Liste, non exhaustive, de grandes équivalences

Publié le 11 Septembre 2016

J’ai expliqué, dans ce billet, comment les visions politiques entre droite conservatrice et gauche idéologique s’affrontaient. Et comment la gauche y répondait par une stratégie habituelle d’universalisation et de grande équivalence, comme le souligne Eugénie Bastié à propos de Cologne. Quelques exemples, que tout le monde comprendra vite, qui respectent tous la même structure : l’universalisation, la généralisation, le renvoi au passé ou à la pression indirecte du pouvoir. Précisons que ces exemples n'ont évidemment pas la même portée.

  • Charb refuse de considérer que le danger islamiste, matérialisé par ses gardes du corps présents 24/24 est plus important que les procès des catholiques d’extrême-droite, qui font perdre de l’argent à son journal. On sait comment cela se termine. Equivalence entre l’ennemi et l’adversaire, peu importe leur dangerosité.
  • Lors des agressions de Cologne, les féministes refusent de considérer que le tamarrush gamea, agression sexuelle collective, n’a tout simplement jamais été constaté dans les foules occidentales. Elles renvoient donc aux cas de viols intra-familiaux, beaucoup plus nombreux. Qui sont des drames, certes, mais qui n’ont pas de rapport direct avec le sujet.
  • Les musulmans sont doubles victimes des attentats. J’en avais parlé, non, les sunnites ne sont pas les premières victimes, ils en sont les secondes, à la rigueur, et de manière indirecte uniquement. Pas de manière directe, et pas de manière aussi violente. Aucun musulman n’est mort en France du fait de sa religion. Il n’en est pas de même pour des français en tant que français, ou des juifs en tant que juifs.
  • Ou alors, à la suite d’attentats, on répondra que les occidentaux ont été d’une violence inqualifiable avec les croisades/colonisations/esclavage/occupations au Moyen Orient (rayez la mention inutile). Ce qui est rarement le sujet qui occupe à l’instant. Ou qui n'explique pas les mêmes difficultés que rencontrent des pays n'ayant jamais pris part à ces opérations.
  • Des imams disent des absurdités ? Mais les prêtres ne disaient pas mieux il n’y a pas si longtemps, et l’Inquisition, c’était mal, etc.
  • Les gays se font tirer dessus à Orlando, mais LMPT pousse les homosexuels au suicide (Voire même serait complice du massacre). Je ne suis pas certain que tous  les homosexuels seraient d’accord.
  • Les casseurs attaquent l’hôpital Necker, mais la vraie violence est celle de la carence de gestion publique des hôpitaux, les fermetures de lits et de services, comme l’a instantanément déclaré Médiapart. Ou la vraie violence est celle des policiers.
  • La violence islamique (des attentats) est comparable à la violence catholique (d'un mari qui battrait sa femme, par exemple). D'après le pape.
  • FN et Daesh, sous prétexte que ces deux mouvements fonctionneraient sur le sentiment identitaire, sont au fond la même chose. Des terroristes et un parti politique sont mis sur le même plan.
  • Et on pourrait continuer longtemps, je compte mettre à jour cette liste avec les plus significatives.

 

On voit bien que le processus d’équivalence, d’universalisation de la réponse, du renvoi de la violence directe à la violence indirecte, passée ou universelle est un schéma rodé et bien ancré dans la mentalité idéologique gauchiste. La minorité, parce qu’elle est minoritaire, a raison d’utiliser la violence, puisqu’il s’agit du seul moyen envisageable pour bouger la majorité, qui s’est pourtant exprimée par les urnes. En revanche, la majorité qui emploierait la force (comme LMPT avec ses manifestations massives) fait preuve d’une violence haineuse et inqualifiable, par sa seule présence.

Pour être tout à fait complet, sur quelques exemples, la droite n’est pas en reste et utilise largement cet argument. Ainsi, la réponse de quelques catholiques aux scandales pédophiles dans l’Eglise est de rappeler la mauvaise gestion de l’Education Nationale, oubliant au passage que la dimension morale de l’Eglise est d’une autre portée que celle de l’Education Nationale, et ce, malgré ce que peuvent en dire nos politiques.

Avec ce type de raisonnements, on interdit toute opposition démocratique, exprimer un désaccord, même dans le cadre des limites juridiques, est « violente ». Seule compte l’avancée mondiale du progressisme.

Bref, le renvoi dos à dos, matrice de l'accusation de la gauche, a vécu.

Rédigé par Polydamas

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