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Contrairement à ce qu'on pourrait croire intuitivement, le système économique actuel ne respecte pas les fondements économiques du libéralisme. Le capitalisme mondialisé, les hedge funds, les banques gigantesques, les bonus outranciers, tout ceci s'explique davantage par des positions à caractère monopolistique ou oligopolistique, par l'histoire, que par la doctrine libérale.

Pour rappel, la doctrine libérale en matière économique tend à limiter au minimum le rôle de l'Etat, et à laisser la concurrence, ainsi que le cours normal du marché, réguler l'économie. Et surtout, le principe de base est que l'Etat ne peut pas être le régulateur de la masse monétaire. En d'autres termes, il ne peut utiliser la masse monétaire à son service, en vue de ses différentes politiques. Tout l'inverse d'aujourd'hui, où les autorités, qu'elles soient européennes ou américaines, interviennent sans cesse dans le marché, et où les oligopoles sont légions.

On assiste ainsi à des aberrations. Un exemple, les programmes exceptionnels d'achat de dettes américaines par la Réserve Fédérale. Sur les 1000 milliards de dollars de bons du Trésor émis par le gouvernement américain en 2009, la Fed en a finalement acheté plus de 300, c'est à dire près d'un tiers. Des banques centrales qui rachètent des emprunts d'Etat, c'est un peu comme si un arbitre se mettait à jouer et à marquer des buts, lors d'une partie de football, et que le match était considéré comme valide.

Pourquoi ces programmes ? Parce que les Banques Centrales, que ce soit la Réserve Fédérale ou la BCE, sont les seuls acteurs à avoir les reins suffisamment solides pour continuer à acheter des obligations d'Etat dont personne ne veut en réalité, mais qui sont la contrepartie de l'injection fantastique de liquidités nécessaires pour relancer l'économie. L'idée est d'éviter une hausse des taux longs, c'est à dire une baisse rapide du prix des emprunts d'Etat (on appelle cela un krach obligataire) qui entamerait la confiance des intervenants dans l'action des Etats, et aurait aggravé encore davantage la crise. Même si c'est nécessaire, la relance est donc financée de manière artificielle, faite avec un argent qui n'existe pas, ou plutôt qui provient de la planche à billets.

Ainsi, on creuse encore davantage le trou de la dette, dans une fuite en avant perpétuelle. Je n'en suis pas un ayatollah, puisqu'en regard d'une dette, il faut toujours évaluer les actifs que celle-ci a financés. Ce qui est inquiétant, si on prend le cas de la France, ce n'est pas tant le niveau en valeur absolue de la dette, moindre qu'ailleurs (enfin, cela peut varier considérablement selon le mode de calcul), que le rythme d'accélération de celle-ci, ce que la crise ne vient pas arranger, et l'incapacité des politiques à renverser le mouvement.

C'est d'ailleurs ce que sont incapables de voir les antilibéraux, où on peut inclure certains catholiques, l'Etat a toujours plus ou moins gardé la main sur l'économie, via les politiques monétaires ou dirigistes. Parfois pour de très bonnes raisons, on ne peut le nier. La privatisation des profits et la socialisation des pertes, qu'ils fustigent à raison, n'a pas commencé avec la crise. L'Etat a eu parfois la main malheureuse comme le très subventionné programme des subprimes, initié par les démocrates américains durant les années Clinton, et qui s'est terminé de la manière dont on sait, les populations insolvables ne pouvant à la fois consommer et devenir propriétaires, il n'y a pas de miracles. A la rigueur, on peut comprendre l'interventionnisme étatique dans certaines situations très ponctuelles, mais la réalité est tout autre, à chaque fois que l'Etat s'engage dans une politique donnée, il ne s'en désengage ensuite que trop rarement.

Or il existe un système qui permet d'éviter ce genre de dérapages, et de mieux réguler l'action de l'Etat, c'est celui de l'étalon-or. Le principe très sain de l'étalon-or est que toute opération de crédit doit être lié à une réserve d'or physique placée en dépôt auprès de la Banque Centrale et que chaque unité monétaire émise peut être convertie en or, à un taux fixé. Avec ce système, la demande de crédit est limitée, les emprunteurs se font concurrence les uns les autres pour opérer, ce qui a tendance à faire grimper le taux du crédit, et à accroître, dans certaines situations, la déflation. Si la croissance est de facto plus stable, elle est moins volatile, donc moins importante. Le cours des monnaies est ensuite plus conforme à la réalité des échanges entre les pays.

Il ne faut pas se leurrer, comme dans tout système, il y a des crises, l'étalon-or n'y échappe pas. Du fait de l'incapacité des gouvernements à pouvoir réinjecter des flux dans l'économie, les crises y seront certainement plus dures que celles qu'on a pu connaitre dans le système de changes actuel. C'est l'une des raisons pour lequel il avait été abandonné, l'Etat n'ayant justement pas de marges de manoeuvre pour redresser ou diriger l'économie à sa convenance. Mais au moins ce système a-t-il le mérite de limiter les montants de dette accumulées par les Etats, de valoriser le cout de l'emprunt à un taux plus conforme à la réalité de la concurrence. Autre avantage, si l'étalon-or ne supprimera ni les hedge funds, ni les bonus, il les rendra probablement plus raisonnables, le recours au crédit étant beaucoup plus cher, ce qui permet de limiter les risques. En outre, l'Etat n'ayant plus les moyens de protéger les banquiers contre eux-mêmes, ceux-ci s'auto-réguleraient pour éviter de périr dans des opérations trop risquées.  Le problème de l'aléa moral serait donc résolu.

Pour de plus amples explications, on pourra se rapporter à cet article d'Alan Greenspan, qui en vante les bienfaits, les mérites et la stabilité dans une économie. Oui, c'est le même Alan Greenspan, ancien président de la Fed, qui a eu, à ce titre, une politique monétaire des plus souples, cause de la crise des subprimes. Même si, sur le moment, il avait de très bonnes raisons d'agir ainsi, on a pu constater récemment à quel point sa politique fut mal adaptée, parce que trop à l'écoute des desiderata des marchés financiers, et finalement en contradiction avec ce qu'il évoque de l'étalon-or.

Ce système, mis en pratique dans le monde à la fin du XIXe avait à peu près fonctionné correctement, avec bien sûr, les crises inhérentes au capitalisme. Les guerres mondiales en ont signé l'arrêt brutal. Certains antilibéraux considèrent que c'est justement l'étalon-or qui explique ces guerres mondiales, les nations se faisant compétition pour accroître leur stock d'or, croyant augmenter leur richesses. Mon avis est quelque peu sceptique sur la question, l'humain n'ayant pas besoin de motivations financières pour se battre avec son voisin, les motivations nationalistes, ethniques, politiques ou historiques expliquant déjà largement les choses, l'économie n'est clairement pas la priorité.

Reste que le plus grand défaut de ce système est qu'il oblige tous les acteurs, et notamment l'empire dominant, à une discipline forte pour éviter de creuser sa balance des paiements. Ce qui est du ressort du voeu pieux. C'est ce qu'on a pu constater dans les années 60, avec le système de Bretton Woods, et l'étalon de change-or (seul le dollar est convertible, les autres monnaies mondiales étant indexées à celui-ci). La forte croissance des USA a creusé leur déficit des paiements; certains de leurs créanciers, comme la France du Général de Gaulle, ont alors demandé la conversion de leurs dollars en or. Voyant les réserves d'or de Fort Knox baisser à grande vitesse, le président Nixon décide unilatéralement le 15 Août 1971 de suspendre la convertibilité en or de la monnaie américaine. L'étalon-dollar, gagé non plus sur l'or, mais sur l'emprunt d'Etat américain, était né.

Le système que l'on connait actuellement, ce ne sera une surprise pour personne, est donc fondé sur la puissance industrielle, militaire et culturelle américaine. Problème: la dette des Etats-Unis, s'accroissant de manière exponentielle, sous l'effet conjugué des guerres, de la consommation et des plans de crise, tend à faire chuter la valeur de la monnaie américaine, ce qui pousse à la hausse la valeur de l'or qui, en parallèle, ne cesse de briser des records. Le dilemme est simple : soit les américains continuent à s'endetter sur des niveaux inconnus jusque-là (si ce n'est au Japon), ce qui aura des conséquences systémiques et dévastatrices à long terme, notamment en termes d'inflation mondiale, soit ils restructurent leur endettement, ce qui aura nécessairement pour effet de réduire la consommation américaine, et donc d'empêcher le retour de la croissance mondiale, et de perpétuer la crise. Priorité est donnée pour le moment à la résolution de la crise. Mais pour combien de temps ? C'est tout l'enjeu de ce qu'on appelle les stratégies de sortie de crise de la part des banques centrales.

Pour le moment, la Chine joue son rôle de premier partenaire américain, et achète, secondée en cela par les autres banques centrales, les emprunts d'outre-atlantique, histoire de ne pas voir péricliter ses actifs libellés en dollars. Le premier producteur du monde (la Chine) achète les obligations émises par le premier consommateur du monde (les Etats-Unis) afin de payer ses achats à l'Empire du Milieu (vous pouvez prendre un aspirine). Ce petit jeu ne continuera pas éternellement. Même si c'est la condition nécessaire pour pouvoir exporter ses produit, la Chine sera probablement lassée d'être payée en monnaie de singe. Etant donné qu'il lui prend des velléités de leadership mondial, dès qu'elle aura les moyens de s'appuyer sur sa consommation interne, elle s'arrachera de la tutelle américaine en vendant sa dette. Par exemple, on sait que la Chine tend à réduire le plus possible la durée de vie des emprunts américains qu'elle détient, laissant le soin à d'autres de porter les plus longues échéances. Ça peut vouloir dire que la Chine arbitre les différences de rémunération entre les échéances, ou, dans une vision plus pessimiste, qu'elle n'a plus confiance dans l'Etat US pour assurer le remboursement à long terme de sa dette, et qu'elle préfère donc se rabattre sur des obligations à échéance courte.

L'étalon-or aurait l'avantage d'empêcher ces excès, de les limiter dès le début. A titre personnel, je pensais que l'étalon-or était une fausse bonne idée, globalement inapplicable, et surannée, parce que trop dépendante des stocks d'or. La crise actuelle, dont les racines proviennent de piètres ajustement monétaires, d'un interventionnisme court-termiste de la part des Etats, me pousse à jeter un regard différent sur ce système, et à revoir mes a priori, malgré ses défauts. Ironie de l'histoire, certains conservateurs demandent désormais l'application de l'étalon-or, conscients de la problèmatique posée par un Etat qui maitrise la diffusion monétaire. Ce faisant, ils se rangent aux côtés des économistes les plus libéraux, qui critiquent violemment le système étato-capitaliste que l'on connait aujourd'hui. Parce qu'il ne faut pas croire que les montants de dette gigantesques, notamment aux Etats-Unis ou au Japon, pourraient être réglés d'un coup de baguette magique, en excluant tout scénario catastrophe comme la faillite d'un Etat.

Mais la véritable difficulté de ce débat n'est pas là, sur les bénéfices comparés de tel ou tel système. Car si c'est la solution de beaucoup de difficultés globales, il est illusoire de penser que les empires dominants, que ce soit les Etats-Unis, ou bientôt la Chine, décident de revenir d'eux-mêmes à l'étalon-or. D'un point de vue politique, la monnaie est une arme beaucoup trop importante pour être abandonnée. Et pourtant, c'est ce qu'il faudrait peut-être réaliser pour avoir un capitalisme plus sain, plus régulé, plus équilibré, plus conforme à la nature des choses.

Chez les professionnels, c'est une hypothèse dont on discute désormais ouvertement. Conscient que le dollar a perdu 99% de sa valeur depuis un siècle, certains, notamment au Brésil ou en Inde, commencent à s'interroger sur l'étalon qui le remplacera d'ici quelques décennies. On parle de DTS, de droits de tirages spéciaux, à savoir une monnaie de réserve, synthèse de plusieurs monnaies différentes, pour les échanges bancaires. Mais une monnaie s'articule toujours sur un pays en particulier, un pouvoir, un Etat, et cette monnaie mondialiste est complètement désincarnée, donc peu séduisante. L'étalon-yuan est l'hypothèse la plus crédible, mais il est encore trop tôt pour y passer, la Chine n'ayant pas encore les ressources financières, logistiques et humaines pour prendre le leadership, même si elle ne se prive pas de faire ses emplettes partout sur le globe. Tant que Shanghaï demeurera une place financière de casino, ce qui est le cas pour le moment, Wall Street peut continuer à spéculer tranquillement. Avec du dollar dont la valeur ne cesse de plonger...



Mercredi 18 novembre 2009
- Publié dans : Finance - Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires
Dans quel ouvrage peut-on trouver ces fêtes ?

Le 29 novembre 2009 : « Dans la communauté musulmane, Aid al Kabir, fête du sacrifice du bélier qu’Abraham a immolé en remplacement de son fils. »

Du 12 au 19 décembre : « Fête juive de Hanoukkah commémorant la victoire des Maccabées et la nouvelle dédicace de l’autel du temple de Jérusalem après sa profanation par les Grecs en 160 avant notre ère. »

Le 18 décembre : « Fête du nouvel an pour la communauté musulmane. »

Le 27 février 2010 : « Fête juive de Pourrim où la communauté fait mémoire du jeûne d’Esther, lorsque le peuple a été libéré du projet d’extermination des juifs exilés en Perse. »

Page 192 : « Il y a quatorze siècles, en 610, Mahomet, alors simple caravanier, commença à prêcher pour ramener le peuple de La Mecque à la religion du Dieu unique et lui enseigner la soumission à la volonté divine. »

Le 21 mars : « Collecte des dons pour le CCFD. »

Le 19 mai : « Fête juive de Chavouot, fête des moissons et du don de la Loi. »

Le 12 août « commence pour les musulmans le mois de jeûne du Ramadan ».

Le 18 septembre « la communauté juive célèbre le grand pardon, Yom Kippour, le jour le plus solennel de l’année, consacré à l’expiation des péchés ».

Du 23 septembre au 1er octobre, « dans la communauté juive, fête de Soukkot ou des Tentes, commémorant le séjour au désert lors de l’Exode ».

Dernier dimanche d’octobre : « Fête de la Réformation. »


Réponse ici.

Non, vous ne rêvez pas, je me dis souvent que je suis encore beaucoup trop tendre et naïf...


Mardi 17 novembre 2009
- Publié dans : Religion - Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires



Lundi 16 novembre 2009
- Publié dans : Pro-vie - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Le rassemblement annuel de la Conférence des Eveques de France s'est terminée le week-end. On aura particulièrement remarqué les propos de Mgr Gueneley (que l'évêque a nié ensuite), bien peu charitables, sur ses confrères qui ont le malheur de mieux réussir que lui.

"Monseigneur Centène, on l’a fait plier. Monseigneur Aillet, on lui donne trois ans. Après, nous verrons. Dominique Rey, son diocèse finira par couler !!!"

  Et d'autre part, cette mention de Mgr Vingt-Trois.

"Je ne suis pas surpris qu’il y ait une différence d’approche [entre les évêques], pourvu que cette différence s’appuie sur un travail. C’est-à-dire que ce n’est pas simplement « au chic ». On peut avoir un évêque qui croit aux communautés nouvelles : il sonne la cloche, appelle six communautés nouvelles dans son diocèse et pense que ça va marcher ! Cela va peut-être marcher tant qu’il sera là, mais après ?"

Sachant que le séminaire de Toulon est le plus rempli de France, que ce diocèse est le plus dynamique, on a du mal à voir ce que le cardinal parisien pourrait reprocher à son collègue du Sud. Mais visiblement, le CEF parait être plus interessée par les sujets à la mode puisque l'on a constaté qu'elle venait de créer deux groupes de travail dont l'un doit s'occuper d'Environnement et écologie, sujet majeur s'il en est, mais très peu en lien avec le salut éternel. Dans ce cadre, Mgr Rey fait tâche, clairement.

A Rome, la situation s'éclaircit peu à peu. Les discussions doctrinales entre la Fraternité St Pie X et le Vatican ont commencé le 26 Octobre. Elles vont porter sur les points polémiques de Vatican II, à savoir la liberté religieuse, l'oecuménisme, et la collégialité. La seule chose que l'on peut souhaiter est que les deux parties prennent leur temps, afin que l'accord final, qui permettra la réintégration définitive de la FSSPX ne laisse aucune marge d'interprétation sur le concile, et permette aux deux parties de s'en sortir la tête haute. D'autant que l'ouragan médiatique étant passé, il me semble que la réintégration ne devrait pas poser de problèmes particuliers. Globalement, contrairement à ce que pourraient penser certains catholiques modérés, il me semble que l'opinion publique a acté du fait que la FSSPX était déjà dans l'Eglise.

A cette aune, la réintégration des anglicans conservateurs est intéressante, le pape n'ayant pas hésité à leur conférer le statut "d'ordinariat personnel", en gros, un statut de diocèse à part entière, non attachée à une région géographique, à l'instar des diocèses militaires. On a vu également tous les loups sortir du bois, les Hans Kung, les progressistes, pour qui oecuménisme signifie non pas l'unité autour de l'Eglise, autour de la vérité, mais le nivellement par le bas du catholicisme, comme en témoignent ces propos d'un certain Abbé Pillain, tout à fait révélateurs de l'état d'esprit progressiste, pour qui ce rapprochement serait indésirable, parce que contraire à l'unité anglicane. Désopilant.

Du côté des traditionnalistes, on continue à s'organiser, et à défendre l'application du Motu Proprio dans beaucoup de paroisses françaises. Bonne occasion pour prendre le pouls, ce colloque, ouvert à tous, qui a lieu samedi prochain à Versailles, qui fera le point sur le Motu Proprio, et tirera le bilan de ces deux années d'application. Toutes les personnalités du monde traditionnel y seront présentes.


Mardi 10 novembre 2009
- Publié dans : Religion - Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Patrice de Plunkett fait encore démonstration de ses partis-pris imbéciles. Il nous pond un billet qui vaut son pesant de cacahuètes, sur ce qu'il faudrait construire, défendre et promouvoir. J'arrive un peu tard, mais ne lisant pas sa prose quotidiennement, je n'ai pas réagi plus tôt, il m'arrive aussi d'avoir une vie. Rappelons donc quelques vérités qu'il a l'air d'oublier.


Un catho libéral soutenant que les suicidés de France Télécom sont moins à considérer que les gains de productivité de cette firme, crache à la face du Christ...

Oulah, dangereux sujet. Les suicides à France Telecom ? Il n'y en a pas plus que dans les autres entreprises, et moins que chez les chômeurs (mais j'imagine que si des chômeurs se suicident, c'est à cause de la pression sociale libérale qui les pousse à trouver un job ? Les capitalistes sont vraiment des salauds, même les chômeurs se suicident à cause d'eux), lisons des études sérieuses, au lieu de plaquer ce qui n'est rien d'autre que de l'anticapitalisme primaire. Cela fait longtemps que pour Plunkett, autant il faut être sérieux, il faut rétablir la vérité quand on parle de l'Opus Dei, autant sur ces sujets-là, tous les moyens sont permis, même la désinformation. Cherchez l'erreur.

Ensuite, j'ai beau être libéral, je ne considère pas que les gains de productivité soient plus importants que les relations humaines, puisque les relations humaines sont justement la clé d'une bonne répartition de l'activité, et d'une saine motivation de la part des salariés. Comme j'ai pu le constater à titre personnel, et en faire d'ailleurs les frais, un chef d'entreprise qui n'entretiendrait pas une saine ambiance dans son entreprise la verrait infailliblement vivoter, constaterait un turn-over important, et ne développerait pas son activité. Bref, tout l'inverse de ce que déclare Plunkett.

D'autant que, sur longue période, il me semble que cette tyrannie du capitalisme soit très hautement préférable à tout ce qu'on a pu connaitre par le passé, socialisme, état de guerre tous les 30 ans, famines, etc. OK, on peut certainement faire mieux, mais enfin, soyons réalistes, on s'en tire pas trop mal, par rapport à ce qu'on a pu connaitre.


Un catho de gauche faisant comme si l'avortement n'était pas grave, piétine une autre partie de la pensée de l'Eglise.

Seul point du texte avec lequel je suis d'accord. Sauf qu'on ne peut mettre en parallèle tous les enjeux liés à la vie, et les problèmes migratoires, ce n'est tout de même  pas de la même importance. Dire que les cathos de gauche sont tout autant en désaccord que les cathos de droite avec la doctrine sociale de l'Eglise, c'est faire fi de l'importance prépondérante des enjeux liés à la vie, sur tous les autres problèmes. Le parallèle ne tient pas une seconde.


Un catho de droite faisant comme si la xénophobie n'était pas grave, piétine une partie de la pensée de l'Eglise.

Vite dit. Très vite dit, même. Ce n'est pas parce que Plunkett a fréquenté des païens xénophobes dans son parcours, que tous les catholiques de droite ayant quelques réserves par rapport à l'immigration seraient du même acabit. Faut pas tout confondre, je sais qu'il aime ça, mais enfin, soyons sérieux.

Où est la xénophobie à constater que des populations de culture non-européenne auront les plus grandes difficultés du monde à s'intégrer dans un pays occidental, surtout si ces mêmes populations pratiquent une religion en contradiction totale avec les valeurs européennes ? Et que l'accroissement de l'immigration accentue ce déséquilibre ? Déjà qu'historiquement les populations européennes, italiennes, polonaises, sans oublier les pieds-noirs, ont été difficiles à intégrer, alors je ne préfère pas évoquer les populations d'origine subsaharienne. C'est ça, être xénophobe ?

Si à titre personnel, les catholiques se doivent effectivement d'être ouverts et accueillants, à titre politique, l'Etat doit préserver la nation de ce qui pourrait la diviser de manière trop importante, ce à quoi contribue une immigration non contrôlée, et difficilement intégrable.

On lit également dans les commentaires.

Elle propose que l'on installe, au coeur de l'économie, une force étrangère au capitalisme libéral : la solidarité sociale, le mutualisme, le don, la gratuité. Tailler une place au « non-profit » dans un système qui ne connaît que le profit, c'est proposer une révolution.

L'économie du don n'existe pas ? Et puis, quoi encore ? Comment vit l'Eglise au travers des legs et héritages ? Comment vivent les associations si ce n'est pas par le don ? Comment vivent les écoles libres ? Comment vivent les paroisses ?

L'économie du don, ça existe déjà. Elle est déjà prise en compte puisqu'il existe des déductions fiscales, puisque l'Etat l'a prise en compte. Elle demande certainement à être developpée, mais enfin on ne peut pas dire non plus qu'on part de rien, soyons sérieux là encore. Sachant qu'il ne me semble pas que les entreprises soient à la traine en matière de mécénat, de soutien aux associations, aux fondations, etc. L'économie du don est tout simplement liée à l'économie globale et s'en nourrit.


D'autre part, Benoît XVI souligne que la voie correcte consisterait à ne pas laisser en tête à tête l'Etat et le marché, mais à faire fleurir la société civile.

C'est vrai qu'on se fait suffisamment harceler par toute la société civile de gauche, et qu'on n'en a pas encore assez. La société civile, c'est très pertinant lorsqu'il s'agit de parties prenantes, de gens impliqués dans les processus (salariész, clients, actionnaires) à un niveau ou à un autre, de gens élaborant des solutions pour améliorer, penser et perfectionner les opérations.

Mais généralement ce n'est pas ça. La société civile c'est aussi le nom que l'on donne à tous les commentateurs incompétents, qui sont à mille lieux des professionnels qu'ils critiquent à longueur de journée, en ignorant tout des enjeux et des perspectives. Curieux comme ça me rappelle quelqu'un...


Dimanche 1 novembre 2009
- Publié dans : Société - Ecrire un commentaire - Voir les 23 commentaires


Vu sur FDS...


Vendredi 30 octobre 2009
- Publié dans : Entracte - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Relaxant et déroutant à la fois. Une prairie tout à fait normale, inondée par plus de 9.5 mètres d'eau cristalline, ça donne ceci:


PS: On aura une petite pensée pour l'amie Camille, qui se marie aujourd'hui.

Samedi 24 octobre 2009
- Publié dans : Entracte - Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Edmond Prochain a écrit un billet sur Sacristains concernant la foi, sur sa façon de l'appréhender. Le texte constitue une réponse à une objection couremment rencontrée selon laquelle croire serait un moyen de se rassurer devant le néant de la vie, le non-sens de l'existence. Edmond rappelle que le croyant est avant tout quelqu'un qui suit le Christ lorsqu'il porte la Croix, que cette perspective n'a strictement rien de réjouissant, notamment lorsque le doute s'en mêle, et l'on ne sait pas du tout, mais alors pas du tout où on va.

Mais en bon vieux tradi grincheux, je ne partage pas tout à fait son avis. Tout d'abord, sur le sujet, il est impossible ici de ne pas évoquer le pari de Pascal énoncé de la manière suivante :

Vous avez deux choses à perdre : le vrai et le bien, et deux choses à engager : votre raison et votre volonté, votre connaissance et votre béatitude; et votre nature a deux choses à fuir : l'erreur et la misère. Votre raison n'est pas plus blessée, en choisissant l'un que l'autre, puisqu'il faut nécessairement choisir. Voilà un point vidé. Mais votre béatitude ? Pesons le gain et la perte, en prenant choix que Dieu est. Estimons ces deux cas : si vous gagnez, vous gagnez tout ; si vous perdez, vous ne perdez rien. Gagez donc qu'il est, sans hésiter.

J'avoue que c'est un raisonnement qui me séduit. Il n'y a rien à perdre à croire en Dieu, si ce n'est une vie de plaisirs, et encore, vu la vacuité et la finitude de nos activités terrestres, on ne perd pas grand-chose au change.

Alors certes, le Christ nous a promis qu'une seule chose, la Croix. Il nous a promis d'en baver sur cette terre. Mais je ne suis pas sûr que les non-croyants aient moins de malheur, souffrent moins que les croyants. Par contre, ces derniers savent clairement mieux remettre ces souffrances en perspective, en les offrant, en acceptant de ne pas tout contrôler, en acceptant de Le laisser faire, Lui là-haut. C'est en cela, il me semble, que l'on peut dire que l'on se rassure. Comme je le disais en commentaire, la perspective de s'en prendre plein la tête pour quelque chose ou quelqu'un est plus rassurante, plus compréhensible, et donc finalement, plus acceptable que la perspective de s'en prendre plein la tête pour rien. Ça fait toute la différence.

Un économiste raisonnerait de manière pragmatique, et poserait la question ainsi, qu'est ce qui fait que j'ai choisi de croire, plutôt que de ne pas croire ? Quel est l'intérêt d'être catholique plutôt que d'être athée ? Si l'on part du principe que je suis quelque peu indépendant de ma formation et du conditionnement social dans lequel je suis né, répondre à cette question est pour moi très simple: croire donne un sens à la vie, une espérance qui va au-delà du néant. J'aime bien la formule de Michel Serrault, "si on n'a pas la foi pour récupérer, pour transformer le sens de la vie, tout devient un peu dérisoire et même pathétique". C'est en cela qu'il me semble que les athées ont raison de dire que la foi est quelque chose de rassurant, en ce qu'elle offre une explication du monde, un paradigme qui se refuse aux athées, qui y voient donc une solution de facilité.

Mais pourquoi le catholicisme, me direz-vous ?

Pour plusieurs raisons. Parce que la religion catholique est d'une rigueur, d'une cohérence et d'une unicité merveilleuse pour expliquer le monde. C'est la seule religion à allier le meilleur de la raison, et le meilleur des sentiments, l'amour. C'est la seule à avoir autant d'idéaux, tout en ayant, dans le même temps, une miséricorde affichée pour les pêcheurs. C'est la seule qui considère que chaque individu peut se sauver sans être pour autant catholique, c'est la seule à avoir mis le doigt sur l'importance du mimétisme, sur la dangerosité de la foule, c'est la seule à renverser la charge du sacrifice, et c'est la seule, enfin, à prôner l'unité, autour de la personne du pape, l'évêque de Rome. On pourrait dire que je n'ai qu'une vision aride de la foi, qui ne serait que devoir, héritage et intellectualisme. Peut-être, mais j'assume, la foi touche différemment chacun des croyants.

Ce n'est pas une vision très noble de la foi, évidemment, ça serait mieux si je débordais d'amour pour Dieu, ça serait mieux si je n'avais pas besoin de signes, si je croyais sans avoir vu, sans Saint Suaire, sans apparitions, sans éléments tangibles auxquels mon faible intellect peut se raccrocher. Mais en même temps, tout focaliser sur un sentiment aussi volatil que l'amour me semble également dangereux, si autant de monde a quitté les églises, c'est bien parce que la notion de devoir, d'exigence avait disparu de l'Eglise, à la suite du concile. Le sentiment, sans appronfondissement et enracinement dans quelque chose de plus solide, finit aussi par se déliter.

D'ailleurs ces deux tendances sont-elles bien repérées puisque l'Eglise condamne aussi bien le fidéisme, c'est à dire la doctrine selon laquelle toute connaissance ne serait accessible que par la Révélation (en oubliant les signes tangibles qui peuvent être accessibles à notre raison) que le rationalisme, qui considère qu'on n'a pas besoin de la Révélation pour accéder à la vérité, fût-elle surnaturelle.

Evidemment, même s'il l'on est peut-être davantage rassuré, tout n'est pas gagné d'avance. Benoit XVI le rappelait récemment, la seule chose à craindre, c'est le jugement de Dieu. Il faut tout de même être digne de ce que l'on a reçu, témoigner de la foi, bref, travailler pour le règne du Christ sur cette terre, ce qui est loin d'être une mince affaire. On n'a jamais assez donné, jamais assez retransmis, là, c'est vrai, il y a un véritable stress. Est-on suffisamment digne de l'amour qu'Il nous donne ? Mais enfin, savoir qu'on est dans le projet de Dieu,  qu'Il nous soutiendra dans les épreuves de la vie, qu'il se soucie de nous me semble plus rassurant que de penser qu'il n'y a rien du tout, que notre vie n'a aucun sens. Le desespoir, c'est tout de même la pire des choses.

Alors oui, j'ai le gros défaut intellectualisant des tradis, qui oublie parfois de mettre un peu d'amour, un peu de coeur. Il m'est arrivé, alors qu'on me posait la question, de dire très simplement, en exagérant quelque peu, que je n'avais pas la foi, dans le sens où je n'avais aucun sentiment, aucune sensation, aucun amour particulier, que ma démarche est essentiellement intellectuelle. C'est ce que l'abbé de Tanouarn,  dans un de ses sermons, rappelle avec la formule de Martin Mosebach : "La foi, c'est ce que nous faisons comme une évidence". Formule qui me rappelle la sentence archi-connue, "il n'y a pas d'amour, il n'y a que des preuves d'amour". Je m'y reconnais bien davantage.

Même si le doute fait partie intégrante de la démarche de la foi, notamment pour les plus grands saints, ma pratique de la foi relève plutôt de l'évidence, ou du devoir. C'est une évidence de rentrer dans des églises quand le besoin m'en prend, c'est une évidence que de m'adresser à Lui, comme on pourrait s'adresser à un père. Evidences qui proviennent de la conviction que cet univers dans lequel nous évoluons, ne peut pas ne pas avoir de sens, a une cohérence interne qui lui est fournie par quelqu'un de beaucoup plus haut placé, et qu'il ne peut en être autrement. Finalement, mon acte de foi, il est là, dans l'idée qu'il y a un sens à tout ça. Que ce sens est nécessairement transcendant, nous attire vers le vrai, le bien et le beau.

A titre de mise en abyme, on peut remarquer que mon billet est plein de citations intellectualisantes, là où Edmond parle juste de ce qu'il ressent, de l'amour qu'il éprouve, comme quoi, même dans notre manière de montrer les choses, nous avons les comportements relevés dans la problèmatique de la foi.

Pas grave, il y a plusieurs demeures dans la maison du père.


Mardi 20 octobre 2009
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