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Publié le 10 Janvier 2011

Apprends-moi, Seigneur


Apprends-moi, Seigneur, à bien user du temps que tu me donnes pour travailler, et à bien l'employer sans rien en perdre. Apprends-moi à  tirer profit des erreurs passées sans tomber dans le scrupule qui ronge.

Apprends-moi à prévoir le plan sans me tourmenter, à imaginer l'œuvre sans me désoler si elle jaillit autrement. Apprends-moi à unir la hâte et la lenteur, la sérénité et la ferveur, le zèle et la paix.
 
Aide-moi au départ de l'ouvrage là où je suis le plus faible.

Aide-moi au cœur du labeur à tenir serré le fil de l'attention, et surtout comble Toi-même les vides de mon œuvre. Seigneur, dans tout labeur de mes mains, laisse une grâce de Toi pour parler aux autres, et un défaut de moi pour parler à moi-même.
 
Garde en moi l'espérance de la perfection, sans quoi je me perdrais d'orgueil.

Purifie mon regard : quand je fais mal, il n'est pas sûr que ce soit mal et quand je fais bien, il n'est pas sûr que ce soit bien.  

Seigneur, ne me laisse jamais oublier que tout savoir est vain, sauf là où il y a travail, et que tout travail est vide, sauf là où il y a amour, et tout amour est creux qui ne me lie à moi-même et aux autres et à Toi.
 
Seigneur, enseigne-moi à prier avec mes mains, mes bras et toutes mes forces.

Rappelle-moi que l'ouvrage de mes mains t'appartient et qu'il m'appartient de te le rendre en te l'offrant.

Que si je le fais par goût du profit, comme un fruit oublié je pourrirai à l'automne.

Que si je le fais pour plaire aux autres, comme la fleur de l'herbe je fanerai au soir.

Mais si je le fais pour l'amour du bien, je demeurerai dans le bien.

 

Et le temps de faire bien et à ta gloire, c'est tout de suite.
 
Amen.

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Religion

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Publié le 20 Septembre 2010

Dimanche soir. Après la messe. L'idée m'était venue pendant celle-ci d'aller le voir ensuite.

 

Dans le grand hall, des jeunes catholiques que je connais sont en train d'acheter leur place. Je les dépasse, envie de regarder ce film seul. De le laisser résonner en moi. Je m'installe dans la salle. Tiens, deux vieilles connaissances d'école au loin. Un prêtre s'assis dans la rangée précédant la mienne. Des cathos, reconnaissables entre mille se joignent à nous. Les gens affluent.

 

Le film commence. Des Hommes et des Dieux. L'histoire des moines de Tibehirine.

 

A priori plus que positif, le Petit Lieutenant, le film précédent du réalisateur m'avait touché, ce n'était pas un polar français comme les autres, il était beaucoup plus empreint d'émotion et de réalisme. C'était une réussite.

 

http://www.koztoujours.fr/wp-content/uploads/2010/09/tibehirine.jpg

Disons-le, j'ai beaucoup aimé ce film. Notamment parce qu'il réveille et fait allusion à ce j'ai pu y lire de ma propre vie, et de mes choix, que pour le film en lui-même.

 

Lambert Wilson affirme dans un entretien que son rôle du Frère Christian de Chergé peut couronner la carrière d'un acteur. Je suis bien d'accord avec lui, mais pour parfaitement le jouer, il aurait fallu cette étincelle dans le regard, cette paix intérieure, cette preuve de l'homme habité. Ce qu'il n'a malheureusement pas, il lui aurait fallu au minimum six mois de prière et de recueillement pour y parvenir. Pour ceux qui ne comprendraient pas à quoi je fais référence, il suffit de le comparer aux yeux rieurs de cette photo ou de regarder cette émission avec le père abbé du Barroux (à partir de la 8e minute) où l'on voit clairement que certains humains ne sont plus tout à fait de notre monde. On retrouve en partie cette clarté du regard chez Frère Luc (inoubliable Michael Lonsdale) et chez Frère Amédée, dont la simplicité et la joie illuminent le film (magnifique scène du massage).

 

Or Lambert Wilson, malgré tous ses efforts, n'a pas ce regard posé. Je suis le dernier à pouvoir jauger du jeu d'un acteur, mais son jeu est, me semble-t-il, encore trop vibrionnant, à la fois trop torturé et trop affirmé, notamment face aux terroristes. Seule satisfaction, sa lecture d'un texte sur l'incarnation, rappelant cet appel à la simplicité, et à la redécouverte de ce que nous portons du Christ en chacun de nous. Lecture qui m'a évoqué mon livre du moment, ouvrage que je vous enjoins à vous procurer pour bien comprendre la temporalité des moines.

 

Cette temporalité, la seule qui vaille, c'est l'éternité. La volonté de vivre l'éternité ici-bas nécessite en chaque moment de retrouver l'essentiel, de se laisser dépouiller par le Christ, de retirer les couches d'égoïsme, de s'abandonner totalement, intégralement et en toutes choses. De trouver Dieu dans les actes les plus banals de la vie quotidienne. De comprendre que l'on n'a le contrôle sur rien, mais que dans le même temps, Dieu ne peut rien faire sans nous. Et donc d'être totalement présent, totalement impliqué. Ainsi, de manière paradoxale, le détachement complet se caractérise par une nouvelle implication, une présence totale dans notre devoir d'état. Chercher et servir Dieu signifie être tout entier investi dans notre devoir d'état, dans ce qu'Il nous appelle à réaliser et à faire à cet instant précis, le résultat important peu. Ce que l'on retrouve dans le film via les tâches quotidiennes, répétitives et banales des moines.

 

Je pourrais polémiquer sur le manque de volonté de conversion des villageois, sur l'oecuménisme qui oblige ces frères à assister à une cérémonie musulmane, mais il me semble que ce serait vain, futile, et tout simplement idiot. Car l'essentiel dans le film n'est pas là.

 

L'essentiel, c'est l'abandon à Dieu.

 

Faisant face en ce moment à des choix importants qui conditionnent ce que j'ai de plus précieux, ce film m'a violemment ramené à ma propre vie. L'abandon de ces moines face à la mort fait ressortir par contraste mon inaptitude à me laisser porter, ma propre incapacité à m'abandonner à la grâce divine, à ne pas laisser Dieu mettre en oeuvre ce qu'Il veut pour moi. C'est pourquoi je dois être le seul dans la salle a avoir raté la scène du dernier repas, vu que j'étais effondré en larmes. Le catalyseur en a été évidemment le Lac des Cygnes, moment certes un peu convenu (quoi que le cliché a aussi sa part de vérité), mais qui montre bien la sérénité et la joie, conséquences du don librement consenti, et réalisé en plénitude. A fortiori, si l'on est en ce moment en train de franchir des épreuves qui vous ramènent à des choix de même nature, il est difficile de rester de marbre. Et de ne pas y voir un appel pour notre propre vie.

 

L'appel de la Croix.

 

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Rédigé par Polydamas

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Publié le 15 Août 2010

La véritable fête nationale.

 

http://www.addict-art.com/assomption022.jpg

 

Assomption de la Vierge, Nicolas Poussin.

 

L'occasion de prononcer cette prière :

 

Notre-Dame de la transparence, en toi et à travers toi, Dieu nous parle: donne-nous un coeur simple, remplis-nous d’allégresse O Vierge du Fiat et du Magnificat, rends nos coeurs transparents comme le tien.
Notre-Dame d’humilité cachée dans la foule, enveloppée dans le mystère, aide-nous à porter la Bonne Nouvelle au monde et à nous immerger dans le mystère du Christ pour en communiquer quelque chose à nos frères.

Notre-Dame de la fidélité, Toi qui sans cesse «recherchais le visage du Seigneur », Toi qui as accepté le mystère et qui l’as médité dans ton coeur, toi qui as vécu en accord avec ce que tu croyais, toi qui fus l’exemple même de la constance dans l’épreuve comme l’exaltation, aide- nous à tenir nos engagements, en bons et fidèles serviteurs, jusqu’au dernier jour de notre vie sur terre.

Jean-Paul Il

 

Sinon, je ne suis pas encore mort, j'ai bien l'intention de revenir de temps en temps sur ce blog. Reste que mes diverses activités, ajoutées à la lecture et à la prière, dont j'ai découvert tout l'impact positif dans ma vie, m'empêchent de suivre avec autant d'acuité les différents éléments de l'actualité.

 

D'autant que la pratique régulière de la prière a fortement tendance à calmer et à tempérer les différentes pulsions, énervements et autres crispations, qui sont généralement la base des billets de blogs. Tout du moins de mes billets. Lorsque l'on essaye d'avoir une vie spirituelle, on a un peu moins tendance à vouloir garder le contrôle sur les choses de la terre, et davantage tendance à laisser Dieu agir dans nos vies. On sait que ce ne sera pas sans luttes et sans souffrance, mais que ça sera toujours mieux mené et mieux dirigé que par notre pauvre personne. Et en prime, on se porte beaucoup mieux, on est plus ouvert, moins porté sur l'ego, beaucoup moins crispé. La voie du bonheur.

 

En ce jour de la fête de l'Assomption, je n'ai donc qu'un seul conseil à formuler : lâchez vos claviers et priez !

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Religion

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