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Publié le 11 Avril 2010

A l'heure où le suaire est exposé à Turin, et où un million et demi de personnes sont attendues, il est intéressant de se (re)pencher sur cette pièce qui a fait couler tant d'encre.

 

J'avais fait part ici des nombreux arguments qui plaident en faveur de l'authenticité. Seul point négatif, l'analyse au carbone 14, qui date le tissu au XIIIe siècle. Je n'avais aucune élément, en dehors des hypothèses absurdes, habituelles au milieu complotiste, pour jauger de la validité de cette étude. Or le documentaire ci-dessous, récemment diffusé, s'attache à un décryptage de cette unique analyse chimique et permet de conclure que la datation a été très mal réalisée, notamment en terme de choix d'échantillon.

 

 

Le suaire de Turin décrypté

 

Ce documentaire, très américano-centré, me semble tout à fait crédible, en ce qu'il s'appuie sur les travaux d'un chimiste athée insoupçonnable, Raymond Rogers, qui a réalisé l'essentiel de sa carrière à Los Alamos, le laboratoire où fut inventée la bombe atomique, lors du projet Manhattan. Et il ne semble pas que ses travaux aient été contestés par ses pairs.

 

Alors, à quand une nouvelle datation au carbone 14 ?

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Argumentaires

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Publié le 20 Octobre 2009

Edmond Prochain a écrit un billet sur Sacristains concernant la foi, sur sa façon de l'appréhender. Le texte constitue une réponse à une objection couremment rencontrée selon laquelle croire serait un moyen de se rassurer devant le néant de la vie, le non-sens de l'existence. Edmond rappelle que le croyant est avant tout quelqu'un qui suit le Christ lorsqu'il porte la Croix, que cette perspective n'a strictement rien de réjouissant, notamment lorsque le doute s'en mêle, et l'on ne sait pas du tout, mais alors pas du tout où on va.

Mais en bon vieux tradi grincheux, je ne partage pas tout à fait son avis. Tout d'abord, sur le sujet, il est impossible ici de ne pas évoquer le pari de Pascal énoncé de la manière suivante :

Vous avez deux choses à perdre : le vrai et le bien, et deux choses à engager : votre raison et votre volonté, votre connaissance et votre béatitude; et votre nature a deux choses à fuir : l'erreur et la misère. Votre raison n'est pas plus blessée, en choisissant l'un que l'autre, puisqu'il faut nécessairement choisir. Voilà un point vidé. Mais votre béatitude ? Pesons le gain et la perte, en prenant choix que Dieu est. Estimons ces deux cas : si vous gagnez, vous gagnez tout ; si vous perdez, vous ne perdez rien. Gagez donc qu'il est, sans hésiter.

J'avoue que c'est un raisonnement qui me séduit. Il n'y a rien à perdre à croire en Dieu, si ce n'est une vie de plaisirs, et encore, vu la vacuité et la finitude de nos activités terrestres, on ne perd pas grand-chose au change.

Alors certes, le Christ nous a promis qu'une seule chose, la Croix. Il nous a promis d'en baver sur cette terre. Mais je ne suis pas sûr que les non-croyants aient moins de malheur, souffrent moins que les croyants. Par contre, ces derniers savent clairement mieux remettre ces souffrances en perspective, en les offrant, en acceptant de ne pas tout contrôler, en acceptant de Le laisser faire, Lui là-haut. C'est en cela, il me semble, que l'on peut dire que l'on se rassure. Comme je le disais en commentaire, la perspective de s'en prendre plein la tête pour quelque chose ou quelqu'un est plus rassurante, plus compréhensible, et donc finalement, plus acceptable que la perspective de s'en prendre plein la tête pour rien. Ça fait toute la différence.

Un économiste raisonnerait de manière pragmatique, et poserait la question ainsi, qu'est ce qui fait que j'ai choisi de croire, plutôt que de ne pas croire ? Quel est l'intérêt d'être catholique plutôt que d'être athée ? Si l'on part du principe que je suis quelque peu indépendant de ma formation et du conditionnement social dans lequel je suis né, répondre à cette question est pour moi très simple: croire donne un sens à la vie, une espérance qui va au-delà du néant. J'aime bien la formule de Michel Serrault, "si on n'a pas la foi pour récupérer, pour transformer le sens de la vie, tout devient un peu dérisoire et même pathétique". C'est en cela qu'il me semble que les athées ont raison de dire que la foi est quelque chose de rassurant, en ce qu'elle offre une explication du monde, un paradigme qui se refuse aux athées, qui y voient donc une solution de facilité.

Mais pourquoi le catholicisme, me direz-vous ?

Pour plusieurs raisons. Parce que la religion catholique est d'une rigueur, d'une cohérence et d'une unicité merveilleuse pour expliquer le monde. C'est la seule religion à allier le meilleur de la raison, et le meilleur des sentiments, l'amour. C'est la seule à avoir autant d'idéaux, tout en ayant, dans le même temps, une miséricorde affichée pour les pêcheurs. C'est la seule qui considère que chaque individu peut se sauver sans être pour autant catholique, c'est la seule à avoir mis le doigt sur l'importance du mimétisme, sur la dangerosité de la foule, c'est la seule à renverser la charge du sacrifice, et c'est la seule, enfin, à prôner l'unité, autour de la personne du pape, l'évêque de Rome. On pourrait dire que je n'ai qu'une vision aride de la foi, qui ne serait que devoir, héritage et intellectualisme. Peut-être, mais j'assume, la foi touche différemment chacun des croyants.

Ce n'est pas une vision très noble de la foi, évidemment, ça serait mieux si je débordais d'amour pour Dieu, ça serait mieux si je n'avais pas besoin de signes, si je croyais sans avoir vu, sans Saint Suaire, sans apparitions, sans éléments tangibles auxquels mon faible intellect peut se raccrocher. Mais en même temps, tout focaliser sur un sentiment aussi volatil que l'amour me semble également dangereux, si autant de monde a quitté les églises, c'est bien parce que la notion de devoir, d'exigence avait disparu de l'Eglise, à la suite du concile. Le sentiment, sans appronfondissement et enracinement dans quelque chose de plus solide, finit aussi par se déliter.

D'ailleurs ces deux tendances sont-elles bien repérées puisque l'Eglise condamne aussi bien le fidéisme, c'est à dire la doctrine selon laquelle toute connaissance ne serait accessible que par la Révélation (en oubliant les signes tangibles qui peuvent être accessibles à notre raison) que le rationalisme, qui considère qu'on n'a pas besoin de la Révélation pour accéder à la vérité, fût-elle surnaturelle.

Evidemment, même s'il l'on est peut-être davantage rassuré, tout n'est pas gagné d'avance. Benoit XVI le rappelait récemment, la seule chose à craindre, c'est le jugement de Dieu. Il faut tout de même être digne de ce que l'on a reçu, témoigner de la foi, bref, travailler pour le règne du Christ sur cette terre, ce qui est loin d'être une mince affaire. On n'a jamais assez donné, jamais assez retransmis, là, c'est vrai, il y a un véritable stress. Est-on suffisamment digne de l'amour qu'Il nous donne ? Mais enfin, savoir qu'on est dans le projet de Dieu,  qu'Il nous soutiendra dans les épreuves de la vie, qu'il se soucie de nous me semble plus rassurant que de penser qu'il n'y a rien du tout, que notre vie n'a aucun sens. Le desespoir, c'est tout de même la pire des choses.

Alors oui, j'ai le gros défaut intellectualisant des tradis, qui oublie parfois de mettre un peu d'amour, un peu de coeur. Il m'est arrivé, alors qu'on me posait la question, de dire très simplement, en exagérant quelque peu, que je n'avais pas la foi, dans le sens où je n'avais aucun sentiment, aucune sensation, aucun amour particulier, que ma démarche est essentiellement intellectuelle. C'est ce que l'abbé de Tanouarn,  dans un de ses sermons, rappelle avec la formule de Martin Mosebach : "La foi, c'est ce que nous faisons comme une évidence". Formule qui me rappelle la sentence archi-connue, "il n'y a pas d'amour, il n'y a que des preuves d'amour". Je m'y reconnais bien davantage.

Même si le doute fait partie intégrante de la démarche de la foi, notamment pour les plus grands saints, ma pratique de la foi relève plutôt de l'évidence, ou du devoir. C'est une évidence de rentrer dans des églises quand le besoin m'en prend, c'est une évidence que de m'adresser à Lui, comme on pourrait s'adresser à un père. Evidences qui proviennent de la conviction que cet univers dans lequel nous évoluons, ne peut pas ne pas avoir de sens, a une cohérence interne qui lui est fournie par quelqu'un de beaucoup plus haut placé, et qu'il ne peut en être autrement. Finalement, mon acte de foi, il est là, dans l'idée qu'il y a un sens à tout ça. Que ce sens est nécessairement transcendant, nous attire vers le vrai, le bien et le beau.

A titre de mise en abyme, on peut remarquer que mon billet est plein de citations intellectualisantes, là où Edmond parle juste de ce qu'il ressent, de l'amour qu'il éprouve, comme quoi, même dans notre manière de montrer les choses, nous avons les comportements relevés dans la problèmatique de la foi.

Pas grave, il y a plusieurs demeures dans la maison du père.

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Rédigé par Polydamas

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Publié le 16 Septembre 2009

C'est ainsi que René Girard explique, dans ce texte long mais révélateur, ce problème essentiellement contemporain. Ce phénomène a plus d'impact qu'on pourrait le croire puisque pour l'anthropologue, on pourrait même expliquer le dépouillement de l'art contemporain grâce à cette explication. Le texte date de 1996, mais n'a rien perdu, me semble-t-il, de sa pertinence vu ce que je peux constater dans les lieux de sortie parisiens. Au passage, il règle son compte aux théories freudiennes et psychanalatyques qui abondent dès que l'on traite ce type de sujet.

A lire et à méditer.

Pourquoi se méfier de la distinction entre deux maladies avec des symptômes aussi radicalement opposés que ceux de l'anorexie et de la boulimie? Parce que nous vivons dans un monde où manger trop et ne pas manger assez sont des moyens opposés mais inséparables de copier l'impératif de sveltesse qui domine nos imaginations collectives. En transformant l'anorexie et la boulimie en deux pathologies séparées, les classificateurs nous font plus facilement perdre de vue leur base commune.
(...)
J'ai immédiatement perçu que ma cousine écoutait une autorité plus puissante que le désir de son père et, le temps passant, cette voix plus autoritaire est devenue de plus en plus forte. Elle émane des personnes qui comptent réellement dans notre adolescence et qui sont nos pairs et contemporains plutôt que nos pères. Les modèles individuels des jeunes gens renforcent l'autorité des modèles collectifs que sont les média, Hollywood et la télévision. Le message est toujours le même: nous devons être plus minces, coûte que coûte.

Les diéteurs compulsifs veulent réellement être minces; la plupart d'entre nous sont secrètement conscients de ceci puisque la plupart d'entre nous voulons aussi être minces. Tous nos systèmes d'explication tarabiscotés, basés sur la sexualité, la classe sociale, le pouvoir, la tyrannie du mâle sur la femelle, et tutti quanti se débattent avec cette évidence ridicule mais irréfutable. Le système capitaliste n'est pas plus responsable de cette situation que les pères, ou le genre masculin dans son entier.
(...)
L'anorexique est une citoyenne trop fidèle à notre monde fou pour suspecter que, si elle écoute l'esprit unanime de la réduction du poids, elle est poussée vers l'autodestruction. Personne ne peut la convaincre qu'elle est réellement malade. Elle interprète toutes les tentatives de l'aider comme des conspirations envieuses de personnes qui aimeraient la déposséder de sa victoire péniblement acquise, étant incapables de l'égaler. Elle est fière d'accomplir ce qui est peut-être le seul et unique idéal encore commun à toute notre société, la sveltesse.
(...)
Les stoïques me disent que nous devrions trouver refuge en nous-mêmes, mais nos egos boulimiques sont inhabitables et c'est ce qu'Augustin et Pascal ont déjà découvert. Aussi longtemps que nous ne sommes pas pourvus d'un but digne de notre vacuité nous copierons la vacuité des autres et régénérerons constamment l'enfer que nous essayons de fuir.

Aussi puritains et tyranniques qu'aient pu être nos ancêtres, leurs principes religieux et éthiques pourraient être considérés impunément, et en effet nous pouvons voir le résultat. Nous sommes réellement nos propres maîtres. Les dieux que nous nous donnons sont auto-générés dans le sens où ils dépendent entièrement de notre désir mimétique. Nous réinventons ainsi des maîtres plus féroces que le Dieu du christianisme le plus janséniste. Aussitôt que nous violons l'impératif de minceur, nous souffrons toutes les tortures de l'enfer et nous nous trouvons sous l'obligation redoublée de jeûner. Nos péchés sont inscrits dans notre chair et nous devons les expier jusqu'à la dernière calorie, à travers une privation plus sévère que n'importe quelle religion n'en a jamais imposé à ses adeptes.
(...)
La rivalité s'intensifie avec l'augmentation du nombre des imitateurs. La raison de la répugnance à percevoir l'escalade est que nous détestons reconnaître nos propres lubies mimétiques autant que nous raffolons de reconnaître la mimesis des autres. Toutes les cultures tendent à être comiques dans les yeux des autres mais jamais dans nos propres yeux. La même chose est vraie du passé en relation au présent.

L'esprit de rivalité pourrait triompher en l'absence de n'importe quel rival spécifique. Tout le processus est une version adoucie de "la guerre de tous contre tous" de Hobbes. Il pourrait aussi être comparé à une série de records athlétiques qui deviennent de plus en plus vite battus au fur et à mesure que de plus en plus de gens essayent de les battre.

L'exagération constante du syndrome collectif est inséparable de sa diffusion à des foules de plus en plus énormes. Une fois que l'idéal mimétique est défini, chacun essaie de surpasser chaque autre dans la qualité désirée, ici la sveltesse, et le poids considéré comme le plus désirable chez une jeune femme ne peut que descendre. Toutes les lubies et les modes opèrent dynamiquement parce qu'elles opèrent mimétiquement. Les historiens se concentrent exclusivement sur la phase suprême, juste avant l'effondrement. Ils veulent amuser leurs lecteurs avec les sottises du passé et les persuader simultanément que leur propre rationalité supérieure protège notre monde d'excès similaires.
(...)
Ceux qui méprisent le passé ne semblent jamais suspecter que les pires excès se passent maintenant sous leurs nez, à une échelle sans précédant, sans doute, depuis le début de l'histoire de l'humanité. Au Moyen-Âge, la possibilité d'ascétisme faux était toujours reconnue, au moins par des observateurs intelligents, alors que nos désordres alimentaires sont discutés exclusivement dans des termes médicaux, comme s'ils n'avaient rien à faire avec la culture en général et à son évolution récente.

Le problème de nos observateurs "scientifiques" est qu'ils adorent les mêmes idoles que leurs patients. Ils pourraient être eux-mêmes des diéteurs compulsifs, ou des soi-disant diéteurs. Peu de gens veulent être des saints de nos jours mais chacun essaie de perdre du poids.
(...)
En peinture, le rendement réaliste de l'ombre et de la lumière a été écarté en premier, et de plus en plus d'éléments essentiels, la perspective traditionnelle, et finalement toute forme reconnaissable, et la couleur elle-même. En architecture et en ameublement l'évolution fut la même. En poésie, le rythme a été abandonné, et ensuite tous les aspects métriques. Le mot "minimalisme" désigne maintenant une école particulière seulement, mais il va bien avec toute la dynamique du modernisme. En poésie, dans le roman, dans le drame, et dans tous les autres genres d'écriture, ce processus continue à se répéter. D'abord, tout contexte réaliste est éliminé, puis l'intrigue, puis les personnages; finalement les phrases perdent leur cohérence et même les mots eux-mêmes, qui pourraient être remplacés par un fouillis de lettres significatif ou, encore mieux, incohérent.

Toutes les écoles, bien sûr, ne suppriment pas les mêmes choses en même temps et des différences locales ont souvent abouti en flambées créatives brillantes si elles n'étaient éphémères. Finalement, alors que chaque personne et chaque chose tend vers le même néant absolu qui est maintenant triomphant dans tous les champs de l'effort esthétique, de plus en plus de critiques commencent à faire face au fait que la nouveauté vigoureuse se tarit. L'art moderne est achevé et sa fin était certainement hâtée, sinon entièrement causée, par le tempérament de plus en plus anorexique de notre siècle.
(...)
Si nos ancêtres pouvaient voir les cadavres gesticulants des magazines de mode contemporains ils les interpréteraient probablement comme un memento mori, une remémoration de la mort, équivalente, peut-être, aux danses macabres sur les murs des dernières églises médiévales. Si nous pouvions leur dire que, pour nous, ces squelettes désarticulés signifient le plaisir, le bonheur, le luxe, le succès, ils s'enfuiraient probablement dans une panique, pensant que nous sommes possédés par un démon particulièrement néfaste.

Merci à RH.

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Rédigé par Polydamas

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Publié le 7 Mai 2009

Via le Salon Beige, je tombe sur cet entretien avec un penseur réformiste musulman, Ibrahim Al-Buleihi, qui rappelle à quel point la civilisation occidentale est supérieure à celles qui lui font face. Le moins que l'on puisse dire est que ce texte, pour qui est habitué à la repentance et à la honte de soi, est décoiffant. Il est dommage de ne pas disposer de l'intégralité de ses propos, si quelqu'un connait l'arabe parmi les lecteurs, le texte original est ici.

Okaz: Désolé, mais personne ne vous demande de revenir à l'époque des ânes. Il est toutefois nécessaire de prononcer ses jugements historiques de façon juste et équilibrée. Vous dites qu'il faut "reconnaître le mérite de ceux qui en ont", mais, dans les faits, vous n'accordez aucun crédit à tout ce qui a existé avant la civilisation occidentale, et alors que tout le monde reconnaît le caractère cumulatif des accomplissements humains, vous niez cet axiome quand il s'agit des réalisations occidentales.

Buleihi: L'humanité a passé des milliers d'années à ruminer les mêmes idées et à vivre dans les mêmes conditions, en se servant des mêmes outils et instruments. Elle aurait pu s'éterniser ainsi sans l'émergence de la pensée philosophique en Grèce, aux VIème et Vème siècles avant J.C. Le niveau actuel des progrès de la civilisation ne peut être le résultat d'une [simple] accumulation: c'est plutôt le résultat de grandes réalisations dans les domaines de la pensée, de la science, de la politique, de la société et du travail. (…)

Ce qui sort l'homme de sa routine, c'est la lutte des idées, la liberté de choix et l'égalité des chances. La meilleure preuve en est qu'un grand nombre de gens aujourd'hui vivent dans une société profondément rétrograde, malgré la disponibilité de la science, de la technologie et des idées. Ils sont témoins de la prospérité et malgré cela, ces peuples rétrogrades sont incapables d'abandonner leurs tranchées et de se libérer de leurs chaînes. En d'autres termes, ils sont incapables d'imiter les peuples prospères, se trouvent dans l'incapacité totale d'inventer et d'initier.


Ou encore:

Okaz: C'est peut-être le cas, et je vous suis dans cette exigence, mais, Monsieur, pourriez-vous résumer pour nous les raisons de votre admiration de la culture occidentale, afin que nous ayons une base de discussion ?

Buleihi: Il n'y a pas une, mais mille raisons qui me poussent à admirer l'Occident et à souligner son excellence absolue dans tous les domaines. La civilisation occidentale est la seule qui ait su libérer l'homme de ses illusions et de ses chaînes. Elle a reconnu son individualité et lui a fourni des capacités, la possibilité de se cultiver et de réaliser ses aspirations. Elle a humanisé l'autorité politique et établi des mécanismes garantissant une égalité et une justice relatives, prévenant l'injustice et modérant l'agression. Cela ne veut pas dire que c'est une civilisation sans défaut ; elle en a même beaucoup. C'est toutefois la plus grande civilisation humaine de l'histoire. Avant elle, l'humanité était en prise avec la tyrannie, l'impuissance, la pauvreté, l'injustice, la maladie et la misère.

C'est une civilisation extraordinaire, sans être l'extension d'aucune civilisation ancienne, à l'exception de la civilisation grecque, source de la civilisation contemporaine. J'ai donné le dernier coup de plume à un ouvrage sur ce grand et extraordinaire saut de civilisation, intitulé "Changements qualitatifs dans la civilisation humaine". La civilisation occidentale est son propre produit et ne doit rien à aucune autre civilisation, hormis la civilisation grecque (…) Elle a redonné vie aux réalisations des Grecs dans les domaines de la philosophie, la science, la littérature, la politique, la société, la dignité humaine, le culte de la raison, tout en reconnaissant ses défauts et ses leurres et en soulignant le besoin constant de critique, de réévaluation et de corrections.


Enfin, il reprend un argument que j'aime utiliser sur l'apport de l'islam, argument qui rappelle que tous les penseurs d'importance, qu'on utilise pour souligner la grandeur de la civilisation islamique, ont été mis en marge par les autorités islamiques avant d'être repris par les occidentaux.

Okaz: Ils [les musulmans] ont appris de la civilisation grecque et ce n'est pas un défaut ; c'est ainsi que font les jeunes générations: elles apprennent des civilisations anciennes et se construisent sur ces dernières. Fallait-il attendre qu'ils abolissent les réussites des Grecs pour recommencer à zéro ?

 

Buleihi: Je n'ai rien contre le fait d'apprendre [des autres]. Ce que je voulais clarifier est que ces [succès] ne sont pas les nôtres et que ces individus exceptionnels ne sont pas le produit de la culture arabe, mais plutôt de la culture grecque. Ils se trouvent en dehors de notre courant culturel dominant, et nous les avons traités comme des éléments étrangers. C'est pourquoi nous ne méritons pas de nous en enorgueillir, vu que nous les avons rejetés et avons combattu leurs idées. A l'inverse, quand l'Europe eut tiré l'enseignement de ces individus, elle a su profiter d'une grande connaissance: la sienne à l'origine, vu qu'elle est une extension de la culture grecque, source de toute la civilisation occidentale."

On pourrait terminer en rappelant que Buleihi dit la même chose que bien des réacs. Ce n'est pas parce que l'on est fier de sa culture que l'on exclut ou hait les autres.

Okaz: Monsieur, vous pouvez admirer cette civilisation tant que vous le voulez, mais pas aux dépens des autres, notamment de notre civilisation.

Buleihi: Mon admiration pour l'Occident ne s'exprime pas aux dépens des autres. Elle invite ces autres à admettre qu'ils se sont leurrés, à surmonter leur infériorité et à se libérer de leur retard. Ils devraient admettre leurs défauts et faire l'effort de les surmonter. Ils devraient cesser de nier les faits et de tourner le dos à la multitude des merveilleux succès [occidentaux]. Ils devraient se montrer justes à l'égard de ces nations qui ont su se rendre prospères, sans pour autant monopoliser la prospérité, faisant profiter le monde entier des résultats de leurs progrès, de sorte qu'aujourd'hui d'autres nations dans le monde en bénéficient. La civilisation occidentale a apporté au monde la connaissance et le savoir-faire qui ont permis aux nations non occidentales, de rivaliser avec sa production et de partager des marchés avec elle. Critiquer ses propres insuffisances est nécessaire pour évoluer positivement. En revanche, glorifier la léthargie revient à encourager et asseoir le retard, à resserrer les chaînes de l'apathie et à empêcher [l'expression de] la capacité à exceller. Le retard est une réalité honteuse qui devrait nous déplaire et dont nous devons nous libérer.

 


Le plus dramatique est tout de même qu'il faut que ce soit un intellectuel saoudien qui le dise pour que certains occidentaux en prennent conscience, et que ce type de discours n'est plus admis sous prétexte de racisme et de xénophobie.

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Rédigé par Polydamas

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Publié le 16 Juillet 2008

Autre aspect de la critique païenne, le souci concernant la dévirilisation. Je trouve ce sujet un peu secondaire, car il ne me semble pas que l'importance d'une civilisation se mesure à l'aune de la place du sexe. D'autant que l'Eglise ne lutte pas contre la chair, elle lutte contre une utilisation irraisonnée de celle-ci, la nuance est de mise. Il me semble que cette critique n'a pas beaucoup de fondement ou alors, il va falloir m'expliquer la proportion importante, parmi les cathos conservateurs, de ceux ayant choisi la carrière des armes, métier qui n'est pas réputé pour être réservé aux mecs efféminés.

Quant au principe de la guerre, là encore, je ne perçois pas clairement la critique, la légitime défense n'empêche nullement de se défendre, de se battre, de riposter aux attaques auxquelles on peut être soumis, ou même de pratiquer une guerre préventive. Le christianisme n'est pas en cause là-dedans, c'est plutôt notre société de confort, et notre paresse qui a remplacé toute idée d'utilisation de la force.

Une autre critique, plus subtile, mais qui ne ressort pas du catho-bashing au sens strict, consiste à dire que l'Eglise aura une fin comme n'importe quelle autre institution, dépassée qu'elle est par un monde plus rapide, mieux adaptée qu'elle, tuée par le darwinisme. Cette critique que l'on retrouve chez Vae Victis. J'avoue qu'elle ne m'inquiète pas plus que cela.

Pour plusieurs raisons:
- ça fait 2000 ans que l'Eglise doit mourir, elle continue à s'en tirer plutôt pas mal
- la popularité, le nombre de pratiquants ne fait pas le dynamisme de la religion, ça va, ça vient, ce n'est pas grave si les centres se réorganisent autour du Tiers-Monde, avoir un pape noir ne me pose pas de problèmes particuliers du moment qu'il est rigoureux sur la doctrine.
- le futurisme, la modernité, quelle que soit le nom qu'on peut donner à cette nouvelle cosmogonie, ne change pas grand-chose à la nature de l'homme, ne répond pas aux questions existentielles, n'indique rien sur son devenir après la mort. Avec ou sans Intelligence Artificielle. Nous sommes dans une ère hyper-technique et pourtant, jamais on n'a eu autant besoin de se raccrocher à de l'au-delà.

Ainsi Vae Victis ajoute à ce propos:

Je pense que de la Technique naitra une nouvelle spiritualité, de nouvelles religions, car les hommes ont toujours besoin de croire. Comme les japonais et les coréens nous devons chercher notre recours dans la science

Je ne vois pas en quoi ce serait possible, la science ne nous dit rien à ce sujet. La science est exactement l'antithèse de la religion, elle ne peut rien nous dire sur la spiritualité. D'autant qu'il me semble qu'on trouve là un néo-paganisme, orienté non plus autour de la nature, mais autour de la technique, ce qui ne change pas grand-chose à la problèmatique, il me semble. Au lieu de diviniser ce qui nous entoure, on divinise la construction matérielle, le robot, en lui conférant l'intelligence artificielle, le nouveau paradigme s'il en est. Alors, ok, je n'ai peut-être pas le niveau pour discuter de ces thèmes, restent que les problèmes posés par l'IA, et donc, par conséquent, les questions sur la définition de la conscience, voire de l'être humain, ne me paraissent pas changer la donne au point de mettre l'Eglise et son message à la poubelle de l'Histoire.

Je lis dans d'autres billets que l'Eglise serait hostile à la Technique. Mais rien n'est plus faux, elle est hostile aux changements de nature, à la réification de l'humain, comme si il n'était rien d'autre qu'une machine, d'où la raison de son hostilité à toutes les expériences sur les chimères, le statut des mères porteuses, etc. Elle n'a rien contre la technique par elle-même qu'elle a toujours encouragé. Ainsi en est-il des OGM, ou des recherches sur l'ADN. Nul n'est interdit de faire des recherches sur les éléments constitutifs de l'être humain, ce qui est prohibé est d'utiliser et de détruire celui-ci comme si il n'était qu'un instrument de recherche.

Nuance importante, il me semble.

A l'issue de ce modeste panorama, j'ai l'impression d'avoir couvert les principales critiques que l'on peut trouver à droite sur l'institution catholique et ses représentants. Il en est d'autres sur lesquelles je ne me prononcerais pas. La véhémence d'un polémiste contre des catholiques troujours trop mous et trop peu impliqués est également une forme de catho-bashing, mais celui-ci me semble, dans certains cas, sain, voire salutaire, les cathos comme les autres, ayant beaucoup trop tendance à se reposer sur leurs acquis.


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Rédigé par Polydamas

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Publié le 10 Juillet 2008

Suite de la série sur le bashing de cathos. En second lieu, on trouve la critique païenne, qui me semble être la plus importante et la plus virulente à l'égard du christianisme.

En gros, la critique païenne est la suivante, dont Ivane et Xyr sont les plus brillants défenseurs sur le net. Les idées modernes sont toutes héritières du christianisme, notamment dans l'idée d'universalisme, de solidarité, et d'oubli de soi. Partant, les cathos sont responsables, au choix, de la féminisation croissante de la société, en promouvant la victime et en délégitimant la force et la virilité, ils sont responsables des vagues d'immigration massives qui destructurent notre pays, mais également de la détestation de notre propre civilisation. OK, je la fais très courte.

Tout d'abord, il faut tout de même signaler qu'il y a plusieurs niveaux de discours dans l'Eglise, tout n'est pas à mettre sur le même plan. L'accueil des immigrés n'a nullement la même portée que l'avortement ou la bioéthique, sujets si important qu'ils sanctionnent l'appartenance à l'Eglise. Ce qui n'est pas le cas de l'immigration, il est tout à fait possible d'être en désaccord avec un évêque évoquant les flux migratoires, sans pour autant être exclu de la communauté des croyants.

Malgrés les propos de certains évêques, l'Eglise n'interdit nullement une politique migratoire digne de ce nom. Elle demande juste que les migrants soient traités dans la dignité. Ce qui n'est pas incompatible avec le fait de les renvoyer dans leur pays, n'en déplaise à tous les cathos qui gueulent parce qu'on n'accueille pas suffisamment les étrangers. Cathos généralement scandalisés si l'on touche au cheveu d'un seul immigré, mais qui ne voit aucun problème à l'IVG.

Un intervenant disait quelque part que pour les cathos, une France uniquement peuplée de cathos africains ne leur poserait aucun problème, alors qu'une France remplie de blancs athées leur serait invivable. Oui et non, ce n'est pas vraiment ainsi que je vois les choses. Je suis certain qu'une France uniquement peuplée de gens issus de la "diversité" ne serait plus la France, que ces personnes soient catholiques ou pas. La tradition, la culture, le mode de vie, la mentalité, tout ce qui n'est pas lié à la religion mais qui est intrinséquement liée au pays, au peuple, ne sont pas des éléments négligeables. Mais dans le même temps, une France qui considèrerait ses églises comme des jolis musées ou de grandes salles communales, perdrait tout ou partie de son âme, à n'en pas douter.

Donc oui, la spiritualité catholique est importante, mais il est clair également que les traditions grivoises, les chansons paillardes sont des coutumes éminemment gauloises qu'il n'est pas question de renier. "Libre de faire l'amour et d'aller à la messe" comme disait Sardou. Le raccourci est un peu mièvre, mais il n'est pas tout à fait faux. D'autant que je suis bien placé pour savoir que les catholiques, prônant la virginité avant le mariage ne sont généralement pas ceux qui parviennent le mieux à tenir cet idéal.

Mais revenons sur l'accueil, l'ouverture, la charité.

On en trouve aussi une vision très claire dans les textes originaux. C'est l'épisode des larrons au moment de la mort du Christ. Un des deux affirme qu'ils méritent leur sort, mais que le Christ est innocent, et a l'humilité de Lui demander pardon de ses fautes passées, pendant que l'autre continue à injurier le Christ. Et le premier larron est la première personne sauvée, alors que l'exégèse nous dit que le second n'a pas suivi le même chemin. Même chose si l'on compare le traitement entre St Pierre et Judas. Les deux trahissent, surtout St Pierre qui renie par trois fois, mais là encore, ce dernier a la présence d'esprit de regretter son geste et devient ensuite le premier pape de l'Eglise, alors que Judas, desespéré, c'est à dire, rempli d'orgueil (il considère que sa faute est tellement grande qu'il est impossible que Dieu la pardonne remettant ainsi en cause la miséricorde de Dieu) part se pendre.

Ce que l'on constate, à travers ces faits, c'est que, dans la perspective catholique, le pardon et l'accueil ne s'accordent qu'à celui qui a l'humilité de la demander et d'en bénéficier. Celui qui considère que tout lui est dû, qu'il est en terrain conquis (que cette personne soit déjà catholique ou pas), n'obtiendra rien et sera rejeté. En bref, c'est toujours l'orgueil qui est condamnable. La perversion de cet état d'esprit par le modernisme, c'est l'accueil à tout va, sans demander d'effort d'intégration ou d'adaptation à qui veut rejoindre notre société. C'est l'accueil qui prime sur l'effort et l'intégration, quel qu'en soit le prix, quelles qu'en soient les conséquences. Mais c'est une perversion, ce n'est aucunement rendre service au nouvel arrivant que de ne pas lui demander de se plier aux règles qui régissent notre société. Oublier son ego, faire un effort, ne signifie pas se renier, et refuser ses propres attaches, bien au contraire.

D'autant qu'il faut noter que les règles religieuses ne sont pas celles qui prédisposent à la gestion d'un état, dixit les scholastiques. Un prêtre ne peut pas refuser son pardon pour qui le demande sincèrement à la différence de la justice des hommes, les contraintes et devoirs de l'un et de l'autre n'étant tout simplement pas les mêmes. D'où la raison pour laquelle, il y a encore quelques temps, lors des exécutions, un prêtre pouvait accompagner le condamné sur l'échafaud, lui permettant d'obtenir le pardon de Dieu jusqu'au dernier instant, mais n'annulant aucunement sa condamnation. D'où les renvois d'étrangers dans leur pays, pratiqué par les monarchies, etc. L'idée étant que c'est le bien commun qui prime, bien commun qui peut être corrompu par des intérêts particuliers de communautés trop nombreuses sur le sol national. Et même le Christ n'a pas remis cette hiérarchie, et ces différents rôles, en cause.

Le Christ est un révolutionnaire au sens spirituel, pas au sens politique (les apôtres pensaient que le Christ allait renverser l'empire romain, ce qui n'était pas du tout son but). Ce que dit le Christ, c'est de s'intéresser et d'aider tous les humbles. Mais les humbles, ça peut être celui qui manque d'enseignement, celui qui ne sait pas (on sait que l'un des premiers disciples du Christ fut le centurion romain, qui était certainement loin d'être pauvre). Là où les croyants avec une sensibilité plutôt orientée à gauche se plantent, c'est en lisant ce texte au pied de la lettre, et en négligeant totalement les impératifs de l'Etat, dont la Doctrine Sociale de l'Eglise a soulignée l'importance. Ce n'est pas aider son pays que d'accueillir des populations impossibles à intégrer. Les premiers qui en feront les frais seront les démunis français, les plus pauvres parmi les populations de souche. Et eux, on fait quoi pour eux ?

Ainsi donc, si la bienveillance à l'égard de tous est la moindre des choses, cette attitude ne justifie pas le suicide démographique par l'ouverture des frontières, comme j'ai pu le lire sur le net. A titre politique, le catholicisme n'est pas pour l'ouverture massive des frontière, jusqu'à mettre en danger l'équilibre de ce pays. Que je sache, on peut très bien être tout à fait souriant et charitable, mais tout de même refuser de céder à toutes les revendications des pauvres/clandestins. Etre charitable signifie mettre en oeuvre ce qu'il y a de mieux pour eux, pas forcément ce qu'ils veulent, c'est toute la différence.

Et concernant les clandestins, je ne pense pas que ce soit leur faire un cadeau que de les accepter sans contrôle. D'autant que le catéchisme ne dit rien de moins que la chose suivante :"Les autorités politiques peuvent en vue du bien commun dont ils ont la charge subordonner l'exercice du droit d'immigration à diverses conditions juridiques, notamment au respect des devoirs des migrants à l'égard du pays d'adoption. L'immigré est tenu de respecter avec reconnaissance le patrimoine matériel et spirituel de son pays d'accueil, d'obéir à ses lois et de contribuer à ses charges." [CEC n°2241]

Par conséquent, en France, ces lignes peuvent très bien se traduire par un souci d'intégration et d'assimilation, que les immigrés ne peuvent refuser, à la différence de ce que disent les Indigènes de la République. Et vu que l'on ne peut pas accueillir tout le monde, les ressources n'étant pas infinies, cela signifie qu'on peut donc parfaitement expulser des clandestins, pour des catholiques un peu soucieux du bien commun, ça se justifie. Impératifs qui, bien entendu, n'empêchent en rien de visiter les prisons, de faire l'aumône, d'avoir un comportement charitable et bienveillant. Mais c'est justement toute la différence entre le comportement d'un Etat et celui d'un particulier.


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Rédigé par Polydamas

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Publié le 9 Juillet 2008

Après les attaques de la gauche contre la réacosphère, il est un domaine dans lequel certains réacs se sont spécialisés : le catho-bashing.*

D'un côté, c'est une bonne nouvelle, ça prouve que les catholiques intéressent encore, que le catholicisme n'est pas encore mort. Ça marche par périodes, dès qu'un catho un peu connu l'ouvre un peu trop, les réactions arrivent de suite. De l'autre, c'est un peu navrant, car on ne fait que retrouver les discussions et désaccords classiques qui ont miné la droite conservatrice durant des années. Rien de très neuf sous le soleil, donc. Permettez moi de continuer le débat en répondant aux argumentaires les plus classiques concernant l'Eglise, en plusieurs billets, histoire d'isoler les critiques et leur débats.

Tout d'abord, une précision, il est vrai aussi que l'Eglise n'aide pas toujours. Quand on voit certains de nos évêques français dont on se demande comment ils ont pu obtenir leur mitre, une critique des plus vigoureuses est parfaitement légitime. L'Eglise n'est pas faite pour suivre à la lettre toutes les conneries de notre société, le dernier exemple en date étant l'initiative malheureuse de la Prêtre Academy. Les réacs de tout poils sont dans leur rôle en démolissant ces initiatives, ils rappellent à l'Eglise sa mission, et cela me parait d'autant plus important et plus efficace, si ils ne font pas partie de la maison, je n'ai rien à dire par rapport à ça, bien au contraire.

Ce n'est pas de cela qu'il s'agit mais plutôt d'une critique essentielle, d'une critique du rôle de l'Eglise dans ce qu'elle a de plus important, sa mission d'évangélisation. Dans ce cadre, au travers de quelques billets, je m'attellerais à répondre aux diverses critiques qu'on peut trouver chez les réacs. Je pense à la critique que j'appellerais "institutionnelle", la critique païenne, et la critique "futuriste". Je sais que j'en oublie certainement, mais il me semblent que ce sont les principales attaques que l'on trouve dans la "réacosphère".

Tout d'abord, la critique institutionnelle.

Boutin, pour prendre la grenouille de bénitier politique et catho par excellence, c'est facile de la démonter. Moi aussi, je m'en prive pas, en commentaires de certains blogs. Cependant, elle a au moins le mérite d'être présente dans le système, de tenter de faire à son niveau. De manière très imparfaite (attirant ainsi des critiques justifiées) certes. De cautionner par sa présence nombre de politiques qui n'ont rien de catholiques, également. Mais d'être là.

Qu'on le veuille ou pas, que l'on y soit hostile ou pas, il y a un système en place, alors de deux choses l'une, soit on tente de prendre les manettes, de grapiller quelques places, quelques prébendes, en espérant améliorer un peu les choses, soit on est exclu du jeu. Je ne reprocherais à personne de tenter de s'investir, au risque de la corruption avec le système. Ceux qui s'engagent ont au minimum la légitimité du terrain. Le pouvoir, fût-il en république, est fait pour être pris (et quand on voit les minables qui participent, on aurait bien tort de se priver). Le reste est affaire de stratégie, de visions différentes, certains sont forcés à rester (ou se complaisent) dans la clandestinité et l'underground, d'autres préfèrent les ors de la République. Les deux stratégies s'expliquent et se justifient très bien.

Ensuite, oui, les cathos ont la prétention (il faut lire les commentaires, le débat qui suit est passionnant) de dire ce qu'il faut faire, ils ont la prétention d'avoir une idée de ce que recouvre la notion de bien commun, ce qui n'est pas très libéral comme position, c'est vrai. Dans ce cas alors, le problème n'est pas avec Boutin, qui a le malheur de déplaire à ces réacs, mais avec l'Eglise, ne nous cachons pas derrière des hommes de paille. Même si à l'origine, l'Eglise a toujours promu la liberté de chacun, elle n'est pas hostile à ce que l'Etat légifère sous un angle catho-orienté. Que ce soit sur les mères porteuses, l'IVG ou quoi que  ce soit d'autre. Bien sûr, il faut savoir distinguer les sujets prioritaires des sujets plus annexes, mais les faits sont là. Même si le salut est une affaire personnelle, l'Eglise n'empêche nullement certains Etats de prendre des mesures qu'on pourrait croire hostiles à la liberté de chacun.

Autre aspect de cette critique, celle portant sur les croyants eux-même. XP s'en est fait une spécialité en parlant de l'hypocrisie de certains cathos, en évoquant les faiblesses de certains tradis, etc. Oui, on le sait, malheureusement les catholiques sont des gens comme les autres, la seule différence étant qu'ils ont des idéaux plus grands et plus difficiles que d'autres. Ce qui n'est déjà pas si mal.

Je ne pense pas qu'on puisse dire que les cathos, ce que sous-entend XP, dans un post, que les cathos soient plus pervers que la moyenne, plus vicieux, obligés qu'ils sont de camoufler leurs saloperies sous un masque de bonne conscience. Ce n'est pas vrai seulement des chrétiens, c'est vrai de tout le monde, de toutes les personnes affichant un tant soit peu de moralité. Et ça, on en trouve aussi bien chez les cathos, que chez les socialistes, les communistes, les démocrates-chrétiens.

Ensuite, oui, il y a des erreurs de la part de certains cathos, des erreurs de vocabulaire, indignes des idéaux qu'ils prétendent afficher. Et oui, ces erreurs doivent être pointées pour qu'elles ne se reproduisent plus. Mais est-ce la peine de vouer à ce point aux gémonies des cathos qui se sont plantés ? Je ne le crois pas. Car pour tous les cathos dont on aura condamné les propos, combien serons-nous à nous rappeler de certaines attitudes dignes et vénérables qui sont toujours passées sous silence ? Est-ce vraiment utile de gueuler avec les  loups ? Qui aime bien, châtie bien, certes. Mais le lynchage est-il vraiment nécessaire ?


* le catho-bashing, c'est le fait de se payer des cathos, plus ou moins gratuitement.
 

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Rédigé par Polydamas

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Publié le 13 Juin 2008


Un article de Christophe Geoffroy dans la Nef fait la synthèse de ce que les catholiques reprochent au libéralisme. Autant je suis d'accord sur les premiers éléments de l'article concernant le libéralisme philosophique, autant je ne partage pas sa condamnation du libéralisme économique.

Extraits, après lesquels j'ai introduit mes réponses:

L’homo œconomicus

Ce libéralisme politique se conjugue avec le libéralisme économique dont le postulat fondamental est le miracle permanent du marché qui s’équilibre spontanément de façon optimum dès lors qu’aucune intervention ne l’entrave. C’est « la main invisible » d’Adam Smith qui règle les choses bien mieux que ne pourrait le faire l’État.


Christophe Geoffroy ne sait visiblement pas ce qu'est un marché avec sa composante primordiale, qui est l'information pour une répartition des biens qui soit la plus juste possible. Un marché est le mécanisme qui permet le mieux de synthétiser toute l'information disponible, ce dont un Etat ne sera jamais capable (la somme d'informations nécessaires pour répartir les besoins au mieux est trop considérable pour être gérée par un Etat). Donc, l'Etat manquant d'informations, il prendra des décisions arbitraires, et moins optimales que des acteurs plus proches du terrain, dont les règles ne dépendent pas de lois votées au parlement.



Mieux, l’homme est censé toujours rechercher son intérêt, mais cet égoïsme même – jugé neutre (c’est l’affaire de chacun) – concourt naturellement au bien général – ainsi est né l’homo œconomicus, être rationnel mu par la seule recherche du profit. Le libéralisme fait aussi bien que Dieu : il sait tirer un bien d’un mal ! Bref, « pour la première fois dans l’histoire, voici une conception déterministe et mécaniste de l’économie politique », écrit fort justement Daniel Villey (8).


On sait aujourd'hui que l'homme ne recherche pas toujours son intérêt et qu'il est parfaitement irrationnel dès qu'il touche à de l'argent. Le libéralisme, il me semble, ne tire pas un bien d'un mal, il fait en sorte de rendre la situation la moins mauvaise qui soit, et de laisser faire les hommes au plus près du terrain.



L’homme est ainsi l’objet des lois économiques qu’il ne peut que subir de façon inéluctable. «L'homme n'est pas maître de son destin et ne le sera jamais», écrit Hayek (9). Ce déterminisme économique rend l’homme esclave d’un système qu’il ne peut maîtriser. Ainsi, la liberté si vantée par le libéralisme, qui lui permet de faire ce qu’il veut pour la conduite de sa propre vie est-elle impuissante pour améliorer le processus économique !


Absolument pas. Les règles capitalistes forment le régime économique le plus souple qui soit, on le retrouve aussi bien dans les cités Etat du Moyen-Age, où les banques n'hésitaient pas à inscrire dans leur comptabilité une affectation de leur produit pour les pauvres, que chez les communistes. Effectivement, l'homme fait ce qu'il veut dans ce cadre, mais celui-ci n'est rien d'autre que celui de la propriété privée ! Que je sache, on peut difficilement remettre en cause ce principe fondamental...

Quant à Hayek, il eût été plus honnête ou plus précis de citer son propos dans son intégralité:
"C'est une illusion fondamentale de croire que la raison humaine puisse définir des règles d'organisation ordonnées dans un but déterminé... L'homme n'est pas maître de son destin et ne le sera jamais ”

Autant au niveau politique, on peut ne pas être d'accord avec Hayek, autant au niveau économique, les règles d'organisation sont sans cesse différentes, la phrase prend un tout autre sens.

Le mal n’est jamais dans l’homme, mais dans le dysfonctionnement du système économique engendré par l’intervention de l’État. Cette vision de l’homme balaie l’anthropologie chrétienne basée sur la dignité de la personne créée à l’image de Dieu, personne néanmoins blessée par le péché originel qui le rend responsable d’une partie du mal qui l’entoure.


Certains libéraux pensent que l'homme est effectivement naturellement bon, à l'instar de Rousseau. Je ne partage pas cette vision, mais je suis sûr que chaque homme, dans la vie économique, sait ce qu'il y a de mieux pour lui, c'est le principe de subsidiarité, le fait de déléguer la prise de responsabilité au plus bas niveau possible. Et du moment que cela ne va pas à l'encontre du bien commun, que ce soit la drogue, le porno, etc, je ne vois pas pourquoi il faudrait lui mettre des bâtons dans les roues, sous prétexte qu'il est pécheur.


Le système décrit ici est bien celui qui nous gouverne aujourd’hui. Conformément à la loi du profit maximum, le capitalisme s’inscrit désormais dans une logique purement financière, basée sur la spéculation et le rendement de l’argent. Les hommes, dans ces immenses multinationales anonymes, ne sont plus que des pions que l’on déplace ou dont on se débarrasse selon des critères purement financiers.


Et en quoi est-ce mal que le système soit basé sur la spéculation ? La spéculation, c'est justement l'outil qui permet de détecter les décalages et les besoins grandissants, les manques de logistique non anticipés par les intervenants. Ainsi, la hausse du pétrole, qu'on peut attribuer en partie seulement à la spéculation est la meilleure preuve que la ressource en pétrole va se raréfier, qu'il est temps de changer de mode de vie. Or quoi de mieux pour cela, qu'un pétrole cher ? Si le prix était fixé, il n'y aurait nulle incitation et nulle volonté de la part des acteurs de changer de mode de vie. Il n'y aurait pas de prise de conscience de la menace d'une réduction de la quantité de pétrole disponible.


L’écart se creuse

Ce libéralisme, plaident ses défenseurs, a au moins le mérite d’être le système le plus efficace, celui qui crée le plus de richesses. En chiffres absolus, c’est peut-être exact, mais, outre que la croissance n’est pas une fin en soi (elle contribue à dégrader notre art de vivre et notre environnement), elle cache d’énormes disparités : elle ne diminue pas l’écart entre riches et pauvres. Depuis le déclin du communisme en 1989-1990 qui a fait du libéralisme le système mondial totalement hégémonique, les riches deviennent plus riches, les plus pauvres demeurent pauvres.


Rien que l'exemple de la Chine vient contredire cette dernière phrase. Le libéralisme a permis à une d'accroitre le niveau de vie d'une population toujours plus importante. Non seulement le niveau de vie a été amélioré qualitativement, mais aussi quantitativement. Ce à quoi Geoffroy me répondra que cela s'est fait aux dépens de la spiritualité. Certes, mais est-ce le but d'un système économique, donc logistique, de satisfaire ce besoin ?

Et ce n'est pas qu'en chiffres absolus. Il suffit de voir qu'en 1950, seul l'Europe, et l'Amérique du Nord étaient développés, et de constater qu'aujourd'hui, on peut y inclure l'Asie et l'Amérique du Sud, l'Afrique demeurant encore à la traine. Ce n'est pas vraiment un échec, bien au contraire.

Quant à l'écart entre riches et pauvres, cette étude modère le propos de Geoffroy. D'autant que je ne vois pas bien en quoi les catholiques devraient être pour une société égalitaire. L'égalité spirituelle, l'égalité devant Dieu, n'est pas l'égalité matérielle. Les catholiques ne sont pas des communistes. Oui à la charité, mais non à la collectivisation des moyens de production, quant tout le monde possède, plus personne ne possède.



Ainsi justifient-ils le travail des enfants 9 à 12 heures par jour au xixe siècle comme un passage obligé de développement : il n’y a là rien d’immoral, puisque les enfants acceptent de travailler ainsi pour ne pas mourir !


Et au Moyen Age, dès 13 ans, on pouvait se retrouver sur un champ de bataille à porter l'étendard. A tout prendre, je crois que le XIXe est encore enviable. Mais effectivement l'école pour tous les enfants est un luxe que tous les pays ne peuvent se permettre. Le niveau de développement d'un pays nécessaire pour que l'école soit disponible pour tous n'est pas à la portée de pays faiblement évolués économiquement.

En outre, les enfants, de tout temps, ont représenté une ressource financière pour les vieux jours de leurs parents, jusqu'il y a un siècle, il était logique, voire évident, qu'ils travaillent. En disant cela, je ne justifie aucunement l'exploitation des enfants, je ne justifie pas qu'ils meurent à la tâche ou quoi que ce soit de ce genre, je constate juste que le travail des enfants est inévitable et que l'école, dans beaucoup de pays, est considéré comme inutile car ne rapportant pas de sous à la famille.



On aborde là l’aspect le plus insupportable du libéralisme : son refus d’institutionnaliser des solidarités humaines au nom de l’individualisme, du déterminisme économique et de son rejet du bien (donc d’une attitude morale), quand, dans le même temps, il absolutise la propriété privée qui n’impose pour lui aucune obligation sociale, aucun devoir moral. Pour le vrai libéral, toute intervention de l’État en économie est toujours néfaste.

Il n’y aurait par exemple aucune « injustice » dans un salaire de misère dès lors que celui-ci s’équilibre naturellement sur le marché du travail par le libre jeu concurrentiel de l’offre et de la demande : « Les considérations de justice, écrit Hayek, n’ont simplement aucun sens à l’égard de la détermination d’une expression chiffrée (les salaires) qui ne relève de la volonté ni du désir de quiconque, mais de circonstances dont personne ne connaît la totalité. […] Tout se passe comme dans un jeu, où le résultat est imprévisible et au cours duquel il y a régulièrement des gagnants et des perdants. Et comme dans le jeu, alors que nous insistons à bon droit pour qu’il soit loyal, il serait absurde de demander que les résultats pour chaque joueur soient justes » (11). C’est pourquoi toute politique de redistribution est pour Hayek sans fondement. « Une grande partie de ce que l’on fait actuellement au nom de la “justice sociale”, écrit-il, est non seulement injuste mais hautement antisocial au sens véritable du mot » (12).


Le problème de l'institutionnalisation des aides est toujours le même problème : celui de la connaissance et de la répartition de l'information sur un marché. Est-il possible qu'un Etat, avec ses règles administratives strictes, puisse déterminer qui doit être aidé, qui a un comportement de passager clandestin, qui profite des aides, tout en travaillant au noir en parallèle, qui est vraiment dans le besoin ? On peut en douter, notamment lorsque l'on constate la gabegie de notre Etat, et les effets pervers induits. Ainsi, un fonctionnaire, dont le poste n'est pas soumis aux mêmes contraintes qu'un responsable associatif soucieux d'efficacité, peut avoir donc une politique d'aides radicalement différente et moins propice à avoir des effets concrets sur le terrain. D'autant que, comme par hasard, les montants les plus importants de prélevements sont pris sur les masses laborieuses, sur les classes moyennes qui sont à peine mieux lotis que les populations que l'Etat cherche à aider. C'est deshabiller Pierre pour vêtir Paul.

Par contre, les libéraux n'ont rien contre des associations de charité proches du terrain et qui choisissent au cas par cas, les personnes qu'elles souhaitent aider. Donc, les libéraux ne sont pas hostiles à la charité, ils ne sont aucunement hostiles à une attitude morale,  ils sont hostiles à l'institutionnalisation. Les libéraux ne rejettent aucunement le bien, ils veulent juste éviter de l'imposer à tous par la force, ce qui rejoint les principes de subsidiarité et de non-agression chers à l'Eglise Catholique.

En outre, à titre personnel, je pense que sur certains sujets précis, l'intervention de l'Etat peut être salutaire. Mais il me semble qu'il doit s'agir de politiques ponctuelles résultant d'un désiquilibre exceptionnel plus que d'une institutionnalisation d'une politique d'aides qui engendre nécessairement des effets pervers.


Enfin, la logique libérale tend à remettre en cause le cadre national, frein au commerce mondial. L’économiste libéral Jean-Jacques Rosa écrit par exemple : « nous, nous sommes de notre temps : mondialistes » (13). Et le philosophe libéral Karl Popper va plus loin : « Le principe des nationalités ou de l’État-Nation est d’autant plus indéfendable qu’aucun critère territorial, racial, linguistique, culturel ou religieux ne permet de définir clairement en quoi consiste une nation » (14).
Finalement, le primat de la (fausse) liberté caractéristique du libéralisme met en évidence son unité profonde entre ses composantes philosophique, politique et économique. Il conduit à un monde concurrentiel, froid et inhumain – le « struggle for life ». Il faut refuser son hégémonie en commençant par le combattre intellectuellement.


Non, le libéralisme économique ne se conçoit pas uniquement dans le cadre du libéralisme philosophique, l'exemple des cités états italiennes étant là pour le contredire. Par contre, le monde froid et inhumain du "struggle for life" n'est ce pas le monde tel qu'il est et tel qu'il a toujours été, suite à la chute du paradis originel ? En outre, je me demande bien où Geoffroy aurait vu qu'à la tête d'un Etat, il n'y a pas de "struggle for life" ? Au contraire, c'est justement là qu'on peut voir que les rivalités sont les plus violentes....


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Rédigé par Polydamas

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Publié le 8 Mai 2008

La campagne Matelsom a relancé la polémique, il est temps de me positionner plus clairement sur le sujet du mariage homosexuel, sujet que j'ai régulièrement évité jusqu'à présent sur mon blog, mais que j'ai eu l'occasion de développer en long et en large sur nombres de commentaires.

Tout d'abord, qu'il me soit permis de sourire d'un fait intéressant. Plus personne ne veut se marier. Les seuls qui souhaitent s'engager dans la voie longue et difficile du mariage sont les cathos, les prêtres hyper-progressistes, et certains homos. Permettez-moi de m'amuser à constater que des personnes qui ne sont, la plupart du temps, pas connues pour leur fidélité, souhaitent aussi ardemment s'engager dans la voie du mariage. Que les homos se retrouvent aux côtés des catholiques pour défendre l'institution du mariage ne manque pas de sel.

Passons.

Disons-le tout net, au risque de choquer certains catholiques, je n'ai rien contre l'homosexualité au sens strict, chacun fait ce qu'il veut dans son pieu, je m'en fous, ce n'est pas mon problème. C'est pour cela d'ailleurs que je trouve que l'argument religieux, repris par certains de mes amis, n'est pas pertinent. Comment évoquer les condamnations bibliques de la sodomie face à quelqu'un qui n'accorde aucun crédit à la Bible ? Ces arguments ne sont tout simplement pas crédibles dans le cadre de l'homosexualité. Les arguments des croyants ne peuvent toucher que des homosexuels croyants, qui ne doivent probablement pas être très nombreux.

Par contre, l'un des aspects du fait homosexuel qui me pose le plus de problème, c'est, en ce qui concerne certains gays, l'hyper-sexualisation et le côté exhibitionniste, à l'image de ce qu'a récemment déclaré le maire de Rome.
 

« Je respecte les personnes homosexuelles, j'en connais quelques-unes et je ne fais pas dans la discrimination. Mais je crains que la Gay Pride soit tout autre chose, un acte d'exhibition sexuelle, et je suis opposé à toute forme d'exhibition, homosexuelle ou hétérosexuelle. Le problème, ce n'est pas oui ou non à l'homosexualité, mais oui ou non à l'exhibition. »


Que je sache les nudistes ne se baladent pas régulièrement dans les rues de Paris pour revendiquer davantage de libertés. Je n'ai jamais vu de stripteaseuses manifester en tenue, ce qui n'est pas le cas de la Gay Pride. A ce sujet, il faut vraiment lire cet article de Michel Bellin (en bas de page), très éclairant. Ce qui me gêne n'est pas tant l'homosexualité, que cette mode qui le considère comme hyper-tendance, comme hyper-fashion. Les hétéros sont de facto ringardisés, alors que pourtant, dans une société, personne n'est plus important qu'eux.

Or, dans un Etat se souciant du bien commun, la priorité est, non pas de légaliser, ou d'autoriser toutes les pratiques existantes ou toutes les modes, dont on connait la diversité, dictées par l'opinion publique, mais de promouvoir et d'encourager le cadre permettant à la société de prospérer. Et malheureusement, les homosexuels ne rentrent pas dans ce cadre. L'Etat n'a pas vocation à mettre sur le même plan un comportement qui favorise la croissance de la société par la fécondité, et un comportement qui ne permet pas de faire profiter à la société des mêmes largesses que l'hétérosexualité.

Un mot sur l'adoption.

Les hétéros ont une "mission" dans le sens où c'est la famille qui constitue la cellule de base de la société. Cette cellule, lorsqu'elle est stable, permet l'équilibre et l’éducation des enfants (c'est pour cela que les divorces sont généralement de vrais drames). Enfants, qui, nous serons tous d'accord là-dessus, sont le "bien" le plus cher qui soit, c'est à dire que rien ne doit aller à l'encontre de leurs intérêts. Or je considère qu'en plus d'avoir le droit à la vie, ils ont également le droit à cette stabilité psychologique, et notamment, à l’altérité des sexes entre les parents (je sais, j'aggrave encore mon cas). Jamais un homme ne remplacera une femme, comme jamais une femme ne remplacera un homme. (Note de 2013 : Pour faire simple, d'après Carl Jung, le psychisme d'un individu est composé d'une partie féminine et d'une partie masculine, qui sont des alchimies singulières et uniques des influences masculines et féminines parentales, et c'est le délicat équilibre, la tension, entre ces pôles opposés qui crée la psyche. Or, même si avec deux homosexuels ou deux lesbiennes, il y aura toujours une partie féminine et masculine, car venant, au minimum, de l'extérieur de la famille, ces parties risquent de ne pas trouver chez l'enfant leur pleine expression, leur plein potentiel, voire même risquent de se superposer ce qui peut être source de névrose, donc de souffrances. Il s'agit là, à mon sens, de l'argument principal de ce débat.)

Mettre l’homosexualité au même niveau que l'hétérosexualité serait du relativisme, ce qui est aussi une des pires choses qui soient. Ce serait nier le caractère sacré et vital de la procréation. Tout se joue ici au niveau des symboles. Et ceux-ci, dans une société, sont importants.

Autre point. On nous rabâche le cerveau des "études" démontrant qu'il n'y a aucun impact sur les enfants d'avoir des parents homosexuels. Un article de La Croix avait cassé ce mythe (d'accord, ils sont partie prenante, mais les gays ne sont-ils pas partie prenante également ? ) :

 

 

Les enquêtes citées, en général américaines, sur lesquelles se fondent les revendications d’ho­moparentalité révèlent en fait bien des surprises : l’échantillonnage est extrêmement restreint, quel­ques dizaines de personnes, le plus souvent membres d’associations gays militantes ; dans la plupart des cas, seuls les parents sont in­terrogés et parlent au nom de leurs enfants ; quand des comparaisons sont faites, c’est le plus souvent avec des familles monoparen­tales, soit d’origine, soit issues d’un divorce ; les questionnaires sont standardisés, exclusivement comportementalistes et fonction­nalistes, sans mise en perspective de l’évolution de l’enfant jusqu’à l’âge adulte ; les notions clés de « père », « mère », « parent », « con­ception » et « engendrement » y sont délibérément laissées dans le flou. Tout se passe comme si les enfants vivant au sein de couples homosexuels étaient chargés de valider les comportements des adultes en « allant bien », alors que l’on y découvre que plus de 40 % d’entre eux bénéficient d’un suivi psychologique.


On sait déjà que les divorces entre hétérosexuels laissent souvent des traces non négligeables chez les enfants. Et on voudrait aggraver les choses avec les homosexuels ? Les enfants ne supportent pas d'être différents, d'avoir une famille qui ne soit pas dans la norme, moyennement moyenne. Ajoutons à cela un imaginaire homo, une culture gay exacerbée et revendicative, parfois caricaturale, cela n’aide pas non plus les mômes à se construire. (Note de 2013 : le principal problème n'est pas la culture gay, la culture hétéro étant toute aussi potentiellement destructrice)
On voit alors sans peine la difficulté pour des enfants d'assumer le fait d'avoir des parents homosexuels.

Je vous laisse juge, je ne sais pas si je suis homophobe et à vrai dire, je m'en fous un peu. Peu me chaut d'être hai ou voué aux gémonies parce que je ne considère pas que Vanneste soit un salopard de la pire espèce. D'autant que je considère que les pires homophobes sont plutôt du côté de certains bobos qui considèrent (discours qu'il m'est arrivé d'entendre) qu'il FAUT avoir un homo dans ses connaissances, comme on doit avoir un beur de service dans son réseau. C'est réduire la personne à sa sexualité ce qui est encore pire, à mon avis, que de ne pas accepter telle ou telle sexualité. Il faut dissocier la personne de sa sexualité, et arrêter de tout confondre, comme si l'individu ne pouvait se définir que par le sexe de son conjoint.

Oui, le comportement homosexuel n'est pas sur un pied d'égalité avec le comportement hétérosexuel. Mais cela n'a rien à voir avec une discrimination des homosexuels. C'est une promotion de l'hétérosexualité en vue de ce qu'elle apporte à la société.

Alors oui, la propagande culturelle autour de l'homosexualité me lasse car l'on perçoit très bien que ce petit jeu mène directement au mariage pur et simple. Des gens qui ne représentent qu'eux-même, ne sont qu'une poignée, parviennent, à coups de lobbyings, de programmes culturels (les bears dans la pub, la Gay Pride), de pressions comminatoires, de sentimentalisme, à imposer leur thématiques, et malgré leur divisions, réussissent à obtenir l'oreille attentive des politiques.

Le domaine culturel a été plus ou moins abandonné par les conservateurs, laissant leurs opposants déterminer ce que les Français vont regarder, et plus tard voter. Le discours dominant est complétement centré sur le relativisme, l'ouverture à de nouvelles sensations, la détestation des "moeurs coincés", ce que le Grand Charles appelle la religion du Moderne. Effectivement, si l'on est un tant soit peu réalistes, les conservateurs ont perdu, le mariage homo existe déjà. Le contrat d'union civile, que l'UMP souhaite voter, est un mariage homo sans le nom, il en a presque tous les atouts, seule manque la mention "mariage".

Enfin, certains homosexuels nous disaient au moment du PACS: "Non, jamais nous ne demanderons quoique ce soit de plus, nous ne voulons pas du mariage". Force est de constater qu'ils avaient tort, que le PACS n'était bien sûr qu'une accroche, qu'une introduction afin de préparer un plan plus large. Plus inquiétant est ce constat lorsque l'on connait les projets à venir après le mariage homo, promouvant toutes les sexualités alternatives. D'autant que l'évolution actuelle des lois suit un mécanisme de cliquet, c'est à dire que si l'on vote la loi, il est ensuite impossible de revenir dessus. Ainsi, si le mariage homosexuel passe, il est probable que la logique relativiste continuera. Je ne vois pas pourquoi l'on s'arrêterait en si bon chemin.

Dans cette logique, toutes les sexualités devront être reconnues par l'Etat, ce qui risque d'augurer d'un beau bazar, ce n'est pas la peine que je vous dresse le tableau. (Note de 2013 : Au fond, ce débat n'est rien d'autre que la question du rôle de l'Etat. Doit il reconnaitre TOUTES les situations existantes parce que la démocratie l'exige ou doit-il avoir un rôle qui aille au-delà des partis, des choix des uns ou des autres ?)

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Argumentaires

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Publié le 18 Mars 2008


L'auteur de Festivus, festivus, est visionnaire comme toujours.

Mais il est probable qu'on n'ait encore rien vu, certains défendent déjà le mariage à trois, voire plus. Muray était en-dessous de la réalité...


Le mariage transformé par ses célibataires mêmes
par Philippe Muray, écrivain*

Par-delà le néo-mariage, et quelques autres revendications divertissantes, c'est la réduction au silence du moindre propos hétérodoxe qui se profile, c'est l'écrasement légal des derniers vestiges de la liberté d'expression, c'est la mise en examen automatique pour délit de lucidité.

Le mariage est une invention qui remonte à la plus haute antiquité. Je parle du mariage à l'ancienne, cette institution conformiste, vermoulue et petite-bourgeoise qui véhicule depuis la nuit des temps « les valeurs hétéro-patriarcales et familialistes » pour m'exprimer comme Christophe Girard et Clémentine Autain. Sauf erreur de ma part, cette mémorable conquête n'a pas été arrachée, l'arme à la main, de nuit, dans la précipitation et sous la menace des pires représailles, par une petite bande de fanatiques de la nuptialité bien décidés à se servir de la lâcheté des uns, de l'ambition des autres, de la démagogie tremblotante de tous, pour faire triompher leur cause. Nulle part ce type de mariage ne paraît avoir été imposé par la force. Ni en jetant à l'opinion publique un fatras précipité de raisonnements contradictoires afin d'extorquer d'elle, par sondage, une approbation apeurée. Il n'est pas davantage le fruit d'une volonté claironnée de mettre à genoux le pouvoir politique. Aucun gouvernement, à ma connaissance, n'a cédé aux partisans de la conjugalité dans la crainte de se voir accusé de gamophobie (du grec gamos, mariage).

Y a-t-il même eu « débat », à propos de cette importante « question de société », chez les Égyptiens pharaoniques, à Babylone, en Inde, à Lascaux, entre psychanalystes lacustres, sociologues troglodytes, militants de l'un ou l'autre bord ? En a-t-on discuté, dans le désert de Chaldée, à la lueur de la Grande Ourse ? A-t-on menacé de ringardisation les adversaires de cette nouveauté ? Les a-t-on accusés de ne rien comprendre à l'évolution des mœurs, de s'accrocher à des modèles désuets, d'alimenter la nostalgie d'un ordre soi-disant naturel qui ne relève que de la culture ? La Guerre des Games (de gamos, mariage, je ne le répéterai plus) a-t-elle eu lieu ?

Il semble bien que non. La chose, c'est horrible à dire, s'est faite toute seule, suivant la pente de l'espèce, laquelle sait si bien jouer sur les deux tableaux pour protéger ses intérêts, manier en même temps la carotte et le bâton, l'appât et l'hameçon, le désir de satisfaction sexuelle des individus et ses propres nécessités vitales de perpétuation, et emballer cela dans les mirages vaporeux de la pastorale romantique.

On a tout essayé, par la suite, avec le mariage. On l'a plié dans tous les sens. On a tâté de la polygamie, de la bigamie, de la monogamie, de l'adultère, du divorce à répétition, du mariage forcé, du mariage civil, du mariage religieux, du mariage d'argent, du mariage raté. On a même vu des mariages heureux. On a vu des mariages stériles et d'autres féconds, des unions dramatiques et des noces de sang. On en a fait des vaudevilles et des tragédies. Avec des placards pleins d'amants, des cocus en caleçon, des maîtresses acariâtres. Le mariage, en résumé, n'a été inventé que pour fournir des sujets de romans et pour assurer la chaîne sans fin des générations ainsi que le veut l'espèce.

Il n'en va pas exactement de même du futur mariage homosexuel, dont la genèse aura laissé tant de traces, à l'inverse de l'autre, qu'il sera aisé de la reconstituer. C'est que cette nouveauté ne va pas de soi, comme d'ailleurs la plupart des opérations expérimentales de notre temps. L'époque moderne, dont l'essence même est le soupçon dans tous les domaines, explose en cette affaire dans une sorte d'opéra-bouffe stupéfiant où la mauvaise foi et le chantage se donnent la réplique inlassablement. C'est d'abord le code civil qui a été instrumenté. On a prétendu qu'il n'y était stipulé nulle part que le mariage était réservé aux personnes de sexe opposé. Les homosexuels militants se sont engouffrés dans cet « oubli » pour exiger, au nom de l'égalité des droits, « l'accès des gays et des lesbiennes au mariage et à l'adoption ». L'exigence d'égalité est la grosse artillerie qui renverse toutes les murailles de Chine. La marche sans fin vers l'égalité absolue remplace, chez les minorités dominantes et furibondes, le défunt sens de l'Histoire. Pour ce qui est du code civil, d'abord paré de toutes les vertus, il n'a plus été qu'une sorte d'opuscule diffamatoire sitôt qu'on découvrit l'article 75, qui détermine que le mariage consiste à « se prendre pour mari et femme ». Peu soucieux de logique, les militants de la nouvelle union conclurent aussitôt à l'urgence d'une refonte de ce code que, l'instant d'avant, ils portaient aux nues. Et, en somme, puisque la loi est contre les homos, il faut dissoudre la loi.


Dans le même temps Noël Mamère, bonimenteur de Bègles, agitait son barnum ; et les notables socialistes se bousculaient au portillon de l'avenir qui a de l'avenir dans l'espoir de décrocher le titre de premier garçon d'honneur aux nouvelles épousailles. Le terrorisme et la démagogie se donnaient le bras sur le devant de la scène. On « déconstruisait » en hâte le mariage à l'ancienne. On affirmait qu'il est aujourd'hui « en crise » quand la vérité est qu'il l'a toujours été, par définition, puisqu'il unit deux personnes de sexe opposé, ce qui est déjà source de crise, et que, par-dessus le marché, il les soumet à des postulations contradictoires, le mensonge romantique et la vérité procréatrice. On rappela, contre les réactionnaires qui lient mariage et reproduction, qu'il n'en allait plus ainsi depuis la révolution contraceptive (ce qui ne pouvait manquer, ajoutait-on, de rapprocher les comportements homos et hétéros), quand c'est en fait depuis toujours, et dans toutes les civilisations, que l'on a cherché, certes avec moins d'efficacité technique qu'aujourd'hui, à réguler la fécondité, c'est-à-dire à autonomiser la sexualité par rapport à la « reproduction biologique ».

En quelques jours apparurent les étonnantes notions de « mariage fermé » (antipathique, hétéro) et de « mariage ouvert » (sympathique) puis « universel » (supersympa). On publia des sondages dans lesquels la société française déclarait qu'elle était d'accord pour applaudir aux évolutions de la société française, mais de grâce, qu'on arrête de lui brailler dans les oreilles. Les partisans du néo-mariage expliquèrent à la fois qu'il ne fallait pas interpréter leur demande comme une volonté de normalisation ou comme un désir d'imitation mais qu'il y avait de ça quand même, et que d'ailleurs ils se moquaient des institutions dont ils étaient exclus, sauf que le seul fait d'en être exclus leur apparaissait comme un outrage. Réclamant en même temps le droit à la différence et à la similitude, exigeant de pouvoir se marier par conformisme subversif et pour faire « un pied de nez à la conception traditionnelle du mariage » (comme l'écrivent encore les impayables Christophe Girard et Clémentine Autain), ils affirmaient aussi que ce même mariage, à la fois convoité et moqué, revendiqué pour être rejeté, et de toute façon transformé s'ils y accédaient jusqu'à en être méconnaissable, serait un remède souverain contre « l'alarmant taux de suicide » qui sévit chez les jeunes homosexuels, ce qui laisse supposer que ces derniers se suicident tous par désespoir de ne pouvoir convoler officiellement. On aurait pu imaginer d'autres motifs.

Mais ces réflexions tomberont très bientôt sous le coup des lois anti-homophobie qu'un gouvernement vassalisé par les associations se prépare en toute sottise à faire voter. Mieux vaut donc se taire. Par-delà le néo-mariage, en effet, et quelques autres revendications divertissantes (suppression de la mention relative au sexe sur les papiers d'identité afin d'en terminer avec les « problèmes kafkaïens rencontrés par les individus de sexe mixte, hermaphrodites, transsexuels, transgenres », ou encore « dépsychiatrisation des opérations de changement de sexe »), c'est la réduction au silence du moindre propos hétérodoxe qui se profile, c'est l'écrasement légal des derniers vestiges de la liberté d'expression, c'est la mise en examen automatique pour délit de lucidité. Il est urgent que personne ne l'ouvre pendant que se dérouleront les grandes métamorphoses qui s'annoncent, dont ce petit débat sur l'effacement de la différence sexuelle est l'avant-propos. Le néo-mariage, dans cette affaire, n'est que l'arbre baroque qui cache la prison.

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Ce texte a été publié dans une version légèrement réduite sous le titre "La guerre du mariage a-t-elle eu lieu ?" dans Marianne (18/09/2004, page 79). Cette version intégrale est reproduite avec l'autorisation de l'auteur.

*Philippe Muray est l'auteur de nombreux ouvrages, dont Après l'histoire, Belles Lettres, 2002.

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