Publié le 30 Janvier 2008

J'ai été touché par ce texte qui, même si il a été écrit par quelqu'un qui se déclare toujours pro-choice, décrit extrêmement bien le choc de l'avortement. Et à côté de cette douleur, ce qui peut se passer à la Société Générale, on s'en fout pas mal.

Texte publié initialement chez Ladiesroom.

(...)

C’est mon bébé, je ne l’ai pas tué, je suis enceinte de 5 mois et maintenant c’est fini, je ne peux plus avorter, personne ne va me dire de tuer mon bébé. Et puis tout retombe d’un coup, parce que chéri, en moins de trois secondes, est sur Internet, pour voir quels pays pratiquent l’avortement à plus de cinq mois. Je le déteste.

(...)

Et je reviens dans l’hôtel, je me cache dans un des salons. Je vois tout le monde courir en bas pour me chercher dans la rue. Mon copain me trouve, il me gueule dessus. Qu’est-ce que je peux être gamine parfois qu’il me dit. J’ai dormi avec lui ce soir-là, et avec sa mère aussi, parce qu’elle ne connaît pas la mienne et veut rester avec son fils. Si seulement elles avaient su, toutes les deux, à quel point cette nuit-là j’aurais voulu pouvoir pleurer librement. Alors je pleure quand même, mais en silence, la main sur mon ventre, en chuchotant à mon bébé que tout ira bien.

(....)

Parce que je me rends compte que c’est dans la clinique de la mort que je me trouve. Où on ne tue pas que des bébés, mais aussi le dernier soupçon de bonheur que peuvent avoir toutes ces filles de mon âge. Qui pleurent elles aussi, avec une cigarette dans la main elles aussi, avec leurs parents stoïques à côté elles aussi. On me donne des cachets pour provoquer des contractions, je ne les prends pas. Je les recrache discrètement. Si je dois tuer mon bébé pour eux, au moins je ne les y aiderai pas.

(...)

On me dit que je peux, mais vite alors. Je cours dehors, je pleure, je supplie, je ne peux pas faire ça. Je le sens bouger, je veux rentrer à la maison, je trouverai un moyen. “C’est rater ta vie que tu veux ? Tu retournes là-bas et plus vite que ça”, qu’elle me dit. Je vois trouble, j’ai trop pleuré. Je regarde autour de moi. Personne ne me regarde, tout le monde pleure ici de toute façon. Alors j’y retoune, en tremblant, en serrant mon ventre aussi. On me fait me lever, on m’emmène au bloc. On me dit d’écarter les jambes, de compter jusqu’à trois.

Je me réveille. Je regarde mon ventre. Où est-ce qu’ils ont mis mon bébé? Il est où?

(....)

Mais je crois que le pire ce fût deux semaines plus tard, chez ma mère, dans la voiture. Qui me dit “Hier au marché, j’ai vu un nouveau-né. Et tu sais, même pour moi c’est dur de ne pas y penser”. Elle n’aurait pas été ma mère, je l’aurais tuée.

Trois ans plus tard, elle ne pleure plus. Mais moi, je ne peux toujours pas voir un nouveau-né sans penser au mien, qui ne naîtra jamais.

 
Edit:  A la demande de l'auteur, qui ne souhaitait pas voir son texte publié ici dans son intégralité, j'ai conservé les passages qui me semblaient les plus intéressants.

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Pro-vie

Publié le 29 Janvier 2008




Emission Duel sur la 3 de Dimanche dernier. Faut croire que la "réacosphère" est lue par les journalistes, le conservateur y avait eu droit, lui aussi.

Et merci à Lykurgos, Dang, Eponymus, Julius, Cilia, thaïs, le Chafouin de me l'avoir signalé. Par contre, pour revenir sur la vidéo, je suis optimiste, certes, mais pas à court terme, que l'on soit bien clair là-dessus, la situation économique peut parfaitement s'aggraver dans les mois et années à venir.

Bon, on ne va pas non plus se réjouir trop vite, pour le moment, les blogs ne sont guère plus que des micro-trottoirs sans trottoir et sans visage. Ah, et je sors le champagne le jour où ils évoqueront les idées pro-vie...

 

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Entracte

Publié le 28 Janvier 2008

A ceux qui ne l'auraient pas encore parcouru...

- Bon, les gars, on déconne, on déconne, mais on s'éloigne des vrais problèmes. Qui veut un calva ? J'ai du 80 ans d'âge que je fais venir directement de la ferme. Une rareté.

- Qui a pris les cigares ? Jean-Eudes, faites pas le rat, renvoyez les havanes par ici.

- Messieurs ! Quand vous aurez fini de vous torcher, on en reviendra au sujet du jour. Où est Roger ?

- Aux toilettes, monsieur le président, il a du mal à digérer la purée de céleri.

- Bon, puisque notre directeur financier est malade, je vais moi-même rentrer dans le sujet. Peuf... Peuf... (il allume un cigare). Messieurs, comme je le disais, l'heure est grave. Merci pour le calva, Pierre-Henri. Les calculs faits par ma stagiaire cette nuit montrent que nous avons perdu entre 5 et 9 milliards par la faute de ces gros ploucs d'amerloques.

- Font chier, ces yankees. On ne peut plus faire confiance à personne !

- Silence, Charles-Edouard ! Il est trop tard pour nous lancer dans une analyse de risques approfondie. La question du jour est : qui va porter le chapeau ?

Silence général. Tout le monde se regarde bizarrement.

- Non, ne vous inquiétez pas, on n'en est pas encore à foutre des cadres dirigeants à la porte. Le plan social, on le fera sur les guichetiers, faut pas que déconner. Non, mais sérieusement, faut trouver un clampin à faire dégager rapido. De préférence, un qu'aucun d'entre nous ne connaît, histoire de dire qu'on n'était pas au courant.

- Oui, monsieur le président, mais qui ?

- Je sais pas moi, je suis pas là pout tout faire, non plus. Y a personne que vous voulez virer ? Un trou de balle, un minus, mais avec une bonne gueule de psychopathe, qu'on pourrait montrer à la télé en disant "tout est de sa faute" ?

- Oui, comme les anciens hébreux chargeaient un bouc de leurs péchés avant de l'envoyer dans le désert...

- Charles-Hubert, vous nous les pétez menu avec vos histoires de cureton. C'est pas parce que vous avez passé 15 ans chez les jèzes qu'il faut la ramener à chaque codir. La dernière fois, c'était Saint-Paul à Damas pour illustrer le moment où Bernanke a compris qu'il était dans la merde, et la prochaine fois, vous nous faites quoi ? Sodome et Gomorrhe ? Le Déluge ? Allez, on y va, on me donne un nom.

- Mais, président, on ne les connaît pas, les noms des collaborateurs. On leur parle à peine, et encore, seulement pour les engueuler.

- Bon, OK, je vois, c'est encore moi qui vais tout faire. Pierre-Matthieu, passez-moi votre portable. Le trombi de la boîte, il est où ?

- Ici, monsieur le président.

- Putain, ces tronches de tarés qu'ils ont ! Eh, aux RH, vous avez jamais pensé à donner des consignes, genre "éviter d'embaucher des demeurés" ? Bon, on va pas s'en sortir, je clique au hasard... Tiens, celui-là, Bernard Hurningh, vos en dites quoi ?

- Il est conseiller clientèle à Dôle, monsieur, personne ne croira jamais qu'on a perdu 5 milliards à cause de lui.

- Même en magouillant avec la Suisse ?

- C'est plus ce que c'était, monsieur, la Suisse. Le secret bancaire n'est même plus garanti, ils seraient foutus de nous prouver qu'on raconte des craques.

- Mouais, va falloir taper dans le lourd. Celui-là, Marc Brice, à votre avis ?

- Directeur financier d'une sous-filiale spécialisée dans le prêt agricole, monsieur. C'est la bourse qui craque, pas le marché du purin.

- Faites le malin, Jean-Edouard, foutez-vous de ma gueule. Bon, celui-là, il a une vraie tronche de vainqueur. C'est mon dernier mot, vous vous sortez les doigts du cul et vous me le mouillez à mort. Jean-Gui, en tant qu'ancien membre du cabinet de l'Elysée sous Mitterrand, les barbouzeries, ça vous connaît, non ?

- Oui, on peut magouiller un peu le système informatique, histoire de faire croire qu'il nous a truandés. Faites voir le nom ?

- Kerviel, Jérôme Kerviel. Encore un de ces petits merdeux qui croient qu'ils vont devenir riches parce qu'ils passent des ordres de bourse toute la journée sur leur écran. On dirait des hamsters sous acides, ces branleurs. Allez, celui-là paiera pour les autres.

- Mais, monsieur, 5 milliards sur le dos de ce trou de balle, personne n'y croira jamais !

- Je vous signale, mon petit Charles-Edouard, 80% des français se sont déplacés il y a un peu plus de six mois pour départager une dinde hystérique, et un velléitaire complexé par sa taille, alors vous savez, le sens critique de ces glandus... Bon, on y va. Plan média, bidonnage informatique, communiqué de presse, plan social en backup, je veux tout ça sur mon bureau demain matin. Et vous me supprimerez le coupon de cette année, ça fera les pieds à ces connards d'actionnaires. Quelqu'un reveut du champ', on va se saouler la gueule pour fêter ça...


Vu d'abord chez les PF, mais il semble que l'auteur soit ce blogueur. Seule erreur factuelle, la Société Générale maintient son dividende.

 

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Humour