Publié le 1 Septembre 2011

 

Les actes de foi, d'espérance et de charité devenant, à l'usage, très routiniers, ne nous permettent pas de prendre conscience de notre incapacité à pratiquer ces vertus. Prises de conscience qui se traduirait beaucoup mieux par des prières telles que celle-ci.

 

Mon Dieu,

Je ne vous aime pas, je ne le désire même pas, je m'ennuie avec vous.

Peut-être même que je ne crois pas en vous.

Mais regardez-moi en passant.

Abritez-vous un moment dans mon âme, mettez-là en ordre d'un souffle, sans en avoir l'air, sans rien me dire.

Si vous avez envie que je croie en vous, apportez-moi la foi.

Si vous avez envie que je vous aime, apportez-moi l'amour.

Moi, je n'en ai pas, et je n'y peux rien.

Je vous donne ce que j'ai: ma faiblesse, ma douleur.

Et cette tendresse qui me tourmente et que vous voyez bien...

Et ce désespoir...

Et cette honte affolée...

Mon mal, rien que mon mal...

C'est tout !

Et mon espérance !

 

 

In Le combat de Jacob, du père Marie-Dominique Molinié, qu'il faudra bien que j'évoque ici.

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Religion

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Publié le 9 Août 2011

 

Les Etats-Unis ont donc été dégradés par l'agence de notation Standard & Poor's. La notation AAA accordée à la dette américaine, depuis la création des agences en 1941, a été réduite à AA+, avec une perspective négative, un événement sans précédent dans l'histoire financière. En Europe, les marchés actions se sont repliés de 4% en moyenne, tandis que sur les marchés obligataires, la BCE initiait des programmes massifs d'achat de dettes publiques, dans le but de faire baisser les inquiétudes, et d'empêcher ces mêmes dettes de s'effondrer. Outre Atlantique le constat est plus sévère, le marché actions s'effondrant de 6.60% au moment du discours d'Obama. En revanche, l'emprunt d'Etat américain n'a pas bougé, contrairement à ce qu'on pourrait penser, vu que la qualité de ce titre a été dégradée.

 

La dégradation de S&P a conclu deux semaines folles de baisse prononcée des marchés, inquiets de la tournure que prenaient les négociations concernant le relèvement du plafond de la dette américaine (actuellement à 15 000 milliards de dollars). C'est donc une conséquence logique des atermoiements sans fin concernant la dette américaine, S&P ayant dit et répété que le montant n'était pas la cause principale de la dégradation (d'autant qu'une erreur de 2 000 milliards de dollars s'est glissée dans leurs calculs), mais bien l'échec de la gouvernance américaine, qui doit beaucoup à l'intransigeance des minoritaires du Tea Party.

 

Ainsi, les américains doivent-ils, pour la première fois, faire face au coup de semonce des agences à propos de la dette publique, qui a augmenté de plus de 10 000 milliards de dollars depuis dix ans, sous l'effet conjugué des guerres et du sauvetage de l'économie en 2008. Encore ne parle-t-on pas des engagements futurs de retraite, et des passifs divers à financer, dont le total est très largement supérieur aux chiffres évoqués précédemment. Le dilemme est cornélien : soit se serrer la ceinture pour arrêter le déficit, ce qui implique une austérité sans précédent, mais qui réduit ensuite les rentrées fiscales, donc la diminution de la dette, soit continuer à soutenir l'économie, en espérant que l'inflation ou que la croissance permette d'augmenter les rentrées fiscales, ce qui demeure hautement aléatoire, et dans un premier temps, ne se traduira que par une hausse de la dette. On peut souhaiter bon courage au président Obama.

 

En parallèle, la Chine a fait un commentaire peu amène, rappelant le devoir des Etats Unis de réduire leur dette. Ils ne vont pas évidemment pas se faire prier pour rappeler qu'ils sont les premiers détenteurs étrangers de la dette américaine, et qu'ils se déclarent prêts à prendre la suite du leadership mondial (bien qu'ils soient encore beaucoup trop immatures pour cela, et que cela ne pourra pas se faire avant de longues années).

 

L'Europe, quant à elle, n'est pas en meilleure forme. A long terme, fautes de réformes structurelles suffisamment fortes, la situation de l'euro parait bien compromise. On peut résumer les choses de manière assez simple. Soit nos politiques se résolvent à abandonner leurs prérogatives nationales, pour mettre en place le fédéralisme budgétaire d'ici quelques années, soit la monnaie unique explose. (Pour de plus amples détails, il faut lire cette étude ou ces billets d'Econoclaste, et notamment celui-ci ou celui-là.)

 

Si le fédéralisme européen s'impose, c'est la mise en place du pan-germanisme tels que les expansionnistes allemands l'ont toujours rêvé. En effet, le fédéralisme budgétaire nécessite des transferts de fonds entre les régions économiques les plus fortes vers les plus faibles (de la même façon qu'en France, la région parisienne finance abondemment la Creuse, la Bavière devra financer la Grèce et le Portugal). Ce qui implique une prise de pouvoir de la part des zones les plus fortes. Même si l'Allemagne commence à montrer qu'elle est fatiguée de payer, la construction européenne impose qu'elle prenne le leadership de la zone, que ça lui plaise ou pas. Là encore, nous en sommes très loin.

 

Que penser de tout cela ? Sauf réforme d'envergure, inflation d'importance ou cure d'austérité massive avec plan de réduction des dettes, je ne donne plus très cher, d'ici une décennie ou deux, du système capitaliste occidental, vieillissant et à bout de souffle. 

 

Alors, que faut-il faire, pour les rares qui souhaiteraient (encore) investir ?

 

Dans ce contexte morose, les entreprises affichent des bénéfices et des bilans particulièrement sains, jamais vus auparavant. Ce qui est bien la moindre des choses, vu que les entreprises et les banques ont transféré leur dettes, il y a deux ans et demi, aux Etats. Il n'empêche, les perspectives de croissance ne sont pas au beau fixe et les actions, et autres obligations, sont profondément dépendantes des informations concernant les Etats. Par exemple, acheter l'action Total, ce n'est pas seulement acheter l'action d'une entreprise française vendant du pétrole, avec des bénéfices gigantesques, c'est également acheter 15% de l'indice actions français, représentatif de l'anticipation des acteurs sur le devenir économique de la France, elle-même dépendante de la santé de l'Etat français, et de l'Europe. Sauf histoires particulières ou reprise conjoncturelle de quelques mois, je suis globalement négatif à long terme sur les marchés occidentaux.

 

Peut-être l'investissement sur des fonds émergents est-il approprié. Les zones émergentes connaissent une correction boursière violente depuis le début de l'année dont les spécialistes ont du mal à anticiper la fin. Les bulles boursières y sont très présentes, les prix encore chers, les marchés y sont peu mûrs, mais l'avenir est clairement là-bas.

 

Achat d'or. Même si l'or vole de record en record, il n'est pas forcément aussi sur-évalué qu'on pourrait le penser. Preuve en est cette étude (en anglais) qui montre, par rapport aux indicateurs monétaires et macro-économiques classiques, que l'or pourrait même être sous-évalué. Inutile de dire qu'en cas de vacillement du système économique mondial, l'or physique deviendrait l'investissement refuge par excellence, et que sa valeur devrait monter au ciel. Il n'a d'ailleurs pas cessé de grimper, puisqu'il a pris plus de 20% en un mois (en euros). N'oublions pas non plus le cash, tout garder en liquidités en attendant des jours meilleurs peut être une idée. Vous ne gagnez rien, mais vous ne perdez rien, ce qui, par les temps qui courent, est presque une bonne affaire.

 

Plus globalement, on peut se demander ce qu'il faudrait faire pour éviter qu'une telle crise se reproduise.

 

Il m'est arrivé d'écrire sur ces question, où je répondais par l'étalon-or. Aujourd'hui, j'arrive à une conclusion un peu différente. Il me semble que le problème n'est pas tant le système monétaire ou capitaliste que la mentalité avec laquelle chacun remplit sa tâche. Les financiers sont peut-être hautement critiquables, reste qu'ils ne sont pas plus cupides que l'homme de la rue. Si ce dernier se trouvait à la même place, avec les mêmes avantages et mêmes techniques, il ferait les mêmes bêtises, et les mêmes profits. Me semble-t-il, la réponse à cette crise n'est peut-être pas une réponse de système (quoi qu'un système comme le distributisme, sans être un adepte de la décroissance, me parait être une voie sur laquelle réfléchir), mais une réponse de personnes. Ce qui importe est la façon dont chacun remplit sa tâche.

 

Comme le disait Emmanuel Faber (actuel directeur général de Danone, qui a passé le début de sa carrière en banque d'investissement) en conférence, la relation que la société entretient avec la finance est un juste retour de la relation que la société entretient avec ses ainés. Dans le sens où la finance étant un monde d'argent, c'est à dire majoritairement détenu par les générations les plus agées, la pression financière est un parallèle à la pression que la société met sur ses ainés pour les faire disparaitre de sa vue. Bien évidemment, la comparaison a ses limites, vu que la finance est un monde beaucoup plus large et international qu'une simple génération. Mais tout de même, il me semble qu'elle est pertinente, en ce qu'elle pose la question de la relation personnelle que chacun entretient avec son prochain. Il faut bien comprendre que nous avons les politiques, les dirigeants économiques, les financiers, les journalistes, ou même les chinois, que nous méritons collectivement. Le comportement des uns a un impact évident et clair sur le comportements des autres. Si l'on est dur, cupide, âpre au gain, et violent, alors il est on ne peut plus normal d'avoir des intervenants sur cette même longueur d'onde. Il n'aura échappé à personne que peu de gens se soucient du bien commun, que la majorité se préoccupe de tirer ses marrons du feu, sans penser aux conséquences induites sur le système. Après moi, le déluge ! A force de servir sur la bête, il est normal qu'elle soit à bout de souffle.

 

A l'heure des changements d'empire, on peut se poser la question de la responsabilité collective et personnelle. Problèmatique que l'Eglise n'a pas cessé de mettre en relief, en pointant l'impératif de personnalisation des relations économiques. Il serait peut-être temps de s'y pencher sérieusement.

 

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Rédigé par Polydamas

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Publié le 6 Juillet 2011

 

The Tree of Life, le film de Terrence Malick, palme d'or au dernier festival de Cannes, suscite les réactions habituelles

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des spectateurs à chaque sortie de ses long-métrages. On aime ou on déteste, et chacun, selon la vulgate ambiante, y voit ce qu'il y veut  (il est  d'ailleurs parfaitement possible que je tombe dans ce travers). Néanmoins, très peu ont vu, parmi les commentateurs et les critiques, à quel point ce film est profondément chrétien. Terrence Malick est baptiste épiscopalien, et tente de transmettre une vision des choses en accord avec sa foi au travers de ce film. Il est vrai que le niveau de déchristianisation est tel qu'il est difficile pour les spectateurs de comprendre les références religieuses du film. Que les gens cultivés me pardonnent, je ne vais pas cesser d'enfoncer des portes grandes ouvertes, rappeler des évidences grosses comme des maisons, bien des symboles utilisés par Malick sont simples, simplistes, à la limite du cliché éhonté, mais c'est le prix à payer pour expliciter le film au spectateur lambda.

 

En guise d'avertissement, je dois indiquer à mon lecteur que je dévoile toute l'intrigue (si vous ne l'avez pas vu et que vous souhaitez garder la surprise du film, faites l'impasse sur ce billet), et que celle-ci prend tout son sens dans ma vision des choses. Pour autant, je me pose encore quelques questions sur la signification de certains passages, tout n'est pas bien éclairci, il est certain que je n'épuise pas la richesse de toutes les scènes du film, et il est non moins probable que des niveaux de lecture m'échappent, tandis que je dois passer à côté de toutes les références iconographiques, renvoyant à la culture américaine, ou aux films précédents de Malick (bien que ceux-ci évoquent tous l'idée d'un paradis perdu, que l'homme ne cesse de poursuivre). Ce billet est donc nécessairement imparfait et incomplet, et aurait besoin de mises à jour en fonction des apports pertinents des uns et des autres, mais également des versions longues ou director's cut qui pourraient voir le jour (on parle de versions de 4 à 6 heures) et qui apporteraient d'autres éléments.

 

Concernant ce billet, prenez votre temps pour le lire, ce billet est long, très long, trop long probablement, mais il me semble que pour expliquer pas à pas la démarche de Malick et la mettre en regard de la foi chrétienne, il soit impossible de faire moins, on pourrait facilement écrire une thèse à ce sujet. Le réalisateur réfléchit à ce film depuis une trentaine d'années, il a eu le temps de le peaufiner (d'autant que la sortie initiale, prévue pour l'année dernière, a été repoussé d'un an car Malick n'était pas satisfait de son montage).

 

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L'histoire résumée est assez simple : à l'occasion d'une dispute avec son père, un homme, Jack, repense à son enfance et adolescence. Ayant son frère et sa mère en tête, il analyse leur rôle durant cette période. Et comprend alors que son frère et sa mère ne sont que des signes de quelque chose de plus haut. 

 

Présentons les principaux personnages qui sont au nombre de quatre :

- le fils ainé, brun, Jack, que l'on voit bébé, adolescent (excellent Hunter Mack Crunken) et adulte (Sean Penn), le personnage principal du fil, dont la voix en off est le fil rouge du film

- le fils cadet, blondinet, qui n'est pas nommé, mais dont les initiales sont RL

- la mère, Mrs O'Brien, interprété par Jessica Chastain qui illumine l'écran

- le père, O'Brien, interprété par Brad Pitt

 

Malgré cela, le sujet principal du film, ce n'est pas Jack, ni sa famille, mais Dieu. Dieu que Malick évoque par la contemplation de sa Création, et par cette vie, somme toute banale, d'un homme qui comprend un peu mieux le sens de celle-ci. Dieu est représenté dans le film par le soleil, ainsi que l'indique Mrs O'Brien à son fils ("C'est là que Dieu habite"), ce qui n'est pas le moindre des clichés du film.

 

Le film commence par une espèce de flammèche qui représente, à mon humble avis, l'âme de Jack, en lien plus ou moins étroit avec le Créateur (on entend régulièrement des vagues à ces instants), la voix off de Jack revenant parfois à ce moment. Cette flammèche revient tout au long du film, change régulièrement de structure, et le conclue. Elle marque la séparation entre les différents parties du film, parties que l'on peut résumer ainsi :

- l'introduction qui commence par l'annonce du malheur de la mort de RL, le cadet blond, probablement situé il y a une trentaine d'années. Elle est centrée sur les parents.

- le présent, où l'on voit Jack adulte, dans une probable crise existentielle, autour de la cinquantaine, se posant des questions sur sa vie

- le passé où il relit sa propre enfance et adolescence, qui compose l'essentiel du film

- l'accomplissement, où Jack comprend ce qui lui est demandé, fait le choix de la Vie et la conclusion qui en découle

Mon billet reprendra cette structure qui permet de coller au mieux au film. 

 

D'où plusieurs histoires dans l'histoire. Tout d'abord, celle des parents O'Brien avec leurs enfants, celle de Jack repensant à son passé, puis celle du même Jack, cette fois adolescent, traversant les vicissitudes de la vie. Les symboles qui traversent le film, et qui lui donnent sa cohérence, sont les suivants : l'arbre de vie, qui symbolise la vie du cadet, RL, porteur de grâce comme sa mère, le soleil, symbole de Dieu, la flammèche, et la voix de Jack en off. Les scènes se font écho les unes les autres au sein du film et les allusions à des références extérieures sont incessantes.

 

Avant d'aller plus loin, regardons la bande-annonce, qui nous permettra d'avoir une idée des scènes que je vais évoquer ensuite.

 


The Tree of Life (VOSTFR) - Bande-annonce HD...  

 

Si on prend garde aux paroles, la bande-annonce permet de comprendre rapidement le long-métrage.

 

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On remarquera tout d'abord que la narration du film respecte la structure du livre de Job, dont l'introduction est une référence évidente, deux versets de ce livre introduisant le film :

Où étais-tu quand je fondais la terre ? (...)

Alors que les étoiles du matin éclataient en chants d'allégresse, Et que tous les fils de Dieu poussaient des cris de joie ? (Job, 38; 4,7)

Il s'agit du moment où Dieu s'adresse à Job après qu'il n'ait cessé de jusfifier de sa bonne foi et de sa droiture face à ses amis. Il ne comprend pas et s'en prend à Dieu, qui lui répond ainsi. Le livre de Job est introduit par l'annonce du malheur, puis par une discussion progressive entre trois amis et Job, qui occupe le corps du texte (où il relit sa vie également) pour enfin se terminer par la protestation de Job de sa bonne foi, la parole de Dieu et la réhabilitation de Job. Cette structure du livre est reprise dans le film, Job étant représenté par Jack.

 

"Frère, Mère, c'est vous qui m'avez conduit à Lui."

Première phrase du film, prononcée par Jack, en off. Juste après, c'est Mrs O'Brien, sa mère, qui prend la parole, en évoquant le contraste entre nature et grâce, thématique tirée du chapitre 54 de l'Imitation de Jesus-Christ (et que Simone Weil a reprise dans la Pesanteur et la Grâce). Mrs O'Brien développe tout un descriptif de la grâce, en rappelant que la grâce est patiente, lente à la colère, discrète, charitable. Elle termine en disant que quoi qu'il arrive, elle lui restera fidèle. Si on met en rapport ces deux phrases de prologue, on comprend dès lors aisément que le frère et la mère sont les deux représentants de la grâce dans la vie de Jack. Ce que Malick n'aura de cesse de développer tout au long du film.

 

On annonce la mort de RL à sa mère, qui s'effondre. L'arbre est étique, probablement mort, le ciel est gris, le soleil caché. Des amis viennent tenir à la mère des paroles qu'ils croient réconfortantes ("La vie continue", "tu as d'autres fils", "il faut aller au-delà") mais qui ne font qu'accentuer la peine de la mère. Exactement comme dans le livre de Job. O'Brien regrette d'avoir été trop colérique envers son fils. Changement de chapitre.

 

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Lorsque Jack, la cinquantaine, se réveille, des images de plage et de sa mère, apparaissent et visiblement, le travaillent, ce qui l'incite laisser sa main sous l'eau, puis à allumer une bougie et à la contempler. La caméra s'attarde sur un arbre emprisonné dans du béton, signe de l'emprisonnement de la vie de Jack qui n'a pour le moment pas grand sens, malgré le fait qu'il vive dans le luxe et l'aisance. Alors qu'il est au travail, dans des buildings de verre et d'acier, des images de ce même Jack sur une plage et face à une porte, au milieu de nulle part sous un soleil resplendissant, apparaissent. Il recule, ne souhaitant pas franchir le seuil de cette porte. Pourtant, il entend la voix de son frère lui disant "Suis-moi". Cette porte est une référence claire à l'Evangile qu'il refuse alors de faire sien, et qu'il n'accepte qu'à l'issue du film. Son évolution entre ces deux moments n'est pas montrée, elle n'est que suggérée par la relecture de son enfance et adolescence, vue sous l'angle de la grâce.

 

 

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 Troublé par les pensées de son frère, il s'asseoit en haut d'un building, (cathédrale de verre et d'acier qui renvoient aux cathédrales naturelles que sont forêts et falaises, et qui reflètent le ciel magnifique) à contempler la vue, et à réfléchir. La voix de Jack adulte qui coure le long du film en off provient de ce moment. Il me semble qu'il s'agit ici de la temporalité principale du film.

 

Et quand la voix de Jack en off pose une question, qui généralement s'adresse à Dieu, Malick propose aussitôt sa réponse. Mais à la manière divine, pas à la manière humaine, c'est à dire jamais comme on l'attend, et parfois allégorique.

 

Ainsi, à l'intersection de ce chapitre et du suivant, Jack adulte pose une question concernant le Seigneur : "Où étais tu ?" Malick y répond par le récit de la Création, magnifiquement mise en image, se prolongant par la création de l'homme, représentée par la naissance de Jack, suivie de l'histoire de son enfance et adolescence. Malick suggère donc, sans y toucher, que Dieu était présent non seulement dans la Création, mais également durant toute sa vie, à laquelle Jack est en train de penser. A la même question posée par Jack enfant, Malick répond par une cour de récréation baignée de soleil où des garçons et filles jouent innocemment. Dieu là encore est proche, mais est également dans la rencontre avec l'autre. "Quand as-tu pensé à moi pour la première fois ?" La réponse vient de suite puisque l'on voit les parents O'Brien amoureux, plein de tendresse l'un envers l'autre, quelques instants avant la concrétisation charnelle de leur amour. Dieu a donc commencé à penser à Jack (si tant est que Dieu puisse "commencer" à penser à quelqu'un) au moment où ses parents se sont unis.

 

"Laisse-moi voir les choses comme toi tu les vois."

Tout le sujet du film.

 

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"Dieu dit: Que la lumière soit! Et la lumière fut. 

Dieu vit que la lumière était bonne; et Dieu sépara la lumière d'avec les ténèbres."

Genèse 1:3-4

 

 

 

Extrait de la Création, vue par Terrence Malick. Le Lacrimosa est celui du Requiem de Preisner. (Le Lacrimosa est un couplet du Dies Irae, la séquence, le passage entre l'épitre et l'évangile, chantée lors d'une messe de Requiem, pour le repos des défunts.) Les larmes, évoquées par le Lacrimosa, dont il s'agit ici ne sont pas des larmes de tristesse, mais de joie. Ce qui renvoie bien évidemment au verset introductif du film.

 

Tous les détails de la Création suivent (lumière, étoiles, planètes, terre, eau). Un flash puissant fait penser au geste créateur de la vie. Viennent ensuite de longues scènes sur l'évolution. Puis vient le passage des dinosaures, à propos desquels beaucoup de critiques se trompent (on voit un vélociraptor, un redoutable chasseur carnivore, épargner un herbivore blessé). Il me semble que l'on peut voir ici la nature vivre en harmonie avec le Créateur, avant la Chute due au péché originel. Péché originel qui, me semble-t-il ne sera mis en scène que bien plus tard, lorsque Jack dira violemment "NON" à sa mère.

 

Destruction des dinosaures, par une météorite, puis naissance de Jack : le bébé est dans une maison sous l'eau. Avec sa mère, en sirène montant vers la surface, qu'il lui faut suivre. Symbolique du liquide amniotique, du confort de la vie dans le sein de sa mère. Quelques scènes montrent O'Brien avec son fils dans les bras, avec les petits petons de son fils, ce qui m'a fait penser au symbole bien connu dans les milieux pro-vie.

 

Le bébé apprend les noms des animaux, les uns après les autres, renvoyant à Adam, à qui Dieu demande de nommer les animaux qui se présentent devant lui. Malick glisse même une allusion à Noé, le bébé jouant avec des animaux en bois sur une arche. Kaa, le serpent du livre de la Jungle est évoqué en même temps qu'une comptine de lapins où la mère raconte qu'il est interdit au lapin d'aller dans le jardin d'une voisine. Ce que d'ailleurs O'Brien interdit spécifiquement à Jack un peu plus tard. Malick voudrait nous présenter chaque verset de la Genèse, l'un après l'autre, qu'il ne s'y prendrait pas autrement. Oui, je sais, c'est facile à voir, encore faut-il l'avoir vu. 

Dés que RL nait, son père plante un arbre, avec l'aide de Jack. Si cet arbre de vie n'est pas le symbole de RL, je ne vois pas ce que c'est. 

La grâce est identifiée à la mère par deux jolies scènettes, celle avec ses pas de danse en apesanteur, près de l'arbre, et sous le soleil, avec le papillon avec lequel elle joue. O'Brien est fort, décidé, un vrai mâle américain, sûr de sa force et de son bon droit. Il pense que sa femme est trop gentille, voire naïve, qu'elle ne comprend rien à la vie, qu'il faut savoir s'imposer, se battre, ce qu'il apprend à ses fils. Les deux parents se différencient également par leur présence. Le père est dans l'action, la mère dans l'être. Cela se traduit par les deux réveils des enfants, l'un vigoureux, voire rude, pour le père, touchant et plein de tendresse pour la mère.

 

Vient maintenant la grosse critique que l'on peut porter au film sur les intentions du réalisateur. A trop vouloir marquer le trait pour bien souligner le contraste entre O'Brien et son épouse, la nature et les péchés, d'un côté, et la grâce, de l'autre, Malick en fait probablement un peu trop. En filmant la patience de la mère, qui est l'incarnation exacte des propos qu'elle tient dans les premières minutes du film, il en fait une complice passive des exigences tyranniques de son mari (au point qu'il exige que ses enfants l'appellent "Monsieur"). Un couple est une unité, aucun conjoint ne peut réaliser quoi que ce soit sans, au minimum, l'acceptation tacite ou inconsciente de l'autre. Or, si l'on prend le point de vue théologique, la grâce n'accepte pas la nature au sens strict, elle la transfigure, elle accepte ce qui existe, mais elle agit pour la modeler et la transformer, non pas pour la laisser faire plus ou moins passivement. La force est une des quatre vertus cardinales, or Mrs O'Brien apparait moins forte que passive, dans cette version du film. Il est fortement possible que dans le déroulé de ces scènes, Malick en dise moins sur son projet que sur sa vie personnelle et ses propres obsessions, reflet de celles d'O'Brien. Une vision plus réaliste, s'il avait souhaité identifier Mrs O'Brien à la grâce aurait été de montrer davantage l'opposition qu'elle ne pouvait manquer de développer face à la dureté de son mari, et qui normalement, devrait la choquer, si elle était vraiment l'incaranation de la grâce. On la voit réagir lors d'une brève scène, mais ce devrait être beaucoup moins fugace et éthéré.

 

Une tension se met progressivement en place qui se traduit, dans la mise en scène, par la disparition progressive de la grâce, ce qui est répété trois fois de manière on ne peut plus lourde :

- les enfants jouent sur des tombes, et l'une d'elle, magistrale, derrière laquelle se cache le cadet, porte le nom de "Gracy"

- dans le prolongement, ce même cadet s'allonge dans un anfractuosité, quasiment comme s'il était enterré

- enfin, la mère, symbole de la Grace, que l'on voit assoupie, en Belle au bois dormant

La conséquence se fait sentir de suite : un incendie se déclenche dans le voisinage. La musique reprend la mélodie du Lacrimosa, jouée de manière beaucoup plus triste. Vient donc le temps de la nature sans freins, du péché. Ce qui est une autre inexactitude théologique, car quelle que soit la situation, la grâce est toujours là, il ne tient qu'à nous de la saisir. A celui qui a beaucoup péché, il sera beaucoup pardonné. Mais on est dans un film, on ne va pas chipoter.

 

La tension trouve son aboutissement dans une scène impressionnante de la colère d'O'Brien. Alors qu'il fait une remarque sèche à son troisième fils, RL dit à son père de se taire. O'Brien est d'abord abasourdi de ce qu'il croit être de l'insolence et explose de colère. La première réaction d'O'Brien, l'effet de surprise passé, est d'enfermer Jack, qui n'a pourtant rien dit de toute la scène, afin d'éliminer celui qui lui ressemble le plus, qui pourrait réagir le plus violemment. Et il ne fait rien d'autre à RL que de le sortir de la maison, de l'écarter de sa vue, ce fils étant le portrait de sa mère, c'est à dire un reproche vivant et parlant de son comportement. Ne dit-on pas que la vérité sort de la bouche des enfants ? O'Brien reproche alors à son épouse de monter ses enfants contre lui. Ce que l'on ne voit à aucun moment dans le film. Et pourtant, il a raison, car en privilégiant l'être, la sensibilité, Mrs O'Brien est un havre de paix qui attire ses enfants, qui les pousse à être, et non à agir, ce qui les met en contradiction flagrante avec leur père. Mais sa réaction d'écarter son cadet est logique car c'est parce que le pécheur a honte de sa faute qu'il élimine de sa vue ce qui représente la grâce.

 

On remarquera également les contradictions d'O'Brien, qui dit exactement l'inverse de ce que préconise le sermon du pasteur (pasteur qui appelle à se reposer sur la seule chose qui ne passe pas, pendant que la caméra s'attarde sur le Christ), ses tentatives pour monter dans son entreprise qui se terminent mal. On n'oubliera pas les premiers émois sexuels de Jack, qui visite le jardin (secret) d'une voisine ce que sa mère et son père lui avaient explicitement interdit (en tant que bébé et enfant) auparavant. Sa mère l'attend au retour, baigné dans les rayons de soleil. L'échange de regards dit tout, entre la culpabilité de Jack, et le pardon accordé par sa mère. Vient donc le temps de la violence, associé à la vigueur sexuelle, où Jack fait le constat qu'il fait ce qu'il hait. Ce qui nous renvoie à St Paul « Je ne fais pas le bien que je veux, mais je fais le mal que je hais » (Romains, 7;15). Dans le prolongement, Jack écoute un autre enfant grâce à une boite de conserve reliée à une autre par un fil. Or l'autre enfant monte Jack contre les adultes : "Ils ne veulent pas nous laisser connaitre, ils ont peur de nous". Est-il vraiment besoin que je traduise cette symbolique du serpent dans le jardin d'Eden, dont l'enfant tient exactement les mêmes propos ? Ce qui se traduit rapidement par la consommation de la rupture entre lui et ses parents par un retentissant "NON"  que Jack crie à sa mère. Dans le jardin, se détache une tente, où il semble vivre, symbolique d'Adam rejeté par Dieu du paradis terrestre. Les scènes que j'ai du mal à comprendre, sont celles qui concernent le grenier, où il y entre après y avoir suivi sa mère, et qui me semblent être le reflet de l'inconscient de Jack. Malick filme d'ailleurs beaucoup les ombres.

 

"Pourquoi serai-je bon quand toi tu ne l'es pas ?" Questionnement qui s'adresse à la fois à Dieu et à son père. Et effectivement, il fait le mal. Ainsi lorsque Jack présente à son frère un fusil d'enfant dont il lui demande de boucher le canon, il n'hésite pas à actionner la gâchette pour lui faire mal (ce qui renvoie à une scène similaire où Jack lui présente de la même façon le corps en bois d'une la lampe électrique), on est dans la rivalité classique entre deux frères (Abel et Caïn), notamment au point d'orgue qui est la complicité musicale entre le père et le cadet, sous le regard jaloux de l'ainé (on se rappelle le sacrifice d'Abel qui est davantage agrée par Dieu que celui de Caïn). Et pourtant, bien qu'agressé par ce tir de fusil, RL ne cherche pas à se venger, ce qui évoque, là encore, le propos introductif de Mrs O'Brien, malgré la demande que lui fait son frère, rongé par la culpabilité d'avoir fait souffrir son frère. Regret aussi d'avoir joué avec lui, de ne pas lui avoir fait confiance, alors que son frère lui disait spécifiquement le contraire.

 

D'ailleurs, il suffit que Jack croise les mains, et adopte une attitude de prière, pour que RL le touche. Jack est donc littéralement touché par la grâce, ce qui a pour conséquence, dans le plan suivant, les jeux que Jack se prend à réaliser avec le petit brûlé, en lui donnant ses échasses en boites de conserves. La grâce en action illumine le monde et les autres. On comprend donc que tout dépend de la volonté de Jack. Il suffit qu'il se tourne vers l'intériorité pour que la Grâce agisse en lui, et qu'il fasse du bien autour de lui. Enfin, quand O'Brien se fait licencier, il comprend que ses enfants sont sa seule et unique vraie richesse, l'abre de vie est alors couvert de fleurs roses magnifiques, RL est complètement épanoui.

 

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Le soleil est blanc, froid, la terre est dévastée et s'aligne face l'astre. Il ne faut pas être grand clerc pour y voir une préfiguration de l'Apocalypse. Nous voyons des tombes, on entend le cantique funéraire de Tavener et le Requiem de Berlioz, mais à aucun moment, on ne voit la mort de Jack. La maison dans laquelle il dort renvoie à celle qui précède sa venue au monde. Sauf qu'il ne s'agit plus de la vie matérielle, mais de la vraie Vie. Eternelle, cette fois. Et là encore, il doit suivre sa mère, puis son frère. Sortir du confort bien douillet de sa vie proprette pour prendre le risque du dépouillement face au soleil, face à l'Eternel. 

 

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En fait, la porte étroite que Jack hésitait à franchir au début vient du verset de St Matthieu (7.13-14):

"Entrez par la porte étroite. Car large est la porte, spacieux est le chemin qui mène à la perdition, et il y en a beaucoup qui entrent par là. Mais étroite est la porte, resserré le chemin qui mène à la vie, et il y en a peu qui les trouvent."

Le tout sous un soleil radieux, le regard de Dieu. Il s'agit ici tout simplement du choix du chemin à prendre dans sa vie, celle du péché, ou celle de la grâce, de la vie divine. Tout le film prend sa pleine signification à ce moment. 

 

En parallèle, Mrs O'Brien est, malgré son sourire, à la peine. Pour elle aussi, la voie vers Dieu est difficile. Aidée donc d'une jeune amie de classe de Jack, Mrs O'Brien tient quelqu'un que l'on devine être son fils, RL, et dit "Je te le donne". Elle doit accepter le décès de son fils, pour l'offrir à Dieu. La jeune amie étant, pour moi, une représentation transparente de la Vierge Marie, celle qui est "pleine de grâces", la mieux à même de pouvoir l'aider dans cette offrande.

 

Se voyant plus jeune (il voit l'enfant qui est en lui), et sa mère au-delà, il finit par décider de franchir la porte, il arpente des chemins escarpés, exigus et difficiles, ce qui lui permet de rejoindre les autres sauvés et  de s'effondrer dans la boue face au soleil, ce qui là encore fait référence à une phrase qu'O'Brien avait dite avant "Un jour nous nous effondrons en pleurant, en comprenant tout". Il prend alors conscience du rôle joué par son frère et sa mère dans sa vie, qui n'étaient là que pour le changer et l'amener à Dieu. L'arbre de vie est au milieu, à une taille modeste, le soleil faisant face. Des enfants s'avancent. En tête, bien sûr (SI vous ne vous convertissez et si vous ne devenez comme les petits enfants, vous n'entrerez pas dans le royaume des cieux. St Matthieu 18 : 3). Un masque tombe, ce qui renvoie à un jeu d'ombres chinoises auquel O'Brien jouait avec Jack : faux-semblants, illusions, prétentions, péchés. Tout cela, Jack et son père doivent les laisser choir sous le regard divin pour se rejoindre dans la vérité. Et la lumière du soleil baigne cette famille qui connait ainsi la véritable communion.

 

 

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Retour dans le présent : Jack se met à sourire, ce qui ne lui était jamais arrivé dans cette temporalité en comprenant qu'il est baigné dans la présence de Dieu, que Dieu est là, avec lui, ne l'ayant non seulement jamais quitté, mais qu'Il est la cause de son retournement, de sa conversion. La dernière image avant la flammèche de fin est un pont filmé à contre-jour, un pilier cachant le soleil. Ce qui nous renvoie, là encore, à d'autres piliers mais qui montre également la présence de Dieu en filigrane de toute notre vie.

 

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Et maintenant un peu de théologie rapide. Ne connaissant pas grand-chose à la vision protestante, je me contenterai de reprendre ce que disent les catholiques. Qu'est ce que la grâce pour ces derniers ? "La grâce sanctifiante est le don gratuit que Dieu nous fait de sa vie, infusée par l’Esprit Saint dans notre âme pour la guérir du péché et la sanctifier."

On retire le mot péché pour le remplacer par le mot nature, et nous avons ici un bon pitch du film, sur sa portée symbolique.

 

Quelques autres précisions ne manquent pas d'intérêt si on les applique au film :

- La grâce est le secours que Dieu nous donne pour répondre à notre vocation de devenir ses fils adoptifs. Elle nous introduit dans l’intimité de la vie trinitaire.

 - L’initiative divine dans l’œuvre de la grâce prévient, prépare et suscite la libre réponse de l’homme. La grâce répond aux aspirations profondes de la liberté humaine ; elle l’appelle à coopérer avec elle et la perfectionne.

- Il n’y a pour nous de mérite devant Dieu que suite au libre dessein de Dieu d’associer l’homme à l’œuvre de sa grâce. Le mérite appartient à la grâce de Dieu en premier lieu, à la collaboration de l’homme en second lieu. Le mérite de l’homme revient à Dieu.

 

Si Malick était catholique, on pourrait dire qu'il tente de mettre le catéchisme en image, par le biais de cette métaphore de la grâce identifiée à deux personnages sur quatre. Dont le rôle est justement d'attirer les pêcheurs à Dieu. 

Il nous suit, nous contemple, nous regarde. Est présent partout, de l'infiniment grand à l'infiniment petit, en filigrane de toute notre vie, caché derrière chaque élément de notre quotidien. Dieu profite des vicissitudes de notre existence pour s'introduire par effraction et nous retourner vers lui. Mais ça ne se fait qu'à une condition : celle de lui laisser ouverte notre porte, de décider de lui faire confiance, de ne pas laisser nos penchants nous emprisonner.

 

De ne pas laisser notre volonté, influencée qu'elle est par la nature, de faire obstacle à la grâce.

 

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Il est très intéressant de voir que Terrence Malick met en oeuvre, par ce film, une belle application des points sur lesquels insistent les Eglises protestantes, que sont la conversion, racontée dans ce film, le témoignage, qu'est cet ovni cinématographique, et l'autorité de l'Ecriture sur laquelle ne cesse de s'appuyer le réalisateur. Enfin, je remercie Fromage + dont le billet m'a donné envie de voir le film, mais également ceux qui m'ont permis de mieux le cerner, et notamment LL.

 

PS : On lira aussi la vision de Pierre Schneider qui apporte un éclairage intéressant.

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Entracte

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