Les autres victimes des nazis

Publié le 17 Mai 2007

Parmi les lettres de jeunes victimes de la Gestapo, on trouve, à côté des communistes, tels Guy Môquet, des royalistes, des catholiques, mais aussi des jeunes qu'on qualifierait aujourd'hui d'extrême-droite.

Petit florilège, réalisé grace au Salon Beige:
 

- Honoré d'Estienne d'Orves, catholique, résistant mort pour la France le 29 août 1941. A sa soeur :

"Maintenant, je vais dormir un peu. Demain matin nous aurons la messe. Que personne ne songe à me venger. Je ne désire que la paix dans la grandeur retrouvée de la France. Dites bien à tous que je meurs pour elle, pour sa liberté entière, et que j'espère que mon sacrifice lui servira. Je vous embrasse tous avec mon infinie tendresse. Honoré".

 

- Henri PERTRET, fusillé le 26 septembre 1943 à l'âge de 16 ans.

"Cher parents,
Ma lettre va vous causer une grande peine, mais je vous ai vu si pleins de courage que, je n'en doute pas, vous voudrez bien encore le garder, ne serait-ce que par amour pour moi.
Vous ne pouvez pas savoir ce que j'ai moralement souffert dans ma cellule, ce que j'ai souffert de ne plus vous voir, de ne plus sentir posée sur moi votre tendre sollicitude que de loin.
Pendant ces 97 jours de cellule, votre amour m'a manqué plus que vos colis et souvent je vous ai demandé de me pardonner tout le mal que je vous ai fait...
Remerciez toutes les personnes qui se sont intéressées à moi et particulièrement mes plus proches parents et amis ; dites leur ma confiance en la France éternelle... Je salue en tombant mes camarades de lycée ; à ce propos, X me doit un paquet de cigarettes. Rendez "le comte de Monte Cristo à Z, donnez à Z les 40 grammes de tabac que je lui dois...

Je meurs pour ma patrie, je veux une France libre et des français heureux, non pas une France orgueilleuse et première nation du monde, mais une France travailleuse et laborieuse, honnête ; que les français soient heureux, voilà l'essentiel. Dans la vie, il faut savoir cueillir le bonheur.

Pour moi, ne vous faites pas de souci, je garde mon courage et ma bonne humeur jusqu'au bout et je chanterai "Sambre et Meuse" parce que c'est ma chère maman qui me l'a apprise...
Les soldats viennent me chercher, je hâte le pas, mon écriture est peut-être tremblée mais c'est parce que j'ai un petit crayon : je n'ai pas peur de la mort, j'ai la conscience tellement tranquille. Maman, je t'en supplie, prie, songe que si je meurs c'est pour mon bien. Quelle mort sera plus honorable pour moi ?
Je meurs volontairement pour ma patrie. Nous nous retrouverons bientôt tous les quatre au Ciel. Qu'est-ce que cent ans ? Rappelle-toi :"et ces vengeurs auront de nouveaux défenseurs qui après leur mort auront des successeurs".
Adieu, la mort m'appelle, je ne veux ni bandeau, ni être attaché. Je vous embrasse tous... c'est dur quand même de mourir"


- Bernard Gorce, routier-scout de France à Clermond-Ferrand, résistant, déporté mort pour la France le 22 juillet 1944 à 19 ans :

"Mon tour est venu de vous quitter…Je pars le cœur presque heureux : j’ai pu, en effet, communier il y a quelques heures".


- Paul Gilbertas, routier-scout de France à Lyon, résistant, déporté mort pour la France le 13 avril 1945 à 23 ans.

"Qu'importe que je sois fusillé, pourvu que la France vive!"


- Gabriel Duchêne, scout à Marseille, résistant, mort pour la France le 29 mars 1945 :
A ses parents :

"Maman, tu ne dois pas pleurer, ni toi Papa. Je ne vous ai jamais autant aimés, autant chéris que maintenant; mais je me suis engagé pour faire mon devoir de Français. Ne me reprochez pas d'avoir disposé de ma personne : elle appartenait à a France".

A un prêtre :

"Engagé dans les Corps Francs, je vais monter en ligne. Je pars, le coeur libre de toute crainte. Je me suis confessé et j'ai communié. Je n'ai donc pas peur de mourir. Au cas où je ne reviendrais pas, je vous serais reconnaissant, cher Père, d'aider mes parents à supporter ce coup. Vous savez combien ils tiennent à moi et une telle chose serait terrible pour eux. Je les aime tant... Jamais je n'ai senti si fort cet amour!".

- Bienheureux Marcel Callo, dans sa dernière lettre :

"Chaque soir aussi, ma pensée va vers la France ; Dieu, Famille, Patrie, trois mots qu'on ne devrait jamais séparer".


- Louis Payen, scout de France à la 19ème Paris, résistant dans le réseau "Alliance", mort pour la France en déportation :

"Frères, scouts, du fond de mon trou, je pense sans cesse à chacun de vous... pour moi, hélas! mes horizons sont limités (2mx1;50m)... quel que soit l'endroit où je me trouverai, je prierai toujours pour chacun d'entre vous. Soyez toujours gonflés, vous n'avez pas le droit de ne pas être fanas, vous êtes le sel de la terre, vous avez donc de lourdes responsabilités... sSi vous n'êtes pas fort, si vous n'êtes pas prêts, tout s'écroulera en vous.Rayonnez au maximum votre christianisme, vos vertus françaises et scoutes... Soyez généreux et grands. Priez pour le pays, aidez ceux qui souffrent et que Notre Dame de la Route vous protège!".


- Joël Angles d'Auriac, routier scout de France, a été décapité par la Gestapo le 6 décembre 1944. Son procès de béatification est ouvert dans le diocèse de Toulon. Certes, il est une victime du STO, mais il fut condamné pour "résistance et esprit contraire à la conscience" nationale-socialiste.

 

Dans ses derniers courriers, on peut lire :
A ses Routiers :

« Ne soyez pas tristes, je meurs avec le sourire, car le Seigneur est avec moi, et je n’oublie pas qu’un Routier qui ne sait pas mourir n’est bon à rien… Continuez dans la voie que je vous ai tracée. C’est certainement la plus fructueuse et celle qui conduit à la vie la plus belle ».

A ses parents :

« Ne soyez pas tristes. Soyez certains que j’accepte l’épreuve presque avec joie et je l’offre pour vous tous… Le Seigneur est avec moi et je vais certainement le voir de plus près. Lui seul est la vie réelle ; le secret de la vraie joie… Ma dernière prière : « Vivez avec le Seigneur. Il est la vie. Adieu… » 



Aragon avait rendu hommage à toutes ces victimes, catholiques ou athées, communistes ou nationalistes, par le poème, la rose et le réséda. En ce jour de l'Ascension, il n'était pas inutile de rappeler que les communistes n'ont pas été les seuls à tomber durant cette funeste période.

        

Rédigé par Polydamas

Publié dans #Histoire

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Emmanuel 19/05/2007 21:42

D'accord avec Koz. Je ne vois aucun lien "d'extrême-droite" de ces jeunes gens (qui sont d'ailleurs beaucoup de scouts, à ce que je vois).

Polydamas 20/05/2007 00:41

Même réponse, d'ailleurs, je ne dis pas que les jeunes que je cite sont d'extrême-droite, je dis que certains résistants le furent....

Dang 19/05/2007 13:01

Les anglais avaient encore des tickets en 1951et non en 195. Je dois être bien fatigué aujourd'hui.

Polydamas 19/05/2007 13:03

C'est pas grave, c'est pas grave, Dang, ça nous arrive à tous.... ;-)

Dang 19/05/2007 12:34

Tu parles de la fin du rationnement en 1947. En fait certaines denrées étaient encore soumises à tickets en 1949. J'ai chez moi des tickets our obtenir du riz et du lait qui datent de 1949. En Angleterre ce fut pire puisqu'il y avait encore des tickets en 195, alors qu'eux n'avainentpas connu le marché noir.

Dang 19/05/2007 00:25

Non ce n'est pas lui mais il ya un haut responsable de Vichy qui est mort de froid à fresnes et il me semble bien que c'était un amiral.

Dang 19/05/2007 00:16

Tu parles de l'Amiral Auphan. Est-ce lui qui est mort de froid en taule à Fresnes?