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Publié le 21 Novembre 2006

A l'heure où un Gemayel, neveu de Béchir, est assassiné, petit rappel de l'histoire libanaise depuis trente ans.

Sous les missiles, la rage…


Une des plus brillantes caractéristiques de notre république de poche est d’être un laboratoire permanent d’expériences hasardeuses pour cerbères politiques atteints de libido guerrière.
Ainsi depuis l’an de grâce 1975, les Libanais ont pu déguster à loisir la crise d’adolescence des Palestiniens, qui avaient mis à sac la capitale avant d’aller se fourvoyer avec bagages et quincaillerie au milieu des cailloux de la montagne chrétienne, préfigurant Gaza-la-poubelle, une vingtaine d’années plus tard. Pays cassé, pays ruiné… et Koullouna sur fond de misère.

Au même moment, les communautés sunnite et druze, qui n’en finissaient pas de barboter dans les tourbillons de la puberté nassérienne, se prenaient de passion pour une espèce de cactus coiffé d’une keffieh. Tournant historique au Moyen-Orient : le poil négligé fait son apparition et le rasoir est jeté aux orties. Fin de partie. Arafat, dit « Yasser à rien », s’en va sur les flots, V de la victoire au vent. Pays cassé, pays ruiné… et rebelote pour le Koullouna sur fond de décombres.

L’acné juvénile n’allait pas tarder à frapper les chrétiens à leur tour. Courbettes devant les Syriens, puis génuflexion devant les Israéliens, puis virage sur l’aile à 180° et brosse-à-reluire-et-retour sur les mocassins syriens. Avec, à la clé, la crise d’adolescence d’un tondu milicien et d’un bidasse généralissime qui, à défaut de se casser mutuellement la figure, ont trouvé plus commode d’aplatir la population civile à coups d’obus. Fin de chapitre : Mongénéral se retrouve à Paname et le Tondu sous le macadam. Pays cassé, pays ruiné… et Koullouna sur fond de dette.

Il aura fallu 30 ans pour que chrétiens, druzes, sunnites et Palestiniens du Liban atteignent l’âge de maturité. Patience, que diable ! Y a plus qu’à attendre maintenant l’expérience chiite. Sous les pavés, la plage… et sous les missiles, la dernière couche de rage ! Pays cassé, pays ruiné… et ultime Koullouna funèbre sur fond de pays atomisé.

C’était notre rubrique : « Le Liban est un pays d’avenir. »

Gaby NASR

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Relations internationales

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Publié le 18 Novembre 2006

J'avoue que, lorsque le Figaro s'y met, on atteint un niveau rarement atteint dans la bêtise, bien au-delà de ce que peut faire le Monde.

Et pourtant, c'est Alexandre Adler qui signe cet article. On aurait pu s'attendre à une analyse pointue, mais non, pas du tout, si la Turquie est ce qu'elle est, c'est de la faute des chrétiens intégristes qui n'ont pas su l'accueillir. De la part des Arméniens ou des Grecs, cette opposition est normale, mais de la part de cathos, c'est scandaleux.


Qui veut torpiller la Turquie ?, par Alexandre Adler 

 Publié le 18 novembre 2006


L'opinion publique européenne, française en particulier, l'ignore parfaitement, mais nous assistons en direct à la mise en oeuvre d'une véritable conspiration dont l'aboutissement devrait être le torpillage pur et simple de la candidature turque à l'Union européenne.
 

Il y a toujours eu de nombreux adversaires de cette candidature, quelles que soient les précautions que ses partisans ont pu prendre pour la faire accepter (longs délais des négociations, éventualité de'un référendum si la négociation devait aboutir), mais cela ne suffit pas aux adversaires européens de la Turquie, qui considèrent, peut-être à juste titre, que la négociation, une fois engagée, ne peut aboutir, à terme, qu'à un accord. Ils ont donc décidé d'agir beaucoup plus vite et de multiplier les obstacles juridiques et culturels à l'adhésion turque de manière à provoquer, d'abord en Turquie, une réaction de rejet de l'Europe qui leur évitera d'avoir à assumer un non franc et argumenté.

 

 

 

Mais qui sont ces adversaires ? Les Arméniens ? À n'en pas douter, la diaspora arménienne, qui vit toujours dans la souffrance des souvenirs de 1915, est facilement mobilisable pour peu que l'on vienne réveiller ses cauchemars comme l'ont fait les députés socialistes français, secondés, il est vrai, par un bon nombre de leurs collègues conservateurs, en votant l'absurde loi sur le génocide. Mais, il faut le souligner, il y a des intellectuels arméniens d'Istanbul, de citoyenneté turque, qui luttent pour la reconnaissance de l'histoire par l'État turc et qui ne souhaitaient en rien ce vote qui bloque les esprits et démolit les chances de dialogue que la Turquie avait permis en acceptant une série de tables rondes d'historiens. Il faut aussi savoir que le président Kotcharian, qui n'est pas un nationaliste tiède, avait pourtant évoqué devant des émissaires turcs la possibilité pour l'Arménie de s'insérer dans l'Union européenne, au côté de la Géorgie et peut-être de l'Azerbaïdjan, à la faveur d'une adhésion turque. Les Grecs ? Mais l'avènement d'une nouvelle génération politique à Athènes a bien changé la donne.

 

Aujourd'hui, les élites politiques et patronales grecques, beaucoup plus sûres de leur avenir et bien mieux intégrées au processus de décision européen, notamment à Francfort avec leur grand banquier central Papademos, considèrent l'adhésion de la Turquie comme un processus inévitable dont la Grèce pourrait tirer avantage dans tous les domaines. Restent les Chypriotes grecs qui, gouvernés par une coalition de la gauche et des nationalistes intransigeants, ont, eux, refusé par référendum le plan de réunification de l'île élaboré par Kofi Annan, au moment même où les Chypriotes turcs l'approuvaient massivement par conviction véritablement européenne. Que croyez-vous qu'il arrivât ? Ce n'est pas le gouvernement Papadopoulos, à Nicosie, que l'on sanctionne de son intransigeance, mais les Turcs auxquels on demande à présent une génuflexion sans contrepartie, dans le seul but évident de leur tendre un piège. Mais les vrais lobbies, on l'aura compris, ne sont ni arméniens ni grecs.

 

 

 

Les véritables adversaires de l'adhésion turque, il faut les rechercher en Europe même parmi les chrétiens intégristes à tendance raciste et, à l'autre bout de la chaîne, chez les amis d'une alliance étroite de l'Europe et du monde arabe. Les uns, en Allemagne et en Autriche particulièrement, refusent l'entrée d'un pays musulman dans l'Europe, comme ils refusaient naguère le droit de citoyenneté pour les immigrés turcs de la seconde génération. Les autres, en harmonie avec les courants nationalistes et islamistes du monde arabe, qu'ils courtisent, ne veulent pas non plus d'un pays musulman qui pratique aujourd'hui une démocratie exemplaire dont les succès sont profondément déstabilisants pour les dictatures voisines. Si l'on ajoute que cette grande démocratie musulmane, tolérante et dynamique, est aussi l'alliée stratégique d'Israël dans la région, sans pour autant s'aligner en toutes circonstances sur l'État hébreu, on a l'exposé complet des raisons pour lesquelles on constate aujourd'hui un tel acharnement contre la Turquie.

 

Là-dessus, le Prix Nobel de littérature, - qui est venu récompenser l'oeuvre d'Orhan Pamuk, qui incarne la modernité turque -, est tombé comme une paire de claques sonores adressées à tous ces philistins qui ont, de surcroît, la bêtise d'imaginer que personne ne voit et ne comprend leurs machinations. Au stade où nous en sommes, rien ne dit qu'ils ne touchent pas au but, malgré les efforts de la diplomatie finlandaise, des gouvernements anglais et scandinaves, espagnol et italien, pour éviter la rupture programmée.

 

Mais dans l'opinion publique turque, le mal est fait. La gauche laïque commence à se détacher de la perspective européenne, les islamistes non réconciliés avec le cours modéré de leur parti veulent avancer leur projet alternatif de califat socio-économique, modernisé sous la forme d'une conférence islamique. Ce jour-là, les démocrates turcs, mais aussi l'opinion européenne, devront demander des comptes à ces mauvais bergers qui veulent, aujourd'hui, saborder un grand projet de civilisation. Ajoutons ce dernier codicille : comment la France a-t-elle pu trouver le moindre avantage à cette fuite en avant qui n'est pas seulement en train de lui faire perdre les marchés turcs, mais aussi l'estime de ce grand peuple qui, jusqu'alors, s'était toujours tourné vers Paris à chaque grand moment de son histoire.



Donc, pour Alexandre Adler, il faut chercher dans l'hostilité des chrétiens à l'entrée de la Turquie dans l'Europe, des relents d'antisémitisme.

Orhan Parmuk est justement célèbre pour avoir admis l'étendue des massacres arméniens. Adler ne dit pas un mot sur les menaces et les procès dont il a été victime, dans son propre pays. J'imagine que ce doit être des intégristes cathos qui en sont à l'origine.

Sur Chypre, Adler préfère passer au-dessus des églises incendiées, destructions condamnées par le Parlement Européen lui-même, ou même sur l'esclavage décrit dans les page du Fig par un autre intégriste. J'ai toujours pensé que ce n'était pas le genre de choses qu'on attend d'une "démocratie exemplaire". Peut-être ai-je tort, remarquez....

Et puis, sur la solidarité franco-turque, il faut signaler que si ça n'avait pas été pour des raisons de politique européenne (l'alliance de François 1er avec Soliman le Magnifique permettant de prendre l'empire de Charles Quint à revers) elle n'aurait jamais eu lieu et n'aurait aucune raison d'être.

Il est toujours triste de voir une belle intelligence à son crépuscule....

PS: Non, je vous jure n'avoir pas lu le Salon Beige, j'ai découvert cet article tout seul.... ;-)

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Relations internationales

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Publié le 3 Août 2006

J'ai du mal à voir l'intérêt israélien à bombarder les infrastructures civiles de Beyrouth (aéroport, autoroutes, etc.). Je suis loin d'être un fanatique pro-israélien.

Cependant, cette vidéo révèle beaucoup de choses sur les mentalités palestiniennes.....





Merci au BAF

Lien ici.

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Relations internationales

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