La réacosphère a les honneurs de Libération

Publié le 30 Avril 2008

Cher Gaël Cogné,

Tu permets que je te tutoies ? Après tout, puisque tu nous observes sur nos sites, on est presque familier, non ?

Dans Libération d'aujourd'hui, tu me fais l'insigne honneur de me citer parmi les membres de la "réacosphère", à propos de cette campagne d'E-deo contre les matelas Matelsom. Campagne que je n'ai relayée d'aucune sorte sur mon blog, tu peux vérifier, même si évidemment, je suis plus que lassé de toute cette iconographie homosexuelle inondant tout notre quotidien.

C'est pour cela que ton titre "Les réacs du web, antigays primaires", c'est du non-sens total. Je me fous que les homos fassent ce qu'ils veulent dans leur back-rooms. Chez eux, ils ont toutes les pratiques qu'ils souhaitent. Pas de problèmes avec ça.

Par contre, j'en ai assez que le seul modèle qui vaille aujourd'hui ne soit plus la cellule familiale, définitivement ringardisée, mais la famille dite "recomposée",  j'en ai assez que les mentalités soient sensiblement orientées par les homos qui font et défont les modes, qui disent ce qu'il faut penser ou pas, en bref, j'en ai marre de cette société où la seule valeur qui soit est la médiocrité. Tu peux comprendre, ça ?

Allez, je te cite:

Les thèmes de prédilection de la réacosphère ? La lutte contre l’avortement, l’euthanasie, la «cathophobie», la défense de la doctrine saine de l’Eglise.

Doctrine SOCIALE de l'Eglise, espèce d'inculte ! On vous l'a jamais appris à Libé ? C'est la base, pourtant.

Tu cites un "observateur du web", Guilhem Fouetillou:

«Ils savent comment on diffuse, comment on pénètre de nouveaux milieux. On retrouve des stratégies qu’emploient les sectes, avec des approches par capillarité. D’un point de vue d’observateur, on peut dire qu’ils sont très bons»

Je ne savais pas que Rezo.net, que Backchich, que Rue89, que les blogs de Libé utilisaient des stratégies similaires à celle des sectes. Je sais, ça va te faire certainement mal de l'avouer, mais nous ne faisons qu'imiter et répliquer (à notre modeste échelle, bien sûr) tout ce qu'on observe à gauche, on met en place les outils parallèles aux outils d'influence de la gauche pour ne pas vous laisser tout le web politique. D'autant qu'au début, il n'y a rien de tout cela, juste l'envie de discuter comme au café du commerce, de balancer quelques arguments avec des gens partageant le même gout pour la polémique et le débat.

Je veux bien être comparé à une secte, perso je m'en fous pas mal d'être étiqueté, mes écrits et mes traces un peu partout sur le web parlent pour moi, mais alors, s'il te plait, n'oublie pas tes petits copains dans le tableau général.

Enfin, l'intello de service du CNRS, subventionné par le contribuable, qui nous débite ses conneries habituelles:

«Ils s’inscrivent en réaction à un mouvement de changement. Ils estiment qu’avant toutes les évolutions, c’était mieux. Tout était parfait. Les réactionnaires se réfèrent souvent à un âge d’or qui serait juste avant la Révolution française. Ils remettent en cause la modernisation, jouent une certaine victimisation et cherchent à obliger les pouvoirs publics à réagir. C’est efficace dans une démocratie d’opinion.»

T'oublies un truc mon coco, non, je ne suis pas hostile à toute les évolutions. Juste à quelques-unes d'entre elles. Les pires, les plus destructrices de l'ordre social. Quand tu te retrouveras dans un lit, incapable de t'exprimer, avec des héritiers autour, avides de partager le gateau de ton patrimoine, on verra si tu considèreras toujours que l'euthanasie est un droit. T'oublies aussi que le seul moyen d'obtenir quoique ce soit en politique, c'est de gueuler, encore et toujours. Je vais pas te donner des leçons à ce sujet, tu le connais mieux que moi.

Voilà, je vais m'arrêter là, parce qu'on pourrait ergoter longtemps sur le journal qui te paye. En outre, vu que tu as fait ton interview de Thibaud (le webmaster d'E-deo) la semaine dernière, tu avais tout le temps pour te documenter davantage, voir qu'il y a des différences politiques, que la "réacosphère" n'est pas aussi uniforme que tu le dis, peut inclure plus de sites, qu'elle aborde d'autre thèmes que ceux qui t'obsèdent.

En gros, t'aurais pu faire ton travail de journaliste...
Cordialement,

PS: Et pourtant le Grand Charles, il t'avait bien facilité la tâche...

Rédigé par Polydamas

Publié dans #Actualité

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amelichan 07/05/2008 12:47

pour Olivier ci-dessus : si tu connaissais le client type du psy, tu verrais que celui-ci est le plus souvent issu d'une famille bien "normale" parfaite en apparence..Un modèle particulier de famille (popa moman les enfants et le chien) n'a jamais été la condition sine qua none pour faire d'un individu un être sociabilisé et sain.

amelichan 07/05/2008 12:44

comme dirait Basho....la caricature contre la caricature n'a jamais apporté quoique ce soit...et meme si je peste (gentillement toujours:) sur ce blog..que je trouve parfois caricatural....j'admets que je prends toujours plaisir à lire une chronique sur un journaliste qui se fait tailler :) un profession remplie d'incultes qui font mal leur boulot....(ce qui me déprime quand on voit l'importance et l'influence de ce métier...)..enfin ,  je ne caricature pas :), il y a heureusement tjs de très bons journalistes, mais pour les cotoyer tous les jours, j'avoue que la capacité d'investigation de ceux-ci a tendance à disparaitre....

Olivier Autissier 05/05/2008 23:14

Tout le reste mis à part, c'est à dire la haine déversée, si la famille était vraiment le seul modèle qui vaille, sans aucun doute les psys n'auraient pas fortune autant !

trahoir 03/05/2008 00:04

Bravo. Y en a marre de se faire em......bêter par des clowns. De toutes façons leur "révolution" les mangera, comme toute les révolutions. Espoir et courage. Ils vont se bouffer entre eux, il n'y aura peut être même pas à les pousser dehors !

Jean-Pierre 02/05/2008 17:43

Une des choses les plus ahurissantes c'est tout de même l'absence totale de quelque chose qui pourrait ressembler à une tentative de compréhension, tout est procès en sorcellerie, aucun essai d'objectivité, toute cette "blogosphère" est le Mal, point final.J'ai vu aussi que le bal des dégueulasses est cité, or ce site est pourtant un des plus argumentés, et encore une fois, rien, que des incantations, ceci est le Mal.Les seuls points de vue qui se veulent objectifs ne sont en fait que des excuses au goût pseudo-scientifique toujours avalisées, comme vous le faîtes remarquer, par un fonctionnaire du CNRS qui croit que ce qu'il pense est neutre et objectif, je pense en l'occurence à cette comparaison assez comique avec les comportements sectaires... (plus sérieusement on se demande après coup qui est réellement sujet à un comportement sectaire, borné) Il est difficile de croire que des gens qui se pensent représentatifs d'une pensée un minimum objectif comme ces journalistes puissent faire encore long feu, mais enfin bon... ça les regarde.

Polydamas 02/05/2008 19:03


On va essayer d'être un peu honnête, le chercheur a écrit une réponse:



Guilhem Fouetillou

Je lis avec attention l’ensemble des articles et commentaires publiés en réaction à l’article de Libération en date du 30 avril.


Il me semble que malgré la volée de bois vert dont fait l’objet Libération, journalistes et “spécialistes” qu’ils soient flics à la solde des pubards et marketeux (me concernant) ou chercheur
incompétent payé par le contribuable (pour Florent le Bot du CNRS), ce qui se joue là est plutôt positif quant à la complémentarité des médias de masse et des micro-publications citoyennes.


Je m’explique : soit un article de moins de 800 mots publié par un quotidien généraliste marqué politiquement ou du moins idéologiquement et historiquement à gauche. Un travail de synthèse, de
réduction constitutif de l’exercice journalistique : il faut vulgariser, rendre accessible, on le fait parfois au prix d’inexactitudes, d’imprécisions, de raccourcis, de slogans ou de phrases
chocs ; toux ceux qui ont eu affaire à des journalistes ont eu à supporter cette sensation d’appauvrissement de son discours nécessaire à sa correcte médiatisation. Mais le propre du
journaliste est, il me semble, de ne justement surtout pas être expert, spécialiste mais bien généraliste et capable de traduire pour le plus grand nombre, des sujets qui autrement resteraient
l’affaire de spécialistes. On n’est donc jamais satisfait de la traduction proposée par un média de son discours.


Mais au final, le mass média ouvre la discussion, informe ses lecteurs de l’existence du sujet traité. L’école de Chicago disait que « l’information », c’est tout simplement ce qui suscite des
discussions, ce qui fait parler au diner du soir. Alors qu’avant le web, ces discussions restaient confinées à la discrétion des cocons domestiques, aujourd’hui, elles peuvent être médiatisées
et rendues accessibles dans l’instant par les monstres indexeurs tels google. Ainsi, l’article du journal devient une simple fenêtre d’ouverture vers les discussions suscitées par l’article. Et
ce sont évidemment les personnes visées par l’article qui s’en emparent et lancent le débat, au final c’est un univers bien plus complexe et protéiforme que ce que 800 mots ne permettaient
d’exprimer qui s’ouvre à quiconque souhaiterait s’intéresser au sujet.


Alain Joanes sur son excellent blog Journalistiques aborde souvent la question de la construction du fait journalistique et le saut qualitatif énorme permis par le web en rendant le corpus des
sources ayant permis la rédaction d’un article directement accessibles au lecteur final. Même si ce n’est pas un exercice auquel Libération se livre pour le moment directement sur son site, ce
travail peut être réalisé par quiconque s’intéresse au sujet. Je trouve excellente l’initiative du Grand Charles de publier le contenu de son échange avec Gael Cogné, il aurait été intéressant
que je fasse de même ainsi que Florent Le Bot (j’ai passé plus d’une heure au téléphone avec Gael Cogné et l’échange fut très intéressant et forcément plus complet que ce qui a été repris, je
pense qu’il en est de même pour Florent le Bot). De même en dehors des commentaires simplement insultants (mais en général plutôt bien écrits et dotés d’un humour certain), les avis argumentés
sont plutôt intéressants et apportent nombre de précisions sur le positionnement de la « réacosphère ». J’en profite d’ailleurs pour souscrire au fait que la plupart des stratégies d’influence
qui y sont déployées sont effectivement les mêmes que celles déployées par les mouvements de gauche et alter-mondialistes et qu’au terme sectaire, le terme underground ou sous terrain eut été
plus fidèle à ce que je souhaitais communiquer (une communication qui se réalise « sous le radar », de proche en proche, sans le soutien ou le relais des médias traditionnels).



C'est intéressant de voir qu'il revient sur ses propos. Mais c'est toujours après que le mot ait été laché, personne ne publiera ou ne lira le démenti. Pour le public de Libé, ça y est, on est des
sectes...