La campagne Matelsom a relancé la polémique, il est temps de me positionner plus clairement sur le sujet du mariage homosexuel, sujet que j'ai régulièrement évité jusqu'à présent sur mon blog, mais
que j'ai eu l'occasion de développer en long et en large sur nombres de commentaires.
Tout d'abord, qu'il me soit permis de sourire d'un fait intéressant. Plus personne ne veut se marier. Les seuls qui souhaitent s'engager dans la voie longue et difficile du mariage sont les cathos,
les prêtres hyper-progressistes, et certains homos. Permettez-moi de m'amuser à constater que des personnes qui ne sont, la plupart du temps, pas connues pour leur fidélité, souhaitent aussi
ardemment s'engager dans la voie du mariage. Que les homos se retrouvent aux côtés des catholiques pour défendre l'institution du mariage ne manque pas de sel.
Passons.
Disons-le tout net, au risque de choquer certains catholiques, je n'ai rien contre l'homosexualité au sens strict, chacun fait ce qu'il veut dans son pieu, je m'en fous, ce n'est pas mon problème.
C'est pour cela d'ailleurs que je trouve que l'argument religieux, repris par certains de mes amis, n'est pas pertinent. Comment évoquer les condamnations bibliques de la sodomie face à quelqu'un
qui n'accorde aucun crédit à la Bible ? Ces arguments ne sont tout simplement pas crédibles dans le cadre de l'homosexualité. Les arguments des croyants ne peuvent toucher que des homosexuels
croyants, qui ne doivent probablement pas être très nombreux.
Par contre, l'un des aspects du fait homosexuel qui me pose le plus de problème, c'est, en ce qui concerne certains gays, l'hyper-sexualisation et le côté exhibitionniste, à l'image de ce qu'a
récemment déclaré le maire de Rome.
« Je respecte les personnes homosexuelles, j'en connais quelques-unes et je ne fais pas dans la discrimination. Mais je crains que la Gay Pride soit tout autre chose, un acte d'exhibition
sexuelle, et je suis opposé à toute forme d'exhibition, homosexuelle ou hétérosexuelle. Le problème, ce n'est pas oui ou non à l'homosexualité, mais oui ou non à l'exhibition. »
Que je sache les nudistes ne se baladent pas régulièrement dans les rues de Paris pour revendiquer davantage de libertés. Je n'ai jamais vu de stripteaseuses manifester en tenue, ce qui n'est pas
le cas de la Gay Pride. A ce sujet, il faut vraiment lire cet
article de Michel Bellin (en bas de page), très éclairant. Ce qui me gêne n'est pas tant l'homosexualité, que cette mode qui le considère comme hyper-tendance, comme hyper-fashion. Les
hétéros sont de facto ringardisés, alors que pourtant, dans une société, personne n'est plus important qu'eux.
Or, dans un Etat se souciant du bien commun, la priorité est, non pas de légaliser, ou d'autoriser toutes les pratiques existantes ou toutes les modes, dont on connait la diversité, dictées par
l'opinion publique, mais de promouvoir et d'encourager le cadre permettant à la société de prospérer. Et malheureusement, les homosexuels ne rentrent pas dans ce cadre. L'Etat n'a pas vocation à
mettre sur le même plan un comportement qui favorise la croissance de la société par la fécondité, et un comportement qui ne permet pas de faire profiter à la société des mêmes largesses que
l'hétérosexualité.
Un mot sur l'adoption.
Les hétéros ont une "mission" dans le sens où c'est la famille qui constitue la cellule de base de la société. Cette cellule, lorsqu'elle est stable, permet l'équilibre et l’éducation des enfants
(c'est pour cela que les divorces sont généralement de vrais drames). Enfants, qui, nous serons tous d'accord là-dessus, sont le "bien" le plus cher qui soit, c'est à dire que rien ne doit aller à
l'encontre de leurs intérêts . Or je considère qu'en plus d'avoir le droit à la vie, ils ont également le droit à cette stabilité psychologique, et notamment, à l’altérité des sexes entre les
parents (je sais, j'aggrave encore mon cas). Jamais un homme ne remplacera une femme, comme jamais une femme ne remplacera un homme.
Mettre l’homosexualité au même niveau que l'hétérosexualité serait du relativisme, ce qui est aussi une des pires choses qui soient. Ce serait nier le caractère sacré et vital de la procréation.
Tout se joue ici au niveau des symboles. Et ceux-ci, dans une société, sont importants.
Autre point. On nous rabache le cerveau des "études" démontrant qu'il n'y a aucun impact sur les enfants d'avoir des parents homosexuels. Un article de La Croix avait cassé ce mythe (d'accord, ils
sont partie prenante, mais les gays ne sont-ils pas partie prenante également ? ) :
Les enquêtes citées, en général américaines, sur lesquelles se fondent les revendications d’homoparentalité révèlent en fait bien des surprises : l’échantillonnage est extrêmement restreint,
quelques dizaines de personnes, le plus souvent membres d’associations gays militantes ; dans la plupart des cas, seuls les parents sont interrogés et parlent au nom de leurs enfants ; quand
des comparaisons sont faites, c’est le plus souvent avec des familles monoparentales, soit d’origine, soit issues d’un divorce ; les questionnaires sont standardisés, exclusivement
comportementalistes et fonctionnalistes, sans mise en perspective de l’évolution de l’enfant jusqu’à l’âge adulte ; les notions clés de « père », « mère », « parent », « conception » et «
engendrement » y sont délibérément laissées dans le flou. Tout se passe comme si les enfants vivant au sein de couples homosexuels étaient chargés de valider les comportements des adultes en «
allant bien », alors que l’on y découvre que plus de 40 % d’entre eux bénéficient d’un suivi psychologique.
On sait déjà que les divorces entre hétérosexuels laissent souvent des traces non négligeables chez les enfants. Et on voudrait aggraver les choses avec les homosexuels ? Les enfants ne
supportent pas d'être différents, d'avoir une famille qui ne soit pas dans la norme, moyennement moyenne. Ajoutons à cela un imaginaire homo, une culture gay exacerbée et revendicative, parfois
caricaturale, cela n’aide pas non plus les mômes à se construire.
On voit alors sans peine la difficulté pour des enfants d'assumer le fait d'avoir des parents homosexuels.
Je vous laisse juge, je ne sais pas si je suis homophobe et à vrai dire, je m'en fous un peu. Peu me chaut d'être hai ou voué aux gémonies parce que je ne considère pas que Vanneste soit un
salopard de la pire espèce. D'autant que je considère que les pires homophobes sont plutôt du côté de certains bobos qui considèrent ( discours qu'il m'est arrivé d'entendre) qu'il FAUT avoir un
homo dans ses connaissances, comme on doit avoir un beur de service dans son réseau. C'est réduire la personne à sa sexualité ce qui est encore pire, à mon avis, que de ne pas accepter telle ou
telle sexualité. Il faut dissocier la personne de sa sexualité, et arrêter de tout confondre, comme si l'individu ne pouvait se définir que par le sexe de son conjoint.
Oui, le comportement homosexuel n'est pas sur un pied d'égalité avec le comportement hétérosexuel. Mais cela n'a rien à voir avec une discrimination des homosexuels. C'est une promotion de
l'hétérosexualité en vue de ce qu'elle apporte à la société.
Alors oui, la propagande culturelle autour de l'homosexualité me lasse car l'on perçoit très bien que ce petit jeu mène directement au mariage pur et simple. Des gens qui ne représentent
qu'eux-même, ne sont qu'une poignée, parviennent, à coups de lobbyings, de programmes culturels (les bears dans la pub, la Gay Pride), de pressions comminatoires, de sentimentalisme, à imposer leur
thématiques, et malgré leur divisions, réussissent à obtenir l'oreille attentive des politiques.
Le domaine culturel a été plus ou moins abandonné par les conservateurs, laissant leurs opposants déterminer ce que les Français vont regarder, et plus tard voter. Le discours dominant est
complétement centré sur le relativisme, l'ouverture à de nouvelles sensations, la détestation des "moeurs coincés", ce que le Grand Charles appelle la
religion du Moderne. Effectivement, si l'on est un tant soit peu réalistes, les conservateurs ont perdu, le
mariage homo existe déjà. Le contrat d'union civile, que l'UMP souhaite voter, est un mariage homo sans le nom, il en a presque tous les atouts, seule manque la mention "mariage".
Enfin, certains homosexuels nous disaient au moment du PACS: "Non, jamais nous ne demanderons quoique ce soit de plus, nous ne voulons pas du mariage". Force est de constater qu'ils avaient tort,
que le PACS n'était bien sûr qu'une accroche, qu'une introduction afin de préparer un plan plus large. Plus inquiétant est ce constat lorsque l'on connait les
projets à venir après le mariage homo, promouvant toutes les sexualités alternatives. D'autant que l'évolution actuelle des lois suit un
mécanisme de cliquet, c'est à dire que si l'on vote la loi, il est ensuite impossible de revenir dessus. Ainsi, si le mariage homosexuel passe, il est probable que la logique relativiste
continuera. Je ne vois pas pourquoi l'on s'arrêterait en si bon chemin.
Dans cette logique, toutes les sexualités devront être reconnues par l'Etat, ce qui risque d'augurer d'un beau bazar, ce n'est pas la peine que je vous dresse le tableau.
Je précise :
Vous comme moi, n'avons rien à fiche de ce que les gens font dans leur pieu, ca ne nous regarde pas. Et même si cela nous regardait, on n'irait pas chercher à voir, vous me suivez ? Ca c'est du ressort de l'état catholique, pas du citoyen. Ou vouliez vous dire que l'état n'a pas à pénaliser l'homosexualité ?
Il faut aussi préciser votre phrase suivante disant que l'argument religieux n'est pas pertinent. Parce que non seulement l'argument religieux est pertinent, mais en plus il est le seul pertinent. A côté des arguments de la raison naturelle, l'argument théologique prime et donne légitimité aux autres.
Dire que les arguments religieux ne peuvent que toucher que les pédés croyants revient quelque part à nier la grâce de Dieu qui accompagne l'argumentation humaine.
Et oui, l'argument religieux n'est pas pertinent quand vous faites face à des athées qui n'ont rien à foutre de votre spiritualité et de votre Dieu, on n'est tout simplement pas sur le même registre. Leur parler de ceux-ci n'a donc pas grand intérêt. La grâce de Dieu joue bien sûr, mais je l'ai rarement vu renverser mes adversaires instantanément. Ce que je vois par contre, c'est qu'ils ne cessent d'avancer.
Pour discuter avec quelqu'un et tenter de le convaincre, il faut partir de bases communes. Ici, ce qui peut rassembler un conservateur avec un homosexuel, c'est la notion qu'ils se font tous les deux de l'Etat. C'est là-dessus qu'on peut jouer, pas sur la religion et la Bible. Et sur l'Etat, il y a moyen de faire valoir ces arguments. Par contre, avec des versets de la Bible, ils vont vous rire au nez...