Publié le 26 Février 2009

Déclaration faite aujourd'hui même.

Déclaration



Le Saint-Père et mon supérieur, Mgr Bernard Fellay, m'ont demandé de reconsidérer les remarques que j'ai faites à la télévision suédoise il y a quatre mois, en raison de leurs si lourdes conséquences.


En examinant ces conséquences, je peux dire sincèrement que je regrette d'avoir fait ces remarques, et que si j'avais su à l'avance tout le mal et les blessures qu'elles allaient susciter, spécialement pour l'Eglise, mais aussi pour les survivants et les familles des victimes de l'injustice sous le Troisième Reich, je ne les aurais pas faites.


A la télévision suédoise, j'ai seulement exprimé une opinion (... « je crois »... « je crois »...) de quelqu'un qui n'est pas un historien, formée il y a 20 ans, sur la base des évidences alors disponibles, et rarement exprimées depuis lors en public. Cependant, les événements de ces dernières semaines et les conseils de membres plus anciens de la Société Saint-Pie X, m'ont persuadé de ma responsabilité pour la grande détresse causée. A tous ceux qui ont été honnêtement scandalisés par ce que j'ai dit, devant Dieu, je demande pardon.


Comme l'a dit le Saint-Père, chaque acte de violence injuste contre un homme blesse toute l'humanité.


+ Richard Williamson,

Londres, 26 février 2009.


Mais gageons que certains grincheux ne seront toujours pas satisfaits....


Par ailleurs, pour ceux qui auraient besoin d'un rafraichissement, Nicolas Sénèze, que je trouve bien souvent très partial, a mis en ligne toutes les lettres et textes entre le Vatican et la fraternité St Pie X. On y trouvera notamment cette lettre, de Mai 1988 (un mois avant les sacres) où Mgr Lefebvre rappelle à celui qui était alors le cardinal Ratzinger, que cela fait de longues années qu'on lui promet un successeur, sans que cela se concrétise d'une manière ou d'une autre, et qu'il se voit forcé de créer des évêques. Le lecteur pourra constater de lui-même qu'on retrouve ce souci sous la plume de Mgr Lefebvre, dès 1980, huit ans auparavant.

Enfin, la FSSPX a apporté son accord à la lettre de soutien du pape. Ce qui n'est pas vraiment une surprise.

PS: Très bon commentaire de Ti Amo, à lire chez Edeo, sur la vision médiatique de la levée.

PS 2 : Mgr Fellay a publié un communiqué à la suite des excuses de Mgr Williamson.

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Rédigé par Polydamas

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Publié le 25 Février 2009

Pour rappel, Denis Crouan n'est pas un fidèle du rite tridentin, mais un fidèle de la forme ordinaire, qui considère que cette forme doit être dite dans les règles les plus strictes. Il n'est donc pas ce qu'on pourrait appeler un traditionnaliste, il n'est rien d'autre qu'un catholique exigeant.

Vivifiant...
OVERDOSE

Nous, simples fidèles, fidèles "de la base" qui formons le petit nombre de ceux qui fréquentent encore (tant que l'âge le permet) les messes dominicales, nous en avons plus qu'assez du discours hypocrite de nos évêques, de nos vicaires épiscopaux, de nos curés qui n'ont que Vatican II à la bouche - surtout depuis la levée des excommunications - mais qui nous interdisent à nous, fidèles, de recevoir et d'appliquer le Concile.

Nous en avons assez d'apprendre que des prêtres, des maîtres de chœurs, des organistes... sont limogés du jour au lendemain au seul motif qu'ils servaient la liturgie de l'Église - qui n'est pas celle de la pastorale locale - et respectaient le missel romain. Missel qui dit textuellement que personne ne peut modifier la liturgie, qui dit que le chant grégorien doit (et non pas "peut") occuper la première place, qui dit qu'il faut (et non pas "qu'on peut") être attentif aux normes de la Présentation Générale et à la pratique reçue du rite romain plutôt qu'à ses goûts personnels et à son propre jugement. Si, si: tout ça est écrit!

Nous en avons assez d'avoir à supporter des équipes inter paroissiales de laïcs dont la prétention, inversement proportionnelle à la compétence, nous imposent leurs fadaises au cours de leurs messes-karaoké supposées favoriser la participation. La participation à quoi ? A la niaiserie générale ?

Nous en avons assez d'avoir à supporter ces célébrations face au peuple qui nous obligent à voir devant nous des célébrants trop souvent négligés sur le plan vestimentaire et comportemental.

Tout ce que nous voyons, tout ce que nous chantons, tout ce qu'on nous fait faire, tout ce que nous sommes obligés de supporter de dimanches en dimanches pour satisfaire au précepte dominical... est très éloigné de la liturgie voulue par le Concile dont se réclament nos clercs.

Car ils ne sont pas dix évêques en France - pas dix! - qui respectent la liturgie et qui veulent - ou peuvent - la faire respecter dans les églises de leurs diocèses respectifs.

On fera peut-être remarquer qu'en tel endroit, la liturgie est convenable. Mais qu'est-ce qu'une liturgie "convenable" dans l'état actuel des choses ? Est-ce une messe qui, occasionnellement, est moins pire qu'ailleurs, ou plus acceptable qu'ailleurs ? Si tel est le cas, alors c'est raté : car la question n'est pas de savoir où trouver une messe mieux célébrée qu'ailleurs; elle est d'avoir partout, à toutes les heures, dans toutes les églises, la liturgie célébrée dans le strict respect du missel romain. C'est-à-dire la liturgie où il y a au minimum l'Ordinaire en grégorien, un service d'autel assuré par au moins deux acolytes, un chœur débarrassé de tout ce qui n'est pas strictement nécessaire à la célébration (chaises, banderoles, papiers, micros, surplus d'autels, animateurs ou animatrices, ministres "systématiquement extraordinaires" de la communion, lecteurs ou lectrices en jean's et en chaussures de sport... etc.), un célébrant qui sait chanter et parler sans faire des simagrées, qui sait être digne (garder les mains jointes!), et qui s'interdit de modifier quoi que ce soit dans ce qui est donné par le missel.

Tel est le minimum pour commencer à avoir la liturgie voulue par le Concile.

Avouons qu'on en est vraiment très loin dans 95% des paroisses. Et il en sera ainsi tant que la liturgie ne sera pas correctement enseignée dans les séminaires et les maisons religieuses et tant que les évêques garderont le silence devant l'inadmissible : ce qui est malheureusement le cas.

Oui : nous, simples fidèles, nous en avons plus qu'assez d'être les otages d'un clergé qui n'a que "Vatican II" à la bouche alors qu'il n'est jamais fichu d'étudier et d'appliquer le Concile comme il doit être appliqué.


Denis CROUAN docteur en théologie, Président de Pro Liturgia

 
Pour en savoir plus le site de Pro liturgia : http://www.proliturgia.org


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Rédigé par Polydamas

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Publié le 22 Février 2009

Le groupe, québecois, s'appelle Mes aïeux.



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Rédigé par Polydamas

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Publié le 19 Février 2009

Ce n'est pas parce que je suis proche de la Fraternité St Pie X, qu'il faut pour autant refuser de voir le prix que cette démarche de réconciliation coûte à l'Eglise. En effet, depuis début de son pontificat, Benoit XVI avait pris doucement la main sur les institutions vaticanes et locales, en plaçant ses hommes liges aux postes stratégiques. L’affaire de la FSSPX y a mis, semble-t-il, un coup d’arrêt, temporaire, souhaitons-le.

 

Pour mieux comprendre les enjeux, décrivons les forces en présence. Pour simplifier, on divisera la Curie entre les courants que sont les conservateurs, proches de Benoit XVI, et les progressistes. Chez les premiers, on compte Mgr Castrillon Hoyos, président de la Commission Ecclesia Dei, Mgr Ranjith, dont j’avais déjà parlé ici, et Mgr Burke. Chez les seconds, on trouve NNSS Lehman, Martini, Schönborn, et Kasper. Ils ont l'espoir, erroné à mon sens d'une démission de la part du pape. Il me semble que ce serait quelque peu naïf de l’envisager une seconde.

 

Car, bien au-delà de la réintégration de la FSSPX, les véritables enjeux sont la répartition des postes clés au sein de la Curie. Cette année, touchés par la limite d’âge de 75 ans, doivent être remplacés à leur poste les cardinaux Re ( qui a signé le décret de levée à son corps défendant, en tant que président, du Conseil du Vatican, enjeu stratégique majeur), Kasper, et Levada, connus pour leur opinions marquées en faveur du progressisme. Au total, c'est plus d'une dizaine de postes que leurs titulaires vont devoir abandonner. Or la volonté de faire disparaitre ces bastions progressistes est claire de la part de Benoit XVI. Cette nouvelle répartition des postes aura lieu dans un an, au moment du consistoire où de nouveaux cardinaux seront crées et où les postes seront affectés. D'ici là, tous les coups ou presque sont permis pour faire pencher la décision. La pression est donc mise sur Benoit XVI pour qu'il renonce à limiter les prérogatives du courant progressiste.


Dans ce cadre, Mgr Williamson et la fraternité St Pie X arrivent à point nommé. Le cardinal Lehmann, évêque de Mayence, dont l’hostilité au pape est connue, vient de se faire remarquer en demandant rien de moins que des excuses au pape, pour la réintégration d'un évêque négationniste. Inutile de dire que l’initiative a été plutôt accueillie froidement au Saint Siège. En Autriche, on a vu le cardinal Schönborn, généralement très avare de ses propos, pointer le manque d’informations à la curie, mais également critiquer de manière à peine déguisée le pape, sur cette initiative regrettable..

 

L’occasion est d'ailleurs trop belle pour lui. Considéré comme un papabile sérieux du côté progressiste, il a été néanmoins discrédité à plusieurs reprises par l’affaire de la messe aux ballons, que j'avais évoqué, et par une exposition scandaleuse au palais épiscopal de Vienne. La fraternité St Pie X lui donne l’opportunité en or de critiquer le pape, tout en attaquant ceux qui auraient omis de signaler l'affaire Williamson, et ainsi, de se faire passer pour plus soucieux de l'intérêt pontifical qu'il ne l'est vraiment. Ce que vient confirmer l'affaire Wagner.

 

Là encore, petit retour. Les épiscopats allemands et autrichiens sont globalement progressistes et hostiles au pape, à tel point que Jean-Paul II, dans une lettre au cardinal Lehmann en 2003, les avait publiquement rappelé à l’ordre, et avait été contraint de mettre le hola aux diverses initiatives progressistes. En rappelant notamment que les diocèses catholiques germaniques ne sont pas des Eglises protestantes où la démocratie aurait droit de cité. L’Eglise catholique n’est pas participative. Qu'on se le dise.

 

Or les relations se sont brusquement tendues car Benoit XVI, contrairement à toutes les procédures habituelles, avait décidé de nommer à Linz Mgr Wagner, dont les positions conservatrices sont connues, et ce, en-dehors des trois propositions habituelles de l’épiscopat autrichien. Celui-ci n'eut pas de mots assez durs pour critiquer ce choix. On a vu l'évêque de Salzbourg, Alois Kothgasserm, oser dire qu'avec ce pape l'Église « se réduisait à une secte ». De la part d'un évêque, vous aurez noté la formule...

Le tort de Mgr Wagner ? Etre un Mgr Williamson light, sur des sujets à peine moins connotés que la shoah. Il avait considéré que l'homosexualité était une maladie, que la Nouvelle Orléans méritait l'ouragan qui lui était tombé dessus du fait des nombreux avortements pratiqués. Propos certes contestables, mais pas suffisamment graves pour revenir sur une nomination pontificale. Mgr Schönborn a donc convoqué l'épiscopat autrichien pour officiellement critiquer la décision du pape, le rappeler à la collégialité (apport de Vatican II dont visiblement Benoit XVI n'a que faire), et à la nécessaire collaboration entre l'épiscopat et le pape. En gros, les initiatives douteuses du pape, en matière de nomination, sont désormais à proscrire. Je ne sais pas pourquoi, mais je sens que certains évêques autrichiens ne vont pas rester longtemps en poste.


Conséquence prévisible, après une semaine de débats, Mgr Wagner semble céder à la pression, en demandant l’annulation de sa nomination à ce poste. Ce qui serait un sérieux revers pour le pape, si cette nouvelle venait à être confirmée. Ainsi les déclarations de Mgr Williamson, ajoutés à la réintégration de la fraternité St Pie X, sapent, bien involontairement, le travail de Benoit XVI de reprise en main de ces divers épiscopats. Même si la volonté de s’amender de la part de Mgr Williamson est claire, et que la fraternité n’est aucunement responsable de cet état de fait, ces événements n’ont pas aidé le pape dans sa tâche. Il faut noter par ailleurs, pour relativiser, que vu le passé de la fraternité, sa réintégration se serait de toute façon mal passée. Mais on aurait tout de même pu faire moins spectaculaire.

 

A l’inverse, l’épiscopat français, en ce moment, joue de manière plus habile. Dernièrement, on a vu Mgr Vingt-Trois dire la messe en forme extraordinaire, à St Germain de l’Auxerrois et à St Eugène, à Paris. Il sent le vent tourner et fait ce qu’il faut pour ne pas être trop mal vu à Rome, sans pour autant lâcher du lest sur les enjeux véritables, c'est-à-dire les paroisses où des messes, dans le cadre du Motu Proprio, pourraient être organisées. A l'instar de certains de ses collègues, il a compris qu’il fallait mieux éviter de jouer ouvertement la contestation face au pape. 
 

L’hostilité entre le pape et l’épiscopat autrichien est patente, et n’avait nul besoin de la fraternité pour s’aggraver. Même chose entre le pape et certains membres de la curie. Il faut tout de même reconnaître que le négationnisme est un argument en or pour ces évêques, et a affaibli le pape. Ainsi, la FSSPX, et l’affaire Williamson, ne sont rien d’autre que des tentatives pour déstabiliser le Saint Père.

 

On espère que le voyage en Israël sera pour lui l’occasion de reprendre la main. Comme le rappellent certains rabbins, il ne faut pas laisser les franges les plus progressistes dicter leur conduite au pape. On sait que le dialogue interreligieux avec les juifs est d’un intérêt assez limité, personne n'étant prêt à revenir sur la considération que chaque religion porte au Christ. Par contre, après les scandales, pour redorer une image médiatique ternie, le périple en Israël, avec quelques images fortes est justement l'occasion rêvée. Continuons donc à prier pour les intentions du pape.

 

« Priez pour moi, afin que je ne me dérobe pas, par peur, devant les loups »


PS : Pour soutenir le pape, en-dehors de la prière, il y a la lettre de soutien, qui compte désormais 6 évêques...


 

 

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Rédigé par Polydamas

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Publié le 19 Février 2009

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Oui, effectivement, quand j'ai vu cette affiche, ça m'a fait marrer. Je sais, c'est pas bien, mais en même temps, c'est normal lorsque l'on tend des perches aussi grosses.

Pour rappel, voici ce que Bruno Frappat, éditorialiste chez La Croix, publie sur son blog: "Et si Rome disait, sans plus tarder: il y a maldonne, Rome s'est trompé? "

Je ne vois pas vraiment en quoi les propos de M. Frappat diffèrent en quoi que ce soit de ce qu'on peut trouver dans le Monde, et tous les autres journaux hostiles.

PS: Vous saviez qui était Pietro de Paoli, qui intervient sur le blog de la Croix ? Moi-même, j'ai trouvé qu'ils faisaient très fort.

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Rédigé par Polydamas

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Publié le 17 Février 2009

Rédigé par Polydamas

Publié dans #Entracte

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Publié le 14 Février 2009

Pour une fois, je vais changer de monomanie, on va discuter finance. Econoclaste me fait l'honneur de me citer dans son article sur la gestion de patrimoine que je vous invite à parcourir. Pour résumer en quelques mots son argumentation, il se demande comment il est possible que la finance ne soit pas capable de garantir la sécurité des investissements, des avoirs du client, de se préserver de toute affaire Madoff. C'est intéressant qu'il se pose la question, parce que c'est désormais toute la problématique de mon (nouveau) métier, qui consiste à sélectionner les meilleurs OPCVM pour le compte d'une institution.

Contrairement à ce que l'on pourrait croire, il est possible d'avoir une information claire sur les fonds. En effet, la réglementation française oblige les fonds d'investissement à publier un "prospectus", une sorte de fiche d'explication ou de mode d'emploi du fonds. Celle-ci donne les principales performances du fonds par rapport à son indice de référence, ses attributions et sa nature, ou même les outils que se permet d'utiliser le gérant. Or, si mes souvenirs sont exacts, ces prospectus ont valeur contractuelle ce qui veut dire qu'il est possible d'attaquer une société de gestion devant la justice, et de se faire rembourser s'il est prouvé qu'elle ne respecte pas les consignes publiées dans la notice.

Ces prospectus sont librement disponibles, généralement sur Internet, avant la souscription, à toute personne souhaitant les consulter. Le langage employé n'est globalement pas plus compliqué que les pages saumon du Figaro. Un investisseur qui montrerait qu'un gérant est sorti de ses attributions, en investissant par exemple dans des fonds crapuleux, se verrait normalement remboursé.

D'autant qu'aujourd'hui, un client, s'il a suffisamment de patrimoine investi, peut demander l'inventaire complet des positions du fonds qu'il a acheté. Seul souci, ce n'est pas parce qu'à cette date, le portefeuille ne compte pas d'investissements risqués, qu'il n'en a pas compté ou qu'il n'en comptera pas. L'asymétrie d'informations qu'évoque Econoclaste existe toujours, un investisseur, même professionnel, ne saura jamais ce qu'il y a dans la tête du gérant. C'est pour cela qu'il est important de rencontrer la société de gestion, afin de se faire une idée sur la question.

Ailleurs dans le billet, Econoclaste évoque les investissements de défiscalisation. On le voit avec Madoff, on pourrait faire le même constat avec les institutions financières situées dans les paradis fiscaux qui disposent d'une rente naturelle ne les incitant guère à fournir un service vraiment utile à leur client, autre que de la simple gestion basique. Pour l'évadé fiscal amateur, ce n'est pas une bonne idée de confier ses fonds à un gérant dans un paradis, ce dernier n'est pas incité à produire de la performance, et de la qualité de gestion (faible volatilité des cours, transparence vis à vis du client, suivi des performances), c'est tout le problème de ce qu'on constate aujourd'hui au Luxembourg avec l'affaire Madoff.

Sentiment qui est confirmé par les différents témoignages que j'ai pu entendre, les institutions financières placées dans les paradis fiscaux ne sont clairement pas réputées pour leur efficacité. Même UBS, leader suisse de la gestion de patrimoine, n'affiche pas des performances extraordinaires. Pour rappel, UBS vient de publier, il y a quelques jours, une perte de 13 milliards d'euros. Et encore, je ne parle pas d'autres paradis, où la corruption des gérants est généralisée et fait partie de la culture maison. Non, si vous souhaitez vraiment faire de l'évasion fiscale, il vaut mieux ouvrir un compte titres à l'étranger et le gérer seul par Internet.

Econoclaste affirme ensuite:

Dans son récent livre consacré aux finances personnelles, John Kay décrit bien l'expérience typique de l'épargnant qui va voir son conseiller de clientèle à la banque; le plus souvent, le conseiller n'en sait pas plus que lui, ne cherche pas tellement à connaître les besoins de son client,

Là je me permettrai d'être en désaccord avec Econoclaste. Car c'est justement là qu'interviennent les petites boutiques de gestion. Dans celle-ci, les gérants et les "ingénieurs patrimoniaux" sont beaucoup plus à même de saisir et de comprendre, la finalité, les besoins, les ressources de chaque client, et de construire une stratégie adaptée en vue de ces objectifs. Bien évidemment, un particulier se verra proposer, dans une société de gestion, les fonds de la maison. Mais rien ne l'empêche, s'il n'en est pas satisfait, d'ordonner la souscription dans d'autres fonds, qui lui paraissent plus performants. Le coût ne sera pas le même qu'une grande institution, mais il y a beaucoup de chances pour que le service soit plus personnalisé, et plus adapté à la situation du particulier.

En outre, comme je le rappelais dans mon commentaire qu'il cite, les sociétés de gestion peuvent développer des compétences sur tel créneau qui vont aiguiller le particulier vers tel investissement plutôt qu'un autre. Ces marchés où l'information est peu disponible, représentent des opportunités pour les particuliers uniquement s'ils y sont correctement guidés.

Cela dit, sur les "fonds classiques", il est vrai que peu de gérants parviennent à battre leurs indices de manière régulière. Sauf à ce qu'il ait une compétence particulière, prouvée par un historique impressionnant, l'ensemble des contraintes pesant sur les OPCVM sont telles (je vous rappelle que nous sommes en France, pays surreglementé) la plupart des gérants affichent des performances en ligne avec leur indice. Donc si on ajoute les frais de gestion, au final, il vaut mieux que les particuliers investissent dans des trackers ou ETF, la performance correspondra à l'indice, et les frais seront minimes. Par contre, il faut noter la très grande qualité de certains noms, qui parviennent régulièrement depuis des années, à avoir une meilleure qualité de gestion que leurs collègues. C'est peut être le fruit du hasard, mais sur des périodes aussi longues, ça peut être suffisant pour justifier un début d'étude sur ces fonds.

Lorsque j'achète un paquet de céréales au supermarché, il n'y a pas de différence entre ce que décrit l'emballage et le contenu de la boîte, et je ne dois pas lire de petites lignes m'indiquant que le fait d'avoir toujours eu des pétales de mais glacés au sucre dans ces boîtes ne me garantit en aucun cas d'en avoir cette fois-ci.

J'ai l'impression, et c'est ça qui fait tout le charme de la finance, que celle-ci n'a rien à voir avec de la technique, mais plutôt de l'art. Personne ne sait ce qui est dans la tête du gérant, du décideur. Personne ne connait les évolutions à moyen terme des marchés financiers. Comme le note un commentateur du billet très justement, un investissement est un pari sur l'avenir, l'achat d'une voiture ou d'un paquet de céréales est un pari sur le passé. D'où la glorieuse incertitude de l'investissement qui explique pourquoi des épargnants ont pu confier toutes leurs économies à Madoff uniquement du fait de son bon relationnel.


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Rédigé par Polydamas

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Publié le 12 Février 2009

Je sais que je suis monomaniaque, en ce moment, mais que voulez-vous, un événement de cette ampleur, me touchant d'aussi près, n'arrive pas tous les jours.

Mgr Fellay a accordé une interview au magazine Famille Chrétienne, que vous pouvez découvrir ici. Le moins que l'on puisse dire est que l'on n'a pas affaire à un sédévacantiste, ou à un intégriste furibard, projettant sur Rome toute sa haine. 



Hier soir, dans la déclaration ci-dessus, très posée, et très calme, aux fidèles de la fraternité St Pie X, à laquelle j'ai assistée, il évoque la possibilité que des évêques progressistes aient probablement instrumentalisé à dessein les propos de Mgr Williamson. Il est clair que la concommittance de la diffusion de l'émission suédoise et de la levée de l'excommunication n'est probablement pas due au hasard. Des informations ont certainement filtré à la Curie, permettant à quelques personnes bien placées, de transmettre les infos aux suédois. Mais à aucun moment, Mgr Fellay n'a évoqué le terme de "complot", ainsi que le reprend cette dépêche.

Dépêche qui reprend tous les propos de l'abbé de Cacqueray et de Mgr Fellay, mais qui oublie de signaler les citations que l'abbé a fait du cardinal Ratzinger, concernant ses réserves par rapport à quelques évolutions du concile.
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Par ailleurs, la lettre de soutien au pape continue de faire son petit bonhomme de chemin. La barre symbolique des 40 000 personnes a été franchie. L'AFP n'est pas passée à côté de cette lettre, et a sorti une dépêche en ce sens, sans oublier d'évoquer le nombre d'enfants. On notera également la présence d'un comité de soutien qui ne compte pas moins de trois évêques: NNSS Aillet, Fort et Rey. En attendant d'autres, tous les catholiques revendiqués, qui défendent la décision du pape face aux attaques des médias contre celui-ci, peuvent donc la signer sans crainte, ce serait une bonne idée qu'il y ait au moins 50 000 personnes ce week-end. On n'oubliera pas non plus la neuvaine organisée par la fraternité St Pierre.

Concernant le cas de Mgr Williamson, celui-ci a été relevé de ses fonctions de la direction du séminaire argentin de la fraternité. Son cas a été pris en main par les plus hautes instances, et sa parole est désormais soigneusement contrôlée. Il est probable qu'on n'en entende plus parler avant un bon moment.

Enfin, triste nouvelle,  trois séminaristes d'Ecône, le séminaire de la fraternité St Pie X en Suisse, sont décédés hier dans une avalanche, alors qu'ils faisaient de la randonnée en montagne.

Qu'ils reposent en paix.


PS: Une réaction bienvenue du rabbin Levin, qui juge le retour de la FSSPX bienvenu, afin de contrer "les gauchistes qui ont fait un immense tort à la foi". Il considère d'ailleurs qu'il ne faut pas jeter le bébé de la réconciliation avec l'eau du bain d'un négationniste, que toutes les accusations d'antisémitisme contre le pape sont ridicules. Sans commentaires.

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Rédigé par Polydamas

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Publié le 7 Février 2009


Suite aux propos négationnistes de Mgr Williamson, des plaintes ont été déposées dans la majorité des pays européens, menaçant la bonne gestion des oeuvres de la fraternité St Pie X.

En Suède, par exemple, les diverses petites chapelles desservies par la fraternité ont été fermées. En France, centre vital de la fraternité, certains responsables ont été convoqués au ministère de l'Intérieur, ses institutions faisant désormais l'objet d'un contrôle régulier de la part des autorités.  Dans le même temps, l'abbé de Cacqueray, supérieur du district de France, a pris officiellement ses distances avec les propos de Mgr Williamson.

Par ailleurs, on a appris que le père Abrahamowicz a été expulsé de la fraternité pour les propos scandaleux qu'il avait tenus. On aimerait que ceux, et ils se reconnaitront, qui ont fait fait la publicité de ses propos, à la suite de la levée des excommunications, dans le but de salir la fraternité, fassent de même pour cette exclusion, s'ils sont amoureux de la justice, ils ne devraient pas avoir de mal à s'executer dans les mêmes proportions.

D'autant que des rumeurs insistantes font état d'une sanction prochaine de Mgr Williamson, de son retrait de toute responsabilité sur le séminaire américain de la fraternité St Pie X. On regardera avec attention la réaction des sceptiques.

En outre, il semblerait que les contacts entre Rome et la communauté juive reprennent. J'aime bien dans l'article, le passage suivant :

Les propos de Williamson et la décision du pape de lever l'excommunication qui le frappait ont été dénoncés par des survivants de l'holocauste, par des catholiques progressistes, par des membres du Congrès américain, par des dirigeants de la communauté juive allemande, par la chancelière allemande Angela Merkel et par l'écrivain juif et prix Nobel de la paix Elie Wiesel.

Et on oublie également la fraternité St Pie X qui n'a pas cessé de dire et redire que les propos de Mgr Williamson étaient scandaleux. Au fait, la lettre de soutien au pape a recueilli plus de 30 000 signatures. A comparer aux signatures de la pétition de la Vie...

PS : Pour ceux qui souhaiteraient tranquillement se documenter sur la question, il faut noter la grande qualité de l'émission de KTO sur le sujet. A voir et à revoir.

PS 2 : Mgr Williamson a été relevé de ses fonctions au sein de la fraternité St Pie X, et notamment de la direction du séminaire de Buenos Aires. Cette sanction est bienvenue et montre que la fraternité ne peut accepter les propos du prélat. Pour autant, je ne suis pas sûr que ce serait une bonne idée de l'exclure de la fraternité, il pourrait créer son "Eglise" parallèle, et recommencer un nouveau cycle de ruptures, qui serait cette fois, à caractère schismatique beaucoup plus prononcé que la fraternité St Pie X. Enfin, ce serait une bonne idée que tous les commentateurs en parlent autant qu'on a pu évoquer le silence de la fraternité, dans un souci de vérité, il me semble que ce serait la moindre des choses.

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Rédigé par Polydamas

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Publié le 4 Février 2009

Le 1er Novembre dernier, Mgr Williamson donne une interview à la télévision suédoise SVT, pour l'émission «Uppdrag Granskning». A l'issue de celle-ci, les journalistes posent une question sur la shoah où Mgr tiendra les propos que l'on sait.

Petit retour sur la genèse de cette interview.

Les journalistes suédois, pour le besoin de leur reportage, s'étaient, semble-t-il, longuement documentés en France. Nicolas Sénèze, qui a été interrogé également, évoque une fraternité St Pie X "très active en Suède".

Je me marre.

Je ne savais pas qu'une trentaine de personnes, la taille de cette communauté là-bas, sur un pays de plusieurs millions de personnes pouvait compter comme une minorité "active", alors que les catholiques y sont déjà ultra-minoritaires. Par contre, on sait que les médias suédois n'hésitent pas à cogner contre l'Eglise dès qu'ils en ont l'occasion, la dernière en date, ayant été une campagne mensongère accusant le pape de vouloir "éradiquer" les homosexuels, contrairement à une certaine religion de paix et d'amour dont certains membres tiennent des propos bien plus violents que Mgr Williamson, sans pour autant les intéresser au même titre.

Ancien anglican, Mgr Williamson est atypique dans la fraternité St Pie X, membre de sa frange la plus dure, il demeure néanmoins l'un des seuls à pouvoir convaincre des sédévacantistes de renoncer à leurs illusions. Le choix d'interview avec Mgr Williamson n'est certainement pas un hasard, celui-ci étant connu de longue date par les fidèles de la fraternité St Pie X pour ses discours plus ou moins délirants et irresponsables, sur tous les autres sujets que religieux.

Qui n'avaient jamais intéressé personne jusqu'à présent. Conférer à Mgr Williamson la volonté de saboter la levée des excommunications parce qu'il serait hostile au pape, me semble lui accorder beaucoup trop de machiavélisme, celui-ci s'étant excusé sous la pression de Mgr Fellay.

Or, on apprend désormais que la question du négationnisme par les journalistes suédois avait été suggérée par Fiammetta Venner, qu'on ne présente plus, qui apparait également dans l'émission, ce qu'elle vient confirmer. Compagne de Caroline Fourest, intégriste laïque s'il en est, rédactrice du livre "Extreme France" et du site pro-choix, militante homosexuelle, il n'est pas impossible qu'elle ait poussé les journalistes à poser cette question.

Dans le même temps, le consistoire central juif d'Allemagne a été mise au courant de la tenue de ces propos. Der Spiegel ajoute même qu'ils n'avaient pas l'intention de réagir. Alors qu'aujourd'hui, ils n'ont pas de mots assez durs contre le pape. A comparer avec le CRIF qui a jugé qu'il n'avait pas de commentaire à porter sur la levée. On remarquera en outre, à voir le traitement de la levée de l'excommunication par la presse, dont les gros titres sont globalement les mêmes que pour l'abbé Laguérie et l'abbé de Tanoüarn revenus dans l'Eglise (sans pour autant être négationnistes), il y a quatre ans, le parti-pris évident. Ceci posé, il semble que néanmoins que la concommittance entre la diffusion de l'émission et la levée de l'excommunication soit due au hasard.

Mais il apparait de plus en plus clairement que certains, à la curie ou ailleurs, ont gardé "sous le coude" tous les éléments susceptibles de pouvoir torpiller cette levée de l'excommunication. Profitant des âneries débitées par un Mgr Williamson, qui leur fournissait un prétexte rêvé sur un plateau, il n'y avait plus qu'à attendre le communiqué du Vatican annnoncant la levée afin de refermer le piège. Mais plus j'y réfléchis, plus j'estime que Mgr Williamson n'était qu'un prétexte, n'importe quoi aurait été utilisé pour discréditer cette action, même si je reconnais que l'évêque a fait très fort.

Donc, dans cette histoire, ce n'est pas tant la fraternité St Pie X, qui a l'habitude d'endosser le rôle du mouton noir, que le pape lui-même qui est visé.



PS: L'affaire du peuple déicide risque de revenir sur le devant de la scène. Rappelons que, pour l'Eglise Catholique, d'après le catéchisme du Concile de Trente, c'est le croyant lui-même qui est déicide.

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Actualité

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