Publié le 30 Mars 2008

Le blog Club Acacia réalise un superbe travail de promotion des chants traditionnels français (le sommaire est ici.). Dans chaque billet, en plus d'inclure une version Youtube, les paroles de chaque chant sont reproduites jointe à une présentation rapide de son historique. Quoiqu'on puisse penser des orientations de ce blog, ce travail est important, les chants étant l'héritage des traditions françaises et le témoignage vivant de notre histoire.

On y trouvera donc nombre de chants militaires; comme à l'accoutumée, la Grande Muette est le dépositaire de nombreux chants parmi les plus glorieux. Mais aussi des chants régionaux, des chants de veillée, des chants médiévaux, des chants à boire, des chants d'amour, des chants marins et j'en passe. En outre, contrairement aux apparences, Club Acacia est un blog oecuménique. Sur les chants connus dont l'air a été repris par toutes les idéologies, le blog propose les différentes versions existantes.

Par ailleurs, ce n'est pas parce que l'on entretient la mémoire de ces chants, quelque puisse être le passé troublé de ces mélodies, que l'on est nostalgiques des régimes politiques qui les ont vu naître. Après tout, votre serviteur est un grand admirateur des choeurs de l'Armée Rouge, et je ne pense pas qu'on puisse me classer parmi les soutiens au régime soviétique.

Si vous souhaitez vous procurer ces chants sur CD, en plus des traditionnels CD militaires, le Choeur Montjoie St Denis est l'adresse rêvée. A noter également, ces deux sites (ici et ) spécialisés dans les chants militaires, où les les dilettantes devraient trouver leur bonheur.

Pour finir, preuve que les chants de tradition peuvent se renouveler et innover, voici le chant de la promotion Capitaine Biancamaria, 41° promotion de l'Ecole Militaire Interarmes (2001-2003), chant dont je suis prêt à parier qu'il va certainement passer dans les annales.


Capitaine Biancamaria

 
Vous naquîtes jadis sur le sol de Provence,
Votre père, officier, servait alors la France.
Sur les banc d'écolier d'une ville insulaire
Vous rêvez d'être un jour, comme lui, militaire.
De la flèche à Billom, vous aimez le labeur
Et seul, vous élevez vos frères et vos sœurs.
Prêt à servir votre Patrie par idéal,
Vous rejoignez l'infanterie coloniale.
 
Refrain :
Magnifique officier, glorieux chef de guerre
Incarnant à jamais les pures traditions,
Vaillant parachutiste aux titres légendaires
Qui donnez votre nom à notre promotion,
Acceptez notre vœu guidez-nous sur vos pas.
Honneur au Capitaine Biancamaria !

R

Vous puisez à Cherchell cette science féconde
Afin de protéger le France dans le monde,
A la première armée, tout d'abord, outre-Rhin,
Et puis en Cochinchine et plus tard au Tonkin.
Le Viêt-minh à Hadong vous mène la vie dure ;
Il vous prend à partie mais vous n'en avez cure.
Bien que blessé par les éclats d'une grenade,
Vous portez au fourbe ennemi votre estocade.

R
 
Arborant fièrement une Légion d'honneur,
Vous arpentez Tunis avec vos tirailleurs.
En Extrême-Orient, les rizières s'enflamment ;
Impavide guerrier, dans le brasier d'Annam
Vous traquez sans répit tous ceux qui vous harcèlent
Réduisant à néant des hordes de rebelles.
Vous combattez jour après jour l'âpre Viêt-minh
Mais vous voilà soudain touché par une mine.
 
R

Coiffé de lauriers, un rêve idéaliste
Devient réalité chez les parachutistes.
Des Aurès à Dirkou, sous le soleil d'Afrique,
Vous guidez vos soldats aux vertus héroïques.
Les fellaghas nombreux rôdent dans le djebel
Une balle a sifflé ; son cantique est mortel,
Et vous tombez en contemplant votre victoire
Avant d'atteindre l'empyrée couvert de gloire.

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Entracte

Publié le 29 Mars 2008

Pour se rafraichir la mémoire, il ne me semble inutile de lire sur cette page un récapitulatif de l'histoire de la messe tridentine depuis Vatican II, et notamment, ce petit recueil des techniques  de certains évêques pour ne pas appliquer le Motu Proprio. C'est effectivement ce que certains catholiques vivent en ce moment même.


1 - attribuer une église trop petite, ce qui laissera chaque dimanche des fidèles sur le trottoir
2 - attribuer une église excentrée
3 - attribuer une église où le stationnement est quasiment impossible (sachant que beaucoup de fidèles viennent de loin)
4 - attribuer un horaire tôt le matin (9h00) ou tard le soir (18h30), mais jamais à une heure pratique (10h00), et/ou permettre une seule messe et la placer le samedi matin
5 - autoriser la messe un dimanche sur deux, ou en alternant les lieux (voire les deux inconvénients en même temps)
6 - "coincer" la messe juste avant une autre messe, sachant qu'une messe chantée en latin dure au minimum 1h15, et que les "incompréhensions" entre la communauté qui sort (latin) et celle qui entre (français) peuvent s'en trouver exacerbées
7 - attribuer une messe dans une petite église dotée d'un seul autel, de sorte que le parement dos au peuple doit être installé à la va-vite et démonté de la même manière, ce qui est source d'agacement pour les deux communautés
8 - donner la messe à dire à un prêtre qui la connaît mal, ne l'apprécie pas, se trompera et y fera des aménagements certainement peu souhaités
9 - donner la messe à dire à plusieurs prêtres à tour de rôle, ce qui empêche la communauté d'avoir un prêtre attitré, et la prive d'un interlocuteur
10 - brouiller les pistes en dénommant la messe traditionnelle "messe selon le Missel de Jean XXIII" (alors que celui-ci n'a effectué que des modification mineures) ; cela dans le seul but d'évacuer les termes en usage chez catholiques traditionalistes, à savoir "messe tridentine" et "messe St-Pie V". Curieusement, en France on ne veut pas non plus utiliser le terme utilisé institué par Benoît XVI, à savoir "forme extraordinaire"...


Via le Forum Catholique.

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Religion

Publié le 26 Mars 2008


La blogosphère a résonné de toutes les réactions sur le cas de Chantal Sébire. Les circonstances du drame sont connues, je n'y reviendrais pas. D'autres tel que le Salon Beige ou Koztoujours ont mieux explicité que moi les arguments de tous types que l'on peut opposer à ceux qui y sont favorables .

L'argument qui revient sans cesse est la tentative de démolition des fantasmes en partant des exemples néerlandais et belges. Dans cet argument, on passe volontairement sous silence la Suisse où le chef de l'association Dignitas a été mis en cause pour des euthanasies de schizophrènes un peu trop expéditives. Mais cet homme n'était rien d'autre qu'un précurseur...

En effet, via les PFs, on apprend fort opportunément, qu'en Belgique, l'euthanasie pourrait être étendue aux enfants et aux fous.

L'Open Vld annonce de nouvelles initiatives en vue d'étendre la loi sur l'euthanasie aux enfants et aux personnes âgées en état de démence, éventuellement avec une majorité de rechange. C'est ce qu'indiquent mardi plusieurs journaux flamands. Le Premier ministre Yves Leterme (CD&V) ne les arrêtera pas. Le week-end a été marqué par des critiques émanant du monde catholique, notamment via l'homélie de Mgr Danneels, à la suite de l'euthanasie dont à bénéficié l'écrivain flamand Hugo Claus.

Bon, je sais pas pour vous, mais l'idée qu'une société puisse exécuter ses fous ou ses mineurs me fait dresser les cheveux sur la tête. Et je ne vois aucune raison particulière qui empêcherait la France de suivre cette voie, une fois l'euthanasie légalisée. Ne voit-on pas que les règles sont des garde-fous nécessaires pour prévenir des dérives trop odieuses ? Repousser les limites, c'est repousser encore toujours plus loin les dérives, et les coups de canif à ces règles.

Gadrel
a une réponse très juste:

C'est de la démence. Un mineur ne peut pas acheter un paquet de clopes mais pourra désormais se faire euthanasier à l'aise.

Par ailleurs, dans la considération cynique, il sorpasso est certainement très proche de ce que sera bientôt la réalité de l'euthanasie, nécessairement festive, caractère que n'aurait pas renié Philippe Muray. Qu'ILYS me pardonne pour cette reprise de ce billet que je trouve très juste.

(…)-Tu y vas, toi, à la fête de départ de Gérard ?
- Je sais pas trop. Bon il m’a envoyé le faire part, mais j’ai plus grand chose à lui dire. Ca me gêne un peu ces soirées où les futurs partants prennent le premier plan.
- Ouaah c’est normal, attends, t’en feras autant.
- Non, non, je sais pas… je verrai…
-C’est juste une soirée d’adieux. Pas prise de tête. Après il fait le truc intime truc avec les proches, la famille, pour le départ, juste quelques-uns qu’il a choisi.
- ‘tin, moi j’aurais peur qu’on m’envoie chier pour ce genre de truc, que des gens refusent. Y a plus que ceux qui attendent l’héritage qui y vont. Et les curieux. Non, franchement le discours côté “je décide de tout, même de la date, je maitrise, j’adore la vie et maintenant j’adore la grande aventure qui se prépare” pfff, après avoir tout merdé dans leur vie, ils essayent tous de se rattraper là dessus. Mais c’est vrai, j’ai assisté à plusieurs départs, y’en a que pour la famille proche, et toujours les mêmes trucs chiants..
-Gérard c’est différent, il a un cancer, quand même.
-Ouais, c’est vrai. Mais il imite les sliders [ndla : ceux qui partent sans être malades ni physiquement ni mentalement] quand même, le côté festif, tout ça. Comme si, même le cancer il l’avait prévu, planifié, pour cacher sa trouille. Il joue même au duel !
- Au quoi ?
- Tu sais là, ceux qui testent la douleur, pour voir, et quand c’est trop dur, ils partent, comme un défi, voir si ils tiennent jusqu’au bout..
- Tu veux dire jusqu’à ce qu’ils claquent ?
- Hihihi. Ben ouais, mais en général il partent tous avant la naturelle..C’est surtout pour se rendre intéressant..Au final, on en sait pas plus sur ce qu’ils ressentent vraiment comme douleur, c’est con à dire, mais voilà, quoi
- Et ça me rappelle, tu te souviens, Marie ?
- La bonasse de chez Corpax ?
- Ouais, et ben , sa mère, bon, quand elle morte, elle voulait pas dire ce qu’elle laissait, à qui, comme héritage, y’avait gros, ben la famille, l’ont pas voulu la laisser passer avant de savoir qui avait quoi, du coup, il ont fait durer, et y parait qu’ils ont payé le doc pour qu’il l’assiste jusqu’à la naturelle, à l’ancienne !
- Putain c’est dégueulasse ! …En même temps, elle l’a cherché, la vieille… C’est quoi ces combines avec le blé, elle pouvait pas être plus transparente ? Y’en a vraiment qui font chier jusqu’au bout …
- Ben, c’était une vieille, tu sais, elle faisait ça pour être entourée, même hypocritement.
- Tu vois où en est ? Ils ont tous la trouille, nom de dieu ! C’est pas la douleur qui leur fait peur, c’est le gouffre, le mystère, le néant, personne ne veut être seul pour ça !
- Ouais, peut-être, mais enfin, ils ont le choix, c’est mieux qu’avant, quand même !
- Vas dire aux vieux pauvres sans famille de l’hôpital public, comment qu’on les pousse à dégager. Y’en a qui gueulent, tout ça, mais non seulement tout le monde s’en fout, mais la plupart, ils se résignent, ils le font, alors qu’ils sont comme les sliders, pas malades, rien, enfin, pas de souffrance, juste ils coûtent cher, on les fait culpabiliser.
- Mais on les obligent pas !
- Pas vraiment. Mais comme ils sont seuls, tu vois, et qu’ils se sentent inutile, à en crever justement, le doc leur dit avec du miel que ça serait bien, pour la société tout ça et hop, ils dégagent. Mais au final, c’est très étrange, parce que dégager les fait se sentir utile comme un sacrifice et ça annule leurs peurs. Sont peut-être les plus heureux de tous à partir. Ça a du sens pour eux.
- Hin ! T’es con !
- J’te jure. Mais il parait qu’il y en a qui partent sans aides
-De quoi?
-Sans aides, quand ils peuvent encore bouger, tout ça, ils montent sur le toit et ils sautent, ou ils s’ouvrent les veines..
-Bouarkk ! Ch’ais pas comment ils font. Pourquoi ils font ça d’abord ? Alors qu’on leur offre le départ !
- Peut-être qu’ils veulent être seul, un truc comme ça, au moins une fois dans leur vie...
- Pfff ! Ça devrait être interdit de partir comme ça tout seul, sans assistance…Société de merde….vraiment, quoi..y’a encore beaucoup de travail pour que les gens admettent le mourir-ensemble..encore trop de ces individualistes barbares... *


Après le vivre-ensemble, vive le mourir-ensemble, et avec les gosses, en plus !

* Effectivement, on pourrait croire à la caricature, mais non, il semblerait qu'il y ait vraiment des gens qui déplorent les suicides, suicides dont on dit qu'ils pourraient être facilement évités par l'euthanasie. L'important n'est donc pas de mourir, l'important c'est de mourir en collectivité, entouré. Il n'y a même plus de mots pour décrire l'aberration que notre société est en train de construire.

 

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Pro-vie