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Alors que les échanges semblent s'interrompre entre Rome et la Fraternité Sacerdotale St Pie X (FSSPX), il n'est pas inintéressant de se pencher quelque peu sur la genèse de ce mouvement, pour mieux comprendre les rôles et responsabilités de chacun. L'objet de ce billet n'est pas de se prononcer sur le fait de savoir si les uns ou les autres avaient raison,  mais de rappeler quels furent les acteurs de ces controverses.

 

 

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Au commencement était Mgr Lefebvre (1905 - 1991). http://www.fsspx.org/en/wp-content/uploads/2009/11/Mgr-Lefebvre-Clovis1.jpgOrdonné en 1929, consacré évêque en 1947, Mgr Marcel Lefebvre fut un spiritain, qui donna une grande partie de sa vie à l'Afrique, et plus spécialement à Dakar où il exerça son épiscopat, et y devint archevêque. Il revint en France en 1962, pour y être nommé évêque de Tulle, charge qu'il décline quelques mois plus tard lorsqu'il fut nommé supérieur général des spiritains. Il participa au concile Vatican II dans la frange la plus conservatrice, et la plus traditionnaliste qu'il rejoint à cette époque. C'est en 1969 que les choses se tendirent avec la publication du nouveau missel romain (nouvel ordo missae, la nouvelle messe), qu'il critiqua ouvertement. En 1970, il crée la FSSPX à Ecône, en Suisse, par la fondation d'un séminaire.

 

Au même moment, un moine, Gérard Calvet, crée un monastère à Ste Madeleine du Barroux, dans la tradition bénédictine, avec les deux piliers que sont la messe tridentine et le grégorien. Dom Gérard et Mgr Lefebvre se connaissent et s'apprécient mutuellement. Ils se fréquenteront régulièrement, au point que Dom Gérard et sa communauté seront officiellement exclus de l'ordre bénédictin, au moment où Mgr Lefebvre est déclaré suspens a divinis (c'est à dire officiellement interdit par Rome de distribuer les sacrements), en juillet 1976.

 

La situation avait dérapé quelques mois auparavant. En mai 1976, le pape Paul VI dans un discours au consistoire, tance Mgr Lefebvre. Mais il ajoute quelques éléments qui aggravent la situation, à propos du rite tridentin :

 

C'est au nom de la Tradition que nous demandons à tous nos fils, à toutes les communautés catholiques, de célébrer, dans la dignité et la ferveur, la liturgie rénovée. L'adoption du nouvel Ordo Missae n'est pas du tout laissée au libre arbitre des prêtres ou des fidèles. L'instruction du 14 juin 1971 a prévu la célébration de la messe selon l'ancien rite, avec l'autorisation de l'Ordinaire, uniquement pour des prêtres âgés ou malades, qui offrent le sacrifice divin sine populo (5). Le nouvel Ordo a été promulgué pour être substitué à l'ancien, après une mûre réflexion, et à la suite des instances du Concile Vatican II. Ce n'est pas autrement que notre saint prédécesseur Pie V avait rendu obligatoire le missel réformé sous son autorité, à la suite du Concile de Trente.

 

Si l'on peut comprendre la volonté de Paul VI de vouloir faire place au nouveau missel, sa volonté de le substituer à l'ancien de manière définitive choque les traditionnalistes. Le pape St Pie V, à la suite du concile de Trente, n'avait pas substitué de rite à un autre, il avait plutôt marqué dans le marbre le rite le plus commun, et reconnu comme saint depuis de longs siècles. En ce sens, la brutalité de cette décision ne passe pas, les noms d'oiseaux et les polémiques pleuvent de part et d'autre. La mise en oeuvre de cette décision est assez violente, et fait beaucoup de dégâts, la messe devenant en certains endroits du grand n'importe quoi. Les conservateurs ne comprennent pas que l'on puisse revenir de cette manière sur quelque chose d'aussi important que la liturgie, que les papes et la tradition avaient reconnu comme sainte. D'autant que beaucoup de catholiques, ballotés dans la crise, avaient perdu la foi dans ces années, mais la retrouvent ensuite grâce à Mgr Lefebvre. Ce qui explique la violence de certains de leurs réactions, toujours valables aujourd'hui.

 

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En 1977, après neuf tentatives infructueuses auprès de l'évêque de Paris pour disposer d'un lieu de culte dans la capitale, les fidèles traditionnalistes (rappelons alors que le tradiland de l'époque se limite à la FSSPX) choisissent "d'occuper" une église. C'est St Nicolas du Chardonnet qui est choisi. Mgr Ducaud-Bourget en est le curé jusqu'en 1984. Qui est remplacé à son décès par un tout jeune prêtre, l'abbé Laguérie. En 1989, celui-ci se fait remarquer par ses charges tonitruantes contre l'anniversaire de la Révolution Française. L'évêque de Paris n'a jamais fait exécuter la décision de justice qui ordonnait l'expulsion de la fraternité de cette église.

 

En mai 1982, répondant à l'appel de Jean-Paul II (en juin 1980, le pape lance à Longchamp : "France, fille aînée de l'Eglise, qu'as-tu fait de ton baptême ?" ), trois hommes du Centre Charlier lancent l'idée d'un pèlerinage sur les pas de Charles Péguy, entre Paris et Chartres. L'abbé Pozzetto, en demeure l'aumônier pendant vint-cinq ans. 

 

En parallèle, depuis 1979, Mgr Lefebvre avait initié les premiers contacts auprès de Rome pour lui trouver un successeur, à la tête de la FSSPX (un évêque est indispensable pour ordonner les prêtres, donc pour la survie de la communauté). Les négociations se rompent brutalement en 1986 avec les journées d'Assise. Mgr Lefebvre est révolté par ce rassemblement qu'il perçoit comme du relativisme, et du nivellement par le bas de toutes les religions. Il condamne cette rencontre. Et cela le convainc, à tort ou à raison, qu'il ne peut rien obtenir d'un Vatican organisant de telles manifestations, qu'il estime contraires à la Tradition. Mgr Lefebvre sentant sa fin approcher, décide, après d'ultimes tractations (durant lesquelles il avait donné, puis retiré son accord à une proposition du cardinal Ratzinger ), de se passer de l'autorisation de Rome pour sacrer 4 prêtres comme évêques de la fraternité St Pie X. Il choisit pour cela les abbés Fellay, de Galaretta, Tissier de Malleray et Williamson en juin 1988. Tout ceux qui participent à ce sacre sont excommuniés d'office (latae sentenciae, règle introduite par Pie XII pour éviter le sacre d'évêques chinois communistes), ce que la FSSPX contestera toujours, avec l'idée qu'il y avait un "état de nécessité" justifiant cette décision. C'est la raison pour laquelle jamais ils ne se sont considérés comme réellement hors de l'Eglise.

 

Néanmoins, une grande partie de celle-ci n'accepte pas ce geste, et décide donc de s'en aller. Et de jouir des nouvelles dispositions immédiatement proposées par le pape Jean-Paul II à la suite du sacre, dans son Motu Proprio "Ecclesia Dei Afflicta" où, en plus du statut canonique, du droit à la messe tridentine et aux sacrements pour les demandeurs, il demandait aux évêques nationaux une autorisation de célébrer le rite tridentin de manière "large et généreuse", disposition qui sera appliquée très modestement. On parlera donc ensuite des communautés Ecclesia Dei pour désigner les communautés vivant sous ce régime.

 

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Ainsi naquit la fraternité St Pierre. Qui fut rejointe par l'abbaye du Barroux, citée plus haut, l'abbé Pozzetto, et avec lui, le pèlerinage de Chartres. Ce pèlerinage étant devenu une coutume, un autre pèlerinage fut créé par la FSSPX le même week-end que son frère jumeau, mais dans l'autre sens, entre Chartres et Paris.

 

Bien auparavant, des séminaristes en difficulté dans des séminaires diocésains s'étaient réunis pour discuter des possibilités de célébrer le rite tridentin, sans passer par la solution FSSPX. De ces discussions nait en 1990 l'Institut du Christ Roi Souverain Prêtre, dirigé par Mgr Wach, qui plante son séminaire en Toscane, à Gricigliano. La spiritualité y est d'inspiration salésienne. Leur fief français devient l'église de Port Marly qui avait été également occupée par ses paroissiens en 1986, et sera reconnu par le diocèse une dizaine d'années plus tard. La différence majeure de cet l'Institut avec la fraternité St Pierre est qu'ils acceptent, une fois par an, les concélébrations, ou dit autrement, d'entourer leur évêque lors de la messe chrismale du Jeudi Saint, concélébrations qui sont généralement refusées par les prêtres célébrant la messe tridentine.

 

Enfin, en 2005, profitant de l'élection de Benoit XVI, et de son herméneutique de la continuité (l'idée qu'il faut lire le concile Vatican II à la lumière de la Tradition, c'est à dire des enseignements accumulés de l'Eglise) les deux fortes têtes de la FSSPX, que sont les abbés Laguérie et Tanoüarn, la quittent pour fonder l'Institut du Bon Pasteur, dans le cadre des communautés Ecclesia Dei. A cette occasion, le Vatican accepte que ces communautés fassent une critique légitime et mesurée du concile. Ils s'installent à Bordeaux, dans l'église St Eloi, et à Paris, au Centre St Paul, et ils seront victimes du reportage des Infiltrés que j'ai déjà évoqué.

 

 

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Entre-temps, la FSSPX avait posé des "exigences" au retour des négociations avec Rome, qui étaient la libéralisation du rite tridentin, et la levée des excommunications des 4 évêques. La première mesure est déclenchée par Benoit XVI le 7 juillet 2007, par le Motu Proprio "Summorum Pontificum Cura", et la seconde est accordée le 21 janvier 2009, au prix d'une polémique très importante pour le pape. Les discussions doctrinales entre les deux parties commencent alors, et aboutissent à un préambule que la FSSPX doit accepter pour "revenir" dans l'Eglise. Préambule qu'elle a pour le moment refusé. Maintenant que le rite tridentin est libéralisé, ce qui pose problème sont les nouveaux éléments avancés par le concile Vatican II qu'ont été l'oecuménisme, la liberté religieuse et la collégialité, et dont la FSSPX conteste la pertinence. En outre, se pose la question du statut canonique de la FSSPX, c'est à dire le régime juridique dont elle pourrait disposer une fois reconnue. Les évêques ne souhaitant pas particulièrement son intégration, le plus simple serait un statut dépendant uniquement du pape, comme une prélature personnelle, à la manière de l'Opus Dei. Voilà où nous en sommes aujourd'hui.

 

Ainsi nous retrouvons donc avec la carte du Tradiland que je dois à un ami de la FSSPX. La taille des caractères des noms est lié au nombre de vocations dans la communauté.

 

 

http://idata.over-blog.com/1/89/17/93//constellation.jpg

 

 

 

 

 

 

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Quelques précisions diverses:

 

Je passe sur les histoires de paroisses, de transfert de prêtres entre fraternités, ou même entre l'Eglise et les diverses communautés, il y en a pour tous les goûts et dans tous les sens. Toujours est-il qu'on peut signaler que la fraternité St Pierre, malgré sa fidélité au St Siège, n'a toujours pas de paroisse à Paris, que le Bon Pasteur y dispose d'un lieu qui ressemble à tout, sauf à une église. Les paroisses avec la messe en latin sont desservis par des curés diocésains à St Eugène - Ste Cécile ou Notre Dame du Lys, mais les communautés Ecclesia Dei n'y ont pas de lieu dédié. Enfin, la FSSPX est toujours présente à St Nicolas du Chardonnet.

 

Les sédévacantistes sont la branche la plus extrême des traditionnalistes. Cette option, qui a toujours été refusée par Mgr Lefebvre, représentent ceux qui considèrent que le siège de Rome est vide (vacance du siège) et que le pape d'après Vatican ne peut être qu'un anti-pape. Un des leurs, héritiers des dominicains, le père de Blignières, qui avait été très vigoureux dans sa lutte contre Rome dans le cadre de sa fraternité St Vincent Ferrier, est revenu dans l'Eglise, et a renié ses errements passés. Mgr Williamson, représentant l'aile dure de la FSSPX, a parfois tendance à flirter avec cette tendance sulfureuse, lui causant de nombreux soucis en interne.

 

J'ai évité de parler des communautés proches mais non traditionnelles. Pour prendre deux exemples complètement opposés, la communauté St Martin ou la Contre-Réforme Catholique sont des satellites de cet univers, mais n'y ont pas leur place. La première s'est axée sur le respect de la liturgie dans le cadre du nouveau missel, notamment par l'utilisation du latin et n'a pas de lien direct avec le rite tridentin. Tandis que la deuxième n'est pas loin d'une secte dont le fondateur, l'abbé de Nantes, a toujours extrêmement violemment critiqué les autorités pontificales depuis le concile.


Jeudi 16 février 2012 4 16 /02 /Fév /2012 09:32
- Publié dans : Religion - Ecrire un commentaire - Voir les 11 commentaires

Trois fois j'ai prié le Seigneur de l'éloigner de moi, et il m'a dit: Ma grâce te suffit, car ma puissance s'accomplit dans la faiblesse. Je me glorifierai donc bien plus volontiers de mes faiblesses, afin que la puissance de Christ repose sur moi.

C'est pourquoi je me plais dans les faiblesses, dans les outrages, dans les calamités, dans les persécutions, dans les détresses, pour Christ; car, quand je suis faible, c'est alors que je suis fort.

St Paul, 2 Corinthiens, XII - 9/10

 

 

 

En lançant la vidéo, vous pouvez choisir la langue des sous-titres. Via Solenn

 

EDIT : Et la deuxième vidéo, de la même intervenante :

 

 

 


Samedi 28 janvier 2012 6 28 /01 /Jan /2012 18:51
- Publié dans : Ab Imo Pectore - Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires

Dans l'exposition Sempé à Paris, le dessinateur tient ce propos, dont une partie légendaire, qu'il attribue à Duke Ellington : "Le jazz est à la musique classique ce que le dessin d'humour est à la peinture. Pour moi ça a toujours été proche, c'est à dire que le dessin d'humour ce n'est pas grand-chose. Comme dans le jazz, l'art, c'est de suggérer, c'est le contraire de notre époque qui enfle tout. Le dessin d'humour, comme le jazz, c'est l'humilité."

 

Et ça se comprend, osons le dire, surtout sur le plan catholique. La culture classique picturale, très intellectuelle, pour géniale qu'elle puisse être, est un sommet de la civilisation, mais nécessite un apprentissage, une éducation, une recherche intellectuelle approndie, peu accessible à tous. Sempé nous dit que tout cela est bel et bon, mais que l'essentiel n'est pas là. L'essentiel est dans l'homme, ses désirs inassouvis, ses contradictions, ses incohérences, dans ce qui lui insuffle cette vie trépidante, jamais satisfaite, et toujours en recherche.

http://cdn.comicartfans.com/Images/Category_11869/subcat_22858/SempeCorde.jpg

Or cette vie n'est jamais si bien montrée que dans les petits cartoons, les dessins d'humour que Sempé affectionne, dont il s'est fait le spécialiste. Ses dessins sont doux, attentionnés, délicats, un rappel que la vie n'existe que si elle est contemplée dans les petites choses qui nous entourent, et nous renvoient au principe central.

 

Dieu, en somme.

 

Cette petite fille jouant à la corde à sauter sur un toit d'immeuble, perdu parmi tant d'autres, renvoie une fraicheur nouvelle. On se demande si l'on a déjà regardé des enfants jouer. Si on a déjà regardé profondément et en vérité l'insouciance. Il a bien raison de souligner que ces dessins sont l'antidote d'une société enflée, pour ne pas dire boursouflée, de richesses, de tentations, de suffisance.

 

Tout cela est sans prétention, il le dit lui-même. "C'est généralement lorsqu'on cherche à être intelligent qu'on dit des choses stupides." Mais être sans prétention, ne pas chercher à être intelligent ou adroit est la plus grande des prétentions, justement. Rien de plus humble, donc de plus grand, que de chercher à donner à contempler, que d'être là, sans rien demander, de proposer et de laisser faire le lecteur.

 

Certains qualifients ces dessins d'ironique. Je ne trouve pas. Parce que dans l'ironie se glisse un peu de désespoir, un tout petit de cynisme, ce que Sempé ne pratique jamais. Il est tout sauf desespéré ou cynique. Mieux, ses dessins qui suggèrent cela font partie de ses dessins ratés, dit-il lui-même, tant l'affection que l'on doit éprouver pour ses personnages est primordial. Ils sont fiers, orgueilleux, râleurs, intempestifs, bourrés de défauts, et généralement plongés dans un univers qui les dépasse, dont ils ont peine à garder le contrôle mais, malgré tout cela, on ne peut s'empêcher de les aimer, parce que l'on sait très bien que c'est de nous-mêmes dont il s'agit. Même ses révolutions ont l'air inoffensives. Les conflits ne sont brossés que dans ce qu'ils ont de plus ridicules. Un peu comme nos péchés, pourrait-on rappeler, dont nous nous sentirons certainement moins coupables que ridicules à l'heure du jugement, comme le rappellent les grands maitres spirituels. http://lorgnonmelancolique.blog.lemonde.fr/files/2010/11/sempecouple.1289929103.jpgNous rendant compte de l'inanité de ceux-ci dans le grand projet divin, nous ne pouvons qu'être en proie à la désagréable sensation d'avoir été un peu imbéciles. Comme des personnages de Sempé, qui verraient leur propre mise en situation par le dessinateur.

 

Il a donc quelque chose du regard divin, plein de délicatesse, s'amusant paternellement de chacune de nos bêtises ou de nos prétentions, saisissant le ridicule de la situation avec bienveillance. Voyant tout ce que l'individu a apprendre à la suite, et lui tendant la main. Lorsqu'on lit M. Lambert, on se prend à penser que Clothaire, Aignan, Alceste sont devenus adultes mais n'ont pas changé, ils sont toujours aussi enfants. Ce que nous sommes tous au fond, notre tragédie étant qu'on l'oublie, comme le rappelle la conclusion de la boutique de l'Orfèvre, la pièce écrite par Jean-Paul II : "Le drame, c'est que nous ne soyons pas assez enfants."

 

Sempé souscrirait sans peine à cette conclusion, lui qui a intitulé un de ses albums "Enfance" et qui ajoute " il m’est arrivé de devenir, par moments, raisonnable mais jamais adulte".

 

On a dit et répété récemment que les catholiques devaient produire du spectacle ou des réponses construites, face à certaines pièces de théâtre blasphématoires. Et bien, il n'y a rien de plus catholique que ces dessins de Sempé. Exposé et financé par la mairie de Paris.

 

"Un peu de Paris et d'ailleurs".  Entrée gratuite. Jusqu'au 12 février Prolongé jusqu'au 31 mars, venir de préférence tôt le matin. Pour de plus amples explications, on regardera ce petit documentaire Empreintes.



Mercredi 28 décembre 2011 3 28 /12 /Déc /2011 11:39
- Publié dans : Ab Imo Pectore - Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires

 

Et je vous souhaite également, avec un peu d'avance, une excellente année 2012.

 

Edit : Les amateurs de musique baroque ont une petite semaine pour visionner cet excellent concert (un mois pour le réécouter sur France Musique ce concert ou le revoir ici) du 10e anniversaire des choeurs d'Astrée.


Dimanche 25 décembre 2011 7 25 /12 /Déc /2011 00:00
- Publié dans : Actualité - Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires

Avertissement : Ce texte est celui d'un moment, qui arrive parfois dans la vie spirituelle, comme le rappelle le livre de Job dans la Bible. Ce billet n'est donc heureusement pas représentatif de celle-ci.


 

"Le combat spirituel est aussi brutal que la bataille d'hommes ; mais la vision de la justice est le plaisir de Dieu seul."

Rimbaud, Adieu

 

 

Tu te dis que la Bible, les Evangiles, tous les bouquins spirituels, n'ont pas été écrits pour rien. Qu'il y a une signification derrière, un sens, quelque chose ou quelqu'un auquel on peut faire confiance, qui s'appelle Dieu. Que ça n’est pas que du pipeau pour vieilles du dimanche, que cela appelle un comportement précis dans tes choix, une exigence.

 

Donc, tu y vas, tu te balances dans le vide, en sachant bien qu'il n'y a rien de garanti. Que peut-être tes buts et objectifs sont peut-être davantage le produit de ton imagination que de la volonté divine. Mais tout de même, il parait qu'il faut avoir confiance. Tes désirs sont droits, à priori mis en place par Dieu, rien à reprocher sur ce plan. Tu n'as pas trop confiance, tu tâtonnes, tu consultes, mais tu finis par y aller. D’ailleurs, quand tu avais essayé de te débrouiller par toi-même, ça s'était lamentablement planté. Tu te dis donc que Lui là haut, sait ce qu'Il fait. Et qu’il n’y a pas de raison. Tu te décides donc à suivre la voie qu’Il t’indique ou que tu penses qu’Il t’indique. Ce qui revient au même.

 

Mais, dommage pour toi, c'est la gamelle, la grosse. La très grosse. Celle qui peut te tuer, si tu ne te protéges pas un peu. La réalité est apparemment plus forte que tout. Plus forte que Dieu, dont tu pensais qu’Il t’avait suggéré d'y aller. Toutes proportions gardées, la douleur te fait l'effet du glaive dont le coeur de la Vierge a été percée au pied de la Croix. Tout juste si tu ne peux pas donner la largeur de la lame pénétrant ton coeur.

 

Tu te demandes pourquoi tu prends tout ça dans la tête, tu avais pourtant essayé de faire confiance, de harceler Dieu de prières, d'essayer de prendre sur toi pour qu'Il t’exauce. Mais visiblement, Il a l'air d'ignorer complètement tes prières. A côté, tes potes, pâles copies des amis de Job, te disent que tu es quand même un peu demeuré d'essayer de faire confiance à Dieu, que tu ferais mieux de vivre facilement comme tout le monde, sans te prendre la tête avec toutes ces fadaises. Que tu es complètement taré avec ton idéal que tu mets au-dessus de tout. Que c'est cet idéal qui te fait souffrir, qu’il vaudrait mieux l'abandonner. Mais c'est justement l'une des raisons pour lesquelles tu as choisi ce chemin, tu n'en peux plus de ce cynisme poli, de cette médiocrité ambiante, de cette mise à distance de la foi, tu n’en peux plus de ces croyants te prêchant ce qui les arrange pour justifier leur comportement, pour se protéger de Dieu.

 

Dans ces épreuves, tu reçois des grâces que tu ne pensais pas recevoir un jour. Des trucs miraculeux, des conversions, de toi-même et d'autres autour, des choses extraordinaires qui ne parlent qu’à toi seul, et des indications que tu es sur le bon chemin. Merci mon Dieu ! C’est cool, ça aide à avancer, tu te dis que tu ne t'es pas trompé. Le problème est que tu t’en fiches, les grâces, les mortifications, les peines, les souffrances qui te grandissent, ce n’est pas pour ça que tu es venu, et t'aimerais bien que les choses se concrétisent aussi. Tu ne craches pas sur les grâces, loin de là, bien sûr, ce sont des saints et prodigieux changements. Mais ce n'est tout simplement pas ton sujet.

 

Tu as continué dans ton parcours, tu te disais qu'il y avait la lumière au bout, et rien à faire, c'est vraiment mort. Fini, terminé. Pas de résurrection, pas de Pâques, pas de jour glorieux.

 

Tu t’es juste planté. T’as donné ta vie, et Celui à qui tu l’as donné n’en veut pas.

 

Sympa.

 

Inutile de te dire à quel point ça fait horriblement mal.

 

Tu n'es pas ici par hasard, Dieu a souhaité que tu sois là où tu es. Donc, il a souhaité que tu te fasses démolir. Difficile de ne pas laisser l'amertume l'emporter. "Mon âme est triste à en mourir". "Mon Père, pourquoi m'as tu abandonné ?" Tiens, il l'a vécu avant. Le Christ, ça a été violent, très intense, à l'échelle de l'humanité, mais ça a duré trois jours, agonie incluse. C'est certes infiniment moins violent dans nos vies personnelles, mais c'est généralement tout de même beaucoup plus long. Cette durée constitue la principale usure psychologique, qui finit par emporter également l'espérance. Tu te dis que la seule différence entre un saint et un démon, c'est la gestion de la douleur, et que visiblement, tu penses beaucoup trop à toi pour que tu sois du côté du saint.

 

Tu connais toujours ton catéchisme par coeur, tu es le parfait petit catholique, tout est en ordre, mais le coeur n'y est plus. Vraiment plus. Tu as accumulé les bonnes oeuvres, tu as développé ta charité comme jamais, mais ça aussi, visiblement, Il a l'air de les ignorer. A chaque fois que tu rentres dans une église, ce sont les larmes qui viennent d’abord. Tu te rends à la messe, tu te demandes si ce n'est pas de l'hypocrisie vu que ça t’est plus insupportable qu'autre chose, plus d'enthousiasme, plus de joie, plus de recherche de la vérité, que des larmes ou des sanglots. Fracassé, tu es fracassé, le coeur explosé façon puzzle. Et en plus, tu es seul, car cette voie que tu avais choisie, toute le monde te l'avait évidemment déconseillée. Mais rien à faire, c'était celle que t’indiquaient ton coeur et tes prières. Si tu devais refaire tes choix, tu sais très bien que tu referais exactement les mêmes, tu finis par te connaître un peu. On te dit aussi que tu es trop intéressé, que Dieu n'est pas comme tu l'imagines, que tu te fais des illusions qui se lèveront petit à petit. Ça aussi, tu veux bien, mais tu sais aussi que si les voies de Dieu sont impénétrables, Il ne balade pas non plus les gens, ce qu'Il fait a un sens, et doit finir aussi par avoir un sens concret, et pas uniquement spirituel. Or tu as quand même la fâcheuse sensation de te faire balader de bout en bout.

 

En parallèle, tu rigoles au nez de toutes les tentations, tu te dis que le démon fait pâle figure à côté des souffrances proposées par Dieu. En plus, même si tu le voulais, tu serais incapable de pécher convenablement, tu es trop formaté pour pouvoir tomber aussi facilement que ça. Les habitudes vertueuses, ça a la vie dure. Tout juste si les tentations t'attirent encore. En même temps, tu te dis que le seul comportement cohérent est peut-être de tout laisser tomber, si Dieu te veut vraiment, Il viendra te chercher. A côté, tu vois les gens apparemment heureux, t'as juste envie de leur refaire le portrait, tant ce bonheur vient aviver la blessure que tu portes. Il parait qu'il y a un temps pour tout, celui de la douleur et celui de la joie. Pour le moment, tu n'en connais qu'un seul. Même si tu sais que tu es globalement veinard, tu sais très bien qu'il te manque l'essentiel, et que ça change tout.

 

Tu deviens un zombie de la foi. Un espèce de mort-vivant de la grâce, tu sais que tu l'as, mais tu as bien du mal à voir en quoi, c'est le règne de la désolation. Bien du mal à animer un peu ta vie. C'est juste que tu n'en peux plus. Tu te rappelles à ce moment-là que quelques prières dans ta vie ont été exaucées, mais que les plus importantes d'entre elles, sont restées lettre morte. "Frappez et on vous ouvrira". Ça fait un bail que tu frappes mais non, personne n'ouvre, tu ne dois pas être à la bonne porte ou tu ne dois pas frapper convenablement. Il y a toujours des petites grâces qui accompagnent ta journée, mais globalement, tu n'y es plus. Tu n'oses imaginer ce que doivent être les nuits de la foi des saints, face à ta désolation.

 

Les prières des autres ? Fort bien, merci. Mais à quoi servent-elles ? A ce que tu souffres encore plus ? Dans le doute, s'ils peuvent, qu'ils ne prient plus pour toi, ce n'est pas la peine, si c'est pour ça. Il parait aussi que c'est une preuve de l'amour de Dieu pour toi de souffrir autant. Alors, mon Dieu, s'il vous plait, aimez-le un peu moins. Parce que là, tu n'en peux plus. Physiquement, psychologiquement, moralement, psychiquement. Si Dieu ne va jamais au-delà de tes forces, il y va clairement jusqu'au bout. Le problème est que les limites de tes forces sont repoussables assez longtemps, puisque tu montres des capacités de résistance insoupçonnées, dont tu ignorais l'existence. Mais Dieu ne s'arrête pas pour autant. 

 

On te dit de lâcher prise, et de te laisser faire, de t'abandonner. La grande blague. C'est justement parce que tu t'es accroché comme un damné que tu es arrivé là, et maintenant il faudrait tout lâcher ? Comment faire ? Et puis, qui réussit à vraiment lâcher prise sur cette planète ? En dehors du moment de la mort ? De toute façon, tu n'as pas fait tout ce chemin pour t'arrêter en route, donc tu continues sur ta lancée, tu lâches prise, ou plutôt tu essayes de lâcher prise. On te dit d'offrir, alors tu offres. Tu ne vois pas trop l'intérêt, il parait que tu le verras après. Tu ne sais pas pourquoi, mais tu as quand même un petit doute. T'espères juste que la Pâques existe vraiment, et que ça va s'exprimer autrement que par des grâces, que le concret finira par venir lui aussi.

 

Parce que là, ça devient vraiment insupportable. 

 

Et puis, tu te rappelles Baudelaire:

 

Car c’est vraiment, Seigneur, le meilleur témoignage
Que nous puissions donner de notre dignité
Que cet ardent sanglot qui roule d’âge en âge
Et vient mourir au bord de votre éternité !

Charles Baudelaire, les Phares, Fleurs du Mal.

 

Tu fais alors ce que tu sais le mieux faire : laisser couler les larmes.


Samedi 17 décembre 2011 6 17 /12 /Déc /2011 21:50
- Publié dans : Ab Imo Pectore - Ecrire un commentaire - Voir les 7 commentaires

Le site des Conférences de Samarie, de la communauté St Jean, a fait peau neuve. Maintenant, il est possible de regarder en streaming toutes les conférences du père Rouvillois que vous pouvez choisir dans la partie droite de la vidéo, en cliquant sur la flèche. Vous retrouverez toujours cet alliage très séduisant entre spiritualité, psychologie et exégèse. Il me semble qu'on a tous quelque chose à y apprendre, elles sont indispensables.

 

Un exemple avec cette conférence sur la culpabilité, de 2003. Et on pourra écouter avec profit les conférences sur la paternité, le rôle de la femme dans l'Eglise, Israël avec le rabbin Korsia, l'exigence d'être chrétien, et bien d'autres. 

 

Des conférences de haut niveau, que vous pouvez également télécharger pour les voir sans Internet.

Dimanche 4 décembre 2011 7 04 /12 /Déc /2011 13:05
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Le service militaire, à l'époque où il existait, avait cette utilité. Confronter toute une génération de mâles à un environnement qu'ils ne connaissaient pas pour y accomplir des tâches qu'ils n'auraient jamais faites dans leur position initiale. Il n'y avait pas de jaloux, tous les hommes étaient concernés, et étaient priés d'obéir qui à un sergent instructeur, qui à un officier désagréable, qui à un première classe revêche. Les jeunes découvraient la réalité de la vie, en étant encadrés et couverts, et devaient avoir un comportement d'adultes responsables. Or ce qui était pour beaucoup de gamins l'occasion de se calmer, d'appréhender la vie un peu plus justement, un peu moins follement, a disparu. La nature ayant horreur du vide, chaque communauté trouve ses expédients pour cadrer l'énergie de ses jeunes.

 

Et bien, chez les cathos réacs, les manifestations, comme celles du théâtre du Chatelet, servent à ça. De rite de passage des jeunes à l'âge adulte. Ce type de manifestations représente plusieurs avantages, pour tout le monde:

- souder le mouvement, autour d'un objectif commun, avec des adversaires identifiés et ligués contre ce mouvement

- casser la monotonie de la vie en y introduisant un peu de piment

- faire un peu de publicité au mouvement

- accessoirement, ou peut-être est-ce justement l'essentiel, draguer la fille d'à côté en se donnant une image romantique.

 

La liste est longue, chaque communauté à son passage initiatique, forgeant ainsi les histoires et la légende des individus, chacun étant, bien évidemment, dans le camp des vainqueurs à la fin. Chez l'extrême-gauche, ce sont les bastons qui ont lieu de temps à autre avec leurs homologues d'extrême droite qui n'ont généralement pour conséquence que quelques contusions de part et d'autre. Chez les gauchistes, on pourrait parler des mouvements étudiants à la moindre tentative d'une esquisse de réfome de l'Education Nationale, avec leur cortèges de manifs et de blocages. Chez les gays, ce sont les happenings divers, parfois contre l'Eglise. Dans les milieux populaires, c'est la soirée au stade de foot, les accrochages avec les hooligans qui parfois, dégénèrent. Chez les cathos BCBG, ce sont les JMJ, FRAT, et autres séjours catholiques qui permettent de s'émanciper des parents et de draguer les filles. Là, pas de violence, du fait des moindres politisation et implication de ce milieu dans les problèmatiques religieuses ou politiques. Evidemment, tout cela s'entrecroise, les uns rejoignant ou affrontant les autres, mais ce n'est finalement rien d'autre qu'une vaste guerre des boutons. Seul point commun de tout ceci, chacun dépense son énergie sur le sujet qui lui tient le plus à coeur. La défense du christianisme, les acquis sociaux, sa ville, son identité, sa bande, son territoire, faites votre choix, il y en a pour tous les goûts.

 

En ce qui me concerne, il m'est arrivé, lors de prières pacifiques devant des avortoirs (interdites à l'époque, et désormais autorisées), d'avoir été emmené au poste de police pour quelques questions avec toutes les autres personnes en prière. Il n'y a aucune ouverture de casier, pas de condamnation, juste un petit tour au poste de police pour marquer le coup. Les policiers finissent par papoter tranquillement avec vous parce qu'on n'est quand même pas des sauvages. Et on sort tranquillement du poste trois heures après. Toutes ces initiatives sont surtout impressionnantes pour ceux qui ne sont pas au fait de la gestion de manifs, qui ne sont pas accoutumées à qu'on puisse jauger, et disons le mot , "jouer" avec les forces de l'ordre. Il ne leur viendrait même pas à l'esprit de manifester, donc l'idée de faire quelque chose où la police intervient est au-dessus de leur forces. Mais ce n'est pas plus grave que cela, soyons-en conscients.

 

Il est d'ailleurs parfaitement possible d'adopter la même grille de lecture pour les problèmes des banlieues. Là viennent se mixer des problèmes autrement plus importants (intégration, pauvreté, chômage, islam) mais on ne peut nier que les échauffourées de certains jeunes contre les policiers, malgré leur violence, ne sont probablement rien d'autre, à la base, que des jeux éternels du chat et de la souris, du jeune désoeuvré contre le représentant local de l'Etat, ici, le policier.

 

Les années passant, tous ces mouvements voient la majorité de leurs membres les quitter et se ranger. Il y a un moment où il faut en finir avec les bêtises adolescentes, l'impératif de construction d'un foyer, et de l'obtention d'un travail venant contrecarrer les ardeurs militantes. Bien évidemment, l'encadrement reste en place, et est assuré par des adultes, seul moyen de tempérer l'ardeur juvénile des membres et de soigneusement calibrer les interventions, histoire de limiter les risques juridiques. D'où le calme des responsables de ces mouvements, qui savent très bien jusqu'où ils peuvent aller.

 

Tout ça pour dire que Civitas et le Renouveau français, qui représentent l'aile dure de Civitas, prospèrent dans cette dynamique, les jeunes enflammés ne manquant pas. On peut, lorsqu'on les entend, crier au loup et dénoncer leur discours insupportables. Que certains de leurs discours soient difficilement audibles, parce que trop marqués, c'est tout à fait vrai. Je ne me permettrai pas de dire s'ils sont ou ne sont pas catholiques, ayant renoncé depuis un certain temps déjà, à distribuer des brevets de catholicité à certains de ceux que j'ai pu considérer par le passé comme des adversaires. Je ne le ferai donc pas pour ceux qui pourraient être proches de mes idées. Ils sont dans leur droit lorsqu'ils posent la question de la légitimité du blasphème. Le problème étant que la salissure du Christ peut se justifier par beaucoup de moyens différents. L'usage de l'intelligence est tel qu'il est possible de justifier beaucoup de comportements qui ne sont rien d'autre que scandaleux. On ne peut pas tout accepter sous prétexte de charité.

 

Mais l'on peut aussi, et c'est là-dessus que j'insiste, RELATIVISER tout ceci, laisser des jeunes prier devant des bobos sans en faire tout un foin. Comme si démocratie ou république étaient mises en danger par une poignée de jeunes en prière. Comme si la paix sociale dépendait de la tranquillité des spectateurs d'une pièce de théâtre blasphématoire. Certains bobos faisant de la provocation gratuite, il ne m'est pas non plus désagréable qu'ils se rendent compte qu'ils manipulent des images et des sujets importants pour certaines personnes. Je suis tout à fait d'accord que ce n'est pas le meilleur moyen de les convaincre, le meilleur étant bien évidemment la personnalisation, la connaissance des gens, des sensibilités, des blessures des uns et des autres afin d'expliciter ce qui pose problème, mais à défaut, des prières publiques de réparation, adjointes à un courrier poli de protestation ne me semblent pas non plus être d'une violence caractérisée. Ce qui a été la première initiative de Civitas, rappelons-le.

 

A l'extrême-limite, en poussant le bouchon un peu loin, on pourrait même remercier ces mouvements, en encadrant des jeunes qui ne manqueraient pas de faire des conneries aussi grosses qu'eux, s'ils ne l'étaient pas. C'est même le problème qu'on a avec les banlieues, l'absence d'un encadrement soucieux de respecter un tant soit peu la loi se faisant criante. Ou le seul encadrement étant celui de gens justement hors-la-loi, donc plus susceptibles d'utiliser les jeunes contre la police que de canaliser leur énergie dans un sens qui ne soit pas trop dommageable pour tous. Ainsi, durant ces événements, la jambe d'un jeune de l'Action Française a été écrasée alors qu'il était maintenu à terre par des policiers. Il a été emmené aux urgences, et la situation n'a pas particulièrement dégénéré ensuite. Imaginez ce qui se serait passé si ça avait été des jeunes de banlieue. L'absence d'encadrement aurait pu laisser les choses s'enflammer de manière beaucoup plus importante, avec des cocktails Molotov et autres joyeusetés en prime.

 

Le problème n'est pas donc de savoir si ces mouvements ont raison ou pas, le problème est de savoir s'il est vraiment pertinent pour les commentateurs de relayer toutes leurs initiatives, sachant que la motivation de tout ça est davantage de dépenser les énergies, qui perdureront de toute façon, que de mettre en place un projet politique ou religieux. Sachant que ce n'est pas parce que vous êtes catholiques que vous êtes chargé d'assumer les bêtises de TOUS les catholiques.


Lundi 24 octobre 2011 1 24 /10 /Oct /2011 10:33
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Lundi 10 octobre 2011 1 10 /10 /Oct /2011 23:22
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que je retiendrai de Steve Jobs est ce "Commencement Speech" adressé aux étudiants de Stanford en 2005, prononcé lors de la cérémonie de remise des diplômes.

 

 


[VOSTFR] Steve Jobs Stanford Commencement...

 

Retranscription en français du discours ici.

 


Vendredi 7 octobre 2011 5 07 /10 /Oct /2011 16:15
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Ce qui est valable également pour un blog...

 

Ecoutez ce que je ne dis pas, je vous en prie
Ne soyez pas trompé par mon visage parce que je porte mille masques
Et aucun n'est mon vrai moi.
N'en soyez pas trompé, au nom de Dieu, je vous en prie.

Je vous donne l'impression d'être sûr de moi,
Plein de confiance et de tranquillité,
Que je n'ai besoin de personne : Ne me croyez pas.

Sous ce masque, il y a le vrai moi, confus, craintif, isolé.
C'est pour cela que je me crée un masque, pour me cacher,
Pour me protéger du regard qui voit.

Et pourtant ce regard est précisément mon salut.
A condition que je l'accepte, s'il contient de l'amour,
C'est la seule chose qui peut me libérer
Des murs de la prison que j'ai moi-même élevés.

J'ai peur de ne valoir rien, de n'être bon à rien,
Et que vous le verrez et me rejetterez.
Alors, commence la parade des masques.
Je bavarde avec vous,
Je vous dis tout ce qui n'est rien,
Et rien de ce qui m'est tout et qui pleure en moi.

S'il vous plaît, écoutez soigneusement et essayez d'entendre ce que je ne dis pas.
J'ai vraiment envie d'être sincère, vrai, spontané, d'être moi-même.
Mais il faut que vous m'aidiez. Il faut que vous me tendiez la main.

Chaque fois que vous êtes bienveillant, doux et encourageant,
Chaque fois que vous vous efforcez de comprendre si vous vous souciez de moi,
Mon coeur a des ailes, des ailes très faibles, mais enfin des ailes.

Par votre sensibilité, votre sympathie, votre puissance de compréhension
Vous seul pouvez me libérer de l'ombre de mon incertitude,
De ma prison solitaire.
Ce n'est pas facile pour vous,
Car plus vous m'approchez, plus je me défends.

Mais on me dit que l'amour est plus fort que les murs des prisons
C'est en ceci qu'est mon espoir, mon seul espoir.
Essayez, je vous en prie de faire tomber ces murs d'une main ferme
Mais douce, car un enfant est sensible.

Qui suis-je, vous demandez-vous ?
Je suis quelqu'un que vous connaissez très bien.
Car je suis chaque homme, je suis chaque femme que vous rencontrez,
Et je suis aussi VOUS-MEME.

Charles C. Finn

 

Original ici.


Mercredi 21 septembre 2011 3 21 /09 /Sep /2011 15:04
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