Publié le 27 Janvier 2009

Je me permets de publier ce texte, très peu empreint de charité chrétienne, je le reconnais bien volontiers. On le doit à Justin Petipeu, du Forum Catholique.


L'heure est grave !

Lorsqu'on se promène sur les forums et sites du progressisme militant et autrefois triomphant, on ne peut que se dire que l'affrontement est proche ! C'est un appel général à la résistance, on veut s'insurger, il est dit et écrit partout qu'on ne se laissera pas faire...On insulte le pape, on vilipende même les évêques de France, coupables de ne pas s'opposer frontalement et d'être trop mous face à l'abominable Vatican.

On est prêt au combat ! Les fauteuils roulants ont été révisés et graissés de la belle manière, les déambulateurs étincellent dans ce qui sera sûrement le soleil d'Austerlitz, on a fait des stocks impressionnants de couche-culottes, toutes les piles des sonotones ont été changées et une partie du lectorat de "la Vie" a enlevé les bouchons des béquilles. Ça va saigner, l'on vous dit !

Ici, l'un assure qu'il ne remettra plus les pieds à l'église...puis se ravise lorsqu'on lui fait remarquer qu'il n'y a jamais été. Là, c'est un comité paroissial tout entier qui veut organiser des représailles : il propose d'anticiper la messe anticipée du samedi soir au vendredi soir..."ca leur fera les pieds", qu'ils disent ! Ah ben nan, zut ! le vendredi, c'est le jour de la belotte chez Fanfan...Tant pis, on trouvera autre chose. On fait appel à Jean XXIII, à Mgr Romero -"euuuuh, j'crois qu'ils sont morts, ceux-là, Roger" - . Qu'importe ! Il reste l'abbé Pierre -"non plus !"-. Bref, on est trahi de partout. C'est le complot fasciste qui a son siège au Vatican ! Et tous les beaux espoirs que nous avons eus dans les années 60 pour bâtir un monde de paix et de fraternité ?

On va pas se laisser bouffer comme ça, quand même !

Dans la paroisse, la seule association encore existante, le Mouvement Chrétien des retraités, est réunie au grand complet. Ils sont tous là. Tous les huit.

René est arrivé le dernier ; il sentait fort l'anisette. Il a traversé la pièce sans dire un mot, a ouvert le placard et sur la dernière étagère, il a saisi le portrait tout poussiéreux de Mao et l'a mis sur le bureau. Devant les regards désapprobateurs des autres, il a juste gueulé : "Ben quoi ? Y a pas de raison, merde !" Puis il est parti. Dans un coin, Simone a les larmes aux yeux et maugrée, la rage aux commissures des lèvres.."Si encore on avait nos prêtres-ouvriers, on pourrait s'battre !" Jules a une idée : "On n'a qu'à lancer un mot d'ordre au niveau national ! Plus personne à la messe le dimanche !"

Derrière, Nicole persifle : "Riche idée, la moyenne d'âge des pratiquants va être divisée par deux ! Ca leur ferait trop plaisir !" Mince, Jules n'y avait pas pensé...Quel niais, alors !

Ah voilà le père Michel qui arrive ! ça c'est un curé ! Dommage qu'il soit à la retraite. Il a été de tous les combats, le père Michel ! Et dès qu'il s'agit de faire Eglise ensemble, on peut compter sur lui. Pas comme son remplaçant, un blanc-bec en col romain qui n'écoute même pas les Anciens ( Faut dire qu'il dessert 27 clochers, alors forcément, il a autre chose à faire...). Jules reprend l'initiative : "dites, Père Michel, et si on faisait un séminaire sauvage, comme ce Lefebvre-là ?" Le père Michel a le regard perdu dans le vague puis finalement, il articule mollement au-dessus de son col roulé : "Ah oui ? et qui on mettrait dedans ?". Décidément, c'est pas sa journée, à Jules...
Joséphine ne dit rien ; elle a sa tête des mauvais jours et quelques souvenirs du temps où elle partait en traction avant avec les FFI. Elle n'ose pas le dire mais elle le pense si fort. "De toute façon, avec un pape boche, faut pas s'étonner".

Alphonse, dans le doute, avait pris du viagra avant de venir (on ne sait jamais, pour tenir le coup à cause des émotions) mais à la tête du père Michel, il sent que c'est foutu. Il brandira une autre fois l'étendard de la révolte. C'est le père Michel qui conclut : "Demain, je téléphonerai à Jacques". Mais oui ! Mais c'est bien sûr ! Jacques Gaillot ! Au moins, lui, il saura quoi faire ! Le problème, c'est qu'il n'est pas facilement joignable ; aux dernières nouvelles, il est dans un squatt du côté de Bobigny.

On se sépare. La nuit est froide et humide et le père Michel ne se fait pas d'illusions. Jacques ne viendra pas ; il n'y a pas un seul sans-papier au Mouvement chrétien des retraités ! Dommage...

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Humour

Publié le 26 Janvier 2009

Je sais, c'est très facile. Mais tellement bon.

Allez, on commence avec le bon vieux Parti Communiste Français, jamais en retard d'une ânerie.


Le Pape Benoît XVI s’apprêterait à lever l’excommunication prononcée en 1988 envers cinq évêques dont l’évêque Marcel Lefebvre, qui avaient été sanctionnés par le Vatican pour avoir tenu des propos négationnistes sur les chambres à gaz.

Alors, la levée de l'excommunication concerne quatre évêques et non cinq, alors qu'ils étaient six à être inquiétés par cette mesure en 1988. Enfin, la raison de cette décision n'avait évidemment aucun rapport avec des propos négationnistes (cf mon précédent billet).
Fût un temps, pas si éloigné où les communistes maitrisaient leur catéchisme sur le bout des doigts, dommage qu'ils aient perdu cette saine habitude....

Ensuite, dans la palme de la connerie, nous pouvons en décerner une belle au journal le Progrès, qui a fait très fort, au point d'être obligé de supprimer l'article. On pourra retrouver ce bijou en cache ici.

En réintégrant les intégristes, ce pape réactionnaire, n’a pas seulement commis une hérésie

Première nouvelle, le pape est coupable d'hérésie, uniquement parce qu'il lève une mesure de droit canon. Aucune doctrine, pas de théologie, rien de dogmatique là-dedans, elle est où l'hérésie ?

C’est une insulte pour les Français, catholiques ou agnostiques, qui aiment, respectent, célèbrent une église : celle de Sœur Emmanuelle, de l’abbé Pierre, des curés Justes qui cachaient les Juifs, des JMJ festives. Ceux-là se sentent aujourd’hui trahis. Peut-être exclus par Benoît XVI.

Je peux comprendre que des catholiques se sentent irrités par cette décision, mais je vois mal où ils pourraient se sentir insultés ou même exclus. Quant aux agnostiques, je préfère ne pas en parler pour ne pas être mort de rire, vu qu'ils ne FONT pas partie de l'Eglise, le Progrès aurait bien fait de s'en rappeler.

Last but not least, Noelle Lenoir qui nous a pondu un magnifique communiqué :

L'ancien ministre des affaires européennes de Raffarin, Noëlle Lenoir, déclare que la levée de l'excommunication de quatre évêques lefévristes par Benoît XVI "va à l'encontre des lois de la plupart des Etats membres de l'Union européenne qui condamnent le révisionnisme et la négation de la Shoah."


Alors que rien n'indique si les trois autres évêques sont négationnistes, Noëlle Lenoir nous dit donc que la mesure de levée d'excommunication va à l'encontre de la plupart des Etats membres. Si c'était vrai, en quoi une loi contraire à la plupart des pays membre poserait problème ? De plus, il faudra me dire en quoi l'excommunication irait à l'encontre d'une seule loi ?

Je pensais que la laïcité impliquait la stricte séparation des domaines, spirituels et temporels ? En fait, j'ai l'impression que c'est tout à fait le cas, sauf lorsqu'il s'agit de commentaires de laïcards sur les décisions religieuses, dans ce domaine tout est permis...


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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Actualité

Publié le 24 Janvier 2009


Il faut avoir vécu chez les parias, s'être fait traiter de tous les noms, de schismatiques, d'excommuniés.
Il faut avoir assisté aux messes dans des garages, des granges, des parvis d'église, sur des nationales dans le froid, gardés par les CRS.
Il faut avoir assisté à des expulsions d'église par les forces de l'ordre mandatées par les évêques.
Il faut avoir vu la colère et le mépris de vos interlocuteurs, clercs ou catholiques, lorsqu'on osait prononcer le nom de Mgr Lefebvre.
Il faut avoir grandi et été éduqué à la Fraternité Sacerdotale St Pie X pour comprendre la joie que l'on peut ressentir à l'annonce d'une telle nouvelle.

Vous me pardonnerez donc de me lâcher un peu.

Aujourd'hui, c'est la fête.

Le pape a donc décidé de retirer l'excommunication que la Fraternité Sacerdotale St Pie X contestait depuis le sacre de Mgrs Fellay, de Galarreta, Tisser de Mallerais, et Williamson en 1988 par Mgr Lefebvre, et Mgr de Castro-Mayer.

La dispute a toujours été violente  pour savoir si les évêques étaient officiellement schismatiques ou pas. La raison essentielle de l'excommunication pesant sur Mgr Lefebvre était d'avoir ordonné des évêques sans l'accord du pape, accord obligatoire depuis Pie XII, qui avait promulgué cette mesure, pour éviter les évêques communistes. En effet, Mgr Lefebvre, dans la tourmente de la suite du concile Vatican II, s'était élevé contre le nouveau rit imposé partout en France, fondant son propre institut, la Fraternité sacerdotale St Pie X, à Ecône en Suisse.
Mgr Lefebvre (1905 - 1991)
En 1988, Mgr Lefebvre, se sentant faiblir, avait choisi de passer outre les recommandations de Jean-Paul II et de Mgr Ratzinger, ne sachant pas si ils accorderaient la totale liberté à la messe en latin. L'idée de l'ancien évêque de Dakar était de maintenir un espace à "l'abri" des évêques français. C'est ce que la fraternité St Pie X appelait l'état de nécessité (état de nécessité que Benoit XVI semble avoir reconnu pour la France) qui justifiait ainsi de telles mesures pour "préserver" le rite tridentin. On sait que pour une congrégation, l'élément déterminant est l'évêque, qui est le seul à pouvoir ordonner des prêtres, prêtres qui sont le gage de la continuité de la congrégation. Pas d'évêque, pas de prêtres, les enjeux sont limpides.

D'ailleurs, la fraternité St Pierre, née de la division de la fraternité St Pie X à propos des sacres, a eu fort à faire sur les 20 dernières années pour obtenir quelques rares lieux de culte, justifiant ainsi l'attitude de retrait de la fraternité de Mgr Lefebvre.

Les relations entre le Vatican et la fraternité St Pie X avaient toujours été maintenues, mais se sont raffermies avec Benoit XVI. Son élection avait été saluée par Mgr Fellay, ainsi que sa visite en France. Après l'épisode de l'ultimatum en Juin 2008, les négociations avançant, la fraternité St Pie X avait organisé un bouquet de plus d'un million de chapelets (ils en ont finalement obtenu 1,7 millions auxquels, honte sur moi, je n'ai pas participés) à l'intention du retrait des excommunications, accompagnés d'une lettre, auquel le communiqué du Vatican fait référence, réaffirmant la volonté de demeurer catholique, ainsi que la primauté du St Père, de la part des autorités de la fraternité St Pie X.

Ces dernières avaient posé comme préalable aux discussions doctrinales sur Vatican II, deux conditions:
- la liberté accordée à tous les prêtres de dire le rite tridentin comme bon leur semble, ce qu'est venu magnifiquement confirmer le Motu Proprio de 2007, on s'en souvient.
- le retrait des excommunications pesant sur la Fraternité St Pie X

Alors que va-t-il se passer, maintenant que les conditions sont remplies ?

Tout d'abord, je vois mal les évêques français rester silencieux face à une telle mesure qui vient remettre en cause tout ce qu'ils ont fait par le passé, tout leur combat. On risque d'entendre toute l'Eglise de France se mobiliser contre cette mesure qu'elle estimera sans doute comme injuste et inutile.

Ensuite, vient la question du statut de la fraternité à laquelle ne répondent pas les différents communiqués. Celle-ci possède ses propres églises et chapelles, parfois des anciennes granges et des garages restaurés, réparties un peu partout sur le territoire français dans de nombreux pays à l'étranger. La messe continuera-t-elle à y être dite ? La question est posée, d'autant que l'on sait que l'épiscopat français n'a jamais souhaité accorder des églises, même vides, à la fraternité. Témoin, l'exemple d'Amiens, où l'évêque risque d'être en difficulté pour continuer à justifier son refus d'accorder une église.

Qu'en sera-t-il des prêtres de la fraternité ? Vont-ils être incardinés, c'est à dire placés sous l'autorité de l'évêque du lieu ? Ou comme c'est plus probable, la fraternité va-t-elle constituer ce qu'on appelle une prélature personnelle, statut crée spécialement pour l'Opus Dei, c'est à dire que la fraternité relèvera directement de l'autorité pontificale ? Bien malin qui pourrait le dire.

Enfin, il est certain que les discussions sur Vatican II vont pouvoir s'engager véritablement, dans un climat de confiance établi. En espérant que les modalités et propositions concrètes se fassent rapidement du côté de la fraternité St Pie X.

D'ailleurs, chez celle-ci, il est probable que cette annonce fera également des remous. La grande majorité de la fraternité suit Mgr Fellay, mais une minorité décidera probablement de refuser cette main tendue, et d'aller jusqu'au bout de sa logique qu'on peut qualifier de "sédévacantistes". Idéologie (sédévacantisme =  vacance du siège) qui estime que depuis Vatican II, il n'y a plus de pape à Rome, et que les papes suivants sont des usurpateurs.

Le pape Benoit XVI continue donc son oeuvre réformatrice de haute volée, passant outre tous les commentaires, il travaille à rétablir l'unité de l'Eglise, avant toute chose. Ce sont 20 ans de combat qui se concluent aujourd'hui ; ce pape reste et demeure une bénédiction. Avant le Te Deum à St Nicolas du Chardonnet et les messes d'action de grâce, un seul mot s'impose :

MERCI BENOIT XVI !

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Ad Majorem Dei Gloriam !

DEO GRATIAS !



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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Religion