Publié le 30 Juillet 2007

Mon billet sur la blogosphère conservatrice a eu son quart d'heure de gloire dans celle-ci, qui a repris, ou tout du moins, discuté l'idée de ce portail, pour la modifier et l'enrichir. Le débat est donc en cours, et chacun est libre d'y apporter sa contribution.

Le Grand Charles a ajouté son point de vue, et l'a ensuite confirmé. Fromage + en a fait l'objet de son coming -out. Artemus et Isabelle ont fait passer le message, sans oublier le Salon Beige, qui était aussi de la partie.

Même ILYS s'est positionné, plutôt négativement. On peut les comprendre, le projet d'une Conservatopédia, via Happy Fruits, n'ayant probablement pas rencontré le succès qu'ils espéraient.

Cependant, à voir le succès obtenu par ce thème en terme de fréquentation, il semblerait que ces billets, et les réactions, montrent une envie, une volonté certaine d'organiser les choses, de ne pas se contenter de la blogosphère usuelle.

Reste à savoir quoi faire de cette envie, de l'utiliser à bon escient, et de parvenir à monter un projet.

C'est pour cela qu'il faut en discuter, que nous avons besoin de vos avis sur la question, même négatifs, c'est pour cela que si vous avez des idées, vous pouvez vous signaler, que si vous souhaitez participer également....

Ainsi les personnes qui seraient intéressées par ce projet, parmi nos lecteurs, sont invitées à le faire savoir sur cette adresse mail, comme nous y invite Fromage +, que je remercie au passage, ou à se signaler en commentaire, ici ou dans les blogs précédemment cités. On se chargera de relayer...

Pour conclure cet appel, c'est Davila qui me parait le mieux approprié: "Si le réactionnaire n’a aucun pouvoir à notre époque, sa condition l’oblige à témoigner de son écoeurement."

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Médias

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Publié le 28 Juillet 2007

Parmi les auteurs conservateurs, dignes de figurer parmi les maitres de la Contre Révolution, il en est un que l'on oublie régulièrement. Ses livres, recueil de phrases courtes et ramassées, sont des oeuvres que chaque conservateur se doit de posséder, que ce soit ses Scolies (les Horreurs de la Démocratie), ses Notes ou son Réactionnaire authentique.

Cet auteur catholique et réactionnaire, c'est Nicolas Gomez Davila (1913-1994).

Si vous ne le connaissez pas, je vous recommanderai de prendre le temps de parcourir cet article, qui présente et analyse son oeuvre. Je vous laisse ensuite de juger de la justesse de ses phrases, qui pointent particulièrement bien les défauts de notre société corrompue.

Florilège non exhaustif:

Même la vérité la plus discrète apparaît aux modernes comme une intolérable impertinence.

Aux yeux d'un démocrate, qui ne s'avilit pas est suspect.

Le révolutionnaire ne découvre “l’esprit authentique de la révolution” que devant le tribunal révolutionnaire qui le condamne.

L’intellectuel irrite l’homme cultivé comme l’adolescent irrite l’adulte, non par l’audace de ses idées mais par la banalité de ses présomptions.

Peut-être qu’après tout, la meilleure justification des aristocraties est notre évident besoin de spécialistes de l’art de vivre.

Il n’y a pas de plus grande noblesse que de se refuser à ce que le cœur désire et que la raison repousse.

Dieu est l’être pour qui le plus humble et le plus commun des hommes est une personne. Dieu est l’être qui ne pense pas avec des idées générales.

Une doctrine sévère et une pratique aimable, voilà non la formule de l’hypocrisie, mais le secret de toute civilisation ancienne, riche, mûre.

La liberté à laquelle aspire l’homme moderne n’est pas celle de l’homme libre, mais celle de l’esclave un jour de fête.

Avoir raison, selon le démocrate, signifie hurler avec les loups.

Celui qui réclame l’égalité des chances finit par exiger que l’on pénalise celui qui est doué.

Si l’on aspire seulement à doter d’un nombre croissant de biens un nombre croissant d’êtres, sans se soucier de la qualité des êtres ni de celle des biens, alors le capitalisme est la solution parfaite.

Dans les époques aristocratiques, ce qui a de la valeur n’a pas de prix. Dans les époques démocratiques, ce qui n’a pas de prix n’a pas de valeur.

Et enfin, ces citations qui devraient réchauffer le coeur de tous les conservateurs:


L'individu obéissant à une vocation authentique est réactionnaire. Quelles que soient les opinions qu'il nourrit. Est démocrate celui qui attend du monde la définition de ses objectifs.

Le pur réactionnaire n’est pas un nostalgique qui rêve de passés abolis, mais le traqueur des ombres sacrées sur les collines éternelles.

Le réactionnaire n’argumente pas contre le monde moderne dans l’espoir de le vaincre, mais pour que les droits de l’âme ne se prescrivent jamais.

Si le réactionnaire n’a aucun pouvoir à notre époque, sa condition l’oblige à témoigner de son écoeurement.

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Littérature

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Publié le 24 Juillet 2007

Si vous n'avez pas la patience de la parcourir dans son intégralité, je vous recommande de cliquer au hasard sur la bande, vous y constaterez la beauté, la solennité, le respect du divin qui caractérise ce rit.

Une belle messe tridentine, c'est ça.



Sinon, dans la plupart des messes, l'épitre et l'évangile sont dit en français, sauf durant les messes solennelles, ce qui est le cas ici.

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Religion

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Publié le 22 Juillet 2007

La simple vérité catholique est qu'il faut absolument souffrir pour être sauvé et ce dernier mot implique une nécessité telle que toute la logique humaine mise au service de la métaphysique la plus transcendante ne saurait en fournir l'idée. L'honneur ayant compromis sa destinée éternelle par ce qu'on appelle le Péché, Dieu veut qu'il entre dans l'ordre de la Rédemption. Dieu le veut infiniment.

Alors s'engage une lutte terrible entre le coeur de l'homme qui veut fuir par sa liberté et le coeur de Dieu qui veut se rendre maître du coeur de l'homme par sa puissance. On croit assez facilement que Dieu n'a pas besoin de toute sa force pour dompter les hommes. Cette croyance atteste une ignorance singulière et profonde de ce qu'est l'homme et de ce qu'est Dieu par rapport à lui.

La liberté, ce don prodigieux, incompréhensible, inqualifiable par lequel il nous est donné de vaincre le Père, le Fils et le Saint-Esprit, de tuer le Verbe incarné, de poignarder sept fois l'Immaculée Conception, d'agiter d'un seul mot tous les esprits créés dans les Cieux et dans les enfers, de retenir la Volonté, la Justice, la Miséricorde, la Pitié de Dieu sur ses Lèvres et de les empêcher d'en descendre sur sa création ; cette ineffable liberté n'est rien que ceci : le respect que Dieu a pour nous.

Qu'on essaie un peu de se représenter cela : le Respect de Dieu !

Et ce respect est à un tel point que jamais, depuis la loi de grâce, Il n'a parlé aux hommes avec une autorité absolue, mais au contraire avec la timidité, la douceur et je dirai même, l'obséquiosité d'un solliciteur indigent qu'aucun dégoût ne serait capable de rebuter. Par un décret très mystérieux et très inconcevable de sa volonté éternelle, Dieu semble s'être condamné jusqu'à la fin des temps à n'exercer sur l'homme aucun droit immédiat de maître à serviteur, ni de roi à sujet.

S'il veut nous avoir, il faut qu'il nous séduise, car si sa Majesté ne nous plaît pas, nous pouvons la rejeter de notre présence, la faire souffleter, fouetter et crucifier aux applaudissements de la plus vile canaille. Il ne se défendra pas par sa puissance mais seulement par sa patience et par sa Beauté et c'est ici le combat terrible dont je parlais tout à l'heure.

Entre l'homme revêtu involontairement de sa liberté et Dieu volontairement dépouillé de sa puissance, l'antagonisme est normal, l'attaque et la résistance s'équilibrent raisonnablement et ce perpétuel combat de la nature humaine contre Dieu est la fontaine jaillissante de l'inépuisable Douleur.

Léon Bloy, Le Symbolisme de l'Apparition


Merci à Eymerich du FC.

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Religion

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Publié le 19 Juillet 2007

Cette fois, c'est un ancien ministre qui se ridiculise...



Luc Ferry vs Rémy Brague


Merci à Gai Luron.

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Histoire

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Publié le 18 Juillet 2007

Vu ici.

La simple proclamation de l'égalité naturelle entre tous les hommes et la fraternité qui doit les unir, sans distinction de races ou de cultures, a quelque chose de décevant pour l'esprit, parce qu'elle néglige une diversité de fait, qui s'impose à l'observation et dont il ne suffit pas de dire qu'elle n'affecte pas le fond du problème pour que l'on soit théoriquement et pratiquement autorisé à faire comme si elle n'existait pas. Ainsi le préambule à la seconde déclaration de l'Unesco sur le problème des races remarque judicieusement que ce qui convainc l'homme de la rue que les races existent, c'est l'évidence immédiate de ses sens quand il aperçoit ensemble un Africain, un Européen, un Asiatique, et un Indien américain.

Les grandes déclarations des droits de l'homme ont, elles aussi, cette force et cette faiblesse d'énoncer un idéal trop souvent oublieux du fait que l'homme ne réalise pas sa nature dans une humanité abstraite, mais dans des cultures traditionnelles ou les changements les plus révolutionnaires laissent subsister des pans entiers et s'expliquent eux-mêmes en fonction d'une situation strictement définie dans le temps et dans l'espace. Pris entre la double tentation de condamner des expériences qui le heurtent affectivement, et de nier des différences qu'il ne comprend pas intellectuellement, l'homme moderne s'est livré à cents spéculations philosophiques et sociologiques pour établir de vains compromis entre ces pôles contradictoires, et rendre compte de la diversité des cultures tout en cherchant à supprimer ce qu'elle conserve pour lui de scandaleux et de choquant.

Mais, si différentes et parfois si bizarres qu'elles puissent être, toutes ces spéculations se ramènent en fait à une seule recette, que le terme faux évolutionnisme est sans doute le mieux apte à caractériser.

En quoi consiste-t-elle ?

Très exactement, il s'agit d'une tentative pour supprimer la diversité des cultures tout en feignant de la reconnaître pleinement
.

Extrait de Race et Histoire 

Lévi-Strauss, de l'Académie française


Et l' on pourrait compléter avec ces propos, tirés de Race et Culture, du même auteur:


Des communautés minoritaires qu'on voit aujourd'hui apparaître en plusieurs points du monde, tels les hippies, ne se distinguent pas du gros de la population par la race, mais seulement par le genre de vie, la moralité, la coiffure et le costume; les sentiments de répulsion, d'hostilité parfois, qu'elles inspirent au plus grand nombre sont-ils substantiellement différents des haines raciales, et ferions-nous donc accomplir aux gens un véritable progrès si nous nous contentions de dissiper les préjugés spéciaux sur lesquels celles-ci seules, entendues au sens strict, peuvent être dites reposer?

(...)

Sans doute nous berçons-nous du rêve que l'égalité et la fraternité régneront un jour entre les hommes sans que soit compromise leur diversité. Mais si l'humanité ne se résigne pas à devenir la consommatrice stérile des seules valeurs qu'elle a su créer dans le passé (...), elle devra réapprendre que toute création véritable implique une certaine surdité à l'appel d'autres valeurs, pouvant aller jusqu'à leur refus, sinon même leur négation.

Car on ne peut, à la fois, se fondre dans la jouissance de l'autre, s'identifier à lui, et se maintenir différent. Pleinement réussie, la communication intégrale avec l'autre condamne, à plus ou moins brève échéance, l'originalité de sa et de ma création. Les grandes époques créatrices furent celles où la communication était devenue suffisante pour que des partenaires éloignés se stimulent, sans être cependant assez fréquente et rapide pour que les obstacles indispensables entre les individus comme entre les groupes s'amenuisent au point que des échanges trop faciles égalisent et confondent leur diversité.

(...)

Convaincus que l'évolution culturelle et l'évolution organique sont solidaires, [l'ethnologue et le biologiste] savent que le retour au passé est impossible, certes, mais aussi que la voie où les hommes sont présentement engagés accumule des tensions telles que les haines raciales offrent une bien pauvre image du régime d'intolérance exacerbée qui risque de s'instaurer demain, sans même que les différences ethniques doivent lui servir de prétexte.

Pour circonvenir ces périls, ceux d'aujourd'hui et ceux, plus redoutables encore, d'un proche avenir, il faut nous persuader que leurs causes sont beaucoup plus profondes que celles simplement imputables à l'ignorance et aux préjugés: nous ne pouvons mettre notre espérance que dans un changement du cours de l'histoire, plus malaisé encore à obtenir qu'un progrès dans celui des idées.

Voilà la raison pour laquelle l'expression  "citoyen du monde" m'est toujours apparu comme au pire une supercherie, au mieux une douce illusion....

 

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Société

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Publié le 17 Juillet 2007

Via le Salon Beige.

"Le nombre des élèves dans l'école primaire n'a pas augmenté. En revanche, la population des écoliers a un peu changé, du fait de la présence de nombreux enfants d'immigrés qui viennent de contrées dont la culture est profondément différente de la nôtre. L'immigration n'est certes pas un phénomène nouveau dans notre pays.

Mais c'est l'origine de l'immigration actuelle qui ajoute une difficulté supplémentaire à l'école primaire. La France a connu, au cours du siècle dernier, une immigration massive de Polonais qui venaient dans le Nord et dans l'Est pour y être mineurs. Au risque de heurter, je dirais qu'ils avaient avec le pays d'accueil un patrimoine commun : le catholicisme. Les prêtres ont joué un rôle très important dans l'intégration des enfants qui allaient au catéchisme et y recevaient un enseignement sur des bases communes aux petits Français, qu'on le veuille ou non.

L'Eglise catholique a été le ciment de cette intégration.
Un processus un peu différent a joué plus tard pour les Italiens et, après la guerre d'Espagne, pour les Espagnols. Les jeunes, mais aussi les parents, apprenaient aisément et rapidement le français, les trois langues ayant des racines et des structures semblables.

Et là encore, il y avait une culture commune : la culture gréco-latine chrétienne. Le même processus ne joue pas aujourd'hui avec l'immigration d'origine maghrébine. Elle appartient à une culture fondamentalement différente de la nôtre
."

Précision utile: je rappelle que Claude Allègre n'est pas connu pour être à l'extrême-droite....

 

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Argumentaires

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Publié le 14 Juillet 2007

Via le Forum Catholique, je tombe sur ces écrits de Joseph de Maistre, franc-maçon mais aussi initiateur de la contre-révolution. Le moins que l'on puisse dire est que ça déménage.

Extraits d'un article admiratif de cet inénarrable Philippe Sollers, dans le Nouvel Observateur....

Mais, ajoute Cioran, « vouloir disséquer leur prose, autant vouloir analyser une tempête ».  Le style de Maistre ? Voici : «Ce qu'on croit vrai, il faut le dire et le dire hardiment ; je voudrais, m'en coûtât-il grand-chose , découvrir une vérité pour choquer tout le genre humain : je la lui dirais à brûle-pourpoint .» Feu, donc, mais de quoi s'agit-il ? Evidemment, encore et toujours, du grand événement qui se poursuit toujours, à savoir la Révolution française, dont Maistre a subi et compris le choc comme personne, devenant par là même un terroriste absolu contre la Terreur.

Ecoutez ça : « Il y a dans la Révolution française un caractère satanique qui le distingue de tout ce qu'on a vu et peut-être de tout ce qu'on verra. » Cette phrase est écrite en 1797, et, bien entendu, le lecteur moderne bute sur « satanique », tout en se demandant si, depuis cette définition qui lui paraît aberrante, on n'a pas vu mieux, c'est-à-dire pire. Dieu aurait donc déchaîné Satan sur la terre pour punir l'humanité de ses crimes liés au péché originel ? Maistre est étonnamment biblique, il se comporte comme un prophète de l'Ancien Testament, ce qui est pour le moins curieux pour ce franc-maçon nourri d'illuminisme. Mais voyez-le décrivant la chute du sceptre dans la boue et de la religion dans l'ordure :
« Il n'y a plus de prêtres , on les a chassés , égorgés , avilis ; on les a dépouillés : et ceux qui ont échappé à la guillotine, aux bûchers , aux poignards , aux fusillades, aux noyades, à la déportation reçoivent aujourd'hui l'aumône qu'ils donnaient jadis... Les autels sont renversés ; on a promené dans les rues des animaux immondes sous les vêtements des pontifes ; les coupes sacrées ont servi à d'abominables orgies ; et sur ces autels que la foi antique environne de chérubins éblouis , on a fait monter des prostituées nues. »

Et ceci (au fond toujours actuel ) : « Il n'y a pas d'homme d'esprit en France qui ne se méprise plus ou moins. L'ignominie nationale pèse sur tous les coeurs ( car jamais le peuple ne fut méprisé par des maîtres plus méprisables ) ; on a donc besoin de se consoler, et les bons citoyens le font à leur manière. Mais l'homme vil et corrompu, étranger à toutes les idées élevées , se venge de son abjection passée et présente, en contemplant, avec cette volupté ineffable qui n'est connue que de la bassesse, le spectacle de la grandeur humiliée . »

« Le plus grand ennemi de l'Europe qu'il importe d'étouffer par tous les moyens qui ne sont pas des crimes, l'ulcère funeste qui s'attache à toutes les souverainetés et qui les ronge sans relâche , le fils de l'orgueil , le père de l'anarchie , le dissolvant universel, c'est le protestantisme. »

Suspendez « la loi d'amour », dit Maistre, et en un clin d'oeil, en pleine civilisation, vous voyez « le sang innocent couvrant les échafauds , des hommes frisant et poudrant des têtes sanglantes, et la bouche même des femmes souillée de sang humain ». Ces choses ont eu lieu, elles ont lieu sans cesse. L'amour ? Mais qu'est-ce que l'amour ? Un acte de foi : «La foi est une croyance par amour, et l'amour n'argumente pas.»

Propice à la réflexion, en ce jour de fête nationale....

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Littérature

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Publié le 13 Juillet 2007

Alors que certains catholiques nous reprochent notre triomphalisme, à la suite de la publication du Motu Proprio, je me permettrais, pour leur répondre, de reprendre à mon compte ce texte d'un des plus illustres défenseurs de la Tradition, Jean Madiran, qui écrivit une célèbre lettre à Paul VI : "Rendez nous la messe traditionnelle !".

Depuis Samedi dernier, sa prière a été exaucée.


La bienveillance du Pape


Depuis quatre jours je demeure dans l‘émerveillement de la bienveillance pontificale manifestée par le Motu proprio et la Lettre aux évêques. Emerveillement inexprimable autrement que par l‘éternel Te Deum que nous avons chanté dimanche au Barroux.

• Avec la bienveillance tout devient possible et vivable, même les désaccords. Avec la malveillance tout est fragilisé, tout est contaminé, même les accords éventuels.

C’est une respiration de l‘âme. La merveilleuse bienveillance du pape Benoît XVI se respire à chacune de ses phrases. A travers les mots, qui ont aussi leur valeur précise, on se sent happé par une inspiration qui parle directement au cœur, comme un sourire. Et pour les distraits qui seraient passés à côté de cette bienveillance merveilleuse, la voici éclairée, mise en relief, rehaussée par le violent contraste que s’obstine à lui faire la malveillance épiscopale.

• Bienveillance, malveillance, je ne parle évidemment pas du secret des consciences, que nous ne pouvons connaître et encore moins juger. Je parle des signes extérieurs. La vocation et la fonction des évêques les disposent à exercer visiblement une paternelle bienveillance, mais souvent elle reste enfouie on ne sait où, et ce que l’on reçoit en pleine figure, ce sont des signes extérieurs non équivoques de mépris, de malveillance, on dirait de haine, en tout cas de détestation, et de morne incompréhension. Il en va de même pour la bienveillance. Les paroles peuvent la dire, à travers elles les actes le prouvent, ils sont des signes extérieurs plus ou moins consistants, et d’une densité objective effectivement constatable. Ces signes extérieurs ont une présence, une portée spirituelles. Pour être les champions de la malveillance systématique à l‘égard de la messe traditionnelle et de ses fidèles, il y eut longtemps la quasi-unanimité de l‘épiscopat français. Et même, fort explicite de 1970 à 1978, celle d’un pontife. C’est en 1978, on le comprend mieux maintenant, que l’hostilité a subrepticement commencé à décroître. En cela 1978 est une date historique. Mais le 7 juillet 2007 l’est plus encore, car la bienveillance retrouvée s’est manifestée avec l‘éclat d’un miracle.

• Depuis trente-sept ans, toute une génération de catholiques militants, membres religieux ou laïcs de l’Eglise militante (une génération élargie de 7 à 97 ans), a subi sans céder, a ouvertement contesté l’interdiction arbitraire de la messe traditionnelle. Nous pensons à nos morts : le cardinal Ottaviani, le P. Calmel, l’abbé Raymond Dulac, Mgr Renato Pozzi, Mgr Lefebvre, le P. Guérard. Et parmi les laïcs : Cristina Campo, Luce Quenette, Louis Salleron, Eric de Saventhem. La bienveillance pontificale est pour eux comme un souffle léger qui vient doucement apporter la paix sur leurs tombeaux. Où ils sont maintenant, ils n’en ont plus besoin. Mais c’est leur mémoire parmi nous qui s’en trouve apaisée et relevée.

• Dans le rayonnement de la bienveillance pontificale, Jeanne Smits, Rémy Fontaine, Jacques Trémolet de Villers ont immédiatement dit dans ce journal, et bien dit, à quelles graves et joyeuses réflexions incitent les dispositifs précis du Motu proprio. Il en est d’autres encore. A demain.

JEAN MADIRAN

Via le Forum Catholique.

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Rédigé par Polydamas

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Publié le 12 Juillet 2007

Alors que Koz me fait l'insigne honneur de citer l'un de mes commentaires à sa première réaction concernant le Motu Proprio, je trouve sur le blog de Greg, avec lequel j'ai eu de solides discussions à propos du rit tridentin par le passé, un texte d'une association de défense de la liturgie selon le nouveau missel, qui stigmatise le rôle des évêques.

J'ai eu l'occasion de discuter également avec Denis Crouan, qui était, à l'époque, en désaccord complet avec ma position. Et pourtant, cela ne nous empêche pas de partager le même diagnostic sur la liturgie en France.


La messe dite “de S. Pie V” dont vous ne vouliez plus entendre parler depuis plus de 40 ans va être officiellement de retour. Le Motu proprio Summorum Pontificum du pape Benoît XVI, que vous ne souhaitiez pas, va être publié et devra être appliqué.

Vous voici donc obligés de gérer une situation liturgique nouvelle et inattendue que vous avez toujours refusé de voir venir mais qui, si l’on analyse les choses avec objectivité, apparaît nettement comme étant le résultat de votre volonté de ne pas respecter ni faire respecter, dans la quasi totalité des paroisses de France, les normes liturgiques issues de Vatican II.

Pourtant, l’obligation de s’en tenir à ces normes a été rappelée à de nombreuses reprises par les Souverains Pontifes: par Paul VI demandant expressément de cesser les expériences liturgiques; par Jean-Paul II (Vicesimus quintus annus, Ecclesia de Eucharistia, Mane nobiscum) vous demandant d’“extirper les abus” dans les célébrations liturgiques; par Benoît XVI (Sacramentum Caritatis) demandant de mettre enfin en oeuvre le missel romain sans le trahir; par le Cardinal Arinze enfin, rappelant, dans un discours prononcé à Paris que vous vous êtes empressés de passer sous silence, les principes essentiels de l’ars celebrandi. La situation que vous allez être désormais obligés de gérer, est donc l’aboutissement de longues dérives, de désobéissances répétées, qui vous ont été régulièrement signalées - à vous-mêmes ou à vos prédécesseurs - et face auxquelles vous n’avez gardé qu’un silence de complaisance “collégiale” quand vous ne manifestiez pas votre approbation.

Dans les séminaires, dont vous étiez les premiers et les seuls responsables, il fut interdit de respecter la liturgie de l’Eglise: il fallait, sous votre autorité, favoriser les expériences liturgiques et les célébrations aléatoires (oraisons improvisées, prières eucharistiques bricolées, chant à l’idéologie marquée... etc.), comme l’attestent de nombreuses publications munies de l’imprimatur de tel ou tel d’entre vous. Dans les paroisses, vous avez donné les pleins pouvoirs à des équipes de laïcs chargées d’imaginer des célébrations proprement infantilisantes et décalées qui, disiez-vous, plaisaient aux fidèles.

Vos séminaires se sont vidés et vos églises ont été désertées. On vous a alors entendu répéter, comme pour sauver la face, que si les assemblées dominicales avaient perdu des fidèles, elles avaient en revanche gagné en qualité... Les chiffres attestent qu’il n’y plus, aujourd’hui, ni le nombre ni la qualité.

Voyant que vos initiatives pastorales partaient à la dérive, les fidèles se sont adressés à vous pour demander qu’il ne soit rien ajouté, enlevé ou retranché à la liturgie de l’Eglise (cf. Sacrosanctum Concilium, n° 22). Vous avez généralement très mal accueilli ces fidèles, allant jusqu’à leur reprocher d’être des “intégristes” opposés à Vatican II. Il vous est même arrivé d’interdire à vos propres prêtres qui se montraient trop respectueux de la liturgie de l’Eglise, de célébrer l’Eucharistie en public: “Ils n’ont qu’à concélébrer avec les autres prêtres du secteur ou bien rester chez eux”, disiez-vous avec un sens pastoral qui ne vous fait guère honneur.

Vous héritez aujourd’hui d’une situation liturgique qui ne vous satisfait pas, mais dont vous êtes les premiers et les seuls responsables. Dans cette situation se trouve désormais une forme “extraordinaire” du rite romain que nous savons parfaitement respectée par les fidèles qui y sont attachés, et une forme “ordinaire” du même rite qui, plus de 40 ans après Vatican II, n’existe toujours pas - contrairement à ce que vous prétendez - dans les paroisses placées sous votre responsabilité.

Cette situation ne saurait se prolonger davantage. Aussi voulons-nous à présent que cette forme “ordinaire” du rite romain soit, elle aussi, parfaitement respectée dans toutes les paroisses, et ce dans la droite ligne fixée par notre Saint-Père le pape Benoît XVI.
Désormais, il ne devrait donc plus vous être possible de poursuivre ce que vous avez entrepris jusqu’ici sur le plan de la liturgie et qui signe un échec patent de vos orientations pastorales. Nous vous demandons donc, avec le plus grand respect mais aussi la plus ferme insistance, de faire en sorte:
- que la forme “ordinaire” du rite romain soit célébré dans un respect inconditionnel du missel officiel, tant sous son expression française que sous son expression latine si une demande est faite dans ce sens;
- que cette forme “ordinaire” du rite romain soit célébré avec une dignité identique à celle qui caractérise les célébrations de la forme "extraordinaire";
- que la formation liturgique des futurs prêtres soit assurée conformément à la Constitution Sacrosanctum Concilium (cf. n° 16, 17, 18);
- que les pouvoirs des équipes liturgiques soient limités à la seule préparation matérielle des célébrations, selon les normes en vigueur et pour alléger la charge des prêtres;
- que soient abrogés les rôles liturgiques usurpés par certains fidèles laïcs (animation liturgique, distribution de la communion... etc.) et ce dans le respect de Christifideles laici;
- que le chant grégorien retrouve sa vraie place grâce au soutien de prêtres véritablement formés et à l’aide de maîtres de choeurs dont les compétences sont reconnues.

“Nous avons besoin d’un nouveau mouvement liturgique, qui donne le jour au véritable héritage de Vatican II”, écrivait le Cardinal Ratzinger (cf. Ma Vie, souvenirs Fayard, 1998). Ce “nouveau mouvement liturgique”, nous vous demandons expressément de le lancer dès maintenant. C’est sur un tel chantier que nous tenons à nous engager à vos côtés “pour la gloire de Dieu et le salut du monde”.

Denis CROUAN, Président de PRO LITURGIA dr en théologie catholique

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Rédigé par Polydamas

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