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16 juin 2007 6 16 /06 /juin /2007 12:47
Extrait des Poèmes de Fresnes, de Brasillach:


MON PAYS ME FAIT MAL

Mon pays m'a fait mal par ses routes trop pleines,
Par ses enfants jetés sous les aigles de sang,
Par ses soldats tirant dans les déroutes vaines,
Et par le ciel de juin sous le soleil brûlant.

Mon pays m'a fait mal sous les sombres années,
Par les serments jurés que l'on ne tenait pas,
Par son harassement et par sa destinée,
Et par les lourds fardeaux qui pesaient sur ses pas.

Mon pays m'a fait mal par tous ses doubles jeux,
Par l'océan ouvert aux noirs vaisseaux chargés,
Par ses marins tombés pour apaiser les dieux,
Par ses liens tranchés d'un ciseau trop léger.

Mon pays m'a fait mal par tous ses exilés,
Par ses cachots trop pleins, par ses enfants perdus,
Ses prisonniers parqués entre les barbelés,
Et tous ceux qui sont loin et qu'on ne connaît plus.

Mon pays m'a fait mal par ses villes en flammes,
Mal sous ses ennemis et mal sous ses alliés,
Mon pays m'a fait mal dans son corps et son âme,
Sous les carcans de fer dont il était lié.

Mon pays m'a fait mal par toute sa jeunesse
Sous des draps étrangers jetée aux quatre vents,
Perdant son jeune sang pour tenir les promesses
Dont ceux qui les faisaient restaient insouciants,

Mon pays m'a fait mal par ses fosses creusées
Par ses fusils levés à l'épaule des frères,
Et par ceux qui comptaient dans leurs mains méprisées
Le prix des reniements au plus juste salaire.

Mon pays m'a fait mal par ses fables d'esclave,
Par ses bourreaux d'hier et par ceux d'aujourd'hui,
Mon pays m'a fait mal par le sang qui le lave,
Mon pays me fait mal. Quand sera-t-il guéri ?

 

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Published by Polydamas - dans Littérature
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commentaires

Anastasie 07/07/2007

@Dang,Merci pour cette belle synthèse que vous nous offrez de Drieu .Je suis très émue par l'anecdote que vous a racontée Jouhandeau .J'aime bien les "signes" et j'ai souvent pensé à ce 6 février ...Qu'aurais-je fait ?  Sans doute comme Elise Jouhandeau ! J'ai repris " Récit secret"  après votre message ..... :" Je suis né mélancolique , sauvage .Avant même d'être atteint et blessé par les hommes ou de nourrir les remords de les avoir blessés, je me dérobais à eux " ( NRF 1951 ,p. 14) .Cette édition contient aussi le Journal (1944-1945 ) et " Exorde" et j'y relève ( p. 92) : "  J'ai d'abord cru que le capitalisme pourrait se réformer de lui-même, puis j'ai renoncé à cette croyance naïve et je me suis jugé socialiste ,dès 1928 ou 1929 .Mes livres , Mesure de la France, Genève ou Moscou , L'Europe contre les patries témoignent de la constance de ce double sentiment , qui s'alliait à un esprit critique, Dieu merci, suffisamment éveillé .J'ai suffisamment examiné tous les partis en France et j'ai été amené à les mépriser .Ni la vieille droite ni la vieille gauche ne me plaisaient .J'ai songé à devenir communiste , mais ce n'était qu'une expression de désespoir .A partir de 1934 , j'ai trouvé la fin de mes doutes et de mes hésitations . E n février 1934 ,j'ai définitivement  rompu avec la vieille démocratie et avec le vieux capitalisme .Mais l'embarquement des communistes dans le Front populaire avec les radicaux et les socialistes m'éloigna d'eux . J'aurais voulu mêler les manifestants du 6 février et ceux du 9 , les fascistes et les communistes .Je crus trouver cette fusion chez Doriot en 36 .Enfin ,la droite et la gauche se rencontraient .(...) Double fiasco dont bénéficia le vieux régime moribond, mais encore rusé . "  etc. car la suite est très intéressante bien sûr  et s'approche de certains de vos commentaires .Les dernières lignes de Récit secret sont poignantes .. ;27 janvier (1945)  :" Je ne travaille plus .Quelquefois , je corrige pendant une demi-heure des écrits précédents .Je lis et j'attends .Je mourrai tôt ou tard ." Au fait , puisque Polydamas avait proposé un billet sur un poème de Fresnes ,je songe soudain ....à ces deux SOLITUDES  qui attendent la mort .....

Thaïs 08/07/2007

@Anastasie :"La femme est ce que l'homme la fait " Je ne suis pas convaincue  et je ne pense pas qu'à 20 ans je l'aurais été aussi !(même encore moins que maintenant). A travers ce que je perçois de Drieu maintenant, je pense que c'est effectivement ce qu'il souhaitait pour en quelque sorte faire avec les femmes ce qu'il admirait chez les hommes (les chefs)mais qu'il n'arrivait pas à faire.Il voulait masquer sa faiblesse en dominant les femmes. Sauf que c'était peut-être plus compliqué et qu'il aimait quand même les femmes fortes ?... Je ne comprends pas d'ailleurs dans le texte d'André Bourgeois, quand il dit de Drieu qu'il admirait la force, et l'argent qui le menait aux femmes...(juste des prostitués ?)Enfin merci Dang pour toutes ces explications et Anastasie pour ces extraits.J'ai acheté "feu follet" et "Gilles" que je vais lire pendant les vacances. Je n'aurais jamais imaginé lire ça avant mais tous ces échanges m'ont donné envie de les lire.

Anastasie 08/07/2007

@Thaïs ,Heureuse que vous ayez acheté Le Feu follet et Gilles .Vous nous direz à votre retour de vacances !J'avais noté à 19 ou 20 ans dans un petit carnet précieux la citation que j'ai mise de Gilles :"la femme est ce que l'homme la fait " .A replacer dans le contexte ,comme on dit ; mais cette pensée est toujours juste (pour moi) ! Il faudrait "développer" .....Cela n'exclut en rien l'épanouissement  de la femme et n'implique aucun "asservissement" suspect ! Je suis d'ailleurs assez troublée que Drieu qui n'a pas su aimer (je pense ,pour répondre à vos questions ,qu'il ne cherchait pas une femme "chef" ) ait eu cette intuition du rôle de l'homme dans un amour fort  ,très fort . Je crois qu'il fut ,sans se l'avouer un "idéaliste" (politique et amour sont bien les deux domaines où le" rêve" ,pour reprendre un de ses mots favoris ,dans l'acception juste qui jalonne toute son oeuvre = " le rêve et l'action" se lit à chaque page ) et la notion de chef est polysémique .......Quant à sa "faiblesse" (c'est André Bourgeois qui emploie ce terme ?  ) ,là aussi c'est "polysémique" !! Je n'emploierais ce mot .....Si vous le trouvez , Rêveuse bourgeoisie  éclaire bien le personnage de Drieu ...Bonnes lectures .A bientôt .

Thaïs 09/07/2007

@Dang : j'ai vu il n'y a pas longtemps l'entretien de B.Pivot avec M. jouhandeau daté de 1978. C'est très très émouvant. Mais tu connais surement. (dans cet entretien il ne parle pas de Drieu)

Dang 11/07/2007

@Thaïs et @ Anastasie : L'apostrophe de Pivot consacrée à Jouhandeau dont tu parles est probablement l' émission dans laquelle Jouhandeau apparaît avec son bonnet qu'il refuse de retirer depuis qu'une femme lui a fait le reproche de le porter. Quel personnage! Et quel écrivain! Il m'avait confessé qu'il était obligé de publier quatre livres par an pour pouvoir manger à sa faim car son tirage moyen n'excédait jamais 3 ou 4 000 volumes. Ces considérations financières aussi désolantes soient-elles nous permettent de nous délecter de son style. L'un des meilleurs stylistes de sa génération. Un clerc écrivit que si on lui avait confié la traduction de la messe en français (au lieu de la donner à des besogneux incapables de créer) il n'y aurait pas eu autant de réticences devant l'abandon de la messe en latin. Je ne suis pas loin de penser comme lui.Quant à Drieu et les femmes il y aurait toute une étude à faire, et elle serait copieuse. Comme le dit avec fort juste raison Anastasie, il ne faut surtout pas couper la citation de Gilles de son contexte. Le souvenir que je garde de Drieu et les femmes d'après des lectures anciennes est que Drieu n'était pas macho, ni obsédé sexuel (voir dans son journal le récit plein de délicatese de son dernier rapport sexuel). Ses rapports avec les femmes étaient à la fois troubles (dominant ou dominé?) et empreints d'une immense tendresse. Ce n'est pas pour rien qu'il garda d'excellentes relations avec ses deux ex-épouses. Il garda d'ailleurs toujours la honte d'avoir épousé sa première femme pour son argent. Il était donc plein de scrupules et était terriblement dépendant de ceux (de celles) qui l'aimaient. Tu verras Thaïs l'importance des femmes, de La Femme, dans "Le feu follet". Thaïs, si tu en as la possibilité essaye de voir la cassettes du film de Louis Malle, si elle existe. Ce  film est magnifique. Il est intéresant de voir qu'en 1964 il fallait encore remplacer la drogue par l'alcool. Mais comme je le disais à Polydamas qui a la gentillesse de nous permettre cet échange passionnant, il ne faut pas voir le film ni lire le livre dans un moment de dépression.Anastasie fait allusion à Brasillach. Que pensaient-ils l'un de l'autre? Difficile à savoir. J'ai parcouru le "Brasillach" de Pol Vandromme (qui est toujours vivant et de toute évidence très alerte intelellectuellement). Je n'ai pas l'impression qu'il parle de Brasillach et Drieu, de même que dans son "Drieu" écrit à l'âge de 30 ans, Pol Vandromme ne fait aps la moindre allusion à Brasillach. Si seulement j'avais pensé à poser la question à Jouhandeau!PS : pour ma citation j'ai interrogé un site consacré à Drieu mais je n'ai pas encore eu de réponse.