Qui sommes-nous ?

Publié le 28 Avril 2017

Cela fait si longtemps qu'on attendait ce second tour, et cet affrontement idéologique majeur, que je ne sais même plus quoi raconter. Je pourrais faire de grands discours sur les civilisations, les religions, l'importance d'une identité collective soutenue par la théorie de la distinction optimale, les attentats, les migrants, la diversité minant la solidarité mais ce serait vain. Pour vous convaincre de voter Marine à ce deuxième tour, je crois que la meilleure solution est de présenter la manière dont nous, la droite marquée, nous percevons dans les temps présents, hors de tout anathème.

Et pour cela, rien de mieux que de rediffuser ici le texte que j'avais qualifié de "Manifeste de la réacosphère" en 2009. Il n'a rien perdu de sa pertinence, au contraire. Il avait été écrit par un blogueur, The Hank Nest, disparu depuis fort longtemps, bien sûr.

A titre personnel, je ne suis pas aussi désespéré que le texte pourrait le laisser penser, les conflits, si conflit il y a, étant encore loin. Mais l'évolution des choses, notamment sur le plan communautaire, n'incite guère à l'optimisme parce que l'islam identitaire a pris la place lui revenant, comme prévu. Je rappelle que 30% des musulmans en France, d'après l'Institut Montaigne, sont sécessionnistes (c'est à dire qui ont des valeurs contraires aux principes républicains), 50% chez les jeunes de 18 à 25 ans. Et il est difficile de qualifier l'Institut Montaigne d'extrême-droite. On verra que les chiens de garde, dénoncés dans le texte, ont quelque peu perdu de leur mordant, au vu de certaines polémiques récentes, mais sont toujours vigoureux.

Les choses changent, oui, mais à quel rythme et pour quel résultat ? Là est la question.

Trêve de bavardages, laissons la place à Hank.

 

 

Qui nous sommes, ce que nous faisons et pourquoi nous le faisons.

14 mars 2009, par Hank.

Nous ne sommes ni des héros, ni des rebelles. Nous ne sommes ni des guerriers, ni des conquérants. Pour la plupart, nous n’imaginons même pas pouvoir tuer pour nous défendre. Pour la plupart, nous nous contentons de nous arrêter au bord du chemin pour mieux observer le troupeau qui défile. Nous ne prétendons incarner aucun idéal de perfection. Nous ne donnons pas de leçons.

Nous sommes païens, chrétiens, athées ou agnostiques, mais ce qui nous unit au-delà de nos – nombreux – points de divergence, c’est la conscience aigüe que notre peuple est programmé pour la disparition.

Nous ne sommes ni prosémites, ni antisémites. Ni pro-arabes, ni anti-arabes. Ni pro-chinois, ni anti-chinois. Ni pro-indiens, ni anti-indiens. Ni pro-africains, ni anti-africains. Nous connaissons et admirons, quand c’est légitime, les œuvres des uns ou des autres. Nous ne sommes ni racistes, ni antiracistes.

Nous ne reprochons à aucun peuple de vouloir s’imposer, à aucune culture de souhaiter s’étendre. Nous ne dénions à aucun peuple le droit, sinon le devoir, de prospérer et de bâtir sa légende par le sabre ou le livre.

En revanche, nous reprochons à notre propre peuple d’avoir renoncé à sa propre survie.

Nous croyons à l’histoire et au long terme. Nous croyons aux civilisations qui naissent, aux civilisations qui brillent, aux civilisations qui chutent. Nous savons que les vainqueurs d’hier peuvent être les vaincus de demain. Et inversement.

Nous ne croyons pas nécessairement à la supériorité intrinsèque de notre culture, mais réclamons le droit d’y croire, à l’instar de tous ces Autres qui portent des cultures auxquelles, par leur foi, leur vigueur, leur labeur ou leur détermination, ils insufflent la vie.

Nous réclamons à notre époque, à nos parents, à nos contemporains, que soit reconnue notre volonté de rentrer dans l’histoire, en tant que membres d’un peuple distinct, porteurs d’une culture distincte née de racines distinctes.
Et nous disons que si cette volonté n’est pas reconnue, que si le message dont nous sommes porteurs ne trouve pas d’écho dans la masse de nos semblables, alors nous disparaîtrons tous.

Nous serons rayés de la surface du globe, et tout ce qui fait ce que nous sommes sera piétiné, détruit ou jeté aux oubliettes. Nos statues seront défigurées, nos monuments rasés, nos livres brûlés ; le temps effacera jusqu’à notre souvenir, car d’autres auront rebâti et prospéré sur les ruines de nos temples, de nos maisons et de nos bibliothèques.
Et si d’aventure il se trouve un historien pour prendre notre défense ou se passionner pour les œuvres de nos anciens, il se trouvera aussitôt un million, un milliard d’âmes pour lui rappeler que nous étions les méchants, et que nous avons mérité la mort.

Car c’est ainsi que les autres nous voient. Et c’est ainsi que la soldatesque du système nous présente à nous-mêmes et présente nos ancêtres aux jeunes générations. Comme les méchants coupables de tous les crimes de l’histoire. Colons, esclavagistes, génocidaires, collabos, fascistes, racistes, la liste est longue ; voilà ce que nous sommes. Voilà tout ce que nous sommes, prétend le système.
Mais nous ne marchons plus dans la combine. Nous refusons ce portrait factice et partisan, pour plusieurs raisons.

D’abord, parce que nous ne voulons pas mourir.

Ensuite, parce que nous savons qu’aucune grande civilisation n’est vierge de massacres, de pillages, d’injustices et de brutalités diverses. Parce que nous savons, nous qui croyons à l’histoire, que nous n’avons pas le monopole du colonialisme et de l’esclavagisme, et que ceux-là mêmes qui nous donnent des leçons n’ont que rarement le courage de jeter un regard critique sur les charniers qui émaillent leur propre passé.

Finalement, parce que nous savons que nous ne sommes pas seulement la peine et l’asservissement. Nous sommes aussi la grande philosophie. Nous sommes la grande littérature. Nous sommes des explorateurs, des navigateurs, des scientifiques, des artistes. Nous sommes d’immenses généraux. Nous sommes une foultitude de paysages, d’hommes, de femmes et de pensées multiples qui sont autant de versants de la liberté. Nous sommes une histoire plurimillénaire riche et complexe qui prend ses bases dans l’Antiquité. Nous sommes tant de vastes choses que nul ne saura nous résumer en un livre, pas même en dix.
Aussi ne croirons-nous plus ceux qui prétendent dresser un portrait accablant de notre peuple en cent cinquante pages à peine.

Et c’est pourquoi, humblement, nous écrivons ce que nous écrivons. Pas par plaisir. Pas par égotisme, mais parce que nous sentons que cela doit être fait. Ce n’est pas une mission divine, ce n’est pas une gageure, c’est simplement ce que nous faisons dans l’espoir qu’un jour, nous n’ayons plus à le faire.

Quand nous écrivons, par exemple, que les peuples occidentaux sont appelés à disparaitre, remplacés peu à peu par des peuples plus prolifiques, plus vivants et plus humains, cela ne nous procure aucun plaisir, car nous ne mettons aucune idéologie derrière ce froid constat. La conviction que nos rares descendants, puisque nous n’assurons plus notre renouvellement par les naissances, seront soumis au bon vouloir de ces futurs maîtres que nous appelons aujourd’hui minorités visibles ne nous fait pas sourire. Nous ne nous réjouissons pas à l’idée qu’une probable guerre couchera côte à côte dans la glaise et le sang nos fils et les leurs.

Mais puisque nous souhaitons rentrer dans l’histoire, nous savons au fond de nous que cela ne se fera pas sans sacrifices. Nous en sommes effrayés, bien entendu ; ils mentent ceux qui prétendent qu’ils sont prêts à monter à l’assaut dès demain. Et puis, à l’assaut de quoi ? Nul ne saurait le dire avec précision. C’est bien pour ça qu’il est si facile de se prendre pour un combattant sur internet : ça n’engage à rien.

Il n’est pas à exclure, cependant, que le courage naisse au fond des estomacs les plus incertains ; face au choix entre la soumission et le combat, l’instinct de survie nous poussera peut-être à des extrémités que nous n’imaginions pas jusqu’alors…

Long est le chemin, mais si nous l’arpentons, c’est pour ceux qui viendront après nous.

Rédigé par Polydamas

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