Un espace de liberté en moins?

Publié le 27 Juillet 2006

Dans la grande valse des animateurs de cette fin d'année scolaire, une éviction a plus particulièrement retenu mon attention.

J'arrive bien aprés l'annonce de la nouvelle, mais la disparition de l'émission Le premier pouvoir, sur France Culture me paraît tout à fait regrettable. Loin de l'image des émissions d'Ardisson ou de Karl Zero, Elisabeth Levy s'efforçait, chaque semaine, de disséquer les médias et leurs contradictions. Il faut croire que cette position a déplu à certains, en haut lieu.

En effet, on a droit à ce communiqué, que je qualifierai de surréaliste, par le directeur de France Culture, David Kessler:  "Je reconnais que cette émission était très écoutée. Mais l’audience n’est pas le critère essentiel de France-Culture."  On croit rêver. Autant se saborder de suite et qu'on jette l'argent par les fenêtres, puisque tel semble être l'objectif de Kessler.

En outre, il ajoute : "[cette] émission hebdomadaire sur les médias ne permet pas d’entretenir un rapport rationnel à l’actualité, et se trouve nécessairement prise dans le tourbillon de l’immédiateté". Ce constat m'apparaît sévère car même si les émissions d'Elisabeth Levy traitait essentiellement de l'actualité, ces sujets faisaient l'objet d'une prise de recul tout à fait intéressante.

Malgré ce peut en dire Acrimed, Elisabeth Levy est une des rares intervenantes du PAF qui propose un point de vue un peu différent de ce qui nous est actuellement proposé. Elle rejoint en cela la cohorte des intellectuels réacs de Finkie à Debray, en passant par Philippe Muray, avec qui elle avait d'ailleurs écris un ouvrage.

J'avais déjà trouvé scandaleux qu'elle soit évincée de l'émission "On refait le monde". Les deux fortes personnalités qu'étaient Elisabeth Levy et Pascale Clark, présentatrice de l'émission, s'étaient heurtées à cause de l'ironie de Clark à propos de la famille nombreuse des Gaymard.

Aprés les tentatives de destabilisation d'Arrêt sur Images, voilà une autre émission sur les médias qui passe à la trappe. Comme probablement certains de ses confrères, Elisabeth Levy fait les frais de l'élection présidentielle. Le poil à gratter qu'elle était ne devait probablement pas convenir aux "maîtres censeurs".

Rédigé par Polydamas

Publié dans #Médias

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Amaury 01/08/2006 13:34

Excellent article JB! Je suis ton blog avec attention, merci pour cette analyse de l'actualité!