A voir


Présentation

coup.jpg




UNITAS


Le suaire de Turin

LE CRI SILENCIEUX

L'HORREUR
D'UN AVORTEMENT






Les sites que j'aime fréquenter:  
 


Le coin catholique:
  •  




Le coin des médias:
 

 




Le coin des journalistes:

  




Le coin du Liban:

  •  



Le coin de la finance:
  




Le coin des voyages:

   



Les coups de coeur:

 

 


 

 
Blogs morts:

  •  


Pour me contacter:

 

Catégories

Calendrier

Juillet 2008
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Syndiquez-vous!

  • Feed RSS 2.0
  • Feed ATOM 1.0
  • Feed RSS 2.0

Flux Netvibes

Images Aléatoires

Jeudi 10 avril 2008

Et c'est le patron de l'Institut français du pétrole, Nicolas Appert, dans un entretien à la Tribune, qui le dit. Oui, je sais, je radote, mais la pédagogie, n'est-ce pas de la répétition ?

 


Le prix du baril de pétrole évolue autour des 100 dollars. À quoi attribuez-vous la hausse de ces derniers mois ?

Depuis 2004, on a assisté à un changement de paradigme sur le marché pétrolier, déclenché par la forte croissance de la demande de pétrole, en particulier de la Chine et de l'Inde, mais aussi de la demande de gaz naturel, de matières premières agricoles et de ressources naturelles. L'offre a eu du mal à suivre car durant les dix à quinze années précédentes, les prix n'avaient pas été très rémunérateurs pour réaliser des investissements. Dans un premier temps, la hausse de la demande a été satisfaite par les pays de l'Opep. Cette situation a permis aux stocks de rester à peu près au même niveau. Mais, l'an dernier, l'offre des pays producteurs n'a pas pu suivre l'augmentation de la demande. La satisfaction de la demande s'est faite par un déstockage. Pour maintenir le niveau des stocks, il faudrait une augmentation de l'ordre de 0,8 million de barils par jour...

 

D'aucuns estiment que la hausse du prix du baril s'explique par la spéculation intense sur les marchés pétroliers...

Il n'y a pas beaucoup d'études convaincantes sur ce sujet. Dès qu'on parle de spéculation, on aborde un sujet très passionnel. Ce n'est pas moral de spéculer. Aussi il faut s'en tenir strictement aux faits. Le marché pétrolier compte un marché physique et un marché papier. Il y a eu une augmentation importante des transactions sur le marché papier ces dernières années et une hausse du prix du baril. Y a-t-il une relation de causalité entre les deux ? Deux thèses s'opposent. Certains vont jusqu'à prétendre que la spéculation représente 20 à 30 dollars sur un prix du baril de 100 dollars. D'autres considèrent — j'en fais partie — qu'en fait la spéculation — qui est l'intervention d'opérateurs non commerciaux sur le marché papier — a tendance à augmenter la volatilité du marché mais pas forcément le niveau des prix.

 

Pourquoi y a-t-il un attrait pour le marché papier du pétrole ?

Les statistiques montrent une corrélation étroite entre le prix du pétrole et la parité euro/dollar. Mais aussi une corrélation étroite entre le prix du pétrole et les indices boursiers, entre le prix du pétrole et la croissance économique. Ce qui signifie que, dans un monde incertain — comme c'est le cas aujourd'hui —, le pétrole représente une valeur refuge, au même titre que l'or. Le parallélisme de l'augmentation des prix du pétrole et du cours de l'or est intéressant à observer sans qu'on puisse dire bien entendu que le cours de l'or augmente à cause du pétrole, ou que le cours du pétrole augmente parce que l'or augmente. Comme le pétrole dépend aussi de facteurs géopolitiques, c'est un marché volatil. Les intervenants sur les marchés apprécient la volatilité
 
 

Comment interprétez-vous le silence de l'Opep face à cette hausse du prix du baril ?

L'Opep a toujours été tiraillée. Derrière l'unanimité de façade, il y a toujours eu une opposition entre les colombes et les faucons. Les traders à Londres avaient coutume de dire que l'Opep était comme une théière, qui donne du bon thé lorsque l'eau est bouillante. L'Opep a joué un rôle important en 1998-1999 quand les prix du pétrole se sont effondrés jusqu'à 10 dollars le baril. Aujourd'hui, l'Opep n'a plus les moyens de contrôler le marché car ses capacites de production disponibles sont extrêmement faibles. Les spares capacities, les capacités de production pouvant être mobilisées pour faire face à un aléa sur le marché, que ce soit un aléa climatique, comme les cyclones Katrina ou Rita, ou géopolitique, comme la guerre du Golfe, sont extrêmement réduites. Elles sont de l'ordre de 2 à 3 millions de barils/jour, alors qu'elles étaient trois fois supérieures il y a dix ans. En 1990-1991, lors de la première guerre du Golfe, les 6 millions de barils/jour de la production irakienne et de la production koweïtienne ont été retirés du marché du jour au lendemain. Les capacités disponibles dans le reste des pays de l'Opep étaient suffisantes pour qu'après une période d'adaptation d'un à deux mois le marché soit convenablement équilibré. Aujourd'hui, la capacité disponible de l'Opep a été absorbée par la croissance de la demande chinoise et indienne.

 

Cela signifie-t-il que l'Opep n'a plus de marge de manoeuvre ?

L'Opep conserve la capacité de limiter la baisse des prix. Ses membres apprécient la source de profits que représente un prix élevé du baril. Ils s'y habituent, considérant que c'est un bon niveau. L'Opep nourrit cependant des inquiétudes. En 1998-1999, la chute des prix avait été liée à une décision malencontreuse d'augmenter à contretemps les quotas, et donc la production, au moment où se déclenchait la crise économique asiatique. Aujourd'hui, d'aucuns prédisent une récession aux États-Unis, la plus grave depuis 1930. Cette crise liée aux subprimes va-t-elle s'étendre à l'ensemble des pays. Ces incertitudes sur l'évolution de la demande expliquent la prudence actuelle des pays membres de l'Opep.

 

Certains membres de l'Opep nationalisent l'ensemble des ressources naturelles de leur pays. Quelles conséquences faut-il en attendre ?

L'augmentation du prix du pétrole a eu des effets tout à fait surprenants sur l'équilibre de l'offre et de la demande. Dans un marché normal, lorsque les prix augmentent, l'offre augmente, et la demande diminue. Dans le cas du marché du pétrole, l'augmentation des prix depuis 2003 s'est traduite par une réduction de l'offre, liée au développement du nationalisme pétrolier, mais aussi par une stagnation au niveau de la demande, qui n'a pas baissé, voire qui a augmenté dans certains pays. La demande de pétrole est soutenue par les pays émergents, par les pays producteurs - les pays de l'Opep représentent environ 20 % de la croissance de la demande de pétrole - et par les pays consommateurs. A cause de la taxation dans certains pays et des subventions dans d'autres, l'augmentation du prix du pétrole brut ne se constate que très partiellement au niveau du consommateur final. Entre 1995 et 2005, le doublement du prix du brut s'est traduit en moyenne au niveau mondial par une augmentation de 20 % en monnaie constante du prix à la pompe et par une baisse de 3 % à 4 % de la demande. Il y a donc eu absence de rééquilibrage entre l'offre et la demande. D'autant que le domaine minier, dans les pays producteurs, a tendance à se refermer progressivement. L'exemple de la Russie est caractéristique. En Arabie Saoudite, il y a une ouverture tout à fait limitée. L'Iran s'était ouvert, mais elle offre des contrats de partage de production peu attractifs. Les compagnies pétrolières internationales sont un peu dans la situation de l'individu qui cherche ses clés sous le lampadaire parce que c'est là qu'il y a de la lumière. Les compagnies n'ont pas la possibilité d'investir là où se trouvent les réserves. Elles investissent dans des domaines déjà très largement explorés, ou à très haute technologie.

 

Ce que vous dites là tempère la théorie du « peak oil », qui voudrait que l'on soit proche d'une limite des capacités de production...

Il y a un fait totalement incontestable. Les énergies fossiles par nature ne sont pas renouvelables. Cela étant, la notion de réserves est une notion technico-économique. Un gisement de pétrole n'est pas un lac sur lequel on peut faire du canoë ou une baignoire qui se vide et qui ne se remplit pas. C'est plutôt une éponge qu'on presse, dans laquelle il reste toujours un peu de liquide. Quelle est la pression que l'on met sur l'éponge ? C'est le niveau de prix et la technologie. En 1973, on considérait avoir trente ans de réserves devant nous. Or en 2003, on avait consommé environ 150 % des réserves que l'on estimait en 1973. On a, désormais, quarante ans de réserves devant nous. Les deux chocs pétroliers ont justifié, par exemple, les investissements en mer du Nord. Et les progrès technologiques ont permis d'investir là où ce n'était pas envisagé, notamment dans les bassins sédimentaires qui nécessitaient des forages profonds. Certains horizons géographiques n'ont toujours pas été prospectés. Les pays de l'Opep ont été largement sous-explorés. La production pétrolière risque d'atteindre un plateau, non par manque de réserves — car il en reste — mais par manque d'investissements. Le problème aujourd'hui n'est pas ce qu'il y a dans le sol, mais les difficultés économiques, financières et géopolitiques pour amener ce pétrole jusqu'au consommateur final.

 

Où en sont les recherches sur les substituts au pétrole ?

Il faut rappeler que 60 % à 70 % du pétrole est consommé dans les transports. Et que la consommation d'énergie dans les transports provient à 97 % de produits pétroliers. Dans les 3 % restants, en gros, il y a 1 % de biocarburants et 1 % à 2 % de gaz naturel. La diversification reste très faible malgré les efforts accomplis depuis des années. Qu'un secteur stratégique pour l'économie nationale et mondiale puisse dépendre d'une seule source d'énergie pose problème. Au risque d'être très politiquement incorrect, la première diversification du pétrole se trouve dans les biocarburants de première génération qu'il est de bon ton de décrier...



Outre leur manque d'inefficience, ils sont accusés de faire augmenter les prix des denrées de base, de mettre en péril l'approvisionnement alimentaire et de favoriser un déboisement accru de la planète...

Toute source d'énergie alternative a sa place. Mais la première diversification pour les transports, ce sont les biocarburants... à partir du moment où ils sont exploités de façon raisonnée, que leur bilan énergétique et environnemental est positif. En liaison avec l'Ademe, l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie, nous avons mené une étude sur les analyses de cycle de vie « du puits à la roue ». Quand on dit que le bilan environnemental des biocarburants est une catastrophe, encore faut-il savoir comment on mesure ce bilan... Ce n'est pas évident car il y a plusieurs intrants : la matière première, les engrais, l'énergie, etc. On produit des biocarburants, mais aussi des co-pro-duits utilisés dans l'alimentation animale ou delà glycérine. Comment affecte-t-on les intrants aux biocarburants ? C'est une question clé. Si on veut faire de l'éthanol comme cela se fait parfois, avec une distillation qui fonctionne au charbon, il est évident que le bilan environnemental sera négatif. Si la production de biocarburants entraîne une déforestation massive, le bilan est négatif. Tout excès est condamnable. Notre étude montre qu'en France, où il y a encore des espaces disponibles, le bilan des biocarburants est positif. Il subsiste une incertitude par rapport aux émissions de N2O (protoxyde d'azote). Le prix Nobel de chimie Crutzen estime que le N2O tiré des engrais a un effet de gaz à effet de serre important. Cela dépend des pratiques culturales. Il y a des travaux de recherche, mais le consensus, pour l'instant, est que les émissions de N2O sont relativement limitées.

 

A vous entendre, il faudrait réserver la production de biocarburants à l'Europe...

Je ne pense pas que la façon dont les biocarburants se développent en Europe conduise à des excès. Les biocarburants de première génération se heurteront à terme à une limite du fait de la concurrence entre les usages alimentaires et non alimentaires. cas de l'Europe, des études montrent que, au-delà de 5 %-7 % de biocarburants dans la consommation totale de carburants, on risque d'être confronté à cette concurrence alimentaire-non alimentaire.

Plutôt que d'exporter du blé pour fabriquer du pain, on risque alors de produire du blé pour produire des biocarburants,.. Pour aller au-delà, il est nécessaire de développer des biocarburants de deuxième génération qui permettent d'utiliser, soit la totalité de la plante, soit des matières premières agricoles non alimentaires (ce que les spécialistes appellent les matières ligno-cellulosiques : du bois, des décbets de bois, de la paille, etc.). Deux voies sont suivies en Europe et aux États-Unis : l'une est biochimique, qui consiste à traiter cette matière première par voie enzymatique, pour en produire de l'éthanol, après transformation en sucre, l'autre est la voie thermochimique, on gazéifie la matière première pour ensuite, avec des procédés pétroliers de conversion, produire un diesel de bonne qualité. Des projets sont en cours de montage en France sur ces deux voies.

 

Cela peut se faire à quel horizon ?

Un projet utilisant la voie biochimique devrait être prochainement lancé. Il faudra deux ans pour construire une unité. Après, il faudra la faire tourner pendant trois à cinq ans. Si on ne perd pas de temps, on saura en 2015 si l'on dispose d'un procédé opérationnel compétitif et s'il est possible de réaliser une première unité industrielle. Il faudra alors qu'un industriel prenne le risque de déployer le procédé. Les biocarburants de deuxième génération sont une voie prometteuse. Mais en tant que président d'un organisme de recherche, je me dois de rappeler tout le monde à la modestie. Nous ne sommes pas certains de réussir à développer un procédé compétitif. Survendre les biocarburants de deuxième génération peut nuire aux carburants de première génération... Il y a place pour les deux.

 

Vous explorez la piste des moteurs optimisés et des voitures hybrides. Ne partez-vous pas en retard par rapport aux constructeurs japonais ?

Il est courant de dire que les constructeurs automobiles français manquent d'imagination, qu'ils sont en retard au plan technologique et qu'un seul constructeur a une vision d'avenir, Toyota. Toyota a réussi à convaincre que véhicule hybride égale Prius, égale Toyota. Ce qui n'est pas tout à fait vrai, car le système de la Prius est semble-t-il coûteux. Alors que l'hybridation comporte toute une gamme qui va du tout-hybride - qui est le système de Toyota -à une hybridation réduite, par exemple le système stop-and-start développé par Valeo. Avec le stop-and-start, le moteur se coupe à l'arrêt. Ce qui permet de réduire de 15 % la consommation en ville. À terme, on peut aussi penser à des véhicules hybrides qui seraient rechargeables sur le réseau électrique.

 

par Polydamas publié dans : Finance communauté : Vu de droite
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Jeudi 14 février 2008

Un bon article de la Tribune, à compléter avec les Econoclastes, ainsi que le blog économique de Libération.


Une claque majeure pour l'économie française, le reflet de toutes ses faiblesses, un chiffre cruel... »

Économistes et commentateurs ont donné la semaine dernière un pathétique concert de lamentations à l'annonce de l'aggravation du déficit commercial de l'Hexagone, passé de 30 milliards d'euros en 2006 à 39 l'an dernier. Mauvais positionnement de nos produits, mauvaise orientation géographique, manque de compétitivité du mode in France... tout ypassepour expliquer cette « descente aux enfers ». C'est donc grave, docteur ? En fait, pas vraiment. Le déficit commercial de la France n'est qu'une donnée, mais ce n'est pas un problème.

Tout d'abord, il faut relativiser le malheur. Pendant que la France enregistre un peu moins de 40 milliards de déficit, le Royaume-Uni est lui dans le rouge de près de 130 milliards ! Quant à l'Espagne — qui représente la moitié de l'économie française en termes de PIB — son déficit devrait avoisiner les 110 milliards. Les yeux rivés sur l'Allemagne. Ah, bien sûr, la référence, le modèle économique des Français, présenté un tout autre bilan : l'Allemagne a pulvérisé l'an dernier son record absolu d'excédent commercial à 200 milliards d'euros. Rien d'étonnant à cela : ces divergences sont structurelles.

Si l'on considère sur une durée de seize années (depuis 1992, c'est-à-dire après la réunification allemande) le solde des échanges de biens des grands pays de l'Union Européenne, on constate que deux nations sont traditionnellement excédentaires. Ce sont l'Allemagne et l'Italie.

La patrie de Goethe est néanmoins très loin devant : depuis des décennies, elle enregistre des excédents commerciaux très conséquents et ses excédents cumulés depuis seize ans (une mesure parfaitement théorique puisque la balance des paiements globale d'un pays est, par définition^ à l'équilibre chaque année) avoisinent les 1.500 milliards d'euros. La patrie de Dante a, quant à elle, enregistré quinze ans d'excédents sur les seize dernières années et leur cumul atteint 290 milliards d'euros.

À l'inverse, deux pays sont traditionnellement déficitaires : le Royaume-Uni et l'Espagne, constamment en déficit sur les seize dernières années et qui cumulent respectivement 868 et 603 milliards de déficit sur  la période.   La France, elle, est dans une position médiane : onze excédents, cinq déficits sur les seize dernières années avec un solde cumulé pratiquement à l'équilibre.

Mais la balance commerciale ne dit pas tout. Elle ne constitue qu'une partie de la balance courante qui comprend également les échanges de services ainsi que les revenus d'investissements et de transferts (immigrés, contributions aux institutions internationales). En matière d'échanges de service, la musique change. Alors que l'Allemagne cumule 674 milliards de déficit, France (+ 232 milliards), Espagne (+ 292) et Royaume-Uni (+ 377) engrangent d'importants excédents du fait du tourisme pour les deux premiers et des services financiers pour le troisième. Ce qui corrige d'autant le solde de leur balance courante, juste mesure des revenus ou des engagements d'une nation vis-à-vis du reste du monde. Or, en termes de balance courante, la France est traditionnellement excédentaire : treize excédents pour trois déficits (il est vrai ces trois dernières années) en seize ans. Bref, selon qu'une économie est orientée vers l'industrie ou les services, selon qu'elle reçoit ou non beaucoup d'investissements de l'étranger ou qu'elle en fait elle-même à l'étranger, la structure de sa balance courante s'en trouvera profondément modifiée.

Un constat achève de convaincre de la non-pertinence du solde commercial comme mesure de la santé économique d'un pays. L'Allemagne, champion commercial de l'Europe, a vu en seize ans son PIB s'accroître de de 24 % et sa consommation privée de 17 %.

Dans le même temps, PIB et consommation se sont accrus de 33 % en France et de 54- % au Royaume-Uni. Les chiffres espagnols sont encore plus flamboyants : 65 % et 58 %. En clair, les dépenses de consommation — une mesure du bien-être national — se sont accrues deux fois plus vite en France qu'en Allemagne et trois fois plus vite au Royaume-Uni. Et l'Hexagone ne s'est pas plus endetté que son voisin germanique...

Cela a-t-il un sens, dans ces conditions, de porter le deuil de notre solde commercial ?


A l'appui de ces arguments, j'ajouterais que les Etats-Unis sont la première puissance de la planète avec un déficit commercial record depuis 25 ans,  et que le Japon n'arrive que difficilement à se sortir du marasme économique des années 90, avec pourtant un excédent commercial record.

Ceci posé, il est tout de même étonnant que le rédacteur en chef fasse un article de mise au point, alors que son propre journal avait titré racoleusement sur le sujet la semaine dernière. Dans la même idée, on pourrait aussi leur reprocher le traitement sur l'augmentation des salaires des patrons...
 
 
par Polydamas publié dans : Finance communauté : Vu de droite
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Samedi 26 janvier 2008
Pour comprendre un peu mieux ce qu'il s'est passé, je ne peux que vous recommander, de parcourir ces quelques billets.

- Tout d'abord, l'un de mes anciens billets sur les hedge funds et l'utilité de la spéculation.

- ensuite, quelques éléments d'explication avec Econoclaste:

Nous ne sommes pas face à une activité non surveillée, dans laquelle selon l'imagerie populaire, on laisse agir des individus aux narines remplies de cocaine à leur guise. La vraie question, c'est donc de savoir comment il est possible que les mécanismes de contrôle n'aient pas fonctionné. Il est fort possible que l'économie ne soit pas trop à même de répondre à cette question, mais que la sociologie des organisations soit plus efficace.

Pour cela, il faut savoir que de nombreuses banques françaises ont une organisation assez féodale, avec des castes qui exercent un pouvoir significatif. L'activité de dérivées actions, à la société générale, était à l'origine de la quasi-totalité des bénéfices de la banque; dans de telles conditions, lorsqu'un employé du back-office demande des explications à un trader sur ses opérations, celui-ci peut parfois l'envoyer promener en lui disant "je sais ce que je fais, contente-toi de faire tes comptes".

- Et enfin, un témoignage d'un connaisseur l'intérieur de la banque:

Le trader en question, Jérôme Kerviel, a réussi son coup à partir d'un procédé simple qui consistait à créer dans le système interne de la Société Générale de fausses contreparties, autrement dit de faux clients. Le système en question s'appelle Eliot, c'est le système central du département dérivés actions dans lequel l'ensemble des "deals" sont "bookés". C'est forcément un système très sensible, très contrôlé par différents middle & back offices. Problème, Jérôme Kerviel était issu de ces départements et il a sans doute gardé des logins lui donnant des accès privilégiés à ce système. (j'ai moi-même gardé en tête des codes front de la maîtrise d'ouvrage donnant accès à pas mal de données...) A partir de là, il était facile pour lui de traiter sur les marchés en prenant des positions au nom de la Société Générale, des positions, bien sûr, totalement fictives car sans contreparties....
(...)
Contrairement à ce qu'affirme Elie Cohen dans le Figaro, aussi irréel que cela puisse paraître, cette histoire me paraît tout à fait plausible. Je ne pense pas que ce soit une histoire inventée de toutes pièces par le management pour masquer des pertes liées aux subprimes

A lire également, les commentaires de ce billet, où des anciens de la Société Générale interviennent directement.

 
nti_bug_fck
par Polydamas publié dans : Finance communauté : Vu de droite
ajouter un commentaire commentaires (7)    créer un trackback recommander
Jeudi 24 janvier 2008
Ainsi donc la Société Générale affiche une perte de 4.9 milliards d'euros (soit au cours actuel de l'euro, à peu près 7 milliards de dollars). Cette perte, due semble-t-il, à un seul trader, Jérome Kerviel, la place en tête de toutes les catastrophes financières, que ce soit le récent Amaranth (6 milliards de dollars), le systèmatique LTCM (4.6 milliards de dollars) ou la très médiatique Barings (1.3 miliards de dollars). Au moins la France peut-elle se targuer de dépasser les Etats-Unis en la matière !

Malgré tout, il ne faut pas oublier que, sur l'année 2007, la Société Générale affiche tout de même un bénéfice de 800 millions d'euros. C'est dire si, malgré les subprimes, l'activité de la banque avait été bonne. Par ailleurs, cela n'entame en rien la solidité financière et comptable de l'entreprises, et ne concerne aucunement les comptes qu'elle héberge. On ne peut donc pas comparer cette fraude à la faillite de Northern Rock.

Les positions prises par le trader étaient connues de tous, et ont une ampleur estimée de 40 à 50 milliards d'euros. Inutile de dire qu'avec des montants pareils, il est tout de même étonnant que personne n'ait rien vu ces derniers mois. L'explication officielle de la Société Générale est la suivante. Ancien salarié du contrôle des risques, le trader connaissait parfaitement toutes les procédures de contrôle, et a pu donc créer des couvertures factices, permettant de camoufler des positions qui, elles, étaient bien réelles.

Découvrant vendredi dernier, lors d'un contrôle de routine, l'ampleur des malversations, les responsables du risque de la Société Générale, ont clôturé les positions de la banque lundi dernier, au moment du krach boursier, empirant donc les pertes. Je serais incapable de vous dire si c'est le krach qui a empiré les pertes de la banque, ou si ce sont les ventes de la banque qui ont crée le krach...

Mis à part ce débouclage précipité, cette fraude, dans l'état actuel des informations, ne semblerait avoir qu'un lien éloigné avec les subprimes. D'ailleurs, sur ce plan-là, les provisions passées sont de 2 milliards d'euros, montant plus important qu'attendu, pour une banque française, mais beaucoup moins que les provisions passées dans les banques allemandes.

Ce qui est certain, par contre, c'est que la banque est désormais en position de faiblesse face à un éventuel agresseur. Elle, la première banque mondiale sur les produits dérivés, elle, la banque qui se targuait de maitriser parfaitement le contrôle des risques, perd toute sa réputation dans cette histoire. Or depuis quelques années, le marché attend une fusion de la Société Générale avec l'un de ses concurrents. Son prix, jusque là, élevé pouvant dissuader nombre d'investisseurs, il serait étonnant que le prix de l'action ne tente pas les ardeurs de certains. Depuis son plus haut à 150 €, atteint en Juin dernier, l'action a été divisé par 2.

Bouton avait réussi à repousser l'offre hostile de Michel Pébereau, PDG de BNP, il y a une dizaine d'années. Il est improbable qu'il parvienne à  faire de même pour la prochaine attaque. Proposant ce matin sa démission au conseil d'administration de la banque, celle-ci a été refusée, sans doute pour le laisser en place jusqu'à la vente de la Société Générale. Effectivement, il est aujourd'hui le mieux placé pour négocier une telle opération.

Alors, qui sera le premier à lancer l'OPA ? Les Italiens, via Unicredito ? La BNP, au nom du patriotisme économique ? Ou doit-on s'attendre une alliance afin de dépecer la Société Générale, à la manière de l'offre lancée sur ABN Amro, il y a quelques mois ? Celle-ci ne manquerait pas de logique, le réseau de la Société Générale, très urbain, pouvant intéresser une banque étrangère n'ayant pas de filiale française, et l'activité de marché, leader sur les produits dérivés, pouvant attirer un concurrent français.

La question est donc ouverte, et ne manquera pas d'être passionnante à suivre.

PS: A noter que cette affaire signe l'échec des réglementations bancaires incessantes que ne cessent de pondre nos gouvernants, telles que Bale 2.

 
par Polydamas publié dans : Finance communauté : Vu de droite
ajouter un commentaire commentaires (7)    créer un trackback recommander
Jeudi 24 janvier 2008
Un très bon article de Jacques Gravereau. Pour ceux qui auraient encore un peu de mal.

Dans la superbe crise financière qui vient de nous sauter à la figure, l'immobilier américain avec ses subprime a bon dos : ce n'est pas le fond de l'affaire. Toutes les crises financières se ressemblent, seul l'objet change [les tulipes (1637), le sucre (1974), Internet (2001)...]. Le problème, cette fois, est que l'on ne comprend plus rien à la nature et au contenu du papier à financier, tant les acteurs ont fait preuve de créativité et tant les sommes en jeu sont colossales.

Au départ tout est simple. Il s'agit d'élargir l'accès au marché immobilier américain à tous les ménages, même les plus fragiles. Les banques prêtent donc aux dits ménages en créant une prime exceptionnelle (subprime) pour le risque de défaut. Elles vont ainsi détenir dans leurs comptes une quantité de papier, contrepartie de ces prêts risqués, qui sont autant de revenus futurs au fur et à mesure des remboursements supposés. Rien que du potentiel positif donc.

Les banques vont alors construire une fusée à trois étages, de plus en plus gros et opaques. Ces trois étages s'appellent ABS (asset backed securities), CDO (collateralized debt obligations) et SIV (spécial invest-ment vehicles). La clé pour comprendre le problème est le concept de « titrisation » : on amalgame tous les papiers financiers que l'on détient et on compose un gros paquet virtuel découpé par morceaux. Ces morceaux sont revendus à d'autres banques, dotés d'une valeur et d'un cours.

Quatre fois le PIB de la France ! Le premier étage de la fusée est constitué, pour la titrisation, des ABS, apparemment solidement gagées : deux tiers sur des hypothèques immobilières (mais, à quelle valeur réelle ?) et un tiers sur d'autres actifs financiers, comme les cartes de crédit par exemple. Les ABS à elles seules représentent 10 700 milliards de dollars, ce qui donne le vertige (4 fois le PIB de la France !), lorsqu'on sait que le PIB mondial (2007) représente 50.000 milliards de dollars et la masse des dépôts bancaires mondiaux 38.500 milliards de dollars.

C'est là qu'intervient la finance dite « structurée » pour construire le deuxième étage de la fusée. Une banque d'affaires rachète des titres d'ABS et en compose un nouvel assemblage (un bout de subprimes pourries, un bout d'obligations un peu moins mauvaises, un bout de cartes de crédit, etc.) qu'elle empaquette dans un nouvel em-ballage, appelé CDO. Il est le résultat d'une cuisine interne opaque que seuls quelques matheux créatifs comprennent, sans maîtriser les créatures étranges sorties de leurs laboratoires.

Ces banques commencent alors à vendre massivement des CDO, toujours plus sophistiqués, qui se mettent à circuler sur le marché. Leur nombre et leur composition font qu'ils acquièrent une valeur virtuelle magique, à laquelle personne ne comprend plus rien, même les professionnels qui les achètent. Mais dans la sphère financière il est très tendance de fabriquer et d'acheter du CDO, comme des moutons de Panurge. En outre, les agences de notation se mettent à attribuer des notes aux CDO. Or nombre d'entre eux dotés de la meilleure notation contiennent aussi des subprimes pourries : une fois encore, les analystes sont pris la main dans le sac de conflits d'intérêts, sinon d'incompétence. Avec le foisonnement des CDO (400 milliards de dollars émis pour la seule année 2007), on ne sait plus où est le risque, qui détient quoi, qui fait quoi ! Le troisième étage de la fusée est prêt à entrer en action. Il est diabolique.

Pas de rapports fastidieux. La rotation des CDO rapporte énormément d'argent, mais ils sont trop visibles. Les ABS et les CDO ne sont que des instruments. Les banques se mettent donc à créer des « véhicules » d'investissement (SIV), ou « tuyaux » (conduits en américain) domiciliés à droite et à gauche, où elles mettent des tonnes de CDO de toutes sortes. Les SIV sont hors bilan (Enron où es-tu ?), ce qui est commode : pas de rapports fastidieux, pas de ratios Cooke, ces « véhicules » sont contrôlés par la banque sans (techniquement) lui appartenir, ils se refinancent sur le papier commercial à court terme, ils ont le rendement exceptionnel des CDO. Les SIV rappellent furieusement les investment trusts de la crise de 1929... qui avaient explosé dans la tourmente.

C'est l'aubaine du siècle. Tout le monde se rue sur le papier, d'autant plus que les transactions électroniques accélèrent  considérablement la vitesse de circulation des capitaux. Les banques créent du papier supplémentaire pour alimenter la demande, exactement comme pour les assignats. En pleine euphorie, la sphère financière, si l'on peut dire, marche sur la tête. 
  

Cependant, malgré tous les effets négatifs que l'on constate aujourd'hui, il faut bien constater que ces "subprime" ont tout de même permis l'accession à la propriété de nombreux Américains.


par Polydamas publié dans : Finance communauté : Vu de droite
ajouter un commentaire commentaires (2)    créer un trackback recommander
Blog : Journal Intime sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus