Articles avec #argumentaires tag

Publié le 7 Novembre 2006



- Le billet de Koz sur la pornographie et l'article d'Isabelle Sorrente. Attention, c'est loin d'être pour les enfants, c'est cru, c'est dur à lire, mais le choc en vaut la peine.


- Sur un grain de sable, le témoignage effarant de Mme Kaltenbach sur France Culture. Le rapport de la Cour des Comptes est ici, 570 pages tout de même...




                                                                                

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Argumentaires

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Publié le 5 Novembre 2006

Je laisse parler l'Eglise Catholique par l'intérmédiaire de Mgr Rey, évêque de Fréjus. On peut difficilement faire plus clair.

Diocèse de Fréjus – Toulon
Église Catholique du Var

Commission Bioéthique
16 octobre 2006


Dans quelques semaines se tiendra le fameux Téléthon sur lequel notre Commission souhaite apporter un éclairage éthique. S’il ne nous appartient pas de juger les Français dont l’élan annuel de générosité et de solidarité est bien souvent sincère, disons tout de suite qu’il ne semble plus possible aujourd’hui de participer au financement de ce grand show médiatique. Le philosophe Jean-Claude Guillebaud avait dès 2003 tiré la leçon de nos ambiguïtés : « Avons-nous conscience de l’ambivalence de nos choix ? Nous affichons une compassion envers les personnes souffrant de handicaps, de maladies génétiques, et nous les soutenons, y compris matériellement, dans des manifestations médiatiques spectaculaires du type Téléthon, et simultanément nous demandons aux médecins de se dépenser sans compter pour essayer de dépister ces personnes avant leur naissance ; nous leur demandons en somme de nous aider à leur éviter de naître ».

Nous savons en effet que c’est l’AFM (Association française contre les myopathies), organisatrice du Téléthon, qui a obtenu par son militantisme la publication des décrets d’Etat concernant le diagnostic pré-implantatoire (DPI) dont l’objectif est de trier les embryons pour éliminer ceux qui sont malades. Le DPI est venu appuyer le diagnostic prénatal (DPN) dans une grande stratégie eugéniste mise en scène de manière triomphale : les bébéthons – qui sont sains parce que n’ayant jamais été malades – ne sont que les survivants d’avortements programmés in vitro ou in utero. Déployant cette logique mortifère jusqu’au bout, les nouvelles orientations de la recherche biomédicale promue par les organisateurs consistent à développer les expérimentations sur les embryons humains tout en persévérant dans un lobbying auprès des responsables politiques pour que le clonage soit rapidement dépénalisé.

C’est en 2004 que s’opère ce nouveau tournant, puisque cette année-là, le Téléthon permet de financer le tout nouvel Institut de recherche dédié aux cellules souches embryonnaires, l’ISTEM. Ceci est doublement contestable. D’abord, sur le plan de la pure vérité scientifique qui vient d’éclater à Rome lors du congrès tenu sur les cellules souches adultes, sous l’égide de l’Académie pontificale pour la Vie, associée à la Fondation Jérôme Lejeune et à la Fédération internationale des médecins catholiques. Des scientifiques du monde entier réunis par l’Eglise ont pu faire part des progrès étonnants réalisés dans le domaine des cellu-les souches non embryonnaires, à tel point que ce colloque à été relayé par toute la presse française, sidérée de la désinformation qui régnait jusqu’alors. En Angleterre par exemple, pas une avancée ou le moindre début de résultat à se mettre sous la dent en 15 années d’autorisation de clonage dit thérapeutique et de recherche sur les cellules souches de l’embryon. Sans compter les observations d’instabilité de l’ADN et de prolifération tumorale anarchique décrites dans les expériences animales !

Pendant ce temps, les découvertes inattendues s’engrangent avec les cellules de la moelle osseuse, de cordon de bébé, de l’épithélium olfactif,… même le dogme de l’absence de cellules souches au sein du cerveau adulte et de leurs populations neuronales vient de tomber. Mais le point essentiel est bien que le droit fondamental et primordial à la vie de l’enfant embryonnaire dès sa conception est intangible ainsi que l’a rappelé Benoît XVI aux congressistes. Or, dans le cas d’un principe qui n’admet ni dérogation, ni exception, ni compromis, les chrétiens doivent comprendre qu’est en jeu l’essence de l’ordre moral de la société et que leur engagement n’en devient que plus évident. Ils ne peuvent coopérer au mal mais doivent précisément s’y opposer. Le Saint-Siège ne vient-il pas nous conforter en rompant totalement ses soutiens financiers à Amnesty International parce que le bureau de direction avait voté la promotion du droit à l’avortement dans le monde ? N’avait-il pas fait de même dans les années 90 lorsque Jean-Paul II avait décidé de stopper toute aide matérielle à l’Unicef qui finançait des programmes de santé en faveur des « droits reproductifs » ?

Oui, « l’opposition est frontale et définitive à la recherche détruisant des embryons humains » selon l’expression forte de Mgr Sgreccia, président le l’Académie pontificale pour la Vie. Mais parce que les résultats scientifiques sont là comme pour conforter la cohérence éthique du magistère de l’Eglise « la recherche sur les cellules souches somatiques mérite l’approbation et l’encouragement quand se conjuguent heureusement ensemble le savoir scientifique, la technologie la plus avancée et l’éthique qui postule le respect de l’être humain à chaque stade de son existence » a pu déclaré Benoît XVI, l’appel est d’ores et déjà lancé pour un engagement et une collaboration « des forces économiques qui sont intéressées » pour le développement d’une médecine régénérative moderne et éthique.


Via Bioethique.net

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Argumentaires

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Publié le 23 Octobre 2006


A l'heure où le pape semble prôner une libéralisation de la messe en latin, il importe, en tant que catholique, de connaître précisément les différences qui existent entre les deux rits. C'est la tâche que ce billet va tenter, modestement, de remplir. Si je suis obscur ou trop incomplet, je vous enjoins à vous reporter aux pages indiquées en liens pour de plus amples précisions.

Tout d'abord il faut savoir de quoi l'on parle. La messe en latin, telle qu'on la qualifie à tort, est le Vieil Ordo Missae (VOM) tel qu'il a été promulgué en 1962. La nouvelle messe est le Nouvel Ordo Missae (NOM), promulgué par Paul VI en 1969, à la suite du concile Vatican II. Pour la commodité de ce billet il m'est apparu plus simple pour souligner la qualité du VOM, de le comparer au NOM. On peut m'accuser d'être à la fois juge et partie, ce qui est vrai puisque  depuis que je suis né, je ne me rends quasiment qu'à la messe en latin. Mais les arguments que j'ai à proposer valent la peine d'être examiné.

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Lorsqu'on regarde dans le détail, il n'y a rien de bien condamnable dans le NOM original, c'est à dire la version latine issue du concile. Mais on trouve, à chaque partie de la messe, des retraits et des imprécisions, ou même des ajouts au mystère de la messe, par rapport au VOM. Un seul retrait en soi n'a pas grande valeur et n'est pas d'une foncière gravité. Mais lorsqu'on l'analyse comme partie intégrante d'une nouvelle façon de dire la messe, on peut se poser des questions sur l'innocence de ces petites touches.

On peut classer toutes ces modifications dans plusieurs registres:
- la définition de la messe. Celle-ci devient, avec le NOM, un rassemblement de fidèles autour de l'Eucharistie, alors que la messe n'a jamais été rien d'autre que le renouvellement du sacrifice du Christ sous des formes non sanglantes.
- la relation de l'Eglise avec le Christ: les mentions des saints et des défunts ont été considérablement amputées.  
- le rôle du prêtre qui est clairement minimisé, il n'est plus le ministre in persona Christi, il devient le président de l'assemblée des fidèles quand il n'est pas un frère comme un autre.
- le rôle des fidèles est également modifié, ils sont considérés comme des acteurs, ce qui est inexact, ils ne font que participer par leur prière.
- la désacralisation de la messe est évidente, alors que le rit doit conserver son mystère. L'être humain est fasciné par la beauté et le sacré, non pas par la vulgarisation.

Les exemples abondent pour étayer chacun de ces éléments. Le nombre de génuflexions du prêtre a été considérablement réduit, les fidèles ont le droit de distribuer la communion (mais alors à quoi diable cela sert-il que les prêtres aient les mains consacrées?), à la mode protestante, ce qui contribue à des excès que chacun a pu observer, les marques de respect envers les Saintes Espèces sont denaturées, la messe ne se fait plus dos au peuple, les vêtements liturgiques ne sont plus aussi nombreux, l'imprécision des termes aussi vagues que "pain de vie", et j'en passe.

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Concernant la définition de la messe, il faut hiérarchiser les éléments. Malgré toute l'importance de l'Eucharistie, elle n'est pas le centre de la messe. Le moment le plus important est la consécration, et non l'Eucharistie comme certains pourraient le croire. On le comprend bien en envisageant le cas d'une messe sans eucharistie, sans communion qui, dans ce cas, demeure une messe valide, ce qu'elle n'est pas, si on la prive de la consécration. L'eucharistie n'est que la conséquence de la consécration et n'est donc pas le moment le plus important de la messe. Avec le nouveau rit, le rôle de la consécration est considérablement amoindrie.

La messe, selon la doctrine catholique a quatre finalités:
- c'est un sacrifice de louange
- c'est un sacrifice eucharistique
- c'est un sacrifice propitiatoire et expiatoire, c'est à dire destiné à réparer nos fautes, et à nous rendre Dieu favorable.
- c'est un sacrifice impétratoire, c'est à dire destiné à présenter une demande

C'est la troisième finalité qui disparaît quasiment complètement dans le NOM. Cela se traduit par une formule de la consécration qui a été largement modifiée par rapport à la version originale. Seule subsiste une offrande du pain et du vin réduite à la portion congrue. En outre, les formules de louange sont également considérablement réduites.

En conséquence, il ne faut pas s'étonner si l'on constate que nombre de catholiques mettent en doute la transsubstantiation, qui est pourtant le centre de la messe, donc de la vie catholique. D'ailleurs, il est paradoxal qu'il ait été ajouté la phrase suivante, déclamée par l'assistance: "Nous annonçons ta mort, Seigneur Jesus, nous annonçons ta .....dans la gloire" alors que le Christ est  effectivement présent sur l'autel.

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Il faut ajouter que la traduction française aggrave les choses. Par exemple, la fin du Notre Père est inexacte. Ainsi, on dit à la fin de celui-ci, "et ne nous soumettez pas à la tentation" (quand on ne tutoie pas Dieu purement et simplement). Cette phrase m'a toujours paru bizarre puisque, sur cette terre, selon la doctrine catholique, nous sommes TOUJOURS soumis à la tentation par le diable ou nos pulsions.

Il est donc inutile de demander à ce que cette soumission cesse. D'autant que Dieu n'est pas actif, il ne fait que la permettre, il ne peut pas en être à l'origine. C'est pour cela que l'ancienne traduction me paraît beaucoup plus pertinente: "et ne nous laissez pas succomber à la tentation". J'avais posé la question à un prêtre "moderniste", qui m'avait confié que c'était l'ancienne signification qu'il fallait comprendre sous la nouvelle formulation. Allez comprendre....

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Autre exemple sur la dénaturation du sacré. Au moment de la paix des fidèles, en France, c'est une véritable anarchie, les jeunes mâles se précipitant pour saluer les jolies filles deux rangs plus loin, alors que ce moment se situe juste AVANT la communion. Ce n'est donc clairement pas le meilleur moyen de se préparer à celle-ci. J'ai pu constater, au Vietnam, que ce moment se constituait uniquement d'un signe de tête réalisé ensemble, devant et sur les côtés. Attitude de loin beaucoup plus digne. Là encore, cela n'a pas de rapport direct avec le NOM. Mais ça a indéniablement une influence sur la piété et le respect de la communion.

Il est nécessaire de souligner également que certains protestants se reconnaissent dans le NOM, tel qu'il est actuellement célébré. Luther avait écrit un nouveau rit qui ressemblait singulièrement au NOM, l'offertoire y était  alors réduit à son minimum. Si l'on est un tant soit peu attaché au particularisme des religions, cet élément ne manquera pas de susciter le trouble.

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J'ai souvent dit sur ce blog que le latin était nécessaire car le sens n'était plus susceptible de modifications, cette langue étant figée à jamais. Cela permet de conserver le sens originel, tel qu'il a été fixé par le pape St Pie V. Or, il faut reconnaître que la traduction latine du NOM a, elle aussi, été largement modifiée et amputée. Le sens n'est clairement plus le même. Ce qui pourrait paraître pour des broutilles est plus important que cela n'en a l'air, sachant que l'on peut créer des hérésies sur un simple placement de virgule.

Toutes ces modifications vont donc bien au-delà du latin ou de la "mise en scène", de la façon de dire la messe. Elles ne peuvent pas ne pas avoir d'effet sur la croyance et sur les convictions des catholiques d'aujourd'hui. Evidemment, je tiens à préciser qu'une messe prononcée rigoureusement selon le NOM n'est pas condamnable. Il faut également signaler que le plus important n'est pas forcèment le missel utilisé, mais la foi des prêtres et leur volonté de faire respecter le Saint Mystère. Or du point de vue de la formation des prêtres, il y a également des problèmes gravissimes.

Ainsi l'introduction du NOM s'est faite avec un certain nombre de dérives qui ne devraient avoir cours dans aucune église sur cette planète. C'est là tout le problème, et ce n'est pas la désaffection constatée dans les églises qui viendra me contre-dire.

Le vieil adage lex orandi, lex credendi n'a rien perdu de sa pertinence. Il signifie, en gros, telle prière, telle croyance, ou encore, on croit de la même manière que l'on prie. A voir certaines messes,  proprement scandaleuses, il est donc légitime de se poser la question de la foi des fidèles qui y participent et donc, non moins légitime d'encourager tous les prêtres à reprendre le VOM, qui lui n'entretient aucune ambiguïté sur la foi catholique.

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Pour des informations complémentaires, au cas où j'aurais éveillé votre curiosité, je vous recommande de vous reporter au Bref Examen Critique (13 pages tout de même) du Cardinal Ottaviani, rédigé pendant le Concile. Ou encore de vous reporter au Sacrifice de la Messe, ou même au lumineux fascicule, écrit par l'excellent Daniel Raffard de Brienne.

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Rédigé par Polydamas

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