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Publié le 5 Juin 2008

Plus généralement, je crois que le sexe a été un formidable alibi pour que l’Etat casse les instances intermédiaires qui s’occupaient de gouverner la vie privée : la famille, l’école, les églises. C’est dorénavant le droit, et surtout le droit pénal, qui est devenu l’arbitre des conflits interpersonnels, au détriment d’autres normes morales, disciplinaires ou de politesse.

(...)

On s’est contenté de changer le contenu des contraintes. Il est faux de croire qu’on n’est passé d’un monde dans lequel on était accablé par des contraintes injustes, vers un régime de liberté sexuelle et procréative. Ce vieux maître rigide qu’était le mariage a été remplacé par un autre, tout aussi arbitraire, et, sans doute, plus redoutable encore qui est le sexe. Par ceci, j’entends un ensemble de normes juridiques qui a fait de la sexualité, non seulement le fondement des liens de filiation au détriment de la volonté, mais aussi la chose la plus importante en ce qui concerne notre bien-être psychique. La sexualité n’est pas une activité libre gouvernée par le seul consentement, mais quelque chose d’extrêmement délicat et dangereux qui peut, à tout moment, mettre en miettes notre santé mentale et notre avenir.

(...)

La famille n’est plus organisée autour du mariage mais du ventre fertile des femmes. On met souvent en avant le fait que ces nouvelles lois ont permis aux femmes ne pas être enceintes lorsqu’elles ne le souhaitent pas. Ce faisant, on oublie le principal, c’est-à-dire que ce sont elles seules qui ont le pouvoir de faire naître. Ainsi, l’homme n’a pas le droit de demander à une femme d’avorter. C’est quand même un peu gonflé que l’on puisse encore imposer à un homme une paternité non désirée. Cela signifie que la liberté procréative n’est pas complète, car elle ne concerne que la moitié de la population. Les féministes traditionnelles voient cela comme une vengeance contre les hommes et le patriarcat.


Quel est l'affreux facho qui ose déclamer ce discours ?

Personne d'autre qu'un chercheur du CNRS, interrogée par Libération.
Via Turion de Delicious....
 

Rédigé par Polydamas

Publié dans #Société

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amelichan 07/06/2008 10:37

désolée de poursuivre mais.... :)aller encore plus loin dans le démolissement des institutions etc, le manque de stabilité, etc........si on applique cela à l'économie, on arrive justement en plein dans la théorie libérale, le laissez-faire, où justement, plus on structure, plus on contrôle, plus on obtient d'effets pervers !Les conservateurs acceptent cette théorie dans l'Economie, pourquoi penser que la même chose est complètement louffoque dans le politique ou le social????Après tout, l'économie est une science "humaine"...pourquoi accepter les risques dans ce domaine, et pas dans un autre?Apres tu me diras que tu n'es pas un ultra libéral.. :)  ok, mais tout de meme....petit décalage :)

Polydamas 08/06/2008 00:37


Ben non, parce que l'économie n'est pas la morale, ce qui est bon pour l'économie ne l'est pas forcèment pour une famille avec des enfants à élever qui ont besoin de stabilité.
Lorsqu'effectivement, dans l'économique, on peut laisser les individus laisser faire à peu près tout ce qu'ils souhaitent, et encore, ça dépend sur quoi (je ne suis pas pour la libre circulation du
porno, etc), dans la morale, il n'en est pas question, surtout lorque la vie et la mort des individus sont en jeu, ce qui est le cas de l'avortement, etc.

En outre, une famille n'est pas une entreprise, ce qui marche pour l'un ne fonctionne pas pour l'autre, et inversement. Dans la relation patron-salarié, il y a une relation qui n'a rien à voir avec
la relation père-enfant, relation qui n'est pas de même nature, de même intensité, de même valeur, partant, ce ne peuvent donc être les mêmes règles qui régissent l'une et l'autre.


amelichan 06/06/2008 22:18

en fait, je ne comprends pas pourquoi tu fais ce rapprochement de constats....certes on peut tous faire le meme constat.... meme sans etre conservatrice je déplore le désintégrement de la famille, la banalisation de certains comportements, etc....la différence se fait sur les solutions que l'on pense apporter / ou que l'on soutient, et c'est plutot ca l'important non?donc plutot que de se dire, chouette, machin trouve aussi que tel truc est naze, comme moi... autant critiquer machin pour ses idées du style "partouze pour mineurs pour lutter contre la désintégration de la société.".. , non? :)PS : désolée pour les commentaires completement nazes que je poste sur ton blog en ce moment mais je suis un peu surmenée... ca n'enlève rien à l'intérêt du débat ! :)

Polydamas 06/06/2008 23:37


Excuse moi, ce n'est pas en allant ENCORE plus loin dans la destructuration, dans le démolissement des institutions que l'on arrangera les choses. Il serait temps de voir que l'être humain a un
besoin structurel de stabilité qu'il n'est pas malsain de lui apporter et de fixer quelque peu.

Et oui, je trouve son commentaire de la société intéressant en ce qu'il est loin d'être habituel dans la bouche de la gauche....


blih 06/06/2008 15:31

Renseignez-vous :"Non, quand elle dénonce les peines sans cesse plus lourdes infligées
aux violeurs, elle ne les défend pas. Seulement, elle s’interroge:
«Comment une société qui se dit libérée renforce sans cesse les
interdits et considère que les crimes majeurs sont des crimes sexuels?"l'article complet  : http://tinyurl.com/6ruk4dPas une féministe sérieuse ne revendique la guerre des sexes. Et il ne faudrait pas croire les luttes antisexistes motivées par le ressentiment. Mais il est toujours plus facile de discréditer d'emblée et de faire des procès d'intentions. Sans compter que le discours féministe n'est absolument pas homogène.

Polydamas 06/06/2008 16:44


Pas une féministe sérieuse ne revendique la guerre des sexes ? Et bien, pour les spécimens que jai pu voir sur le net, c'est pas encore ça. Le nombre de fois où on m'a jeté à la gueule, "tu es un
mec, tu ne peux pas juger/commenter", est assez hallucinant.

Pour le reste, Iacub fait un constat que je partage, elle estime que cela ne va pas encore assez loin, mais elle est d'accord sur le processus. Cest tout ce qui m'interesse, capice ? Peu importe
qu'elle veuille encore aggraver les choses. D'autant qu'il faut tout de même avoir un grain pour estimer que les violeurs sont trop sanctionnés, et être pour les partouzes pendant sa minorité.



blih 06/06/2008 13:36

Visiblement vous ne comprenez toujours pas.A moins que les milieux conservateurs déplorent que le sexe soit vu (avec toutes les indidences que ça a en matière pénale) comme une menace pour notre santé mentale...Concernant le premier paragraphe, la critique de la juridicisation à outrance des conflit interpersonnels n'est pas l'apanage des réacs. Et je serais surpris d'apprendre que les conservateurs voient d'un mauvais oeil la plus forte pénalisatation des crimes et délits sexuels. Ce que Iacub encore une fois déplore.Concernant le dernier paragraphe, je serais curieux de l'entendre préciser sa pensée parce que si par féministes traditionnelles elle parle des héritières de Beauvoir, elle a tout faux...

Polydamas 06/06/2008 14:56


Mais je me fous de ce que déplore ou ne déplore pas Iacub, je remarque juste qu'elle fait le même constat que les réacs, un constat sur les contraintes imposées et sur la destructuration des
familles par l'Etat sous couvers de cette nouvelle morale.

Quant à l'Etat qui serait plus sévère sur les crimes sexuels, je ne saisis pas trop où vous avez pu voir ça. Toutes les structures ont été abattues les unes après les autres par l'Etat, qui
s'apercevrait maintenant des conneries qu'il a faites ? Je ne l'ai pas constaté...

Sur les féministes, on sent pourtant bien le ressentiment de quelques unes, du style, maintenant que vous nous avez soumis pendant 3 millènaires, à votre tour d'en prendre plein la tête. Il y a une
volonté de vengeance envers les mecs qu'elles camouflent difficilement.


Chartreu 06/06/2008 12:04

"On met souvent en avant le fait que ces nouvelles lois ont permis aux femmes ne pas être enceintes lorsqu’elles ne le souhaitent pas. "Enchanté d'apprendre l'existence de la contraception législative.Je croyais qu'il y  fallait surtout de la chimie, mais je vois qu'on a fait des progrès depuis lors.