Publié le 29 Septembre 2008


Je reprends la rédaction de ce compte-rendu, réalisée par Ennemond, que je remercie au passage pour ce travail. J'ai rajouté en italiques mes propres annotations et remarques.


Ce colloque sur l’application du Motu Proprio Summorum Pontificum en France a réuni un peu plus de quatre-cents personne au Palais des Congrès de Versailles. Deux tables rondes se sont suivies. Les interventions étaient entrecoupées par les témoignages de responsables de groupes de fidèles dans les cadres paroissiaux.
Les responsables ont pris la parole, insistant sur l’indépendance de la session par rapport aux communautés religieuses. Je me permets de vous proposer les quelques notes que j'ai prises rapidement, sans en faire de commentaire :


Le Père Olivier Leborgne, vicaire général du diocèse de Versailles, a manifesté « l’intérêt » de son évêque absent, s’excusant dans le même temps de ne pouvoir rester plus longtemps. Il a insisté sur le fait que son diocèse avait été généreux bien avant la promulgation du Motu Proprio en permettant l’usage des anciens livres en trois endroits. Il a ensuite cité les nouvelles implantations comme Rolleboise, n’hésitant pas à parler de la demande d’un groupe de fidèles de la FSSPX souhaitant « revenir dans l’Église »… Au total, ce sont, d’après lui, quinze messes traditionnelles qui sont célébrées sous la houlette de Mgr Aumonier. Condamnant au passage « l’esprit mondain » et les « groupes de pression », il a proposé une lecture minimale du Motu Proprio pour donner une définition du « groupe stable ». Il a enfin légitimé le biritualisme des prêtres diocésains qu’il privilégie à l’arrivée de communautés dites traditionalistes.

On a assisté à une présentation des fidèles demandant une application du MP à Notre-Dame à Versailles. Ils ont rappelé qu'ils étaient impliqués dans l'organisation, dans le catéchisme, dans les oeuvres de la paroisse et que malgré cela, on leur prohibait une messe le dimanche. "Nul n'est de trop dans l'Eglise", la phrase que Benoit XVI a prononcée aux évêques français, a été la plus largement reprise lors ce colloque.


Prenant la parole, Daniel Hamiche a transposé le cas de la messe traditionnelle aux règles commerciales, expliquant que, s’il n’y avait pas d’offre, il était difficile d’avoir une demande. Il a même résumé en parlant d’inexistence de l’offre en bien des endroits. Encore faut-il proposer cette messe aux fidèles, expliquait-il. Abordant le cas de sa chapelle du XIVe arrondissement, il a été assez explicite en manifestant son impression d’avoir été relégué et en baptisant cette chapelle Saint-Paul de « Saint-Paul hors les Murs », un lieu de culte desservi par dix prêtres dont l’enthousiasme devait sans doute refléter celui de l’autorité archidiocésaine. Cette messe, supprimée pour quatorze dimanches, doit reprendre au mois d’octobre, en l’église Notre-Dame-du-Travail. Mais rien n’est prévu pour les solennités tombant en semaine et un dimanche sur quatre, la messe sera célébrée selon le NOM en grégorien. Reprenant à son compte la parabole du fils prodigue, il a exprimé son étonnement de voir là un père qui se contentait de tuer le veau gras aux trois quarts.


Le Père Aybram, curé doyen de Saint-Cloud, a commencé son exposé en relevant des éléments du discours du pape aux évêques qu’il a lui-même entendu à Lourdes. Il a cité : « L’indispensable pacification des esprits », « Nul n’est de trop dans l’Église » qui s’applique, selon lui, « à tous les baptisés catholiques » (sic). Il a dit faire fi des provocateurs d’où qu’ils viennent et a donné pour conseil de savoir garder de l’humour dans ces affaires d’application du Motu Proprio. Montrant assez habilement comment il défendait le VOM auprès de ses propres amis (silence de la liturgie, « dos au peuple »), il a immédiatement défendu le fait que les deux formes sont traditionnelles (On se demande bien en quoi le NOM serait traditionnel). Cette expression a été relevée par son confrère Schubert. Il a insisté sur le fait que la liturgie devait être facteur d’unité et ne pas être instrumentalisée.


Christophe Geffroy, de la Nef, a, quand à lui, pris le parti de commenter le Motu Proprio insistant sur la paix liturgique que le texte préconisait. Il a rappelé l’ostracisme qui a prévalu par le passé, en raison, entre autres, de ceux qui critiquaient le pape ou les évêques et il a développé sur l’herméneutique de la continuité. Il ne doit pas y avoir de « rupture » liturgique, selon lui, et si le cardinal Ratzinger a parlé jadis de « liturgie fabriquée », c’est que les choses étaient un peu compliquées dans l’esprit du pape. Il a invité à demander l’ancien missel en raison de la richesse qu’il pouvait apporter et surtout pas en raison de la déficience du nouveau. Il pense que désormais une nouvelle génération s’est levée, étrangère à ce qui seraient de simples « querelles » du passé. Il prône très explicitement un biritualisme actif où l’ignorance entre les deux messes doit être bannie. De leur côté, les évêques doivent comprendre que les jeunes traditionalistes sont une chance. Il plaçait alors la difficulté que représentait les traditionalistes au niveau de la difficulté à intégrer les charismatiques. Enfin, il a lancé un appel à maintenir le cadre des paroisses géographiques reprochant aux seuls traditionalistes de s’en affranchir à la faveur de paroisses d’élections. Il a terminé en lançant un appel urgent à l’évangélisation appuyé sur l’amour par chacun, avec ses spécificités.


L’abbé Schubert, curé de la paroisse Saint-Germain-l’Auxerrois, a fait de la diversité le maître mot de son intervention. Il a pris à son compte l’incompréhension du cardinal Lustiger de concéder l’ancien missel car, selon lui, il n’y avait pas d’utilité à revenir à une ancienne liturgie si ce n’est pour plaire à une minorité. Selon lui, Mgr Aumonier, formé à cette école, est dans cette ligne d’esprit. Il a demandé à ne pas chercher les responsables de l’état de fait actuel en se disant attaché à la pacification des esprit. Proposant une lecture très minimale du discours de Benoît XVI aux évêques, il a défendu – sous les sifflements – la possibilité de refuser certaines demandes à l’appui d’arguments relatifs à l’organisation des paroisses.

L'abbé Schubert a également rappelé l'importance de la territorialité de la paroisse, dans le cadre de l'application du MP, ce qui ne manque pas de sel, lorsque l'on sait que, déjà, pour la majorité des catholiques attachés au nouveau missel, les paroisses ne sont plus territoriales mais d'élection. Vérifier les plaques d'immatriculation de ceux qui se rendent à une messe tridentine dans une paroisse ordinaire est donc de l'hypocrisie...



Luc Perrin a pris la parole en lisant la préface de la réédition du Fortescue par le cardinal Castrillon Hoyos qui expliquait récemment que le Motu Proprio clarifiait de manière définitive le fait que les rites de 1962 n’avaient jamais été abrogés. Selon le cardinal, ces livres devaient même être proposés à tous les fidèles, et pas uniquement à quelques-uns les réclamant. Une réponse aux interrogations a été, selon lui, donnée à Lourdes par le pape qui appelait les évêques à répondre avec amour en appliquant le droit et en se montrant bien généreux. Luc Perrin n’a pas hésité à mentionner le cas d’Amiens où les fidèles disent encore la messe à l’extérieur. Certes, il l’a reconnu, le poids de l’histoire est important. Il a rappelé l’existence du texte de 1974 abolissant de fait l’ancien rite. Par conséquent, entre 1974 et 1984, il n’y avait ni le droit, ni l’amour que préconisaient aujourd’hui certains. Il en a déduit que la résistance des fidèles et de certains clercs s’en trouvait justifiée par l’existence d’un déni de droit. Il a terminé en présentant le cas exemplaire de l’archevêché de Chicago tenu par le cardinal George qui développe la Tradition dans son diocèse. Sa conclusion s’est déroulée en trois points. D’abord, que cesse l’enseignement du mépris de l’histoire. Ensuite que l’on se souvienne des deux figures sacerdotales, Padre Pio et Don José Escriva qui, pourtant charitables, ont toujours refusé de célébrer le NOM. Enfin, il a mentionné avec intérêt l’interview du cardinal Barbarin préconisant un bilan de la réforme liturgique. Il fut largement ovationné.


Le temps a obligé à réduire la durée des interventions…


Le Père Lelong a présenté rapidement le dialogue qu’il avait entrepris au cours de sa vie avec les autres religions. Pour sa génération, Vatican II est apparu comme un événement important et bénéfique. Il a cependant confié avoir été choqué que, dans une Église où les discussions étaient accordées à tous, même aux sans-papiers, les traditionalistes étaient les seuls à ne pas bénéficier de cette faveur. Introduisant le rôle du GREC, il a critiqué le rôle des évêques qui ne font pas ce qui est en leur pouvoir pour favoriser la réconciliation entre tous les catholiques, et il a lancé à Mgr Fellay un appel afin de réexaminer sa position pour que la FSSPX qui a beaucoup à apporter reprenne sa place dans l’Église catholique.


Le Père Gabriel Diaz Patri, de rite byzantin mais de nationalité argentine, a établi un rapide panorama de l’application du Motu Proprio à l’étranger. Il a abordé le cas de l’Espagne où l’ICRSP est présent, où une communauté contemplative près de Barcelone s’apprête à essaimer. Il a également cité les cas de l’Angleterre et de l’Allemagne dont les états religieux respectifs sont détaillés dans certaines revues dont il a cité les références. Il a parlé enfin de l’Italie en abordant le grand congrès romain de la semaine passée où Mgr Perl est intervenu en compagnie des PP. Bux et Lang. Pour lui, il y a un changement d’atmosphère dans l’Église, mais pas encore de climat. Il a aussi validé l’idée d’une complémentarité des deux rites et non une concurrence.


Philippe Maxence, de l’Homme Nouveau, a, en quelques mots, et à partir de son témoignage personnel, insisté sur certains points précis, sur la nécessité de saluer le texte pontifical qui permettait à des fidèles de retrouver ce missel, trésor de l’Église, sur le fait que l’ancienne messe devait redevenir le bien commun de tous les Chrétiens. Il a enfin tordu le coup à un certain nombre de clichés, les liens entre ce rite et l’extrême droite ou la bourgeoisie.

Un mot sur ce point, qui revient régulièrement, surtout sur Internet. Les catholiques défendant le rit sous sa forme extraordinaire connaissent une multiplicité d'opinions politiques. Il n'y a pas de lien direct entre l'extrême-droite et les catholiques traditionnels. Et si tant est qu'il y en avait, ainsi que l'a suggéré Mgr Di Falco, qui l'a assimilé à la messe du FN (il aurait pu rappeler qu'il s'agissait également de la messe du Padre Pio, tant qu'à faire de choisir des références), ce n'est AUCUNEMENT un argument pour prohiber une messe, pour les interdire de pratiquer comme bon leur semble, l'Eglise n'a pas à rejeter ce rit pour des raisons d'image liées à un quelconque parti. Nul n'est de trop dans l'Eglise, faut-il le rappeler.
Concernant la bourgeoisie, cet argument me fait de suite penser à Marx. Comme si la messe tridentine était une messe de bourgeois, de gens aisés qui cherchaient à snober les classes populaires via ce rit. Il faut ne s'être jamais rendu à une messe de la FSSPX pour proférer de telles âneries...


L’abbé Barthe a abordé le cas de la réforme de la réforme qui est, au fond, le grand chantier de Benoît XVI et dont le Motu Proprio n’est que l’étape actuelle. Selon lui, le NOM est facilement réformable tandis que le VOM est intrinsèquement réformant, voire réformateur. Il s’agit pour le pape de retrouver l’esprit même de la liturgie, ainsi que le préconisait l’encyclique Mediator Dei. Pour l'heure, c'est la concurrence entre les deux rites que le pape a mis en pratique.


Enfin, Marie-Alix Doutrebente a présenté le rôle du GREC, groupe de réconciliation entre catholiques, dont l’origine était fondée sur la possibilité de « faire revenir la FSSPX », avec le soutien de la nonciature. Elle a invité les traditionalistes à « sortir de leurs ghettos » pour une nécessaire réconciliation.

Je partage cette analyse, le temps du repli est fini, il faut maintenant essaimer le plus possible.

En résumé, ce fût donc un colloque très intéressant où les positions étaient tout de même assez bien tranchées, entre ceux qui prônaient l'ouverture vers le NOM, comme si le NOM avait besoin de la ferveur et de l'implication des tradis, et ceux qui se réservaient le droit de porter une critique sur ce même NOM, et donc, n'acceptant pas en creux, que l'on puisse dire que ces deux rits étaient traditionnels.

Voir les commentaires

Rédigé par Polydamas

Publié dans #Religion

Repost0

Publié le 28 Septembre 2008

Ils sont en forme, au CGB. Ils continuent leur exploration parodique de la réacosphère...




Voir les commentaires

Rédigé par Polydamas

Publié dans #Entracte

Repost0

Publié le 27 Septembre 2008

Même pour moi, ces rappels sont bienvenus, c'est dire si cette carte n'est pas inutile, histoire de savoir qui est qui. La taille de la police pour chaque communauté dépend de son nombre de membres, la fraternité St Pie X étant clairement la plus importante, avec plus de 1000.


undefined


Via le FC, vu sur Christus Imperat.

Voir les commentaires

Rédigé par Polydamas

Publié dans #Religion

Repost0

Publié le 27 Septembre 2008

Dans ce monde de brutes.
Sur une idée vue chez Lib.org





Moon River, wider than a mile,
I'm crossing you in style some day.
Oh, dream maker, you heart breaker,
wherever you're going I'm going your way.
Two drifters off to see the world.
There's such a lot of world to see.
We're after the same rainbow's end
waiting 'round the bend,
my huckleberry friend,
Moon River and me.

Voir les commentaires

Rédigé par Polydamas

Publié dans #Entracte

Repost0

Publié le 23 Septembre 2008

Mgr Aumonier, évêque de Versailles, a accordé une chapelle à la fraternité St Pierre, la chapelle des Clarisses, dans le cadre du Motu Proprio, sous l'autorité du curé de la cathédrale St Louis. Cette chapelle est placée à deux pas de celle de la fraternité St Pie X, Notre-Dame de l'Espérance, comme le prouve l'image ci-dessous (Merci à Ennemond, et au Forum Catholique).


undefined


Etant donné que Notre-Dame des Armées est déjà bondée, que Notre-Dame de l'Espérance l'était tout autant, nul doute que cette nouvelle chapelle sera rapidement prise d'assaut. La première messe est prévue pour le 12 Octobre prochain.

Je passe trop mon temps à critiquer les évêques pour ne pas les saluer lorsqu'ils font en geste en notre faveur. Que Mgr Aumonier soit donc ici remercié, les besoins sont importants en ce qui concerne les Yvelines, Port-Marly étant, par exemple, largement en train de ployer sous le nombre.

Enfin, je rappelle que Dimanche prochain, a lieu le premier colloque Motu Proprio au Palais des Congrès de Versailles, pour faire le bilan de l'application de celui-ci en France, un an après sa promulgation.

Première rencontre liturgique :
le Motu Proprio Summorum Pontificum en France, bilan et perspectives.



Un an après la promulgation du Motu Proprio Summorum Pontificum, notre Très Saint Père le Pape Benoît XVI a souhaité revenir sur la nécessité de trouver des "solutions satisfaisantes pour tous, afin que la tunique sans couture du Christ ne se déchire pas d'avantage". "Nul n'est de trop dans l'Eglise. Chacun, sans exception, doit pouvoir s'y sentir chez lui, et jamais rejeté" a-t-il ajouté, s'adressant à l'assemblée des évêques de France à Lourdes.


C'est dans cet esprit d'unité que souhaitent œuvrer les nombreux groupes de fidèles initiateurs de la rencontre qui aura lieu
le dimanche 28 septembre à 14h30 au Palais des Congrès de Versailles (entrée gratuite, garderie assurée).

Ces fidèles catholiques, majoritairement issus de la « génération JMJ », indépendants de toute association ou communauté religieuse et respectueux de leurs pasteurs, sont profondément attachés à la forme extraordinaire de l'unique rite romain. Ils demandent son application large et généreuse dans leurs paroisses afin que s'y engage une sincère réconciliation entre tous les fidèles et appellent tous les catholiques de bonne volonté à se joindre à eux à l'occasion de ce grand événement.


C'est par votre présence active que nous pourrons témoigner que partout de nombreuses familles veulent vivre leur Foi catholique, en union avec le Saint Père, au rythme de la forme extraordinaire du rite romain.

Parmi les nombreux intervenants, s'exprimeront notamment :

Le Père Michel Lelong, Père Blanc
Le Père Yvon Aybram, curé de la paroisse de Saint Cloud (diocèse de Nanterre) et vicaire épiscopal en charge de l'application du Motu proprio dans le diocèse de Nanterre
Monsieur l'Abbé Claude Barthe, écrivain et liturgiste
Monsieur l'Abbé Dominique Schubert, curé de Saint-Germain l'Auxerrois (diocèse de Paris)
Monsieur Philippe Maxence, rédacteur en chef de l'Homme Nouveau
Monsieur Daniel Hamiche, journaliste
Monsieur Luc Perrin, Professeur à la faculté d'Histoire de Strasbourg, spécialiste de l'Histoire de l'Eglise
Ainsi que des fidèles laïcs de différents diocèses.


Contacts : cmp78@laposte.net
Claire Le Roux : 06.71.09.58.52
Louis de Lestang : 06.85.40.34.45


Vous pouvez nous soutenir par vos prières et par vos dons à l'ordre de "Motu Proprio" à adresser à :
Motu Proprio, 25 rue neuve Notre Dame, 78000 Versailles -
reçu fiscal sur demande (il ne nous manque plus que 3.500 € pour boucler notre budget de 7.500 € - merci par avance de votre générosité, qui permettra aux familles organisatrices de ne pas supporter seules les frais de cette rencontre).

P.S. Merci de diffuser largement !


Pour nous contacter: info@motuproprioiledefrance.com

Vous savez où je serais dimanche prochain.

PS: On m'indique que le père Leborgne, vicaire général du diocèse de Versailles participera également au colloque.

PS 2: Voici un message de Mgr Aumonier. Via St Michel.



Voir les commentaires

Rédigé par Polydamas

Publié dans #Religion

Repost0

Publié le 22 Septembre 2008



Et pour les réacs, que le terme "écologie de l'homme" chagrinerait, je rappelle que ce sont les mots du pape Benoit XVI en personne, dans son discours de Décembre 2006, à l'occasion de la Journée Mondiale pour la Paix.

Il avait tenu alors les propos suivants:


« En plus de l’écologie de la nature, écrit Benoît XVI, il y a donc une ‘écologie’ que nous pourrions appeler ‘humaine’, qui requiert parfois une ‘écologie sociale’. Et cela implique pour l’humanité, si la paix lui tient à cœur, d’avoir toujours plus présents à l’esprit les liens qui existent entre l’écologie naturelle, à savoir le respect de la nature, et l’écologie humaine. L’expérience montre que toute attitude irrespectueuse envers l’environnement porte préjudice à la convivialité humaine, et inversement. Un lien indissoluble apparaît toujours plus clairement entre la paix avec la création et la paix entre les hommes. L’une et l’autre présupposent la paix avec Dieu. La poésie-prière de saint François, connue aussi comme ‘le Cantique de Frère Soleil’, constitue un exemple admirable - toujours actuel - de cette écologie multiforme de la paix ».


Voir les commentaires

Rédigé par Polydamas

Publié dans #Pro-vie

Repost0

Publié le 20 Septembre 2008

undefined

Vu sur les Indégivrables...

undefined

Et pour ceux qui veulent rire de tout ce bazar, c'est par là.


Voir les commentaires

Rédigé par Polydamas

Publié dans #Humour

Repost0

Publié le 19 Septembre 2008

A l'heure où j'écris, l'indice phare des valeurs parisiennes se reprend de plus de 9% depuis la clôture de la séance d'hier. L'annonce d'un plan de sauvetage de la part des autorités américaines, et la suspension des opérations de vente à découvert a obligé tous les parieurs à la baisse à clôturer leurs positions créant un mouvement massif de rachat, mouvement qui est la cause de cette hausse impressionnante, et probablement la première de toute l'histoire.

Je n'ai pas grand-chose à rajouter par rapport à mes précédents billets sur la question de la crise, on est désormais face à une restructuration de grande ampleur de la finance mondiale. Lehman Brothers qui avait, semble-t-il tardé à épurer ses comptes, en a payé le prix lourd, personne ne souhaitant la racheter, au plus fort de la crise. AIG, premier assureur mondial, aurait, par sa chute, facilement déclenché un krach systèmique, le gouvernement américain a décidé de le nationaliser en catastrophe. Oui, c'est une forme de privatisation des bénéfices et de socialisation des pertes (quoi que cette phrase demanderait à être relativisée, il n'est pas interdit que l'Etat fasse du bénéfice sur la revente d'AIG lorsque la situation se sera calmée).

L'interprétation la plus classique de cette crise consiste à dire que les intervenants n'ont pas été assez contrôlés, qu'ils étaient livrés à eux-mêmes dans la plus grande anarchie. C'est une vision qui se défend, mais qui oublie certaines fautes de la part des régulateurs.

En effet, une tribune, dans les Echos, rappelle la problèmatique de la "fair value", dont on a beaucoup parlé lors de son introduction, il y a de cela quelques années. En résumé, la fair value, c'est la valorisation des actifs dans un bilan comptable au prix du marché, c'est à dire au prix traité à l'instant de l'arrêté comptable. Ce qui suppose, pour la majorité des outils et produits dérivés, qu'il y ait eu au moins une transaction au moment de cet arrêté.

Or, sur les produits spécialisés, très peu liquides, il arrive, dans le type de situations exceptionnelles qu'on vit actuellement, qu'il n'y ait plus une seule transaction pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois. La valorisation de ces produits est donc très difficile, voire impossible, à réaliser. Pourtant l'actif sous-jacent ne vaut pas rien, il n'est pas sans valeur, c'est juste que l'on est incapable d'en avoir une valeur représentative.

On s'en doutait, et les auteurs de l'article l'affichent sans crainte, la notion de fair value n'a pas été introduite en pensant aux mouvements excessifs de marchés (ce qui dénote une méconnaissance grave du fonctionnement des marchés, qui sont toujours, quoi qu'il arrive, toujours excessifs, à la hausse comme à la baisse):

Il est vrai que les méthodes envisagées par le document de consultation de l'IASB (« Discussion Paper - Fair Value Measurements », publié en novembre 2006), reprenant la norme américaine FAS 157, n'ont pas prévu cette situation de stress extrême causé par une chaîne de comportements inhabituels des acteurs du marché. Pour autant, la solution ne peut être de refuser l'exercice d'évaluation, la révélation des risques, ou la comptabilisation au bilan d'actifs dont l'établissement assume tout ou partie du risque, même s'ils ont été logés dans des véhicules supposés « déconsolidants ».

Non, la solution n'est pas de refuser l'évaluation, mais est-elle pour autant de renvoyer la valeur d'un marché en train de paniquer ? Même si la valeur d'acquisition n'est pas optimale, ne peut-on imaginer une sorte de moyenne des derniers prix observés, sur plus ou moins longue période pour valoriser tous les actifs ? L'impératif de fidélité de la comptabilité justifie-t-il qu'on intègre les valeurs les plus aberrantes ?

On peut lire également:

Les pertes définitives, pour partie encore non localisées, ne seront connues que plus tard. Cela ne justifie pas de créer une opposition entre « pertes comptables » et « pertes réelles ». Mais il est bien sûr nécessaire de communiquer sur les méthodes de valorisation retenues, leurs incertitudes et la sensibilité des estimations qui en résultent.

Je me marre, je me gausse, je m'esclaffe, je hurle de rire. Comme si les investisseurs, lors de publications catastrophiques de résultats, regardaient la manière dont on avait valorisé tous les produits exotiques et dérivés. Ils n'en ont rien à cirer, ils font ce qu'ils ont à faire, ils vendent, point barre. Il est intéressant de constater la profonde méconnaissance du marché de ceux en charge des normes comptables.

On voit resurgir à propos de cette crise les critiques sur la comptabilisation à la juste valeur, accusée de créer de la volatilité et d'engendrer un risque systémique. Il convient tout d'abord de rappeler que l'évaluation d'un instrument financier à sa valeur - par opposition à son coût historique figé, souvent nul s'agissant de dérivés - est un révélateur, et non un facteur, de volatilité.


Effectivement, au prime abord, la "fair value" comptable n'est qu'un révélateur. Mais dans un second temps, elle peut accentuer la volatilité sur les titres des entreprises affichant cette fair value. Et si l'on combine cela avec les ratios prudentiels s'appliquant aux institutions financières, obligeant celle-ci à se recapitaliser, à retrouver de l'argent au cas où elle constaterait des pertes affectant ces ratios, on obtient une spirale vicieuse, due pour une bonne part à la régulation.

Lorsque les intervenants, en ce moment en pleine panique, regardent les comptes des institutions financières, qui reflètent leur propre détresse, puisqu'ils intègrent des valorisations excessives à la baisse, ils paniquent encore davantage, d'autant qu'ils savent que ces institutions devront faire appel à eux pour obtenir de l'argent frais. Le prix retenu pour la valorisation des actifs étant déjà frappé par les excès des intervenants, on les accroit en leur présentant des comptes reflètant cette panique. On comprend donc qu'en les analysant, les acteurs, n'ayant pas la sagesse et la volonté de comprendre cet enchainement, se précipite donc sur la vente des titres.

Pour rappel, l'affaire Executive Life avait mise aux prises les Français et les Américains parce qu'une filiale de Pinault avait racheté pour une bouchée de pain en 1991, des montants importants de "junk bonds", d'obligations pourries dont personne ne voulait, mais qui quelques années plus tard, ont été revendues avec un profit pharaonique. Nul doute que certains vont se faire un plaisir de racheter pour rien nombre de fonds subprimes, qui, bien que connaissant un taux de défaut important, vont servir à leurs propriétaires un rendement des plus intéressants. C'est au pire des crises que l'on fait les meilleures affaires, ceux qui ont acheté des actions hier se frottent certainement les mains de constater l'évolution du marché aujourd'hui. Cela montre aussi qu'une valorisation instantanée n'a pas grand sens sur certains produits.

Je ne cherche pas à exonérer les fautes de certaines institutions financières américaines, qui n'ont eu que ce qu'elles méritaient. Il faut être cinglé pour corréler le montant d'un emprunt immobilier, puis de consommation, à la valeur d'un bien immobilier en hausse. Ce système fonctionne tant que le prix monte mais se grippe sérieusement lorsque le prix baisse. Cependant, ces produits ne représentant qu'une faible part des crédits totaux engagés dans le monde, il a fallu bien d'autres facteurs pour aggraver la situation. Et parmi ceux-ci, il ne faut pas oublier la "fair value".

PS : A noter tout de même que la réaction de la FED fut exemplaire, évitant un nouveau 1929.

PS2 : Enfin, philosophiquement, plus j'y réfléchis, plus j'estime que les régulateurs font comme si les intervenants étaient complètement rationnels. Or, la moindre journée de bourse vous démontre le contraire, les acteurs, surtout en matière d'argent sont complètement irrationnels.

PS3 : Si vous ne savez pas quoi faire avec votre argent, il faut lire Econoclaste. Même si je ne partage pas vraiment son avis sur les gérants de patrimoine. :-)

PS4: Je ne suis pas tout seul à penser que c'est aussi une crise de la surréglementation.


Voir les commentaires

Rédigé par Polydamas

Publié dans #Finance

Repost0

Publié le 15 Septembre 2008

"In principio erat verbum
Et Verbum erat apud Deum et Deus erat Verbum"

Jean 1, 1.

"Au commencement était le Verbe,
et le Verbe était auprès de Dieu, et le verbe était Dieu."


C'est par ces mots que Benoit XVI a dédicacé le livre d'or de l'Institut de France. Mots qui entament le dernier évangile, dans le rit tridentin, dont je vous invite à parcourir une version commentée ici.

Pourquoi est-ce important ? Le pape en donne justement l'explication dans son discours à la culture au collège des Bernardins, qu'il faut lire et relire. Ce texte reprend les fondamentaux de la relation entre foi et raison, point par point, de façon excessivement claire. C'est un cours sur les origines de l'Europe, sur les relations entre la foi et la raison, bref, sur les racines de la culture, à nul autre pareil.

Il souligne ce que tout homme cultivé sait parfaitement, l'Europe doit tout à la chrétienté, et aux moines qui l'ont construite, défrichée, spirituellement et matériellement. Leur foi était le principe premier, leur volonté de chercher Dieu était leur seul but. Leur premier objectif fut donc de travailler sur les Ecritures afin de défricher le sens de celles-ci. Ce qui impose un travail sur le texte lui-même.

Cette voie était sa Parole qui, dans les livres des Saintes Écritures, était offerte aux hommes. La recherche de Dieu requiert donc, intrinsèquement, une culture de la parole, ou, comme le disait Dom Jean Leclercq : eschatologie (ici en tant que recherche du principe premier et non pas des fins dernières) et grammaire sont dans le monachisme occidental indissociables l’une de l’autre. Le désir de Dieu comprend l’amour des lettres, l’amour de la parole, son exploration dans toutes ses dimensions.


D'autant que, comme le rappelle Rodney Stark, dans le Triomphe du Christianisme, à la différence des autres religions, le christianisme ne considère pas disposer de la parole de Dieu stricto sensu, celle-ci n'est que recueillie grace à des témoins. Ce qui veut dire que l'on peut réfléchir, discuter, interpréter ce qu'ont voulu signifier ces témoins. Elément que Benoit XVI ne manque pas de préciser.


C’est pourquoi le Catéchisme de l'Eglise catholique peut affirmer avec raison que le christianisme n’est pas au sens classique seulement une religion du livre (cf. n. 108). Le christianisme perçoit dans les paroles la Parole, le Logos lui-même, qui déploie son mystère à travers cette multiplicité. Cette structure particulière de la Bible est un défi toujours nouveau posé à chaque génération. Selon sa nature, elle exclut tout ce qu’on appelle aujourd’hui « fondamentalisme ». La Parole de Dieu, en effet, n’est jamais simplement présente dans la seule littéralité du texte. Pour l’atteindre, il faut un dépassement et un processus de compréhension qui se laisse guider par le mouvement intérieur de l’ensemble des textes et, à partir de là, doit devenir également un processus vital.


Nous pouvons exprimer tout cela d’une manière plus simple : l’Écriture a besoin de l’interprétation, et elle a besoin de la communauté où elle s’est formée et où elle est vécue. En elle seulement, elle a son unité et, en elle, se révèle le sens qui  unifie le tout. Dit sous une autre forme : il existe des dimensions du sens de la Parole et des paroles qui se découvrent uniquement dans la communion vécue de cette Parole qui crée l’histoire.


Ainsi l'évolution de l'histoire, de la science, permet toujours de trouver de nouveaux aspects, de nouveaux éclairages des Ecritures. Les avancées de la philosophie, de la théologie, permettent sans cesse d'approfondir, encore et toujours. Cette confiance dans la raison, dans la capacité interprétative des hommes est confirmée par St Paul:


Il a exprimé de manière radicale ce que signifie le dépassement de la lettre et sa compréhension holistique, dans la phrase : « La lettre tue, mais l’Esprit donne la vie » (2 Co 3, 6). Et encore : « Là où est l’Esprit…, là est la liberté » (2 Co 3, 17). Toutefois, la grandeur et l’ampleur de cette perception de la Parole biblique ne peut se comprendre que si l’on écoute saint Paul jusqu’au bout, en apprenant que cet Esprit libérateur a un nom et que, de ce fait, la liberté a une mesure intérieure : « Le Seigneur, c’est l’Esprit, et là où l’Esprit du Seigneur est présent, là est la liberté » (2 Co 3, 17).

L’Esprit qui rend libre ne se laisse pas réduire à l’idée ou à la vision personnelle de celui qui interprète. L’Esprit est Christ, et le Christ est le Seigneur qui nous montre le chemin. Avec cette parole sur l’Esprit et sur la liberté, un vaste horizon s’ouvre, mais en même temps, une limite claire est mise à l’arbitraire et à la subjectivité, limite qui oblige fortement l’individu tout comme la communauté et noue un lien supérieur à celui de la lettre du texte : le lien de l’intelligence et de l’amour. Cette tension entre le lien et la liberté, qui va bien au-delà du problème littéraire de l’interprétation de l’Écriture, a déterminé aussi la pensée et l’oeuvre du monachisme et a profondément modelé la culture occidentale. Cette tension se présente à nouveau à notre génération comme un défi face aux deux pôles que sont, d’un côté, l’arbitraire subjectif, de l’autre, le fanatisme fondamentaliste.



Le pape rajoute un élément supplémentaire en rappelant que la raison ne peut s'exercer qu'à la lumière de la foi, elle ne peut être centrée sur elle-même, la contrainte de l'amour imposant d'éliminer toutes les constructions trop détachées des réalités de ce monde, trop égocentriques. Ce qui permet de comprendre l'hostilité permanente de l'Eglise envers la stratégie de la "table rase".


Si la culture européenne d’aujourd’hui comprenait désormais la liberté comme l’absence totale de liens, cela serait fatal et favoriserait inévitablement le fanatisme et l’arbitraire. L’absence de liens et l’arbitraire ne sont pas la liberté, mais sa destruction.


Et ce lien de l'amour est l'éclairage qui doit guider notre action.
"Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimé."
"Science sans conscience n'est que ruine de l'âme."
Les formules rappelant ce principe sont nombreuses. L'abondance des rappels de la nécessité de l'amour montre tout le danger qu'il y a à refuser tout lien toute contrainte, toute attache. La liberté pure aboutit au non-sens, l'être ne peut chercher en lui-même sa propre justification. Oublier le facteur humain dans le pur raisonnement intellectuel revient à en faire la portion congrue, à faire de l'humain un simple élément que l'on peut modifier à loisir. Raisonnement dont le XXe siècle a pu constater l'effet, en millions de morts.

En passant, Benoit XVI fait également un rappel de l'importance du chant dans la culture catholique, en rappelant la participation des chanteurs aux choeurs angéliques:

Sous ce jour, la Liturgie chrétienne est une invitation à chanter avec les anges et à donner à la parole
sa plus haute fonction.
(...)
Pour saint Benoît, la règle déterminante de la prière et du chant des moines est la parole du Psaume : Coram angelis psallam Tibi, Domine – en présence des anges, je veux te chanter, Seigneur  (cf. 138, 1). Se trouve ici exprimée la conscience de chanter, dans la prière communautaire, en présence de toute la cour céleste, et donc d’être soumis à la mesure suprême : prier et chanter pour s’unir à la musique des esprits sublimes qui étaient considérés comme les auteurs de l’harmonie du cosmos, de la musique des sphères. les moines, par leurs prières et leurs chants, doivent correspondre à la grandeur de la Parole qui leur est confiée, à son impératif de réelle beauté. Il indique ici que la culture du chant est une culture de l’être et que les moines, par leurs prières et leurs chants, doivent correspondre à la grandeur de la Parole qui leur est confiée, à son impératif de réelle beauté. De cette exigence capitale de parler avec Dieu et de Le chanter avec les mots qu’Il a Lui-même donnés, est née la grande musique occidentale.


Propos à rapprocher de la phrase célèbre de St Augustin pour lequel  « Qui bien chante, deux fois prie » ou en moins solennel : "Chanter, c'est prier deux fois".

Enfin, Benoit XVI arrive à la seconde partie de la célèbre sentence bénédictine Ora et Labora (Oraison et Labeur). A l'inverse des Grecs qui considéraient qu'un Dieu immanent ne pouvait se salir les mains à travailler la matière, les chrétiens estiment que le travail est voulu par Dieu.

C’est ainsi que le travail des hommes devait apparaître comme une expression particulière de leur ressemblance avec Dieu qui rend l’homme participant à l’oeuvre créatrice de Dieu dans le monde. Sans cette culture du travail qui, avec la culture de la parole, constitue le monachisme, le développement de l’Europe, son ethos et sa conception du monde sont impensables.


C'est donc à un salutaire rappel auquel se livre Benoit XVI, reprenant de manière extrêmement claire, ce que la culture, dans sa dimension musicale, littéraire, scientifique doit au christianisme. Héritage aujourd'hui renié par les pouvoirs politiques, et par le monde de la culture. Héritage que les musulmans, présents en nombre au collège des Bernardins feraient bien de faire leur, le Coran étant essentiellement prisonnier de la lettre.

Ainsi, dans les quelques mots introduisant l'Evangile de St Jean, le pape présente à l'Institut tout ce que la notion de la parole, du Logos, porte en germes et ses conséquences en Europe. La culture, la liturgie, la musique, le travail, l'enseignement, orientée vers la recherche de Dieu, tout cela fait partie de l'annonce de la bonne nouvelle, le mystère de l'Incarnation, du fondement de la foi, du Logos fait homme, rappelé également dans le dernier Evangile:

Et Verbum caro factum est. Et habitavit in nobis.

Et le Verbe s'est fait chair. Et il a habité parmi nous.


Voir les commentaires

Rédigé par Polydamas

Publié dans #Religion

Repost0

Publié le 12 Septembre 2008

undefined
En espérant que cette visite se déroule de la meilleure façon possible, dans la prière et le recueillement. Votre serviteur va être quelque peu pris ces deux jours, mobilisé qu'il est dans des équipes d'accueil des pélerins.

Vous pouvez suivre en direct, la visite ici ou (Pour ceux qui le connaissent, Michel de Jaeghere est consultant sur LCI).
 
PS (13:20) : Le discours de Benoit XVI à l'Elysée est déjà disponible.

PS 2 : Au fait, St Nicolas du Chardonnet arbore les couleurs du Vatican et a sonné le carillon à toute volée au passage du pape (je l'ai entendu de mes propres oreilles)...

Ps3 : On notera les propos du pape dans l'avion au sujet du Motu Proprio:


Que dites-vous à ceux qui, en France, craignent que le Motu proprio ‘Summorum pontificum’ marque un retour en arrière sur les grandes intuitions du Concile Vatican II ?

C’est une peur infondée parce que ce Motu proprio est simplement un acte de tolérance, dans un but pastoral pour des personnes qui ont été formées dans cette liturgie, l’aiment, la connaissent, et veulent vivre avec cette liturgie. C’est un petit groupe parce que cela suppose une formation en latin, une formation dans une certaine culture. Mais il me semble que c’est exigence normale de la foi et de pastorale pour un évêque de notre Eglise d’avoir de l’amour et de la tolérance pour ces personnes et de leur permettre de vivre avec cette liturgie. Il n’y a aucune opposition entre la liturgie renouvelée par le Concile Vatican II et cette liturgie. Chaque jour (du Concile, ndlr), les pères conciliaires ont célébré la messe selon l’ancien rite et, en même temps, ils ont conçu un développement naturel pour la liturgie dans tout ce siècle car la liturgie est une réalité vivante qui se développe et conserve dans son développement son identité. Il y a donc certainement des accents différents, mais quand même une identité fondamentale qui exclue une contradiction, une opposition entre la liturgie renouvelée et la liturgie précédente. Je pense quand même qu’il y a une possibilité d’un enrichissement des deux parties. D’un côté les amis de l’ancienne liturgie peuvent et doivent connaître les nouveaux saints, les nouvelles préfaces de la liturgie, etc… d’autre part, la liturgie nouvelle souligne plus la participation commune mais, toujours, n’est pas seulement l’assemblée d’une seule communauté mais un acte de l’Eglise universelle, en communion avec tous les croyants de tous les temps, et un acte d’adoration. Dans ce sens, il me semble qu’il y a un enrichissement réciproque et il est clair que la liturgie renouvelée est la liturgie ordinaire de notre temps.





Voir les commentaires

Rédigé par Polydamas

Publié dans #Religion

Repost0