Publié le 30 Novembre 2006

Les réactions aux propos de Mgr Vingt-Trois, archevêque de Paris, qui soutient ce communiqué, ne se sont pas fait attendre. Ainsi Didier Sicard, président du Comité National d'Ethique, n'hésite pas à affirmer dans un entretien au Monde, la chose suivante:

L'intervention de l'Eglise catholique me paraît, dans ce domaine, à la fois malencontreuse et extraordinairement malvenue. Elle a bien évidemment le droit de porter un jugement. Pour autant, elle n'a pas vocation à l'imposer dans l'espace public, ce qu'elle fait aujourd'hui.

Cependant, il reconnait plus loin:

Nous observons pour l'heure un développement excessif du diagnostic et notamment de la pratique du diagnostic préimplantatoire. Il n'est pas bon, selon moi, que les scientifiques affirment ou laissent penser que les embryons humains ne sont que des simples producteurs de cellules souches. Mais il n'est pas bon non plus que l'Eglise catholique s'insère dans cette manifestation.

Et la fin de l'interview vaut son pesant de cacahuètes:

Elle (L'Eglise) a pleinement le droit, tout à fait respectable, de considérer l'embryon humain comme sacré. Mais elle n'a pas le droit d'en faire une manifestation publique qui rappelle de mauvais souvenirs.

Lesquels ?

Je pense aux pires moments de la lutte contre l'interruption volontaire de grossesse ; c'est-à-dire cette forme inacceptable d'expression coercitive sur des personnes. Il nous reste à ouvrir rapidement, sur toutes ces questions, un débat serein en sachant bien que ni l'Eglise ni la science n'ont le monopole du coeur.


Mais dites tout de suite que les catholiques sont des fasciiiiiiistes, ça sera plus simple et plus proche de votre pensée, cher Monsieur, pourquoi s'encombrer avec des litotes? Pour Didier Sicard, le fait d'émettre des réserves équivaut à "imposer son point de vue". Pas sûr que je parle le même langage que ce monsieur.

J'ai du mal à imaginer quels peuvent être les moyens de "l'expression coercitive". Je n'ai pas encore vu de commandos de curés, dépéchés dans tous les foyers pour sommer les bonnes gens de ne pas donner d'argent pour le Téléthon. Pas de menaces d'enfer pour tous les donneurs, pas de menaces d'excommunication, mais où diable peut cette coercition peut-elle se cacher?

Par ailleurs, la présidente de l'AFM a déclaré que ces débats ne "sont absolument pas d'actualité". Argument imparable, s'il en est, les évêques ne peuvent pas parler, ce n'est pas d'actualité. J'avoue, je ne sais pas quoi répondre à autant de bêtises enchainées à la suite. La colonisation, l'Inquisition, les Croisades, ne sont pas d'actualité et pourtant ces sujets sont traités tous les quatre matins.

Il est intéressant de voir que ces bonnes âmes aimeraient éliminer l'Eglise du débat public. Je ne sais comment les catholiques doivent le prendre.

Ils ne DOIVENT pas donner leur avis.

Point final.

On est en démocratie, mais les cathos n'ont pas le droit de s'exprimer. L'Eglise n'aurait donc plus le droit de commenter les initiatives publiques, et d'orienter les demandes de ses ouailles sur tel ou tel sujet de société. A voir la pauvreté des arguments utilisés par l'AFM, on soupconne qu'il craigne de ne pas briser le record de fonds récoltés pour la recherche, battu chaque année.

Dramatique, en effet.
 

PS: A noter que le comportement de nos évêques est trés encourageant. J'ai suffisamment de choses à leur reprocher pour qu'il m'apparaisse important, lorsqu'ils vont dans le bon sens, de saluer leur attitude exemplaire. En espérant qu'ils ne vacillent pas et fassent front.

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Rédigé par Polydamas

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Publié le 29 Novembre 2006



A verser au dossier du drame du PSG, le témoignage de ce spectateur supporter de Tel-Aviv, qui donne une autre version de celle des média.

Je ne sais pas le crédit qu'il faut apporter à ce témoignage.


Ce match était le plus grand déferlement de haine anti-juive qu’il m’ait été donné de voir en direct live. Je le redis parce que vous devez écarquiller vos yeux en ce moment : ce match était le plus grand déferlement de haine anti-juive qu’il m’ait été donné de voir en direct live.

On entend crier “Palestine“, “Ils sont où vos drapeaux maintenant ?” ou “Allez les juifs, vous faites moins les malins maintenant !“. Les types sont derrière moi. Une écharpe du PSG autour du visage ou du cou, ils cherchent l’altercation. Les embrouilles, la castagne comme on dit. Sauf que la castagne, ça peut être pour ma gueule vu qu’ils sont juste sur mes talons.

Vous êtes où les juifs hein ?” continuent-ils à brailler. C’est un groupe de jeunes arabes qui s’approchent d’une fille, probablement juive, qui téléphone et qui lui balancent une claque dans la figure. “Ils sont où vos drapeaux hein ?“, je les entends dans mon oreille, je rentre la tête dans mon blouson, je m’écarte sans courir et me dirige vers le métro. Sur toute la route, pas un policier. PAS UN.

 

L’autre moitié de notre groupe avait avancé séparément. Un père avec ses deux enfants (18 et 20 ans), et ses deux gendres. A quelques mètres de la police, à la porte de Saint-Cloud, Anthony (20 ans) se fait happer par un groupe de 4 jeunes. Ce ne sont pas des fachos, des skin heads, des lepénistes, non. Ce sont des fans moyens du PSG, arabes, haineux et déchaînés. Anthony se prend des coups au visage et dans le ventre. La famille le récupère tant bien que mal et se précipite vers la police, immobile, inactive. Ils sont attérés.

 


La bête est revenue, chantait l’ami Pierre Perret. En pensant étroitement aux fachos et leur tête pensante à l’oeil de verre. Mais l’hydre a plusieurs têtes, et ce soir-là, c’était un visage horrible que j’ai reconnu, celui de la haine sans concession d’acteurs du paysage français que nous cotoyons quotidiennement. Ceux que les médias appellent les jeunes ou les racailles, qui entretiennent et vouent une haine inconditionnelle à ceux que les médias pointent délicatement sous le terme “d’Israélites”.

 

Il est possible qu'il faille rapprocher ce match de ce qui s'était passé lors du match France Algérie. Loin de moi l'idée de disculper les skinheads qui ont participé à ces affrontements. Mais je me demande si on ne focalise peut-être pas un peu trop sur eux.

Je ne dis pas qu'ils ne sont responsables de rien, mais plutôt que les responsables sont beaucoup plus divers que ce que les média ont choisi au prime abord.

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Rédigé par Polydamas

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Publié le 28 Novembre 2006

Sienne

Vous l'aviez deviné, c'est une photo de Sienne.
Via Grandes Poches.

Cliquez sur l'image pour le lien FlickR

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Rédigé par Polydamas

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Publié le 26 Novembre 2006

Du blasphème comme nécessité,

A propos de l'affaire Robert Redeker, professeur de philosophie menacé de mort après avoir osé critiquer l'islam dans une tribune parue dans Le Figaro, Renaud Donnedieu de Vabres, successeur d'André Malraux au ministère de la culture s'est, le 20 novembre, cru obligé de rappeler "le devoir de responsabilité aux élites". "La science, précisait le ministre, peut aussi être mise au service de l'intelligence, pas de la caricature." Et tout en trouvant évidemment "honteux" que M. Redeker ait été menacé de mort, il a reproché à la tribune signée par ce dernier de ne pas être "sophistiquée"...

Je ne sais trop ce que le ministre de la culture entend par les "élites". Je sais encore moins, au vu de ses propos chattemites, ce qu'il veut dire au juste par "devoir de responsabilité". Ce que je sais, en revanche, c'est qu'après Nietzsche et Freud il est difficile à un lettré de considérer autrement le fait religieux que comme une béquille métaphysique à l'usage des esprits épuisés que l'inéluctabilité de la mort et l'horreur de la corruption des corps effraient au-delà de ce que leur faiblesse peut supporter.

Cette terreur les conduit alors à se bricoler pauvrement des arrière-mondes consolateurs des misères d'ici-bas, un ici-bas dévalué au profit de promesses eschatologiques de rédemption post-mortem. Monnaie de singe avec laquelle les prêtres et la divinité récompensent les comportements dits "moraux", dont la toxicité et la folie se déclinent du simple jeûne à l'auto-immolation, en passant par les mutilations sexuelles. Les religions, toutes les religions, sont ainsi des délires de l'humanité et, comme le démontrent ad nauseam l'histoire et l'actualité, des délires dangereux.

Non seulement on ne voit pas en quoi il serait "responsable" de taire une telle position critique, mais il apparaît au contraire que le devoir le plus élémentaire est de lutter contre ces entreprises d'essence mortifère que sont les religions. Non seulement il ne leur est dû aucun respect intellectuel et éthique au-delà du cadre légal de l'exercice de la liberté de culte, mais encore convient-il de les combattre philosophiquement en en dénonçant, chaque fois que faire se peut, l'imbécillité, la fausseté, la dangerosité, l'escroquerie, et le grotesque profond. Ridiculiser la religion est une vertu. Le blasphème, à propos duquel il faut d'ailleurs rappeler la notion logique et théologique élémentaire qu'il ne concerne stricto sensu que le croyant lui-même, le blasphème est, plus que jamais, non seulement excusable, mais nécessaire. Il doit être clairement et hautement revendiqué en tant que droit.

Par ailleurs, si le fait religieux peut en toute légitimité être objet d'anthropologie, de sociologie ou d'histoire, "la science" - même dans la version précautionneusement désincarnée et châtrée à laquelle semble rêvasser le ministre de la culture -, confrontée à la réalité objective des contenus de croyances telles, par exemple, la résurrection d'un crucifié, l'exigence de l'ablation du prépuce comme signe de reconnaissance divine ou l'efficacité de la lapidation de Satan à La Mecque, "la science" n'a pas fini de rigoler...

Quant à la "sophistication" réclamée par M. Donnedieu de Vabres et ses émules, elle n'est que le masque de la litote. Une litote méprisable parce que lâche. A ces humanistes d'un nouveau Munich (accords entre Daladier, Chamberlain, Mussolini et Hitler, le 30 septembre 1938, qui ont permis l'invasion allemande de la Tchécoslovaquie), à ces bradeurs de cinq siècles de luttes occidentales pour se débarrasser enfin de l'étouffante étreinte de la peste chrétienne, à ces Daladier de l'insidieuse banalisation de l'inacceptable, à ces colporteurs du gnangnan orientaliste, rappelons que parmi la communauté musulmane néerlandaise, à l'atroce nouvelle de l'assassinat de Theo Van Gogh, ils furent à peine 200 à crier leur indignation à La Haye, le 6 novembre 2004. L'immense majorité des 900 000 autres musulmans, terrassés, il faut croire, par une indicible émotion, restèrent chez eux...

J'ai déjà eu l'occasion de dire dans ces colonnes ma détestation de l'islam en particulier et des autres monothéismes en général. Je persiste et signe.

Patrick Declerck est membre de la Société psychanalytique de Paris et écrivain.


Heureux de voir que pour cet éminent psychanalyste, je suis bon à enfermer, puisque j'ai le grand défaut d'être croyant. En outre, les éléments montrant que nul ne sait comment le Saint Suaire a pu être formé sont légions.

Sinon, je suis bien d'accord avec lui sur Munich.

Enfin, maintenant, insulter la religion n'est même plus original.

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Rédigé par Polydamas

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Publié le 25 Novembre 2006


L'affaire des skinheads du Parc des Princes est intéressante à plus d'un titre.

Rappelons les faits
.

Dans des circonstances qui restent à éclaircir, des skinheads du PSG s'en prennent à un supporter israelien. Un policier antillais en civil, tentant de le défendre est malheureusement entouré et contraint de se servir de son arme, tuant une personne et en blessant une autre.

Il va s'en dire que les skinheads doivent être jugés avec la plus grande sévérité, si tant est que les faits sont confirmés, puisqu'ils bénéficient, jusqu'à preuve du contraire, de la présomption d'innocence. Cependant, il est intéressant de noter les différentes réactions à ce sujet. A noter que tous les journaux signalent les cris de "Le Pen président", tant mieux si ça peut faire baisser le score du FN, c'est toujours bon à prendre, alors que le FN, rappelons-le, est considéré comme un gauchiste par ces activistes.

Agissant en légitime défense, le policier a probablement bien fait (d'ailleurs, si il avait été équipé de Taser, dont Besancenot ne veut pas, la victime serait encore vivante). Il est soutenu par tous ses collègues, chose que je trouve normale.

Le PSG s'est fendu d'un communiqué où il présente ses condoléances à la famille du supporter, chose qui ne me paraît pas particulièrement déplacée. Le club affirme également que le président du PSG va rencontrer Sarkozy pour évoquer le problème des supporters. Et bien, SOS Racisme a eu l'indécence de se sentir scandalisé par ces condoléances alors que l'enquête n'est pas encore close. Si je comprends bien ce que veut dire SOS Racisme, la lutte contre le racisme est plus importante que le respect du à un mort, fût-il un skinhead.

Sous-entendu, ce crevard n'a eu que ce qu'il méritait.

Et moi qui croyais naïvement que ces gens étaient contre la peine de mort.


Mais si un gamin des banlieues se fait tuer dans des conditions similaires, on imagine aisément que la responsabilité de la police sera immédiatement mise en cause par cette organisation, comme cela a déjà été maintes fois le cas par le passé, et qu'on appellera à la mobilisation de chacun contre le racisme des policiers.

Pour SOS Racisme, il y a clairement les bonnes et les mauvaises victimes. Si vous avez le tort d'être blanc, n'attendez pas d'aide de leur part, et ce, même si vous êtes en état de légitime défense. Je ne crois pas les avoir entendu sur l'affaire Dahan, du nom du commerçant s'étant défendu contre des agresseurs (il est possible que je me trompe, si vous avez un lien, je suis preneur).

Ah, au fait, vous savez comment s'appelle le blessé grave?
Mounir Bouchaer, il semblerait que ce soit un maghrébin.

Un policier antillais qui blesse un maghrébin et tue un blanc, pour protéger un juif, ça fleure bon le conflit de minorités, sans parler de guerre civile avant l'heure.

SOS Racisme a demandé l'interdiction des groupes skinheads. Ca me paraît être une bonne idée, si les Red Skins (skins communistes) et leurs groupes d'action le sont également. 

***

Il y a deux jours a été publié une tribune de deux membres du comité central de la Ligue des Droits de l'Homme expliquant leurs raisons de leur départ de l'organisation.

On en apprend de belles sur la LDH:

La LDH a cru pouvoir répondre au racisme dont sont victimes les jeunes issus de l'immigration en faisant preuve de complaisance à l'égard des organisations religieuses qui prétendent les représenter. La dérive s'amplifie. Après avoir affirmé qu'il s'agissait de discuter avec l'islam politique, on a insensiblement glissé vers le débat libre avec l'islamisme radical, comme lors de ce colloque à l'Unesco sur le féminisme musulman coorganisé par la Ligue en septembre. La Ligue donne ainsi une suite logique au fait qu'elle n'a jamais pris de position publique contre l'expression politique de l'intégrisme musulman. Dans le même mouvement, elle a tergiversé en hésitant à réagir lors de la recrudescence des actes antisémites en 2003.

Combien de fois n'avons-nous pas entendu dans son comité central des proclamations suspicieuses, hostiles à d'autres organisations de défense des droits de l'homme : la Licra, SOS-Racisme, Ni putes ni soumises, systématiquement taxées de communautaristes. Si la Ligue des droits de l'homme ne voit plus d'inconvénients aujourd'hui au dialogue avec l'extrémisme islamiste, elle se refuse à le pratiquer avec des organisations dont l'identité même est le combat antiraciste. La place qu'elles accordent à la lutte contre l'antisémitisme, à l'absence de complaisance vis-à-vis de l'islamisme, suffirait donc à en faire des adversaires.

Mais encore:

Est-ce à cause d'un engagement acritique aux côtés du peuple palestinien ? En tout cas c'est ainsi que, pendant la guerre du Liban, la LDH demandait légitimement que soient sanctionnés les crimes de guerre contre les populations civiles libanaises, mais oublia les populations civiles israéliennes victimes de bombardements. On peut aussi se demander pourquoi le Proche-Orient sollicite un tel engagement de la Ligue, qui ne dit presque rien à propos du Darfour ou de la Tchétchénie, ou se tait devant les discours négationnistes et antisémites du président iranien !

Et enfin:


Mais la goutte d'eau qui a fait déborder le vase de nos désaccords concerne l'affaire Redeker. Au lieu de défendre avant tout la liberté d'expression d'un philosophe menacé de mort pour avoir critiqué l'islam, la Ligue a d'abord fait état de son rejet d'"idées nauséabondes", avant de concéder : "Quoi que l'on pense des écrits de M. Redeker, rien ne justifie qu'il subisse un tel traitement..." Mais l'ambiguïté et la timidité de ce soutien s'accommodent mal avec l'intransigeance qu'exige le combat pour la liberté d'expression. La Ligue a également refusé d'évoquer le nom de Salman Rushdie pour faire comprendre la situation de Robert Redeker, car elle estime que le fait d'être menacé par des organisations terroristes et non pas par des Etats change du tout au tout la perspective. Pourtant, tous les observateurs sérieux s'accordent à dire que le terrorisme islamiste fonctionne désormais principalement en dehors des Etats. Et d'oublier évidemment le sort que d'autres islamistes firent subir au cinéaste Theo Van Gogh, assassiné pour ses idées "nauséabondes".

Sans distance à l'égard du mouvement social, trop souvent ambiguë ou même compromise à l'égard d'un intégrisme islamiste dangereux, et en recul sur la lutte contre l'antisémitisme ou la défense de la liberté d'expression, la Ligue a perdu sa légitimité d'autorité morale de la République. Depuis longtemps, elle n'est plus l'organisation conçue pour défendre Dreyfus. Jusqu'à aujourd'hui, nous pensions que, association pluraliste, elle pourrait, malgré sa dérive, entendre une minorité à laquelle nous participions depuis des années. Mais cette dérive continue sans garde-fous. Il ne nous reste plus qu'à la quitter.

Je me doute bien que les auteurs ont quelques comptes à régler avec leurs anciens amis, mais le texte me paraît suffisamment clair sur la partialité, les préjugés et les discours culpabilisateurs de la LDH.

***

Et pour finir ce tiercé des Grands Inquisiteurs de l'odieux racisme français, le MRAP.

Quand ils ne défendent pas à tout va les droits des clandestins, en les faisant passer, comme le faisait justement remarquer Dieudonné, devant n'importe quel autre Français, ils poursuivent Villiers en justice avant de se désister, ils se font traiter de "connards" par Brighelli pour leur rôle dans l'affaire Redecker, ou même s'évertuent à exiger le retrait des dictionnaires Petit Robert, pour leur définition du mot "colonisation".

Je sais pas pour vous, mais pour moi, ça commence à faire beaucoup.

***

Comprennent-ils, pour parodier une star des sondages, qu'en voilà assez de ces organisations qui nous disent ce qu'il faut penser et attaquent toutes les institutions alors qu'elles n'hésitent pas une seconde à camoufler les sentiments antisémites ou racistes de ceux qu'ils défendent? Connaissent-ils le principe de non-contradiction ou serait-ce trop leur demander?

Se rendent ils compte de la haine qu'ils créent uniquement par leur appels vindicatifs?
Se rendent-ils compte qu'à force d'humilier, d'exiger la repentance, ils créent exactement ce qu'ils ne veulent pas?
Connaissent-ils cet esprit de contradiction si implanté dans l'esprit des Français, qui ne supportent pas qu'on leur dise quoi penser?

On connaît depuis longtemps le phénomène des prédictions auto-réalisatrices.

Et bien, les organisations anti-racistes, à force de vouloir traquer le racisme partout où il se trouve, et surtout là où il ne se trouve pas, sont exactement en train de créer les conditions de création d'une haine pérenne entre les communautés.

Pas mal pour des gens qui prétendent lutter contre le racisme...

Et en plus, toutes ces associations sont payées par NOS impôts....


[EDIT: Lire le trés bon billet de Gai Luron sur la distinction entre un salaud par fonctions et un salaud en intentions]

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Rédigé par Polydamas

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Publié le 22 Novembre 2006

1 femme meurt tous les trois jours sous les coups de son compagnon, nous dit-on, ou serait-ce tous les deux jours, ou même tous les quatre jours? Personne ne semble le savoir, on navigue en plein brouillard. D'un sondage réalisé sur 7000 personnes, on arrive à savoir qu'environ 1,3 millions de femmes sont victimes de violences. A ce compte-là, rien que le fait de s'engueuler avec une personne du sexe faible est une violence. Malgré toutes les sympathies que je peux avoir pour les victimes, j'en ai plus que ras le bol de ces chiffres hyper-réducteurs, revenant chaque année, tel le plus métronome des marroniers.

Parceque si on fait le compte, ça nous fait, au maximum, 365/2, allez disons, 190 femmes qui meurent chaque année sous les coups de leurs compagnons. C'est dramatique, tragique pour ces personnes, je suis le premier à le dire. Mais cela ne fait que 200 mortes pour une population féminine d'à peu près 30 millions de personnes, soit un pourcentage de 0.0006% par an. Si l'on prend le chiffre de 2004, nous avons 35 000 faits de violence, auquel on ajoute les 50 000 tentatives de viol, soit un total de 100 000, en arrondissant à la hausse. Mais, même avec 100 000, cela ne touche que 0,3% des foyers français (sur un total de 29 millions).

C'est excessif, j'en conviens aisément. Mais il n'y a pas encore péril en la demeure, que je sache. Que cela devienne une "cause nationale pour 2008" (je me demande bien en quoi je vais pouvoir contribuer, moi qui n'ai pas pour habitude de prendre les filles pour un punching-ball) me paraît légèrement surestimé.

Au fait, pourquoi ces mêmes médias ne nous donnent-ils pas le chiffre d'une centaine de mortes par an? Peut-être parceque ce chiffre ne frappe pas assez l'imaginaire et que nous risquerions de penser qu'une centaine de mortes est dramatique, mais ne justifie aucunement un "appel", ou une "mobilisation" de toutes les "consciences". Et je n'oserai pas insinuer que la ministre déléguée à la Parité n'avait pas de projet plus urgent que cette grande "cause nationale", et qu'elle ne sait comment justifier son salaire, que j'espère pour elle, important.

D'autant que, comme l'affirme l'article du Fig, le nombre en croissance de violence envers les femmes n'est pas forcèment du à l'augmentation de sentiments primaires issus des âges les plus reculés chez les mâles, mais bien à la hausse des dépôts de plainte de ces filles d'Eve, ce qui, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dis, est une bonne nouvelle.

D'ailleurs, à l'occasion, il serait intéressant de voir la proportion de violences dues à une certaine logique de l'honneur, encore en vigueur, dans des familles d'origine immigrée, dont nous avons un exemple ici. On pourrait viser ce type de populations, mais vous comprenez, ça serait du racisme, que de cibler des campagnes sur certaines catégories de populations, comme n'hésite pas à l'affirmer notre bien-aimée Ligue contre le Racisme, dans ce cas exemplaire. Il vaut mieux qu'on laisse les enfants se tuer plutôt de faire des campagnes ciblées.

Evidemment, on comprend l'idée sous-jacente. Pour sensibiliser au problème, quelqu'il soit, ça peut être les huitres, le racisme, les mines anti-personnelles, la faim dans le monde, les permis de conduire, les accidents, en gros, ce que vous voulez, il est nécessaire pour faire percevoir à nos faibles cerveaux la dure réalité de la vie, de prendre un montant global et de l'étaler sur l'année pour obtenir un chiffre du genre: toutes les quatre secondes, un enfant meurt de la faim dans le monde. N'hésitez surtout pas à accoler votre savant calcul des termes tels que "effrayant", "terrifiant","dramatique" et d'utiliser le même registre lexical jusqu'à satiété.

Ca frappe, c'est efficace, vous avez déjà le compte à rebours en chiffres rouges dans la tête, vous le voyez égréner ces fatidiques secondes avant de visualiser, impuissant, la malheureuse  victime succomber atrocement, au choix:
- de la faim
- des coups de son compagnon
- des blessures faites par les mines
- ........ (remplissez par la mention souhaitée et rayez l'inutile)

Ou comment culpabiliser à moindre frais, en oubliant de signaler que si les enfants meurent de la faim en Afrique, c'est généralement parcequ'ils ont la malchance de vivre dans des zones en proie à des guerres civiles sanglantes. Que les mines anti-personnelles ne sont rien face au nombre de morts dues aux machettes, et autres instruments, dont on limite généralement l'usage à sa cuisine. Tout est bon pour faire signer le chèque, surtout faire pleurer dans les chaumières, alors qu'au sens strict, ce chèque ne pourra jamais améliorer la situation de ce gamin, seules des pressions politiques le pourraient.

Au passage, c'est rassurant pour notre intelligence, de suggérer que l'on n'est pas capable de suivre et qu'il faut nous mâcher le travail par des chiffres qui frappent. C'est valorisant pour les téléspectateurs ou les lecteurs que nous sommes. La devise des publicitaires dans les Inconnus n'était elle pas "ne jamais prendre les gens pour des cons, mais ne pas oublier qu'ils le sont"? A voir ces statistiques balancées sans autre précautions, c'est un peu le sentiment qu'on en retire. On nous prend vraiment pour des abrutis.
 
A force de nous balancer des chiffres dans la figure, qui ne veulent strictement rien dire, se rendent ils compte que cela est complétement contre-productif, du fait du tempérament bien gaulois à faire exactement le contraire de ce qu'on attend de lui? Se rendent-ils compte que lorsque que l'on met les choses à plat, nous sommes excedés par cette présentation partisane, qui n'a pour but que de nous culpabiliser, et qu'ils obtiennent exactement l'effet inverse de celui recherché, tout cela à cause d'une présentation biaisée?

On pourrait faire le même constat avec les 5 500 milliards d'euros qui représentent le coût de l'effet de serre, chiffre qui ne représente rien, tant il est vrai que l'on a aucune idée des évolutions futures du climat, aucune idée de notre future adaptation (on fera comme nos ancêtres et les néerlandais, tout bêtement), aucune idée des coûts (comment évalue-t-on les dégâts d'ici cent ans?). Le constat pourrait être le même dans tous les domaines. C'était Yann Arthus Bertrand, sur le plateau d'Arret Sur Images, qui n'hésitait pas à dire qu'il fallait utiliser des méthodes fallacieuses, si l'objectif était sain. Au moins, il avait le mérite d'être clair.

Que l'on ne se méprenne pas sur mes intentions, ces combats sont légitimes et en parler est nécessaire. Mais les moyens employés pour les défendre sont, à mon sens, plus que contestables, cherchant à viser en priorité le pathos, l'émotion, au lieu de s'adresser tout simplement à notre intelligence.

Marre de ces infos infantilisantes.

Marre qu'on me prenne pour un con.

Marre qu'on prenne les Français pour des cons.

Et aprés, ils s'étonnent d'avoir le Pen au second tour...

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Rédigé par Polydamas

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Publié le 21 Novembre 2006

A l'heure où un Gemayel, neveu de Béchir, est assassiné, petit rappel de l'histoire libanaise depuis trente ans.

Sous les missiles, la rage…


Une des plus brillantes caractéristiques de notre république de poche est d’être un laboratoire permanent d’expériences hasardeuses pour cerbères politiques atteints de libido guerrière.
Ainsi depuis l’an de grâce 1975, les Libanais ont pu déguster à loisir la crise d’adolescence des Palestiniens, qui avaient mis à sac la capitale avant d’aller se fourvoyer avec bagages et quincaillerie au milieu des cailloux de la montagne chrétienne, préfigurant Gaza-la-poubelle, une vingtaine d’années plus tard. Pays cassé, pays ruiné… et Koullouna sur fond de misère.

Au même moment, les communautés sunnite et druze, qui n’en finissaient pas de barboter dans les tourbillons de la puberté nassérienne, se prenaient de passion pour une espèce de cactus coiffé d’une keffieh. Tournant historique au Moyen-Orient : le poil négligé fait son apparition et le rasoir est jeté aux orties. Fin de partie. Arafat, dit « Yasser à rien », s’en va sur les flots, V de la victoire au vent. Pays cassé, pays ruiné… et rebelote pour le Koullouna sur fond de décombres.

L’acné juvénile n’allait pas tarder à frapper les chrétiens à leur tour. Courbettes devant les Syriens, puis génuflexion devant les Israéliens, puis virage sur l’aile à 180° et brosse-à-reluire-et-retour sur les mocassins syriens. Avec, à la clé, la crise d’adolescence d’un tondu milicien et d’un bidasse généralissime qui, à défaut de se casser mutuellement la figure, ont trouvé plus commode d’aplatir la population civile à coups d’obus. Fin de chapitre : Mongénéral se retrouve à Paname et le Tondu sous le macadam. Pays cassé, pays ruiné… et Koullouna sur fond de dette.

Il aura fallu 30 ans pour que chrétiens, druzes, sunnites et Palestiniens du Liban atteignent l’âge de maturité. Patience, que diable ! Y a plus qu’à attendre maintenant l’expérience chiite. Sous les pavés, la plage… et sous les missiles, la dernière couche de rage ! Pays cassé, pays ruiné… et ultime Koullouna funèbre sur fond de pays atomisé.

C’était notre rubrique : « Le Liban est un pays d’avenir. »

Gaby NASR

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Rédigé par Polydamas

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Publié le 18 Novembre 2006

J'avoue que, lorsque le Figaro s'y met, on atteint un niveau rarement atteint dans la bêtise, bien au-delà de ce que peut faire le Monde.

Et pourtant, c'est Alexandre Adler qui signe cet article. On aurait pu s'attendre à une analyse pointue, mais non, pas du tout, si la Turquie est ce qu'elle est, c'est de la faute des chrétiens intégristes qui n'ont pas su l'accueillir. De la part des Arméniens ou des Grecs, cette opposition est normale, mais de la part de cathos, c'est scandaleux.


Qui veut torpiller la Turquie ?, par Alexandre Adler 

 Publié le 18 novembre 2006


L'opinion publique européenne, française en particulier, l'ignore parfaitement, mais nous assistons en direct à la mise en oeuvre d'une véritable conspiration dont l'aboutissement devrait être le torpillage pur et simple de la candidature turque à l'Union européenne.
 

Il y a toujours eu de nombreux adversaires de cette candidature, quelles que soient les précautions que ses partisans ont pu prendre pour la faire accepter (longs délais des négociations, éventualité de'un référendum si la négociation devait aboutir), mais cela ne suffit pas aux adversaires européens de la Turquie, qui considèrent, peut-être à juste titre, que la négociation, une fois engagée, ne peut aboutir, à terme, qu'à un accord. Ils ont donc décidé d'agir beaucoup plus vite et de multiplier les obstacles juridiques et culturels à l'adhésion turque de manière à provoquer, d'abord en Turquie, une réaction de rejet de l'Europe qui leur évitera d'avoir à assumer un non franc et argumenté.

 

 

 

Mais qui sont ces adversaires ? Les Arméniens ? À n'en pas douter, la diaspora arménienne, qui vit toujours dans la souffrance des souvenirs de 1915, est facilement mobilisable pour peu que l'on vienne réveiller ses cauchemars comme l'ont fait les députés socialistes français, secondés, il est vrai, par un bon nombre de leurs collègues conservateurs, en votant l'absurde loi sur le génocide. Mais, il faut le souligner, il y a des intellectuels arméniens d'Istanbul, de citoyenneté turque, qui luttent pour la reconnaissance de l'histoire par l'État turc et qui ne souhaitaient en rien ce vote qui bloque les esprits et démolit les chances de dialogue que la Turquie avait permis en acceptant une série de tables rondes d'historiens. Il faut aussi savoir que le président Kotcharian, qui n'est pas un nationaliste tiède, avait pourtant évoqué devant des émissaires turcs la possibilité pour l'Arménie de s'insérer dans l'Union européenne, au côté de la Géorgie et peut-être de l'Azerbaïdjan, à la faveur d'une adhésion turque. Les Grecs ? Mais l'avènement d'une nouvelle génération politique à Athènes a bien changé la donne.

 

Aujourd'hui, les élites politiques et patronales grecques, beaucoup plus sûres de leur avenir et bien mieux intégrées au processus de décision européen, notamment à Francfort avec leur grand banquier central Papademos, considèrent l'adhésion de la Turquie comme un processus inévitable dont la Grèce pourrait tirer avantage dans tous les domaines. Restent les Chypriotes grecs qui, gouvernés par une coalition de la gauche et des nationalistes intransigeants, ont, eux, refusé par référendum le plan de réunification de l'île élaboré par Kofi Annan, au moment même où les Chypriotes turcs l'approuvaient massivement par conviction véritablement européenne. Que croyez-vous qu'il arrivât ? Ce n'est pas le gouvernement Papadopoulos, à Nicosie, que l'on sanctionne de son intransigeance, mais les Turcs auxquels on demande à présent une génuflexion sans contrepartie, dans le seul but évident de leur tendre un piège. Mais les vrais lobbies, on l'aura compris, ne sont ni arméniens ni grecs.

 

 

 

Les véritables adversaires de l'adhésion turque, il faut les rechercher en Europe même parmi les chrétiens intégristes à tendance raciste et, à l'autre bout de la chaîne, chez les amis d'une alliance étroite de l'Europe et du monde arabe. Les uns, en Allemagne et en Autriche particulièrement, refusent l'entrée d'un pays musulman dans l'Europe, comme ils refusaient naguère le droit de citoyenneté pour les immigrés turcs de la seconde génération. Les autres, en harmonie avec les courants nationalistes et islamistes du monde arabe, qu'ils courtisent, ne veulent pas non plus d'un pays musulman qui pratique aujourd'hui une démocratie exemplaire dont les succès sont profondément déstabilisants pour les dictatures voisines. Si l'on ajoute que cette grande démocratie musulmane, tolérante et dynamique, est aussi l'alliée stratégique d'Israël dans la région, sans pour autant s'aligner en toutes circonstances sur l'État hébreu, on a l'exposé complet des raisons pour lesquelles on constate aujourd'hui un tel acharnement contre la Turquie.

 

Là-dessus, le Prix Nobel de littérature, - qui est venu récompenser l'oeuvre d'Orhan Pamuk, qui incarne la modernité turque -, est tombé comme une paire de claques sonores adressées à tous ces philistins qui ont, de surcroît, la bêtise d'imaginer que personne ne voit et ne comprend leurs machinations. Au stade où nous en sommes, rien ne dit qu'ils ne touchent pas au but, malgré les efforts de la diplomatie finlandaise, des gouvernements anglais et scandinaves, espagnol et italien, pour éviter la rupture programmée.

 

Mais dans l'opinion publique turque, le mal est fait. La gauche laïque commence à se détacher de la perspective européenne, les islamistes non réconciliés avec le cours modéré de leur parti veulent avancer leur projet alternatif de califat socio-économique, modernisé sous la forme d'une conférence islamique. Ce jour-là, les démocrates turcs, mais aussi l'opinion européenne, devront demander des comptes à ces mauvais bergers qui veulent, aujourd'hui, saborder un grand projet de civilisation. Ajoutons ce dernier codicille : comment la France a-t-elle pu trouver le moindre avantage à cette fuite en avant qui n'est pas seulement en train de lui faire perdre les marchés turcs, mais aussi l'estime de ce grand peuple qui, jusqu'alors, s'était toujours tourné vers Paris à chaque grand moment de son histoire.



Donc, pour Alexandre Adler, il faut chercher dans l'hostilité des chrétiens à l'entrée de la Turquie dans l'Europe, des relents d'antisémitisme.

Orhan Parmuk est justement célèbre pour avoir admis l'étendue des massacres arméniens. Adler ne dit pas un mot sur les menaces et les procès dont il a été victime, dans son propre pays. J'imagine que ce doit être des intégristes cathos qui en sont à l'origine.

Sur Chypre, Adler préfère passer au-dessus des églises incendiées, destructions condamnées par le Parlement Européen lui-même, ou même sur l'esclavage décrit dans les page du Fig par un autre intégriste. J'ai toujours pensé que ce n'était pas le genre de choses qu'on attend d'une "démocratie exemplaire". Peut-être ai-je tort, remarquez....

Et puis, sur la solidarité franco-turque, il faut signaler que si ça n'avait pas été pour des raisons de politique européenne (l'alliance de François 1er avec Soliman le Magnifique permettant de prendre l'empire de Charles Quint à revers) elle n'aurait jamais eu lieu et n'aurait aucune raison d'être.

Il est toujours triste de voir une belle intelligence à son crépuscule....

PS: Non, je vous jure n'avoir pas lu le Salon Beige, j'ai découvert cet article tout seul.... ;-)

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Relations internationales

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Publié le 17 Novembre 2006

n'est assurèment pas l'élection de Mme Royal (je n'en reviens pas qu'elle prétende à la présidence de la République avec un nom pareil dans un pays régicide), mais bien la mort de Milton Friedman, chef de file de l'école monétariste, qui marqua notre époque de son empreinte. Ses politiques économiques, mises en place par les Chicago Boys durant les mandats de Reagan, sont à l'origine des années de croissance des années 80 et 90.

Petite citation de l'un de ces ouvrages références, Capitalisme et liberté:

On croit généralement que politique et économie sont des domaines distincts et, pour l'essentiel, sans rapport ; que la liberté individuelle est un problème politique et le bien-être matériel un problème économique ; enfin, que n'importe quel régime politique peut se combiner avec n'importe quel régime économique. [...] Ma thèse est que pareille opinion est illusoire, qu'il y a un rapport intime entre économie et politique, que seules certaines combinaisons sont possibles entre régimes économiques et régimes politiques, et qu'en particulier, une société socialiste ne peut être démocratique -- si être démocratique, c'est garantir la liberté individuelle.

Dans une société libre, le dispositif économique joue un double rôle. D'une part, la liberté économique est elle-même une composante de la liberté au sens large, si bien qu'elle est une fin en soi. D'autre part, la liberté économique est indispensable comme moyen d'obtenir la liberté politique [...]

Si l'on considère le régime économique comme un moyen destiné à atteindre ce but qu'est la liberté politique, son importance est à la mesure des effets qu'il a sur la concentration ou la dispersion du pouvoir. Le type d'organisation économique qui assure directement la liberté économique, à savoir le capitalisme de concurrence, est en même temps favorable à la liberté politique car, en séparant le pouvoir économique du pouvoir politique, il permet à l'un de contrebalancer l'autre.

L'histoire témoigne sans équivoque de la relation qui unit liberté politique et marché libre. Je ne connais, dans le temps et dans l'espace, aucun exemple de société qui, caractérisée par une large mesure de liberté politique, n'ait pas aussi recouru, pour organiser son activité économique, à quelque chose de comparable au marché libre [...]


Néanmoins, l'histoire, si elle indique que le capitalisme est une condition nécessaire de la liberté politique, ne nous dit pas qu'il en est la condition suffisante. L'Italie et l'Espagne fasciste, l'Allemagne [...] et le Japon avant la Première et la Seconde Guerre mondiale, la Russie tsariste durant les décennies qui précédèrent la Grande Guerre -- voilà autant de sociétés dont on ne peut pas dire qu'elles aient été ou soient politiquement libres. Dans chacune d'entre elles, pourtant, l'entreprise privée était la forme dominante de l'organisation économique. Il est par conséquent fort possible qu'à un régime économique fondamentalement capitaliste ne corresponde pas un régime politique de liberté [...]

Il n'y a fondamentalement que deux manières de coordonner les activités économiques de millions de personnes. La première est la direction centralisée, qui implique l'usage de la coercition : c'est la technique de l'armée et de l'Etat totalitaire moderne. La seconde est la coopération volontaire des individus : c'est la technique du marché. La possibilité d'une coordination assurée grâce à la coopération volontaire repose sur cette proposition élémentaire -- quoique fréquemment niée -- que, dans une transaction économique, les deux parties sont bénéficiaires, pourvu que cette transaction soit bilatéralement volontaire et informée. Une coordination sans coercition peut par conséquent être le produit de l'échange. Le modèle d'une société organisée grâce à l'échange volontaire est l'économie libre de l'échange et de l'entreprise privée, c'est-à-dire ce que nous avons appelé le capitalisme de concurrence [...]

Dans la société moderne, nous disposons d'entreprises qui sont des intermédiaires entre les individus, considérés d'une part en tant que fournisseurs de services et, d'autre part, en tant qu'acquéreurs de biens. De même l'argent a-t-il été créé comme moyen de faciliter l'échange et de distinguer nettement entre l'acte de vendre et celui d'acheter.

Ce qui est fondamentalement indispensable, c'est de maintenir la loi et l'ordre, si bien que la coercition physique exercée par tel individu sur tel autre soit impossible et que les contrats volontairement passés soient respectés ; c'est donc de donner quelque contenu au mot "privé". A part cela, les problèmes peut-être les plus épineux sont posés par le monopole -- qui paralyse la liberté en déniant aux individus la possibilité de choisir --, et par les "effets de voisinage" -- effets sur les tierces parties, à propos desquels il n'est pas possible de pénaliser ou de récompenser ces dernières. Aussi longtemps que l'on maintient une liberté d'échange effective, le trait central du mécanisme du marché est qu'il empêche une personne de s'immiscer dans les affaires d'une autre en ce qui concerne la plupart des activités de cette dernière. Du fait de la présence d'autres vendeurs avec lesquels il peut traiter, le consommateur est protégé contre la coercition que pouvait exercer sur lui un vendeur ; le vendeur est protégé contre la coercition du consommateur par l'existence d'autres consommateurs auxquels il peut vendre ; l'employé est protégé contre la coercition du patron parce qu'il y a d'autres employeurs pour lesquels il peut travailler, etc. Le marché y parvient de façon impersonnelle et sans qu'il soit besoin d'une autorité centralisée.

A vrai dire, c'est précisément et surtout parce qu'elle remplit si bien cette tâche que l'économie libre se heurte à des objections ; car elle donne aux gens ce qu'ils veulent, et non pas ce que tel groupe particulier pense qu'ils devraient vouloir ; ce qui se cache derrière la plupart des arguments contre le marché libre, c'est le manque de foi dans la liberté elle-même.

L'existence d'un marché libre n'élimine évidemment pas le besoin d'un gouvernement. Au contraire, ce dernier est essentiel, et comme forum où sont fixées les "règles du jeu", et comme arbitre qui interprète et fait appliquer ces règles. Le marché, cependant, réduit grandement le champ des questions auxquelles doivent être données des réponses politiques, et par là minimise la mesure dans laquelle il est nécessaire que les pouvoirs publics participent directement au jeu. C'est le trait caractéristique de l'action politique que sa tendance à exiger ou à imposer une certaine conformité ; et c'est, en revanche, le grand avantage du marché que de permettre une large diversité. Pour parler le langage de la politique, le marché est un système de représentation proportionnelle. Chacun peut, si j'ose dire, voter pour la couleur de la cravate qui lui plaît ; il n'a ni à savoir quelle couleur veut la majorité, ni à se soumettre s'il est parmi les minoritaires.

C'est à cette caractéristique du marché que nous faisons référence quand nous disons que le marché assure la liberté économique. Mais cela comporte des implications qui vont bien au-delà. [...] En ôtant à l'autorité politique le droit de regard sur l'organisation de l'activité économique, le marché supprime cette source de pouvoir coercitif ; il permet que la puissance économique serve de frein plutôt que de renfort au pouvoir politique. [...]

Extraits de Capitalisme et Liberté, pages 21 à 31.

Milton Friedman est décédé hier, le 16 Novembre 2006, dans son domicile de San Francisco.

Edit: Lire la trés bonne biographie des Chroniques Patagones et l'interview de Mart Laar

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Finance

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Publié le 15 Novembre 2006

Je tiens à dire qu'en ces matières, il faut toujours distinguer l'attitude rebelle adolescente du fanatique de messes noires. Il n'y a pas lieu de paniquer, il faut simplement faire attention.


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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Religion

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