Publié le 30 Janvier 2008

J'ai été touché par ce texte qui, même si il a été écrit par quelqu'un qui se déclare toujours pro-choice, décrit extrêmement bien le choc de l'avortement. Et à côté de cette douleur, ce qui peut se passer à la Société Générale, on s'en fout pas mal.

Texte publié initialement chez Ladiesroom.

(...)

C’est mon bébé, je ne l’ai pas tué, je suis enceinte de 5 mois et maintenant c’est fini, je ne peux plus avorter, personne ne va me dire de tuer mon bébé. Et puis tout retombe d’un coup, parce que chéri, en moins de trois secondes, est sur Internet, pour voir quels pays pratiquent l’avortement à plus de cinq mois. Je le déteste.

(...)

Et je reviens dans l’hôtel, je me cache dans un des salons. Je vois tout le monde courir en bas pour me chercher dans la rue. Mon copain me trouve, il me gueule dessus. Qu’est-ce que je peux être gamine parfois qu’il me dit. J’ai dormi avec lui ce soir-là, et avec sa mère aussi, parce qu’elle ne connaît pas la mienne et veut rester avec son fils. Si seulement elles avaient su, toutes les deux, à quel point cette nuit-là j’aurais voulu pouvoir pleurer librement. Alors je pleure quand même, mais en silence, la main sur mon ventre, en chuchotant à mon bébé que tout ira bien.

(....)

Parce que je me rends compte que c’est dans la clinique de la mort que je me trouve. Où on ne tue pas que des bébés, mais aussi le dernier soupçon de bonheur que peuvent avoir toutes ces filles de mon âge. Qui pleurent elles aussi, avec une cigarette dans la main elles aussi, avec leurs parents stoïques à côté elles aussi. On me donne des cachets pour provoquer des contractions, je ne les prends pas. Je les recrache discrètement. Si je dois tuer mon bébé pour eux, au moins je ne les y aiderai pas.

(...)

On me dit que je peux, mais vite alors. Je cours dehors, je pleure, je supplie, je ne peux pas faire ça. Je le sens bouger, je veux rentrer à la maison, je trouverai un moyen. “C’est rater ta vie que tu veux ? Tu retournes là-bas et plus vite que ça”, qu’elle me dit. Je vois trouble, j’ai trop pleuré. Je regarde autour de moi. Personne ne me regarde, tout le monde pleure ici de toute façon. Alors j’y retoune, en tremblant, en serrant mon ventre aussi. On me fait me lever, on m’emmène au bloc. On me dit d’écarter les jambes, de compter jusqu’à trois.

Je me réveille. Je regarde mon ventre. Où est-ce qu’ils ont mis mon bébé? Il est où?

(....)

Mais je crois que le pire ce fût deux semaines plus tard, chez ma mère, dans la voiture. Qui me dit “Hier au marché, j’ai vu un nouveau-né. Et tu sais, même pour moi c’est dur de ne pas y penser”. Elle n’aurait pas été ma mère, je l’aurais tuée.

Trois ans plus tard, elle ne pleure plus. Mais moi, je ne peux toujours pas voir un nouveau-né sans penser au mien, qui ne naîtra jamais.

 
Edit:  A la demande de l'auteur, qui ne souhaitait pas voir son texte publié ici dans son intégralité, j'ai conservé les passages qui me semblaient les plus intéressants.

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Pro-vie

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Publié le 29 Janvier 2008




Emission Duel sur la 3 de Dimanche dernier. Faut croire que la "réacosphère" est lue par les journalistes, le conservateur y avait eu droit, lui aussi.

Et merci à Lykurgos, Dang, Eponymus, Julius, Cilia, thaïs, le Chafouin de me l'avoir signalé. Par contre, pour revenir sur la vidéo, je suis optimiste, certes, mais pas à court terme, que l'on soit bien clair là-dessus, la situation économique peut parfaitement s'aggraver dans les mois et années à venir.

Bon, on ne va pas non plus se réjouir trop vite, pour le moment, les blogs ne sont guère plus que des micro-trottoirs sans trottoir et sans visage. Ah, et je sors le champagne le jour où ils évoqueront les idées pro-vie...

 

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Entracte

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Publié le 28 Janvier 2008

A ceux qui ne l'auraient pas encore parcouru...

- Bon, les gars, on déconne, on déconne, mais on s'éloigne des vrais problèmes. Qui veut un calva ? J'ai du 80 ans d'âge que je fais venir directement de la ferme. Une rareté.

- Qui a pris les cigares ? Jean-Eudes, faites pas le rat, renvoyez les havanes par ici.

- Messieurs ! Quand vous aurez fini de vous torcher, on en reviendra au sujet du jour. Où est Roger ?

- Aux toilettes, monsieur le président, il a du mal à digérer la purée de céleri.

- Bon, puisque notre directeur financier est malade, je vais moi-même rentrer dans le sujet. Peuf... Peuf... (il allume un cigare). Messieurs, comme je le disais, l'heure est grave. Merci pour le calva, Pierre-Henri. Les calculs faits par ma stagiaire cette nuit montrent que nous avons perdu entre 5 et 9 milliards par la faute de ces gros ploucs d'amerloques.

- Font chier, ces yankees. On ne peut plus faire confiance à personne !

- Silence, Charles-Edouard ! Il est trop tard pour nous lancer dans une analyse de risques approfondie. La question du jour est : qui va porter le chapeau ?

Silence général. Tout le monde se regarde bizarrement.

- Non, ne vous inquiétez pas, on n'en est pas encore à foutre des cadres dirigeants à la porte. Le plan social, on le fera sur les guichetiers, faut pas que déconner. Non, mais sérieusement, faut trouver un clampin à faire dégager rapido. De préférence, un qu'aucun d'entre nous ne connaît, histoire de dire qu'on n'était pas au courant.

- Oui, monsieur le président, mais qui ?

- Je sais pas moi, je suis pas là pout tout faire, non plus. Y a personne que vous voulez virer ? Un trou de balle, un minus, mais avec une bonne gueule de psychopathe, qu'on pourrait montrer à la télé en disant "tout est de sa faute" ?

- Oui, comme les anciens hébreux chargeaient un bouc de leurs péchés avant de l'envoyer dans le désert...

- Charles-Hubert, vous nous les pétez menu avec vos histoires de cureton. C'est pas parce que vous avez passé 15 ans chez les jèzes qu'il faut la ramener à chaque codir. La dernière fois, c'était Saint-Paul à Damas pour illustrer le moment où Bernanke a compris qu'il était dans la merde, et la prochaine fois, vous nous faites quoi ? Sodome et Gomorrhe ? Le Déluge ? Allez, on y va, on me donne un nom.

- Mais, président, on ne les connaît pas, les noms des collaborateurs. On leur parle à peine, et encore, seulement pour les engueuler.

- Bon, OK, je vois, c'est encore moi qui vais tout faire. Pierre-Matthieu, passez-moi votre portable. Le trombi de la boîte, il est où ?

- Ici, monsieur le président.

- Putain, ces tronches de tarés qu'ils ont ! Eh, aux RH, vous avez jamais pensé à donner des consignes, genre "éviter d'embaucher des demeurés" ? Bon, on va pas s'en sortir, je clique au hasard... Tiens, celui-là, Bernard Hurningh, vos en dites quoi ?

- Il est conseiller clientèle à Dôle, monsieur, personne ne croira jamais qu'on a perdu 5 milliards à cause de lui.

- Même en magouillant avec la Suisse ?

- C'est plus ce que c'était, monsieur, la Suisse. Le secret bancaire n'est même plus garanti, ils seraient foutus de nous prouver qu'on raconte des craques.

- Mouais, va falloir taper dans le lourd. Celui-là, Marc Brice, à votre avis ?

- Directeur financier d'une sous-filiale spécialisée dans le prêt agricole, monsieur. C'est la bourse qui craque, pas le marché du purin.

- Faites le malin, Jean-Edouard, foutez-vous de ma gueule. Bon, celui-là, il a une vraie tronche de vainqueur. C'est mon dernier mot, vous vous sortez les doigts du cul et vous me le mouillez à mort. Jean-Gui, en tant qu'ancien membre du cabinet de l'Elysée sous Mitterrand, les barbouzeries, ça vous connaît, non ?

- Oui, on peut magouiller un peu le système informatique, histoire de faire croire qu'il nous a truandés. Faites voir le nom ?

- Kerviel, Jérôme Kerviel. Encore un de ces petits merdeux qui croient qu'ils vont devenir riches parce qu'ils passent des ordres de bourse toute la journée sur leur écran. On dirait des hamsters sous acides, ces branleurs. Allez, celui-là paiera pour les autres.

- Mais, monsieur, 5 milliards sur le dos de ce trou de balle, personne n'y croira jamais !

- Je vous signale, mon petit Charles-Edouard, 80% des français se sont déplacés il y a un peu plus de six mois pour départager une dinde hystérique, et un velléitaire complexé par sa taille, alors vous savez, le sens critique de ces glandus... Bon, on y va. Plan média, bidonnage informatique, communiqué de presse, plan social en backup, je veux tout ça sur mon bureau demain matin. Et vous me supprimerez le coupon de cette année, ça fera les pieds à ces connards d'actionnaires. Quelqu'un reveut du champ', on va se saouler la gueule pour fêter ça...


Vu d'abord chez les PF, mais il semble que l'auteur soit ce blogueur. Seule erreur factuelle, la Société Générale maintient son dividende.

 

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Humour

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Publié le 26 Janvier 2008

Pour comprendre un peu mieux ce qu'il s'est passé, je ne peux que vous recommander, de parcourir ces quelques billets.

- Tout d'abord, l'un de mes anciens billets sur les hedge funds et l'utilité de la spéculation.

- ensuite, quelques éléments d'explication avec Econoclaste:

Nous ne sommes pas face à une activité non surveillée, dans laquelle selon l'imagerie populaire, on laisse agir des individus aux narines remplies de cocaine à leur guise. La vraie question, c'est donc de savoir comment il est possible que les mécanismes de contrôle n'aient pas fonctionné. Il est fort possible que l'économie ne soit pas trop à même de répondre à cette question, mais que la sociologie des organisations soit plus efficace.

Pour cela, il faut savoir que de nombreuses banques françaises ont une organisation assez féodale, avec des castes qui exercent un pouvoir significatif. L'activité de dérivées actions, à la société générale, était à l'origine de la quasi-totalité des bénéfices de la banque; dans de telles conditions, lorsqu'un employé du back-office demande des explications à un trader sur ses opérations, celui-ci peut parfois l'envoyer promener en lui disant "je sais ce que je fais, contente-toi de faire tes comptes".

- Et enfin, un témoignage d'un connaisseur l'intérieur de la banque:

Le trader en question, Jérôme Kerviel, a réussi son coup à partir d'un procédé simple qui consistait à créer dans le système interne de la Société Générale de fausses contreparties, autrement dit de faux clients. Le système en question s'appelle Eliot, c'est le système central du département dérivés actions dans lequel l'ensemble des "deals" sont "bookés". C'est forcément un système très sensible, très contrôlé par différents middle & back offices. Problème, Jérôme Kerviel était issu de ces départements et il a sans doute gardé des logins lui donnant des accès privilégiés à ce système. (j'ai moi-même gardé en tête des codes front de la maîtrise d'ouvrage donnant accès à pas mal de données...) A partir de là, il était facile pour lui de traiter sur les marchés en prenant des positions au nom de la Société Générale, des positions, bien sûr, totalement fictives car sans contreparties....
(...)
Contrairement à ce qu'affirme Elie Cohen dans le Figaro, aussi irréel que cela puisse paraître, cette histoire me paraît tout à fait plausible. Je ne pense pas que ce soit une histoire inventée de toutes pièces par le management pour masquer des pertes liées aux subprimes

A lire également, les commentaires de ce billet, où des anciens de la Société Générale interviennent directement.

 
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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Finance

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Publié le 25 Janvier 2008

Et c'est Rue 89 qui l'affirme. Cela dit, pour écrire un article pareil, on peut se demander à quel titre intervient l'auteur, sachant qu'il n'est pas vraiment représentatif, vue la manière dont Rue 89 avait évoqué la Marche pour la Vie...

Le clergé français ne plaît aux médias que quand il relaye une opinion qui fait consensus. Ainsi, on a bien voulu laisser parler les évêques de France quand ils se sont vivement prononcés contre les tests ADN et pour la défense des droits des personnes immigrées. Mais quand les catholiques, soutenus par leurs évêques, s'élèvent pour dire leur indignation face aux 200000 avortements annuels qui ont lieu dans notre pays, ils ne sont plus dignes que de l'ignorance méprisante des grands médias.
(...)
La "Marche pour la vie" a réuni 2500 personnes selon la police et 20000 selon les organisateurs, chiffre que la dépêche AFP remplaçait curieusement par 10000. Pourtant, cette manifestation n'a trouvé nulle part où être relayée, tout juste daigne-t-on l'aborder sur l'angle de la controverse. On refuse d'amener le débat sur la question fondamentale du bienfondé moral de l'avortement, de savoir si le foetus peut être ou non considéré comme une personne à part entière, mais on insiste sur la présence d'élus du Front national dans le cortège. Au fond, le débat public n'a pas lieu, on le confisque au profit d'un théâtre d'ombre où ne s'opposent que des sensibilités et des préjugés.
(...)
La France comptait, en 2006, 65% de personnes se réclamant du catholicisme. La France est un pays catholique, culturellement et historiquement, le nier serait du pur révisionnisme.
(...)
Je ne demande pas la complaisance, je demande, j'exige, de tous ceux qui s'appellent "journalistes", une plus grande ouverture d'esprit, une plus grande tolérance, une remise en question de leur jugement.

On voit qu'il est étudiant en journalisme. Car je trouve sa demande bien naïve. Mais tout de même, elle valait la peine d'être signalée.

Via le Salon Beige.

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Médias

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Publié le 25 Janvier 2008

L'Alliance pour les Droits de la Vie (qui n'a pas participé à laMarche pour la Vie)  a produit quelques réponses en réplique à la campagne d'affichage du planning familial. 

Pour lire l'article complet, c'est par là.

(...)

De ce geste, ils (le Planning) occultent désormais toute la composante douloureuse, alors que, ces dernières années, le ton des médias sur l’IVG avait perdu de son angélisme, des femmes de plus en plus nombreuses ayant témoigné qu’avorter n’avait rien d’anodin. C’est ce retour en arrière que dénonce l’Alliance pour les Droits de la Vie. Le docteur Xavier Mirabel juge l’affiche « réductrice et déresponsabilisante, passant sous silence les besoins d’aide exprimés par de nombreuses femmes enceintes », et conteste qu’« une collectivité publique puisse cautionner les revendications du Planning » alors que ce dernier n’a pas hésité récemment à se dire « solidaire » du médecin barcelonais incarcéré pour avoir pratiqué des avortements à 8 mois de grossesse en falsifiant les dossiers de ses clientes.

(...)

Faut-il y déceler le baroud d’honneur de féministes historiques désabusées, qui n’arrivent plus à mobiliser et se désolent du désenchantement observé chez les jeunes générations par rapport à la pilule, mais aussi à l’avortement comme symbole de liberté? Mais le Planning intimide toujours les pouvoirs publics, et garde jalousement son territoire. Le numéro d’appel vers lequel les Franciliennes seront encore orientées restera le sien sans qu’une alternative sérieuse leur soit proposée, sans qu’on leur dise la vérité sur l’acte et ses retentissements.

Pour faire avaler la pilule de ses revendications incessantes (avortements plus tardifs, élargissement des critères à des motifs psychosociaux, revalorisation de la rémunération des médecins engagés dans sa pratique…), le Planning recourt à la dialectique du ressentiment. Selon lui – malgré le démenti des chiffres – les Françaises sont empêchées d’avorter, et de le faire à temps. Même la récente autorisation obtenue de Roselyne Bachelot, ministre de la Santé de faire administrer par les Centres de planification l’avortement médicamenteux ouvre un nouveau front d’acrimonie: les femmes seraient sous-informées de cette possibilité.

Maïté Albagly désigne en bouc-émissaire cette « société [où] on culpabilise toujours aujourd’hui les femmes de vouloir avorter », ces dernières étant, selon elle, « perçues comme des femmes irresponsables ou en situation de détresse. » Encore une nouveauté: ce critère de détresse que prétendait poser la loi de 1975 est à ranger aux oubliettes. On veut imposer l’avortement comme indolore quitte à recourir au déni. « Les femmes qui disent regretter leur IVG » rétorquait sur le plateau de LCI le docteur Elisabeth Aubény, une autre féministe historique, « sont des femmes névrosées qui regretteront toujours quelque chose. » Vivement un féminisme alternatif.


Ci-dessous, la vidéo de réponse aux affichages.

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Pro-vie

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Publié le 24 Janvier 2008

Ainsi donc la Société Générale affiche une perte de 4.9 milliards d'euros (soit au cours actuel de l'euro, à peu près 7 milliards de dollars). Cette perte, due semble-t-il, à un seul trader, Jérome Kerviel, la place en tête de toutes les catastrophes financières, que ce soit le récent Amaranth (6 milliards de dollars), le systèmatique LTCM (4.6 milliards de dollars) ou la très médiatique Barings (1.3 miliards de dollars). Au moins la France peut-elle se targuer de dépasser les Etats-Unis en la matière !

Malgré tout, il ne faut pas oublier que, sur l'année 2007, la Société Générale affiche tout de même un bénéfice de 800 millions d'euros. C'est dire si, malgré les subprimes, l'activité de la banque avait été bonne. Par ailleurs, cela n'entame en rien la solidité financière et comptable de l'entreprises, et ne concerne aucunement les comptes qu'elle héberge. On ne peut donc pas comparer cette fraude à la faillite de Northern Rock.

Les positions prises par le trader étaient connues de tous, et ont une ampleur estimée de 40 à 50 milliards d'euros. Inutile de dire qu'avec des montants pareils, il est tout de même étonnant que personne n'ait rien vu ces derniers mois. L'explication officielle de la Société Générale est la suivante. Ancien salarié du contrôle des risques, le trader connaissait parfaitement toutes les procédures de contrôle, et a pu donc créer des couvertures factices, permettant de camoufler des positions qui, elles, étaient bien réelles.

Découvrant vendredi dernier, lors d'un contrôle de routine, l'ampleur des malversations, les responsables du risque de la Société Générale, ont clôturé les positions de la banque lundi dernier, au moment du krach boursier, empirant donc les pertes. Je serais incapable de vous dire si c'est le krach qui a empiré les pertes de la banque, ou si ce sont les ventes de la banque qui ont crée le krach...

Mis à part ce débouclage précipité, cette fraude, dans l'état actuel des informations, ne semblerait avoir qu'un lien éloigné avec les subprimes. D'ailleurs, sur ce plan-là, les provisions passées sont de 2 milliards d'euros, montant plus important qu'attendu, pour une banque française, mais beaucoup moins que les provisions passées dans les banques allemandes.

Ce qui est certain, par contre, c'est que la banque est désormais en position de faiblesse face à un éventuel agresseur. Elle, la première banque mondiale sur les produits dérivés, elle, la banque qui se targuait de maitriser parfaitement le contrôle des risques, perd toute sa réputation dans cette histoire. Or depuis quelques années, le marché attend une fusion de la Société Générale avec l'un de ses concurrents. Son prix, jusque là, élevé pouvant dissuader nombre d'investisseurs, il serait étonnant que le prix de l'action ne tente pas les ardeurs de certains. Depuis son plus haut à 150 €, atteint en Juin dernier, l'action a été divisé par 2.

Bouton avait réussi à repousser l'offre hostile de Michel Pébereau, PDG de BNP, il y a une dizaine d'années. Il est improbable qu'il parvienne à  faire de même pour la prochaine attaque. Proposant ce matin sa démission au conseil d'administration de la banque, celle-ci a été refusée, sans doute pour le laisser en place jusqu'à la vente de la Société Générale. Effectivement, il est aujourd'hui le mieux placé pour négocier une telle opération.

Alors, qui sera le premier à lancer l'OPA ? Les Italiens, via Unicredito ? La BNP, au nom du patriotisme économique ? Ou doit-on s'attendre une alliance afin de dépecer la Société Générale, à la manière de l'offre lancée sur ABN Amro, il y a quelques mois ? Celle-ci ne manquerait pas de logique, le réseau de la Société Générale, très urbain, pouvant intéresser une banque étrangère n'ayant pas de filiale française, et l'activité de marché, leader sur les produits dérivés, pouvant attirer un concurrent français.

La question est donc ouverte, et ne manquera pas d'être passionnante à suivre.

PS: A noter que cette affaire signe l'échec des réglementations bancaires incessantes que ne cessent de pondre nos gouvernants, telles que Bale 2.

 

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Finance

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Publié le 24 Janvier 2008

Un très bon article de Jacques Gravereau. Pour ceux qui auraient encore un peu de mal.

Dans la superbe crise financière qui vient de nous sauter à la figure, l'immobilier américain avec ses subprime a bon dos : ce n'est pas le fond de l'affaire. Toutes les crises financières se ressemblent, seul l'objet change [les tulipes (1637), le sucre (1974), Internet (2001)...]. Le problème, cette fois, est que l'on ne comprend plus rien à la nature et au contenu du papier à financier, tant les acteurs ont fait preuve de créativité et tant les sommes en jeu sont colossales.

Au départ tout est simple. Il s'agit d'élargir l'accès au marché immobilier américain à tous les ménages, même les plus fragiles. Les banques prêtent donc aux dits ménages en créant une prime exceptionnelle (subprime) pour le risque de défaut. Elles vont ainsi détenir dans leurs comptes une quantité de papier, contrepartie de ces prêts risqués, qui sont autant de revenus futurs au fur et à mesure des remboursements supposés. Rien que du potentiel positif donc.

Les banques vont alors construire une fusée à trois étages, de plus en plus gros et opaques. Ces trois étages s'appellent ABS (asset backed securities), CDO (collateralized debt obligations) et SIV (spécial invest-ment vehicles). La clé pour comprendre le problème est le concept de « titrisation » : on amalgame tous les papiers financiers que l'on détient et on compose un gros paquet virtuel découpé par morceaux. Ces morceaux sont revendus à d'autres banques, dotés d'une valeur et d'un cours.

Quatre fois le PIB de la France ! Le premier étage de la fusée est constitué, pour la titrisation, des ABS, apparemment solidement gagées : deux tiers sur des hypothèques immobilières (mais, à quelle valeur réelle ?) et un tiers sur d'autres actifs financiers, comme les cartes de crédit par exemple. Les ABS à elles seules représentent 10 700 milliards de dollars, ce qui donne le vertige (4 fois le PIB de la France !), lorsqu'on sait que le PIB mondial (2007) représente 50.000 milliards de dollars et la masse des dépôts bancaires mondiaux 38.500 milliards de dollars.

C'est là qu'intervient la finance dite « structurée » pour construire le deuxième étage de la fusée. Une banque d'affaires rachète des titres d'ABS et en compose un nouvel assemblage (un bout de subprimes pourries, un bout d'obligations un peu moins mauvaises, un bout de cartes de crédit, etc.) qu'elle empaquette dans un nouvel em-ballage, appelé CDO. Il est le résultat d'une cuisine interne opaque que seuls quelques matheux créatifs comprennent, sans maîtriser les créatures étranges sorties de leurs laboratoires.

Ces banques commencent alors à vendre massivement des CDO, toujours plus sophistiqués, qui se mettent à circuler sur le marché. Leur nombre et leur composition font qu'ils acquièrent une valeur virtuelle magique, à laquelle personne ne comprend plus rien, même les professionnels qui les achètent. Mais dans la sphère financière il est très tendance de fabriquer et d'acheter du CDO, comme des moutons de Panurge. En outre, les agences de notation se mettent à attribuer des notes aux CDO. Or nombre d'entre eux dotés de la meilleure notation contiennent aussi des subprimes pourries : une fois encore, les analystes sont pris la main dans le sac de conflits d'intérêts, sinon d'incompétence. Avec le foisonnement des CDO (400 milliards de dollars émis pour la seule année 2007), on ne sait plus où est le risque, qui détient quoi, qui fait quoi ! Le troisième étage de la fusée est prêt à entrer en action. Il est diabolique.

Pas de rapports fastidieux. La rotation des CDO rapporte énormément d'argent, mais ils sont trop visibles. Les ABS et les CDO ne sont que des instruments. Les banques se mettent donc à créer des « véhicules » d'investissement (SIV), ou « tuyaux » (conduits en américain) domiciliés à droite et à gauche, où elles mettent des tonnes de CDO de toutes sortes. Les SIV sont hors bilan (Enron où es-tu ?), ce qui est commode : pas de rapports fastidieux, pas de ratios Cooke, ces « véhicules » sont contrôlés par la banque sans (techniquement) lui appartenir, ils se refinancent sur le papier commercial à court terme, ils ont le rendement exceptionnel des CDO. Les SIV rappellent furieusement les investment trusts de la crise de 1929... qui avaient explosé dans la tourmente.

C'est l'aubaine du siècle. Tout le monde se rue sur le papier, d'autant plus que les transactions électroniques accélèrent  considérablement la vitesse de circulation des capitaux. Les banques créent du papier supplémentaire pour alimenter la demande, exactement comme pour les assignats. En pleine euphorie, la sphère financière, si l'on peut dire, marche sur la tête. 
  

Cependant, malgré tous les effets négatifs que l'on constate aujourd'hui, il faut bien constater que ces "subprime" ont tout de même permis l'accession à la propriété de nombreux Américains.


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Rédigé par Polydamas

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Publié le 22 Janvier 2008

Sans doute musulmans, juifs et chrétiens ne croient-ils pas en Dieu de la même façon. Mais au fond, qui pourrait contester que c'est bien le même Dieu auquel s'adressent leurs prières ?
Nicolas Sarkozy, discours de Ryad

Votre serviteur le conteste.

Non, ce n'est pas le même Dieu dont il s'agit dans l'Islam, la chrétienté ou le judaïsme. Si encore, on peut comprendre l'erreur en ce qui concerne les juifs et les catholiques, il est impensable d'assimiler Dieu et Allah.

Pourquoi ?

Voilà ce que nous dit le catéchisme du concile de Trente, à propos du Credo.

Je crois en Dieu, le Père tout puissant

Voici le sens de ces paroles: je crois fermement et je confesse sans aucune hésitation Dieu le Père, c’est-à-dire la première Personne de la Sainte Trinité, qui par sa vertu toute puissante a créé de rien le ciel et la terre et tout ce qu’ils renferment, et qui, après avoir tout créé, conserve et gouverne toutes choses.

On observe tout de suite, que dans la notion de Père, c'est la Sainte Trinité auquel le Credo fait référence. Ce qui pose de suite un problème à l'islam. En effet, pour les musulmans eux-même le Dieu trine n'a aucun rapport avec Allah, ils le disent eux-mêmes.

"171. Ô gens du Livre (Chrétiens), n'exagérez pas dans votre religion, et ne dites de Dieu que la vérité. Le Messie Jésus, fils de Marie, n'est qu'un Messager de Dieu, Sa parole qu'Il envoya à Marie, et un souffle (de vie) venant de Lui. Croyez donc en Dieu et en Ses messagers. Et ne dites pas «Trois». Cessez ! Ce sera meilleur pour vous. Dieu n'est qu'un Dieu unique. Il est trop glorieux pour avoir un enfant. C'est à Lui qu'appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre et Dieu suffit comme protecteur .


Mais sur la question, déjà âprement débattue, il m'apparait plus sage de laisser la parole à de brillants théologiens, comme Dom Gérard Calvet.


Les monothéismes adorent-ils le même Dieu ?

    Il semble à première vue que oui. Partons d’une définition du monothéisme : « croyance en un Dieu unique ». Les chrétiens croient en un seul Dieu (Credo in unum Deum), juifs et musulmans croient eux aussi en un Dieu unique. Ne peut-on pas en inférer qu’il s’agisse là d’une notion commune aux trois religions et par conséquent d’une base « œcuménique » de départ ?

    La Trinité des personnes propre à la foi chrétienne se présenterait alors comme une phase ultérieure, tandis que l’unicité de Dieu offrirait une notion commune initiale sur laquelle les adeptes des trois religions pourraient fusionner.

    Le Père Manaranche S.J., dans « Le monothéisme chrétien » (Le Cerf 1985), dénonce vigoureusement cette fausse conception : « De ce fait, la Révélation court le risque de s’ajouter comme un étage à ce rez-de-chaussée indispensable : la Trinité n’influe pas vraiment sur l’Unité, elle ne conduit pas à la repenser de fond en comble. D’où la tendance des apologistes à faire bon marché de la différence chrétienne au nom d’un œcuménisme de courtoisie… ou d’impatience. » (page 18) À la fin de son ouvrage l’auteur poursuit : « Il est impossible pour la chrétienté de penser une divinité hors du jeu de la charité par lequel elle se communique : elle n’existe pas sans le don (d’amour) qu’elle fait d’elle-même et qui est elle-même. Ce qui, en nous, est séparé coïncide en Dieu. » (page 226) Le « Dieu naturel » supposé commun aux « trois religions monothéistes » est un être de raison, une conception purement humaine sans fondement dans la réalité, un Dieu qui n’existe que dans l’esprit de l’homme. À l’appui de cette thèse, le Père Manaranche cite l’orthodoxe Jean Zizoulias : « Il serait impensable de parler du « Dieu un » avant de parler du Dieu qui est « communion », c’est-à-dire de la Sainte Trinité. La Sainte Trinité est un concept ontologiquement primordial et non une notion qui s’ajoute à la substance divine. » (page 227)

    Sans doute les manuels de théologie sont bien obligés, pour la clarté du discours, d’étudier séparément le Dieu un et le Dieu trine, mais il ne faut pas que les exposés donnent l’impression que la Trinité est « un correctif ajouté après coup à l’unité divine ». Elle n’est pas « un ajout secondaire ou facultatif ». La Trinité des personnes est l’essence divine. Loin d’être une notion accidentelle, la Trinité est la façon inouïe, unique, inimitable qu’a Dieu d’être un.

En ce sens, il faut bien comprendre que la Trinité n'est pas une qualité de Dieu, mais bien son essence même. C'est là toute la différence, tout ce qui caractérise et distingue le catholicisme des autres religions.

Avec les Juifs, le problème est similaire dans le sens où en refusant le Christ, ils refusent également la nature trinitaire de Dieu. Partant, puisqu'ils reconnaissent Dieu, mais qu'ils refusent de croire que le Christ est la seconde personne de la Ste Trinité, on est contraint de reconnaitre que ce n'est pas le même Dieu auquel les Juifs et les catholiques font référence.

Or ces distinctions vont directement à l'encontre de ce que l'oecuménisme de Vatican II nous a pondu, comme le confirme la déclaration suivante :

"L'eglise regarde aussi avec estime les musulmans, qui adorent le dieu Un, vivant et subsistant, miséricordieux et tout-puissant, créateur du ciel et de ta terre, qui a parlé aux hommes."

(Déclaration sur l'eglise et les religions non chrétiennes, de Vatican II)

Partant, il est compréhensible que certains traditionnalistes ne souhaitent pas bouger de cette position et ne veulent pas reconnaitre l'oecuménisme de Vatican II, qui s'oppose frontalement à toute la théologie catholique enseignée depuis 1500 ans.


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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Religion

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Publié le 22 Janvier 2008

On me communique, de la part de Virginie Mercier, du collectif 30 ans, ça suffit:

Bonsoir à tous,
 
Ce petit mail pour vous informer que je serai mardi soir l'invitée de Marc-Olivier Fogiel dans l'émission "t'empêche tout le monde de dormir" sur M6 à partir de 22h50.

Je participerai à un débat aux côtés de Madame Marie-Laure Breval de l'ANCIC sur la campagne pro-avortement lancée par le Planning Familial, le MPLF et l'ANCIC;la tâche est rude mais il est fantastique d'avoir l'opportunité de prendre une revanche médiatique sur dimanche.

Je compte sur vos prières et votre soutien par la pensée. N'hésitez pas à adresser des sms qui sont diffusés, en direct à l'antenne, afin de faire savoir aux téléspectateurs que la cause pro-vie a encore beaucoup de défenseurs!

A bientôt
Virginie

PS: Sa présence, ainsi que celle du planning, ne sont pas annoncées sur le programme de l'émission.

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Pro-vie

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