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Je m’adresse à vous, mon Dieu
Car vous donnez
Ce qu’on ne peut obtenir que de soi.
Donnez-moi, mon Dieu, ce qui vous reste,
Donnez-moi ce qu’on ne vous demande jamais.
Je ne vous demande pas le repos
Ni la tranquillité,
Ni celle de l’ âme, ni celle du corps.
Je ne vous demande pas la richesse,
Ni le succés, ni même la santé.
Tout ça, mon Dieu, on vous le demande tellement,
Que vous ne devez plus en avoir !
Donnez-moi, mon Dieu,ce qui vous reste,
Donnez-moi, ce que l’on vous refuse.
Je veux l’insécurité et l’inquiètude
Je veux la tourmente et la bagarre,
Et que vous me les donniez, mon Dieu,
Définitivement.
Que je sois sûr de les avoir toujours
Car je n’aurai pas toujours le courage
De vous les demander.
Donnez-moi, mon Dieu, ce qui vous reste,
Donnez-moi ce dont les autres ne veulent pas,
Mais donnez-moi aussi le courage,
Et la force et la foi.
Car vous êtes seul à donner
Ce qu’on ne peut obtenir que de soi.


Prière trouvée sur le corps d'André Zirneld, tué en 1942 en Lybie. Pour en savoir un peu plus, c'est ici, et pour écouter la version chantée, c'est .


Oui, ça arrive là, comme ça, que voulez-vous, j'avais envie, ça manque de spiritualité ici...

 

Jeudi 15 mai 2008
publié dans : Entracte ajouter un commentaire commentaires (13)   
De Gaulle prit le pouvoir le 13 Mai 1958 grâce à la droite traditionnelle, pleine d'espoir en sa politique. Quelle ne fut pas la désillusion de celle-ci quand elle constata que, loin de sauver ce qui pouvait l'être en Algérie, son héros décida de lâcher ce qui était alors un département français, de la pire des manières possibles. Partant, en liquidant la droite traditionnelle et s'alliant tacitement aux communistes, De Gaulle a donné naissance à ces enfants capricieux que furent les soixante-huitards.

Soixante-huitards qui ont terminé le boulot en éliminant durablement la droite du paysage politique. Même si sur l'Algérie, l'indépendance était inéluctable sous une forme ou sous une autre, force est de constater qu'elle s'est déroulée de la pire des manières possibles, et qu'elle a permis au chef de l'Etat d'éliminer les tenants de la droite dure qui le génait.

Toujours le même principe, diviser pour mieux régner.

Un article passionnant de Dominique Venner paru dans le très bon numéro de la NRH de ce mois.

Dix ans séparent Mai 58 et Mai 68. Deux événements opposés. La jeunesse avait changé de visage, passant du béret de parachutiste à la tignasse gauchiste.

(...)

Dix années seulement séparent Mai 58 et mai 1968, deux événements de signification radicalement opposée. Le premier s'est déroulé sous une débauche de drapeaux tricolores et d'effervescence patriotique. Le second, sous une marée de drapeaux rouges et de tumulte révolutionnaire. Dans les deux cas, une fraction de la jeunesse fut l'un des acteurs décisifs. Mais, en dix ans, elle avait changé de visage, passant du béret de parachutiste à la tignasse gauchiste.

Le général De Gaulle était revenu aux affaires à la faveur du premier événement. Il l'avait utilisé sans l'avoir créé. En revanche, l'événement de mai 1968, survenant après dix années de pouvoir sans partage, était à bien des égards son enfant, un enfant adultérin dans lequel il ne pouvait se reconnaître, mais qui lui devait beaucoup. Le basculement de la France et de sa jeunesse du drapeau tricolore au drapeau rouge sous le règne du Général, voilà un de ces incroyables paradoxes sur lesquels les historiens auraient dû s'interroger.

(...)

Mais pourquoi le mythe de la Révolution a-t-il resurgi après dix ans de pouvoir du Général ( en 1968, ndb), alors que lui-même y était allergique?

D'abord, on ne peut oublier la « révolution de 1944 ». Les effets cumulés de l'Épuration, le prestige de l'URSS, la peur et la fascination inspirées par le parti communiste, le terrorisme intellectuel qu'il exerçait avec la complicité active de ses compagnons de route avaient éliminé toute résistance à son influence dans l'enseignement et le rnonde culturel. L'étau ne fut desserré que sous l'effet de la guerre froide, puis de la déstalinisation et de l'écrasement de la révolution hongroise de 1956. Le changement devait également beaucoup au prestige retrouvé d'une droite littéraire dont les représentants les plus âgés, Paul Morand, Sacha Guitry ou Céline, avaient subi les foudres de l'Épuration. Le courage d'une poignée d'écrivains et d'universitaires indépendants n'y était pas non plus étranger. On songe à Thierry Maulnier, Raymond Aron, Jacques Laurent, Roger Nimier, Roland Laudenbach, Jules Monnerot, Raoul Girardet, Julien Freund et même André Malraux qui, au temps du RPF, ne craignait pas de rompre des lances avec ses anciens amis communistes. Dans le monde politique, l'affranchissement de l'emprise communiste avait commencé en mai 1947, lorsque Paul Ramadier, président du Conseil socialiste, s'était séparé des ministres communistes. À l'automne suivant, les grèves semi-insurrectionnelles réprimées par les socialistes avaient accentué la cassure. La guerre d'Indochine avait ramené un peu plus le PCF dans la posture antinationale qui avait été la sienne avant son entrée tardive dans la Résistance (2). Simultanément, une part importante de l'opinion s'inquiétait de la menace exercée par l'Armée rouge sur l'Europe occidentale.

Le général De Gaulle lui-même, était alors convaincu de l'imminence d'une guerre et d'une invasion soviétique. Dans les années 1950, l'anticommunisme devint une composante essentielle de la vie politique française. Dans le même temps, les effets de l'Épuration commençaient à s'estomper. Ostracisés depuis l'été 1944, un nombre considérable de notables nullement collaborationnistes, simplement pétainistes, retrouvaient leur place dans la vie sociale et politique. Cela s'était fait à la faveur d'un retournement d'opinion, de la publication de très nombreux mémoires en défense et d'un désir d'apaisement qui devaient conduire à l'émergence du Centre national des indépendants, au gouvernement du très populaire Antoine Pinay, ancien membre du Conseil national de Vichy, et à l'amnistie de 1953. Sauf pour le parti communiste et pour quelques fractions irréductibles, la guerre civile franco-française de 43-44 s'estompait. La page était peu à peu tournée. Cette évolution s'est trouvée brutalement interrompue par le retour au pouvoir du général De Gaulle. Avec lui et autour de lui réapparut l'esprit partisan qui avait servi de socle à sa grande légende. La geste résistante fut réveillée et avec elle, nécessairement, l'alliance « historique » avec les communistes, ce que symbolisa le transfert des cendres de Jean Moulin au Panthéon.

Après l'euphorie trompeuse de l'année 1958,les ambiguïtés de la politique algérienne du Général éveillèrent une opposition nationale toujours plus vive en France et chez les Européens d'Algérie. Quinze ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, la France entrait une nouvelle fois dans une période de guerre civile larvée. Et, comme la fois précédente, le général De Gaulle, homme de droite s'il en fut, passa implicitement alliance avec les communistes et leurs émules contre ceux qui, par fidélité à des principes essentiels, refusaient de le suivre aveuglément et allaient bientôt le combattre.

L'espace de liberté et de renaissance ouvert durant les années 1950 se referma à la fin de la guerre d'Algérie quand la répression s'abattit sur tous ceux qui n'acceptaient pas le tournant politique dont allaient être victimes les Européens d'Algérie et les musulmans engagés du côté de la France. S'appuyant sur le pouvoir intellectuel et médiatique de la mouvance communiste et gauchiste pour écraser ceux qui lui résistaient, le Général préparait ainsi le choc en retour qui lui reviendra en pleine figure en 1968.

Homme de pouvoir pragmatique, redoutable dans l'action, De Gaulle méprisait les idéologies, dont il ne percevait pas le rôle. À ses yeux, par exemple, l'URSS n'était rien d'autre que la Russie, ce qui était à la fois vrai et faux. Sans doute ni Lénine ni Staline n'avaient pu abolir certaines permanences russes, à commencer par celles de la géographie. En revanche, l'idéocratie soviétique avait détruit une part importante de la tradition russe, tout en faisant de l'ancien empire tsariste un instrument de subversion universel. Mais de cela, le Général ne se souciait pas. Sa vision politique et historique « classique » ne lui permettra pas non plus de voir venir et d'interpréter les formidables transformations dans les mœurs et les représentations qu'annonceront les événements de mai 1968.

D'un œil méprisant, il surveillait de loin l'agitation d'une gauche mise électoralement en déconfiture par son retour au pouvoir et par sa politique algérienne. Ce qu'il avait fait, jamais elle n'aurait eu la force ni le culot de le faire. Elle n'en continuait pas moins de voir en lui un « général fasciste », et ne restait pas inactive. Mais il était indifférent à cette agitation sans percevoir la menace que l'actif travail de sape représenterait pour son pouvoir. La naissance du gauchisme, c'est à dire d'une nouvelle gauche extrême en marge du communisme, avait commencé peu avant 1958, à la faveur de la guerre d'Algérie.

(...)

Le parti communiste se remet difficilement de la crise provoquée en 1956 par le XXe congrès du parti communiste de l'Union soviétique et la déstalinisation. C'est en dehors du PCF et des grandes formations de la gauche traditionnelle que se développe et s'organise l'action directe en faveur de l'indépendance algérienne, et plus tard contre l'OAS. Pourtant, cette nouvelle gauche n'aurait rien pu être sans la puissante irradiation communiste dans la société.

De la guerre d'Algérie à celle du Vietnam

L'affaire algérienne contribue aussi à une dérive de nombreux chrétiens qu'imprègne la grande culpabilité de l'homme blanc. Dans les mouvements d'Action catholique, à la JEC, à l'ACO, au groupe Reconstruction, chez certains ecclésiastiques, à la JAC, chez les scouts, dans la presse catholique et protestante, on prend position, on dénonce la « torture», on se mobilise dans les réseaux des « porteurs de valises ».

L'UNEF, le principal syndicat étudiant, s'engage dans la même voie, exploitant la crainte de voir supprimer les sursis d'incorporation. Ses dirigeants rencontrent en Suisse les représentants du FLN, afin de convenir d'une politique commune. À la fin des années 1950, écrit Thierry Pfister qui a vécu cela de l'intérieur, « la puissance du syndicalisme étudiant s'est constituée comme réaction collective de trouille face à une éventuelle affectation en Algérie (3).»

Dans l'intelligentsia on signe, on signe fébrilement. En 1961, l'apparition de l'OAS, son influence auprès de lycéens parisiens offrent un nouveau prétexte de lutte sur le thème de la mobilisation antifasciste. Dans les lycées et les facultés, la création du Front universitaire antifasciste (FUA) favorise la création d'un noyau actif de jeunes trotskistes. L'indépendance de l'Algérie en 1962 et la disparition de l'OAS laissent, un temps, cette nouvelle gauche démobilisée. Cependant, venant de Chine, se dessinent à point nommé les signes d'un nouvel espoir. Inlassablement, la « Providence » vient de la sorte au secours des âmes de gauche pour les relancer vers de nouvelles espérances et de nouvelles causes «généreuses». Fondée à l'origine par le parti communiste, l'Association des amitiés franco-chinoises va devenir le vecteur de l'influence maoïste. À partir de 1963, à l'initiative de ses militants, on voit apparaître des Cercles marxistes-léninistes. Ces derniers sont en fait les précurseurs des groupes pro-Chinois qui, autour de L'Humanité nouvelle ou des Cahiers marxistes-léninistes de l'École normale supérieure de la rue d'Ulm, vont se développer en France comme un peu partout en Europe.

À partir de 1965, l'aggravation du conflit vietnamien et l'intervention américaine viennent offrir un thème mobilisateur à tous ces groupes qui, dans une France endormie, vivotaient en se chamaillant. Comités et pétitionnaires relancent l'enthousiasme et l'unité d'action en faveur de providentielles victimes.

Cette même période voit naître dans les universités américaines une opposition à la guerre du Vietnam, nourrie par la crainte de la conscription et par la contre-culture (Love not war). Le Free Speech Movement de l'université de Berkeley renouvelle complètement les méthodes d'agitation qui sont reprises en Allemagne, à l'université libre de Berlin et en France par les petits groupes plus ou moins libertaires d'Antony et de Nanterre. La revendication de la liberté sexuelle, la contestation des professeurs, l'opposition à l'intervention américaine au Vietnam, la critique de la société de consommation servent de prétextes à une agitation nouveau style, qui perd en idéologie ce qu'elle gagne ei émotionnelle.

L'année 1967 marque une recrudescence du phénomène. Les comités, les groupuscules, les journaux se multiplient. Le terrain politique français se révèle particulièrement favorable. Il bénéficie de la politique gouvernementale favorable au Nord-Vietnam. Le pouvoir gaulliste soutient ce qui gêne les États-Unis. Les manifestations de rue en faveur du Vietcong sont tolérées. On arrête souvent les militants du mouvement droitiste Occident, mais ceux des « Comités Vietnam de base» ont peu à craindre de la police.

À la veille de mai 1968, les prisons françaises sont encore peuplées de condamnés de l'OAS, militaires ou civils. Utile quelques années plus tôt contre cette opposition pugnace, la gauche extrême s'est vu accorder de grandes facilités par le pouvoir, au point de détenir un quasi-monopole dans certains secteurs essentiels de l'enseignement, de l'Université et des médias. Peu après les événements, l'écrivain Romain Gary, gaulliste de gauche, conseiller du ministre de l'Information, évoquera le concours apporté par la télévision nationale aux communistes vietnamiens ou chinois : «Pendant à peu près deux ans, des flots de propagande antiaméricaine furent déversés sur lepublicpar notre télévision nationale. [...] Et la Chine de Mao ? Pendant un an, elle n'a eu droit qu'à des "témoignages" sympathiques, qu'à des reportages bienveillants. Citez-moi donc l'exemple d'un seul reportage ou d'un commentaire "critique". Lorsqu'à Pékin, une actrice de cinéma, la tête rasée par les Gardes rouges, que l'on n'appelait pas encore les "enragés", se suicidait en se jetant du septième étage, c'est tout juste si notre ORTF national ne soulignait pas le côté "positif" de cette horreur: la preuve que la Chine de Mao avait donné au peuple des immeubles de sept étages'(4). »

Depuis longtemps, l'enseignement public avait joué un rôle essentiel dans la formation d'une « légende rouge » positive et même exaltante. Dans les livres d'histoire, de géographie ou de philosophie, Marx, Lénine, Staline, la révolution bolchevique et le système soviétique étaient présentés sous les couleurs idéales du romantisme révolutionnaire. Les étudiants et lycéens de 1968 qui se jetteront dans les rues le poing levé, jargon-riant des slogans sur le « prolétariat en lutte », ne feront que reproduire les images inscrites dans leur imagination par des légions de professeurs qui seront les premiers à en faire les frais.

De 1966, début de la «Révolution culturelle» chinoise, à mai 1968, la «mode mao» bat son plein. Signe infaillible, la veste en bleu de chauffe des prolétaires chinois est copiée dans les boutiques les plus chic de prêt-à-porter parisien. On la retrouve même dans les pages fort déshabillées du magazine Lui. Son numéro de juin 1967 est entièrement consacré à la Chine rouge. Jacques Lanzmann y présente de jolies filles à demi vêtues de vestes mao, mimant à leur façon les combats de la Révolution culturelle. Chaque photo est soulignée d'une citation de Mao, tandis qu'un texte de l'écrivain Han Suyin chante les mérites de la Chine populaire. Ailleurs, Géraldine Chaplin se fait photographier sous le portrait de Mao pendant qu'Alain Barrière chante à l'Olympia Vcomme Vietnam.

Qu'est-ce qui, dans le maoïsme, séduit donc tant la bourgeoisie branchée et ses rejetons? « Tout simplement un gigantesque malentendu, répond Christophe Bourseiller. Aujourd'hui, la Révolution culturelle apparaît pour ce qu'elle était, une sordide et sanglante lutte pour le pouvoir entre Mao Zedong et Liu Shaoshi. « Mais à l'époque, chacun voulait croire en la dimension libertaire au phénomène. De sorte que les Gardes rouges semblaient tracer aux jeunes Français la route à suivre: celle d'un chahut radical et joyeux, d'un monôme poussé à l'extrême. Pour lespro-Chinois français, la Chine était le pays le plus libre du monde.»

(...)

Les retombées de Mai 68 seront loin d'éteindre les enthousiasmes. En 1970, après la saisie de l'organe maoïste La Cause du peuple, le cinéaste François Truffaut annonce qu'il vendra ce journal dans la rue. C'est du dernier chic. Tandis que la télé filme la scène, Truffaut reçoit le renfort de Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Patrice Chéreau, Samy Frey, Claude Lanzmann et autres célébrités de moindre pointure. Sans multiplier les exemples à l'excès, on ne saurait oublier la revue littéraire Tel Quel, lancée chez Gallimard par Philippe Sollers, l'une des curieuses illustrations de la « folie mao » qui s'est emparée des esprits les plus scintillants du moment. Epistémologie, quand tu nous tiens ! Alors que tout était connu depuis longtemps sur les crimes et les massacres en masse perpétrés par les divers régimes communistes, d'ambitieux jeunes gens continuent imperturbablement de prêter1958 aux abattoirs toutes les séductions du paradis.

Dans les conditions particulièrement favorables de l'Hexagone gaullien, l'intelligentsia développe une activité fébrile. Quelques années encore, et la preuve sera apportée de la justesse de la théorie de Gramsci pour qui la prise du pouvoir politique est précédée et préparée par la prise du pouvoir idéologique. Pour l'heure, la France est mûre pour une grande farce et une grande trouille (5).


2. La ligne du PCF pendant la guerre d'Indochine était définie par les notes retrouvées dans les papiers d'un de ses principaux dirigeants, Jacques Duclos : « Travailler à la défaite de l'armée française partout où elle se bat. »
3. Thierry Pfister, Lettre ouverte à la génération Mitterrand qui marche à côté de ses pompes, Albin Michel, Paris, 1986.
4. Le Monde,21 juin 1968.
5. Pour en savoir plus, on peut se reporter à l'essai de Dominique Venner,De Gaulle, La Grandeur ou le Néant, Le Rocher, 2004.



Mercredi 14 mai 2008
publié dans : Histoire ajouter un commentaire commentaires (5)   
Via Kroulik:



Natacha Polony


Même si effectivement, je ne partagerai pas son propos sur l' avancée qu'est l'avortement, qui n'est rien de plus qu'une machine à déculpabiliser les hommes, je trouve que son analyse sur notre société est plutôt pertinente.

Ce qui se rapproche de ce que disait Agatha Christie (vu dans le dernier NRH) :

« Nous nous sommes conduites comme des gourdes. Nous avons réclamé à cor et à cri le droit de travailler comme les hommes. Eux, pas fous, ont sauté sur l'occasion : pourquoi entretenir sa femme? Quel mal y a-t-il à ce qu'elle subvienne elle-même à ses propres besoins? Puisqu'elle en a tellement envie, laissons-la faire, sapristi !

Il est quand même navrant que, après nous être si habilement fait passer pour le «sexe faible », nous soyons maintenant à égalité avec les femmes des tribus primitives qui triment toute la journée dans les champs, font des kilomètres à pied pour ramasser comme combustible des broussailles à chameau et qui voyagent en portant toute leur batterie de cuisine et autres ustensiles ménagers sur leur tête, cependant que le mâle, superbe, se pavane devant, libre de tout chargement à l'exception d'une arme meurtrière pour défendre ses femmes.

Il faut rendre cette justice aux victoriennes : elles ont mis leurs hommes à la place où elles le voulaient. Elles se sont posées en êtres fragiles, délicats, sensibles, ayant un constant besoin d'être chéris et protégés. Ont-elles été tyrannisées et opprimées? Personnellement, ce n'est pas ainsi que je me les rappelle. Je revois les amies de ma grand-mère: elles me paraissent toutes avoir eu beaucoup de ressort et parvenir presque toujours à agir comme elles l'entendaient. Des femmes dures, volontaires, remarquablement cultivées et informées.

Cela dit, elles portaient une immense admiration à leurs hommes. Elles les trouvaient franchement épatants, pleins d'allure, avec une tendance marquée au libertinage et aux écarts de conduite. Dans le quotidien, une femme n'en faisait qu'à sa tête tout en proclamant la supériorité masculine afin d'éviter au mari de perdre la face. »


Agatha Christie, Une autobiographie, Le Livre de poche, 2006, p. 226-227.



Lundi 12 mai 2008
publié dans : Société ajouter un commentaire commentaires (6)   
Le Hezbollah a remis les pendules à l'heure. Par son assaut sur les tous les moyens de communication du Courant du futur (parti de l'ancien ministre assassiné, Rafic Hariri), le parti de Dieu a brisé sa promesse, qui n'illusionnait personne, selon laquelle il ne tournerait pas ses armes contre des libanais. Ils ont parvenu à prendre le contrôle de l'Ouest de Beyrouth, avant de se retirer (voir carte ci-contre).

undefined Tout est parti de la volonté de l'Etat libanais de mieux contrôler le Hezbollah, sans qu'il en ait pour autant les moyens. Le gouvernement  a lancé deux enquêtes préliminaires sur un officier, proche du Hezbollah et responsable du contrôle de la sécurité de l'aéroport de Beyrouth, puis sur des émetteurs de telecommunication du parti chiite. Ces deux mesures, normales dans n'importe quel Etat souverain, a été vécue comme une véritable attaque par les miliciens. Le Hezbollah, qui ne cessait de se présenter comme un mouvement démocratique, a donc mis en place un véritable Etat dans l'Etat. Tenter de réduire son influence, même par le biais de deux enquêtes qui auraient été vite enterrées par la bureaucratie est donc synonyme d'une déclaration de guerre.

Face aux assauts des miliciens, à Beyrouth, l'armée libanaise s'est contentée de faire de la figuration, en montant la garde devant les institutions du pays (les principaux représentants du pays ont été bloqués à résidence). N'ayant pas les mêmes moyens que le Hezbollah, et surtout, victime de la diversité de sa composition, les chiites étant nombreux dans celle-ci, l'armée est à peine intervenue pour rétablir l'ordre, quand elle ne collaborait pas ouvertement avec les miliciens.

Le Hezbollah, pourrissant la vie politique libanaise depuis deux ans, cherche à ce que le Liban soit le fer de lance de la lutte anti-israelienne, et ce, aux côtés de la Syrie et de l'Iran. Deux ans après le départ des troupes syriennes, rien n'a changé ou presque, dans la situation libanaise, les miliciens continuant leur travail de sape de la légitimité du pouvoir libanais. Aux dernières nouvelles, alors que le Nord s'enflamme, probablement à cause des Syriens, l'armée a suspendu les enquêtes ouvertes, obligeant le gouvernement à se déjuger.

Les affrontements ont fait une cinquantaine de morts. Les quartiers chrétiens, à l'est de Beyrouth, n'ont pas été touchés par les combats.

Tout du moins, pour le moment.


Dimanche 11 mai 2008
publié dans : Relations internationales ajouter un commentaire commentaires (4)   
Voilà le discours de la soi-disante ministre de la Famille.


Morano vs Zemmour & Naulleau

Finalement, la droite, ce n'est rien de plus que le parti de gouvernement de la gauche, non ? On voit où mène le gaullisme. Et puis toujours avec ce "Moi, je" crispant à chaque début de phrase.

Via François de Souche.

Dimanche 11 mai 2008
publié dans : Actualité ajouter un commentaire commentaires (11)   
Ça faisait longtemps que l'on n'avait pas rigolé sur ce blog. Je rattrape mon retard.










Dimanche 11 mai 2008
publié dans : Humour ajouter un commentaire commentaires (5)   
Voilà un clip très malsain (à éviter pour les personnes sensibles) du groupe de musique électronique Justice, intitulé "Stress", qui est sorti il y a peu. Façon de rappeler à tous les fêtards de Mai 68, que ce qui se prépare dans nos banlieues est d'une autre ampleur que les émeutes de l'époque d'enfants de bourgeois.




Bien que je n'accorderais pas le statut d'oeuvre d'art à ce film, je trouve que David Abiker a tout dit ou presque, même si je ne vois pas pourquoi on irait chercher une explication, la haine née du ressentiment n'a pas grand besoin d'être decryptée.

Pendant que nos commémorons mai 68 à grand renfort de bougies et de cartes postales, le groupe Justice célèbre les révoltes d’aujourd’hui et de demain en nous balançant une descente ultra-violente de banlieusards à Paris sur un tempo aussi anxiogène que des coups de marteau sur la tête. Et bien sûr, je ne sais plus où donner de la tête entre nostalgie et Stress, le titre de l'oeuvre. Pourtant la nostalgie c’est agréable. On se repasse en boucle les images des événements de mai. Malgré les CRS et la violence, ces jeunes sur les images d’archives en noir et blanc ont de quoi séduire. Il y a chez eux de la gaité, le surgissement d’une émancipation, des minijupes et des lendemains qui chantent.

C’est exactement le contraire de la mise en scène proposée par Romain Gavras, le réalisateur du clip de Justice. Ici les minijupes n’ont qu’à bien se tenir, les utopies sont mortes, les slogans ne sont plus que des tags et le noir et blanc n’a pas le même charme : c’est celui de l’opposition ethnique qui ronge certaines cités. Out les soixantehuitards voici venu le temps des émeutards, cette bande de voyous aux blousons noirs ornés d'une croix sont les évangélistes fous de la violence. Et bien sûr, ils ne suscitent aucune nostalgie, rien à voir avec la révolte douce de mai. Cette foix-ci c'est du brut. Pourtant, à choisir, je préfère qu’on s’arrache les cheveux sur la vidéo de justice. C’est ça qu’il faut décortiquer, c’est ça qu’il faut regarder encore et encore.

40 ans après, mai 68 a tout dit et on a tout compris. Plus la peine d’insister. Le clip de justice, en revanche, nous parle des révolutions qui sont devant nous. Il le fait à sa façon, avec une crudité gratuite et cette dose d'inconscience et d’ambigüité qui fait pour moi une oeuvre d'art, une ambigüité qui questionne et effraie, une ambigüité dans laquelle on n’a pas fini de se noyer en essayant de comprendre.


Et pendant ce temps-là, que nous disent des politiques représentatifs de certaines banlieues ? Qu'ils refusent toute assimilation et toute intégration (ça aurait été des gens d'extrême droite, on parlerait de leur regards de haine, et du mépris de leur discours) dans cette république raciste et colonialiste, en bref, ils ne sont pas loin de justifier la vidéo vue plus haut...


Ça nous promet du bon temps...

PS: Un grand coup de chapeau à Thibaud d'E-Deo, c'est du très beau boulot.




Samedi 10 mai 2008
publié dans : Société ajouter un commentaire commentaires (8)   
La campagne Matelsom a relancé la polémique, il est temps de me positionner plus clairement sur le sujet du mariage homosexuel, sujet que j'ai régulièrement évité jusqu'à présent sur mon blog, mais que j'ai eu l'occasion de développer en long et en large sur nombres de commentaires.

Tout d'abord, qu'il me soit permis de sourire d'un fait intéressant. Plus personne ne veut se marier. Les seuls qui souhaitent s'engager dans la voie longue et difficile du mariage sont les cathos, les prêtres hyper-progressistes, et certains homos. Permettez-moi de m'amuser à constater que des personnes qui ne sont, la plupart du temps, pas connues pour leur fidélité, souhaitent aussi ardemment s'engager dans la voie du mariage. Que les homos se retrouvent aux côtés des catholiques pour défendre l'institution du mariage ne manque pas de sel.

Passons.

Disons-le tout net, au risque de choquer certains catholiques, je n'ai rien contre l'homosexualité au sens strict, chacun fait ce qu'il veut dans son pieu, je m'en fous, ce n'est pas mon problème. C'est pour cela d'ailleurs que je trouve que l'argument religieux, repris par certains de mes amis, n'est pas pertinent. Comment évoquer les condamnations bibliques de la sodomie face à quelqu'un qui n'accorde aucun crédit à la Bible ? Ces arguments ne sont tout simplement pas crédibles dans le cadre de l'homosexualité. Les arguments des croyants ne peuvent toucher que des homosexuels croyants, qui ne doivent probablement pas être très nombreux.

Par contre, l'un des aspects du fait homosexuel qui me pose le plus de problème, c'est, en ce qui concerne certains gays, l'hyper-sexualisation et le côté exhibitionniste, à l'image de ce qu'a récemment déclaré le maire de Rome.

« Je respecte les personnes homosexuelles, j'en connais quelques-unes et je ne fais pas dans la discrimination. Mais je crains que la Gay Pride soit tout autre chose, un acte d'exhibition sexuelle, et je suis opposé à toute forme d'exhibition, homosexuelle ou hétérosexuelle. Le problème, ce n'est pas oui ou non à l'homosexualité, mais oui ou non à l'exhibition. »

Que je sache les nudistes ne se baladent pas régulièrement dans les rues de Paris pour revendiquer davantage de libertés. Je n'ai jamais vu de stripteaseuses manifester en tenue, ce qui n'est pas le cas de la Gay Pride. A ce sujet, il faut vraiment lire cet article de Michel Bellin (en bas de page), très éclairant. Ce qui me gêne n'est pas tant l'homosexualité, que cette mode qui le considère comme hyper-tendance, comme hyper-fashion. Les hétéros sont de facto ringardisés, alors que pourtant, dans une société, personne n'est plus important qu'eux.

Or, dans un Etat se souciant du bien commun, la priorité est, non pas de légaliser, ou d'autoriser toutes les pratiques existantes ou toutes les modes, dont on connait la diversité, dictées par l'opinion publique, mais de promouvoir et d'encourager le cadre permettant à la société de prospérer. Et malheureusement, les homosexuels ne rentrent pas dans ce cadre. L'Etat n'a pas vocation à mettre sur le même plan un comportement qui favorise la croissance de la société par la fécondité, et un comportement qui ne permet pas de faire profiter à la société des mêmes largesses que l'hétérosexualité.

Un mot sur l'adoption.

Les hétéros ont une "mission" dans le sens où c'est la famille qui constitue la cellule de base de la société. Cette cellule, lorsqu'elle est stable, permet l'équilibre et l’éducation des enfants (c'est pour cela que les divorces sont généralement de vrais drames). Enfants, qui, nous serons tous d'accord là-dessus, sont le "bien" le plus cher qui soit, c'est à dire que rien ne doit aller à l'encontre de leurs intérêts . Or je considère qu'en plus d'avoir le droit à la vie, ils ont également le droit à cette stabilité psychologique, et notamment, à l’altérité des sexes entre les parents (je sais, j'aggrave encore mon cas). Jamais un homme ne remplacera une femme, comme jamais une femme ne remplacera un homme.

Mettre l’homosexualité au même niveau que l'hétérosexualité serait du relativisme, ce qui est aussi une des pires choses qui soient. Ce serait nier le caractère sacré et vital de la procréation. Tout se joue ici au niveau des symboles. Et ceux-ci, dans une société, sont importants.

Autre point. On nous rabache le cerveau des "études" démontrant qu'il n'y a aucun impact sur les enfants d'avoir des parents homosexuels. Un article de La Croix avait cassé ce mythe (d'accord, ils sont partie prenante, mais les gays ne sont-ils pas partie prenante également ? ) :

Les enquêtes citées, en général américaines, sur lesquelles se fondent les revendications d’ho­moparentalité révèlent en fait bien des surprises : l’échantillonnage est extrêmement restreint, quel­ques dizaines de personnes, le plus souvent membres d’associations gays militantes ; dans la plupart des cas, seuls les parents sont in­terrogés et parlent au nom de leurs enfants ; quand des comparaisons sont faites, c’est le plus souvent avec des familles monoparen­tales, soit d’origine, soit issues d’un divorce ; les questionnaires sont standardisés, exclusivement comportementalistes et fonction­nalistes, sans mise en perspective de l’évolution de l’enfant jusqu’à l’âge adulte ; les notions clés de « père », « mère », « parent », « con­ception » et « engendrement » y sont délibérément laissées dans le flou. Tout se passe comme si les enfants vivant au sein de couples homosexuels étaient chargés de valider les comportements des adultes en « allant bien », alors que l’on y découvre que plus de 40 % d’entre eux bénéficient d’un suivi psychologique.

On sait déjà que les divorces entre hétérosexuels laissent souvent des traces non négligeables chez les enfants. Et on voudrait aggraver  les choses avec les homosexuels ? Les enfants ne supportent pas d'être différents, d'avoir une famille qui ne soit pas dans la norme, moyennement moyenne. Ajoutons à cela un imaginaire homo, une culture gay exacerbée et revendicative, parfois caricaturale, cela n’aide pas non plus les mômes à se construire.
On voit alors sans peine la difficulté pour des enfants d'assumer le fait d'avoir des parents homosexuels.

Je vous laisse juge, je ne sais pas si je suis homophobe et à vrai dire, je m'en fous un peu. Peu me chaut d'être hai ou voué aux gémonies parce que je ne considère pas que Vanneste soit un salopard de la pire espèce. D'autant que je considère que les pires homophobes sont plutôt du côté de certains bobos qui considèrent ( discours qu'il m'est arrivé d'entendre) qu'il FAUT avoir un homo dans ses connaissances, comme on doit avoir un beur de service dans son réseau. C'est réduire la personne à sa sexualité ce qui est encore pire, à mon avis, que de ne pas accepter telle ou telle sexualité. Il faut dissocier la personne de sa sexualité, et arrêter de tout confondre, comme si l'individu ne pouvait se définir que par le sexe de son conjoint.

Oui, le comportement homosexuel n'est pas sur un pied d'égalité avec le comportement hétérosexuel. Mais cela n'a rien à voir avec une discrimination des homosexuels. C'est une promotion de l'hétérosexualité en vue de ce qu'elle apporte à la société.

Alors oui, la propagande culturelle autour de l'homosexualité me lasse car l'on perçoit très bien que ce petit jeu mène directement au mariage pur et simple. Des gens qui ne représentent qu'eux-même, ne sont qu'une poignée, parviennent, à coups de lobbyings, de programmes culturels (les bears dans la pub, la Gay Pride), de pressions comminatoires, de sentimentalisme, à imposer leur thématiques, et malgré leur divisions, réussissent à obtenir l'oreille attentive des politiques.

Le domaine culturel a été plus ou moins abandonné par les conservateurs, laissant leurs opposants déterminer ce que les Français vont regarder, et plus tard voter. Le discours dominant est complétement centré sur le relativisme, l'ouverture à de nouvelles sensations, la détestation des "moeurs coincés", ce que le Grand Charles appelle la religion du Moderne. Effectivement, si l'on est un tant soit peu réalistes, les conservateurs ont perdu, le mariage homo existe déjà. Le contrat d'union civile, que l'UMP souhaite voter, est un mariage homo sans le nom, il en a presque tous les atouts, seule manque la mention "mariage".

Enfin, certains homosexuels nous disaient au moment du PACS: "Non, jamais nous ne demanderons quoique ce soit de plus, nous ne voulons pas du mariage". Force est de constater qu'ils avaient tort, que le PACS n'était bien sûr qu'une accroche, qu'une introduction afin de préparer un plan plus large. Plus inquiétant est ce constat lorsque l'on connait les projets à venir après le mariage homo, promouvant toutes les sexualités alternatives. D'autant que l'évolution actuelle des lois suit un mécanisme de cliquet, c'est à dire que si l'on vote la loi, il est ensuite impossible de revenir dessus. Ainsi, si le mariage homosexuel passe, il est probable que la logique relativiste continuera. Je ne vois pas pourquoi l'on s'arrêterait en si bon chemin.

Dans cette logique, toutes les sexualités devront être reconnues par l'Etat, ce qui risque d'augurer d'un beau bazar, ce n'est pas la peine que je vous dresse le tableau.

 

Jeudi 8 mai 2008
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