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Publié le 28 Juillet 2007

Parmi les auteurs conservateurs, dignes de figurer parmi les maitres de la Contre Révolution, il en est un que l'on oublie régulièrement. Ses livres, recueil de phrases courtes et ramassées, sont des oeuvres que chaque conservateur se doit de posséder, que ce soit ses Scolies (les Horreurs de la Démocratie), ses Notes ou son Réactionnaire authentique.

Cet auteur catholique et réactionnaire, c'est Nicolas Gomez Davila (1913-1994).

Si vous ne le connaissez pas, je vous recommanderai de prendre le temps de parcourir cet article, qui présente et analyse son oeuvre. Je vous laisse ensuite de juger de la justesse de ses phrases, qui pointent particulièrement bien les défauts de notre société corrompue.

Florilège non exhaustif:

Même la vérité la plus discrète apparaît aux modernes comme une intolérable impertinence.

Aux yeux d'un démocrate, qui ne s'avilit pas est suspect.

Le révolutionnaire ne découvre “l’esprit authentique de la révolution” que devant le tribunal révolutionnaire qui le condamne.

L’intellectuel irrite l’homme cultivé comme l’adolescent irrite l’adulte, non par l’audace de ses idées mais par la banalité de ses présomptions.

Peut-être qu’après tout, la meilleure justification des aristocraties est notre évident besoin de spécialistes de l’art de vivre.

Il n’y a pas de plus grande noblesse que de se refuser à ce que le cœur désire et que la raison repousse.

Dieu est l’être pour qui le plus humble et le plus commun des hommes est une personne. Dieu est l’être qui ne pense pas avec des idées générales.

Une doctrine sévère et une pratique aimable, voilà non la formule de l’hypocrisie, mais le secret de toute civilisation ancienne, riche, mûre.

La liberté à laquelle aspire l’homme moderne n’est pas celle de l’homme libre, mais celle de l’esclave un jour de fête.

Avoir raison, selon le démocrate, signifie hurler avec les loups.

Celui qui réclame l’égalité des chances finit par exiger que l’on pénalise celui qui est doué.

Si l’on aspire seulement à doter d’un nombre croissant de biens un nombre croissant d’êtres, sans se soucier de la qualité des êtres ni de celle des biens, alors le capitalisme est la solution parfaite.

Dans les époques aristocratiques, ce qui a de la valeur n’a pas de prix. Dans les époques démocratiques, ce qui n’a pas de prix n’a pas de valeur.

Et enfin, ces citations qui devraient réchauffer le coeur de tous les conservateurs:


L'individu obéissant à une vocation authentique est réactionnaire. Quelles que soient les opinions qu'il nourrit. Est démocrate celui qui attend du monde la définition de ses objectifs.

Le pur réactionnaire n’est pas un nostalgique qui rêve de passés abolis, mais le traqueur des ombres sacrées sur les collines éternelles.

Le réactionnaire n’argumente pas contre le monde moderne dans l’espoir de le vaincre, mais pour que les droits de l’âme ne se prescrivent jamais.

Si le réactionnaire n’a aucun pouvoir à notre époque, sa condition l’oblige à témoigner de son écoeurement.

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Littérature

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Publié le 14 Juillet 2007

Via le Forum Catholique, je tombe sur ces écrits de Joseph de Maistre, franc-maçon mais aussi initiateur de la contre-révolution. Le moins que l'on puisse dire est que ça déménage.

Extraits d'un article admiratif de cet inénarrable Philippe Sollers, dans le Nouvel Observateur....

Mais, ajoute Cioran, « vouloir disséquer leur prose, autant vouloir analyser une tempête ».  Le style de Maistre ? Voici : «Ce qu'on croit vrai, il faut le dire et le dire hardiment ; je voudrais, m'en coûtât-il grand-chose , découvrir une vérité pour choquer tout le genre humain : je la lui dirais à brûle-pourpoint .» Feu, donc, mais de quoi s'agit-il ? Evidemment, encore et toujours, du grand événement qui se poursuit toujours, à savoir la Révolution française, dont Maistre a subi et compris le choc comme personne, devenant par là même un terroriste absolu contre la Terreur.

Ecoutez ça : « Il y a dans la Révolution française un caractère satanique qui le distingue de tout ce qu'on a vu et peut-être de tout ce qu'on verra. » Cette phrase est écrite en 1797, et, bien entendu, le lecteur moderne bute sur « satanique », tout en se demandant si, depuis cette définition qui lui paraît aberrante, on n'a pas vu mieux, c'est-à-dire pire. Dieu aurait donc déchaîné Satan sur la terre pour punir l'humanité de ses crimes liés au péché originel ? Maistre est étonnamment biblique, il se comporte comme un prophète de l'Ancien Testament, ce qui est pour le moins curieux pour ce franc-maçon nourri d'illuminisme. Mais voyez-le décrivant la chute du sceptre dans la boue et de la religion dans l'ordure :
« Il n'y a plus de prêtres , on les a chassés , égorgés , avilis ; on les a dépouillés : et ceux qui ont échappé à la guillotine, aux bûchers , aux poignards , aux fusillades, aux noyades, à la déportation reçoivent aujourd'hui l'aumône qu'ils donnaient jadis... Les autels sont renversés ; on a promené dans les rues des animaux immondes sous les vêtements des pontifes ; les coupes sacrées ont servi à d'abominables orgies ; et sur ces autels que la foi antique environne de chérubins éblouis , on a fait monter des prostituées nues. »

Et ceci (au fond toujours actuel ) : « Il n'y a pas d'homme d'esprit en France qui ne se méprise plus ou moins. L'ignominie nationale pèse sur tous les coeurs ( car jamais le peuple ne fut méprisé par des maîtres plus méprisables ) ; on a donc besoin de se consoler, et les bons citoyens le font à leur manière. Mais l'homme vil et corrompu, étranger à toutes les idées élevées , se venge de son abjection passée et présente, en contemplant, avec cette volupté ineffable qui n'est connue que de la bassesse, le spectacle de la grandeur humiliée . »

« Le plus grand ennemi de l'Europe qu'il importe d'étouffer par tous les moyens qui ne sont pas des crimes, l'ulcère funeste qui s'attache à toutes les souverainetés et qui les ronge sans relâche , le fils de l'orgueil , le père de l'anarchie , le dissolvant universel, c'est le protestantisme. »

Suspendez « la loi d'amour », dit Maistre, et en un clin d'oeil, en pleine civilisation, vous voyez « le sang innocent couvrant les échafauds , des hommes frisant et poudrant des têtes sanglantes, et la bouche même des femmes souillée de sang humain ». Ces choses ont eu lieu, elles ont lieu sans cesse. L'amour ? Mais qu'est-ce que l'amour ? Un acte de foi : «La foi est une croyance par amour, et l'amour n'argumente pas.»

Propice à la réflexion, en ce jour de fête nationale....

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Littérature

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Publié le 16 Juin 2007

Extrait des Poèmes de Fresnes, de Brasillach:


MON PAYS ME FAIT MAL

Mon pays m'a fait mal par ses routes trop pleines,
Par ses enfants jetés sous les aigles de sang,
Par ses soldats tirant dans les déroutes vaines,
Et par le ciel de juin sous le soleil brûlant.

Mon pays m'a fait mal sous les sombres années,
Par les serments jurés que l'on ne tenait pas,
Par son harassement et par sa destinée,
Et par les lourds fardeaux qui pesaient sur ses pas.

Mon pays m'a fait mal par tous ses doubles jeux,
Par l'océan ouvert aux noirs vaisseaux chargés,
Par ses marins tombés pour apaiser les dieux,
Par ses liens tranchés d'un ciseau trop léger.

Mon pays m'a fait mal par tous ses exilés,
Par ses cachots trop pleins, par ses enfants perdus,
Ses prisonniers parqués entre les barbelés,
Et tous ceux qui sont loin et qu'on ne connaît plus.

Mon pays m'a fait mal par ses villes en flammes,
Mal sous ses ennemis et mal sous ses alliés,
Mon pays m'a fait mal dans son corps et son âme,
Sous les carcans de fer dont il était lié.

Mon pays m'a fait mal par toute sa jeunesse
Sous des draps étrangers jetée aux quatre vents,
Perdant son jeune sang pour tenir les promesses
Dont ceux qui les faisaient restaient insouciants,

Mon pays m'a fait mal par ses fosses creusées
Par ses fusils levés à l'épaule des frères,
Et par ceux qui comptaient dans leurs mains méprisées
Le prix des reniements au plus juste salaire.

Mon pays m'a fait mal par ses fables d'esclave,
Par ses bourreaux d'hier et par ceux d'aujourd'hui,
Mon pays m'a fait mal par le sang qui le lave,
Mon pays me fait mal. Quand sera-t-il guéri ?

 

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Littérature

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