Qu'est ce qu'on rigole !

Publié le 8 Octobre 2009

Cette modernité n'a pas fini de nous faire  étaler au grand jour ses contradictions les plus hallucinantes. C'est un régal tellement c'est beau. On se pince pour se persuader qu'on ne rêve pas, devant un tel ramassis d'âneries, de contradictions flagrantes, de mauvaise foi affirmées, de fausses vertus outragées.

S'accumulent ainsi les dossiers:
- la cohorte médiatique qui prend fait et cause pour Polanski dont on connaissait depuis longtemps les problèmes juridiques. Mitterrand qui le défend et s'étonne d'être inclu dans le sac, attaqué par le FN et par la gauche, celle-ci étant trop heureuse de tenir le gouvernement par un endroit on ne peut plus sensible.
- les divers contre les gays. Une équipe de foot musulmane qui refuse de jouer contre une équipe d'homosexuels, ça fleure bon la bataille communautaire
- Romero qui, parlant d'une loi sur l'euthanasie, évoque une loi de vie, de respect, d'estime pour les vivants. On en rirait à gorge déployée si ce n'était pas aussi dramatique.

Mitterrand ; fantastique, cette histoire.

A la suite de ses propos défendant Polanski, le FN sort une pétition demandant sa démission. J'ai l'impression qu'il agit sur l'initiative des différents sites qu'Arrêt sur Images, estimant que le mot réacosphère n'était pas assez connoté, a décidé de rebaptiser "fachosphère". Marine le Pen n'avait plus qu'à sortir le scoop sur Mots Croisés. C'est là où on s'aperçoit du rôle important des sites de réinformation, qui permettent de sortir des infos, de faire des rapprochements utiles. Ensuite, ça prend ou ça ne prend pas, mais le travail est fait, ça justifie les longues heures de surf et de labeur. Ça vaut pour l'affaire du bus, mais aussi pour Mitterrand. Au passage, très utile, Rutube...

On rigole quand on voit Cohn-Bendit reprochant à Hamon ses propos (faut-il lui rappeler quelques passages un peu crus ?), pendant que Cecile Duflot, porte-parole des verts, prend la posture inverse. Elle demande que le ministre s'explique, mais qui rappelle qu'il ne faut pas confondre pédophilie et homosexualité. Tout le monde aura noté l'impératif urgence de ce rappel, à l'heure de Polanski et de Mitterrand, l'homophobie étant évidemment la priorité des priorités. Qu'elle ne se prive surtout pas de faire bénéficier de ses lumières nos amis musulmans joueurs de foot qui, visiblement, n'en ont rien à cirer.

On rigole quand on entend que le président de la République a apprécié le bouquin de Mitterrand, alors qu'il est infoutu de lire son propre livre. Je veux bien croire au père Noël, mais ça, c'est quand même beaucoup trop gros, les énarques pondeurs de notes ont visiblement mal fait leur boulot, ils ne lui ont pas tout dit sur les côtés sulfureux du personnage. On apprend qu'un syndicat de police rentre également dans la danse, en demandant qu'une enquête préliminaire soit ouverte, ce qui risque d'infirmer prochainement les propos de Darcos, qui disait que pour le moment, "aucun juge" n'était aux trousses du neveu de Tonton. On rigole quand on entend Xavier Bertrand faire des pieds et des mains pour rejeter la faute sur le FN, sans d'autres arguments que "c'est une attaque basse". Waouh, ça fait peur.

On rigole quand on constate que Jean-Marie Colombani, pontifiant sur Slate.fr, regrette la curée en train de s'abattre sur Mitterrand. Hé, mon gars, tu n'as pas été justement le veneur en chef, celui qui sonnait l'hallali, lorsqu'il fallait abattre des partis non conformes à tes idéaux démocratiques et bien-pensants quand tu étais à la tête de l'Immonde ? En gros si je pige bien, ces méthodes sont valables quand il s'agit de lutter contre les réacs, mais pas lorsqu'il s'agit de faire tomber un ministre homosexuel ? Pauvre chéri, je vais verser une larme, tiens.

On rigole quand on lis ici et là qu'on parle de "la vérité de Mitterrand", de "sa vérité". Indépendamment du fait que je n'ai jamais entendu cet argument appliqué à quiconque aurait le malheur de mal-penser, il est quand même amusant de découvrir ce deux poids, deux mesures appliqués aux grands de ce monde. C'est tellement insupportable que les commentaires s'en ressentent partout, que ce soit sur l'affaire Polanski ou sur Mitterrand, dont le comportement est stipendié par une majorité d'internautes. Après tout, je vois pas pourquoi le criminel du coin n'aurait pas droit, lui aussi, à "sa vérité".

On rigole jaune quand on se rappelle qu'un ministre comme Gaymard a demissionné pour beaucoup moins que ça. Mais Gaymard n'était pas homo, n'était pas un ancien de la gauche, n'était pas une icône de la culture, était le gendre du Dr Lejeune, et avait 8 enfants. Largement assez pour sauter.

Mais on rigole surtout  quand on imagine la tête de Sarkozy. A force de prêcher l'ouverture, voilà qu'il se retrouve collé avec des germanopratins ambigus, en contradiction flagrante avec tout ce qu'il a préché durant sa campagne présidentielle. Voilà un boomerang du meilleur effet. Et mérité.

A force de chercher les noises, on finit par les trouver.

PS: A lire LBDD dans ses oeuvres.

PS  2:



Rédigé par Polydamas

Publié dans #Société

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panouf 11/10/2009 21:50


Cette histoire me dégoute, à tl popint que je ne peux meme pas en rire...
Et je suis SUR que miterrand ne va démissioner... Pauvre France.


Mad jurist 10/10/2009 01:31


On pourrait ajouter que le neveu de tonton qui se veut libéré est - et c'est ce qu'il reproche à ses adversaires et en cela la situation ne manque pas de saveur - rempli de préjugés. Il énonce d'un
ton doctoral "on ne fait pas de bonne littérature avec de bons sentiments". Et bien si, justement, on pourrait prendre de multiples exemples, je n'en citerai qu'un : un "best seller" mondial
"le Petit prince de Saint Exupéry" qui n'est fait QUE de cela. On pourrait également répliquer à ce "monsieur-dame" à la face de Carême, que on ne fait pas forcément de la bonne littérature avec de
mauvais sentments et qu'il en est la triste illustration. Que l'on nous débarasse de ce triste sire, ce n'est même pas une question de morale simplement d'hygiène...


L. Cheron 09/10/2009 10:56



Quand la culture ministérielle s’invite à la TV, le vocabulaire s’enrichit de nuances nouvelles, et la géographie de curiosités. Voilà donc qu’il y existerait
en orient des «gosses» de «45 ans»...  L’habitude de la sodomie rend aussi habile au bourrage de crâne.



vincent 09/10/2009 10:47



Merci pour cette tranche de rigolade mais on rirait plutôt pour ne pas pleurer.
Ceux qui choisissent des fonctions qui les exposent au regard de leurs contemporains doivent-ils vraiment s'étonner de ce qu'on les tienne pour responsables de ce qu'ils disent ou écrivent ou de
la façon dont ils se comportent?
Il serait grand temps que nos hommes politiques s'interrogent sur les répercussions qu'ont sur la population les comportements qu'ils exposent volontairement ou non (cesont les risques du métier)
et semontrent un peu plus exemplaires.
De Gaulle réveille toi ils sont devenus fous!



Mad jurist 09/10/2009 00:32


C'est quand même un grand jour dans l'histoire de la littérature français. On connaissait le genre "roman" (histoire imaginaire écrite en prose), le récit voici venir le "tract"


Polydamas 09/10/2009 09:49


Oui, il parait que c'est un nouveau style littéraire.