combines avec le blé, elle pouvait pas être plus transparente ? Y’en a vraiment qui font chier jusqu’au bout …
- Ben, c’était une vieille, tu sais, elle faisait ça pour être entourée, même hypocritement.
- Tu vois où en est ? Ils ont tous la trouille, nom de dieu ! C’est pas la douleur qui leur fait peur, c’est le gouffre, le mystère, le néant, personne ne veut être seul pour ça !
- Ouais, peut-être, mais enfin, ils ont le choix, c’est mieux qu’avant, quand même !
- Vas dire aux vieux pauvres sans famille de l’hôpital public, comment qu’on les pousse à dégager. Y’en a qui gueulent, tout ça, mais non seulement tout le monde s’en fout, mais la plupart, ils se résignent, ils le font, alors qu’ils sont comme les sliders, pas malades, rien, enfin, pas de souffrance, juste ils coûtent cher, on les fait culpabiliser.
- Mais on les obligent pas !
- Pas vraiment. Mais comme ils sont seuls, tu vois, et qu’ils se sentent inutile, à en crever justement, le doc leur dit avec du miel que ça serait bien, pour la société tout ça et hop, ils dégagent. Mais au final, c’est très étrange, parce que dégager les fait se sentir utile comme un sacrifice et ça annule leurs peurs. Sont peut-être les plus heureux de tous à partir. Ça a du sens pour eux.
- Hin ! T’es con !
- J’te jure. Mais il parait qu’il y en a qui partent sans aides
-De quoi?
-Sans aides, quand ils peuvent encore bouger, tout ça, ils montent sur le toit et ils sautent, ou ils s’ouvrent les veines..
-Bouarkk ! Ch’ais pas comment ils font. Pourquoi ils font ça d’abord ? Alors qu’on leur offre le départ !
- Peut-être qu’ils veulent être seul, un truc comme ça, au moins une fois dans leur vie...
- Pfff ! Ça devrait être interdit de partir comme ça tout seul, sans assistance…Société de merde….vraiment, quoi..y’a encore beaucoup de travail pour que les gens admettent le mourir-ensemble..encore trop de ces individualistes barbares... *


Après le vivre-ensemble, vive le mourir-ensemble, et avec les gosses, en plus !

* Effectivement, on pourrait croire à la caricature, mais non, il semblerait qu'il y ait vraiment des gens qui déplorent les suicides, suicides dont on dit qu'ils pourraient être facilement évités par l'euthanasie. L'important n'est donc pas de mourir, l'important c'est de mourir en collectivité, entouré. Il n'y a même plus de mots pour décrire l'aberration que notre société est en train de construire.

 

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Rédigé par Polydamas

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Publié le 23 Mars 2008

Rédigé par Polydamas

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Publié le 21 Mars 2008

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A un certain moment, dans ses Discours théologiques, Saint Grégoire de Nazianze se demande à qui le Seigneur a offert son sang. Il dit : le Père ne voulait pas du sang du Fils, le Père n'est pas cruel, il n'est pas nécessaire d'attribuer cela à la volonté du Père ; mais c'est l'histoire qui le voulait, ce sont les nécessités et les déséquilibres de l'histoire qui le voulaient. (...) Il ne faut pas offrir à un Dieu cruel le sang de Dieu. Mais Dieu lui-même, par son amour, doit entrer dans les souffrances de l'histoire pour créer non pas un équilibre, mais un surplus d'amour qui est plus fort que l'abondance du mal qui existe.

(Benoît XVI, entretien avec le clergé de Rome, 22 février 2007)
Via Yves Daoudal.

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Rédigé par Polydamas

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Publié le 20 Mars 2008

A l'occasion du Jeudi-Saint, vous pouvez contempler ici la Cène de Léonard de Vinci, en très haute définition.

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Chaque fois que vous mangerez de ce pain, et que vous boirez de cette coupe,
vous annoncerez la mort du Seigneur, jusqu'à ce qu'il vienne.



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Rédigé par Polydamas

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Publié le 18 Mars 2008


L'auteur de Festivus, festivus, est visionnaire comme toujours.

Mais il est probable qu'on n'ait encore rien vu, certains défendent déjà le mariage à trois, voire plus. Muray était en-dessous de la réalité...


Le mariage transformé par ses célibataires mêmes
par Philippe Muray, écrivain*

Par-delà le néo-mariage, et quelques autres revendications divertissantes, c'est la réduction au silence du moindre propos hétérodoxe qui se profile, c'est l'écrasement légal des derniers vestiges de la liberté d'expression, c'est la mise en examen automatique pour délit de lucidité.

Le mariage est une invention qui remonte à la plus haute antiquité. Je parle du mariage à l'ancienne, cette institution conformiste, vermoulue et petite-bourgeoise qui véhicule depuis la nuit des temps « les valeurs hétéro-patriarcales et familialistes » pour m'exprimer comme Christophe Girard et Clémentine Autain. Sauf erreur de ma part, cette mémorable conquête n'a pas été arrachée, l'arme à la main, de nuit, dans la précipitation et sous la menace des pires représailles, par une petite bande de fanatiques de la nuptialité bien décidés à se servir de la lâcheté des uns, de l'ambition des autres, de la démagogie tremblotante de tous, pour faire triompher leur cause. Nulle part ce type de mariage ne paraît avoir été imposé par la force. Ni en jetant à l'opinion publique un fatras précipité de raisonnements contradictoires afin d'extorquer d'elle, par sondage, une approbation apeurée. Il n'est pas davantage le fruit d'une volonté claironnée de mettre à genoux le pouvoir politique. Aucun gouvernement, à ma connaissance, n'a cédé aux partisans de la conjugalité dans la crainte de se voir accusé de gamophobie (du grec gamos, mariage).

Y a-t-il même eu « débat », à propos de cette importante « question de société », chez les Égyptiens pharaoniques, à Babylone, en Inde, à Lascaux, entre psychanalystes lacustres, sociologues troglodytes, militants de l'un ou l'autre bord ? En a-t-on discuté, dans le désert de Chaldée, à la lueur de la Grande Ourse ? A-t-on menacé de ringardisation les adversaires de cette nouveauté ? Les a-t-on accusés de ne rien comprendre à l'évolution des mœurs, de s'accrocher à des modèles désuets, d'alimenter la nostalgie d'un ordre soi-disant naturel qui ne relève que de la culture ? La Guerre des Games (de gamos, mariage, je ne le répéterai plus) a-t-elle eu lieu ?

Il semble bien que non. La chose, c'est horrible à dire, s'est faite toute seule, suivant la pente de l'espèce, laquelle sait si bien jouer sur les deux tableaux pour protéger ses intérêts, manier en même temps la carotte et le bâton, l'appât et l'hameçon, le désir de satisfaction sexuelle des individus et ses propres nécessités vitales de perpétuation, et emballer cela dans les mirages vaporeux de la pastorale romantique.

On a tout essayé, par la suite, avec le mariage. On l'a plié dans tous les sens. On a tâté de la polygamie, de la bigamie, de la monogamie, de l'adultère, du divorce à répétition, du mariage forcé, du mariage civil, du mariage religieux, du mariage d'argent, du mariage raté. On a même vu des mariages heureux. On a vu des mariages stériles et d'autres féconds, des unions dramatiques et des noces de sang. On en a fait des vaudevilles et des tragédies. Avec des placards pleins d'amants, des cocus en caleçon, des maîtresses acariâtres. Le mariage, en résumé, n'a été inventé que pour fournir des sujets de romans et pour assurer la chaîne sans fin des générations ainsi que le veut l'espèce.

Il n'en va pas exactement de même du futur mariage homosexuel, dont la genèse aura laissé tant de traces, à l'inverse de l'autre, qu'il sera aisé de la reconstituer. C'est que cette nouveauté ne va pas de soi, comme d'ailleurs la plupart des opérations expérimentales de notre temps. L'époque moderne, dont l'essence même est le soupçon dans tous les domaines, explose en cette affaire dans une sorte d'opéra-bouffe stupéfiant où la mauvaise foi et le chantage se donnent la réplique inlassablement. C'est d'abord le code civil qui a été instrumenté. On a prétendu qu'il n'y était stipulé nulle part que le mariage était réservé aux personnes de sexe opposé. Les homosexuels militants se sont engouffrés dans cet « oubli » pour exiger, au nom de l'égalité des droits, « l'accès des gays et des lesbiennes au mariage et à l'adoption ». L'exigence d'égalité est la grosse artillerie qui renverse toutes les murailles de Chine. La marche sans fin vers l'égalité absolue remplace, chez les minorités dominantes et furibondes, le défunt sens de l'Histoire. Pour ce qui est du code civil, d'abord paré de toutes les vertus, il n'a plus été qu'une sorte d'opuscule diffamatoire sitôt qu'on découvrit l'article 75, qui détermine que le mariage consiste à « se prendre pour mari et femme ». Peu soucieux de logique, les militants de la nouvelle union conclurent aussitôt à l'urgence d'une refonte de ce code que, l'instant d'avant, ils portaient aux nues. Et, en somme, puisque la loi est contre les homos, il faut dissoudre la loi.


Dans le même temps Noël Mamère, bonimenteur de Bègles, agitait son barnum ; et les notables socialistes se bousculaient au portillon de l'avenir qui a de l'avenir dans l'espoir de décrocher le titre de premier garçon d'honneur aux nouvelles épousailles. Le terrorisme et la démagogie se donnaient le bras sur le devant de la scène. On « déconstruisait » en hâte le mariage à l'ancienne. On affirmait qu'il est aujourd'hui « en crise » quand la vérité est qu'il l'a toujours été, par définition, puisqu'il unit deux personnes de sexe opposé, ce qui est déjà source de crise, et que, par-dessus le marché, il les soumet à des postulations contradictoires, le mensonge romantique et la vérité procréatrice. On rappela, contre les réactionnaires qui lient mariage et reproduction, qu'il n'en allait plus ainsi depuis la révolution contraceptive (ce qui ne pouvait manquer, ajoutait-on, de rapprocher les comportements homos et hétéros), quand c'est en fait depuis toujours, et dans toutes les civilisations, que l'on a cherché, certes avec moins d'efficacité technique qu'aujourd'hui, à réguler la fécondité, c'est-à-dire à autonomiser la sexualité par rapport à la « reproduction biologique ».

En quelques jours apparurent les étonnantes notions de « mariage fermé » (antipathique, hétéro) et de « mariage ouvert » (sympathique) puis « universel » (supersympa). On publia des sondages dans lesquels la société française déclarait qu'elle était d'accord pour applaudir aux évolutions de la société française, mais de grâce, qu'on arrête de lui brailler dans les oreilles. Les partisans du néo-mariage expliquèrent à la fois qu'il ne fallait pas interpréter leur demande comme une volonté de normalisation ou comme un désir d'imitation mais qu'il y avait de ça quand même, et que d'ailleurs ils se moquaient des institutions dont ils étaient exclus, sauf que le seul fait d'en être exclus leur apparaissait comme un outrage. Réclamant en même temps le droit à la différence et à la similitude, exigeant de pouvoir se marier par conformisme subversif et pour faire « un pied de nez à la conception traditionnelle du mariage » (comme l'écrivent encore les impayables Christophe Girard et Clémentine Autain), ils affirmaient aussi que ce même mariage, à la fois convoité et moqué, revendiqué pour être rejeté, et de toute façon transformé s'ils y accédaient jusqu'à en être méconnaissable, serait un remède souverain contre « l'alarmant taux de suicide » qui sévit chez les jeunes homosexuels, ce qui laisse supposer que ces derniers se suicident tous par désespoir de ne pouvoir convoler officiellement. On aurait pu imaginer d'autres motifs.

Mais ces réflexions tomberont très bientôt sous le coup des lois anti-homophobie qu'un gouvernement vassalisé par les associations se prépare en toute sottise à faire voter. Mieux vaut donc se taire. Par-delà le néo-mariage, en effet, et quelques autres revendications divertissantes (suppression de la mention relative au sexe sur les papiers d'identité afin d'en terminer avec les « problèmes kafkaïens rencontrés par les individus de sexe mixte, hermaphrodites, transsexuels, transgenres », ou encore « dépsychiatrisation des opérations de changement de sexe »), c'est la réduction au silence du moindre propos hétérodoxe qui se profile, c'est l'écrasement légal des derniers vestiges de la liberté d'expression, c'est la mise en examen automatique pour délit de lucidité. Il est urgent que personne ne l'ouvre pendant que se dérouleront les grandes métamorphoses qui s'annoncent, dont ce petit débat sur l'effacement de la différence sexuelle est l'avant-propos. Le néo-mariage, dans cette affaire, n'est que l'arbre baroque qui cache la prison.

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Ce texte a été publié dans une version légèrement réduite sous le titre "La guerre du mariage a-t-elle eu lieu ?" dans Marianne (18/09/2004, page 79). Cette version intégrale est reproduite avec l'autorisation de l'auteur.

*Philippe Muray est l'auteur de nombreux ouvrages, dont Après l'histoire, Belles Lettres, 2002.

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Rédigé par Polydamas

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Publié le 15 Mars 2008

Votre blogueur part en vacances pendant toute la semaine sainte.

Ça va me permettre d'oublier (un peu) les marchés, de me reposer (beaucoup), de me plonger dans des bouquins et surtout, surtout, de me couper d'Internet et des blogs.

Très bonne semaine sainte à tous, et bonne fête de Paques !

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Rédigé par Polydamas

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Publié le 13 Mars 2008

Via Lettres au Monde, je découvre cet article.


La sexualité reproduit les inégalités hommes-femmes

    
Rien ne change ou si peu. A travers la sexualité, les inégalités hommes-femmes perdurent. C'est un des constats faits par Nathalie Bajos, de l'Inserm, et Michel Bozon, de l'INED, dans Enquête sur la sexualité en France. En affinant l'étude publiée en 2007 (Le Monde du 14 mars 2007), les deux chercheurs ont constaté qu'à propos du premier rapport sexuel, de la notion de partenaire, de la représentation de la sexualité ou de l'homosexualité, hommes et femmes ne disent pas et ne vivent pas les choses de la même façon. Ils concluent que la sexualité française reste « hétérosexuelle, monogame et pénétrative », et que l'idée que « les hommes ont plus de besoins sexuels » est encore bien ancrée.

Selon eux , « l'injonction à la sexualité » ne se traduit pas dans les comportements : ainsi 2 hommes sur 10 considèrent la sexualité comme peu importante et les relations sans pénétration sont fréquentes, à la satisfaction des partenaires. De plus en plus d'actes sont perçus comme des agressions : 20 % des femmes disent en avoir été victimes et 5 % à 10 % des hommes.

Françoise Chirot

Ah oui, je les comprends, c'est grave.

Malgré le lavage de cerveau gay-friendly, et le porno-chic qui inonde les plateaux-télé, les Français restent  platement hétéros et monogames et adeptes de la "sexualité pénétrative". Ils n'ont vraiment rien compris ces bouseux, c'est à désespérer de l'efficacité de la propagande...

Tiens, d'ailleurs, il y a quelqu'un qui peut m'expliquer quelles sont les inégalités homme-femme dans la sexualité ? J'avoue qu'avec toutes ces conneries novlanguaises, j'en perds mon latin.
 
 

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Rédigé par Polydamas

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Publié le 12 Mars 2008

Le dernier poilu est décedé. A cette occasion, il me parait normal qu'il y ait des funérailles nationales pour l'ultime représentant de ceux qui se sont battus et sont morts pour la France.

Il n'est pas étonnant qu'il ait été le dernier à rendre l'âme, il est un ancien de la légion étrangère...

Pour en savoir un peu plus sur sa vie, voici le bel hommage de Max Gallo.


Lazare, le dernier des poilus
.

La cadence sèche de sa mitrailleuse et les cris des blessés résonnent toujours dans sa tête. Lazare Ponticelli n'a rien oublié de la Grande Guerre. Ni les combats qu'il a menés, ni les camarades qui sont tombés. Dernier survivant des poilus, il a 110 ans. Pourtant, dans ses yeux aujourd'hui presque aveugles, brille encore le regard de l'enfant qu'il fut. Ceux de ce gamin sans le sou qui avait les pieds nus et la rage de vivre. Ceux aussi de cet émigré italien prêt à tout pour garder la tête haute et dont la vie entière est à l'image d'un siècle de fer, de sang et d'espoir infini. Depuis son plus jeune âge, il a combattu. La pauvreté et la faim d'abord, puis sur le front et dans les tranchées. Dans les ateliers et sur les échafaudages. Avec les FFI pendant la Libération de Paris. Toujours, il a tenu bon.

A Bettola, petite commune d'Emilie-Romagne, dans le nord de l'Italie, où il naît le 7 décembre 1897, Lazare Ponticelli n'a connu que la misère. Son père travaille sur les foires comme maquignon, tandis que sa mère s'occupe des enfants et exploite un petit bout de terrain. Mais les affaires sont difficiles et l'argent ne rentre pas tous les jours. Souvent, avec ses frères et soeurs, il se couche le ventre vide ou se contente d'une maigre soupe. A Bettola, on est dur au mal. On serre les dents en silence en espérant que la chance va enfin tourner. Mais le sort s'acharne. Faute de pouvoir payer le médecin, son frère aîné est emporté par la maladie. Puis son père meurt brutalement.

Sa famille prend alors le chemin de l'exil, vers la France où ses frères pensent trouver du travail. Livré à lui-même, Lazare reste seul, car l'argent manque pour payer son voyage. En attendant, il devient berger et économise le moindre sou, jusqu'à ce qu'il puisse acheter son billet de train pour Paris. Un matin, les chaussures autour du cou, pour ne pas les abîmer, il quitte enfin l'Italie. Sans regrets. Il a tout juste 9 ans quand il débarque à la gare de Lyon. Trois jours et deux nuits, l'enfant erre sous ses hautes verrières, dormant sur un banc, jusqu'à ce qu'un commissionnaire le remarque et lui demande ce qu'il fait là. Lazare, qui ne comprend pas le français, ne fait que répéter le nom et l'adresse d'un bistrotier dont on lui a parlé avant son départ. Par chance, le cheminot connaît l'endroit et l'y conduit. Très vite, l'épouse du cafetier le prend sous son aile. Il y reste pendant huit mois, rendant de menus services aux commerçants du quartier.

En 1908, Lazare a 10 ans et quitte Paris pour rejoindre ses frères, Céleste et Bonfils, dont il a retrouvé la trace à Nogent-sur-Marne, là où de nombreux Italiens ont posé leur sac. Les premiers mois sont difficiles et les retrouvailles, houleuses. Il enchaîne les petits boulots et couche parfois dehors. Mais rien ne l'arrête. Lazare est tour à tour livreur de charbon, ramoneur, puis crieur de journaux. En mars 1913, avec un ami, il lance une entreprise de ramonage. Les affaires démarrent plutôt bien, mais, en août 1914, son monde s'écroule. La France mobilise contre l'Allemagne. La guerre est déclarée. Il n'y a plus de travail. Par milliers, les Italiens rentrent chez eux. A Nogent, on exhorte Lazare à partir et à regagner Bettola. C'est mal le connaître.

Bille en tête, il se présente à la caserne du boulevard Richard-Lenoir et s'engage pour la durée de la guerre dans le premier régiment de marche de la Légion étrangère. Il n'a que 16 ans et a triché sur son âge. « J'ai voulu défendre la France parce qu'elle m'avait donné à manger, explique- t-il en levant la tête. C'était ma manière de dire merci. »

Engagé volontaire à 16 ans

Dans la file des volontaires, il retrouve son frère Céleste. Comme des centaines de jeunes recrues, ils rejoignent Nîmes puis Avignon. Un mois d'instruction plus tard, l'armée estime qu'ils sont prêts pour le front. Fiers de leur nouvel uniforme, les deux hommes font les bravaches. C'est vrai qu'ils ont de l'allure, avec leur pantalon garance, leur vareuse bleue et le képi légèrement de travers. A l'épaule, leur fusil Lebel pèse d'un poids rassurant. Avec une telle arme, les Boches n'ont qu'à bien se tenir ! Lazare bout d'impatience. Mais au fond, ni l'un ni l'autre ne savent vraiment ce qui les attend.

C'est vers Soissons qu'ils reçoivent leur baptême du feu et découvrent la guerre. Les premiers mois sont les plus meurtriers et la Légion est de tous les coups durs. Céleste est blessé puis évacué. « Au début, nous savions à peine nous battre et nous n'avions presque pas de munitions, raconte-t-il. Nous creusions sans cesse. D'abord des fosses pour enterrer les morts, puis des sapes et des tranchées. On avait la peur au ventre. Parfois on se dévisageait en silence, en se demandant lequel d'entre nous ne reviendrait pas. En Argonne, sur la cote 707, j'ai secouru un type qui avait perdu sa jambe. Il hurlait de douleur pendant que je le traînais jusqu'à notre tranchée. En face, les Allemands nous tiraient dessus. Avant que les infirmiers ne se précipitent sur lui pour le soigner et l'évacuer, il a voulu me serrer dans ses bras en me disant : "Merci pour mes quatre enfants." Je ne sais pas ce qu'il est devenu. »

La guerre l'emporte. A Verdun, il fait partie des hommes chargés de reprendre le fort de Douaumont. L'artillerie allemande pilonne sans relâche. Les pertes sont énormes. Lazare survit. En mai 1915, tout bascule. L'Italie vient d'entrer en guerre contre l'Autriche-Hongrie. Conformément aux accords signés entre les deux pays, la France démobilise les Italiens engagés dans son armée. Le soldat Ponticelli doit quitter la Légion, écoeuré.

« Je ne voulais pas partir de mon bataillon et laisser mes camarades. La Légion avait fait de moi un Français, explique le vieil homme. C'était profondément injuste. » Rendu à la vie civile, Lazare retourne à Paris et tente de se rengager dans l'armée française. En vain. Il pense qu'on l'a oublié quand deux gendarmes, un peu gênés, viennent l'arrêter et le conduisent de force à Turin, où il est incorporé à la 159e compagnie de mitrailleuses du 3e régiment d'Alpini, les chasseurs alpins italiens.

A nouveau, les combats s'enchaînent. Dans le fracas des tirs et des explosions, la douleur et le murmure des prières. Puis un matin, à Pal Piccolo, en pleine montagne, le silence. Timidement, on se fait signe de part et d'autre des tranchées. Des mains se tendent, offrent des cigarettes ou un morceau de pain. « Cela faisait des semaines que l'on vivait à quelques mètres les uns des autres, se souvient Lazare. Si près qu'on entendait les conversations. Dans ma section, les trois quarts des hommes étaient des Italiens germanophones. L'"ennemi" était souvent le voisin d'en face. Alors est arrivé ce qui devait arriver : on a fraternisé. » L'état-major ne leur pardonnera pas. Les hommes passent en conseil de guerre et sont envoyés en Slovénie, sur le Monte Cucco, face à une compagnie d'élite autrichienne qui engage aussitôt le combat.

Deux jours durant, Lazare repousse les assauts ennemis derrière sa mitrailleuse. Il est blessé au visage, mais il continue à tirer. « Le sang me coulait dans les yeux. Je me suis dit que, si je m'arrêtais, j'étais mort. Alors, malgré ma blessure, j'ai continué à presser la détente comme un automate. Et tout à coup, les Autrichiens sont sortis, ils agitaient des chiffons blancs... C'était fini. Nous avons fait 200 prisonniers. Puis j'ai été évacué. »

Il se réveille à Naples dans un hôpital militaire, une médaille agrafée sur la poitrine. Mais la guerre n'est pas finie. Lazare remonte en ligne au cours de l'année 1918. Cette fois, partout sur le front, les Autrichiens reculent. « Puis, alors que le bataillon se préparait à monter à l'attaque, on a appris la signature de l'armistice. Fallait voir ça ! C'était incroyable ! On s'est embrassés, Italiens et Autrichiens ensemble. Nous étions fous de joie ! » Il s'y revoit et sourit en silence.

Mais son enthousiasme est de courte durée. Le 3e régiment d'Alpini n'est pas démobilisé et participe à des missions de sécurité intérieure. Lazare doit attendre 1920 pour être libéré. Mais un autre problème l'attend. S'il est dégagé des obligations militaires en tant qu'ancien combattant italien, il lui sera très difficile d'obtenir des papiers pour rentrer à Paris.

Déterminé, l'ancien légionnaire fait alors le siège du consulat de France à Milan où l'on traîne des pieds pour le recevoir. Tant pis. Il attend. « Finalement, s'amuse-t-il, j'ai réussi à montrer mon livret militaire de 1914 que j'avais précieusement gardé. On m'a alors reconnu en tant que soldat français et libéré en tant que tel. »

De retour en France, Lazare veut oublier la guerre. Avec ses deux frères, il se spécialise dans le montage et le démontage de cheminées. En 1921, ils créent ensemble Ponticelli Frères, une société de fumisterie. Les chantiers se succèdent. Au cours de l'été 1923, Lazare se marie avec Clara, une Française, qui lui donne trois enfants. Dans les années 30, l'entreprise prend de l'essor et se diversifie dans l'industrie pétrolière. Le Rital illettré de Bettola a pris sa revanche.

En 1939, les trois frères obtiennent la nationalité française. C'est la prospérité. Mais une nouvelle guerre éclate, et la France mobilise à nouveau. L'enthousiasme n'est pas le même qu'en 1914 et le pays se prépare au combat les tripes nouées. En 1940, la défaite de l'armée française et l'exode le conduisent en zone libre avec sa famille. Mais l'inactivité lui pèse. Fin 1942, il rejoint la Résistance, détourne des wagons d'obus destinés à l'Allemagne et participe à la libération de Paris avec les FFI.

La paix revenue, Lazare décroche de nouveaux contrats, et sa société ne cesse de grandir. Quand il prend sa retraite, au début des années 60, Ponticelli Frères est en passe de devenir la multinationale aux 2 000 salariés qu'elle est aujourd'hui.

Avec le temps, les souvenirs de la Première Guerre mondiale sont revenus le hanter. Dans sa maison du Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne), où il vit avec sa fille, ses nombreux visiteurs ne lui parlent que d'explosions et de batailles. Lazare les écoute et raconte avec passion. Puis savoure le calme revenu, gère son portefeuille boursier avec passion et reçoit les siens. En décembre 2007, il a fêté son cent dixième anniversaire à la Cité de l'immigration. Un symbole fort, pour cet Italien qui a tout fait pour être français. Dernier des poilus, Lazare Ponticelli ne s'est pas décidé à accepter des funérailles nationales - un refus toutefois nuancé par sa famille -, comme Jacques Chirac l'avait promis en 2005. Mais tant que sa force le lui permettra, il s'est juré de témoigner. Et chaque 11 novembre, on peut voir sa frêle silhouette s'incliner devant le monument aux morts de sa commune. « Je leur dois bien cela, dit-il soudain ému. Si je suis là, c'est aussi grâce à eux. »

Leur rendre hommage est son dernier combat.



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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Disparitions

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