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Publié le 9 Juillet 2008

Après les attaques de la gauche contre la réacosphère, il est un domaine dans lequel certains réacs se sont spécialisés : le catho-bashing.*

D'un côté, c'est une bonne nouvelle, ça prouve que les catholiques intéressent encore, que le catholicisme n'est pas encore mort. Ça marche par périodes, dès qu'un catho un peu connu l'ouvre un peu trop, les réactions arrivent de suite. De l'autre, c'est un peu navrant, car on ne fait que retrouver les discussions et désaccords classiques qui ont miné la droite conservatrice durant des années. Rien de très neuf sous le soleil, donc. Permettez moi de continuer le débat en répondant aux argumentaires les plus classiques concernant l'Eglise, en plusieurs billets, histoire d'isoler les critiques et leur débats.

Tout d'abord, une précision, il est vrai aussi que l'Eglise n'aide pas toujours. Quand on voit certains de nos évêques français dont on se demande comment ils ont pu obtenir leur mitre, une critique des plus vigoureuses est parfaitement légitime. L'Eglise n'est pas faite pour suivre à la lettre toutes les conneries de notre société, le dernier exemple en date étant l'initiative malheureuse de la Prêtre Academy. Les réacs de tout poils sont dans leur rôle en démolissant ces initiatives, ils rappellent à l'Eglise sa mission, et cela me parait d'autant plus important et plus efficace, si ils ne font pas partie de la maison, je n'ai rien à dire par rapport à ça, bien au contraire.

Ce n'est pas de cela qu'il s'agit mais plutôt d'une critique essentielle, d'une critique du rôle de l'Eglise dans ce qu'elle a de plus important, sa mission d'évangélisation. Dans ce cadre, au travers de quelques billets, je m'attellerais à répondre aux diverses critiques qu'on peut trouver chez les réacs. Je pense à la critique que j'appellerais "institutionnelle", la critique païenne, et la critique "futuriste". Je sais que j'en oublie certainement, mais il me semblent que ce sont les principales attaques que l'on trouve dans la "réacosphère".

Tout d'abord, la critique institutionnelle.

Boutin, pour prendre la grenouille de bénitier politique et catho par excellence, c'est facile de la démonter. Moi aussi, je m'en prive pas, en commentaires de certains blogs. Cependant, elle a au moins le mérite d'être présente dans le système, de tenter de faire à son niveau. De manière très imparfaite (attirant ainsi des critiques justifiées) certes. De cautionner par sa présence nombre de politiques qui n'ont rien de catholiques, également. Mais d'être là.

Qu'on le veuille ou pas, que l'on y soit hostile ou pas, il y a un système en place, alors de deux choses l'une, soit on tente de prendre les manettes, de grapiller quelques places, quelques prébendes, en espérant améliorer un peu les choses, soit on est exclu du jeu. Je ne reprocherais à personne de tenter de s'investir, au risque de la corruption avec le système. Ceux qui s'engagent ont au minimum la légitimité du terrain. Le pouvoir, fût-il en république, est fait pour être pris (et quand on voit les minables qui participent, on aurait bien tort de se priver). Le reste est affaire de stratégie, de visions différentes, certains sont forcés à rester (ou se complaisent) dans la clandestinité et l'underground, d'autres préfèrent les ors de la République. Les deux stratégies s'expliquent et se justifient très bien.

Ensuite, oui, les cathos ont la prétention (il faut lire les commentaires, le débat qui suit est passionnant) de dire ce qu'il faut faire, ils ont la prétention d'avoir une idée de ce que recouvre la notion de bien commun, ce qui n'est pas très libéral comme position, c'est vrai. Dans ce cas alors, le problème n'est pas avec Boutin, qui a le malheur de déplaire à ces réacs, mais avec l'Eglise, ne nous cachons pas derrière des hommes de paille. Même si à l'origine, l'Eglise a toujours promu la liberté de chacun, elle n'est pas hostile à ce que l'Etat légifère sous un angle catho-orienté. Que ce soit sur les mères porteuses, l'IVG ou quoi que  ce soit d'autre. Bien sûr, il faut savoir distinguer les sujets prioritaires des sujets plus annexes, mais les faits sont là. Même si le salut est une affaire personnelle, l'Eglise n'empêche nullement certains Etats de prendre des mesures qu'on pourrait croire hostiles à la liberté de chacun.

Autre aspect de cette critique, celle portant sur les croyants eux-même. XP s'en est fait une spécialité en parlant de l'hypocrisie de certains cathos, en évoquant les faiblesses de certains tradis, etc. Oui, on le sait, malheureusement les catholiques sont des gens comme les autres, la seule différence étant qu'ils ont des idéaux plus grands et plus difficiles que d'autres. Ce qui n'est déjà pas si mal.

Je ne pense pas qu'on puisse dire que les cathos, ce que sous-entend XP, dans un post, que les cathos soient plus pervers que la moyenne, plus vicieux, obligés qu'ils sont de camoufler leurs saloperies sous un masque de bonne conscience. Ce n'est pas vrai seulement des chrétiens, c'est vrai de tout le monde, de toutes les personnes affichant un tant soit peu de moralité. Et ça, on en trouve aussi bien chez les cathos, que chez les socialistes, les communistes, les démocrates-chrétiens.

Ensuite, oui, il y a des erreurs de la part de certains cathos, des erreurs de vocabulaire, indignes des idéaux qu'ils prétendent afficher. Et oui, ces erreurs doivent être pointées pour qu'elles ne se reproduisent plus. Mais est-ce la peine de vouer à ce point aux gémonies des cathos qui se sont plantés ? Je ne le crois pas. Car pour tous les cathos dont on aura condamné les propos, combien serons-nous à nous rappeler de certaines attitudes dignes et vénérables qui sont toujours passées sous silence ? Est-ce vraiment utile de gueuler avec les  loups ? Qui aime bien, châtie bien, certes. Mais le lynchage est-il vraiment nécessaire ?


* le catho-bashing, c'est le fait de se payer des cathos, plus ou moins gratuitement.
 

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Rédigé par Polydamas

Publié dans #Argumentaires

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Publié le 13 Juin 2008


Un article de Christophe Geoffroy dans la Nef fait la synthèse de ce que les catholiques reprochent au libéralisme. Autant je suis d'accord sur les premiers éléments de l'article concernant le libéralisme philosophique, autant je ne partage pas sa condamnation du libéralisme économique.

Extraits, après lesquels j'ai introduit mes réponses:

L’homo œconomicus

Ce libéralisme politique se conjugue avec le libéralisme économique dont le postulat fondamental est le miracle permanent du marché qui s’équilibre spontanément de façon optimum dès lors qu’aucune intervention ne l’entrave. C’est « la main invisible » d’Adam Smith qui règle les choses bien mieux que ne pourrait le faire l’État.


Christophe Geoffroy ne sait visiblement pas ce qu'est un marché avec sa composante primordiale, qui est l'information pour une répartition des biens qui soit la plus juste possible. Un marché est le mécanisme qui permet le mieux de synthétiser toute l'information disponible, ce dont un Etat ne sera jamais capable (la somme d'informations nécessaires pour répartir les besoins au mieux est trop considérable pour être gérée par un Etat). Donc, l'Etat manquant d'informations, il prendra des décisions arbitraires, et moins optimales que des acteurs plus proches du terrain, dont les règles ne dépendent pas de lois votées au parlement.



Mieux, l’homme est censé toujours rechercher son intérêt, mais cet égoïsme même – jugé neutre (c’est l’affaire de chacun) – concourt naturellement au bien général – ainsi est né l’homo œconomicus, être rationnel mu par la seule recherche du profit. Le libéralisme fait aussi bien que Dieu : il sait tirer un bien d’un mal ! Bref, « pour la première fois dans l’histoire, voici une conception déterministe et mécaniste de l’économie politique », écrit fort justement Daniel Villey (8).


On sait aujourd'hui que l'homme ne recherche pas toujours son intérêt et qu'il est parfaitement irrationnel dès qu'il touche à de l'argent. Le libéralisme, il me semble, ne tire pas un bien d'un mal, il fait en sorte de rendre la situation la moins mauvaise qui soit, et de laisser faire les hommes au plus près du terrain.



L’homme est ainsi l’objet des lois économiques qu’il ne peut que subir de façon inéluctable. «L'homme n'est pas maître de son destin et ne le sera jamais», écrit Hayek (9). Ce déterminisme économique rend l’homme esclave d’un système qu’il ne peut maîtriser. Ainsi, la liberté si vantée par le libéralisme, qui lui permet de faire ce qu’il veut pour la conduite de sa propre vie est-elle impuissante pour améliorer le processus économique !


Absolument pas. Les règles capitalistes forment le régime économique le plus souple qui soit, on le retrouve aussi bien dans les cités Etat du Moyen-Age, où les banques n'hésitaient pas à inscrire dans leur comptabilité une affectation de leur produit pour les pauvres, que chez les communistes. Effectivement, l'homme fait ce qu'il veut dans ce cadre, mais celui-ci n'est rien d'autre que celui de la propriété privée ! Que je sache, on peut difficilement remettre en cause ce principe fondamental...

Quant à Hayek, il eût été plus honnête ou plus précis de citer son propos dans son intégralité:
"C'est une illusion fondamentale de croire que la raison humaine puisse définir des règles d'organisation ordonnées dans un but déterminé... L'homme n'est pas maître de son destin et ne le sera jamais ”

Autant au niveau politique, on peut ne pas être d'accord avec Hayek, autant au niveau économique, les règles d'organisation sont sans cesse différentes, la phrase prend un tout autre sens.

Le mal n’est jamais dans l’homme, mais dans le dysfonctionnement du système économique engendré par l’intervention de l’État. Cette vision de l’homme balaie l’anthropologie chrétienne basée sur la dignité de la personne créée à l’image de Dieu, personne néanmoins blessée par le péché originel qui le rend responsable d’une partie du mal qui l’entoure.


Certains libéraux pensent que l'homme est effectivement naturellement bon, à l'instar de Rousseau. Je ne partage pas cette vision, mais je suis sûr que chaque homme, dans la vie économique, sait ce qu'il y a de mieux pour lui, c'est le principe de subsidiarité, le fait de déléguer la prise de responsabilité au plus bas niveau possible. Et du moment que cela ne va pas à l'encontre du bien commun, que ce soit la drogue, le porno, etc, je ne vois pas pourquoi il faudrait lui mettre des bâtons dans les roues, sous prétexte qu'il est pécheur.


Le système décrit ici est bien celui qui nous gouverne aujourd’hui. Conformément à la loi du profit maximum, le capitalisme s’inscrit désormais dans une logique purement financière, basée sur la spéculation et le rendement de l’argent. Les hommes, dans ces immenses multinationales anonymes, ne sont plus que des pions que l’on déplace ou dont on se débarrasse selon des critères purement financiers.


Et en quoi est-ce mal que le système soit basé sur la spéculation ? La spéculation, c'est justement l'outil qui permet de détecter les décalages et les besoins grandissants, les manques de logistique non anticipés par les intervenants. Ainsi, la hausse du pétrole, qu'on peut attribuer en partie seulement à la spéculation est la meilleure preuve que la ressource en pétrole va se raréfier, qu'il est temps de changer de mode de vie. Or quoi de mieux pour cela, qu'un pétrole cher ? Si le prix était fixé, il n'y aurait nulle incitation et nulle volonté de la part des acteurs de changer de mode de vie. Il n'y aurait pas de prise de conscience de la menace d'une réduction de la quantité de pétrole disponible.


L’écart se creuse

Ce libéralisme, plaident ses défenseurs, a au moins le mérite d’être le système le plus efficace, celui qui crée le plus de richesses. En chiffres absolus, c’est peut-être exact, mais, outre que la croissance n’est pas une fin en soi (elle contribue à dégrader notre art de vivre et notre environnement), elle cache d’énormes disparités : elle ne diminue pas l’écart entre riches et pauvres. Depuis le déclin du communisme en 1989-1990 qui a fait du libéralisme le système mondial totalement hégémonique, les riches deviennent plus riches, les plus pauvres demeurent pauvres.


Rien que l'exemple de la Chine vient contredire cette dernière phrase. Le libéralisme a permis à une d'accroitre le niveau de vie d'une population toujours plus importante. Non seulement le niveau de vie a été amélioré qualitativement, mais aussi quantitativement. Ce à quoi Geoffroy me répondra que cela s'est fait aux dépens de la spiritualité. Certes, mais est-ce le but d'un système économique, donc logistique, de satisfaire ce besoin ?

Et ce n'est pas qu'en chiffres absolus. Il suffit de voir qu'en 1950, seul l'Europe, et l'Amérique du Nord étaient développés, et de constater qu'aujourd'hui, on peut y inclure l'Asie et l'Amérique du Sud, l'Afrique demeurant encore à la traine. Ce n'est pas vraiment un échec, bien au contraire.

Quant à l'écart entre riches et pauvres, cette étude modère le propos de Geoffroy. D'autant que je ne vois pas bien en quoi les catholiques devraient être pour une société égalitaire. L'égalité spirituelle, l'égalité devant Dieu, n'est pas l'égalité matérielle. Les catholiques ne sont pas des communistes. Oui à la charité, mais non à la collectivisation des moyens de production, quant tout le monde possède, plus personne ne possède.



Ainsi justifient-ils le travail des enfants 9 à 12 heures par jour au xixe siècle comme un passage obligé de développement : il n’y a là rien d’immoral, puisque les enfants acceptent de travailler ainsi pour ne pas mourir !


Et au Moyen Age, dès 13 ans, on pouvait se retrouver sur un champ de bataille à porter l'étendard. A tout prendre, je crois que le XIXe est encore enviable. Mais effectivement l'école pour tous les enfants est un luxe que tous les pays ne peuvent se permettre. Le niveau de développement d'un pays nécessaire pour que l'école soit disponible pour tous n'est pas à la portée de pays faiblement évolués économiquement.

En outre, les enfants, de tout temps, ont représenté une ressource financière pour les vieux jours de leurs parents, jusqu'il y a un siècle, il était logique, voire évident, qu'ils travaillent. En disant cela, je ne justifie aucunement l'exploitation des enfants, je ne justifie pas qu'ils meurent à la tâche ou quoi que ce soit de ce genre, je constate juste que le travail des enfants est inévitable et que l'école, dans beaucoup de pays, est considéré comme inutile car ne rapportant pas de sous à la famille.



On aborde là l’aspect le plus insupportable du libéralisme : son refus d’institutionnaliser des solidarités humaines au nom de l’individualisme, du déterminisme économique et de son rejet du bien (donc d’une attitude morale), quand, dans le même temps, il absolutise la propriété privée qui n’impose pour lui aucune obligation sociale, aucun devoir moral. Pour le vrai libéral, toute intervention de l’État en économie est toujours néfaste.

Il n’y aurait par exemple aucune « injustice » dans un salaire de misère dès lors que celui-ci s’équilibre naturellement sur le marché du travail par le libre jeu concurrentiel de l’offre et de la demande : « Les considérations de justice, écrit Hayek, n’ont simplement aucun sens à l’égard de la détermination d’une expression chiffrée (les salaires) qui ne relève de la volonté ni du désir de quiconque, mais de circonstances dont personne ne connaît la totalité. […] Tout se passe comme dans un jeu, où le résultat est imprévisible et au cours duquel il y a régulièrement des gagnants et des perdants. Et comme dans le jeu, alors que nous insistons à bon droit pour qu’il soit loyal, il serait absurde de demander que les résultats pour chaque joueur soient justes » (11). C’est pourquoi toute politique de redistribution est pour Hayek sans fondement. « Une grande partie de ce que l’on fait actuellement au nom de la “justice sociale”, écrit-il, est non seulement injuste mais hautement antisocial au sens véritable du mot » (12).


Le problème de l'institutionnalisation des aides est toujours le même problème : celui de la connaissance et de la répartition de l'information sur un marché. Est-il possible qu'un Etat, avec ses règles administratives strictes, puisse déterminer qui doit être aidé, qui a un comportement de passager clandestin, qui profite des aides, tout en travaillant au noir en parallèle, qui est vraiment dans le besoin ? On peut en douter, notamment lorsque l'on constate la gabegie de notre Etat, et les effets pervers induits. Ainsi, un fonctionnaire, dont le poste n'est pas soumis aux mêmes contraintes qu'un responsable associatif soucieux d'efficacité, peut avoir donc une politique d'aides radicalement différente et moins propice à avoir des effets concrets sur le terrain. D'autant que, comme par hasard, les montants les plus importants de prélevements sont pris sur les masses laborieuses, sur les classes moyennes qui sont à peine mieux lotis que les populations que l'Etat cherche à aider. C'est deshabiller Pierre pour vêtir Paul.

Par contre, les libéraux n'ont rien contre des associations de charité proches du terrain et qui choisissent au cas par cas, les personnes qu'elles souhaitent aider. Donc, les libéraux ne sont pas hostiles à la charité, ils ne sont aucunement hostiles à une attitude morale,  ils sont hostiles à l'institutionnalisation. Les libéraux ne rejettent aucunement le bien, ils veulent juste éviter de l'imposer à tous par la force, ce qui rejoint les principes de subsidiarité et de non-agression chers à l'Eglise Catholique.

En outre, à titre personnel, je pense que sur certains sujets précis, l'intervention de l'Etat peut être salutaire. Mais il me semble qu'il doit s'agir de politiques ponctuelles résultant d'un désiquilibre exceptionnel plus que d'une institutionnalisation d'une politique d'aides qui engendre nécessairement des effets pervers.


Enfin, la logique libérale tend à remettre en cause le cadre national, frein au commerce mondial. L’économiste libéral Jean-Jacques Rosa écrit par exemple : « nous, nous sommes de notre temps : mondialistes » (13). Et le philosophe libéral Karl Popper va plus loin : « Le principe des nationalités ou de l’État-Nation est d’autant plus indéfendable qu’aucun critère territorial, racial, linguistique, culturel ou religieux ne permet de définir clairement en quoi consiste une nation » (14).
Finalement, le primat de la (fausse) liberté caractéristique du libéralisme met en évidence son unité profonde entre ses composantes philosophique, politique et économique. Il conduit à un monde concurrentiel, froid et inhumain – le « struggle for life ». Il faut refuser son hégémonie en commençant par le combattre intellectuellement.


Non, le libéralisme économique ne se conçoit pas uniquement dans le cadre du libéralisme philosophique, l'exemple des cités états italiennes étant là pour le contredire. Par contre, le monde froid et inhumain du "struggle for life" n'est ce pas le monde tel qu'il est et tel qu'il a toujours été, suite à la chute du paradis originel ? En outre, je me demande bien où Geoffroy aurait vu qu'à la tête d'un Etat, il n'y a pas de "struggle for life" ? Au contraire, c'est justement là qu'on peut voir que les rivalités sont les plus violentes....


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Rédigé par Polydamas

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Publié le 8 Mai 2008

La campagne Matelsom a relancé la polémique, il est temps de me positionner plus clairement sur le sujet du mariage homosexuel, sujet que j'ai régulièrement évité jusqu'à présent sur mon blog, mais que j'ai eu l'occasion de développer en long et en large sur nombres de commentaires.

Tout d'abord, qu'il me soit permis de sourire d'un fait intéressant. Plus personne ne veut se marier. Les seuls qui souhaitent s'engager dans la voie longue et difficile du mariage sont les cathos, les prêtres hyper-progressistes, et certains homos. Permettez-moi de m'amuser à constater que des personnes qui ne sont, la plupart du temps, pas connues pour leur fidélité, souhaitent aussi ardemment s'engager dans la voie du mariage. Que les homos se retrouvent aux côtés des catholiques pour défendre l'institution du mariage ne manque pas de sel.

Passons.

Disons-le tout net, au risque de choquer certains catholiques, je n'ai rien contre l'homosexualité au sens strict, chacun fait ce qu'il veut dans son pieu, je m'en fous, ce n'est pas mon problème. C'est pour cela d'ailleurs que je trouve que l'argument religieux, repris par certains de mes amis, n'est pas pertinent. Comment évoquer les condamnations bibliques de la sodomie face à quelqu'un qui n'accorde aucun crédit à la Bible ? Ces arguments ne sont tout simplement pas crédibles dans le cadre de l'homosexualité. Les arguments des croyants ne peuvent toucher que des homosexuels croyants, qui ne doivent probablement pas être très nombreux.

Par contre, l'un des aspects du fait homosexuel qui me pose le plus de problème, c'est, en ce qui concerne certains gays, l'hyper-sexualisation et le côté exhibitionniste, à l'image de ce qu'a récemment déclaré le maire de Rome.
 

« Je respecte les personnes homosexuelles, j'en connais quelques-unes et je ne fais pas dans la discrimination. Mais je crains que la Gay Pride soit tout autre chose, un acte d'exhibition sexuelle, et je suis opposé à toute forme d'exhibition, homosexuelle ou hétérosexuelle. Le problème, ce n'est pas oui ou non à l'homosexualité, mais oui ou non à l'exhibition. »


Que je sache les nudistes ne se baladent pas régulièrement dans les rues de Paris pour revendiquer davantage de libertés. Je n'ai jamais vu de stripteaseuses manifester en tenue, ce qui n'est pas le cas de la Gay Pride. A ce sujet, il faut vraiment lire cet article de Michel Bellin (en bas de page), très éclairant. Ce qui me gêne n'est pas tant l'homosexualité, que cette mode qui le considère comme hyper-tendance, comme hyper-fashion. Les hétéros sont de facto ringardisés, alors que pourtant, dans une société, personne n'est plus important qu'eux.

Or, dans un Etat se souciant du bien commun, la priorité est, non pas de légaliser, ou d'autoriser toutes les pratiques existantes ou toutes les modes, dont on connait la diversité, dictées par l'opinion publique, mais de promouvoir et d'encourager le cadre permettant à la société de prospérer. Et malheureusement, les homosexuels ne rentrent pas dans ce cadre. L'Etat n'a pas vocation à mettre sur le même plan un comportement qui favorise la croissance de la société par la fécondité, et un comportement qui ne permet pas de faire profiter à la société des mêmes largesses que l'hétérosexualité.

Un mot sur l'adoption.

Les hétéros ont une "mission" dans le sens où c'est la famille qui constitue la cellule de base de la société. Cette cellule, lorsqu'elle est stable, permet l'équilibre et l’éducation des enfants (c'est pour cela que les divorces sont généralement de vrais drames). Enfants, qui, nous serons tous d'accord là-dessus, sont le "bien" le plus cher qui soit, c'est à dire que rien ne doit aller à l'encontre de leurs intérêts. Or je considère qu'en plus d'avoir le droit à la vie, ils ont également le droit à cette stabilité psychologique, et notamment, à l’altérité des sexes entre les parents (je sais, j'aggrave encore mon cas). Jamais un homme ne remplacera une femme, comme jamais une femme ne remplacera un homme. (Note de 2013 : Pour faire simple, d'après Carl Jung, le psychisme d'un individu est composé d'une partie féminine et d'une partie masculine, qui sont des alchimies singulières et uniques des influences masculines et féminines parentales, et c'est le délicat équilibre, la tension, entre ces pôles opposés qui crée la psyche. Or, même si avec deux homosexuels ou deux lesbiennes, il y aura toujours une partie féminine et masculine, car venant, au minimum, de l'extérieur de la famille, ces parties risquent de ne pas trouver chez l'enfant leur pleine expression, leur plein potentiel, voire même risquent de se superposer ce qui peut être source de névrose, donc de souffrances. Il s'agit là, à mon sens, de l'argument principal de ce débat.)

Mettre l’homosexualité au même niveau que l'hétérosexualité serait du relativisme, ce qui est aussi une des pires choses qui soient. Ce serait nier le caractère sacré et vital de la procréation. Tout se joue ici au niveau des symboles. Et ceux-ci, dans une société, sont importants.

Autre point. On nous rabâche le cerveau des "études" démontrant qu'il n'y a aucun impact sur les enfants d'avoir des parents homosexuels. Un article de La Croix avait cassé ce mythe (d'accord, ils sont partie prenante, mais les gays ne sont-ils pas partie prenante également ? ) :

 

 

Les enquêtes citées, en général américaines, sur lesquelles se fondent les revendications d’ho­moparentalité révèlent en fait bien des surprises : l’échantillonnage est extrêmement restreint, quel­ques dizaines de personnes, le plus souvent membres d’associations gays militantes ; dans la plupart des cas, seuls les parents sont in­terrogés et parlent au nom de leurs enfants ; quand des comparaisons sont faites, c’est le plus souvent avec des familles monoparen­tales, soit d’origine, soit issues d’un divorce ; les questionnaires sont standardisés, exclusivement comportementalistes et fonction­nalistes, sans mise en perspective de l’évolution de l’enfant jusqu’à l’âge adulte ; les notions clés de « père », « mère », « parent », « con­ception » et « engendrement » y sont délibérément laissées dans le flou. Tout se passe comme si les enfants vivant au sein de couples homosexuels étaient chargés de valider les comportements des adultes en « allant bien », alors que l’on y découvre que plus de 40 % d’entre eux bénéficient d’un suivi psychologique.


On sait déjà que les divorces entre hétérosexuels laissent souvent des traces non négligeables chez les enfants. Et on voudrait aggraver les choses avec les homosexuels ? Les enfants ne supportent pas d'être différents, d'avoir une famille qui ne soit pas dans la norme, moyennement moyenne. Ajoutons à cela un imaginaire homo, une culture gay exacerbée et revendicative, parfois caricaturale, cela n’aide pas non plus les mômes à se construire. (Note de 2013 : le principal problème n'est pas la culture gay, la culture hétéro étant toute aussi potentiellement destructrice)
On voit alors sans peine la difficulté pour des enfants d'assumer le fait d'avoir des parents homosexuels.

Je vous laisse juge, je ne sais pas si je suis homophobe et à vrai dire, je m'en fous un peu. Peu me chaut d'être hai ou voué aux gémonies parce que je ne considère pas que Vanneste soit un salopard de la pire espèce. D'autant que je considère que les pires homophobes sont plutôt du côté de certains bobos qui considèrent (discours qu'il m'est arrivé d'entendre) qu'il FAUT avoir un homo dans ses connaissances, comme on doit avoir un beur de service dans son réseau. C'est réduire la personne à sa sexualité ce qui est encore pire, à mon avis, que de ne pas accepter telle ou telle sexualité. Il faut dissocier la personne de sa sexualité, et arrêter de tout confondre, comme si l'individu ne pouvait se définir que par le sexe de son conjoint.

Oui, le comportement homosexuel n'est pas sur un pied d'égalité avec le comportement hétérosexuel. Mais cela n'a rien à voir avec une discrimination des homosexuels. C'est une promotion de l'hétérosexualité en vue de ce qu'elle apporte à la société.

Alors oui, la propagande culturelle autour de l'homosexualité me lasse car l'on perçoit très bien que ce petit jeu mène directement au mariage pur et simple. Des gens qui ne représentent qu'eux-même, ne sont qu'une poignée, parviennent, à coups de lobbyings, de programmes culturels (les bears dans la pub, la Gay Pride), de pressions comminatoires, de sentimentalisme, à imposer leur thématiques, et malgré leur divisions, réussissent à obtenir l'oreille attentive des politiques.

Le domaine culturel a été plus ou moins abandonné par les conservateurs, laissant leurs opposants déterminer ce que les Français vont regarder, et plus tard voter. Le discours dominant est complétement centré sur le relativisme, l'ouverture à de nouvelles sensations, la détestation des "moeurs coincés", ce que le Grand Charles appelle la religion du Moderne. Effectivement, si l'on est un tant soit peu réalistes, les conservateurs ont perdu, le mariage homo existe déjà. Le contrat d'union civile, que l'UMP souhaite voter, est un mariage homo sans le nom, il en a presque tous les atouts, seule manque la mention "mariage".

Enfin, certains homosexuels nous disaient au moment du PACS: "Non, jamais nous ne demanderons quoique ce soit de plus, nous ne voulons pas du mariage". Force est de constater qu'ils avaient tort, que le PACS n'était bien sûr qu'une accroche, qu'une introduction afin de préparer un plan plus large. Plus inquiétant est ce constat lorsque l'on connait les projets à venir après le mariage homo, promouvant toutes les sexualités alternatives. D'autant que l'évolution actuelle des lois suit un mécanisme de cliquet, c'est à dire que si l'on vote la loi, il est ensuite impossible de revenir dessus. Ainsi, si le mariage homosexuel passe, il est probable que la logique relativiste continuera. Je ne vois pas pourquoi l'on s'arrêterait en si bon chemin.

Dans cette logique, toutes les sexualités devront être reconnues par l'Etat, ce qui risque d'augurer d'un beau bazar, ce n'est pas la peine que je vous dresse le tableau. (Note de 2013 : Au fond, ce débat n'est rien d'autre que la question du rôle de l'Etat. Doit il reconnaitre TOUTES les situations existantes parce que la démocratie l'exige ou doit-il avoir un rôle qui aille au-delà des partis, des choix des uns ou des autres ?)

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Rédigé par Polydamas

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